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Accueil du site > Actualités > Politique > L’Allemagne nous surprend encore !

L’Allemagne nous surprend encore !

Alors qu’après un long processus de négociation et de consultation des militants, Mme Merkel s’est enfin entendue avec le SPD pour diriger un vaste gouvernement de coalition. Elle vient d’être adoubée par le parlement pour un Merkel III. C’était sans compter avec les « agilités » spécifiques à la culture politique allemande : les verts entrent aussi au gouvernement !

Donc, aujourd’hui mardi, le troisième gouvernement dirigé par Angela Merkel entre en fonction. C’est sans surprise que celui se compose de ministres issus de la CDU (parti de Mme Merkel, largement en tête aux dernières élections, mais minoritaire au parlement), de la CSU bavaroise, alliée traditionnelle de la CDU et donc, puisque coalition il y a, de représentants du parti social-démocrate (PSD), théoriquement opposé à la CDU.

Dans ce contexte de large coalition il ne restait plus au Bundestag que Die linke et les Verts pour représenter l’opposition à ce troisième gouvernement de Mme Merkel. C’est ce que l’on croyait, jusqu’à ce que Sigmar Gabriel, président du PSD propose dans le cadre des postes qu’il avait négociés avec Angela Merkel, trois postes de secrétaire d’Etat à d’importantes personnalités des Verts.

Ainsi Rainer Baake, a accepté le poste de secrétaire d’état chargé de la politique énergétique, rattaché au ministre de l’économie et de l’énergie (poste occupé justement par Sigmar Gabriel lui-même). Rainer Baake est une personnalité très connue qui travaille depuis plus de vingt ans dans les milieux en charge de l’environnement. Il a déjà occupé le poste de 1998 à 2005 auprès de Jürgen Trittin (Verts).

Jochen Flasbarth a été nommé secrétaire d’état auprès de la ministre de l’environnement, Barbara Hendricks (SPD). Jusqu’alors il occupait le poste depuis 2009 de président de l’administration chargée de la protection de l’environnement.

Enfin Gert Billen a accepté, de son côté, le poste de secrétaire d’Etat à la consommation, rattaché au ministre de la Justice Heiko Mass (SPD), obtenant la configuration gouvernementale pour laquelle il plaide depuis des années…

Ce n’est pas la première fois que les Verts participent avec la CDU à des gouvernements locaux : la Hesse (très récemment), Hambourg etc.. Cette aptitude à des alliances des contraires, typiquement allemande, nous laisse un peu pantois en France. Pourtant…. La stabilité des institutions allemandes autorise ces situations.

Certes Mme Merkel ne pourra guère aller au-delà de la moitié de son mandat. Les nouvelles élections approchant, les rivalités reprendront le dessus, mais cela laisse toute de même de deux à trois ans à ce gouvernement pour agir. Sachant que le compromis signé, c’est tout de même l’instauration d’un salaire minimum obligatoire que Mme Merkel va bien devoir mettre en place, entre autres mesures imposées par le SPD. La présence de trois ministres verts de dernières minutes pèsera sans doute aussi sur les orientations en matière environnementale. Bref, sous réserve d’inventaires de ce qui sera réellement réalisé, ce n’est pas si mal comme approche réformatrice : le consensus !


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9 réactions à cet article    


  • BA 18 décembre 2013 08:16

    Décidément, l’Allemagne est en train de construire une Europe allemande.

    Lisez cet article :

    Europe : austérité, acte III en vue !

    Berlin va proposer des « contrats de compétitivité et de croissance ». Une façon de modeler encore l’Europe à l’image de l’Allemagne.

    Il n’aura pas fallu attendre longtemps. A peine mise en place, la « grande coalition » allemande va entamer par un grand coup sa politique européenne lors du sommet de Bruxelles des jeudi 19 décembre et vendredi 20 décembre. Selon l’édition de ce mardi du Financial Times, les chefs d’État et de gouvernement européens vont en effet discuter une proposition allemande pour intégrer dans les traités européens l’idée de « contrats. »

    Une idée imposée à la SPD

    Cette idée a été avancée par Angela Merkel fin octobre. Elle a été finalement intégrée dans le « contrat de coalition » signé lundi par la CDU, la SPD et la CSU, page 159.

    Ce document indique que les partenaires de coalition « s’engagent à ce que les États de la zone euro passent au niveau européen des contrats de réformes contraignants, faisables et démocratiquement légitimés. Ces contrats devront »être dirigés dans l’optique d’un renforcement de la compétitivité, de finances solides et durablement saines, de croissance et d’emplois liés à la solidarité.« Et la »grande coalition« de conclure : »nous adapterons les traités de l’union économique et monétaire dans ce sens.« 

    Deux étages de l’austérité, un troisième arrive

    Ces »contrats« représentent en quelque sorte le »troisième étage« de l’austérité en Europe. Le premier était « les plans d’ajustement » dans les pays ayant demandé une aide européenne. Le second, c’était le pacte budgétaire, qui est entré en vigueur officiellement en 2013 mais qui, en 2018, va contraindre les pays de la zone euro à limiter leur déficit structurel à 0,5 % du PIB.

    Pour certains, une course de vitesse va s’engager dans les années qui viennent pour remplir cet objectif. Mais il manque encore un élément au goût de Berlin : le caractère contraignant de ces objectifs.

    L’équation difficile de l’Allemagne

    Depuis 2010, l’Europe a développé une nouvelle architecture pour traquer les déficits et les déséquilibres. Le semestre européen, le two-pack ou le six-pack en font partie. Mais difficile de contraindre dans une Europe qui n’est qu’une addition d’États nations indépendants. L’équation se complique encore dans la mesure où l’Allemagne elle-même refuse tout véritable abandon de souveraineté, comme l’a démontré le fiasco de l’union bancaire.

    Les »contrats« , la solution

    D’où cette idée de »contrats« qui permettent de résoudre l’équation. Ces contrats sont contraignants puisqu’il y a un engagement des Etats devant la Commission avec une obligation de réussite, mais on n’avance pas vers une Europe fédérale, puisque cet engagement est individuel et qu’il est accompagné d’une acceptation explicite de l’abandon de souveraineté par le pouvoir démocratique du pays concerné.

    Une véritable mise sous tutelle économique

    Selon le Financial Times qui s’est procuré le brouillon du communiqué final du conseil, ces contrats concerneraient »presque toutes les décisions économiques prises au niveau national, y compris les performances des marchés du travail et de la production, l’efficacité du secteur public ainsi que la recherche, l’innovation, l’éducation et la formation.« En clair, il s’agirait d’une véritable mise sous tutelle des États dont les grands choix économiques seraient pris à Bruxelles.

    L’objectif de Berlin : une zone euro à son image

    L’objectif de Berlin avec ces »contrats de compétitivité et de croissance« , c’est ce que le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, appelle »une intégration croissante« qui est en réalité une unification des modèles économiques de tous les pays de la zone euro autour du modèle allemand : une compétitivité gagnée par une compression du coût du travail afin de développer les exportations. Autrement dit, c’est une nouvelle vague de politique d’austérité qui s’annonce pour la zone euro.

    Résistances françaises

    Certes, une résistance semble se dessiner. La France demande que ces contrats soient accompagnés de plus de solidarité. C’est ce que précise le ministre des Affaires européennes, Thierry Repentin, dans un tweet daté de mardi :

    Contrats de compétitivité et de croissance et mécanismes de solidarité : un strict parallélisme est nécessaire. - Thierry Repentin (@trepentin) 17 Décembre 2013

    Le contrat de coalition défend toute vraie solidarité

    Mais peut-on y croire ? L’Allemagne voit dans la solidarité une invitation à moins de réforme, un »aléa moral.« Surtout, elle y voit une mise en danger de l’argent des contribuables allemands. Or, le contrat de coalition interdit explicitement ce type de procédures. »Toute forme de socialisation des dettes souveraines conduirait à mettre en danger la nécessaire orientation des politiques nationales« , indique ce contrat de coalition.

    La solidarité, portion congrue ?

    Bref, la solidarité pourrait ne se réduire qu’à une portion congrue sans réel contenu, un peu à l’image du pacte de croissance de 2012 qui a disparu corps et bien et a été d’une grande inefficacité économique. Du reste, le FT précise que le communiqué du conseil est »beaucoup moins concret« sur la solidarité. Il se contenterait d’explorer »toutes les options« d’assistance financière.

    Paris cèdera-t-elle encore au leurre allemand ?

    Encore une fois, un scénario se dessine : comme en 2012 avec le pacte de croissance et comme cette année avec l’union bancaire, Paris pourrait bien accorder à Berlin ces »contrats" moyennant un plat de lentilles, une solidarité formelle dénué de tout aspect concret. Après tout, le pacte de croissance n’a eu qu’une seule fonction : celui de servir de leurre pour faire adopter le pacte budgétaire…

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20131217trib000801475/europe-austerite-acte-iii-en-vue-.html


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 18 décembre 2013 10:39

      BA,
      Pelletier doit roupiller, il m’a censuré l’article de la Tribune que vous donnez, dans la nuit...


      • Pelletier Jean Pelletier Jean 18 décembre 2013 11:29

        Fifi,

         

        De quoi parlez-vous, je n’ai rien censuré du tout...


      • jeanclaude 18 décembre 2013 14:10

        C’est curieux cette translation, entre l’article, qui décrit les modalités de formation d’un consensus pour le gouvernement, et les commentaires, qui décrivent la manière dont l’Allemagne arrive à faire prévaloir sa façon de voir et de faire dans l’Union.

        Il est clair qu’elle peut le faire car elle est la puissance économique dominante.
        Pas seulement économique, mais aussi plus généralement sociétale.

        Alors on ferait bien de ne pas esquiver la question : non pas pourquoi la force grandissante de l’Allemagne, mais celle de la faiblesse grandissante de notre pays.

        Et qu’on m’épargne une analyse convenue, uniquement basée sur le modèle marxiste ou nationaliste-bonapartiste.


        • Arnaud69 Arnaud69 18 décembre 2013 14:25

          Ne pas oublier ce qu’on doit à l’Allemagne ces derniers temps, le tout pour le bien de SON économie :

          Pour « aider les jeunes » Européens à trouver un emploi nos « élites » décident de leur offrir des régularisations massives et d’offrir à la Turquie la libre circulation dans toute l’Europe.

          D’un côté les Européens ont besoin du statut « travailleur détaché » pour travailler en Europe, de l’autre les extra-Européens peuvent circuler et travailler dans toute l’Europe sans aucune limite. Si ce n’est pas de la discrimination anti-Européenne qu’est-ce ? Folie, sabotage, haine de son peuple, destruction des nations et de l’Europe ?

          Je ne parle même pas de protectionnisme mais de partager ce que nous n’avons pas avec ceux qui en ont plus que nous : De l’emploi et de la croissance.

          Il suffit de lire les chiffres officiels de l’emploi et la croissance de la Turquie par exemple :
          En 2010 la croissance de la Turquie était de 9,1% et nous de 1,7%, pour le taux de chômage à indicateurs égaux ils en ont plus que moitié moins de chômeurs que la France !

          Pourtant les portes de l’Europe sont plus grandes ouvertes pour les Turcs que pour n’importe quel Européen !

          On ne peut pas suivre une telle politique et après coup dire « je n’ai rien vu venir » j’en connais qui vont chialer contrairement au coup de vice qu’ils pensent nous jouer...


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 décembre 2013 07:15

            Arnaud,

            Les USA veulent que leur allié, la Turquie entre dans l’ UE, pour que l’ OTAN ait le même périmètre géographique que l’ UE, vous n’avez pas fini de vous lamenter...


            • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 19 décembre 2013 07:18

              Merkel a fait son premier voyage en France pour voir son allié Hollande : « Un horizon commun qui doit devenir un agenda commun », dit-il.

              Et que l’agenda de Merkel ? « Les intérêts de l’ Allemagne d’abord »

              «  Comment l’ Allemagne a saboté l’union bancaire... »


              • claude-michel claude-michel 19 décembre 2013 08:20

                Merkel vient de faire adopter sa loi sur les banques à l’UE... ?

                Marre de payer pour les teutons.. !

                • zygzornifle zygzornifle 26 décembre 2013 16:04

                  la seule chose de bien chez eux c’est que sur autoroute on peut pousser sa voitures à fond  smiley , pour le reste je suis dubitatif ....

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