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Accueil du site > Actualités > Politique > « L’esprit du 11 janvier 2015 » (2/2) : la naissance d’un culte (...)

« L’esprit du 11 janvier 2015 » (2/2) : la naissance d’un culte religieux à la conquête de l’École républicaine

« L'esprit du 11 janvier 2015 » est le socle du tournant politique effectué à la suite des attentats survenus les 7, 8 et 9 janvier. Manuel Valls en a détaillé les fondements et les mesures à prendre dans son discours solennel du 13 janvier à l’Assemblée nationale. Les premiers pas de cette politique sont notamment visibles dans l’école avec une nouvelle intransigeance au nom des « valeurs républicaines ». Cet article en deux parties a pour objet son analyse. Dans la première partie, les mots de ce discours furent analysés pour montrer combien ils sont vides de sens et sources de manipulation. Dans cette deuxième partie la construction de cet esprit et les dangers qu’il représente pour l’école et la société sont exposés.

La première partie de cet article a montré, en s´appuyant sur le Faust de Goethe, les ressorts de la manipulation dans le discours de Manuel Valls. Elle est en définitive simple : détacher les mots de leur signification (soit en ne la cherchant pas, soit en la remplaçant), les charger émotionellement et les utiliser comme vecteurs d'émotions pour orienter la volonté de ses auditeurs. Ceux-ci ne remarquent pas que le sens des mots leur échappe et se laissent guider par les seules émotions que leur inspirent ces mots.

Comment cependant utiliser de tels mots vidés de leur sens ? Méphistophélès dans le passage cité de Faust dans la première partie l’explique :

Avec des mots on discute parfaitement
Avec des mots on construit tout un système
Sur des mots on fonde merveilleusement toute une croyance
D'un mot on ne peut enlever un iota.

Voyons donc dans quelle mesure Manuel Valls suit ces principes et si effectivement il « fonde merveilleusement toute une croyance » et comment il veut la propager.

 

Nature dogmatique de l’expression « l'esprit du 11 janvier 2015 »

L'expression « l'esprit du 11 janvier 2015 » signifie qu’un « esprit » commun a rassemblé les manifestants le 11 janvier 2015, l’emploi de l'article défini insistant sur l’unicité de cet esprit. Cependant cette affirmation ne coule pas du tout de source. D’une part, on peut très bien considérer que, non un esprit commun, mais une émotion commune a rassemblé les manifestants. D’autre part, les motifs des manifestants furent a priori très divers.

« L'esprit du 11 janvier 2015 » est ainsi une assertion non démontrée, donc un dogme. C'est la pierre fondatrice de la nouvelle « croyance ».

 

Construction du culte de « l'esprit du 11 janvier 2015 »

Pour bâtir une croyance sur ce dogme, Manuel Valls copie, sans originalité, la structure propre aux religions monothéistes. Les éléments principaux en sont : l´affiliation à un esprit (Dieu unique), un moment fondateur (apparition d'un grand prophète ou incarnation divine sur Terre), un message (révélation divine), un rayonnement (peuple élu ou universalisme), et enfin l'instauration d'une institution religieuse.

Tous ces éléments sont en effet contenus dans la description de « l'esprit du 11 janvier 2015 » faite dans le discours de Manuel Valls :

  • Manuel Valls affilie « l’esprit du 11 janvier 2015 » à l' « esprit des lumières » (non divin, mais presque).
  • Son moment fondateur furent les démonstrations du 11 janvier et « il y aura un avant et un après ».
  • Son message est centré sur les « valeurs républicaines » de « liberté », « égalité », « fraternité », « laïcité » et « tolérance ».
  • Cet esprit est porté par la « France », dont c'est « la lumière ».
  • Cet esprit a aussi une portée universelle, et c'est « son message universel que l'on a voulu abattre », et c'est pourquoi « le monde entier est venu à [la France], car le monde sait lui aussi la grandeur de la France et ce qu'elle incarne d'universel. »
  • Son institution enfin, est « La République » qui, comme une église, « est fraternelle, [..] généreuse, [..] est là pour accueillir chacun. »

Sa forme est tout aussi religieuse : outre le ton incantatoire de l'orateur, de multiples termes du discours sont issus du vocabulaire mystique, par exemple « Nous allons entretenir, je l'espère, comme un feu ardent, cet état d'esprit". Particulièrement caractéristique est la demande aux Français d'être « habité[s] par [c]es valeurs ». Être « habité » (par un esprit - bon ou mauvais), c'est ne plus être tout à fait soi, c'est cohabiter avec une entité spirituelle étrangère : en l'occurence ces « valeurs » vidées de leur sens que les Francais sont exhortés à suivre.

L'incessante exigence de l'unité est aussi propre à la fondation d'une nouvelle croyance. Rien ne peut être mis en question dans « l'esprit du 11 janvier 2015 » puisque  « D'un mot on ne peut enlever un iota ».  Il n'y a rien à discuter puisqu'il n'y a pas d'idée et on ne peut qu'être pour ou contre. C'est le propre de toute croyance de rejeter la pensée et, de fait, de l'interdire. Cette unité est tout d'abord exigée des députés, derrière un léger vernis diplomatique (1). Le vote final (2) montra que les parlementaires et les sénateurs ont bien compris le message. Cette unité sera ensuite exigée des Français, nous y reviendrons.

Les députés présents participèrent pleinement à cette glorification du nouvel esprit : les commentaires furent dithyrambiques, la communion fut totale, les clivages dépassés et pas moins de cinq « standing ovation » furent données. Signe des temps, la Marseillaise est chantée pour la première fois depuis 1918 à l'Assemblée nationale (posons-nous d'ailleurs la question, pourquoi justement la Marseillaise n'a pas été chantée depuis 1918). Grâce à cet appui le moment fut ainsi qualifié d´historique.

Ce discours a donc tout d'une harangue religieuse pour annoncer la nouvelle croyance de l'« esprit du 11 janvier 2015 ». Manuel Valls fonde un vrai culte, suivant parfaitement les conseils de Méphistophélès. Certes le cadre républicain est déroutant, mais celui-ci n'est plus que décor. En réalité toute cette assemblée est dans une église et Manuel Valls appelle à une croisade au nom du nouvel esprit.

L'« esprit du 11 janvier 2015 » est donc complet : un dogme, une origine spirituelle, un moment fondateur, une portée universelle, des valeurs, une église, un grand prêtre.

Il manque les ouailles.

 

Plan de conquête à l’école

Encore s’agit-il donc de conquérir les ouailles, ou bien de leur imposer la nouvelle croyance. Le plan de conquête se laisse deviner par les les premières mesures détaillées par Manuel Valls.

Y sont d’abord prévus guerre à l'extérieur et contrôle accru à l'intérieur, sous couvert de lutte contre les « terroristes » (dont la définition n’est bien sûr pas exposée). Grands sont donc les risques d'un Patriot Act à la française et d'une guerre sans fin contre le monde musulman dans une logique de « Choc des civilisations ».

Mais c’est surtout la grande bataille de l'éducation qui va attirer notre attention, une nouvelle croyance devant avant tout préparer l'avenir et former au plus vite les esprits des générations futures. Manuel Valls fait appel à la « mobilisation totale » des recteurs d'académie (dont la prime a d'ailleurs opportunément augmenté de 10.000 € à la veille du réveillon de Noël) pour mener « cette bataille que nous devons gagner, celle de la pédagogie auprès de notre jeunesse » pour la défense de « [nos] valeurs ». : « Avec un message d'exigence. Un message qui doit répercuter à tous les niveaux de l'éducation nationale, autour du seul enjeu qui importe : la laïcité ! La laïcité ! La laïcité, parce que c'est le cœur de la République et donc de l'école. »

En voulant placer « la laïcité [au] cœur de la République et donc de l'école », Manuel Valls suit parfaitement les préceptes de Méphistophélès. Mettons-nous à la place des professeurs : comment expliquer aux élèves un mot comme « laïcité » qui, nous l'avons vu, est vidé de son sens, menant à toutes les interprétations possibles et imaginables ? Ils ne pourront que « s'en tenir aux mots » des programmes scolaires en l'occurence. Les élèves ne pourront pas non plus faire autrement. Il s'installera donc un certain esprit : celui de ne pas se poser de questions, de ne pas chercher le sens des mots, de se contenter « de suivre [le] seul maître » qui a écrit les programmes. Les mots et les concepts, ne seront alors plus qu'utilisés mécaniquement et de façon abstraite.

« Tenez-vous en aux mots ! » Cette adjonction de Méphistophèlès définit au mieux ce qu'est « l'esprit du 11 janvier 2015 ». On comprend toute l'importance de l'école.

 

Les premières applications du plan : interdiction de la pensée

Ce virage est confirmé par les annonces de Francois Hollande. En déclarant l'« acte II de la refondation de l'école », il se donne pour objectifs la « transmission des valeurs », l'« autorité du maître » et la « fermeté ». Il appelle à des « réserves citoyennes  », terme militaire, c'est-à-dire à la mise en place, dans chaque académie, de groupes de volontaires qui pourront intervenir en soutien dans les établissements. De telles réserves sont prévues dès le printemps.

La ministre de l´éducation Najat Vallaud-Belkacem fut aussi très claire lors des questions au gouvernement à l'Asemblée nationale . Elle décrit d'abord les cas d'incidents lors de la minute de silence organisée dans les établissements scolaires qui fut l´objet d´une surveillance à l´échelle nationale des élèves par leurs enseignants. L'auteur de cet article n'en connaît pas d´équivalent. La conclusion de la ministre est sans équivoque : « Oui, l'école est en première ligne, elle sera ferme pour sanctionner, pour créer du dialogue éducatif y compris avec les parents car les parents sont des acteurs de la co-éducation. L'école est en première ligne aussi pour répondre à une autre question car même là où il n'y a pas eu d'incidents il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendu les « Oui je soutiens Charlie, mais.. Pourquoi les deux poids, deux mesures ? Pourquoi défendre la liberté d'expression ici et pas là ? » Ces questions nous sont insupportables surtout lorsqu'on les entend à l'école qui est chargée de nous transmettre des valeurs et il nous faut nous interroger sur notre capacité à le faire. C'est ce que le premier ministre a fait devant les recteurs hier, c'est pour la raison pour laquelle je mobilise l'ensemble de la communauté éducative pour que nous ne répondions pas par des discours mais par des actes forts. Merci. »

Les actes forts effectivement n’ont pas tardé : convocation au commissariat pour apologie du terrorisme d’enfants de 8 ans, 10 ans, 14 ans ... La Ministre applaudit. Imaginons ce qui se passe dans les familles en France à l’annonce de telles réactions et la chape de plomb qui s’y installe puisqu’une parole de son propre enfant peut être maintenant le sujet d’une convocation au commissariat, d’une accusation et demain d’une condamnation.

Telle est donc l’« acte II de la refondation de l'école » : tout questionnement est interdit, toute parole suspecte est rapportée, un climat de peur s´installe. Historiquement on peut se référer à la peur rouge du Maccarthysme ou encore à l´épisode de folie collective des sorcières de Salem. Mais la folie actuelle, au nom des dites « valeurs républicaines », est tout à fait consciente et maîtrisée par le gouvernement pour imposer son nouveau culte.

Le procédé n'est donc pas nouveau. L'Histoire a montré comment, au nom de tels cultes, furent lancées des guerres au nom de la paix, fut justifiée la barbarie pour la civilisation ou encore bâties des dictatures en se réclamant de la liberté dans une logique toute orwellienne. La seule différence aujourd´hui sont les techniques de manipulation des populations sans aucun doute très élaborées. La programmation neurolinguistique, appelée aussi PNL, est ainsi un procédé de manipulation utilisé fréquemment dans la propagande politique (se reporter par exemple à cet article).

 

Conclusion

La nature des mots comme dans le discours de Manuel Valls est donc méphistophélique : il ne faut surtout pas les appréhender avec leur idée d'origine, car ils en ont été vidés. Avec de tels mots est bâtie une nouvelle croyance, avec le dogme de « l'esprit du 11 janvier 2015 » comme pierre de fondation. Les institutions républicaines, l'école en premier lieu, doivent en être l'église. Tel est le résumé de cette analyse du discours de Manuel Valls.

« Tenez-vous en aux mots !  », tel est donc l'« esprit du 11 janvier 2015 » :  négation de toute pensée et exhortation à suivre des « valeurs », ces bombes émotionnelles, que nous sommes sommés de ressentir. L'éducation en est la bataille majeure et toute la réponse à y donner est contenue dans l'éclair de lucidité de l'Étudiant de Faust : Mais une idée doit toujours être contenue dans un mot.

 

(1) « Loin de moi l'idée de déposer, après ces événements, la moindre chape de plomb sur notre débat démocratique, et vous ne le permettrez pas, de toute façon. Mais, mais nous devons être capables, collectivement, de garder les yeux rivés sur l'intérêt général. » En clair : Manuel Valls requiert bel et bien cette chape de plomb.

(2) Le projet de loi sur la poursuite de l'intervention française en Irak dont le discours était l'objet fut adopté avec une majorité de 488 députés (1 vote contre et 13 abstentions). Le Sénat a pour sa part voté à l'unanimité : 327 sénateurs sur 346 se sont prononcés pour (19 abstentions). Donc un seul élu sur 848, Jean-Pierre Gorges, député d'Eure-et-Loire, vota contre.


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Réagissez à l'article

20 réactions à cet article    


  • fred.foyn Le p’tit Charles 6 février 2015 10:50
    « L’esprit du 11 janvier 2015 »....c’est 4 millions de gus et de gussesses sur 65 millions de Français...Vous pouvez revenir la semaine prochaine pour tenter de gagner une place du spectacle de votre choix.. !

    • zygzornifle zygzornifle 6 février 2015 11:11

      le 10 Janvier il n’y avait pas d’esprit et combien celui ci devra tenir avant de retourner au néant ....


      • lermontov lermontov 6 février 2015 11:25

        Merci pour vos deux proses. Notons qu’au préalable une politique délibérée d’abêtissement généralisée a été conduite à travers l’école et le divertissement. ’Pour qu’un temple soit construit, il faut qu’un temple soit détruit. Tel est la Loi." [Nietzsche]. Et le coeur de cible, ce n’est pas nous, le vieux monde, prêt à retourner dans l’ombre. C’est la jeunesse, le ch***, c’est-à-dire...l’idiot.


        • diogène diogène 6 février 2015 11:29

          Le spiritisme est considéré, selon les sources, comme une superstition, comme une science occulte ou comme une doctrine. Il est fondé sur la croyance par les élus que certains phénomènes paranormaux sont le moyen pour des entités de l’au-delà appelées « esprits », de communiquer avec les électeurs.

          Ce mot s’applique ainsi, de manière large, à un courant disparate où les pratiquants, appelés « spirites » ou « élus », communiquent avec ces « esprits », celui du 11 janvier en particulier par divers moyens, comme des sujets en état de transe (médiums, défilés, conférences de presse ) ou des supports inanimés (tables tournantes ,...).


          • diogène diogène 6 février 2015 11:32

            Evidemment, le moyen le plus efficace pour communiquer avec « l’esprit du 11 janvier » reste l’ensemble des médias : Télé, journaux, réseaux sociaux...


          • lermontov lermontov 6 février 2015 11:33

            Ce sont des mesméristes, plutôt.


          • diogène diogène 6 février 2015 11:39

            Les mesméristes croyaient utiliser les forces de la nature, alors que notre gourou élyséen invoque « un esprit » (celui du 11 janvier).


          • lermontov lermontov 6 février 2015 12:13

            @ Diogène

            Ce discours est destiné à l’externe.


          • Alren Alren 6 février 2015 12:41

            Cet article me pose un problème :


            Oui Valls essaie de récupérer comme tous les gouvernants un mouvement populaire au profit de sa politique détestable. Oui comme d’habitude l’école est sommée de résoudre un problème de société ce qui n’est pas sa vocation et n’est pas dans ses moyens rabougris, avec des enseignants qu’il est d’usage de dénigrer (ce qui fait que leur recrutement va devenir de plus en plus difficile sans que l’école privée puisse prendre le relais faute elle aussi de trouver des candidats) .

            Mais non la laïcité n’est pas un mot vide de sens. C’est même la condition à l’existence de tout service public. Ce qui explique que ceux qui veulent privatiser les services publics au détriment du plus grand nombre, essaie de gausser, de dénigrer, la notion de laïcité et de braver ses interdits comme par exemple le voile à l’école, entre autres.

            • Idées de la Tripartition sociale Idées de la Tripartition sociale 6 février 2015 13:56

              Merci de votre commentaire. Je suis tout à fait d´accord que ce n´est pas la vocation de l´école de résoudre des problèmes de société en voulant se substituer aux parents (Najat Vallaud-Belkacem dégrade les parents comme « acteurs de la co-éducation »). En revanche l´école publique n´est pas du tout une institution « rabougrie » : elle a des moyens très importants et une influence considérable sur les enfants, donc les générations à venir. C´est donc un levier de pouvoir très important dans les mains d´un gouvernement qui peut complètement en abuser comme le fait le gouvernement actuel.

              Au sujet de la laïcité : bien sûr que ce mot a un sens : séparation de l´Eglise et de l´Etat. Pas plus et pas moins. Dans la première partie de cet article j´ai essayé de montrer combien cependant ce mot a perdu tout son sens dans la bouche de Manuel Valls et autres politiciens. Pour plus de clarté je reprends le passage correspondant de la première partie :

              " Un deuxième procédé est éclairé par le mot « laïcité ». Au contraire de « liberté », sa signification est claire : séparation de l’Église et de l’État, chaque domaine devant être autonome et centralisé sur lui-même. Mais Manuel Valls ne l’entend pas ainsi. Dans sa définition de la « laïcité » dans son Abécédaire optimiste, il fait d’abord effectivement rapidement référence à la loi de 1905 et à la séparation de l’Église et de l’État, mais développe ensuite de tout autres significations : « la laïcité est synonyme du vivre-ensemble », « du respect », de « la possibilité de croire, de ne pas croire », du « respect des droits des femmes ». La vraie idée (séparation de l’Église et de l’État) est donc ensevelie sous des concepts sans signification (« vivre-ensemble ») ou complètement étrangers (« respect », « droits des femmes », « possibilité de croire, de ne pas croire »).
              Ce phénomène est loin d’être particulier à Manuel Valls : la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem la définira aussi comme «  distinguer le savoir du croire », et par exemple le débat sur le port du voile en 2004 à l’Assemblée nationale fut l’occasion d’un extraordinaire florilège de variations sur ce mot.
              Le mot « laïcité » est donc complétement détaché de sa signification. Une nouvelle fois, la réalité des actes politiques de Manuel Valls confirme parfaitement ce non-sens : lui-même ne respecte pas du tout l’idée de la laïcité, notamment en participant officiellement à des cérémonies de l’église catholique de béatification ou de canonisation.
              Le deuxième procédé méphistophélique dans le discours de Manuel Valls consiste à séparer un mot de sa signification et à désigner ensuite ce mot vidé de son sens comme « valeur ».
              "


            • JP94 8 février 2015 09:37

              Sur un terrain concret , on a des illustrations du détournement des concepts républicains par Valls et le gouvernement actuel PS-EELV ( comme du précédent ) : 


              - La politique menée et le discours sont aussi empreints d’une forte xénophobie :
               chasse aux sans sans-papiers , y compris de jeunes enfants enfermés dans des centres de rétention « administratifs » ( cf lutte du RESF) 
              - violence à l’encontre de ces proscrits ayant fuit des pays où ils risquent la mort : malmenés , frappés , déportés dans des avions : traitement indigne de notre pays . Et pour nos citoyens qui protestent justement , c’est le procès pour « détournement d’aéronef » apparenté à du terrorisme ! ( cas de l’élu PCF François  Auguste . 
              - Violence sur le terrain social , en privant de travail des salariés qualifiés et en mettant systématiquement les forces de l’ordre du côté ... de l’ordre capitaliste : usine délocalisée —> le patron est tranquille ...

              - Délit de faciès : stigmatisation d’un partie de la population pour induire dans la tête de tous que la différence serait là et non pas entre classes sociales .

              - Discours et actes anti-Russes , anti- Grèce , anti-Cuba ...

              - Stigmatisation des mususlmans tout en octroyant un statut de pouvoir officiel aux imams institutionnels , très heureux de cette aubaine qui permet de moraliser des personnes et de les contrôler par le biais de l’idéologie religieuse , plutôt que les laisser s’investir dans les luttes sociales ...le tour est joué et il est en flagrante contradiction avec le principe constitutionnel de la laïcité .

              Mais dans le Projet d’Enseignement , on parle de combattre les racismes ( pas « le ») ce qui induit une idée communautariste : les communautés ( terme antagonique à la notion de citoyen ) se voueraient un racisme mutuel ... si elles n’obéissaient pas au tout-puissant M. Valls ( qui s’est signalé par ses allusions ouvertement racistes avec « ses »blacks« que ce Valls jugeait trop nombreux par rapport aux »White« )

              On parle d’initier les jeunes collégiens , future chair à canon docilisée , aux vertus de la Défense Nationale ( le service national attendait tout de même qu’on fût majeur !) 

              On parle »d’établir par l’étude des Arts , le respect de la diversité des religions" ( sic) C’est bien peu considérer l’Art et je serais curieux d’entendre l’avis d’un artiste sur son art pour savoir s’il l’a pensé ainsi en obéissant aux préceptes de M. Valls et de Mme Vallaud-Belkacem . 

              Quand on veut tuer son chien on l’accuse de la rage : voilà la stratégie de nos ministres contre la République héritée de la Révolution française .
              Et en fonder une nouvelle , néo libérale , soumise aux USA ( que récusait Robespierre ) , délaïcisée , bâtie sur des divisions en communautés ( diviser pour régner) et découpée en régions plutôt qu’en départements ( ceux-ci hérités de la Révolutiion ) , celles-là de l’Ancien Régime et de l’UE ) 

              Non content de casser les acquis du CNR ( en accord avec M. Gattaz ) , M. Valls remet en cause la loi de 1905 , 
              Et puis bien sûr le devoir constitutionnel pour tout citoyen de se révolter contre un gouvernement qui ne respecte pas les intérêts de la Nation .( c’est plus qu’un droit , c’est un devoir) .

            • erichon 6 février 2015 14:29

              l’esprit du 11 janvier .

              J’ai jamais vu une récupération politique aussi abjecte , aussi vile , aussi glauque , aussi dégueulasse et aussi cynique.


              • diogène diogène 6 février 2015 15:06

                Un autre adjectif conviendrait également : « ignoble », le contraire de « noble ».


              • Crab2 6 février 2015 16:19

                Ce qui ne doit rien à la religion : penser pour ne pas se soumettre ni être soumis

                Le rôle de l’école c’est d’aider les enfants à apprendre par eux-même ’’ comment penser ’’ et non, venant du monde religieux, de leur infliger la pire des maltraitance intellectuelle en leur disant, à longueur d’années, ’’ quoi penser ’’, quoi dire, comment s’habiller et j’en passe ...

                http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/02/lecole-republicaine.html

                ou sur

                http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2015/02/05/l-ecole-republicaine-5552546.html


                • Idées de la Tripartition sociale Idées de la Tripartition sociale 6 février 2015 17:28

                  Merci pour le lien sur ce site qui confirme bien le complet chaos autour du mot laïcité. En voici la définition qui y est donnée :

                  « La laïcité, définition : le Droit de ne pas croire, de douter ou de croire avec ou sans religions, »

                  Une telle définition correspond au « droit à la liberté de penser », mais n´a absolument rien à voir avec le concept de la laïcité que voici (9ème édition du disctionnaire de l´Académie Francaise) :
                  - 
                  Principe de séparation dans l’État de la société civile et de la société religieuse.
                  - Caractère des institutions, publiques ou privées, qui, selon ce principe, sont indépendantes du clergé et des Églises ; impartialité, neutralité de l’État à l’égard des Églises et de toute confession religieuse.

                  http://www.cnrtl.fr/definition/laicite

                   

                  L´État doit être absolument neutre  (principe de laïcité) pour que justement il puisse garantir la liberté de penser. Toute la question est de savoir ce que veut dire « neutralité » (même source) :

                  « Principe selon lequel l’enseignement doit être neutre, ne doit favoriser aucune confession religieuse, aucune opinion philosophique, politique dans les établissements publics. »

                   Là réside la grande illusion : l’enseignement (à part celui des mathématiques) ne peut pas être neutre. Par exemple, ne pas évoquer les enseignements du Bouddha, de Mohammed, de Moise ou de Jésus-Christ mais en revanche s´appuyer sur Darwin, Einstein ou Camus est un choix non neutre. Il y a bel et bien une orientation philosophique dans les écoles publiques.

                   Le fond du problème est qu´on ne peut pas être neutre en étant partie prenante. L´État en gérant l´école publique, lui définissant notamment ses programmes, est partie prenante et ne peut de ce fait être neutre. Il ne pourra donc lui-même jamais satisfaire le principe de la laïcité dans ces conditions.


                • Crab2 8 février 2015 11:15

                  Une telle définition correspond au « droit à la liberté de penser », mais n´a absolument rien à voir avec le concept de la laïcité ...écrivez-vous
                  Eh bien non, l’esprit des lois est une prédominance de la culture française ;
                  La laïcité protège la liberté de conscience avant et au-dessus de tout, donc le droit de ne pas croire, de douter ou de croire sans ou avec une confession
                  La laïcité ne se résume pas à la séparation de l’Église et de L’État, ce qui signifie que c’est le peuple qui fait la loi et non une catégorie de religieux

                  http://laicite-moderne.blogspot.fr/search/label/excision


                • zygzornifle zygzornifle 8 février 2015 09:18

                  Le député socialiste Razzy Hammadi est revenu sur la lâcheté et les petits arrangements des élus locaux de la gauche plurielle, qui font construire sur leurs territoires des mosquées en échange du vote des communautés musulmanes......http://24heuresactu.com/2015/01/27/hammadi-avoue-que-le-ps-a-negocie-des-mosquees-contre-des-voix/


                  • zygzornifle zygzornifle 8 février 2015 09:23

                    Trouver un ressortissant du Maghreb qui défend la laïcité ou l’athéisme est aussi difficile que de trouver un politicien honnête ..... 


                    • Crab2 8 février 2015 11:17

                      Le complexe de culpabilité face à des populations symbolisant les anciens colonisés a été le plus fort dans cette génération de socialistes qui ont ainsi favorisé, dans leurs propres rangs, la montée du communautarisme, cette idée que tous les rituels culturels ou religieux, y compris les plus intégristes, sont respectables et doivent être respectés

                      Suite : Elisabeth Badinter : " Je ne pardonne pas à la gauche d’avoir abandonné la laïcité "

                      http://laicite-moderne.blogspot.fr/2015/02/elisabeth-badinter.html

                      ou sur

                      http://laiciteetsociete.hautetfort.com/archive/2015/02/04/elisabeth-badinter-5551704.html


                    • Céline Ertalif Céline Ertalif 27 mars 2015 12:01

                      Mon article, la cochonnerie du Maire du Maire de Chalon, est vraiment la continuité de celui-ci et du précédent. Parce que la déclaration du Maire de Chalon, une décision avec application en septembre 2015, mais annoncée fort opportunément à la veille des élections départementales, a pour seul objet réel le dynamitage de « l’esprit du 11 janvier ». On ne sait même pas si cette initiative est réellement celle du Maire de Chalon ou celle de Sarkosy qui a approuvé.


                      Et la lecture des commentaires montre comment le laïcisme exploité par des militants masqués conduits au Front National (via Risposte Laïque, voir l’échange avec Docdory). Le problème du langage marketing où les émotions dissimulent la signification réelle, c’est qu’il est très facile à détourner et qu’il conduit à un conflit sans fin dont les témoins sont à la fois l’enjeu et les victimes.

                      Je ne sais pas si nous sommes forcément d’accord sur tout, mais la continuité est entre nos 3 articles !

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