Tous savent ou devraient savoir que le courant du PS « Espoir à gauche » est issu de la motion E qui soutenait la candidature de Ségolène Royal, lors du lamentable congrès de Reims, lamentable du fait des opposants à celle-ci, qui avaient pourtant obtenu la majorité relative auprès des militants du PS.
Tous savent ou devraient savoir que ce courant regroupe dans sa majorité des militants qui se reconnaissent dans l’action et la personne de Ségolène Royal.
Tous savent ou devraient savoir que V. Peillon avait été mandaté par Ségolène Royal pour animer le courant en question afin de réformer en profondeur ce parti dans le sens de l’ouverture vers plus de démocratie participative et au rassemblement de tous les démocrates pour faire échec à Nicolas Sarkozy en 2012.
Or qu’a-t-on vu lors de la réunion organisée au nom de ce courant ? Que son animateur auto-proclamé, sans avoir consulté qui que ce soit, en tout cas aucun adhérent de base de ce courant, avait décidé d’interdire à Ségolène Royal -qu’il soutenait pourtant lors de la formation de ce courant- de participer à une réunion organisée par ce courant, sous le fallacieux prétexte qu’elle serait présidentiable, tout en faisant de Manuel Valls, qui lui, au contraire de Ségolène Royal, s’est déjà déclaré candidat à la candidature, un acteur majeur de cette rencontre. Cette réunion portait sur l’école et l’enseignement, ce qui est en effet une source fondamentale de notre vision de la république, thème sur lequel Ségolène Royal, par ses fonctions passées comme ministre dans ce secteur, est particulièrement compétente . Sa présence était donc particulièrement nécessaire au débat.
Faut-il rappeler que Ségolène Royal est tout à fait chez elle dans ce courant qu’elle a initié et donc qu’elle n’a pas plus que tous les autres militants de ce courant à y être invitée. Chaque adhérent en effet a été invité à s’inviter pour participer à cette réunion. Ce qu’elle a fait en avertissant F.Rebsamen co-organisateur et maire de Dijon, la ville qui avait offert l’hospitalité de sa ville pour sa tenue, de sa présence à cette réunion, lequel lui avait assuré qu’elle y serait bienvenue, ce qui vaut approbation de cette auto-invitation. Faut-il penser que pour V. Peillon, sans consulter les autres dirigeants de ce courant, il aurait tout seul le droit de décider de la présence ou non de tel ou tel adhérent ou militant à une réunion du courant qui est le leur, après avoir reproché, avec quelques autres, à Ségolène Royal de n’être pas venue au rassemblement précédent de Marseille ?
Faut-il rappeler qu’aucune des orientations en vue du rassemblement et de la transformation du parti défendues par les militants de ce courant n’est différente de la position développée par Ségolène Royal lors du congrès de Reims, voire lors de sa campagne aux élections présidentielles. Position qu’elle continue à soutenir à la place et avec le talent qui lui sont reconnus par ses amis dont V. Peillon a été il y a peu, largement majoritaires dans le courant « Espoir à gauche » ? V. Peillon peut-il dire sur quel point sa propre position politique l’opposerait à celle de Ségolène Royal ?
La réponse est non, sa sortie est donc outre son aspect anti-démocratique, voire autocratique, en opposition avec la notion de démocratie élargie ou participative qu’il défendait encore il y a peu, est donc une attaque purement personnelle.
Il faut alors se poser une question : Quels sont les buts personnels aujourd’hui de V. Peillon ?
S’agit-il de récupérer le « ségolénisme » sans Ségolène en disqualifiant celle-ci, selon ses propres termes, pour conforter la candidature d’un autre qui pourrait être celle de Dominique Strauss-Khan , de Manuel Valls, de Martine Aubry, voire de lui-même ; sa promesse en effet de ne pas être lui-même candidat n’engage, au regard de son parcours récent auprès de Ségolène Royal, que ceux qui croient encore en sa parole.
S’agit-il d’envisager de prendre personnellement la tête du parti socialiste, en service commandé par l’actuelle direction, pour faire d’une (?) candidature à la présidentielle -qui ne serait pas Ségolène Royal- la seule candidature possible ? Ce pourquoi il aurait, par un détour dont la dialectique ne casse pas les briques, sinon celles de la démocratie (et on a vu ce que cela pouvait donner lors du congrès de Reims), rejoint le camp de ceux qui n’ont comme seul souci politique que de faire barrage à la candidature de Ségolène Royal aux présidentielles de 2012.
Comme quoi la philosophie que V. Peillon honore ne garantit pas nécessairement contre la perfidie en politique dont Platon faisait, entre autres, un moyen nécessaire pour qui voulait être à la fois roi et philosophe.
Les militants et adhérents d’ « Espoir à gauche » dont je suis -et au delà, les électeurs de gauche- sauront, n’en doutons pas, apprécier ce comportement particulièrement cynique comme il le mérite, le faire savoir à son auteur, et s’en souvenir...

| Don défiscalisé 10€ ou plus |
|
Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.
|
Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.
Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page
Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.
La Gauche est une zone littéralement "sinistrée" http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/16
23/11 04:40 - Pierre JC AllardBesson n’est pas Déat. Besson est un petit cadre qui est passé à la concurrence et qui (...)
22/11 20:52 - moebiusquand au degré d’étanchéité entre le PS et l’UMP si a chaque intervention de Ségo (...)
22/11 20:47 - moebiusà furio Votre début est excessif : Peillon n’est pas Besson et Besson n’est pas (...)
22/11 20:45 - Melchior Griset-Labûchec’est idiot...l’information ici c’est, tient ! Reboul sort du bois quand (...)
22/11 20:33 - moebiusEn fait d’accord pour classer Peillon et besson ( le Marcel Déat de la france de sarkosy (...)
22/11 17:32 - furio
Pierre Lescure chante le rock
Taddeï l’anticonformiste, de Dieudonné à Chomsky
Violence des jeunes : vrai ou faux problème ?
Akhenaton : rap, religion et politique
Coline Serreau, la belle verte