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L’ère Sarkozy et le triomphe du cynisme

Ces derniers temps, beaucoup de gens ont été choqués par les attaques en règle de l’UMP et de Nicolas Sarkozy contre les faibles (franchises médicales, pénalités contre les chômeurs, réemploi de retraités), contre les familles (carte famille nombreuse et allocations familiales), contre les morts et les ambulances (Mitterrand et Chirac…), contre les enseignants et leurs syndicats comme le rapporte Le Canard enchaîné… Concernant les derniers, c’est ce qui explique la provocation présidentielle sur le service minimum le soir de la grève suivie de manifestation du jeudi 15 mai. Et le président n’est pas le seul à faire dans la provocation et l’arrogance en ce moment : Xavier Darcos a ainsi déclaré que les grèves et les défilés ne changeront rien à ses décisions péremptoires, traitant au passage les lycées de bouffons ; quand Santoni propose, lui, un brin moqueur, des brassards à la japonaise aux enseignants grévistes. A quoi il faut ajouter le soutien éhonté aux dictateurs prédateurs (Chine, Tunisie, Tchad…).

Pour tous les honnêtes gens qui ne saisissent pas encore le soubassement idéologique marquant de ce régime, ces comportements paraissent incompréhensibles, irrationnels, voire contraires à la morale la plus élémentaire. Or, quand on comprend la philosophie qui opère à travers ces agissements détestables, tout est d’une clarté et d’une logique implacables. Le maître mot du régime semble être en effet le cynisme. Le leitmotiv du parti UMP et du président (qui n’arrive pas à s’en détacher pour être le président de tous les Français) semble être : « Quoi que vous pensiez, quoi que vous fassiez, nous n’en avons cure ! Nous écraserons les pauvres et nous nous inclinerons toujours devant le riche et le fort. Que cela soit entendu partout où besoin sera ! » Je vais essayer de démontrer, ci-dessous, cette thèse a priori polémique que j’avance, mais qui à vrai dire est soutenue par les faits.

Observateur attentif de la politique française, depuis un an, j’ai eu, comme beaucoup d’autres, un étrange sentiment sur l’action et le comportement de M. Sarkozy et de son gouvernement. La tendance lourde est au cynisme. Ce « scandale spirituel et moral » consistant, selon Peter Sloterdijk, à se montrer intraitable avec les pauvres et les faibles, doux et compréhensif avec les riches et les forts.

Dans sa Critique de la raison cynique, parue en 1983, en Allemagne, publié Chez Christian Bourgeois en 1987, le philosophe allemand, analyse magistralement ce fléau des temps modernes. Pour lever l’équivoque à l’égard de la philosophie cynique de la Grèce antique, il établit une nette distinction entre le cynisme ancien (kunisme) et le cynisme moderne. Tandis que le kunisme, héritage diogénien, était à la fois le rire satyrique, l’insolence révoltée, l’ironie transgressive, l’impertinence agissante, la provocation obstinée du faible contre l’immoralité des forts, le cynisme, lui, désigne l’attitude du fort tombant le masque, pour sourire narquoisement au faible tout en l’opprimant. Le kunique transgressait la morale dans le but de la sauver, le cynique, imbu de son sentiment de noblesse et de sa supériorité, s’arrange avec sa conscience et se moque de toute morale. L’exemple illustratif de ce mépris cynique vis-à-vis du faible, c’est l’attitude attribuée à Marie-Antoinette au moment des soubresauts révolutionnaires contre Louis XVI. S’étant enquise des raisons de l’agitation populaire, la Reine s’est vue répondre : « le peuple a faim ; majesté, il n’a pas de pain ». La réplique de la cynique a été : « Si le peuple n’a pas de pain, pourquoi ne mange-t-il pas des brioches ? » Ceci est un résumé saisissant de l’esprit cynique.

Après ce préambule, je voudrais montrer en quoi le régime de M. Sarkozy accomplit ce triomphe du cynisme moderne actuellement.

Depuis l’entrée en fonction de M. Sarkozy, on se rend compte que sa campagne électorale a été une accumulation de promesses intenables, un foisonnement de discours simplistes et d’argumentaires à l’emporte-pièce dont le but était juste électoral et enfin un cafouillage idéologique voulu et savamment orchestré. Au final, on peut dire que les Français ont été trompés de bout en bout. Vous me direz « ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes ». Soit !

On dit, a posteriori, que ce flou idéologique a été l’œuvre de H. Guaino, l’idéologue du président. Mais est-ce à l’insu du plein gré de M. Sarkozy. On peut sincèrement en douter. Toujours, est-il, qu’à deux, ils ont instrumentalisé, par exemple, les leaders historiques de la gauche tels que Jean Jaurès, Léon Blum et même Mitterrand. S’il faut leur concéder que Blum et Jaurès appartiennent à l’Histoire de la France, donc à tous, on peut leur rétorquer que ces leaders sont à prendre avec les valeurs et les œuvres qui ont été les leurs. On ne peut les prendre uniquement comme des marchandises à la sauce libérale, comme cela a été le cas pendant ces présidentielles. En effet, si ces derniers étaient chers au cœur de M. Sarkozy, il aurait pu au moins donner leur nom à un square ou à une rue dans sa riche municipalité de Neuilly. Mieux, il aurait, après son élection, protégé les acquis sociaux et politiques, par exemple, de Blum : 39 heures et congés payés, Sécurité sociale pour tous... Au lieu de cela, M. Sarkozy a entrepris de détruire systématiquement ces acquis. Comme dirait Julien Dray, M. Sarkozy aime les leaders de gauche lorsqu’ils sont morts et bien morts, lorsque les valeurs dont ils ont été porteurs se détricotent. Blum et Jaurès sont juste revendiqués par rapport à la lettre, mais pas aux actes.

Il est vrai qu’il récupère aussi des hommes de gauche (politiques et intellectuels) de leur vivant : ex. : André Glucksmann, qui voyait en Sarkozy : le "seul candidat aujourd’hui à s’être engagé dans le sillage de cette France du cœur, qui soutint les boat people vietnamiens, Solidarnosc, les dissidents russes ou les Tchétchènes". Mal lui en a pris, car, sitôt l’élection gagnée, le nouveau président est entré en idylle avec Poutine, dont il disait, pendant la campagne ne pas vouloir serrer la main. Dans les faits, notre président fonctionne depuis son élection suivant une maxime toute simple : « tendre avec les riches et les puissants, dur avec les faibles et les pauvres ».

Ce fonctionnement se vérifie en politique nationale, sur le plan de la politique économique et sociale, mais aussi dans les relations internationales.

Sur le plan national : Nicolas Sarkozy qui a battu campagne, comme candidat des vraies gens, des ouvriers et des sans-voix, n’a rien trouvé mieux à faire qu’à leur faire des pieds de nez : la nuit de son élection, c’est le Fouquet qu’il a choisi pour recevoir ses amis : entre autres, Bernard Arnault, Bouygues, Bolloré, Johnny Hallyday, Christian Clavier, Jean Reno, Bigard... Cela était en soi une indication sur la classe sociale pour laquelle le président entendait gouverner.

Dans la même semaine, c’est un modeste yacht, de son ami Bolloré, louable à 173 000 euros la semaine, en basse saison, que le président a choisi pour sa pause monacale, « pour, disait-il, habiter la fonction ». Passons sur les contreparties éventuelles pour un tel cadeau. Le nouveau président avait vite fait savoir, sans convaincre, il est vrai, que Bolloré n’avait aucun contrat avec l’Etat. Ce qui s’est révélé faux, puisque les tourniquets du métro parisien viennent de chez Bolloré. Mieux, Bolloré, qui exploite le bois africain est le quasi-relais de l’Etat français en Afrique, comme Bouygues le représente dans les secteurs des eaux et les télécommunications ivoiriens et autres... Pour couronner tout, le nouveau président a choisi la station estivale huppée de Wolfeboro (nord-est des Etats-Unis), dans une villa louée par ses amis à 30 000 dollars/semaine, pour, disait-il, « découvrir l’Amérique profonde ». A l’époque, son salaire mensuel, son argent de poche, toutes ses charges étant prises en charge par le Trésor public, était en gros de 6 000 euros par mois. Là aussi, on ne peut ne pas penser à des contreparties.

Sur le plan économique : la première mesure du président est symptomatique également. Le paquet fiscal a été un cadeau indécent fait aux plus riches de la société. A considérer même que les heures supplémentaires puissent bénéficier aux salariés, on peut dire que le paquet fiscal est le moyen par lequel le président soigne le cœur de son électorat, sa classe sociale : les grandes fortunes. On verra d’ailleurs que la suppression de fait de la durée légale du travail, annoncée par le président, le 28/11/2007, à travers la possibilité donnée aux entreprises (employeurs et employés) de négocier la sortie des 35 heures, va rendre caduques les heures supplémentaires. Si la durée légale n’existe plus, cela signifie que tout est permis, comme avant la Libération. Alors, il sera démontré, que le fameux « travailler plus pour gagner plus » ne signifie rien d’autre que travailler sans limite pour gagner moins.

Réforme des régimes spéciaux des retraites : pendant que le gouvernement et le président faisaient passer les chemineaux pour des privilégiés, car pouvant aller en retraite à 55 ans, avec environ 1 500 € mensuels, M. Sarkozy augmentait son propre salaire de 207 %. Et ne pouvant pas penser un instant qu’il n’a pas pensé à cette coïncidence, la conclusion est simple : « pensez ce que vous voulez, je vous em... ».

Pareil pour la promesse non tenue d’augmenter le pouvoir d’achat des plus pauvres, le Smic et les petites retraites notamment.

Non content de leur refuser toute augmentation, le président et son gouvernement transforment les pauvres en vaches à lait. Les franchises médicales introduisent la solidarité entre les malades et non plus entre les biens portants et les malades. C’est inéquitable à souhait. La redevance télé est désormais réclamée aux retraités de plus de 65 ans... A 50 % certes, mais cela reste une régression. Ces retraités ont pourtant voté en masse M. Sarkozy. C’est une drôle de façon de les en remercier. C’est cynique disons ! Dans la société sarkosyste du « travailler plus pour gagner plus », une chose est désormais sûre, chacun devra vivre pour travailler ! Notamment tous ceux qui n’auront jamais assez de salaire pour vivre dignement. Dans cette société du culte du travail pour le grand nombre désargenté et du culte de l’argent pour un petit nombre méritant, les pauvres, englués dans leur quotidien miséreux et laborieux, n’auront guère plus de temps de construire des relations sociales encore moins de solidarité de lutte ; ils ne peuvent que laisser les élites (économiques et politiques) fortunées, jouir de leurs richesses, acquises pourtant grâce à la force de travail des innombrables infortunés. Plus de société de loisirs et de congés pour tous, plus de durée légale du travail, plus donc non plus d’heures supplémentaires, pourtant promises à coup de slogans et de publicités... Plus de vie sociale... Ainsi se réinstaurera la société de classes naturelles dignes du XIXe siècle.

Sur le plan social, la gestion des émeutes de Villiers-Le-Bel révèle la facette cynique du président. Revenu de Chine, à l’époque, il déclara, tel un père fouettard que les émeutes « ont à voir avec la voyoucratie et non avec la crise sociale ». En confondant tous les émeutiers, sans la moindre nuance, comme à son habitude, avec les tireurs de policiers, le président sait qu’il est dans la fausseté mais il n’en a cure. Car la Vérité n’est pas un concept admis dans l’idéologie cynique ; la justice et l’équité non plus d’ailleurs.

La suite le démontrera. Le président a sommé le ministère de l’Intérieur de mettre tous les moyens, sous-entendus, légaux ou pas, pour retrouver les tireurs de policiers. Quelques jours plus tard, la police, tract à l’appui, mettait sur pied la prime à la délation. On se croirait aux Etats-Unis d’Amérique aux temps du Far-West. Mais, lors de ce discours, aucune incitation à faire la lumière sur l’événement déclencheur des émeutes n’a été signifiée par le président. La suite, on la connaît puisque le 18 février, à 6 heures du matin, ce sont 1 200 policiers, accompagnés de centaines de journalistes et caméras, qui investissent Villiers-Le-Bel et ses environs pour arrêter 33 suspects donnés par les délateurs rémunérés. Pendant ce temps, aucune nouvelle sur l’avancement de l’enquête concernant les deux jeunes morts lors de la collision de leur moto avec la voiture de police. Accréditant du même coup la thèse du deux poids deux mesures. Soupçons d’autant plus légitimes que l’enquête bâclée de la police, quelques heures après l’accident meurtrier, n’a pas donné un gage d’impartialité des services de police dans cette affaire. Or, on sait qu’à chaque « bavure » policière, l’enquête approfondie a presque toujours été en contradiction flagrante avec les conclusions de la police.

Il ne faut pas se méprendre sur ce que je veux dire. Qu’il soit dans tous les cas clair, on n’a pas le droit d’utiliser des armes à feu contre les policiers (ni sur quiconque d’ailleurs) qui dans leur grande majorité remplissent leur mission avec courage et abnégation. Les policiers ont d’ailleurs fait preuve de leur sens républicain élevé et d’un sang-froid remarquable en ne ripostant à aucun moment face aux coups de feu les visant. Cela doit être salué.

Cela étant dit, il faut éviter de donner à ces populations des « ghettos » le sentiment de deux poids deux mesures. Devant un tel sentiment tout autre population se révolterait. On a vu des députés, qui ne sont pas les pires voyous, protester à l’Assemblée nationale, contre la dépénalisation des affaires. Effectivement, quel sens de la justice donne-t-on aux gens lorsqu’on enferme à tour de bras les petits délinquants des quartiers défavorisés, à la moindre incartade, quand on fait la chasse aux criminels fraudeurs aux allocations familiales et aux indemnités de chômage, quand au même moment, on absout les crapules aux cols blancs de détournement de millions, voire de milliards d’euros ? Mais raison cynique oblige, c’est toujours facile d’être sévère avec les gens de peu qu’avec les riches.

A moins de vouloir une réplique rapprochée des émeutes du 25 novembre, on ne pouvait pas ne pas se presser de réparer la première fausse enquête de police. Il est vrai qu’on est habitué maintenant à cette attitude absurde de la part de l’Etat et de la police. Lors des événements graves de 2005 aussi, l’enquête sur l’électrocution des adolescents avait été également truquée par la police afin de disculper les policiers. On sait ce qui est arrivé.

Plus généralement, la justice sous le président Sarkozy consiste à enfermer les petits délinquants (loi sur la récidive, loi sur les criminels dangereux, fichage généralisé), à enfermer, en dehors de toute considération de justice, les malades mentaux et les petits trafiquants et à contrario d’absoudre les grands voleurs du cac40 et plus généralement le monde des affaires que chérit le président.

Rachida Dati, maîtresse d’œuvre de la nouvelle politique judiciaire, affirme qu’elle entend mettre sur pied un Etat de sûreté, afin de permettre aux honnêtes citoyens de profiter de leurs biens. Devant le tollé, elle avait fini par dire que si les délinquants sexuels ne se faisaient pas soigner, ce sera la prison définitivement. Mais si c’est derniers sont reconnus ainsi malades, n’est-ce pas à la société, au moment de leur condamnation, de prescrire en même tant que la sentence les condamnant l’obligation de soins ? Seulement, si l’on rapproche les attendus de cette énième loi anti-récidive de ce que le candidat Sarkozy affirmait, aux présidentielles, quant au caractère génétique de la pédophilie et des assassins d’enfants, on comprend que l’obligation de soin n’est qu’un alibi. Encore du cynisme !

Sur le plan des relations internationales : on se rappelle les railleries contre Ségolène Royal lors de sa visite en Chine au moment de la campagne présidentielle. M. Sarkozy avait indiqué que cela était indécent. Celui qui disait avoir un dégoût à serrer la main de Poutine n’a eu aucun problème, juste dans son premier mois de règne, à embrasser et tapoter Poutine dans le dos lors de son premier sommet de G8. Deux mois plus tard, il se rendait en Russie en visite officielle et, sept mois plus tard, il était, seul avec le président du Kazakhstan et Mahmoud Ahmadinejad d’Iran, à féliciter Vladimir Poutine pour le hold-up électoral de son parti aux dernières législatives russes. André Glucksmann, même légèrement sénile, l’apprendra à ses dépens lui qui a soutenu le candidat Sarkozy parce qu’il était le seul à pouvoir s’opposer à Poutine et à défendre les Tchétchènes. Sept mois plus tard, on est abasourdi de voir celui qui disait naguère, en campagne, « avec moi, la France sera du côté des opprimés du monde », à cirer les bottes de Bush, Poutine, les autorités chinoises, et surtout dérouler les tapis rouges et ouvrir les palais de la République à Kadhafi, tortionnaire des infirmières bulgares et du médecin d’origine palestinienne, qui se rendent compte qu’ils ont servi de monnaie d’échange. Il est pourtant prédateur du peuple libyen depuis près de quarante ans.

Mais, là aussi, c’est la même logique cynique qui opère : dur avec les faibles et les pauvres, doux avec la racaille argentée et les puissants, sans aucun égard aux peuples. Le même homme qui va encenser l’Amérique de Bush, qui félicite le tsar Poutine, qui rend visite au timonier Hu Jintao, donne le certificat d’historicité à l’Afrique blanche, fait un triomphe républicain à Khadafi, est le même qui va à Dakar insulter l’Afrique et l’homme noir. Passons sur l’ignorance et le mépris affichés à l’égard de l’Afrique, de son histoire et de ses civilisations.

Et lorsque les intellectuels africains protestent contre l’insulte, ils sont traités par l’idéologue du prince cynique de pseudo-intellectuels, incapables de comprendre une pensée politique profonde. Lui et son maître, si prompts à dénoncer la pensée unique, en France, se sont octroyé le droit quasi divin de tirer des conclusions aussi définitives que péremptoires sur ce qu’est l’Afrique, son histoire, ses civilisations, mais aussi sur ce qu’est l’homme africain. Juger de la prétention du personnage. Les pseudos-intellectuels sont entre autres : Achille Mbembé, universitaire camerounais enseignant aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, Alpha Oumar Konaré, historien et ancien président du Mali, Adame Ba Konaré, historienne reconnue et épouse du président Konaré, Amadou Motar Mbow, ancien secrétaire général de l’Unesco, en France, même Dominique de Villepin, Benjamin Stora, Bernard Henri Lévy et tant d’autres... Tous ces gens n’ont aucune importance aux yeux du grand idéologue qu’est Henri Guaino, dont on ne connaît, par ailleurs, pas de travaux intellectuels dignes de ce nom.

On peut dire que M. Sarkozy, qui, naguère, commençait ses discours en disant : « je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai, je dis ce que je fais et fais ce que je dis » depuis douze mois fait exactement le contraire de ce qu’il avait promu. Et la presse étant amnésique depuis fort longtemps, personne ne le met devant ses contradictions. Surtout pas PPDA et Chabot, ses intervieweurs et complices attitrés, véritablement ectoplasmes journalistiques dénoncés comme tels d’ailleurs par le même Sarkozy, en privé, quelques jours après son interview.

A l’Afrique, il avait notamment promis de rompre avec la Françafrique, c’est-à-dire avec le soutien des potentats locaux et les chefs d’Etat prédateurs. Que fait-il ? Il s’accoquine tout simplement avec Omar Bongo, Sassou Nguésso, Abdoulaye Wade, Khadafi, Ben Ali, Deby, qui sont tous loin d’être des exemples de démocrates. Le super machin, Eurafrique, qu’il propose de mettre sur pied à la place de l’ancien machin françafricain, ne sera rien d’autre, dans ce contexte, qu’un autre instrument de domination (Jean-Marie Bockel, éphémère ministre - dit de l’ouverture - de la Coopération, qui avait cru aux promesses de ruptures du candidat l’apprendra à ses dépens...)

A l’égard de l’Afrique, le cynisme atteint encore des sommets inégalés. Notamment avec la nouvelle loi sur l’immigration et son test ADN exclusivement dédié à l’Afrique, pour ne pas dire aux Noirs. Cette loi dite d’immigration choisie stipule entre autres : de l’Europe de l’Est, on ne prendra que des personnes sans qualification et des manuels ; de l’Afrique, elle entend recruter des personnes hautement qualifiées, universitaires, chercheurs, ingénieurs et autres. Quelle hypocrisie, alors ! En effet, c’est le même qui, au Sénégal, en juillet 2007, déplorait la fuite des cerveaux en bonne intelligence avec Me Wade, forge des lois pour piller l’Afrique de ses ressortissants les plus qualifiés. Il y a en fait une visée insidieuse dans cette répartition des emplois : blanchir l’immigration par le personnel non qualifié de l’Est et garder une petite immigration noire qui ne dérangerait pas et qui s’intégrerait facilement eu égard à son niveau social.

 

Le monde néolibéral, pour ne pas dire bourgeois, que nous propose le président le plus fan de l’Amérique sera un monde où la classe des puissants et des riches s’allieraient pour bien exploiter et sucer le sang des sans-grades de tous les continents. L’idylle de notre président avec les grands affairistes français, avec les plus grands dictateurs tels que Poutine, Hu Jintao, Bongo, Ben Ali, Kadhafi, Deby… préfigure ce monde de la solidarité mondialisée des classes dominantes. C’est pourquoi, c’est à pouffer de rire que d’entendre le président et son idéologue, H. Guaino, nous parler de politique de civilisation et des valeurs morales et religieuses. Le cynisme est en effet aux antipodes des valeurs, de la morale et de l’idée de civilisation au sens de la sociabilité et du vivre mieux ensemble. En réalité, les nouvelles lubies du président, que ce soit la suppression de la Pub des médias publics, la politique de civilisation ou la rengaine sur les apports de la religiosité ou de la spiritualité à la civilisation, ne sont qu’autant de cache-misère. C’est l’écran de fumée qui vise à cacher le désert d’action notamment en faveur du pouvoir d’achat des Français et les trop nombreuses fausses promesses de sa campagne. Si tôt évoqués, ces thèmes sont d’ailleurs immédiatement chassés par de nouvelles fausses pistes.

Il n’y aura qu’une réaction concertée des pauvres et des faibles en face qui pourrait enrayer cette marche macabre. Et cela sera très difficile, pas seulement parce que les puissants ont les médias et la force avec eux, mais aussi parce que le cynique, même puissant, se posera toujours en victime d’un coupable imaginaire. Pour M. Sarkozy, qui est pourtant le dépositaire actuel de toute la puissance de l’Etat, le mal c’est la pensée unique, le pouvoir intellectuel gauchiste, Mai-68, les journalistes aigris, sa rivale malheureuse aux présidentielles, ses prédécesseurs (Mitterrand et Chirac notamment), les petits fraudeurs, les étrangers anti-français… Il est la victime et on lui en veut parce qu’il a réussi. Et il y a malheureusement des pauvres et des sans-grades qui le croiront.

 


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125 réactions à cet article    


  • rocla (haddock) rocla (haddock) 20 mai 2008 08:52

     Pour tous les honnêtes gens qui ne saisissent pas encore le soubassement idéologique marquant de ce régime, ces comportements paraissent incompréhensibles.

     

    Il y aurait donc deux sortes de gens , les honnêtes ( vous et les vôtres ) et les autres .

     

    C ’est de la philosophie cette histoire là ? Combien d’ années d’ études pour sortir une phrase de ce genre ?

     

    Rocla , professeur de rien .

     

     


  • IMAM ATHEE 19 mai 2008 11:41

    Ceci découle logiquement de ce que la société civile nietzschéo-confucianniste doit encore rejeter la contrainte que l’association informelle a perdu, faute d’intégration.


    • Bulgroz 19 mai 2008 12:17

      Tall a tort , contrairement à ce qu’il dit, la position de NS, comme l’a excellemment souligné Tao David est un compactage purement rhétorique d’une pseudo-rationalité économiste automatique dans laquelle la société se dissoudrait dans un individualisme de l’intérêt privé sans aucune perspective d’ensemble qui serait liée à une définition quelconque de la justice en termes de rapports de forces sociaux et de réduction des inégalités réelles et sa compensation fantasmatique par la truchement de valeurs traditionalistes afin de faire diversion vis-à-vis de la frustration que génèrent ces inégalités. Comment comprendre un syncrétisme aussi baroque, que d’aucuns appelleraient post-moderne ?


    • JL JL 19 mai 2008 11:45

       

      Excellente analyse. Sarkozy ne divise pas pour régner, il règne pour diviser. C’est d’ailleurs ce que ses maîtres, ceux qui ont fait sa fortune lui demandent. Il sait que dans 4 ans il sera ’grillé’ dans l’opinion, c’est pour cela qu’il n’envisage pas un deuxième mandat, et qu’il mène tambour battant les ’réformes’. Il pratique le politique du "ça passe ou ça casse" et est gagnant à tous les coups puisque le but est de casser ! Dans le jeu de "Pile je gagne face tu perds", Sarkozy a depuis longtemps démontré sa supériorité flagrante.

      Ps : en fin d’article vous écrivez : "" Pour M. Sarkozy, qui est pourtant le dépositaire actuel de toute la puissance de l’Etat, le mal c’est la pensée unique"". Vous connaissez la fable de ceux qui mentent tout le temps et ceux qui ne mentent jamais ? La pensée unique selon Sarkozy c’est toute pensée qui s’oppose à la Pensée unique.


      • saint_sebastien saint_sebastien 19 mai 2008 11:46

        et je rajouterais bien fait pour nous. on n’avait qu’à être un minimum plus intelligent dans l’isoloir.

        la faute à la gauche aussi qui a été completement nulle (et ça continue).

        les vieux, et les jeunes actifs, l’electorat de sarkozy est la première victime de sa politique.

        et bien qu’ils déménagent aux states ou en uk pour voir la réussite de leur idéal.

        encore une fois les français ont les dirigeants qu’ils méritent, personne ne leur forcé la main.


        • Medicis 20 mai 2008 08:40

          Entre 2 programmes, même pas enthousiasmants, il faut savoir choisir, mais combien d’électeurs lisent vraiment les programmes ?De Gaulle avait dit :"les français sont des veaux !"


        • Vieux Sachem 19 mai 2008 11:52

          Je pense que Lerma s’emploiera à redresser les torts de son idole de Président. A mots choisis, comme d’ordinaire !

           


          • Le péripate Le péripate 19 mai 2008 22:51

            Merci Renève de ce lien extrêmement interresant. Pour compléter votre florilège , on pourrait aussi extraire : 

            Bien plutôt, la plus grande partie de la redistribution se fera à l’intérieur du groupe des "non-pauvres", et il arrivera souvent que ce soient les plus riches qui arrivent à se faire subventionner par les plus pauvres. Pensez seulement à la pratique quasi-universelle des études universitaires quasiment "gratuites", grâce auxquelles la classe ouvrière, dont les enfants fréquentent rarement l’enseignement supérieur, est amenée à subventionner la formation des enfants de la bourgeoisie.

            car en subventionnant les retraités avec des impôts pris à ceux qui gagnent leur vie, l’institution de la famille —le lien intergénérationnel entre les parents, les grands-parents, et les enfants— est systématiquement affaiblie. Les vieux n’ont plus besoin de dépendre de l’assistance de leurs enfants s’ils n’ont fait aucune provision pour leurs vieux jours, et les jeunes (qui ont très généralement accumulé moins de richesses) doivent soutenir les vieux (qui ont en général plus de richesse matérielle) et non le contraire, comme il est normal dans les familles. Le désir des parents d’avoir des enfants, et celui des enfants d’avoir leurs parents, vont décliner, les familles disloquées et malades se multiplier, et l’action prévoyante, l’épargne et la formation de capital, va chuter tandis que la consommation s’accroîtra. car en subventionnant les retraités avec des impôts pris à ceux qui gagnent leur vie, l’institution de la famille —le lien intergénérationnel entre les parents, les grands-parents, et les enfants— est systématiquement affaiblie. Les vieux n’ont plus besoin de dépendre de l’assistance de leurs enfants s’ils n’ont fait aucune provision pour leurs vieux jours, et les jeunes (qui ont très généralement accumulé moins de richesses) doivent soutenir les vieux (qui ont en général plus de richesse matérielle) et non le contraire, comme il est normal dans les familles. Le désir des parents d’avoir des enfants, et celui des enfants d’avoir leurs parents, vont décliner, les familles disloquées et malades se multiplier, et l’action prévoyante, l’épargne et la formation de capital, va chuter tandis que la consommation s’accroîtra. car en subventionnant les retraités avec des impôts pris à ceux qui gagnent leur vie, l’institution de la famille —le lien intergénérationnel entre les parents, les grands-parents, et les enfants— est systématiquement affaiblie. Les vieux n’ont plus besoin de dépendre de l’assistance de leurs enfants s’ils n’ont fait aucune provision pour leurs vieux jours, et les jeunes (qui ont très généralement accumulé moins de richesses) doivent soutenir les vieux (qui ont en général plus de richesse matérielle) et non le contraire, comme il est normal dans les familles. Le désir des parents d’avoir des enfants, et celui des enfants d’avoir leurs parents, vont décliner, les familles disloquées et malades se multiplier, et l’action prévoyante, l’épargne et la formation de capital, va chuter tandis que la consommation s’accroîtra.

             Les chefs d’entreprise et leurs employés ne peuvent pas gagner un sou s’ils ne produisent pas des biens et des services qui sont vendus sur le marché. En achetant volontairement un bien ou un service, les acheteurs démontrent qu’ils préfèrent ce bien ou ce service à la somme d’argent qu’ils doivent remettre pour l’acquérir. A l’inverse, les politiciens, les partis et les fonctionnaires ne produisent rien qui soit librement vendu sur des marchés. Personne n’achète les "biens" et les "services" des hommes de l’Etat. Ils sont fournis, et on subit des charges (3) pour qu’ils les soient, mais personne ne les achète et personne ne les vend. Cela implique qu’il est impossible de déterminer leur valeur et donc d’établir si oui ou non cette valeur justifie les charges encourues. Comme personne ne les achète, il n’y a personne qui démontre effectivement qu’il considère que les produits et les services des hommes de l’Etat justifient les charges correspondantes ni même si oui ou non qui que ce soit leur attribue une valeur quelconque

            Etc...

            Suivant ce que l’on a envie de démontrer, on choisit soigneusement des extraits bien sortis de leur contexte.

            En résumé, une critique de la démocratie illimitée, ou démocratie totalitaire, qui mérite au minimum un peu de réflexion, plutôt que quelques ricanements.

             


          • ZEN ZEN 20 mai 2008 08:48

            Philippe

            Tu es un peu dur dans ta critique..

            Il est possible que Le Péripate , admirateur des idées de Hayek, pape consacré de l’ultralibéralisme et de l’Etat minimal, soit finalement logique avec lui-même...


          • JL JL 20 mai 2008 09:13

            Péripate, ce texte fait des amalgames, est-ce pour cela qu’il vous plait ? Je cite ""car en subventionnant les retraités avec des impôts pris à ceux qui gagnent leur vie...""

            Non ! Les cotisations pour la retraite ne sont pas des impôts pas plus qu’elles ne sont des taxes : ce sont des achats de créances. Mais si vous pensez qu’elles sont injustes parce qu’elles favorisent ceux qui vivront plus longtemps, donc les cadres au détriment des ouvriers, vous avez raison. Mais cela n’est pas rédhibitoire, et l’on peut y remédier facilement, il suffit d’une volonté politique.

            Je connais bien des anciens artisans, anciennement ’à leur compte’ et retraités aujourd’hui qui vivent chichement et ont la nostalgie de leur opulence passée, des gens qui ont ’oublié’ de cotiser et qui jalousent ceux à qui l’on n’a pas demandé leur avis sur ces prélèvement et qui jouissent aujourd’hui d’une retraite décente. 

            Les sirènes libérales qui rêvent du marché des retraites par capitalisation n’auront pas assez de tous les sophistes de la terre pour nous convaincre d’abandonner la retraite par répartition. Seul un coup de force de la part des politiques félons y parviendra, sous la pression de leurs lobbies.


          • JL JL 20 mai 2008 09:18

            Péripate, ne me dites pas que le système des retraites par répartition c’est faire porter la dette sur les générations futures : vos ultralibéraux, les USA, mènent aujourd’hui une guerre à crédit qui pèsera sur les générations à venir et jusqu’à chez nous, beaucoup plus que tout ce qu’on peut imaginer.


          • melanie 20 mai 2008 11:21

            @ Péripate,

             

            C’est une conception datée que celle ces enfants de classes moins aisées ne font pas d’études supérieures, c’est une conception des années 50...

            Actuellement une grande majorité continue à faire des études universitaires "gratuites", alors même que les enfants de classes "supérieures" continuent en Grandes Ecoles qui coûtent à l’Etat donc à tous 4 fois plus cher que les universités ....


          • sisyphe sisyphe 20 mai 2008 13:44

            Quand on publie un extrait de texte, on s’efforce de le faire correctement, et pas de publier 3 fois à la suite le même extrait : d’autant que, quand cet extrait est ridicule, on en accentue le trait, jusqu’à le rendre carrément désopilant.

            Try another time, le Peripate !


          • sisyphe sisyphe 19 mai 2008 11:59

            Bien sûr que toute l’action de ce gouvernement est sous-tendue par le cynisme : quel moyen de faire autrement, quand on mène une politique favorable aux riches, et nuisible aux pauvres ?

            Le cynique, comme le définissait Oscar Wilde : "Celui qui sait le prix de tout et la valeur de rien".

            Ce qui est, en revanche, désespérant, c’est que tant de français ne l’aient pas compris plus tôt, et aient voté pour un régime dont la politique va clairement à l’encontre de leurs propres intérêts, de leur propre survie.

            Comme quoi le mensonge, les paillettes, les fausses promesses fonctionnent toujours. Les français le supporteront-ils encore longtemps ?

            Putain ; 4 ans !!!!


            • Antitroll 19 mai 2008 23:46

              @hihihihi

              Casse toi, pauv’ con de troll.

               


            • rocla (haddock) rocla (haddock) 20 mai 2008 08:56

              Tu aimes pas les Rolesques toi ... pourtant l’ exactitude est la politesse des rois ....tic tac tic tac ...


            • Djanel 20 mai 2008 14:09

               

              Par ( xxx x 8.53.109 )

              .

              .

               

              Vous avez dit à propos de ce commentaire réponse à monsieur Reboul

               

               

               

              « commentaire aussi idiot que déplacé.

              Il reflète surtout un égo démesuré, et se termine par une phrase de gamin : "chasseur de troll".

              Vivement que AV fasse le ménage, il y en a marre de ce genre de crétin raciste. »

              Je ne sais lequel de nous deux est plus crétin que l’autre. Sur ce commentaire, je répliquais à Monsieur Reboul sur une question de philosophie commencée sur un autre fil. Quand vous dites que ce commentaire est déplacé par rapport au sujet de l’article, je suis d’accord avec vous mais comme sur les fils de discussions nous sommes sur un forum, je ne vois pas les raisons qui m’empêcheraient d’interpeller un commentateur sur un sujet quelconque comme je le fais ici en vous interpellant.

               

              Vos jugements sont erronés quand vous parlez d’un ego démesuré. C’est une périphrase que vous pouvez placer n’importe où. Elle n’a donc pas de signification.

               

              Vous me diffamer en me traitant de raciste car rien dans mon texte ne justifie un tel jugement. Vous ne faites que vomir votre bile. A chacun son plaisir, les vôtres ne sont qu’une recherche à compenser une frustration chronique.

               

              Quant à vous, il est certain que votre commentaire ici, est d’une grande subtilité. Vous avez écrit seulement : rolex. Conclusion vous n’êtes qu’un fainéant … handicapé du carafon qui ne sait pas quoi penser.


            • Bulgroz 19 mai 2008 12:19

              L’annonce d’une loi organisant un service minimum d’accueil dans les écoles en cas de grève comme réponse à l’inquiétude exprimée sur l’avenir de la Fonction publique est une méthode qui en dit peut-être plus long que le contenu du projet de loi lui-même.

              1- Un leurre de diversion
              Il s’est agi manifestement pour le président d’activer de toute urgence un leurre de diversion qui détourne les conversations et les commentaires médiatiques du succès de la mobilisation. Même les comiques fourchettes contradictoires d’estimations policières et syndicales ne descendent pas au-dessous des 100 000 manifestants dans les rues. Et, de fait, l’intervention a fait son effet : les médias ont aussitôt relayé le message présidentiel, reléguant les manifestations et leurs revendications à l’arrière-plan.

              2- Un mépris affiché
              En second lieu, cette réplique à ce mouvement d’inquiétude par un nouvel encadrement du droit de grève ne pouvait mieux exprimer la considération du chef de l’État pour les personnels de la Fonction publique : nous voulons un service public de qualité, disaient-ils. Justement, leur répond un président pince-sans-rire, commençons par assurer l’accueil des enfants dans les écoles les jours où vous faites grève ! Ce mépris, ouvertement exprimé devant le pays, ne l’est plus derrière les portes capitonnées : il s’affiche ouvertement.

              3- Le jeu de la division
              Le président joue à l’évidence, en troisième lieu, sur les divisions du pays en opposant les fonctionnaires grévistes et les parents d’élèves « victimes » des grèves qui leur compliquent la vie pour faire garder leurs enfants.

              Les représentants de la majorité chargée de relayer la décision présidentielle n’ont pas tari de compassion avec des accents pathétiques pour parler des parents qui n’ont pas les moyens de faire face à ces situations dramatiques. Sur le plateau d’À vous de juger, sur France 2, jeudi soir, Mme Kosciusko-Morizet, qu’on a connue mieux inspirée, faisait chorus avec un entrepreneur habitué de cette émission qui parlait de ses « collaborateurs » obligés de prendre une journée de RTT au risque de désorganiser la journée de l’entreprise.

              Reste à savoir si les échaudés du pouvoir d’achat se montreront aussi sensibles à cette compassion que confiants dans la concurrence des supermarchés pour pouvoir acheter plus sans gagner plus.

              4- Un droit de grève indolore
              Enfin, cette nouvelle contrainte dans l’exercice du droit de grève s’inscrit dans une stratégie qui tend à rendre la grève indolore et donc inefficace. On accepte le droit de grève, inscrit dans la Constitution, mais à condition qu’elle ne gêne personne sauf évidemment les grévistes qui y perdent leur salaire. Ainsi pourront-ils faire grève tant qu’ils voudront, ou du moins tant qu’ils le pourront financièrement. Comme si la grève n’était pas le dernier recours des salariés qui n’ont pas eu d’autres moyens pour se faire entendre !

              Pour se lancer dans cette opération dangereuse, il faut que le président ait eu d’impératives contraintes. Il est vrai que la situation tend à lui échapper : des promesses non tenues sur le pouvoir d’achat et sans doute intenables, une cote de confiance au plus bas après seulement un an de pouvoir, une majorité indisciplinée malgré ses rappels à l’ordre. Que lui reste-t-il, sinon à sonner la mobilisation de son électorat pur et dur, représenté par ces gens dont les médias recueillent systématiquement l’opinion outrée les jours de grève sur les quais de gare ou à l’entrée des écoles ? Mais c’est prendre le risque de n’être plus le président de tous les Français. Il l’a pris.


              • saint_sebastien saint_sebastien 19 mai 2008 13:27

                Mme Kosciusko-Morizet, qu’on a connue mieux inspirée

                faut bien qu’elle re-rentre dans le rang,elle a fait assez de vagues cette petite...


              • Bulgroz 19 mai 2008 12:21

                Nicolas Sarkozy a choisi de célébrer la victoire de 1945 sur le nazisme sur les plages de Ouistreham, contrairement à ses prédécesseurs qui préféraient les Champs-Elysées. Une rupture plus loin, c’est du symbole de ces Français résistants, souvent communistes, dont le chef de l’Etat a essayé de s’emparer.

                Et, comme à son habitude, le choix des mots touche à la vulgarité et aux contre-vérités : La France Eternelle (là je m’étouffe presque, en effet je ne savais pas qu’il y avait une France Éternelle), elle avait la voix du général de Gaulle. Avec l’atlantisme forcené, de Nicolas Sarkozy depuis un an, le général doit se retourner dans sa tombe de se voir citer par celui-là même qui a rompu ce choix de non-alignement qui faisait de la position française une voix particulière et souvent dissonante depuis plus de trente ans. Jacques Chirac s’était d’ailleurs inscrit dans cette idée de la France.

                Nicolas Sarkozy souhaitait donc lors de cette cérémonie s’emparer de tous les symboles vivaces dans le cœur des Français ; il ne peut y avoir de doute, il s’adresse dans ce discours comme à son habitude, ni au citoyen ni à ses électeurs ni à l’UMP ni à l’Europe, mais au cerveau reptilien de chacun d’entre nous. Le message "subliminal" qui semble émaner de ce discours est "s’il vous plaît, aimez-moi, regardez comme je vous aime". Il nous tape toujours sur l’épaule pour vérifier si on l’aime, mais les Français se sont retournés depuis déjà trois mois, et ils regardent du côté de leurs difficultés économiques, car eux aussi essayent d’avoir droit au bonheur.

                C’est assez étrange, sans savoir exactement pour quelles raisons, mais ce discours "émotionnel" me fait penser à de la naphtaline, à quelque chose de rance que l’on sort de temps en temps pour prendre l’air. Un fond de l’air révolu d’un autre temps où baignent des idées réactionnaires qui disent le contraire de ce qu’elle sont censées désigner.

                Ce président nous dresse donc un discours qui sent le rance, d’une banalité affligeante, destiné à notre cerveau primaire et émotionnel, bref il est dans l’affect tout court. Sans doute ne peut-il faire autrement ? Il souhaite donc mettre en exergue ce qui a fait sa force, c’est-à-dire d’essayer d’être le copain de tout le monde, celui qui épate les filles, celui qui fait plus que tous les autres. Une posture non feinte pour une fois qui révèle une fois de plus le caractère profondément adolescent dans lequel il baigne encore. Il n’est rempli que de lui-même et lorsqu’il parle à notre cerveau primaire, c’est pour mieux nous parler de lui-même, mais c’est également pour mieux se parler à lui-même. Il se réconforte dans un discours forcément à l’opposé de ce qui a été pour simplement exister.

                Alors une pensée pour Nicolas Sarkozy, oui tu existes, la preuve tes amis à qui tu as donné les 15 milliards du paquet fiscal en 2007 t’en sont encore reconnaissants.

                Le symbole est passé, le commando Kieffer a débarqué à Ouisterham, ces Français étaient des héros, encore une fois ils étaient certainement à l’encontre de l’image iconique qu’essaye de nous dresser le président avec ses mots grandiloquents censés nous faire oublier le colonialisme à la française qui lui est entaché de crimes contre l’humanité durant plus d’un siècle. Encore quelques années, monsieur le président et en bossant un peu d’histoire vous parviendrez à arriver à la cheville de vos prédécesseurs, au moins sur le plan de la dignité.


                • Bulgroz 19 mai 2008 12:25

                  L’entreprise de démolition générale Sarko, Fillon, Medef and Co, après ses offensives contre le Code du travail, le contrat de travail, la durée légale du travail, les RMIstes, les chômeurs, le Smic, s’attaque désormais au droit de grève. Mettant en pratique les consignes patronales de démolition du programme du Conseil national de la résistance, voilà le nouvel objectif de notre droite des complexés.En ce 15 mai de grève, alors que, dans toute la France, les fédérations de fonctionnaires - en tête desquelles celles de l’Education - ont appelé à la grève et à des manifestations pour dénoncer les suppressions de postes et la Révision générale des politiques publiques (RGPP) dans laquelle les syndicats voient un "plan social déguisé", que tous les secteurs de la Fonction publique (Etat, hospitalière et territoriale) seront touchés par le mouvement que les syndicats annoncent "très suivi", on assiste, de la part du gouvernement, à une offensive concertée, un véritable tir groupé.A tout saigneur, tout tonneur : c’est d’abord Xavier Darcos (ministre de l’Education nationale), qui, après avoir essayé de désamorcer le mouvement, a décidé, comme le 24 janvier lors d’une précédente grève, d’organiser un Service minimum d’accueil (SMA) dans les communes qui le souhaitent pour prendre en charge les enfants du primaire.La mesure, qui devrait concerner près de 3 000 communes selon le ministère, a provoqué comme en janvier une levée de boucliers des syndicats qui y voient une "remise en cause" du droit de grève, d’autant que Xavier Darcos menace d’en passer par la loi pour obliger les enseignants à déclarer leur intention de faire grève 48 heures à l’avance. Devant le refus des mairies d’assumer une charge qui ne leur revient pas légalement (mais revient à l’Etat), il en profite pour dénoncer "la grève des professeurs, mais aussi des maires socialistes" ; histoire de ratisser large, et de désigner à la vindicte populaire ; non seulement les enseignants, les élèves, mais également l’opposition (on comprend que sa non-réélection comme maire lui reste un peu en travers de la gorge).C’est ensuite André Santini (secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique) qui emboîte le pas, jugeant "la grève comme un mode de déclaration daté", lui préférant le petit bandeau "à la japonaise", avec, évidemment, continuation du travail.C’est encore Eric Woerth (ministre du Budget et de la Fonction publique), qui estime, jeudi 15 mai, sur i-Télé, que "défiler avec des pancartes pour dire ’je veux plus de moyens’, c’est une manière très égoïste de voir les choses". On connaît la chanson : "prise en otage" des contribuables, pleurnichements pseudo-compassionnels sur les mères qui se retrouvent avec leurs enfants sur les bras (snif !), coût inutile de la grève, et mauvais impact sur le fonctionnement des services publics ; l’éternel refrain victimaire cherchant, comme d’habitude, à opposer des catégories de Français entre eux pour les diviser : rien que du très classique orchestré par les violons de la droite-Medef.Mais, là, évidemment, le mouvement s’inscrit dans l’entreprise générale de démantèlement du service social, venant après les remises en cause successives de tous les autres acquis sociaux énoncés plus haut.Datée, surannée, égoïste, coûteuse, pénalisante, la grève est ainsi désignée comme la prochaine victime expiatoire offerte en sacrifice au dieu-libéralisme, et à la toute-puissance triomphante du marché-roiCar, ne nous y trompons pas : cette attaque concertée est loin d’être ponctuelle : elle intervient comme ballon d’essai de prochaines offensives beaucoup plus radicales, cherchant, au bout du compte, à se débarrasser définitivement du droit de grève.Sous des dehors d’apparente cacophonie, ce gouvernement et cette majorité sont finalement très cohérents : ils s’appliquent à mettre en œuvre la politique des organismes et de la classe qu’ils servent : le Medef et les détenteurs des puissances financières, dont ils ne sont que les valets zélés. Ce sera donc aux travailleurs, aux citoyens, de se montrer, de leur côté, aussi déterminés, solidaires et résolus, sous toutes les formes possibles : syndicats, associations, comités d’entreprises, pour empêcher ces atteintes à leurs libertés fondamentales. Plus que jamais, s’éprouve la nécessité de nous regrouper, pour mettre en échec l’énorme tentative de démolition du peuple français, mise en œuvre par ses adversaires.VIVE LA GREVE !!!!

                   


                  • sisyphe sisyphe 19 mai 2008 12:30

                    C’est gentil de me citer, bulgroz !

                    Soudain touché par la grâce ??


                  • Bulgroz 19 mai 2008 13:12

                    En ce glorieux mois de Mai, quasiment chômé et payé,nous fêterons avec allégresse la deuxième «  journée perdue de l’éducation » .

                    Nous célébrerons cette semaine une fois de plus la race sacrée, sublime et supérieure des fonctionnaires de l’Education Nationale qui sont en grève encore et toujours aujourd’hui pour on ne sait quel motif.

                    Avec son armée de 1 290 026 fonctionnaires, l’Education Nationale longtemps troisième en terme d’effectif après l’armée rouge et General Motors, résiste à tous les temps et est désormais la première armée du MONDE.

                    La plus grosse gabegie budgétaire de la planète : +100 Milliards d’Euros annuels, 10 milliards de plus par rapport à 1970 alors que le nombre d’élèves a baissé depuis.

                    Selon le haut conseil à l’éducation (rapport Bilan 2007 des résultats de l’École)

                    http://www.hce.education.fr/gallery_files/site/21/40.pdf

                    25% des élèves entrant en 6ième ont des acquis fragiles, 15 % connaissent des difficultés sévères ou très sévères, bref, au total une usine qui produit 40% de malfaçons.

                    Alors, avec eux, crions : « non au changement, pas touche à l’éducation, pas de service minimum, droit minimum universel à l’éducation, non aux heures supplémentaires, l’éducation est à nous, on est chez nous, laissez nous tranquilles, Aschiéri à l’Elysée !! Nous devons lui faire comprendre qui commande içi. »

                    Signé le collectif syndical:FERC-CGT, FSU, SNUipp, Unsa-Education, Snalc-Csen, SUD, SNESup, SNPTES, SNEP, SNETAA, SNETAP, SE-FEN,SNUDI-FO, etc...

                     


                    • Bulgroz 19 mai 2008 13:38

                      Pour étayer sa thèse anti sarkoziste, Tao David aujourd’hui a convoqué le célébrissime Peter Sloterdijk. La dernière fois, c’était Reboul (ex fonc educ nat) qui convoquait Bergson pour appuyer son discours Sarkophobique.

                      Mais les choses ne vont s’arréter, Peter Sloterdijk a lancé une pétition internationale contre le service minimum dont le texte est ici :

                      Marc Jongen (Hrsg.) - Halt verboten servicis minimalismus und assasinat Educationish sytem Nationismus criminal Sarkozy und sbires UMP associated.Ein Gespräch über Geld, Konsum, Kunst und Zerstörung mit Boris Groys, Jochen Hörisch, Thomas Macho, Peter Sloterdijk und Peter Weibel
                      “In seiner Totalität und scheinbaren Alternativlosigkeit hat der Sarkozy symbolich globale Kapitalismus den Charakter eines assasinem Educationish systemus Kultes angenommen. Das Geld hat Sarkozysmus (das horibilis Vilain) das innerste Bewegungsprinzip der Welt ersetzt. Einst zum Kernbestand der Religion gehörende Aufgaben sind auf das kapitalistische Konkurrenz-, aber auch Versorgungs- Darkos und UMP das assasinem escolus nostrus. Verwöhnungssystem übergegangen. Kontinuitäten und funktionale Äquivalenzen der gegenwärtigen kapitalistischen Praxis zu Traditionen und Diskursen der Weltreligionen offen. Educational nostrum und das vilainus Sarkozy dokumentiert ist kein akademisches Fachgespräch, horibilis Sarkozy ysondern eine fünfstimmige philosophische exigonomus Darkos demisonem illico deutung unserer "kapitalistischen Kultur".

                      Ont déjà signé :

                      Socrate, Platon, Aristote, Épicure,Cicéron,Sénèque,Plotin,Al-Farabi, Avicenne,· Averroès, Maïmonide, Thomas d’Aquin, Guillaume d’Occam, Machiavel, Montaigne, Giordano Bruno,· Bacon ; Hobbes,Descartes, Locke, Spinoza, Malebranche, Leibniz,Berkeley, Montesquieu, Hume, Rousseau, Kant ; Hegel, Schopenhauer, Kierkegaard, Marx, James, Nietzsche, Husserl, Bergson,· Whitehead, Russell, Moore, Heidegger, Wittgenstein, Carnap, Popper, Sartre, Quine, Merleau-Ponty · Rawls, Deleuze, Foucault, Derrida, Searle, Kripke.


                    • Bulgroz 19 mai 2008 13:42

                      Nora Bene : Le philosophe Peter Sloterdijk cité par Tao David est allemand.

                      Dans son pays, le problème du service minimum ne se pose pas : les fonctionnaires n’ont pas le droit de faire grève.


                    • Ronny Ronny 19 mai 2008 13:52

                      @ commentateur

                      Bref le rêve humide de tous les libéraux...

                      Ces mêmes libéraux qui crachent en continu sur le secteur public en raison de son coût et de son inutilité et qui hurlent dès que la fonction publique débraye.

                      @ auteur

                      Excellent texte : une question. On commence quand dans la rue, parce là, Sarko, le Medef, TF1et le cac40 comme maitres à penser, c’est ya basta...

                       


                    • 5A3N5D 19 mai 2008 16:55

                      @ Bulgroz,

                      Votre affirmation est fausse : en Allemagne, les fonctionnaires ont le droit de grève. La Deutsche Bahn est en conflit depuis longtemps avec ses conducteurs de train : 

                      http://www.lesoir.be/actualite/economie/fin-du-conflit-a-la-deutsche-2008-03-09-583018.shtml


                    • Bulgroz 19 mai 2008 17:25

                      5A3N5D

                      "En Allemagne, tout comme en Autriche, les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève. Cette interdiction est présentée comme la contrepartie de la sécurité de l’emploi. De plus, les conditions de travail font l’objet de négociations constantes entre les syndicats et le gouvernement." 16 Mai 2008

                      http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/05/16/01016-20080516ARTFIG00120-un-systeme-instaure-dans-la-plupart-des-pays-europeens.php

                      Merci de vous renseigner avant de dire des bétises.


                    • Bulgroz 19 mai 2008 17:31

                      Merci Hihihi de réediter ces posts.

                      En effet, nos amis pensent qu’en faisant disparaitre les pensées impies, ils purifient leur air et pensent que l’opposition à l’opposition n’existe pas et n’a jamais existé.

                      Ils pensent qu’ils ont raison. C’est leur hochet, le pliage. Ca les met à l’écart de la vraie vie, celle où la majorité des gens ne pensent pas comme eux.

                      Ce sont des vrais démocrates.

                      Ils pourraient se dire : "tiens , on va le contrer, on va l’amener à penser comme nous avec des arguments".

                      Mais, des arguments, il faut en avoir. et ça c’est au dessus de leur force.

                      La vie réelle est très dure.


                    • Antitroll 19 mai 2008 23:54

                      @ hihihihi,

                      C’est bien, tu bosses tard : ton patron te paie des heures sup ?

                      Va coucher, le roquet

                      ouaf ouaf !


                    • rocla (haddock) rocla (haddock) 20 mai 2008 08:58

                      Krasurikiki ...


                    • Kassandra Kassandra 19 mai 2008 13:52

                      Ce qui frappe beaucoup de français (journalistes ou simples citoyens) c’est que le candidat Sarkosy ayant promis tout et son contraire (il fallait tout de même être aveugle ou "mal comprenant" pour ne pas se rendre compte de l’entourloupe) s’est retrouvé au pied du mur là ou il était attendu.

                      Qu’après avoir promis "qu’on allait voir ce qu’on allait voir" et bien on a pas vu grand chose sinon des cadeaux à ses potes grands patrons,des cadeaux à la grande bourgeoisie, le tout assorti avec beaucoup de bling-bling (mot inventé pour la circonstance), beaucoup de vulgarité, noyé dans un océan d’incompétence crasse.

                      On s’est rendu compte aussi que ce type est archi-inculte (il ne connait rien à rien) et d’une bêtise incommensurable, en un mot , un beauf, un blaireau, sûr de lui (c’est ça le pire), c’est quand même grave d’avoir mis une telle calamité là ou il est...Pauvres français !

                       


                      • LaEr LaEr 19 mai 2008 14:42

                        Je suis désolé, mais je ne dirais pas que Sarko est un imbécile. Ce n’est pas un intellectuel, mais je pense qu’il est rusé et malin : la preuve, malgré tout ses déboires avant 2007, il est quand même arrivé à la présidence... Et cela sans s’y reprendre à 4 fois comme Chirac...

                        Je dirai que les imbéciles sont plutôt ceux des 53% qui se plaignent de lui désormais, alors qu’on les avait prévenu... Les mêmes qui cancannaient sur un sois-disant manque de programme de Bayrou ou Royal sans avoir lu celui de Sarko...

                         


                      • Kassandra Kassandra 19 mai 2008 16:09

                        On peut être rusé et malin tout en étant peu intelligent et inculte, s’il est arrivé à être président, ce n’est pas une preuve d’intelligence, cela prouve surtout qu’il est le roi des opportunistes, des démagogues, des bonimenteurs. (Et qu’il a su attirer à lui le soutien actif de tout les grands patrons français,Bolloré,Bouigues et cie).

                        C’est vrai que les français ne sortent pas grandis de l’affaire, mais après tout, il a surfé sur le désarroi et la candeur d’une frange de la population et c’est là qu’on peut vraiment parler de cynisme,mais attention au retour de bâton...


                      • bor1s bor1s 19 mai 2008 16:56

                        Ce type, ce président, n’est pas bête et je dirai même qu’il est très fort.

                        Il a réussi le plus dur des tours de magie, convaincre plus de la moitié des français que notre futur sera tout beau, tout rose.

                        C’est un médiateur, il a été le meilleur acteur d’une série qui s’est terminée avec son sâcre.

                        Les Français regardent trop la TV .....


                      • Antitroll 20 mai 2008 00:03

                        @ hihihihi

                        "Casse-toi, pauv’ con". Tu entends ? C’est ton maître qui t’appelle


                      • Al-Capone 19 mai 2008 14:11

                         L’ère Sarkozy et le triomphe du cynisme

                         Tout simplement ridicule ce titre ! Naïf ou hypocrite ce titre ?

                         Le cynisme, n’est ce pas un des fondamentaux pour faire de la politique, un minimum de cynisme ? Pourquoi Sarkozy porterait le cynisme en triomphe plus qu’un autre ? Est il le pire et le seul ?

                         Pour ceux qui ont la mémoire courte, en France, il y a eu un Président que l’on appelait Tonton !? Je pense que dans le genre cynique, on pourrait en écrire des tartines !

                         Coluche a refusé de travaillé avec Tonton, il disait qu’il ne voulait pas participer à l’organisation de la misère d’en haut !? Que dire à propos de Pierre Beregovoy !?...

                         Je vous rassure, je suis loin d’être Sarkoziste, je ne cherche pas a le défendre, mais dire que Sarko porte le cynisme en triomphe c’est de l’anti sarko primaire et irresponsable ! Je ne suis vraiment pas convaincu qu’il soit le seul, et surtout le pire ! Je dirais même que j’en ai aucun doute ! A ka regarder ce qui c’est déjà fait en France !

                         Titre de l’article absolument ridicule ! Ca ne me donne même pas envie de lire l’article complètement !


                        • Al-Capone 19 mai 2008 14:40

                          Et enfin, des que l’on ne fonctionne plus dans l’anti sarkozisme, nos commentaires sont jugés negatifs !

                          Quelle hypocrisie ! Affligeant ce radicalisme !


                        • LaEr LaEr 19 mai 2008 14:46

                          Rahhh... le bon vieux "antisarkozysme primaire"...

                          C’est marrant, les américanophiles nous sortent les mêmes arguments quand il est question d’une critique envers le gouvernement US :"anti-américanisme primaire"...

                          Ca c’est de l’argument... Et le premier qui n’est pas d’accord, ben ce n’est qu’un anti-laerisme primaire....

                           


                        • MagicBuster 19 mai 2008 14:17

                          Les ultra libéraux - pro atlantistes représentent au maximum 5% des français.

                          Comment ont-il peu faire élire un président avec 53% de votes ?

                          Evidemment en mentant, en promettant, en divisant, en manipulant, . . . et aussi avec beaucoup de moyens financiers, tout l’argent des français détournés .... Il est ou ? ?

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