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Accueil du site > Actualités > Politique > L’avant-Congrès du PS vu de l’UMP

L’avant-Congrès du PS vu de l’UMP

Au lieu de s’opposer à Nicolas Sarkozy, les leaders du PS préfèrent se battre entre eux. Un triste spectacle...

Après plus de dix années à s’occuper de ses camarades, François Hollande rêvait d’un congrès placé sous le signe de l’unité pour passer la main. A défaut d’avoir pu éviter aux socialistes trois revers successifs aux élections présidentielles, François Hollande souhaitait pouvoir achever son mandat dans de bonnes conditions.

Il choisit donc Reims pour y tenir son dernier congrès en tant que premier secrétaire. Reims, ville symbole de victoire pour les socialistes et de division pour la droite qui perdit la municipalité en 2008 du fait de la guerre fratricide opposant Catherine Vautrin et Renaud Dutreil. Côté symbole donc, tout est parfaitement orchestré, pour le reste... il faudra repasser.

L’Université d’été du Parti socialiste permit de donner quelques signes avant-coureurs de l’ambiance qui régnait rue de Solférino. Le week-end de rentrée politique des socialistes devait permettre aux différents “clans” de se parler à nouveau afin que le Congrès de Reims ne se résume pas uniquement à des conflits de personnes.

L’unité de façade n’a cependant pas réussi à éclipser les divisions qui subsistent entre les différents candidats. En effet, même si, sur le fond, les contributions des uns et des autres sont relativement identiques et peu originales, les tensions entre les “ténors” n’en restent pas moins vives pour autant.

Les socialistes ont pourtant un opposant politique à combattre en la personne de Nicolas Sarkozy. Le président de la République devrait, en toute logique, pouvoir à lui seul cristalliser toutes les attaques et “fédérer” ainsi contre lui toutes celles et tous ceux qui, au sein du Parti socialiste, veulent véritablement travailler pour proposer une alternative à la politique gouvernementale.

Ségolène RoyalMalgré cela, rien ne semble pouvoir empêcher l’affrontement entre les principaux candidats qui sont prêts à en découdre.
Ségolène Royal a bien proposé de “mettre les questions de personnes au frigidaire” pour permettre l’émergence d’un programme solide. La présidente de la région Poitou-Charentes - qui veut offrir ses idées à la gauche et qui, peut-être, les pense cette fois-ci applicables - exprime à l’instar d’autres socialistes son envie de travailler sur le fond, avant de s’intéresser à celui qui portera ce programme en 2012.

Cette initiative est encourageante pour le Parti socialiste qui aujourd’hui ressemble plus au Radeau de la Méduse qu’à une machine à gagner des élections nationales, mais est-ce bien suffisant ? Lorsque l’on se penche sur les contributions des candidats, on constate le manque cruel de propositions sérieuses. Volontaristes, les socialistes en oublient l’essentiel, à savoir trouver des mécanismes pour financer les projets qu’ils souhaitent mettre en œuvre. Il ressort de toutes ces contributions que les candidats s’opposent à la politique menée par Nicolas Sarkozy... Vaste programme et après ? Quelles alternatives souhaitent-ils offrir aux Français ? Aucun élément de réponse pour l’instant...

Alors que ce Congrès de Reims pouvait être pour les socialistes une occasion de relever la tête après ses défaites électorales au niveau national, les querelles politiciennes risquent au final de supplanter les questions de fond. A ce petit jeu, tous les acteurs de ce congrès cherchent à se distinguer. Arnaud Montebourg tout d’abord, qui remporte haut la main la palme du retournement de veste le plus rapide de toute l’Histoire. Soutien officiel de Pierre Moscovici qui fut son invité à la traditionnelle Fête de la Rose, le député-maire-président du Conseil général, anciennement contre le cumul des mandats, s’est finalement rallié au maire de Lille.

Martine Aubry.Martine Aubry, qui, elle, est “fière d’être socialiste”, est comme un éléphant qui renaît comme par magie de ses cendres et se plaît à tacler quasi quotidiennement Ségolène Royal.

Rien de nouveau pour Jack Lang qui est toujours dans les bons coups et l’affût de la moindre opportunité.

Bertrand Delanoë applique lui la méthode Royal : “moins j’en dis, mieux je me porte dans les sondages”... peut-être suffisant pour devenir premier secrétaire du parti, mais il en faudra en peu plus pour convaincre les Français.

Quant à François Hollande qui voit ses camarades se déchirer, il prend tout cela avec philosophie et se console en pensant à 2012...

Les couteaux sont tirés à Reims et des têtes vont certainement tomber. Bien loin de toute cette agitation politicienne, les Français assistent à ce triste spectacle, partagés entre indifférence et déception.

 

Mathieu SOLIVERES

http://www.mathieusoliveres.fr


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10 réactions à cet article    


  • Pelletier Jean Pelletier Jean 1er octobre 2008 13:56
    @l’auteur,


    vous êtes dans l’air du temps qui consiste à tacler le PS sur ses divisions, libre à vous...
    pour autant cela manque terriblement de recul et d’analyse.


    - d’abord la tradition de débattre chez les socialistes : mais de Guesde/Jaurès à Mitterrand/Rocard , ce n’est pas nouveau et au final c’est toujours sympathique car au moins chez nous les débats sont au grand jour et nos statuts nous y incitent.

    - il y a 6 motions, en fait 3+ 1 + 2 très marginales pour faire acte de foi.

    - les trois premières présentées par : Aubry, Royal et Delanoë regroupant chacune les principaux élus du parti

    - un congrès à Reims où le fond va être examiné avec en arrière plan les ambitions présidentielles des uns et des autres

    - rassurez-vous il y aura une synthèse


    Sinon quoi, nous débattons pour savoir s’il faut passer un accord avec le Modem où est le crime ?

    - nous débattons sur la méthode de savoir si nous organisons des primaires élargie à la gauche
    - il nous reste à « clarifier entre nous » l’idée de l’Europe que nous défendons
    - pour le reste l’économie et la protection sociale nous sommes de bons sociaux démocrates qui croyons encore au rôle de l’état et à sa nécessaire intervention….
     
    Tiens c’est bizarre en ce moment même les américains les plus droitiers sont en train de le redécouvrir….
     
    Alors ça va un moment cette manière un peu légère de nous faire la leçons au lieu de lire les papiers des journalistes lisez un peu ce que nous écrivonsµ… je suis presque sûr que vous n’avez même pas lu encore ces six motions.
     
    Bien à vous
     
    Jean



    • Pelletier Jean Pelletier Jean 1er octobre 2008 18:26

      @calmos,

      Yes... qui va bien, heureux mais lucide pour autant.

      Bien à toi.


      Jean


    • Pierre de Vienne Pierre Gangloff 1er octobre 2008 16:19

      je me demande ce que vous pouvez encore apercevoir " vu de l’UMP" du fond de votre trou béant des promesses non tenues,
      hou, hou vous êtes encore là ?


      • Bulgroz 1er octobre 2008 18:10

        Lles débats générés par les diverses motions sont passionnants.


        • Bulgroz 1er octobre 2008 19:04

          Les diverses motions sont autant de mines d’or de solutions "clé en mains" et faciles à mettre en place, pour solutionner de maniète définitive les problèmes de notre société.

          Quelle motion sera gagnante ?


          • Bulgroz 1er octobre 2008 19:09

            Je me mords les doigts de ne pas m’être abonné au PS et ainsi de ne pas pouvoir participer aux riches échanges entre les tenants des diverses motions.


          • Bulgroz 1er octobre 2008 19:14

            Je suis persuadé que les socialistes sauront retrouver leur unité et leur force à l’issue des débats par une synthèse forte et sans tabous.


          • Bulgroz 1er octobre 2008 19:19

             Moi, je pense que la motion 44 ne fera pas l’unanimité, et vous ?


            • Jean-paul 2 octobre 2008 04:00

              Comme aux USA
              la France n’a pas de gauche .
              Ah j’oubliais Besancenot ! Sorry !


            • Gabriel Gabriel 2 octobre 2008 11:19
              Bonjour,

              Ne revenons pas sur la bataille des EGO au PS. Quelque soit la personnalité politique qui aspire à de hautes fonctions elle a forcément un ego conséquent.
              Je ne porterais aucun jugement de personne, c’est beaucoup trop facile et cela a été fait et refait. J’attends le contenu des programmes. Mais je me permettrais cependant deux remarques :

               
              1°) le nombre de postulant au PS prouve que la démocratie à l’intérieur de ce parti fonctionne contrairement à l’UMP ou il y a un seul chef et un troupeau de moutons bêlants.

               
              2°) Bien qu’il soit fortement critiquable, Il ne faut pas trop taper sur le PS, ce n’est pas lui qui fout le pays dans la m... Actuellement. Et c’est à ce jour la seule force d’opposition démocratique et représentative.

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