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Juppé dans l’ombre de Sarkozy

L’amitié en politique est aussi belle que la mer à marée basse, quand l’étendue vaseuse se mêle aux coquillages coupants et aux algues odoriférantes.

Alors quand un ami vous dit qu’il vous veut du bien, et qu’il le fait en prenant les autres à témoins, il y a tous les éléments réunis pour renforcer et resserrer ses arrières dans la longue route du pouvoir alternatif.

L’amitié en politique est aussi belle que la mer à marée basse, quand l’étendue vaseuse se mêle aux coquillages coupants et aux algues odoriférantes.
 
Alors quand un ami vous dit qu’il vous veut du bien, et qu’il le fait en prenant les autres à témoins, il y a tous les éléments réunis pour renforcer et resserrer ses arrières dans la longue route du pouvoir alternatif.
 
Le cas d’école nous vient d’Alain Juppé. Quand celui-ci déclare sa flamme à Nicolas Sarkozy en affirmant publiquement qu’il le soutiendra pour la présidentielle de 2012, cela relève beaucoup plus de la commande politique que de la conviction personnelle. Mais c’est ça aussi la politique, la discipline. Une telle déclaration ne fait aucun doute. Il y croit Alain. Y croire, s’est se la donner la force. Et de la force, il en faut dans le clan UMP. Car le cheval fou a catapulté la maison France depuis 2007 dans un tsunami idéologique où plus personne ne retrouve ses petits, ni ses billes, ni même ses sous pour les grandes fortunes qui avaient misé sur l’étalon. Le bonimenteur les a bien roulées dans la farine.
 
Mais la finance est impitoyable. Les hommes ne comptent pas. Et les amis sont nombreux.
 
Alors, Alain Juppé nous fait le grand jeu de la communication gouvernementale, une sorte d’effusion émotionnelle, presque passionnelle quand il parle du Président. Oui Alain, on te croit parce que tu as l’air si sincère. Oui Alain, le clan UMP ne rêve que d’une seule chose : que Nicolas Sarkozy se représente. C’est presque un rêve, que dis-je, un songe les yeux fermés pour se prendre les pieds dans le tapis dans un escalier de marbres de plusieurs étages sans palier. 2012, la tour de Babel…
 
L’union comme vitrine de communication, c’est une vieille recette d’appareil politique. Soutenir le président sortant aujourd’hui, c’est comme demander aux bagnards de ramer plus fort et plus vite, alors que le bateau est sur cale pour réfection de la coque. Il peut ramer le bougre, le bateau reste à quai à côté des filets de pêche et des carcasses de poissons séchés laissés par des mouettes.
 
Alors quand Alain Juppé, dans sa nouvelle amitié révélée, nous vente le produit présidentiel comme le « meilleur d’entre nous », nous ne pouvons qu’être solidaires du message. Bien courageux celui qui aujourd’hui professe les vertus d’une vision devenue minoritaire en France. Quelle bravoure de défendre mordicus un bilan à contre sens des attentes des Français.
 
C’est bien un examen de conscience qui se pose aujourd’hui. Alain et les autres se rendent comptent, tardivement, que le chef de l’état les a embarqués dans une impasse idéologique. Ils sont tombés dans le piège de l’euphorie du bouc émissaire, de l’étranger, de l’autre comme cause de tous leurs maux. S’être fourvoyés en adoptant des thèses frontistes pour au final perdre des voix… tout cela pour rien.
 
Le gouvernement est à sec.
 
Dans ce marasme, ne peut sortir que la lumière, le chevalier blanc pour sortir le clan de l’ornière. C’est lui. Il est le seul. Alain Juppé, l’homme providentiel. Pour l’instant, il ne dit rien. Mais il « rêve » dit-il sur France 2 « les yeux fermés ». En voilà un qui n’y pense pas tous les matins en se rasant. En tout cas, il soutient le président avec une force de conviction qui ferait pâlir les fidèles de Kadhafi dans son 4×4 blindé fourni par la France en 2008.
 
Heureusement, dans sa déclaration, Alain Juppé précise qu’il soutiendra le président sortant si celui-ci « est candidat ». Le fait de poser la question, c’est-à-dire oser l’impensable, est le signe de détenir la réponse.
 
Le message est clair. Le roi est mort, vive le roi.
 
Nicolas GEORGES
A retrouver ICI

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2 réactions à cet article    


  • devphil30 devphil30 3 octobre 2011 10:56

    Probablement un bon candidat mais hélas moins connu aujourd’hui que 20 ans en arrière.

    Son tour est passé et il n’y a pas de repêchage pour la présidentielle. 

    Que l’UMP conserve son canasson pour 2012 , il arrivera juste à prendre le départ mais ne franchira pas la première haie ...............

    Philippe 

    • Croa Croa 3 octobre 2011 10:59

      On dirait que Monsieur Juppé se mouille pour le Naboléon ces derniers temps. Il partage ses crimes en Libye et ment à sa place comme si Sarkozi avait changé de tactique en n’assurant plus systématiquement le devant de la scène.

      Il est un fait que ce bougre de Juppé est bon et pour le moment il s’en sort, difficilement mais il s’en sort comme nous l’avons vu avec Zemmour.

      Bref, on devrait plutôt s’attendre à ce qu’il accompagne Sarkozi jusqu’au bout et ces deux s’en sortiront ensembles ou plongeront ensembles !

      En tout cas c’est mon sentiment smiley

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