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Accueil du site > Actualités > Politique > L’extrême gauche et la fabrication de néo-versaillais

L’extrême gauche et la fabrication de néo-versaillais

Les manifestations d'avant l'été contre la loi Travail dite El Khomery ont vu, une fois de plus, la répétition rituelle de l'opposition entre l'extrême-gauche, celle dite des "antifa", et plusieurs catégories de la population, bien rapidement classées d'extrême-droite par les premiers. Ainsi en a-t-il été - un exmple parmi d'autre - le 8 juin 2016 à Paris où un groupe d'antifa est allé chasser des "Veilleurs". À l'heure où le mouvement Nuit Debout tente de relancer la contestation, il semble important de se questionner sur la pertinence de telles actions dans le contexte incroyablement dégradé de la société française aujourd'hui.

Il faut dire que certains intellectuels qui se sont impliqués dans la contestation de cette loi n'ont pas fait dans la dentelle sur la question. Ainsi Frédéric Lordon, lors de son intervention à la Bourse du Travail le 20/04/2016, a-t-il encouragé l'épuration des manifestations de tout élément jugé fascisant par le service d'ordre « accueil et sérénité » (sic), mettant sur le même plan l'expulsion de M. Finkielkraut et celle d'individus dits « rouges-bruns » tentant de « s'infiltrer », selon ses termes. En fait d'« infiltrations », nous avons certainement affaire à des gens qui ne trouvent pas leur compte sur l'échiquier politique mais qui sont opposés à cette loi et veulent la combattre. Le terme « d'infiltration » renvoie lui plutôt à un plan organisé, mais alors par qui et en vue de quoi ? Mystère... Et M. Lordon de poursuivre « nous ne sommes pas amis avec tout le monde et nous n'apportons pas la paix. Nous n'avons aucun projet d'unanimité démocratique, nous avons même celui de contrarier sérieusement une ou deux personnes ». Dont acte.

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M. Frédéric Lordon devant M. François Ruffin à la Bourse du Travail

Mais enfin, n'y a-t-il pas là les ferments de l'échec du mouvement de contestation ? N'y a-t-il pas dans cette sédition sélective le germe de l'intolérance, de la confiscation de la contestation par certains ? Il est quand même ahurissant d’empêcher des gens de droite, même celle dite « extrême » 1, de manifester contre une loi issue d’un gouvernement socialiste ! Comment, après cela, défendre légitimement le droit de manifester ? comment prétendre être démocrate dans ces conditions ? Et surtout, et c’est là le point crucial qui dirigera cet article, cette attitude ne dissimule-t-elle pas la conviction que le mouvement n'ira pas loin ? Où nous mène la posture de M. Lordon ? Où nous mènent les opérations « coup de poing » contre des militants chrétiens qui viennent s'opposer à la loi Travail ? Où nous mène les expulsions d'individus dits « rouges-bruns » des manifestations ? Dans les bras de qui sont-ils alors jetés ?

 Il est de bon ton aujourd'hui quand on est de gauche de refuser le dialogue avec l'extrême-droite. Mais quelle prétention y a-t-il dans cette posture ? Celle de détenir la vérité ? Mais alors qu'est-ce que la vérité ? Il n'est bien sûr pas question d'affirmer ici qu'elle est une moyenne mais, pour se former, n'emprunte-t-elle pas aux diverses opinions qui se cristallisent sur un sujet ? Comment générer une intelligence collective dans ce refus du dialogue qui caractérise une partie de la gauche aujourd'hui ? Quand la vérité est un donné, sur quoi l'esprit peut-il se porter ? Comment faire naître de belles individualités quand on éteint ainsi la pensée ? Notre société en train de mourir de la norme et de la procédurisation de la vie. Mais cette conception absolutiste de la vérité ne porte-t-elle pas le sceau de la normalisation intégrale de la vie ? N’entraîne-t-elle pas l’extinction de toute curiosité, de toute vivacité intellectuelle ? Et est-il bon de mobiliser la jeunesse pour aller faire le poing contre ceux qui pensent différemment ? Pourquoi refuser tout dialogue ? La gauche a-t-elle à ce point raison sur tout ?

 Il y a actuellement toute une partie de la population qui échappe au discours de gauche, population qui va du monde ouvrier au prolétariat exclu des banlieues. Que fait-on avec cela ? On continue comme si de rien n’était et l’on s’impose comme devoir de « tenir une ligne politique d’une rigueur de fer, ce qui signifie ne prêter le flanc en rien à des associations douteuses » comme l’a dit Frédéric Lordon (voir cette vidéo, dont je ne connais pas l'auteur, vers 3:20 min)  ? On ne discute pas et on mène notre combat en espérant que l’on sera suffisamment nombreux pour l’emporter ? La population est complètement divisée, toute une frange fait le choix de l’extrême-droite et l’on nous dit que la seule chose à faire est de refouler ceux qui dialoguent. Pourtant ce dialogue avec ceux d’en face pourrait faire évoluer la pensée de gauche. Ainsi, peut-être Frédéric Lordon revisiterait-il ses dires, en particulier quand il affirme que « ce pays est ravagé par deux violences à grande échelle : la violence du capital et la violence identitaire raciste ». Ici, il met sur le même plan la cause et la conséquence. Or, quand on traite un symptôme comme une cause, on prend le risque de le voir ressortir sous une forme aggravée Ce discours-là est un discours d’incompréhension de ceux – les plus pauvres – qui vivent le plus durement les conséquences de la mondialisation de la société, où les oligarchies déplacent les peuples comme des pions, en les mettant en contact de façon à engendrer le conflit. Cela fait longtemps que la gauche refuse d’admettre que ce discours fait le jeu du Front National et s’entête à considérer la conséquence comme la cause. Avec quels résultats ? Même la population maghrébine des banlieues ne veut plus entendre parler de la gauche, même elle se retrouve à fricoter avec l’extrême-droite ! Et alors ? Continue-t-on à faire comme si de rien n’était ?

 Prenons l’exemple de la bien mal nommée « faschosphère ». On nous répète qu’il ne faut pas discuter avec le Diable. Mais à qui avons-nous affaire ? Sont-ce des monstres qui ont commis l’inacceptable ? Certains « classements » rangent Étienne Chouard dans cette catégorie sous prétexte qu’il a pour principe de dialoguer avec tout le monde, y compris l’extrême-droite. Mais alors qu’est-ce à dire ? Que la communication est interdite avec certaines strates de la population ? Pour quelle raison ? Parce qu’elle a tort ? Si tel est le cas, le mieux n’est-il pas justement de dialoguer avec un a priori favorable, en toute confiance, avec des gens qui, eux aussi, critique le système ? N’est-ce pas ainsi que l’on peut espérer générer une intelligence collective et populaire ? Il y a dans la volonté de « tenir une ligne politique d’une rigueur de fer  » un refus total de l’altérité, de ce qui est différent, de ce qui pense différemment, doublée d’un fantasme de destruction de l’Autre. Mais plus encore, qui décide de ce qui peut être entendu ou pas ? Qui décide de cette «  ligne politique d’une rigueur de fer » ? Quelle élite a ce pouvoir ? Et si nous sommes certains de détenir la vérité, alors pourquoi fuir le débat ? pourquoi l'empêcher ? Avons-nous peur d'être vaincu par la rhétorique de ceux dont nous sommes à ce point persuadés qu’ils ont tort ? Cette posture exhibe un manque total de confiance dans le peuple et tend à le transformer en bétail imbécile que l'on contrôle par des œillères tant on craint sa force ; elle tend à le transformer en population, c'est-à-dire en agrégat statistique sans identité autonome. N'est-ce pas là le meilleur moyen de créer une foule fasciste ? Quand une masse d'individus est tenue dans l'ignorance par ceux qui croit savoir (mais qui ne savent pas qu'ils croient), n'est-ce pas là que l'on voit apparaître la laideur ? du fait de la stupidité ainsi générée ? Essayons de faire preuve de lucidité : où nous mène cette attitude ? Que pouvons-nous dire de ses résultats ? Pouvons-nous considérer qu’elle tend à faire régresser la menace fasciste ? Sommes-nous satisfaits de la qualité des débats dans le mouvement social ? de l'intelligence collective qui y règne ?

  George Grosz : Les piliers de la société - 1926En réalité, tout a régressé exceptée la menace fasciste. D'ailleurs, la posture de ceux qui, à gauche, combattent les soi-disants fascistes est un désastre dans le sens où elle refuse l'idée que nous sommes déjà dans une société fasciste (c'est la raison pour laquelle M. Lordon ou encore M. François Ruffin sont encore invités dans les médias dominants). Le fascisme est une émanation totalitaire, (totalisante serait peut-être plus juste) du rapport social de domination que génère le capitalisme. La victoire des Alliés en 1945 n’a pas éteint cette configuration mais l’a, au contraire, généralisée en la condensant dans le mouvement que l’on nomme aujourd’hui « mondialisation ». Par conséquent, être réellement antifa aujourd'hui ne consiste pas à coller des affiches ou à jouer les gros bras face à des individus moins nombreux ou pacifiques (tels les Veilleurs) ou même à faire la chasse dans la rue à des dits « faschos » (comme cela semble avoir été le cas dans la triste affaire Méric) pour les empêcher de prendre le pouvoir. Il faut cesser ces enfantillages. La rue n'est pas le lieu où se tient le fascisme, où l'on peut le combattre. Pas dans l'immédiat en tout cas. Ce serait trop facile. Non, le fascisme est déjà au pouvoir : c'est l'oligarchie, c'est la bourgeoisie, celle qui se nomme elle-même « l'élite » 2. Elle tient les États occidentaux, au nombre desquels l'État français. Mais alors comment agir localement contre le fascisme ? Comment être antifa près de chez soi ? En s'attaquant aux relais locaux du fascisme. Quels sont ces relais ? C'est la notabilité locale. C'est là que les antifas devraient agir, contre la notabilité locale, c'est elle qui manipule localement, c'est elle qui exploite localement, qui rend les gens malheureux en les exploitant tout en subventionnant le club de foot ou de rugby pour calmer les esprits et se faire passer pour ce qu'elle n'est pas, c'est-à-dire pour un groupement de gens de bien. Mais là, bizarrement, il n'y a plus personne. Que les antifas aillent voir des match de rugby et ils verront le patronat local serrer la pogne au prolétariat, celui-là même qui vote majoritairement Front National depuis 30 ans. Ils verront des ouvriers exploités trinquer et taper sur l'épaule du patronat local qui fait leur malheur par les médiations compliquées et invisibles de la société du capitalisme de masse (c'est-à-dire le fascisme), patronat qui leur devient accessible et paraît comme eux à la buvette, après le match. Lui au moins ne les prend pas visiblement pour des abrutis et va même prendre un certain plaisir, qui ne semble d'ailleurs pas feint, à tchatcher avec eux.

 À l'inverse, quel visage présentent les antifas à ces gens ? Celui de l'intolérance, d’individus compliqués qui détiennent la vérité, des paternalistes qui ne partagent pas leur condition, qui veulent leur dire ce qu'il faut penser et comment il faut « être » (la notabilité locale, elle, ne va pas dire directement aux gens comment ils doivent se comporter dans leur vie privée. Elle se contente d'exploiter et de divertir. Exactement l’inverse du féminisme ou de la bienpensance de gauche qui veulent politiser le privé, ce qui, soit dit en passant, est un projet totalitaire).

 Mais plus encore, quelle société se profile derrière cette intolérance ? Les antifas se questionnent-ils sur ce que se dit un individu qui a voulu participer au mouvement de contestation contre la loi Travail et qui se fait éjecter sous le prétexte – fallacieux – qu'il essayait de « s'infiltrer » ? Une fois chez lui, quelles idées vont l'assaillir ? Va-t-il se dire qu'il a eu tort, qu'il a été très méchant et que ceux qui viennent de l'humilier ont raison ? Ou le fait de se sentir incompris va-t-il le jeter dans les bras d'une certaine extrême-droite, fasciste celle-là (ce qui n'est pas le cas de toutes les extrême-droites), qui va l'accueillir à bras ouverts ? Que les choses soient claires : l'intolérance de gauche, l'attitude des antifas, est en train de générer des versaillais.

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Bivouac de soldats versallais - Commune de Paris 1871

C'est toute une population qui, le jour où le pouvoir tremblera, viendra en appui de celui-ci pour assassiner ceux qui l'ont un jour repoussé sous prétexte qu'elle ne leur convenait pas. J'affirme ici que les antifas, ou plutôt ceux qui les dirigent vers l'insignifiance du combat de rue, sont des fossoyeurs de la mémoire, qu'ils recommencent tous les faux-pas historiques par entêtement, par refus de comprendre, par manque d'intelligence, par endoctrinement. L'intolérance de gauche est en train de recréer la structure qui a permis, au XIXème siècle, à la bourgeoisie d'armer des individus – les versaillais – et de les envoyer anéantir la Commune de Paris. Qui étaient ces soldats versaillais ? Des paysans qui voyaient dans la Commune la possible victoire de ces mêmes progressistes qui avaient amené les marchands au pouvoir avec la Révolution, précipitant par là la ruralité à sa perte et amenant un monde nouveau – celui dans lequel nous vivons – issu du progrès, où les peuples sont dissous dans la société de masse, dans lequel ils dépendent d'un système pour survivre et où ils meurent dans des guerres d'un gigantisme inconnu jusqu'alors. Les antifas, par leur intolérance, vont faire bégayer l'histoire et mettent en danger toute révolte populaire sérieuse capable de renverser le régime en place. Bien sûr, dans cette histoire, les versaillais, les anciens comme les nouveaux, sont les dindons de la farce car ils ne comprennent pas que les maîtres qu'ils se donnent ne les méprisent certes pas comme le fait l'extrême-gauche (et peuvent donc trinquer avec eux lors du match de rugby), mais les détestent et les utilisent pour fabriquer un monde, celui dans lequel nous nageons aujourd'hui, où ils seront les éternels perdants.

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Cadavres de Communards - Paris 1871

 Pour le dire clairement, il semble bien que Frédéric Lordon et ceux qui attisent le feu dans le peuple, entre ses strates, ne croient pas à la victoire de l'émancipation, ils ne prennent pas au sérieux cette éventualité. Imaginons la victoire de cette gauche qui pense avoir raison sur tout, imaginons – on peut toujours rêver – qu'elle renverse l'État bourgeois et mette en place un nouveau régime. Mais quel genre de société cela générerait-il ? Une société dans laquelle la moitié, voire plus, de la population ne serait pas écoutée parce que la frange victorieuse aurait décidé qu'elle avait tort ? Serait-ce cela la démocratie ? Pas du tout : le tirage au sort est le mode de désignation démocratique des serviteurs du peuple. Quel doit être son message dans notre Modernité ? Que quel que soit son habitus, un individu est digne de confiance 3. Or, ce que les antifa ne voient pas, c'est que le manque de bienveillance de leur action s'insère dans la lutte de classement que se livrent les classes sociales au sein de la société bourgeoise et donc que loin de la mettre en danger, ils la dynamisent, renouvelant les divisions qui la maintiennent. Par conséquent, la posture de Frédéric Lordon et de ses suivants semble révélateur du fait qu'en réalité, ils ne croient pas en la victoire du peuple, à la fin de l'État bourgeois et du capitalisme. Il s'agit d'une contestation de façade. En effet, pour mener un combat réellement dangereux contre l'État, susceptible de le renverser pour mettre en place une démocratie, il faudrait faudrait réaliser la jonction entre classes populaires, y compris celles des banlieues, et les classes moyennes. Et pour y parvenir, il faudrait d'abord commencer par faire preuve de bienveillance les uns avec les autres. Il faudrait aller voir ceux d'en face, leur demander quelles sont leurs peurs et leur dire en retour ce qui nous effraie. Essayons de nous comprendre. Il faut cesser cette folie de l'intolérance basée sur une conception fascisante – il faut appeler un chat un chat – de la vérité qui mène dans le mur tout le mouvement social, altérant définitivement toute possibilité de renversement du régime français, renversement qui, s'il advenait, pourrait devenir un exemple moteur pour tous les peuples dans leur lutte pour chasser la clique bourgeoise qui les domine et, ainsi, mettre un terme au pouvoir des multinationales qui sont en train de détruire le monde. Faisons-nous confiance, comportons-nous comme un peuple, et ça ira !

 

Christophe Hamelin

 

 

1D’ailleurs, qui sont les extrémistes ? Ceux qui votent PS ou UMP (pardon : Les Républicains) ne sont-ils pas les vrais extrémistes en ce qu’ils s’entêtent à maintenir un système moribond qui mène l’humanité à sa perte ? À l’inverse, ceux que le langage politique traite d’extrémistes ne sont-ils pas en réalité les seuls à être lucides et à prendre en compte la radicalité du mal qui nous assaille ? Bien sûr, il ne s'agit pas d'oublier qu'il y a effectivement une extrême-droite fasciste (ce qui n'est pas un pléonasme) qui ne brille pas par sa lucidité, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais ceux que l'on nomme des rouges-bruns doivent-ils être traités comme des parias sous prétexte qu’ils tentent de comprendre le monde sans souci des divisions politiques traditionnelles ?

 2Un mot quand même sur ce terme « d’élite » dont se sert la classe dominante pour se caractériser elle-même et qui est particulièrement cocasse quand on constate, en observant l’histoire, que ce qui caractérise le mieux les dominants en France est leur médiocrité. Que l’on remonte à Hazincourt et l’on verra la chevalerie française s’empaler elle-même sur des pieux, au point que la guerre de Cent ans ne sera gagnée que par l’entêtement au combat des peuples de France qui menèrent une guérilla avant l’heure aux Anglais. Que l’on observe les guerres américaines entre la France et l’Angleterre et l’on verra une suite de victoires des français d’Amérique – pourtant largement moins nombreux – jusqu’à ce que la métropole ne se souvienne qu’elle avait quelques intérêts dans ces arpents de neige et envoie des chefs de guerre qui, comme d’habitude, par leur entêtement à commander envers et contre tout, feront systématiquement les pires choix jusqu’à la défaite de Moncalm (peut-être pas le plus incompétent de tous d’ailleurs celui-là) aux plaines d’Abraham. Mais au moins, la noblesse française, malgré son immense médiocrité, ne trahissait pas, à la différence des bourgeois qui lui succédèrent et préférèrent, par exemple, la victoire prussienne en 1871 plutôt que d’armer des peuples qui les inquiétaient largement plus qu’un Bismark. Dans la même veine, et encore plus grave, il y a bien sûr la défaite de 1940, orchestrée par la bourgeoisie qui cette fois, préféra le nazisme et sabra l’effort de guerre français pour soutenir celui des allemands. On pourrait poursuivre cette litanie par les choix militaires de la guerre de 14-18 ou encore Dien Bien Phu, ou encore mieux, par le constat de l’entêtement des bourgeois français à ne pas comprendre que la décolonisation était inéluctable, etc. La liste des échecs et trahisons de la classe dominante française, conséquences directes de son immense médiocrité, est quasiment sans fin.

3Attention, l’habitus n’est pas forcément cohérent avec la position qu’occupe un individu dans la société. Donc, il ne s’agit pas de dire ici que l’on peut faire confiance à nos ennemis, c’est-à-dire les notables, les bourgeois, etc.

 


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143 réactions à cet article    


  • CN46400 CN46400 24 septembre 09:48

    Le FN prépare le 2°tour et la récup des voix de gauche qui, surbookées de candidats au 1° tour n’en auront plus au 2°. Et tout fait ventre jusqu’à la Commune de Paris en attendant les congés payés de 36 et les FTP de 39-44....


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 septembre 05:45

      @CN46400
      Et pourquoi le FN récupère les voix de Gauche ?
      Parce que la Gauche a trahi ses électeurs. Parce que la Gauche depuis 1983 a dérégulé, privatisé et signé tous les Traités européens qui répandent le chômage et la précarité.


      Même Mélenchon trouvait que le Traité de Maastricht, qui introduisait l’UE, l’euro et l’ OTAN, était « un bon compromis de Gauche »... Rêve !

      C’était l’entrée de la France dans le néolibéralisme, le « capitalisme du désastre » :
      "Libre circulation des hommes, des marchandises, des capitaux et des services, à l’intérieur de l’ UE et avec les autres pays du monde.

       C’est écrit dans le TFUE : le Traité de fonctionnement de l’ UE, que vous devriez lire...

      TITRE II LA LIBRE CIRCULATION DES MARCHANDISES

      Chapitre 1 L’union douanière

      Chapitre 2 Coopération douanière

      Chapitre 3 L’interdiction des restrictions quantitatives entre les États membres

      TITRE III L’AGRICULTURE ET LA PÊCHE

      TITRE IV LA LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES, DES SERVICES ET DES CAPITAUX

      Chapitre 1 Les travailleurs

      Chapitre 2 Le droit d’établissement

      Chapitre 3 Les services

      Chapitre 4 Les capitaux et les paiements etc



    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 09:58

      @CN46400
      Bonjour et merci pour vos réactions.
      J’ai quand même l’impression que l’article a été bien vite lu par certains. Pourquoi dire que je prends la défense du FN ? Je pense que c’est un parti politique, que comme tous les partis, il est néfaste (je dis dans l’article que confondre cause et conséquence fait le jeu du FN, donc je n’indique pas là que je lui suis favorable). De plus, la question de sa venue au pouvoir m’importe peu car il n’est qu’un chiffon rouge que l’oligarchie agite devant nos yeux pour nous faire croire que les fascistes ne sont pas déjà au pouvoir, et ce depuis longtemps... Je pense que parmi les cadres du FN, il y a de vrais faschos mais que l’establishment à utilisé ce parti pour nous faire croire que, comme il le combat, l’oligarchie au pouvoir n’est pas fasciste. L’extrême gauche, et d’autres avec elle, fonce sur ce chiffon rouge sans réfléchir au piège qui est ainsi tendu.

      Je vois que mon utilisation de la Commune de Paris ne vous plaît pas, D’accord mais alors essayez d’invalider mon raisonnement au lieu de procéder par procès d’intention (genre « l’auteur écrit ça car il roule pour le FN » etc.). Je suis prêt à reconnaître mes erreurs quand on me fait comprendre comment j’ai tort. Or, là, je ne vois aucune argumentation contre l’article.


    • CN46400 CN46400 25 septembre 11:07

      @Christophe Hamelin

      « utilisé ce parti pour nous faire croire que, comme il le combat, l’oligarchie au pouvoir n’est pas fasciste. »

       Dans la lutte de classe entre la bourgeoisie et les prolos, tous les partis jouent un rôle, aucun n’est complètement neutre et systématiquement, le FN soutient les intérêts de la bourgeoisie. Ne serait-ce parce que s’il occupe autant d’espace c’est grâce aux médias bourgeois et qu’il doit, pour que çà continue, renvoyer l’ascenseur !


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 11:12

      @CN46400
      Je suis bien d’accord avec le fait que le FN soutient les intérêts de la bourgeoisie mais si les médias bourgeois lui accordent autant de place, n’est-ce pas parce qu’ils lui ont donné ce rôle de chiffon rouge agité pour que l’on fonce dessus, nous laissant en plus croire que le pouvoir actuel n’est pas fascite ?


    • CN46400 CN46400 25 septembre 11:21

      @Christophe Hamelin

      Tout ce qui est excessif est insignifiant. Qualifier le pouvoir actuel de « fasciste » aboutit à « décaféiner » le mot lui même......


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 11:26

      @CN46400
      Vous êtes bien sûr de vous... Avez-vous déjà envisagé la possibilité que nous soyons dans un régime fasciste ? Je crois que ne pas actualiser notre connaissance du passé revient à mettre à la poubelle le devoir de mémoire. Et là, c’est moi qui vous retourne le compliment de l’insignifiance. Je reprends le message que j’ai fait plus bas à Tf1 groupie :

      j’ai déjà défini le fascisme dans cet article :

      "Bien mais alors qu’est-ce que le fascisme ? Il ne se caractérise pas par les usines de la mort des nazis, non, c’est bien plus fin que cela. Le fascisme est la configuration capitaliste du totalitarisme. En paraphrasant Deleuze5, nous pourrions dire qu’une société fasciste est une société capitaliste où l’antagonisme capital/travail est neutralisé mais dans laquelle l’angoisse de l’humain domestiqué par la Modernité (c’est-à-dire l’époque systémique) n’est que réprimée. Nous y voilà. L’antagonisme capital/travail disparaît effectivement sous l’unité nationale tant vantée après l’attaque contre Charlie-Hebdo."


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 11:28

      Voici la phrase de Deleuze :

      "Le vieux fascisme si actuel et si puissant qu’il soit dans beaucoup de pays, n’est pas le nouveau problème actuel. On nous prépare d’autres fascismes. Tout un néo-fascisme s’installe par rapport auquel l’ancien fascisme fait figure de folklore [...]. Au lieu d’être une politique et une économie de guerre, le néo-fascisme est une entente mondiale pour la sécurité, pour la gestion d’une « paix » non moins terrible, avec organisation concertée de toutes les petites peurs, de toutes les petites angoisses qui font de nous autant de micro-fascistes, chargés d’étouffer chaque chose, chaque visage, chaque parole un peu forte, dans sa rue, son quartier, sa salle de cinéma. "Je n’aime pas les films sur le fascisme des années 30. Le nouveau fascisme est tellement plus raffiné, plus déguisé. Il est peut-être , comme dans le film, le moteur d’une société où les problèmes sociaux seraient réglés, mais où la question de l’angoisse serait seulement étouffée" [Interview de D. Schmidt, Le Monde, 3 février 1977]." DELEUZE Gilles, Deux régimes de fous, Paris, Les Éditions de Minuit, 2003, p. 125.


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 11:38

      Pendant que j’y suis, comparer cette pĥrase de Deleuze avec l’attitude des antifas, ou d’un Lordon et autres Ruffin.


    • tf1Groupie 25 septembre 11:44

      @CN46400

      « Qualifier le pouvoir actuel de « fasciste » aboutit à « décaféiner » le mot lui même »

      Je vous rejoins sur ce commentaire.


    • CN46400 CN46400 25 septembre 11:48

      @Christophe Hamelin

      « l’angoisse de l’humain domestiqué par la Modernité »

      Je vois mal comment, Mussolini lui-même, pourrait se reconnaître dans cette aimable définition du « fascisme ». C’est même plus du déca, c’est de l’eau de vaisselle....


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 11:49

      @tf1Groupie
      Je vous renvois à la réponse que je vous ai faite plus bas.


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 11:52

      @CN46400
      Réfléchissez-la avant de la fracasser.
      De plus, qu’a fait Mussolini ? Il n’a eu de cesse de réduire l’antagonisme capital/travail. C’est cela le projet fasciste. C’est également en partie pour cela qu’il est totalitaire.


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 11:56

      @CN46400
      D’ailleurs, la partie que vous citez (« l’angoisse de l’humain domestiqué par la Modernité ») est justement celle qui est la plus féroce contre le système actuel. Un bon conseil : calmez-vous et essayez de la digérer dans les jours qui viennent. On ne peut pas réfléchir une phrase comme celle-ci en deux temps trois mouvements.


    • tf1Groupie 25 septembre 12:37

      @Christophe Hamelin

      Moi aussi je pourrais vous renvoyer à ma réponse faite plus bas.

      Mais plus simplement : le fascisme est un système politique autoritaire qui associe nationalisme et totalitarisme, et s’oppose frontalement à la démocratie parlementaire.

      Ce serait bien de nous expliquer en quoi notre gouvernants possèdent ces caractéristiques.
      La France était plus proche du fascisme sous DeGaulle que sous Hollande.


    • sasapame sasapame 25 septembre 13:03
      @ l’auteur,

      il m’a semblé que cette citation pourrait s’avérer éclairante dans le contexte (s’agissant d’angoisse face à la Modernité) :

      « L’élite ne considérait pas que la destruction de la civilisation fut un prix trop élevé pour le plaisir de voir y accéder par la force ceux qui en avaient été injustement exclus dans le

      passé. Elle ne s’indignait pas particulièrement des monstrueux trucages historiographiques dont tous les régimes totalitaires se rendent coupables, et que leur type de propagande proclame avec suffisamment de clarté. Elle s’était convaincue que l’historiographie traditionnelle était un trucage de toutes manières, puisque elle avait exclu les déshérités et les opprimés de la mémoire de l’humanité. [...] cette injustice doublée d’une insulte troublait toutes les consciences sensibles depuis qu’avait disparu la foi en un au-delà où les derniers seraient les premiers. […] »

      « […] dans une atmosphère où se sont évaporées toutes les valeurs et les propositions traditionnelles […] il était en un sens plus facile d’accepter, plutôt que de vieilles vérités devenues de pieuses banalités, des propositions manifestement absurdes, précisément parce que nul n’était censé prendre ces absurdités au sérieux. La vulgarité et son refus cynique des critères reçus et des théories admises s’accompagnaient d’une tranquille acceptation du pire et d’un mépris de tous les faux-semblants qu’il était facile de prendre pour un style de vie courageux et neuf. Comme prévalaient de plus en plus les attitudes et les convictions de la populace – qui n’étaient autres que les attitudes et les convictions de la bourgeoisie, lavées de leur hypocrisie – ceux qui traditionnellement haïssaient la bourgeoisie et qui avaient volontairement quitté la société respectable ne virent que l’absence d’hypocrisie et de respectabilité, non le contenu lui-même. […] »

      […] l’élite intellectuelle des années 20 était persuadée qu’on pouvait jouer à la perfection le jeu ancien qui consiste à épater le bourgeois si l’on commençait à choquer la société avec une caricature ironique de son propre comportement. […] l’avant-garde ignorait qu’elle enfonçait non des murs mais des portes ouvertes, et qu’un succès unanime démentirait sa prétention à être une minorité révolutionnaire, en prouvant au contraire qu’elle était sur le point d’exprimer un nouvel état d’esprit de masse, l’état d’esprit de l’époque. […] La moralité double, telle que la pratiquait la bourgeoisie, devint le signe essentiel de l’esprit de sérieux, toujours pompeux, jamais sincère. »

      Hannah Arendt, Le système totalitaire (in Les origines du totalitarisme), édition du Seuil (nouvelle édition Gallimard, 2002), p 79-85.

      Il me semble toutefois (et sans trop préjuger de ce qui peut arriver, peut-être rapidement, par exemple à coup d’exploitation du terrorisme), qu’il faille tenir compte, pour le présent et pour les sociétés « occidentales », du fond idéologique « bisounours » et du fait que la population y est devenue sacrément allergique à la souffrance. Je ne peux m’empêcher de penser que, loin de témoigner d’un éloignement du fascisme, il s’agirait de son retour sous une forme inversée mais peut-être plus terrible encore.

      A ce fond délirant qui invite à la « révolution festive » quand ce n’est pas seulement à la branlette festive, s’ajoute notamment l’idée ô-combien absurde de « sauver la planète ». Je pense en particulier à l’idéologie « le changement climatique » (un oxymore et un pléonasme en trois mots) - derrière laquelle, accessoirement, on peut retrouver Rockefeller à tous les étages.

      « La propagande totalitaire a élevé la scientificité idéologique et sa technique prédictive à un degré inconnu d’efficacité dans la méthode et d’absurdité dans le contenu. […]
      En effet, d’un point de vue démagogique,il n’est pas de meilleur moyen d’éviter la discussion que de déconnecter un argument du contrôle du présent et de dire que seul l’avenir peut en révéler les mérites. »

      Hannah Arendt, Le système totalitaire (in Les origines du totalitarisme), édition du Seuil (nouvelle édition Gallimard, 2002), p 99.

    • epicure 25 septembre 22:27

      @Fifi Brind_acier

      Toujours des incantations vides de sens, et malhonnêtes.

      Déjà Mélenchon a reconnu son erreur par rapport à Maastricht.
      Ce n’est pas la Gauche qui a fait ce que tu dis, mais uniquement le PS qui est de moins en moins de Gauche.

      Je te rappelle que La Gauche a voté contre le TCE.... alors que le centre gauche a voté pour.
      Toi tu mélanges des groupes politiques qui n’ont pas les mêmes positions comme s’ils avaient les mêmes positions.
      Ceci est donc un discours malhonnête.


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 26 septembre 08:23

      @CN46400
      Mais l’ UE est une dictature fasciste ! La preuve, c’est que les Américains, pour sauver de la débâcle les grand patronat allemand, a utilisé le projet économique d’Hitler pour après la guerre !
      (...)

      Donc résumons les idées :
       Une zone économique européenne
       sans frontières
       sans barrières douanières
       un marché unique,
       une politique agricole commune,
       la relocalisation des usines au plus rentable,
       un taux fixe entre les monnaies,
       et l’idée que plus cette zone économique de libre échange est large et plus elle aura de poids pour négocier dans le commerce international.

      Voilà donc le plan nazi pour l’économie d’après guerre en Europe ! Il est nul besoin d’un fort esprit critique pour se rendre compte que chacune de ses propositions ont été entreprise et mise en application aujourd’hui et que cela s’appelle maintenant l’union européenne."(..)

      Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre que l’ UE est une colonie américaine sur le modèle d’Hitler !


    • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 26 septembre 08:27

      @epicure
      Alors pourquoi en 2012, Mélenchon appelé à voter Hollande ??
      Le Front républicain au 2e tour, a permis le report des voix sur le PS pendant 40 ans !
      Vous nous prenez pour des truffes ??


    • epicure 26 septembre 16:24

      @Fifi Brind_acier

      C’est toi qui prends les gens pour des truffes avec tes mensonges.
      IL faut arrêter avec ton ignorance de la politique comme argument.

      Mélenchon a appelé à voter contrer sarkozy !
      voilà la vérité.
      Du coup il a été amené à appeler à mettre un bulletin hollande pour le second tour.
      Au cas où tu ne saurais pas compter, il n’y a que 2 candidats au second tour, donc on ne peut voter qu’en fonction de ce choix.

      Le fait est que Mélenchon n’aimait pas personnellement hollande, s’il l’a appelé avec justesse capitaine pédalo, ce n’est pas pour rien.
      Il n’en attendait pas grand chose, comme tous ceux de gauche qui ont voté pour lui au second tour.

      Par contre personne ne s’attendait à une telle dérive à droite, autant de trahisons, de renoncements, de retournement de vestes, etc...

      Mais en tout cas on était sûr de virer srakozy, le copain des milliardaires, celui qui a trahit le référendum de 2005 !

      ’est joli de reprocher à Mélenchon d’appeler à voter celui qui a trahit le peuple français....
      Rien que le fait que tu reproches d’avoir fait voter contre sarkozy montre la bouffonnerie de ton discours, qui n’a aucune cohérence politique.

      Donc que ton petit cerveau retienne cette vérité :
      au matin du second tour de 20112, hollande était le moins pire des deux candidats ... vu que l’on ne l’avait pas encore vu à l’œuvre. Alors qu’avec sarkozy, on était sur qu’il allait continuer dans la destruction de la souveraineté, l’aide à ses amis milliardaires, etc...


    • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 27 septembre 16:55

      @sasapame
      Bonjour,
      oui, c’est une sacrée citation ! D’une grande complexité, elle ne « s’offre » pas immédiatement. Incroyablement d’actualité. Merci d’avoir pris le temps de la recopier. Malheureusement, j’ai l’édition Quarto chez moi donc je pense que je vais avoir du mal à la retrouver.
      Je dois dire que j’hésite à la commenter sans la lire dans le texte.
      Mais je pense aussi à cette vidéo. Ainsi, entre la citation d’Arendt et Psolini, on voit quand même bien l’actualité de la question du fascisme.


    • sasapame sasapame 30 septembre 19:00

      @Christophe Hamelin,

      magnifique tableau que Pasolini dresse de la télévision - je ne l’ai plus depuis treize ans, Mammon merci (une fois l’an, en gros, je regarde un match de rugby, , le sportc’est encore ce qu’il y a de moins pire à la télé).

      Le titre de votre blog me rappelle le fil de toutes mes réflexions... A l’occasion, je vais lire un peu ça. ,)


    • Laulau Laulau 24 septembre 10:10

      C’est pas bien de lutter contre les gentils militant du FN. Eux ne sont pas violents comme les antifas. Bon, ils tirent parfois des coup de feux en l’air. Si ces cons de comoriens ne volaient pas sur le dos, aucun n’aurait été tué !


      • izarn 24 septembre 19:59

        @Laulau
        Des violents on en trouve partout...C’est débat sans intéret...


      • Scual 24 septembre 10:25

        C’est très intéressant. En théorie je répondrait oui bien sur, c’est ça qu’il faut faire et actuellement nous faisons précisément ce qu’il ne faut pas faire. Mais la théorie est une chose et la pratique une autre. La théorie prend des généralités et essaie d’en tirer des conclusions générales pour proposer des solutions générales, sauf que la pratique peut rendre tout ça impossible, en tout cas dans l’immédiat. La pratique prend aussi en compte des tas de petits détails qui ne font pas partie des généralités mais qui au final changent complètement la donne.

        Ainsi pour que Nuit Debout suive cette voie il faudrait que ça soit un mouvement qui fait corps... sauf qu’il n’y a rien de plus divers, insaisissable et incontrôlable que ND. Les généralités de cet article font traiter le mouvement comme l’ « extrême-gauche », sauf que c’est pas ça du tout en réalité. Il y a bien un gros tiers du mouvement qui n’est pas d’extrême-gauche pour commencer, et de toute façon il y a au moins dix courants politiques différents, qui constituent en plus de véritables sphères culturelles différentes. Anars, autonomes, antifas, décroissants, progressistes, écosocialistes, communistes, démocrates, bobos, syndicalistes et j’en passe ! Cette union a un prix : celui de laisser tout le monde libre de suivre ou pas les décisions collectives.

        Si ND prenait une décision qui amènerait la moitié des participants à partir, on ne pourrait pas parler d’ouverture, mais plutôt de faire partir certains pour faire la place à d’autres. La théorie ne pourrait dans les faits pas marcher.

        De plus il ne faut pas être naïfs. L’extrême-gauche voudrait rejeter et nuire aux groupes présentés dans l’article ? Et cela n’est pas vrai dans l’autre sens ? L’extrême-droite viendrait à ND de manière bienveillante sans arrière pensée et sans vouloir salir le mouvement ou le faire imploser ? La pratique suggère exactement le contraire. L’objectif de l’extrême-droite est précisément de détruire ND. Indics, dénonciation de certains groupes et individus participants au mouvement, actions nuisibles au mouvement sans concertation, tentatives de prises de contrôle et j’en passe. A chaque fois les choses se sont mal passées. Je ne dis pas qu’il n’y a à ND que des enfants de chœur bienveillants et tolérants se comportant tous de manière totalement démocratique, mais un recadrage est possible sans faire exploser le mouvement, ce n’est pas le cas avec l’extrême-droite pour qui soit ils partent soit d’autres partent à leur place.

        Pour le moment il faut donc continuer à consolider ces fragiles liens que ND a réussi à créer entre des groupes qui étaient historiquement en désaccord, pour ne pas dire plus. Ensuite on pourra voir si c’est possible d’élargir... ce qui n’est pas forcément souhaitable de toute façon. On se bat pour des idées, pas pour être nombreux ! Le but de l’élargissement n’est donc pas de faire un fourre-tout mais d’unir autour de choses communes, et il n’y en a pas avec l’extrême-droite ! Convaincre les citoyens indécis et peu politisés est bien plus logique pour ND que d’essayer d’intégrer des personnes déjà convaincues et politisées qui pensent et veulent tout le contraire de ND. On combat la loi travail et son monde... c’est pas pour s’unir à pire encore !

        Théoriquement oui, la meute de hyènes et le troupeau de buffles sont beaucoup plus forts s’ils s’unissent, mais en pratique quand on met les deux ensemble, ça ne se passe pas bien du tout. Ce que propose cet article c’est de mélanger l’eau et l’huile, en oubliant les lois de la physique.


        • Scual 24 septembre 10:59

          N’étant pas satisfait de ma première réponse contenant des tournure approximatives voir trompeuses par rapport à ce que je voulais dire je l’ai reformulée sur mon fb

          https://www.facebook.com/pascal.debout.37


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 septembre 06:10

          @Scual
          Je crois que vous confondez les dirigeants et les militants du FN, qui ont tous pour mission de diviser les Français, et les électeurs du FN, en partie des racistes et des xénophobes, mais aussi les laissés pour compte de la mondialisation installée par les Traités européens...
          Ceux là sont le produit des choix politiques européens de la Gauche, puis la Droite, depuis 1983.


          Les seuls à le comprendre et à l’analyser sont le PRCF et l’ UPR.
          Relisez ce qu’écrivait la CGT en 1956/57 sur le Marché Commun, l’ancêtre de l’ UE.
          Il n’y a rien à modifier, sauf que la Gauche n’a plus du tout ce genre d’analyse.... , elle est devenue euro-atlantiste et pro -européenne.
          Jamais, au grand jamais, elle n’explique que l’ UE est une fabrication américaine et que nous avons un statut de protectorat.

          Les Charlie-Charlots ne sont que la propagande néo conservatrice de la Maison Blanche, déguisée en Gauche progressiste. Ils vous ferons détester l’ Islam et aimer la guerre ! BHL par exemple.

          La Gauche n’a plus aucune analyse de la nocivité de l’ Impérialisme américain, comme en avait le PCF, avant Mitterrand. Elle n’est plus qu’un mélange incohérent de néo conservateurs, d’idiots utiles et de paumés qui ne comprennent plus rien à ce qui se passe. Un beau gâchis !

        • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 10:40

          «  »«  »@Scual
          Il y a des arguments de poids dans votre commentaire. Je suis d’accord avec le fait que ND est un mouvement hétéroclite mais il me semble qu’une frange l’emporte, frange certainement la plus autoritaire et la plus intolérante. Et je pense que les décisions qui sont prises ne représentent déjà plus toutes les sensibilités. Le fait que le service d’ordre traque les gens classés d’extrême-droite (rouge-bruns et autres, pas forcément des skin heads)) convient-il à tout le monde ? Qui est à l’origine de ce choix ? Il me semble que dans chaque ville, ce sont les militants « professionnels », ceux qu’on voit dans chaque mouvement social, qui mènent la danse dans ND. Or, il me semble que leurs réflexes militants nous mènent à l’échec depuis maintenant pas mal de temps. Donc, ce dont j’aurais rêvé est d’être en mesure de mettre en question ces pratiques, ces réflexes, pour lancer une réflexion critique et non pas être l’objet de procès d’intention (je ne parle pas de votre commentaire qui, lui, présente de vrais arguments) qui n’ont d’autres fonctions que de faire régner la peur et stériliser la réflexion.

          Vous écrivez : « On se bat pour des idées, pas pour être nombreux ! » D’accord mais quelles idées, qui prend la décision des idées à défendre ? On est d’accord sur tout ? Justement, la peur que fait régner la supériorité éthique de l’extrême gauche empêche la parole de certains en public et on se retrouve finalement à suivre l’opinion dominante (pas forcément majoritaire) sans débat digne de ce nom. De plus, dans la nébuleuse de ceux qui sont ou qui votent pour l’extrême droite, il y a plein de gens qui ne savent pas trop où ils campent, il faudrait peu de chose pour les convaincre d’aller vers des idées plus émancipatrices. Soit-dit en passant, l’extrême gauche aujourd’hui n’est pas franchement émancipatrice, il n’est qu’à voir les discours féministes, anti-violents, etc. L’extrême gauche aujourd’hui ferait bien de se réveiller intellectuellement car elle fait bien souvent le jeu du capital, ce me semble.

          Par ailleurs, vous dites que l’extrême-droite n’est pas bienveillante avec la gauche extrême. J’en conviens mais d’expérience, je sais que si on les écoute, si on cherche à comprendre ce qui leur fait peur, sans se démonter et en étant prêt au combat, et bien en face, la réponse à toujours été, je trouve, positive. Nous sommes tous de grands incompris. Vouloir préparer un monde meilleur en accentuant le malentendu général en refusant de communiquer me semble contradictoire. Certes, les militants d’extême droite sont aussi des violents, je le sais. Et dans ce cas là, il faut être prêt à l’affrontement physique (d’ailleurs, soi dit en passant, j’ai plusieurs fois remarqué que les grands militants d’extrême gauche ne brillent pas par leur courage quand ils ne sont pas en position de force). Par contre, ce n’est pas parce que ces militants d’extrême droite sont des violents qu’il ne faut pas tenter, nous, de discuter avec eux, pour leur montrer notre ouverture. De plus, si toutes les forces populaires parvenaient à s’unir pour détruire le pouvoir (on peut toujours rêver), il y a fort à parier qu’au final, il faudrait en venir aux mains avec une certaine extrême-droite, celle-là ouvertement fasciste. C’est là qu’il faudra éventuellement se montrer impitoyable, pour éviter qu’un autre pouvoir fasciste n’émerge. Mais pour le moment, on est loin d’en être là...


        • Christophe Hamelin Christophe Hamelin 25 septembre 10:42

          @Fifi Brind_acier
          Je suis bien d’accord avec votre commentaire, pas grand chose à ajouter à mon sens !


        • epicure 25 septembre 22:22

          @Fifi Brind_acier

          MDR 
          Gauche et BHL !
          vraiment comique ton analyse politique de bas étage.

          Tu n’en as pas d’autres comme ça ?
          Toujours dans le simplisme et l’amalgame ....

          En parlant de la Gauche comme ça, tu ne parle de personne, surtout pour ne citer que des centristes voire des personnes à tendances droitières comme certaines personnes au gouvernement, ou l’ayant été .....

          Et surtout ne me fais pas une liste avec des mouvements aux orientations idéologiques très différentes.
          C’est pas sérieux.


        • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 26 septembre 08:30

          @epicure
          Vous connaissez le tableau des néo conservateurs ? Examinez -le attentivement et vous comprendrez qui fait quoi, dans ce système au service des USA.


        • epicure 26 septembre 16:14

          @Fifi Brind_acier

          oui tu une petite fille rigolote avec des tresses, c’est bien ce que je disais.
          La plupart des personnes de ton graphique sont classées à droite, donc ceci n’est pas du tout une validation de tes propos.


        • Daniel Roux Daniel Roux 24 septembre 10:33

          L’auteur sort la grande artillerie, d’Azincourt à Dien Bien Phu, en passant par 1870, 1914 et tout le toutim.

          Pour quelle démonstration, quel message ? Anti fasciste et pro fasciste, même combat contre l’oligarchie ? Embrassons-nous Folleville et débarrassons-nous des notables locaux, nos ennemis de classe ?

          Comment ? L’auteur est discret sur le procédé mais on devine que ce ne sera pas par des élections démocratiques.

          Et pourtant, si il y a un espoir de vaincre l’oligarchie, c’est bien par la base qu’il faut commencer, par l’éducation politique des électeurs aux municipales.

          Pourquoi est-ce souvent le grand propriétaire du coin qui est élu par ceux là même qu’il exploite ?


          • Robert Lavigue Robert Lavigue 24 septembre 10:54

            @Daniel Roux

            C’est permission de sortie générale pour les gaucholâtres incultes ?
            Les journées du patrimoine en ruine c’était pourtant la semaine dernière !

            Pourquoi est-ce souvent le grand propriétaire du coin qui est élu par ceux là même qu’il exploite ?
            Encore un benêt qui a lu Zola dans une version abrégée pour semi-illettrés  ?
            Le grand propriétaire du coin a autre chose à foutre que de se faire élire (relire Zola dans le texte). Il fait élire un homme de paille... sociologiquement de gauche de préférence  !
            Un peu de lecture plus récente.
            http://www.metropolitiques.eu/Les-elus-municipaux-representent.html


          • Daniel Roux Daniel Roux 24 septembre 11:22

            @Robert Lavigue

            C’est amusant de constater qu’à chaque fois qu’un commentaire contrarie un idéologue ou un propagandiste, il répond par l’insulte.

            Le débat, pour vous, c’est le coup de poing ?

            Que le grand propriétaire se fasse élire, directement comme Jacob ou Dassault, ou indirectement, comme Bolloré ou Pinault, ne change rien au fond du débat : Ce n’est pas en gesticulant dans les rues en ameutant la foule que l’on change le pouvoir, c’est en éduquant politiquement les citoyens.


          • Alren Alren 24 septembre 11:57

            @Daniel Roux

            on change le pouvoir, [c’est] en éduquant politiquement les citoyens.

            Bien sûr, avec comme premier objectif la lutte contre l’abstention des classes populaires.

            Mais une grosse manif, des groupes de discussion comme Nuit Debout participent à l’éducation politique, notamment des jeunes.
             
            L’instinct grégaire des humains les pousse à rejoindre le grand nombre.

            À droite, on l’a bien compris et on finance avec l’argent du patronat les déplacements des supporters de ses candidats afin que le spectacle retransmis complaisamment par les télés aux ordres donnent une impression de vague populaire irrésistible. D’où les dépassements de frais de campagne de Sarkozy.
             
            Inversement les violences ordonnées aux policiers lors des manifestations contre la loi El Khomri visent à associer dans l’inconscient des spectateurs non-engagés, ces mouvements à quelque chose de négatif, de repoussant, la violence et la peur. 

            La psychologie est la clé de la lutte politique dans un pays « démocratique ».


          • Robert Lavigue Robert Lavigue 24 septembre 15:10

            @Alren

            Tiens... Un blaireau qui a lu La psychologie des foules de Le Bon dans une version alternative pour indignés 2.0 ! La bibliothèque rose au service des révolutionnaires en carton pâte...

            Pas surprenant de la part de semi-illettrés qui fantasment sur l’image de punks à chiens avinés (les punks, pas les chiens) qui entourent un quarterons d’intellectuels dans une pose pseudo-révolutionnaire...

            Posture aussi ridicule au demeurant, que celle de J.L. Barrault qui sur ordre, ouvrit les portes de l’Odéon en mai 1968 :
            6 mai : le drapeau noir et le drapeau rouge flottent au fronton de l’Odéon, encadrant une large banderole « Étudiants-Ouvriers, l’Odéon est ouvert »

            On connaît la suite... Toute ces dames au salon !!!!


          • Toz (---.---.225.108) 24 septembre 18:10

            @Robert Laviguefa et Daniel roux

            Un crétin gauchiste et un crétin fasciste qui se crépent le chignon en bons idiots utiles qui servent la mème cause.


          • izarn 24 septembre 20:15

            @Daniel Roux
            Bien entendu...
            Mais on occulte le fait que Nuit Debout soit liée à un financement de Georges Soros, et de fait l’inspiration soit les « révolutions de couleurs » genre Maidan, et coup d’Etat fasciste....
            Que fait Lordon dans cette affaire ?
            Il est est bien clair qu’une « révolution de couleur », ne peut exister en France, malgrés les efforts considérables de la police et de la mairie de paris, laissant occuper les lieux. « Occupy Wall Street a eu moins de chance.
            La question est : Quel était l’interet du Pouvoir dans cette affaire dont le fond ne vaut pas tripette.(Poncifs basiques sur la mondialisation, genre Europe Ecologie Les Verts. Aucune analyse sérieuse.)
            Bref, Nuit Debout, c’est de l’arnaque de A jusqu’à Z....
            La pseudo lutte contre le capitalisme globalisé....En restant dans l’UE et l’euro !
            Hahahahahahha !
            N’importe quoi !
            Pourquoi discuter avec ces pov’cons ?
             »Assad doit partir"
            Ouhahahahhha !
             smiley


          • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 25 septembre 06:22

            @Alren
            « La psychologie est la clé de la lutte politique dans un pays « démocratique ».
             »une grosse manif, des groupes de discussion comme Nuit Debout participent à l’éducation politique, notamment des jeunes."

            Si les discussions sont menées, comme c’est le cas, par des néoconservateurs Charlie-Charlots, et autres idiots utiles européistes, ça va pas mener très loin les jeunes générations .... D’ailleurs, les manifs n’ont servi à rien, puisque vous vous trompez de cible. Vous accusez Hollande qui n’est qu’une marionnette au service du capitalisme du désastre organisé par les Traités européens.


            Voici les passages clés, par lesquels la Commission européenne dicte à notre gouvernement fantoche ce que doit être la politique de l’emploi en France :

            «  • Maintenir les réductions du coût du travail découlant du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et du pacte de responsabilité et de solidarité, notamment en les mettant en œuvre comme prévu en 2016 ; évaluer l’efficacité de ces dispositifs en tenant compte des rigidités du marché du travail et du marché des produits ; réformer, en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales, le processus de formation des salaires pour que ceux-ci évoluent au même rythme que la productivité ; veiller à ce que les évolutions du salaire minimum soient compatibles avec les objectifs de promotion de l’emploi et de la compétitivité ; »

            «  • Réformer le droit du travail afin d’inciter davantage les employeurs à embaucher en contrats à durée indéterminée ; faciliter, aux niveaux des entreprises et des branches, les dérogations aux dispositions juridiques générales, notamment en ce qui concerne l’organisation du temps de travail ; réformer la loi portant création des accords de maintien de l’emploi d’ici à la fin de 2015 en vue d’accroître leur utilisation par les entreprises ; entreprendre, en concertation avec les partenaires sociaux et conformément aux pratiques nationales, une réforme du système d’assurance chômage afin d’en rétablir la soutenabilité budgétaire et d’encourager davantage le retour au travail (dégressivité des allocations). »

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