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Accueil du site > Actualités > Politique > L’erreur historique des libéraux

L’erreur historique des libéraux

En France, le mot "libéralisme" est vraiment utilisé de manière confuse. J’espère avec cet article rétablir certaines vérités malheureusement trop souvent oubliées.

Généralement ceux qui se réclament du libéralisme en opposition à d’autres courants de pensée sont plutôt ceux qui se réclament d’un certain anti-étatisme et défendent un certain libéralisme économique. Ils expliquent que leurs idées ne sont que l’application à l’économie de la philosophie libérale des lumières.

Je pense que c’est faux. Et le but de cet article sera de le démontrer.

Ils pensent que l’enseignement à tirer du libéralisme philosophique des lumières est que l’état n’est qu’une menace pour nos libertés. Je pense que croire cela est une erreur que je qualifierai d’historique.



I) Ce qui menace nos libertés

En fait, ce qu’a démontré Benjamin Constant, philosophe et homme politique durant la période des lumières, c’est que ce ne sont pas les mains entre lesquelles on confiait le pouvoir qui représentaient la menace pour nos libertés, mais que c’était le pouvoir lui-même …

Et c’est je pense le point important que tous les penseurs qui ont dévié vers de l’anti-étatisme ainsi que ceux qui partagent leurs idées n’ont pas compris.

Car au cours de l’histoire, à chaque fois que les gens ont pu constater les méfaits causés par le pouvoir, la réaction qu’ils ont toujours eu, celle que nous avons encore aujourd’hui, c’est de vouloir retirer le pouvoir des mains auxquelles il avait été confié, et de le confier à quelqu’un d’autre croyant que cela résoudrait le problème.
Mais jamais le problème n’a été résolu, peu importe les mains entre lesquelles était confié le pouvoir, à chaque fois on pouvait en constater les abus et les méfaits pour nos libertés.
Qu’on le confie à un seul homme, à plusieurs, ou à tous par l’intermédiaire de représentants de la volonté générale, cela a toujours été le même résultat et c’est le même résultat aujourd’hui alors qu’on retire les pouvoirs à l’état et qu’on les abandonne à qui réussit à se les approprier.

Ce sera le même résultat encore et encore, les mêmes méfaits, tant que les gens n’auront pas compris que le seul et unique moyen de protéger nos libertés c’est de limiter le pouvoir. Tant que le pouvoir restera illimité, nous ne seront jamais libres …


II) La limitation du pouvoir

Alors comment limiter le pouvoir ?.
Pour le limiter, il faut tout simplement interdire à ce pouvoir de faire telle ou telle chose.

Comment garantir que ces interdictions seront respectées ?

Comme j’ai dis l’absence de pouvoir est impossible dès lors que nous intéragissons entre nous. Vouloir supprimer le pouvoir en le retirant à quelqu’un et en ne le donnant à personne, c’est simplement permettre à n’importe qui de se l’approprier, et c’est surtout rendre potentiellement ce pouvoir illimité.

Alors il n’existe que 2 types de pouvoirs :

- La volonté générale, c’est le pouvoir issu de la volonté de quelques uns qui reçoit l’assentiment de tous les autres.

- Et qu’est ce qu’un pouvoir qui ne recevrait pas l’assentiment de tous ? C’est un pouvoir qui s’appliquerait par la force …

Attention, ne pas confondre comme je l’ai vu trop souvent dans certains commentaires "l’assentiment " avec "l’unanimité".
La volonté de ces quelques uns n’est pas partagée par les autres, mais ces autres lui accordent quand même la légitimité pour être appliquée.
Cette légitimité provient du fait que, tous, à l’unanimité ont adopté un moyen de décider de manière honnête et équitable la manière de trancher pour choisir la volonté qui s’appliquerait.

Par exemple : 3 personnes veulent aller au cinéma ensemble et voir le même film, la 1ère veut voir un film d’action, la 2ème propose un film de science fiction, la 3ème une comédie.
La volonté qui sera appliquée n’est légitime que si les 3 personnes s’entendent sur la façon de trancher pour choisir la volonté qui va s’appliquer.
Ils décident de tirer au sort à la courte-paille, cela parait honnête et équitable aux 3 personnes, c’est le 2ème qui gagne, donc ils vont voir un film de science fiction c’est la volonté générale.

Donc en réalité, il n’existe que deux pouvoirs, la volonté générale, qui est légitime, et la force, qui est illégitime.

Est-il possible de limiter un pouvoir qui s’appliquerait par la force ? Par définition toute limitation qu’on lui imposerait, à tout moment il pourrait s’en libérer par la force…
Par conséquent, la seule possibilité de limiter ce pouvoir, c’est que ce pouvoir soit issu de la volonté générale…

Donc finalement comment limiter le pouvoir issu de la volonté générale ?

On le limite grâce à une constitution dans laquelle on désigne ce que les pouvoirs ont le droit de faire ou de ne pas faire, dans laquelle on fixe les libertés fondamentales des individus qui sont cette petite partie de notre existence que nous refusons à quiconque, même à la volonté générale, de violer, et on organise les pouvoirs de façon à ce qu’ils ne puissent pas contourner ces limitations.

Plus facile à dire qu’à faire me direz-vous :) Les penseurs de l’époque estimaient que l’expérience nous permettrait de renforcer petit à petit notre constitution, et qu’elles ne seraient pas tout de suite parfaite, et que les évolutions de notre société obligeraient de toute façon constamment à devoir réfléchir à nouveau à nos institutions pour vérifier si de nouvelles failles n’apparaissent pas...

Le degré de menace pour nos libertés dépend donc du degré de force que contiendra cette constitution, c’est-à-dire des failles, du degré d’arbitraire qui serait laissé à ces pouvoirs. Moins le degré de force sera important, plus le pouvoir correspondra à la volonté générale, et plus nos libertés seront protégées.

Il est vrai que des individus pourront toujours transgresser les lois, la constitution ou
n’importe quelles règles qui seraient édictées, mais il est prouvé qu’à force les lois finissent par devenir naturelles et des évidences pour les gens, au point qu’il existe tout un tas de règles aujourd’hui qui sont unanimement reconnues et que leurs transgressions se font de plus en plus rares.

Bref, ce sont les seuls moyens de protéger nos libertés…


III) Le libéralisme et l’Histoire

Certains penseurs des lumières l’ont compris, c’est pour cela que lors de la révolution française la première chose qu’ils ont fait c’est de rédiger la déclaration des droits de l’homme qui recensaient les droits et les libertés auxquelles les différents pouvoirs n’avaient pas le droit de toucher, et ensuite ils se sont mis aussitôt à commencer le travail de rédaction de la constitution.
Au début ils ont pensé qu’ils pouvaient garder comme pouvoir exécutif le pouvoir du roi, ils ont mis en place une monarchie constitutionnelle, mais les trahisons du roi ont donné raison aux défenseurs de la république, qui expliquaient que seule une république pouvait permettre un pouvoir véritablement issu de la volonté générale, que laisser le pouvoir exécutif au roi c’était laisser encore un trop grand degré d’arbitraire, de force, qui éloignerait le pouvoir de la volonté générale.

Mais malheureusement d’autres penseurs ne l’ont pas et même jamais compris...

Seule la république, seul l’état, seule la volonté générale, peuvent nous permettre de protéger nos libertés,militer pour la suppression de l’état ou pour sa réduction à son stricte minimum, c’est proposer l’abandon des seuls moyens dont nous disposons pour protéger nos libertés :(

Vers la fin du 19ème siècle, après la fin de l’empire et de la dictature, après l’essor du capitalisme et de l’industrie, le constat fut sombre, les privilèges n’avaient pas disparus, sauf qu’ils n’appartenaient plus à une caste de nobles mais à une caste de riches bourgeois, les privilèges étaient toujours transmis par hérédité, comme durant les monarchies, seule différence, certains réussissaient à rejoindre cette caste par leur réussite individuelle, mais pour la plupart, les droits et les libertés étaient restreintes , les gens censés être libres travaillaient malgré tout comme des esclaves, jusqu’à mourir au travail.
Et c’était partout pareil dans tous les pays industrialisés.
Il est apparu évident que la quête de la liberté, et donc la révolution, ne resterait que vaine et théorique tant que celle-ci ne s’accompagnerai pas d’une quête d’égalité.

C’est sur le libéralisme issu des lumières, transmis par la révolution, et c’est sur les idées de lutte sociale issue des idées marxistes, que s’est fondé le mouvement socialiste de Jaurès, le père fondateur du socialisme républicain en France.

Le libéralisme économique, censé être l’application à l’économie, du libéralisme des lumières, n’est en fait que l’application à l’économie, d’un courant de pensée anti-étatique, qui n’a jamais vraiment réalisé dès le départ qu’ils étaient dans l’erreur et qu’ils se trompaient de cible.


IV) Conclusion

Les socialistes savent que cette liberté ne peut être effective que dans le cadre d’une république sociale, démocratique et laïque, basée sur les valeurs de liberté d’égalité et de fraternité, permettant à chaque individu de s’émanciper par la citoyenneté …

Les vrais libéraux, ceux qui défendent vraiment la liberté pour tous, ce sont les socialistes… Vous remarquerez que dans les autres pays, comme aux états-unis, c’est bien la gauche que l’on qualifie de libéraux.

En France c’est la confusion la plus totale.

Amis qui vous prétendez libéraux, rendez-vous compte de votre erreur, ouvrez-les yeux.


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21 réactions à cet article    


  • zelectron zelectron 18 octobre 2008 18:16

    L’état se doit d’être un arbitre et ne pas jouer la partie, à partir de ce principe global, il est normal que dans certains cas cette position ne soit pas aussi tranchée.

    La différence majeure de doctrine politique entre la gauche et la droite :
    En exagérant un peu, pour les libéraux l’homme est moins mauvais qu’il n’y parait et pour la gauche il faut absolument le contrôler et le diriger par le biais du parti et de l’état.

    Curieusement les consensus sont très nombreux entre ces deux positions "théoriques" dans la mesure ou certains courants de pensées "empruntent" les slogans des uns et des autres


    • logan 18 octobre 2008 23:54

      je ne comprends pas vraiment ce que vous voulez dire, par jeu, et partie, pouvez vous mieux vous expliquer svp ?


    • Nexuses 19 octobre 2008 00:38

      je suppose que par liberaux tu veux dire la droite, puique tu opposes les liberaux a la gauche.

      la doite et la gauche sont nés sous la revolution francaise, leurs "ancêtres" sont les Girondins pour la droite, et les Montagnards pour la gauche. globalement les lignes n’ont pas beaucoup bougé de nos jours.

      et justement la gauche considère que l’individu est perfectible, et prône son emancipation. ce que Danton disait, "après le pain c’est d’instruction que le peuple a besoin".
      ou encore relire Condorcet sur ce point.
      pour la gauche l’instruction du peuple etait le nerf de la guerre en quelque sorte. pour sauver et pereniser la toute nouvelle democraite, le peuple doit etre instruit.

      tandis que la droite, au contraire, considère que le peuple n’est pas independant, il a besoin d’un guide, d’une instance supérieure pour les guider. et Brissot le chef des Girondins pronait la République des eclairés, où seuls les gens instruits et aisés doivent acceder au pouvoir, pour guider la masse des ignorants, de plus le peuple "ignorant" a besoin de travailler donc pas le loisir de s’occuper des affaires publiques. et il ne lui est pas venu a l’idée que peut-être avec de l’instruction il serait moins ignorant et pourrait lui aussi acceder aux affaires publiques.

      c’est un des distingo fondamentaux entre la droite et la gauche. la gauche prône l’emanciaption du peuple pour qu’il prenne son destin en main, tandis que la droite veut juste le guider.



    • logan 19 octobre 2008 01:37

      non par libéraux je désigne tous ceux qui prétendent l’être et défendre la liberté, sans discernement, histoire de ne pas baser la réflexion sur une vision biaisée dès le départ par mes convictions politiques



    • vincent p 18 octobre 2008 18:27

      Ce n’est pas parce qu’un homme ou une doctrine marchande vous parlent continuellement de liberté, qu’ils libèrent systématiquement l’homme, bien au contraire ils l’attachent toujours à vivre dans un même langage courant, celui bien sur avant tout des élites, des nantis ?
       



      • logan 18 octobre 2008 23:53

        Je suis d’accord avec vous, la seule liberté que cette doctrine apporte c’est aux marchands, les autres voient leurs libertés se réduire. Le socialisme est né de ce constat.


      • JPC45 18 octobre 2008 23:43

        "Vous remarquerez que dans les autres pays, comme aux états-unis, c’est bien la gauche que l’on qualifie de libéraux." je crois que l’on peut résumer ect article avec cette phrase : ridicule.


        • logan 18 octobre 2008 23:50

          Comme d’habitude on reste sans savoir quoi répondre face à la pertinence et le nombre de vos arguments ;)


        • Nexuses 19 octobre 2008 00:12

          j’ai lu l’article et j’ai eu l’impression que tu t’es un peu "lost in translation " LOL

          Le libéralisme est une longue construction de l’Histoire, et un peu plus complexe que tu ne le penses. (surtout si on pretend retablir certaines vérités)

          le libéralisme n’est pas anti-etatique comme tu dis, au contraire, l’histoire montre qu’il s’est toujours adossé au pouvoir politique. certains doctrinaires du liberalisme etaient eux-mêmes des hommes politiques ; entre autres Benjamin constant lui même, (que tu cites), ou encore François Guizot (que tu oublies).

          et quand on parle de liberalisme, on ne peut s’empêcher de penser à Tocqueville. il nous a balancé dans la figure un monument sur "la democratie en Amerique", qu’il qualifie de "vive, active, triomphante". il a pu, en meme temps, observer la violence contre les noirs esclaves et les indiens. mais ce fait n’a nullement modifié ses jugements politiques. il se justifie a propos de l’esclavage des noirs et des indiens en ecrivant :"
          « ces arguments qui touchent mon sujet n’en font pas partie intégrante ; ils se réfèrent à l’Amérique et non à la démocratie, et j’ai voulu avant tout faire le portrait de la démocratie. »
          certes. il a quand même appelé son bouquin :"de la democratie en amerique". mais par un tour de passe-passe, quand il s’agit d’esclavage, il distingue l’amerique et sa democratie. 

          et que dire de Locke, le père du liberalisme qui dans son traité "traité du gouvernement" annonce tranquillement :
          "il y a des hommes par la loi de nature sujets à la domination absolue et au pouvoir inconditionné de leurs maîtres"

          nombreux ont été les pères du liberalisme, et pas des moindres, qui ont admis l’esclavage comme un fait de la nature. et ils ont tous patogés dans une inextricable contradiction. du moins contradiction en apparence.
          car il faut replacer le liberalisme dans son contexte, et il ne faut pas oublié qu’il a pointé son nez aux environs du XVIè siècle pour se developper au XVIIIè et XIXè siècle. il a commencé comme une opposition a la domination du diktat religieux, et s’est ensuite developpé contre d’autres diktats. il est surtout le fait d’une catégorie de la population lesée par les pouvoirs en place, religieux et politique ; en particulier des monarchies qui jouissaient de tous les privilièges. tandis qu’eux, bien que aisés pour certains, eduqués et instruits, n’etaient que le "tiers etat", (pour reprendre une denomination française en sachant qu’elle n’etait pas d’usage partout). il n’y a alors rien d’etonnant à ce que ces chantres de toutes les libertés admettent, dans le meme temps, l’esclavage. ou encore un Tocqueville qui braillait a qui veut bien l’entendre que le travail est une degradation de l’homme.
          ils voulaient juste leur part de gateau, ils se sont attelé a faire sauter les chaînes qui les empêchaient d’y acceder. 

          je citerai Jean-Claude Michéa qui dans l’Empire du moindre mal écrit :
          "Le monde sans âmes du capitalisme contemporain, constitue la seule forme historique sous laquelle la doctrine libérale pouvait se réaliser dans les faits"

          pour finir, si en France on ne considère que le liberalisme economique, c’est peut-être aussi parce que seule la france a fait la Révolution Française (qui etait politique), et quelques revolutions sociales (1830, 1848) par lesquelles des droits, impensable en pays anglo-saxons, ont ete acquis en fance : le droit de grève, le droit syndical, le droit du travail, l’interdiction du travail de nuit, l’interdiction du travail des enfants, reduction du temps de travail dès le 19è siècle, .etc. ........... et tous ces acquis, toutes ces revolutions en france, bien qu’ils n’aient jamais vraiment arrêté le liberalisme economique, ils l’ont, malgré tout, sacrément tempéré, limité.
          ................. enfin jusqu’a recemment où la casse systematique de ces droits est entreprise methodiquement.






          • logan 19 octobre 2008 01:35

            Comme j’ai prétendu dans l’article, ce qu’on appelle le libéralisme peut avoir de nombreux visages, mais on peut comme je l’ai expliqué scinder ces prétendants à la paternité du libéralisme et ensuite à son développement en deux grandes familles, une qui me semble dans la vérité, l’autre qui me semble au contraire baser sa réflexion sur une erreur historique qui les conduit à considérer l’état comme une menace dans tous les cas, et à ne pas s’appercevoir que c’est le pouvoir lui même qui est la réelle menace.

            Mais il est évident que des réflexions se croisent et s’enrichissent, tout ne peut pas être catégorisé.

            Ceux qui arrivent à des contradictions comme se désigner défenseurs de la liberté tout en cautionnant l’esclavagisme, ont forcément fait au moins une erreur en cours de réflexion.

            Je ne prétend pas ni connaître ni pouvoir expliquer la complexité de l’ensemble des réflexions qui prétendent faire partie de la pensée libérale. Mais avec cet article, par un raisonnement certes simple, mais vis à vis duquel j’aimerais bien que l’on m’explique les erreurs si certains contestent sa validité, à démontrer une erreur commise dès l’origine.




          • ASINUS 20 octobre 2008 10:53

            impeccable demonstration avec reference au "liberaux historique" qui etaient comme on aurait pu s en douter d infames salopards , pour la societé liberale originelle lisez donc Dickens !


          • ASINUS 20 octobre 2008 10:57

            oups je parlais de nexcuses


          • ronchonaire 19 octobre 2008 10:40

            N’importe quoi ! On croyait avoir tout entendu lorsque Sarkozy s’est mis à citer Jaurès dans ses discours et voilà que maintenant, les socialistes tentent de récupérer le libéralisme. Et on s’étonne que plus personne ne vote...

            Le libéralisme est inconciliable avec le socialisme ; ce dernier considère en effet que nous sommes trop cons pour savoir ce qu’il faut faire et que l’Etat et sa horde de fonctionnaires, apparemment plus malins que les autres, doivent donc se charger de décider à notre place et d’organiser notre vie. Le libéralisme considère au contraire que chacun a les capacités de choisir sa vie et qu’il suffit juste d’un minimum de règles de vie en commun pour organiser la société.

            Votre dernier commentaire, en réponse à Nexuses, est par ailleurs très significatif de votre escroquerie intellectuelle (ou de votre ignorance, choisissez). Vous écrivez en effet : "l’autre qui me semble au contraire baser sa réflexion sur une erreur historique qui les conduit à considérer l’état comme une menace dans tous les cas, et à ne pas s’appercevoir que c’est le pouvoir lui même qui est la réelle menace."

            Cette phrase est simplement magnifique et dévoile parfaitement votre pensée ; d’une part, vous considérez que le pouvoir est dissociable de l’Etat ; il faudra alors nous expliquer d’où vient le pouvoir, si ce n’est des prérogatives coercitives attribuées à l’Etat et à ses agents. D’autre part, vous considérez que l’Etat n’est pas dangereux tant qu’il n’a pas de pouvoir ; ce qui revient à considérer qu’un "bon" Etat ne doit pas être un Etat puissant. Bravo ! Vous êtes revenu au credo anti-étatique des libéraux, totalement incompatible avec une quelconque forme de socialisme.

            Etat et concentration des pouvoirs sont indissociables, c’est bien ce qui gène les libéraux. Si vous êtes favorable à un Etat fort, vous ne pouvez pas être libéral. Il faut être très clair là-dessus.


            • logan 19 octobre 2008 19:45

              Vous savez c’est facil d’asséner des affirmations comme vérités, vous le faites très bien en nous racontant que le libéralisme c’est ceci ! le libéralisme c’est cela !
              Mais c’est plus difficile de le démontrer. Je ne demande évidemment pas aux différentes personnes qui ne sont pas d’accord avec ce que j’explique ici de nous ressortir tout ce qui a été écrit par leurs penseurs favoris ...
              Sinon on n’avancerait pas et chacun pourrait continuer longtemps à se jeter des : "le libéralisme c’est ..." à la figure, ce qui n’a aucun intérêt.

              Ici je pars de l’hyppothèse que le libéralisme consiste à défendre la Liberté avec un grand L. Donc pas la liberté de quelques un mais la liberté de tous.
              A partir de cette hyppothèse, je formule un raisonnement qui démontre que l’anti-étatisme n’est pas compatible avec la défense des libertés, je formule un raisonnement aussi qui démontre que la défense de la liberté ne peut pas se dissocier avec la défense de l’égalité.

              C’est à partir de ces deux conclusions et des évènements historiques que je prétends que le libéralisme est une composante du socialisme.

              Je demande donc simplement à ces personnes, à condition qu’elles acceptent mon hyppothèse, et si effectivement elles pensent que le libéralisme n’est pas ce que j’écris, et donc que mon raisonnement est faux, de me montrer où est l’erreur dans mon raisonnement, tout simplement.


            • logan 19 octobre 2008 20:56

              "Cette phrase est simplement magnifique et dévoile parfaitement votre pensée ; d’une part, vous considérez que le pouvoir est dissociable de l’Etat ; il faudra alors nous expliquer d’où vient le pouvoir, si ce n’est des prérogatives coercitives attribuées à l’Etat et à ses agents."

              Le pouvoir est tout simplement la possibilité d’agir sur son environnement ou sur les autres.
              Ce qui le rend dangereux c’est effectivement sa concentration, sa nature mais aussi sa portée.

              Si on attribue le pouvoir à qqun, ou à plusieurs personnes, on sait d’où provient le pouvoir. Si on ne l’attribue à personne, le pouvoir ne disparait pas, il provient alors de qui réussit à s’en emparer, tout simplement.

              "D’autre part, vous considérez que l’Etat n’est pas dangereux tant qu’il n’a pas de pouvoir ; ce qui revient à considérer qu’un "bon" Etat ne doit pas être un Etat puissant. Bravo ! Vous êtes revenu au credo anti-étatique des libéraux, totalement incompatible avec une quelconque forme de socialisme. "

              Vous confondez la limitation du pouvoir avec l’absence de pouvoir.

              L’absence de pouvoir est impossible, si le pouvoir n’est attribué à personne, alors ce pouvoir appartient à quiconque s’en empare.

              Prennons pour exemple un pouvoir que vous remettez souvent en cause, celui de pouvoir lever des impôts.

              Si on ne l’attribue pas à l’état, alors n’importe qui pourra dans son coin lever des impôts dans l’arbitraire le plus total. Et l’attribuer à l’état ( l’attribution étant la condition numero 1 ) et parce que ce pouvoir sera issu de la volonté générale ( condition numero 2 ), ce pouvoir pourra être limité, on pourra définir dans quelles circonstances, sous quelles conditions et pour quelles raisons l’état aura le droit d’utiliser ce pouvoir.

              Tandis que si ce pouvoir est abandonné à qui veut bien s’en emparer, nous n’avons aucun contrôle, ce pouvoir devient illimité.

              Ce pouvoir sera issu de la force, car si on considère ce pouvoir comme légitime, alors il le sera également quelque main qui s’en saisisse, et alors chacun voudra le conquérir à son tour.

              "Etat et concentration des pouvoirs sont indissociables, c’est bien ce qui gène les libéraux. Si vous êtes favorable à un Etat fort, vous ne pouvez pas être libéral. Il faut être très clair là-dessus.
              "

              C’est faux. Nous pouvons séparer les pouvoirs autant que nous le jugeons nécessaire, il suffit de l’inscrire dans notre constitution et de s’assurer que le pouvoir sera toujours issu de la volonté générale. Nous pouvons ainsi contrôler entièrement les pouvoirs.

              Tandis que si nous n’attribuons pas les pouvoirs, nous n’avons aucun contrôle ni sur leur portée, ni sur leur nature, ni sur leur concentration.

              Vous avez tout faux.


            • MarcDS MarcDS 20 octobre 2008 12:26

              Les défenseurs du "tout au marché" mettent en avant la récompense à l’excellence pour défendre leur doctrine. En réalité, la loi du marché récompense le plus fort plutôt que le meilleur. C’est pourquoi le libéralisme économique représente un formidable recul de civilisation puisqu’il nous impose le retour de la loi de la jungle. Je vous rejoins donc parfaitement sur l’idée qu’il faut mettre en place un pouvoir issu de la volonté générale, et contrôlé par celle-ci, afin d’éviter une vacance qui ne pourra que déboucher sur une prise de pouvoir par le plus fort. Ce qui apparaît à priori comme une limitation de la liberté individuelle est en fait un garde-fou indispensable contre le pouvoir absolu, et n’est que la conséquence logique du fait que nous vivons en société, avec les contraintes que cela suppose.
              Le tout est de s’assurer que les contraintes imposées le sont dans l’intérêt général et non au profit d’intérêts particuliers, tant il est vrai que le degré de civilisation d’une société dépend de sa capacité à inclure dans son évolution tous les individus qui la composent.


              • alcodu 21 octobre 2008 13:55

                Ce qui est amusant avec logan c’est qu’il veut à tout prix définir le libéralisme sous l’angle qui lui convient.

                On pourrait penser que ce sont les libéraux qui sont fondés à définir le libéralisme, mais non, tous les adversaires politiques du libéralisme détiennent leur propre définition du libéralisme. Quelques ânes prétendent même que Sarkozy est libéral (!)

                Tous les libéraux ont beau s’acharner à dire qu’il n’y a pas de rupture entre le libéralisme économique et le libéralisme philosophique ou politique mais logan, lui a sa propre vérité. Et c’est lui qui définit le libéralisme autoritairement !

                Vous l’aurez compris logan n’est pas très libéral.... il n’a pas ça dans l’âme. Il n’écoute pas, il sait.
                Et, surtout, il sait pour les autres.

                Alors pour tous ceux que la vraie pensée libérale intéresse et qui veulent en avoir une vision panoramique, assortie d’une bonne bibliographie, je vous conseille la lecture de La philosophie libérale d’Alain Laurent.
                .


                • Mycroft 22 octobre 2008 11:20

                  Vous juger l’auteur, et non les idées. Pour faire un débat constructif, ce n’est pas l’idéal. Pourtant, son point de vue est particulièrement pertinent. En effet, ce qui s’oppose à la liberté de chacun, ce n’est pas l’état, ou devrais-je dire, pas uniquement. C’est avant tout le pouvoir. Donc la possibilité d’avoir un impacte sur la vie des autres. Cette possibilité doit être bridé, tout défenseur des libertés se doit d’être d’accord sur ce point. Si pour vous il existe un meilleur moyen qu’un l’état fort pour brider les pouvoirs individuels, expliquez nous lequel, je crois qu’on est nombreux à ne pas le voir. La "main invisible" n’empêche pas l’émergence de multinationales ayant une puissance suffisante pour rivaliser avec certains état. De même, les républiques bananière étaient des états faibles, résultat elles étaient dominée par les multi-nationales.





                • alcodu 22 octobre 2008 14:27

                  Je ne crois pas Mycroft avoir de désaccord profond avec vous sur vos remarques. Juste une divergence d’appréciation sur l’origine des multinationales.

                  Notre analyse nous fait dire que les multinationales ne sont pas le produit du libéralisme économique, bien au contraire elle sont généralement (mais pas toujours) le produit de l’étatisme.

                  Le rôle libéral de l’Etat doit être de casser les monopoles, pas de les entretenir ou de les favoriser (fusion GDF Suez orchestrée par l’Etat par ex.).
                  Toutes les grandes entreprises françaises sont liées au capitalisme d’Etat. Leur réussite et la taille qu’elles ont acquises proviennent de marchés d’Etat, de concessions d’Etat ou de capitaux d’Etat. Dans tous les domaines, industrie, syndicats, enseignement, transport, protection sociale, l’Etat crée des monopoles. C’est bien l’Etat qui encourage les concentrations et les regroupements d’entreprises.

                  Nous pensons qu’en régime libéral, sans clientélisme sans corruption, sans patriotisme économique et avec une vraie concurrence, les sociétés privées auraient beaucoup de mal à établir un monopole durable.

                  Mais si elles y parvenaient, le rôle de l’Etat serait de le briser. Fermement.

                  L’Etat n’est donc pas absent de la société libérale, mais au lieu d’être un moteur de la corruption et du clientélisme il devient un recours ultime lorsque le marché ne parvient pas à se réguler seul.

                  .


                • logan 25 octobre 2008 09:29

                  merci mycroft, effectivement il est souvent bien plus facil d’essayer de discréditer les gens plutôt que de leur répondre sur le fond, alcolhu le prouve encore une fois

                  et il me semble alcolhu qu’il serait temps de cesser cette excuse systématique qui consiste à expliquer que les mesures libérales qu’à chaque fois vous applaudissez pourtant des deux mains ne sont pas suffisantes et que le système actuellement en place n’est toujours pas un vrai monde libéral et parfait à vos yeux
                  il me semble clair que le seul libéralisme économique qui sera jamais appliqué est bien le libéralisme économique qui est actuellement appliqué, d’un côté dérégulant tout ce qui peut l’être et qui va dans le sens de leur intérêt, mais gardant quand même de l’autre toutes les règles et les liens avec l’état qui vont aussi dans le sens de leur intérêt
                  vous le savez très bien que cela n’ira jamais plus loin, et vous savez très bien quand vous applaudissez les différentes mesures de dérégulation que ce ne sera pas votre libéralisme économique idéal qui sera appliqué mais bien ce libéralisme économique réel qui ne va que dans le seul intérêt des classes dominantes
                  c’est ce qui est reproché

                  de toute manière ce n’était pas l’objet du débat ici
                  j’explique que l’anti étatisme est incompatible est la défense des libertés, pourquoi refuser d’en débattre ?



                • Rétif 21 octobre 2008 14:50

                  Libéral et ses dérivés étant d’origine française et non anglaise. Le vrai sens des mots (étymologie) étant dans leur origine, il est assez ésotérique d’aller le chercher dans une langue exotique.

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