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Accueil du site > Actualités > Politique > L’étrange sillon de madame Le Pen (2)

L’étrange sillon de madame Le Pen (2)

Dans mon précédent article, je me suis demandé comment un parti d’inspiration reaganienne, le Front National, avait pu en quelques mois changer radicalement son orientation sociale et économique. Cette conversion n’est-elle pas trop soudaine pour être honnête ? Surtout, la persistance d’un discours xénophobe n’indique-t-elle pas un grand conservatisme social ? L’étranger – ou celui qui est considéré comme tel – est un bouc émissaire bien pratique pour s’épargner une réflexion de fond sur les inégalités sociales et économiques. Telle est la thèse que je vais tâcher d’expliquer et de justifier dans cet article.

Le Front National est-il vraiment xénophobe ?

Telle est évidemment la première question à laquelle il faudrait répondre. Tout récemment encore, quelqu’un m’a écrit sur AgoraVox que les discours sur la « haine » et la « xénophobie » du FN ne sont que de la « propagande libéralo-gauchiste ». J’aimerais bien le croire, mais je n’y arrive pas. Sans doute le FN a-t-il un discours plus correct politiquement que naguère. Il est fini, le temps des tordants calembours antisémites (« Durafour crématoire ») ou des exquises déclarations sur l’inégalités des races ! En revanche, il subsiste dans le Front National une xénophobie, c’est-à-dire une crainte obsessionnelle, irrationnelle, de tout ce qui est étranger. Encore faut-il s’entendre sur ce dernier mot. Pour les militants du FN, l’étranger se définit moins par sa nationalité que par son appartenance ethnique (réelle ou supposée). Même si Mohammed est français depuis toujours, il est forcément suspect : son nom indique qu’il a probablement reçu une éducation musulmane, ce qui le rend en un certain sens étranger à son propre pays. Il faudra qu’il fasse des efforts tout particuliers pour être accepté comme un vrai Français. L’Italien Pietro, en revanche, bénéficiera d’un a priori favorable : même s’il n’est pas français, on considérera qu’il est facilement assimilable, parce qu’issu d’une culture voisine. (Notons à ce propos que cette bienveillance envers les Italiens n’a pas toujours existé en France : voici un siècle, à une époque où les immigrés italiens étaient perçus comme de dangereux concurrents pour les travailleurs français, on préférait monter en épingle les différences culturelles. Les Italiens étaient considérés comme trop catholiques, par exemple.)

L’exemple des Franco-tunisiens

Pour illustrer mon propos, je prendrai l’exemple des réactions du Front National face aux supporters tunisiens ou franco-tunisiens qui ont sifflé la Marseillaise durant un match France-Tunisie en octobre 2008. Voici d’abord les propos de Jean-Marie Le Pen, qui était encore à l’époque président du FN :

« ces Français qui sifflent l'hymne national prouvent qu'ils ne sont que des Français de papier, et que l'intégration de masses étrangères à notre culture est un échec parce que c'est une utopie. »

 (Source : le site du Nouvel Observateur)

Au même moment ou presque, un conseiller régional du Front National explicite les propos de son chef :

« L’attitude révoltante et indigne des supporters originaires du Maghreb, lors du match France-Tunisie, démontre une fois de plus que, pour beaucoup, tout ce qui symbolise la France ne mérite que haine et mépris.

La Marseillaise est sifflée par beaucoup de ceux qui viennent chez nous profiter de toutes les aides sociales, de l’accès aux soins médicaux, de nos écoles, de nos crèches, des emplois, du RMI, du chômage, etc.…, et qui refusent nos mœurs, notre culture, nos valeurs et notre histoire.

L’intégration de ces masses et leur assimilation paraissent donc totalement et définitivement impossibles.

(Source : le blog de Pascal ERRE – Conseiller régional FN et secrétaire départemental du FN dans la Marne)

Que trouve-t-on dans les propos de Jean-Marie Le Pen et de Pascal Erre ? Une pensée apparemment cohérente, mais en fait fort peu rationnelle, et c’est pourquoi je prétends qu’elle est xénophobe. Ce qu’il y a de critiquable, c’est d’abord le passage du particulier au général. À partir de quelques supporters imbéciles, MM. Le Pen et Erre passent sans crier gare à la stigmatisation de « masses » entières.

Ensuite, on trouve l’idée que l’intégration et l’assimilation de ces masses sont « définitivement impossibles ». Cela n’est pas du racisme, mais cela y ressemble un peu. Ce qui est affirmé ici, c’est que chaque ethnie est un monde parfaitement clos, étanche, incommunicable avec les autres. On naît dans une culture maghrébine, on y restera toute sa vie.

Enfin, le discours frontiste cherche à tout expliquer par les différences ethniques, au détriment d’analyses sociales et économiques. De ce point de vue, le texte de M. Erre est particulièrement savoureux : « ceux qui viennent chez nous profiter de toutes les aides sociales, de l’accès aux soins médicaux, de nos écoles, de nos crèches, des emplois, du RMI, du chômage, etc. » Passons sur le fait que beaucoup des gens dont il parle ne sont pas « venus chez nous » mais y sont nés. Ce qui me frappe, ici, c’est que M. Erre considère comme une faveur extraordinaire de recevoir le RMI ou les indemnités de chômage. La société française ferait tout ce qui est en son pouvoir pour intégrer les étrangers ou enfants d’étrangers, puisqu’elle leur donne de quoi survivre.

Contre cette analyse, on pourrait objecter que le travail, dans notre société, est le principal facteur d’intégration. On peut ou non le regretter, mais c’est un fait. Aussi des gens qui sont particulièrement frappés par le chômage sont-ils en droit de penser qu’on ne fait pas tout ce qu’il faut pour les intégrer. Et que ces gens soient ou non « français de souche » n’a pas grande importance. Car l’intégration n’est pas seulement culturelle ou ethnique : elle est aussi, voire d’abord, sociale et économique. Or, il se trouve que les « Maghrébins » – les immigrés du Maghreb plus leurs enfants et petits-enfants – sont particulièrement touchés par le chômage et par la relégation dans des banlieues pauvres. Que certains d’entre eux aient de la rancœur contre la République n’est donc pas très étonnant, même si par ailleurs ils ont la nationalité française. C’est d’autant moins étonnant que ces gens sont continuellement en butte à des discriminations, et pas seulement par rapport à l’emploi : les contrôles de police au faciès en témoignent.

Encore une fois, je ne prétends pas justifier le fait qu’on siffle la Marseillaise : c’est une réaction stupide, et qui ne peut d’ailleurs que porter préjudice aux Franco-maghrébins. Seulement, vouloir expliquer cette réaction par l’appartenance ethnique est un peu court, pour ne pas dire inexact.

La double nationalité

Pour illustrer la xénophobie frontiste, je prendrai un deuxième et dernier exemple : celui de la pétition contre la double nationalité. Voici le texte de cette pétition, tel qu’on peut le trouver sur le site du front national :

 Double nationalité : le Front National demande sa suppression

« L’explosion du chiffre des binationaux pose aujourd’hui des problèmes dont les Français sont de plus en plus conscients. La multiplicité des appartenances à d’autres nations contribue aujourd’hui, et d’une manière de plus en plus préoccupante, à affaiblir chez nos compatriotes l’acceptation d’une communauté de destin, et par là-même à miner les fondements de l’action de l’Etat.

Nombre de français ont ainsi été choqués du fait qu’un ministre français soit à la fois tunisien et français, surtout lorsque ce ministre déclare, en pleine répression « bénaliste », que : « dire que la Tunisie est une dictature univoque me semble exagéré ». N’y a-t-il pas dans ces circonstances un risque de collision entre des intérêts nationaux divergents ?

Dans l’intérêt de la France et des autres nations, il est nécessaire d’engager une démarche authentiquement républicaine en mettant fin à la double nationalité, et de demander à chacun de nos compatriotes placés dans cette situation, de choisir son allégeance : la France, ou un autre pays.

Devant l’inaction du chef de l’Etat et du gouvernement, nous nous devons de porter haut er fort les aspirations du peuple français, qui n’est pas réellement représenté à l’Assemblée Nationale. Exigez avec le Front National, grâce à cette pétition, l’abolition de la double nationalité, dont les ravages ne sont plus à démontrer ! »

Passons sur les quelques coquilles de ce texte et venons-en au fond. Le Front National prétend que les ravages de la double nationalité « ne sont plus à démontrer ». C’est souvent ce qu’on dit qu’on est incapable de fournir une démonstration. On peut d’abord faire remarquer qu’un pays n’est jamais complètement clos sur lui-même. S’il y a une communauté de destin entre les membres d’un même État, il y en a également une entre des États différents, surtout s’ils sont liés par l’histoire ou par la proximité géographique, comme c’est le cas de la France et des pays du Maghreb. À moins de considérer que la rivalité ou la guerre sont les seules relations normales entre deux États, on ne peut que se réjouir du fait qu’un certain nombre de Français aient la double nationalité. Cela pourrait en effet être un facteur de paix entre la France et d’autres pays – encore faudrait-il que ces Français ne soient pas stigmatisés…

Bien entendu, les intérêts de la France peuvent diverger de ceux d’un autre État. C’est le cas – ou du moins ce devrait l’être – lorsque cet État a un régime dictatorial, comme la Tunisie de Ben Ali. Encore faut-il se demander de quoi l’on parle lorsqu’on critique un État : s’agit-il de la population dans son ensemble, ou des gens qui prétendent la représenter ? Dans le cas de la Tunisie, il y avait sans doute une opposition entre les intérêts des Français – majoritairement démocrates – et ceux de Ben Ali. Mais je ne suis pas sûr qu’il y avait une opposition entre le peuple tunisien et le peuple français. En tout cas, il n’y en avait certainement pas entre les classes dirigeantes française et tunisienne.

L’exemple donné par le texte de la pétition est d’ailleurs très significatif à cet égard. Car si le ministre en question – Frédéric Mitterrand – était si complaisant envers la dictature de Ben Ali, ce n’est pas du tout parce qu’il avait la double nationalité : c’est au contraire, selon toute vraisemblance, parce qu’il était un bon ami du régime qu’il a obtenu la double nationalité. Ce qui est en jeu ici, ce n’est pas une « collision » entre des intérêts divergents – comme le dit plaisamment le Front National – mais bien une collusion entre des oligarques convergents. Il en va tout autrement de la plupart des Franco-tunisiens, ceux qui n’ont pas reçu leur nationalité tunisienne des mains de Ben Ali : gageons qu’ils ont été dès le départ du côté de la révolution démocratique.

Qui sont les vrais ennemis de la république ?

L’exemple de Frédéric Mitterrand illustre bien ma thèse : ce qui menace l’unité d’une société, c’est moins la multiplicité des origines ethniques que les rapports de domination qui la traversent. Toute société, même la plus égalitaire, connaît des conflits internes. Mais ces conflits sont particulièrement exacerbés dans une société inégalitaire, surtout si – comme c’est le cas de la France – elle est pénétrée d’une idéologie égalitaire. Nous sommes censés vivre en république, c’est-à-dire dans un régime où l’intérêt public l’emporte sur les intérêts particuliers, un régime où les privilèges de castes ou de classes n’existent plus. Mais la réalité dément tous les jours cet idéal. Dans notre société structurée comme une pyramide, la chose publique est plus un mot qu’une réalité : chaque couche sociale songe à ses intérêts particuliers et a tendance à considérer les autres comme dangereuses. On déteste ceux qui sont plus favorisés économiquement, socialement ou culturellement. On craint ceux qui sont moins favorisés, parce qu’on les considère comme des rivaux ou comme des révolutionnaires en puissance. Parfois même, on va jusqu’à envier, en estimant qu’ils sont encore trop bien lotis, les « bénéficiaires » du RSA. Bref, les ennemis de la République ne se réduisent pas une catégorie unique. Ce n’est pas seulement la petite poignée des oligarques qui est en cause : les rapports de domination ou de rivalité sont partout, y compris dans les classes populaires.

C’est donc tout le système économique et politique qu’il faudrait changer, si l’on voulait vraiment établir un régime républicain. Mais le veut-on vraiment ? Un tel changement est malaisé à mettre en œuvre. Il est tellement plus facile de masquer le problème des inégalités sociales par des discours démagogiques.

De ce point de vue, le Front National ne me paraît pas fondamentalement différent de l’UMP ou du PS. Malgré ses nouvelles orientations économiques, il cherche à rassembler en une unité factice des gens qui n’ont pas du tout les mêmes intérêts. D’où le recours à un bouc émissaire : l’étranger, l’inassimilable, l’ennemi de l’intérieur. Faute de pouvoir proposer une société vraiment égalitaire, le FN détourne toutes les rancœurs sur un commun repoussoir. Là où le PS tente de rassembler les électeurs autour des bons sentiments (promotion d’une société du « care »), le FN – copié par l’UMP – tire sa force de la peur et du ressentiment. Dans tous les cas, l’analyse rationnelle laisse la place à des réflexes infantiles. L’ordre établi, dirait-on, a encore de beaux jours devant lui.


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70 réactions à cet article    


  • max62 14 juillet 2011 16:16

    Toujours dans le procès d’intention et la petite rhétorique de gauche , toujours la même , donc sans intérêt. 


    • Jordi Grau J. GRAU 14 juillet 2011 18:21

      Loin de me contenter de faire un procès d’intention, je donne des arguments. S’ils ne vous satisfont pas, proposez des objections. Sinon, c’est votre commentaire qui est sans intérêt.


    • non667 15 juillet 2011 11:18

      à j grau
      d’après votre logique si vous aimez votre femme (ou votre homme smiley  smiley ) vous haïssez toutes les autres !
      le pen a clairement défini ses affinités : d abord ses enfants ensuite sa famille ,ses proches , ses voisins , les français , les étrangers francophones etc....
      sauf pour les mazo cette hiérarchisation est on ne peut plus naturelle !
      le pen a crée un parti qui clairement porte bien son nom front NATIONAL qui contient tout un programme ou l’intérêt de tous les français est prioritaire . ( démocrate ou républicain ne distingue rien dans la mesure ou tout les partis actuel le sont . oui même le fn qui depuis plus de 40 ans respecte les élections même si elles ne lui sont pas favorable (sinon y aurait pas de mérite !).
      votre discours est une embrouille du politiquement correct c’est à dire pro umpseelvmodem mondialo libero capitaliste
      à vomir .


    • JL JL 15 juillet 2011 11:29

      « le pen a clairement défini ses affinités : d abord ses enfants ensuite sa famille ,ses proches , ses voisins , les français , les étrangers francophones etc....
      sauf pour les mazo cette hiérarchisation est on ne peut plus naturelle ! » (non667)

      Vous ne trouvez pas ça un peu incestueux quelque part ?


    • ffi ffi 14 juillet 2011 18:41

      ce qui menace l’unité d’une société, c’est moins la multiplicité des origines ethniques

      Quid du Soudan, de la Yougoslavie, du Liban, du Rwanda... ?
      Les exemples historiques ne manquent pas.


      • Jordi Grau J. GRAU 15 juillet 2011 10:06

        Je ne prétends pas que les conflits ethniques n’existent pas, bien entendu. Je dis seulement que la plupart des conflits internes à une société sont surtout liés à des problèmes de répartition des pouvoirs et des richesses plus qu’à des problèmes ethniques. Par ailleurs, il peut se faire qu’il y ait un mélange des deux, voire que des différences sociales soient ethnicisées, et parfois racialisées.

        L’exemple du Rwanda est assez intéressant à cet égard. Un petit bouquin de Dominique Franche (Rwanda - Généalogie d’un génocide) explique que les Hutus et les Tutsis, à l’origine, ne constituent pas deux ethnies, mais deux groupes sociaux, qui ne se distinguent ni par la langue ni par la religion. Ce sont les colonisateurs, allemands puis belges , qui vont voir en ces deux groupes deux races différentes. Les Tutsis étant statistiquement plus élancés et plus grands que les Hutus, vont être déclarés supérieurs, et c’est dans leur rang que les administrateurs coloniaux vont sélectionner l’élite indigène. D’où cette légende que les Tutsis seraient une sorte de corps étranger dans la société rwandaise, d’où aussi une vieille rancoeur des Hutus à leur égard.


      • Cro Magnon Cro Magnon 14 juillet 2011 18:44

        L’étranger n’a jamais été là pour être intégré mais pour faire baisser nos salaires ! Et ce, depuis les dernières guerres et la construction de l’Europe !
        http://www.dailymotion.com/video/x6s90y_europe-mythe-et-realites_news
        Qui a-t-il de si étonnant qu’une majorité de français ne soient pas d’accord avec l’impérialisme et l’asservissement ?


        • Jordi Grau J. GRAU 15 juillet 2011 10:14

          Que l’immigration soit utilisée comme une arme pour faire baisser les salaires, j’en suis d’accord. Mais cela ne fait en rien des immigrés (ou fils d’immigrés) des gens inassimilables. L’adversaire véritable, ce n’est pas eux : ce sont ceux qui ont le pouvoir économique (Medef, entre autres), et qui s’amusent beaucoup à attiser les divisions des travailleurs. L’hostilité à l’égard des étrangers qui nous piquent nos emplois est très comparable à celle qui est subie par les intérimaires dans les entreprises. Dans les deux cas, on s’en prend à des individus qui font ce qui peuvent pour vivre au lieu de mettre en question le système.


        • minidou 15 juillet 2011 11:13

          Vous soulevez un point de vue intéressant sur l’immigration qui n’est jamais soulevé par le FN, qui malgré son récent virage « social », reste proche d’une idéologie corporatiste pro-patronnale...Les coût et bénéfices de l’immigration...De nombreux économistes ont souligné, avec raison, que les gains, en terme de croissance, de fiscalité, de natalité, sont supérieurs au coût, en termes de prestation sociales, d’éducation, etc... Le FN se contente de nier ces travaux, tout en étant pas capable de citer des travaux conduisant à des conclusions inverses, car ils n’existent pas, et se contente d’une présentation biaisée qui met en valeur les coûts, tout en niant les gains (comme si auxcun immigré ne payait d’impôts...).
          Cependant si on regarde de plus près cette analyse coût avantage, il devient nécessaire de se poser la question sociale suivante : qui empoche les gains, qui assume les coûts ?
          Et là on voit tout de suite que les gains sont nettement du coté patronnal (pression à la baisse sur les salaires, un marché qui croit avec les nouveaux arrivants, plus de croissance donc plus de profits...), et les coûts du coté de l’état et des travailleurs déjà présents, immigrés anciens compris (pression sur les salaires, coût sociaux qui se traduisent soit par plus d’impôts soit par moins de prestations, etc...).
          On le voit, la question de l’immigration n’est pas neutre, mais se résume avant tout à une question sociale. Ce qui explique l’inclinaison de la classe ouvrière vers ce parti (classe qui vote toutefois majoritairement à gauche). Ce qui montre aussi à quel point le FN est antisocial, préférant jouer du rejet de l’immigration sur des pretexte ethniques ou culturels, que de mettre en avant cette question sociale trop loin de ses fondamentaux.


        • minidou 15 juillet 2011 14:33

          @ Marc Gelone
          Vous dites que des chiffres existent, mais on ne les a jamais vu...
          Vous dites que les Français n’en veulent pas comme voisin et collègues de travail...Quel énorme prétention que de parler au nom des « Français » (« ...desouche », j’imagine), et quel énorme imbécilité de ne voir ceux-ci que comme un tout monolithique...
          Pour répondre sur le fond vous n’avez pas compris mon message...En distingant cout et gain, et en distingant bénéficiaire et contributeurs, j’explique qu’un rejet de l’immigration n’est pas forcement immoral ou raciste, mais peut s’expliquer par une certaine rationnalité sociale.
          La France est un pays plutôt moins raciste que les autres pays, les immigrés en France sont plutôt mieux intégrés que dans d’autres pays (de nombreux travaux universitaires en témoignent notamment ceux d’E.Todd sur la proportion de mariage mixtes immigrés-locaux)...
          Et que donc à ne voir dans ce rejet, qu’un racisme de bas étage, n’est qu’une vaste incompréhension du peuple français, hormis la frange d’environ 10% d’extrême droite (dont j’imagine que vous faites partie) qui a toujours existé dans notre pays.
          La démagogie anti-islam de l’UMP-FN, autant que les bêlements anti-raciste de la gauche libérale sont autant à coté de la plaque l’un que l’autre...


        • minidou 15 juillet 2011 15:34

          Vous semblez me demander de citer mes sources pour mettre en doute mon propos sans jamais réagir sur le fond de mes arguments.
          Plutôt que de vous céder, je devrais vous demander quels sont vos arguments et sur quels chiffres vous vous appuyez, mais je ne suis pas vache, et cela prouve au fond que mon raisonnement est supérieur au votre..
          Sur les parcours d’immigration et la mixité : j’ai cité Todd, aller donc chercher un peu par vous même l’article ça ne devrait pas vous faire de mal...
          Sur les nombreux économistes, je peux vous citer quelques études qui font foi dans le domaine de la relation immigration, croissance et rémunération : Borjas (2003), Borjas Freedman Katz (1997), et j’en ai d’autre sous le coude...Par contre vous voudrez bien vous débrouiller pour trouver les articles, au pire inscrivez vous en sciences éco à la fac...


        • minidou 15 juillet 2011 15:45

          C marrant, personne de demande à Calmos de citer la sources de « 80% d’entre eux... »...Pourquoi ?
          Au fond tout le monde sait que l’extrême droite n’a pas d’argument rationnels, que de la réaction et du fantasme...
          Ce qui rend encore plus cocasse leur prétention à exiger des autres points de vue une caution scientifique ...


        • minidou 15 juillet 2011 16:54

          Ca tourne en rond...cette fois vous me citez des noms ronflants, sans citer d’articles ou d’études, « Maurice Allais à dit », et Jacques il a dit quoi ?
          Tout ce que vous montrez c’est votre capacité à aller sur google et wikipedia...Moi je vous ai cité des études ou articles, qui existe, qui sont consultables...Et vous me dites qu’ils n’existent pas ..Tout simplement car vous ne les avez pas trouvé sur Wikipedia...Outil superbe, mais insuffisant !
          Cependant citer des études qui se contredisent est banal en particulier en économie, donc chercher à argumenter dans ce sens est vain (genre mon étude est plus grosse que la tienne). 
          Je remarque que vous n’avez toujours pas argumenté sur le fond de mon propos (vous ergotez sur le fait que les coût / gains puisse avoir un solde positif ou négatif...)...
          Mais pas sur le fait que les gens comme vous (les obsédés de l’islam, il suffit de voir les commentaires et articles dont vous êtes l’auteur) se trompent en pensant que le rejet de l’immigration a une source raciste et/ou culturelle, plus que sociale...
          Au fond vous enragez de voir que ce pays n’est pas à votre image..


        • minidou 15 juillet 2011 17:00

          Votre rage vous emporte mon cher ! Relisez moi avec plus d’application si cela vous est possible... Je n’ai pas cité Todd en tant qu’economiste sur les cout/ avantages de l’immigration, mais en tant que sociologue et démographe sur le taux d’endogamie des communautés immigrées comme indicateur d’intégration...Si vous dites qu’il n’a jamais écrit là dessus, vous vous décridibiliserez jusqu’à la 12è génération...
          A ce propos son interview de cette semaine en réponse à Marine Lepen est édifiant ...


        • minidou 15 juillet 2011 17:08

          Petit commentaire sur vos sources : mettre sur un pied d’égalité le grand Maurice Allais avec un banquier réactionnaire prof à Assas peu connu sur le plan académique, et une sombre association poujadiste, me laisse réveur sur votre connaissance de l’économie...


        • minidou 18 juillet 2011 11:56

          lol ! Des majuscules n’ont jamais remplacé un argument serieux...Au plaisir de vos ennerver à nouveau... ;)


        • Cro Magnon Cro Magnon 14 juillet 2011 20:57

          Non seulement une majorité de français n’est pas prête à payer pour cela, mais elle n’a pas besoin des émigrés ! Ce sont les capitalistes, libéralistes et ultra libéralistes qui ont besoin d’eux pour s’enrichir et nous démunir (même nous piller, n’ayons pas peur des mots).
          Les mots xénophobie et racisme sont employés à tout bout de champ par ceux-là même qui n’hésitent pas à exploiter la misère de ceux dont ils font semblant de s’émouvoir sur le sort et de surcroit ne répugnent pas à faire une véritable hold-up sur notre peuple !! C’est le monde à l’envers !
          Mais il ne faut pas compter sur les politiques pour le remettre à l’endroit ! Seulement sur nous et notre volonté d’en finir avec les avides de tout poils !


        • wesson wesson 15 juillet 2011 03:30

          "Il est stupide - ou alors profondément malhonnête - de parler de xénophobie à propos du refus de laisser submerger l’Europe par les surplus de population des pays faillis du tiers monde.« 

          Aussi stupide et malhonnête que d’évoquer une »submersion" en ce qui concerne les quelques dizaines de milliers qui arrivent actuellement en Europe, et qui ne représentent rien à l’échelle du continent.

          Début de la dictature en Espagne, et plusieurs centaines de milliers d’espagnols fuyant le régime qui se sont retrouvés en France. Fin de la dictature au Portugal, c’est 800.000 Portugais que la France a accueilli. On se fait foutre dehors d’Algérie, c’est pas loin du millions d’algériens, pieds-noirs, harkis etc etc qui débarquent. A ces époques là vous auriez pu à la rigueur parler de submersion, et d’ailleurs certains ne se sont pas privés de la faire (il suffit de lire la presse du début du 20ème siècle sur les Italiens pour comprendre qu’ils n’étaient pas forcément les bienvenus ...)

          Mais là par contre vous nous amusez avec 25000 tunisiens et tout ça pour l’Europe, un ensemble qui comprends pas loin d’un demi milliards de personnes ! Du flan !!!!


        • Jordi Grau J. GRAU 15 juillet 2011 10:26

          Les poches de sous-développement et les nouveaux bidonvilles ne sont pas dûs aux immigrés mais à une mauvaise répartition des richesses et du travail. Il est honteux que les pays européens, qui sont extrêmement riches, n’offrent pas à chacun un emploi décent et un logement décent. Les étrangers ne sont d’ailleurs pas les seules victimes de la pauvreté. Et le fait qu’ils le soient davantage ne prouve en aucune manière qu’ils soient inassimilable et incapables de participer à la production de richesses dans leur pays d’accueil. L’histoire l’a d’ailleurs montré : quand il y a une offre importante de travail, les immigrés participent de façon constructive à l’économie.

          Quant à la question des impôts, je réponds deux choses :

          - ce n’est pas d’abord au moment de l’imposition qu’il faut corriger la répartition des richesses, mais à la source, c’est-à-dire au niveau de l’entreprise. Il faut faire en sorte que le travail soit mieux réparti, d’une part, et que la valeur ajoutée des entreprises soit partagée plus équitablement.
          - le système d’imposition actuel favorise d’abord les plus riches. Ce sont eux les véritables assistés, dans notre société. Le FN semble d’ailleurs avoir pris conscience de ce problème, puisqu’il réclame une généralisation du principe de la progressivité de l’impôt. Est-il sincère quand il propose cela, j’ai quelques doutes, mais son discours est sensé sur ce point-là.


        • non667 15 juillet 2011 11:31

          à wesson
          quelques dizaines de milliers qui arrivent actuellement en Europe,

          il y à 188200 immigrés légaux en france (2010) ( soit une ville comme bordeaux ,montpellier ,ou saint étienne ! ) qui arrivent chaque année les mains dans les poches et qu’il faut loger (centre des grandes villes s’il vous plait , pas chez les bouseux ! ) employer rmiser !
          sans compter les clandestins !
          qu’avons nous fait pour être condamné aux tonneaux des danaïdes ?  
          et air algérie qui fait grève via alger au lieu de faire grève pour leur retour ! smiley


        • LE CHAT LE CHAT 14 juillet 2011 22:42

          si le sillon de Marine est étrange , le tien de disque est rayé !


          • Le péripate Le péripate 15 juillet 2011 00:06

            Est-ce que quelqu’un a déjà vu un rapport de domination en vrai ?


            • Jordi Grau J. GRAU 15 juillet 2011 10:30

              Quand une entreprise qui se porte bien licencie des centaines de gens pour complaire aux actionnaires, je vois là un rapport de domination. Et ça se passe « en vrai ».

              Sinon, mon prochain article parlera d’un cas plus concret : celui d’une famille d’éleveurs poussée sournoisement par la municipalité à abandonner ses terres, sans doute pour permettre une opération immobilière.


            • Le péripate Le péripate 15 juillet 2011 11:21

              Ah. Et quand elle embauche, toujours pour plaire aux actionnaires, c’est un rapport de quoi ?

              Vous baignez en plein messmerisme. Le fluide « rapport de domination » qui nous baignerait comme un éther.
              Amha, du grand n’importe quoi.


            • JL JL 15 juillet 2011 11:33

               « quand elle embauche, toujours pour plaire aux actionnaires, c’est un rapport de quoi ?  » (péripate)

              Ben, un rapport de force aussi, naturellement, puisque le taux de chômage et la nécéssité de travailler pour survivre jouent en faveur du capital !

              Pfff ! Faut tout lui dire à celui-là !


            • JL JL 15 juillet 2011 11:35

              J’ajoute que c’est à ça que sert le capital, et maintenant la dette : conserver le rapport de force en l’état, afin que les possédants conservent le pouvoir.

              C’est une question de peur : peur de perdre leurs sous pour les uns, de perdre son emploi pour les autres : plus le rapport de force est en faveur du capital, et plus la peur est dans le camp des dépossédés.


            • Le péripate Le péripate 15 juillet 2011 11:40

              Ben oui, pour les étatistes, tout est rapport de force. C’est logique, puisque l’état est le monopole de la violence.
              Ce qui revient à tout voir sous l’angle totalisant du rapport de force, ou de domination, enfin pour dire les choses d’exercice de la violence. D’ailleurs l’ensemble du vocabulaire étatiste est rempli de ces notions. Ainsi la solidarité, version totalitaire de la générosité, implique que la société soit d’un seul bloc, ce qui ne peut s’obtenir que par la force.
              Il y a bien une trame de violence qui tisse ses métastases dans la société, c’est l’État.


            • JL JL 15 juillet 2011 11:50

              péripate,

              tout n’est pas blanc ou noir, et c’est montrer son esprit binaire que d’argumenter comme vous le faites : entre l’anarchie d’un coyté et l’Etat totalitaire de l’autre, il y a l’Etat démocratique. Et c’est ce que le peuple cherche. Et c’est ce que les prédateurs refusent.

              Vous parlez d’Etat totalitaire ? Que font les banksters avec le poids de la dette, poids qu’ils n’ont eu de cesse d’alourdir, ce que va encore accepter Obama avant le 2 août, sous la menace terroriste des marchés ?

              Le totalitarisme aujourd’hui, c’est celui que la finance internationale fait peser sur les nations occidentales, celles qui possèdent encore un patrimoine qui rend fous d’impatience les drogués de fric et de pouvoir, et qui n’en auront jamais assez !


            • Le péripate Le péripate 15 juillet 2011 11:58

              Tttt. pas de digression futile, svp. Il n’était question que d’examiner l’existence éventuelle de « rapports de domination »`. J’ai juste indiqué le lieu social de la domination, qui est l’état. Point à la ligne.


            • ZEN ZEN 15 juillet 2011 12:08

              L’Etat a le monopole de la violence légitime (!) (Max Weber)
              Encore faut-il parler de l’Etat républicain
              Il ne faut pas déformer ses sources, péripate,, et ne pas lire Weber avec les lunettes de Hayek
              La solidarité comme oppression ?
              Voilà bien de l’individualisme libertarien pur jus... smiley


            • JL JL 15 juillet 2011 12:32

              A propos d’individualisme,

              le copain de péripate, Alain Gérad Slama, grand spécialiste en vessies qu’il veut nous faire prendre pour des lanternes, en a inventée une belle : « l’individualisme républicain » !


              http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/l-etrange-sillon-de-madame-le-pen-97456#forum2981944 


            • Le péripate Le péripate 15 juillet 2011 12:50

              Je ne suis pas plus copain avec Slama que vous avec Bernard Maris ou Carla Bruni, du moins à ce que je sais.
              Pourriez-vous rester sur le terrain de l’intelligence et du dialogue ? Ou c’est trop forcer votre nature ?

              Solidaire vient du terme juridique in solidum, qui a le sens de « pour le tout ». On désigne ainsi par exemple des débiteurs solidaires.
              Ce n’est qu’au 19eme qu’il trouvera le sens d’une philosophie morale, le solidarisme, avec l’incontournable Hugo.
              Ce n’est pas un jugement de valeur de constater que la solidarité est obligatoire alors que la générosité est optionnelle.
              D’ailleurs j’ai souvent remarqué que les radins étaient les plus empressés des solidaires. Ce n’est pas un hasard.
              Bon, on s’en fout ce n’est pas le sujet.


            • JL JL 15 juillet 2011 13:01

              Ah !? Je croyais vous faire plaisir, à l’un et à l’autre, qui avez les mêmes lectures, et les mêmes « lectures ».

              Pour la suite de votre post : je vous rappelle que c’est vous-même qui avez écrit ci-dessus : « pas de digressions futile ». On le voit, vous manquez singulièrement de suite dans les idées.

              Oui, je sais, vous allez encore me demander de rester sur le terrain du dialogue ! Et moi je dis que c’est vous qui en sortez, par vos bottages en touche récurrents, vos digressions idéologiques et vos jérémiades.

              Désolé péripate : ce n’est pas vous faire insulte de dire qu’il est impossible de discuter avec quelqu’un qui fuit les bonnes questions comme la peste : on ne peut que tenter de le « corriger ».


            • JL JL 15 juillet 2011 13:51

              Marc Gelone,

              il y a ça aussi : « Yves Déloye, Les voix de Dieu. Pour une autre histoire du suffrage électoral : le clergé catholique français et le vote. XIXe-XXe siècle, Paris, Fayard, 2006, 410 p. ISBN : 2-213-62278-7. 28 euros. »

              Blague à part, ce n’est pas parce qu’un auteur a commis un essai sur ce concept, disons plutôt, oxymore, que cette expression serait recevable.

              Je ne « balance » pas, j’ai entendu récemment Slama utiliser cet oxymore inoui ( jamais encore oui¨ !) devant quelques autres chroniqueurs de FQ sans qu’aucun d’eux ne ragisse.

              Maintenant, j’avoue mon ignorance de ce que ce monsieur Yves Deloye a écrit à ce sujet, et aussi de ce que AGS veut en faire. Mais, connaissant le personnage, je crains le pire.


            • Le péripate Le péripate 15 juillet 2011 15:21

              Je ne vois pas pourquoi je n’aurais pas droit aussi aux digressions, ou du plaisir de souligner que j’ai affaire à des interlocuteurs qui ont avalisé des années durant la propagande soviétique et qui l’ont même enseigné à nos enfants, ce qui ne manque pas de saveur.

              Bon, moi je veux bien prendre au sérieux une théorie des rapports de domination, mais je note que la violence étatique en est absente et que ce sont les rapports d’échange qui sont qualifiés de rapport de domination. Même si toutes les interventions de l’état ne sont pas violentes et même si tous les échanges ne sont pas honnêtes, les prémisses de cette théorie me semblent absolument contraire aux faits observables.

              Et c’est pourquoi je demande que l’on me montre un rapport de domination, et la réponse est : tout est rapport de domination.

              Excusez-moi de pouffer.

               smiley


            • fred74 fred74 15 juillet 2011 00:16

              Bonjour l’auteur,

              Votre article est bien gentil, mais il y manque singulièrement honnêteté. Il existe des documentaires trés bien réalisé sur l’évolution de l’homme depuis la nuit des temps, sans aucune pensée partisane contrairement à votre intervention qui est elle, bien orientée.
              ON peu y apprendre des choses vraiment intéressante, notamment les vagues d’immigrations ayant lieux pendant des siècles, et ceux dans le but de trouver de nouveaux territoire et nourriture etc etc...
              Les guerres de religions ne sont pas nouvelles, elles existes encore dans bien des pays.
              Le FN, n’invente rien en fait, il est dans la nature humaine de se rapprocher de ces racines, sa culture. Chaque individu vie dans sa propre communauté, de temps à autre nous faisons des incursions dans celle des autres.
              Ce que le FN dénonce est le déni de réalité, qui entre nous est aussi le votre, notre culture n’est pas la leur....point c’est tout....même si dans un passé lointain nous nous sommes retrouvés en partis de culture musulman, mais cette période est belle et bien révolu.
              Peut ton en vouloir aux citoyens de ce pays de vouloir être tranquille sans que l’on vienne leur dire comment ils doivent penser.
              Aucune stigmatisation, un peu comme le mot xénophobe, facile d’emploi .
               
               


              • Jordi Grau J. GRAU 15 juillet 2011 10:49

                Bien sûr, que mon article est orienté. Toute pensée est orientée, la vôtre comme la mienne. Je veux dire par là qu’il est impossible d’être vraiment neutre : tôt ou tard, on prend parti. Ce n’est pas pour autant que je suis malhonnête. D’ailleurs, je ne mets pas en cause votre sincérité. J’aimerais que vous ayez la même attitude à mon égard.

                Ensuite, vous me reprochez un déni de réalité. Je pense que vous avez mal compris mon article. Peut-être n’ai-je pas été assez clair. Je ne nie aucunement qu’il y ait des différences culturelles, ni même que ces différences soient souvent sources de conflit. Ce que je critique, dans le FN, c’est de monter en épingle ces différences et de vouloir expliquer par là des phénomènes qui peuvent s’expliquer bien mieux autrement. Par exemple, si des enfants d’immigrés maghrébins sifflent la Marseillaise ou disent qu’ils « niquent la France » alors même qu’ils ont la nationalité française, je ne vois pas là le signe d’une différence culturelle. En réalité, ils agissent exactement de la même manière que les racistes ou les xénophobes qui les traitent de sales Arabes. Chaque racisme ou chaque xénophobie est le reflet de l’autre. Rien ne ressemble plus à un xénophobe qu’un autre xénophobe.

                L’exemple des guerres de religion est intéressant de ce point de vue. Les protestants, au départ, sont de culture catholique. Luther est même un moine. Et c’est au nom de leur culture chrétienne, au nom d’un retour à l’authenticité, qu’ils veulent réformer le christianisme. Les guerres de religion sont donc des guerres fratricides, entre des gens qui sont d’accord sur presque tout. De la même manière, je crois que les différences entre musulmans et non-musulmans sont exagérées et transformées en abîme insurmontable.

                Enfin, s’il y a déni de réalité, il est plutôt du côté du FN. Dans les années 90, Jean-Marie Le Pen disait « Je ne suis pas raciste » alors qu’il venait de déclarer (je cite de mémoire, mais vous pouvez trouver la référence dans mon article) : « Il y a une inégalité des races. C’est évident, toute l’histoire le montre. » Voilà un beau déni de réalité !! Eh bien, je crois que le FN fait la même chose aujourd’hui à propos de la xénophobie.


              • Annie 15 juillet 2011 10:35

                Je ne peux résister et reproduit cet extrait que j’ai déjà utilisé sur d’autres articles. La suite de l’intervention de Gérard Noiriel à l’Assemblée nationale est ici : 
                http://www.regards.fr/migrations/le-modele-francais-d-immigration

                Le mot « immigration », qui était pratiquement inconnu avant la IIIe République, s’impose brutalement dans le vocabulaire français à la suite d’un événement qui constitue à mes yeux le moment fondateur de toute l’histoire de l’immigration. Il s’agit de la première « chasse à l’immigré » qui a lieu à Marseille en juin 1881. Pendant près d’une semaine, les travailleurs italiens de la ville sont pourchassés parce que quelques uns d’entre eux ont sifflé la Marseillaise, lors du défilé des troupes qui ont imposé le protectorat français sur la Tunisie au détriment de l’Italie. (La Marseillaise était devenue l’hymne national l’année précédente, en 1880).


                • Jordi Grau J. GRAU 15 juillet 2011 10:57

                  Merci pour cette histoire, que j’ignorais. Je savais seulement que les Italiens ont, à une certaine époque, fait l’objet d’une haine au moins aussi féroce que celle dont pâtissent aujourd’hui les Maghrébins. Et aujourd’hui, on les considère comme parfaitement assimilés ou assimilables... Si le contexte économique changeait favorablement, je ne serais pas étonné qu’on découvre à quel point les Maghrébins sont proches des « Français de souche ».


                • latortue latortue 15 juillet 2011 10:48

                  Qui sont les vrais ennemis du peuple vous devriez dire,je l’ai déjà écrit, Que nous propose la droite et gauche réunis depuis plusieurs décennies, résultat de toutes ces années de cafouillage politique la dette s’envole dans des sommes hallucinantes et le chaumage idem regardez les courbes depuis dix ans et vous verrez ne parlons pas de la paupérisation de la société et de l’écart entre les hauts et bas salaires c’est du n’importe quoi L’Europe a plombé l’économie Française ,ruiné une gande partie de nos entreprises par la délocalisation, ruiné aussi notre protection social et j’en passe et des meilleurs alors je laisse droite et gauche confondue au placard et je vote FN ne vous en déplaise .et si vous parlez de démocratie en France il n’y en a pas voir simplement notre vote sur la constitution Européenne les politicards ce sont assis dessus ,regardez les votes au parlement Européen que ce soit droite gauche vert il vote des deux bras ce qui est mauvais pour nous , quand je dis nous c’est le peuple, par contre le FN vote contre bizarre hein ?? et la représentation du FN au parlement avec combien de député ???? si c’est ça la démocratie je migre dans les pays africains là au moins on sait a quoi s’attendre .Regardez donc quelle sont les fonctions Régalienne d’un état et vous comprendrez pourquoi tant de gens vote pour le FN .le reste binationnalité et autre racisme dont vous les descendeurs du FN faitent usages depuis des lustres ne tiennent plus . je voterais FN malgré que je sache que MLP ne sera pas présidente mais au moins elle verra que certain Français l’encouragent dans son engagement ,continuez donc a voter droite ou gauche et nous serons dans la même merde dans 20 ans BRAVO .

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Jordi Grau

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