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Accueil du site > Actualités > Politique > L’Espace, parent pauvre ou solution à la crise ?

L’Espace, parent pauvre ou solution à la crise ?

En 2011, les USA renoncent à leur relative indépendance spatiale en cessant de recourir aux navettes spatiales pour desservir l'ISS. Le programme qui devait aboutir au remplacement de ces antiques et fragiles coucous est lui aussi arrêté, permettant de récupérer les fonds pour d'"autres projets".
Pas de problème, les Américains s'appuieront dorénavant sur les Russes et leur indestructible Soyouz pour le transports de personnes.
Patatras ! Voilà que la suprématie Russe s'écroule cette même année, par une incroyable série d'échecs de lancement et d'accidents !

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Coucher de soleil sur Mars
Source : NASA

Les deux géants de l'espace sont donc à genoux en ce qui concerne les vols habités, tandis que la Chine et l'Europe tentent péniblement de développer des programmes dans ce sens.
Ces nouvelles sont le signe de changements, bien sûr, dans les équilibres du monde, mais elles mériteraient d'être prises plus au sérieux car elles sont très inquiétantes sur l'évolution de nos sociétés.
Dernièrement, on a pu saisir l'étendue du désastre par l'accueil réservé à M. Cheminade, lorsqu'il propose que la France, avec le reste de l'Europe, se fixe comme objectif un vol habité sur Mars d'ici 25 ans. Que n'avait-t-il pas dit ! Partout ce furent moqueries, sarcasmes, et paroles condescendantes pour un candidat minuscule, entré par effraction sur les plateaux de télévision.
A cette occasion, on a découvert à quel point le néant, comme dans le film "l'Histoire sans Fin", avait avancé dans son travail de sape de nos rêves, de nos ambitions, de notre raison.

Oui, il s'agit avant tout de raison. On a délibérément opposé à cette noble ambition de conquête spatiale, héritière de Marco Polo, de Christophe Colomb, d'Amerigo Vespucchi, des impératifs plus concrets, les besoins d'aujourd'hui. Or, quand on oppose les ambitions de demain aux besoins d'aujourd'hui, dans un contexte de chômage endémique, c'est qu'on a perdu la raison.

Il est difficile de le réaliser actuellement, mais malgré les innombrables brevets déposés tous les jours, notre innovation technologique est en berne. On ne fait plus que perfectionner, miniaturiser, améliorer.

L'invention surgit de trois manières : le désintéressement, le hasard, et le défi.

Le désintéressement préside plus ou moins à la recherche dite fondamentale. Ce qu'on trouve ne sert parfois à rien, d'autres fois, il faut attendre que les trouvailles s'assemblent comme un puzzle, au bout de 50 ans, pour trouver une application, parfois terrible, il est vrai, mais souvent aussi source de progrès, en particulier en médecine.


Le hasard a présidé aux plus grandes découvertes, comme par exemple la pénicilline, par Alexander Fleming, en 1928.

Le défi, lui, est à la source d'innombrables inventions. Le défi spatial, notamment, a donné l'appareil photo numérique, les panneaux photovoltaïques, les dispositifs de recyclage de l'eau et de l'air, et encore, nous ne parlons que des vols habités !
Le défi spatial a aussi changé notre vision de la Terre. John j. Nance, astronaute, écrit : "Depuis l'espace, pas de frontières" "Tous ceux qui ont eu la chance d'admirer la planète bleue depuis l'espace ont pris conscience du fait que les êtres humains n'étaient que des passagers du vaisseau Terre. (…) il n'y a pas de chaloupe de sauvetage (…)"
Ces programmes spatiaux, qu'on oppose si facilement aux contraintes du quotidien par l'antienne "Vous ne croyez pas qu'on a plus important à régler ?", sont en fait un véritable moteur de progrès scientifique mais aussi social et économique, je dirais même diplomatique, par l'indispensable coopération internationale qu'ils demandent.

A travers les derniers débats de la présidentielle, nous avons découvert en filigrane que l'approche de la dette est avant tout le reflet d'une conception de la société et de la démocratie. Ainsi, pour certains, la finance peut poser des ultimatums au peuple, et lui dire comment son Etat doit être géré. Pour d'autres, dont je fais partie, la dette est une construction artificielle, à l'instar du pouvoir de droit divin de l'époque féodale. N'en sont tributaires que ceux qui y croient. Cette réflexion peut être étendue à la valeur de l'argent, dont le particulier commence seulement à se rendre compte de la virtualité. South park, une série que je recommande à tous ceux qui voudraient comprendre un peu mieux notre monde, le démontre dans cet épisode. L'argent n'a que la valeur qu'on lui prête.

Vous me demanderez : "Quel rapport avec la conquête spatiale ?"
Eh bien tout est lié en ce monde, et, comme les autres postes sans rentabilité immédiate (éducation, recherche), la conquête spatiale encaisse de plein fouet cette crise des esprits. Les budgets alloués se restreignent comme peau de chagrin "pour cause de dette".
Il y a quelque chose de paradoxal dans le fait que des millions de femmes et d'hommes soient désoeuvrés et que parallèlement, de grands programmes manquent de moyens humains.

C'est donc que le financement de ces programmes spatiaux est possible et même souhaitable, par le nombre de secteurs qu'il met en branle et les progrès qui s'en suivent pour le commun des mortels, seule manque la volonté et une réorganisation de l'économie dans ce sens.
 

Pour sortir de la crise en Europe, il ne faut non pas moins d'Espace, moins d'ambition, mais de véritables programmes qui engagent tous les secteurs, c'est urgent !


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2 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 5 mai 2012 11:28

    ca coute pas plus cher qu’une guerre
    la lune est tout pret
    une base lunaire avec des mines, ca devrait etre rentable


    • Martin Lucas Martin Lucas 5 mai 2012 12:07

      C’est exactement mon propos : au lieu de mettre des fortunes dans l’armement, on ferait mieux de les investir dans la recherche, notamment spatiale, qui a l’énorme avantage d’obliger les états à collaborer, et permet donc de stabiliser les relations entre pays.
      Plus le projet est grand, plus les moyens demandés seront importants et dépendront de collaborations internationales.
      Nous avons donc intérêt, pour la cohésion mondiale et la paix, à nous fixer de grands défis.

      Mohandas-Gandhi, vous n’aimez pas les machines, soit, mais ne confondez pas arsenal technologique et découverte scientifique, ce qui est bien différent.
      Le lancement de satellites et l’observation directe ont fait faire des pas de géant à notre prise de conscience écologique. Sans la conquête spatiale, nous en serions encore à balancer des cfc dans l’atmosphère, et le grignotage de la forêt amazonienne serait inconnu du plus grand nombre.
       Je suis pour que la conquête spatiale (ou la découverte, si cela vous sied), reste dans le domaine de l’Etat, pour être à l’écart d’objectifs mercantiles et rester sous contrôle démocratique.

      Le fait que peu d’Etats soient réellement sous contrôle du peuple est une question à régler indépendamment. J’ai d’ailleurs peur que si ce contrôle reste électoral (alors qu’il en existe d’autres, comme le tirage au sort), nous aboutissions à réduire les orientations politiques à « faut-il faire des horaires séparés dans les piscines » et autres stupidités.
      Nos « petits candidats » ont eu les idées les plus intéressantes de ces élections, mais nos électeurs ont été dressés pour s’occuper de leur paillasson et de celui de leur voisin.
      Reste à savoir si l’on peut renverser la vapeur...

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