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L’avenir du centre en France

François Bayrou a fait le choix de soutenir personnellement François Hollande au second tour de l'élection présidentielle. Choix inédit et original, il pose la question de l'avenir d'un parti centriste en France. Cette question est d'abord légitimé par plusieurs raisons.

La première raison est une raison historique. L'UDF, fondée en 1978, est depuis sa création un parti de centre-droit. Ses membres ont souvent participé à des gouvernements de droite et son leader emblématique, seul élu centriste à avoir été élu à la Présidence de la République, Valéry Giscard d'Estaing a récemment annoncé qu'il voterait pour Nicolas Sarkozy. Cela est un fait, le parti centriste, dans sa volonté d'exister, a toujours trouvé son foyer à droite de l'électorat français.

La seconde raison est lié à l'origine des soutiens possibles de François Bayrou. Elle rejoint d'ailleurs la première raison. Pierre Méhaignerie, Jean Arthuis, Jean-Louis Borloo, Hervé Morin sont tous aujourd'hui membres de l'UMP et anciens membres de l'UDF. Il apparaît difficile, s'il y avait défaite de Nicolas Sarkozy dimanche, qu'ils décident de rejoindre François Bayrou après que ce dernier est pris la décision François Hollande.

Une troisième raison voit alors le jour. François Bayrou aura-t-il la possibilité de recréer un centre avec des forces de gauche. La probable victoire de François Hollande met un terme à cette hypothèse, celui-ci ayant clairement indiqué vouloir gouverner avec un gouvernement de gauche.

 

Ces trois raisons sont l'augure de jours sombres pour la formation centriste, qui vient déjà de passer les cinq dernières années dans une obscurité relative. Pourtant, il y a des raisons de penser qu'une grande force centrale a encore de l'avenir en France.

 

D'une part, la campagne de Nicolas Sarkozy va indéniablement laisser des traces parmi l'électorat de l'UMP, ainsi que parmi ses élus. Car bientôt, va venir le temps du bilan, qu'auront gagné les partis du centre droit après cinq ans de Sarkozysme et dix ans d'UMP ? Quelques postes, quelques récompenses ? Seront-ils capable d'accepter d'être associé à cinq ans de gouvernance qui a vu le chômage augmenter, la dette publique se creuser, la balance commerciale de la France se dégrader ? Souhaiteront-ils être les complices implicites de cette époque qui a vu se terminer la première décennie du vingt-et-unième siècle par deux crises financières que nous n'avons pas encore terrassé.

A tous les élus, militants, soutiens du Parti Radical, du Nouveau Centre, des Progressistes de la Gauche Moderne, j'aimerais qu'ils se posent les questions suivantes : qu'avez-vous obtenu au sein de l'UMP ? Qu'y obtiendrez-vous après le 6 Mai ? L'UMP est promis à des membres de l'ex RPR qui ne défendront vos convictions, uniquement par démagogie, si cela leur apporte vos voix.

Avec la probable défaite de Nicolas Sarkozy, vous avez une chance de vous défaire du carcan dans lequel vous êtes pris. Vous avez la possibilité de renoncer à cinq nouvelles années d'errance incertaine. Vous avez la possibilité de retrouver votre liberté d'expression. Combien de fois avez-vous été désavoué par les dirigeants de l'UMP pour avoir voulu rappeler vos convictions et les raisons de votre adhésion à ce parti ?

A ceux qui pensent qu'en votant François Hollande, François Bayrou approuve son programme, je vous invite à relire sa déclaration (link) où il exprime clairement le fait qu'il ne rejoint pas le leader du PS sur ce point, notamment concernant le programme économique. François Bayrou n'est pas un homme de gauche et ne va pas le devenir.

 

D'autre part, nous ne pouvons ignorer la situation dans laquelle se trouvent la France et l'Union Européenne. Nous avons face à nous des défis importants à relever. Et on peut penser que les hésitations et tergiversations des politiques récentes n'ont fait que retarder le moment où nous aurons à faire les choix nécessaires et courageux. Comme à un malade qu'on essaie de soigner avec des comprimés, il viendra un moment où il faudra se décider à opérer la France et l'Europe pour les guérir des tumeurs cancéreuses - chômage, dette, précarité - qui les rongent.

Lorsque ce moment viendra, nous aurons besoin de toutes les bonnes volontés, toutes les forces vives, sans exception possible car il n'y a que par l'unité et le rassemblement que l'on peut triompher des dangers les plus terribles.

Lorsque ce moment viendra, c'est au centre de l'échiquier politique qu'on regardera. Car c'est là que François Bayrou, Cassandre de cette élection, a annoncé le premier, depuis dix ans les dangers qui nous menaçaient. Car c'est là que François Bayrou a voulu proposer des solutions pour redresser la France.

Cette élection n'est pas une fatalité bien au contraire. Nous avons - vous avez - la force, le courage, la volonté qui nous permettront de redresser le pays. Cette élection n'est pas la défaite d'un camp face un autre. Cette élection est le prémice d'un rassemblement des Français.

 

Tel le Yin et le Yang qui symbolise l'équilibre entre deux forces, cette nouvelle force centrale - à laquelle je crois sincèrement - sera composé d'hommes et de femmes de gauche et d'hommes et de femmes de droite et, parce qu'il représente l'équilibre, elle saura se libérer des chaînes des extrêmes et être indépendante.


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3 réactions à cet article    


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 5 mai 2012 08:06

    À l’auteur :
    « François Bayrou aura-t-il la possibilité de recréer un centre avec des forces de gauche ? »

    Ce n’est pas sur la base de calculs politiciens qu’un « centre » pourra être recréé. Il y faudra, préalablement, l’élaboration d’un programme politique séduisant.
    Le « CENTRE » ne renaîtra que lorsque Bayrou, ou un(e) autre, parviendra à s’imposer politiquement en élaborant un programme socio-économique ambitieux et réaliste capable de rallier une majorité d’électeurs de droite, du centre et de gauche.
    En 2012, il aurait pu atteindre ce but s’il avait mis en avant, par exemple, la Refondation du Capitalisme prônée par Jean Peyrelevade, un de ses tout proches conseillers qu’il a complètement ignoré.


    • leypanou 5 mai 2012 09:05

      @auteur :

      F Bayrou se vante d’avoir été le premier à avoir parlé du problème de la dette, attribuant celle-ci à des dépenses trop importantes.

      Or, le problème de la France et de nombreux pays Européens et du monde (surtout les Etats-Unis), ce n’est pas du tout que les dépenses publiques sont trop importantes comme le répètent à l’envi tous les politiciens ou autres économistes orientés, c’est tout simplement une baisse de recettes depuis pas mal de gouvernements , de gauche comme de droite.

      En France, par exemple, le taux d’imposition de la tranche de revenu la plus élevée est passé de 1986 à 2007 de 60% à 40%. Une politique analogue a été prise concernant l’impôt sur les sociétés (les fameux flat tax dans certains pays).

      S’il n’y avait pas eu toutes ses nombreuses baisses de charges, exonérations de charges et baisse d’impôts aussi sur le revenu que de société, la France ne serait pas du tout déficitaire.
      La politique d’appauvrissement de l’état est donc une politique voulue, pour pouvoir justifier le démantèlement de tout ce qui est service public (santé, éducation, retraites, etc, etc).

      F Bayrou et tous ceux qui se réclament du centre participent donc à cette politique.


      • eric 5 mai 2012 10:08

        Il y avait deux caractéristiques dans le centrisme et elles étaient liées. Le catholicisme et la mixité sociale. Emmanuel Todd à parfaitement montré que le catholicisme, si il est facilement cesaro papiste et adepte de vérités un peu uniques en théorie, est surtout de toutes les idéologies, la plus concrètement universaliste. Au MRP, il y avait de tout, y compris des pauvres, des ouvriers, des syndicats etc... Comme chez les chrétiens démocrates en Allemagne.

        Ce centrisme là a été dépecé. Sur sa gauche, voir le bouquin de Rocard, ou il se vente d’avoir amené la seconde gauche à Miterrand, en oubliant que celui ci l’a parfaitement cocuifiée de bout en bout.
        Mais surtout sur sa droite. Les éléments les plus humanistes sont passé à l’UMP.

        Ce n’est pas une provocation. Il y avait chez les gaullistes, la vraie base populaire qui a disparu du Modem. Celui ci réussi le peu enviable résultat d’être le parti le moins ouvrier de France.
        Le modem, comme les autres partis hors UMP, est d’abord un parti de classe.

        Ceux qui considèrent que le choix des pauvres reste prioritaire, ont choisit l’union.

        Parce qu’être centriste, c’est accepter la légitimité de toutes les forces politiques légales. Pas de décerner des brevets de républicanisme. Cela, c’est être à gauche.

        Test : vous êtes un militant invité chez n’importe quel militant de n’importe quel autre parti politique en France. Vous acceptez l’invitation,parce que vous êtes centriste et que vous savez faire la distinction entre une personne vivante et les idées pour lesquelles elle vote, même si ces dernières ne vous plaisent pas. Chez lequel de vos hôtes pensez vous avoir une chance de rencontrer un autre militant également de tout autre parti politique sans exclusive ?
        Répondre à cette question avec franchise, c’est à la fois être centriste et savoir que le centre est avec Sarkozy.

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