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Accueil du site > Actualités > Politique > L’Extrême-Orient, angle mort de la politique étrangère (...)

L’Extrême-Orient, angle mort de la politique étrangère française

Le déplacement en République populaire de Chine de Ségolène Royal a permis à la France de se divertir bruyamment. Les médias français ne semblent en effet avoir voulu retenir du voyage de la candidate socialiste que la liste qu’ils ont eux-mêmes dressée de ses soi-disant « gaffes » : la couleur paraît-il offensante de son manteau sur la Grande Muraille, son inventivité verbale (bravitude, droits humains) et ses appréciations pour le moins ambiguës sur la « rapidité » de la justice chinoise. Les médias officiels chinois, quant à eux, ont un autre son de cloche : Ségolène Royal, en réaffirmant que le Parti socialiste français « continuerait d’adhérer à la politique de la Chine unique » a fait ce que le Parti communiste chinois attendait d’elle à l’occasion de cette visite (1). Il s’agit en effet d’un rituel bien établi : tout dignitaire étranger en voyage officiel en Chine se doit de réaffirmer son attachement au principe de la Chine unique, confortant ainsi le régime chinois dans la certitude qu’il sera dans son bon droit le jour où il décidera d’attaquer Taiwan. Cette différence d’approche entre médias français et médias chinois est révélatrice de l’existence d’un prisme dans notre appréhension de la Chine, qui déforme notre vision de la réalité de la situation politique et diplomatique en Extrême-Orient. Les Français ne voient dans la Chine contemporaine que modernité insolente, capitalisme débridé et (parfois) droits de l’homme bafoués, pendant que beaucoup d’Asiatiques (à commencer par les Japonais et les Taiwanais) s’inquiètent avant tout de la montée en puissance militaire de l’empire du Milieu.

En effet, pendant que la France se complaît dans l’illusion qu’elle n’a plus d’ennemis, la Chine procède depuis quelques années à une transformation en profondeur de sa défense nationale. Les moyens mis à la disposition des militaires chinois ne cessent d’augmenter. La croissance officielle du budget de la défense est en effet beaucoup plus rapide que la croissance de son produire intérieur brut, ce qui n’est pas peu dire (14,7% en 2006, contre 10,5% de croissance économique). Selon une évaluation relativement prudente de la Rand corporation (2), si l’on ajoute au budget officiel chinois un ensemble de dépenses qui ne sont semble-t-il pas prises en compte (les importations d’armes notamment), les dépenses militaires chinoises, calculées en parité de pouvoir d’achat, auraient atteint, en 2003, 69 milliards de dollars, deux fois celles de la France et une fois et demi celles du Japon. La Chine procède en outre à la modernisation rapide de ses systèmes d’armes et de sa stratégie militaire. Il s’agit pour le pouvoir chinois de s’assurer rapidement de la maîtrise de moyens de projections de force, sinon comparable à celle de l’US force, au moins capable de rivaliser avec la VIIe flotte américaine qui a vocation à « tenir » le Pacifique. L’effort militaire consenti par la Chine est d’autant plus remarquable qu’officiellement le régime chinois a d’autres priorités. Le caractère inégalitaire du développement du pays a amené le nouveau leadership chinois à promouvoir un concept de « société harmonieuse ». Il s’agit de tenter d’intégrer dans le système économique moderne qui se met en place dans certaines régions chinoises les immenses segments de la société qui lui restent extérieurs. Une telle politique demanderait théoriquement une mobilisation générale des moyens humains et financiers à la disposition de l’Etat. Or, force est de constater que la priorité affirmée d’un développement harmonieux n’est que relative. Les moyens mobilisés en faveur de la modernisation de l’appareil militaire chinois sont au moins aussi grands que ceux mobilisés en faveur d’un rééquilibrage de la croissance. En outre, officiellement pacifiques (3), les intentions chinoises sont rien moins que claires. La Chine, en détruisant grâce à un tir de missile, le 11 janvier dernier, un de ses vieux satellites météo, a non seulement pris le risque de relancer une « guerre des étoiles » dont le risque paraissait s’éloigner depuis la chute de l’URSS, mais, en ne reconnaissant ce tir de missile que sous la pression américaine, a également relancé les spéculations sur la nature du contrôle (ou de l’absence de contrôle) par les politiques des activités de l’Armée populaire de libération (APL).

Pourquoi la Chine est-elle à ce point soucieuse d’accroître ses capacités militaires ? Pour avancer une réponse satisfaisante à cette question, nous devons nous défaire de nos préjugés. Vue de France, la Chine se serait tout entière convertie au capitalisme. D’un point de vue occidental et « progressiste », capitalisme et individualisme vont de pair. Ce n’est qu’une question de temps : l’émergence de nouveaux modes de vie induite par l’évolution de l’organisation de l’économie, associée au développement international des nouveaux médias (Internet notamment), contraindra la Chine à s’ouvrir politiquement, comme la faillite du maoïsme l’a contrainte à s’ouvrir économiquement. Or, il est temps de l’admettre, il n’existe aucune contradiction entre la conversion de la Chine au capitalisme et le régime autoritaire aujourd’hui solidement en place à Pékin. La « Nouvelle Chine » créée par les communistes à Pékin en 1949 avait pour objectif déclaré d’effacer les humiliations subies au XIXe et au XXe siècles. La puissance économique de la Chine est conçue, du point de vue du régime, comme un vecteur de la puissance chinoise. De même, la puissance militaire chinoise doit permettre à terme de laver les affronts que les forces occidentales ont fait subir à l’empire du Milieu jusqu’à sa dislocation au début du XXe siècle. Eviter la fragmentation du territoire,constitue même, selon la rhétorique étrange de la constitution de la République populaire de Chine (un pays pourtant officiellement athée) le « devoir sacré » du peuple chinois. Et ce devoir sacré consiste avant tout à empêcher que Taiwan ne déclare son indépendance. La montée en puissance de l’appareil militaire chinois a donc pour but d’imposer, de gré ou de force, l’intégration de Taiwan, un pays démocratique, et de fait indépendant depuis l’installation à Taipei du gouvernement nationaliste chinois en 1947 après ses revers sur le continent, à l’entité politique qui dépend du régime dictatorial de Pékin.
Ce ressort passionnel, qui modèle aujourd’hui la politique extérieure chinoise, passe complètement inaperçu en Europe. En outre, les mésaventures de la France à Taiwan (voir la fameuse affaire de la vente des frégates Lafayette) n’incitent guère les hommes politiques de notre pays à se mêler de ce que la France considère officiellement comme étant du seul ressort de la Chine elle-même. Mais avons-nous réellement, sur le long terme, les moyens de notre désintérêt ? L’interdépendance économique des principales économies de la planète, la défense des valeurs démocratiques qui nous sont chères et qui sont aujourd’hui partagées par de nombreux peuples en Asie et l’implication dans la région de plusieurs puissances nucléaires devraient nous amener au contraire à nous intéresser de près aux intentions chinoises en Extrême-Orient. Lors de son déplacement en Europe il y a moins de deux semaines, le nouveau Premier ministre japonais Shinzô Abe a insisté sur le danger que la levée de l’embargo sur les ventes d’armes à la Chine ferait peser sur l’équilibre géopolitique dans la région. A-t-il été entendu ? Rien n’est moins sûr.

(1) http://news.xinhuanet.com/english/2007-01/07/content_5575573.htm
(2) http://www.rand.org/pubs/monographs/2005/RAND_MG260-1.pdf
(3) La Chine, sous l’impulsion d’un conseiller de Hu Jintao, Zheng Bijian, a développé depuis quelques années la théorie de son « émergence » ou de son « développement » pacifique.


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17 réactions à cet article    


  • msajusfr msajusfr 30 janvier 2007 15:09

    Nous sommes prêt à élire, en suivant en cela les américains, des communicants ’charismatiques’ extrêmement incultes sur le plan international et sur les questions de géostratégie. Voyez, par exemple, Ségolène Royal, qui n’a aucune connaissance de la force de frappe française. Alors, qu’espérer de sa vision sur les enjeux continentaux et sur les forces en présence et les dangers en Asie ?

    http://carnetsdebord.over-blog.net/categorie-583843.html


    • faxtronic (---.---.127.45) 30 janvier 2007 17:49

      Je suis d’accord. je connais un peu la Chine (tres peu) car mon amie est chinoise, elle s’appelle Soleil Rouge et est nee pendant la revolution culturelle. Sa religion, c’est la Chine, mais elle me raconte souvent quíl fait se mefier des chinois, a travers plein d’anecdote (il faut dire qu’elle est pour l’instant en bisbille mechant avec ses etudiants chinois qui la trouve trop occidentalisée et qui envoient des lettres au rectorat pour la discrediter). Je me mefie de la Chine, ce n’est pas le pays du sourire.

      Je suis aussi au fait du Japon, j’adore le Japon, nippophile a tel point que je me sens plus chez moi a Tokyo qu’a Bruxelles, mais le Japon a une politique asiatique ambigue (racisme anti-coreen, visite de Yasukuni jinja). Ne prenez pas le Japon comme le pays du sourire non plus. Mr Abe veut la remilitarisation du Japon, notamment nucleaire. Cela va barder.

      Et la France n’a aucune prise en asie. C’est pas un mal, car ainsi elle a aucun passif. En asie il faut faire du business et compter les coups, et pis c’est tout. C’est ce que font les japonais et les chinois. Faisont de meme, de toute facon la part du lion se partagera entre les trois geants du pacifique (USA, Japon, Chine). En asie nous sommes des souris, ne soyant pas arrogants et evitons les discours moralisants en Asie.


      • labototo (---.---.101.120) 30 janvier 2007 18:45

        Si j’ai bien tout compris l’article, la chine est le grand méchant loup qui va nous bouffer tout cru, par vengeance (parcequ’il faut bien un mobile), et nous nous sommes les gentils agneaux qu’on sacrifie sur l’autel de la mondialisation.

        La prochaine fois essayez d’abreger, votre article est vraiment trop long et trop rempli de clichés, pour arriver à cette navrante conclusion : le péril jaune !

        Les chinois ont une armée ouh les méchants ! Nous avons un porte avion à propulsion nucléaire, mais on est les gentils alors ça va. Avant d’écrire sur la Chine, prière de la visiter. Avant de parler de son armée allez les voir. Ils sont peut-être bon pour écraser des manifestants, mais pour faire un guerre, c’est une autre histoire. La Chine est entourée par des pays disposant d’armée autrement plus sophistiquée que la sienne. Rappellez vous aussi que la Chine ne possède pas de force de projection.

        Bon, si vous êtes Taiwanais, vous êtes excusés car eux vivent une vraie menace.


        • Iris (---.---.117.203) 31 janvier 2007 08:22

          Je ne suis pas d’accord, l’article n’est pas trop long et nombre d’analystes devraient pousser davantage la réflexion plutôt que de réduire la taille des textes et le développement de leurs idées, pour les besoins d’une presse et d’informations qui se doivent plus rapides et plus efficaces.

          L’article me semble synthétique malgré tout, et prend justement le temps d’exposer la problématique Chine-Taiwan comme on ne le voit qu’extrêmement rarement dans les médias en France/Europe. Les médias anglo-saxons, peut-être plus sensibilisés à la question taiwanaise (du fait de la politique américaine dans la région ? entre autres), présentent d’une toute autre manière ce dossier. Merci à l’auteur pour replacer le débat dans son contexte.


        • maobius (---.---.131.4) 30 janvier 2007 20:39

          Dans une république totalitaire à quoi peut bien servir toute cette mane financiére ? au bonheur du peuple ? ou au renforcement du pouvoir ? Mais quel pouvoir celui de l’armée ou celui de l’administration ?


          • moebius (---.---.131.4) 30 janvier 2007 20:41

            Aux deux mon capitaine mais certainement pas au bonheur du peuple.


          • Ar Brezonneg (---.---.14.175) 31 janvier 2007 09:39

            L’été dernier , j’étais en mer au large des côtes bretonnes : à quelques encablures de nous, une frégate chinoise (RPC) toute neuve faisait route....

            Fait très inhabituel qui donne à réfléchir...

            A cet instant je me suis rappelé une remarque faite en conférence de presse par le chef d état major chinois qui disait en 2001 que son pays allait renouer avec la strategie impériale des Han....


            • Tusker (---.---.249.137) 31 janvier 2007 10:37

              La situation geopolitique en extreme orient est très complexe. Ici on n’aborde que la monté en puissance de la Chine. Elle est inquiétante c’est vrai mais je m’inquiète autant si ce n’est plus de celle du Japon. Les « forces d’autodefence » japonaise ont déjà largement commencer a se transformer en une véritable armée. Depuis peu c’est d’ailleurs un ministère de la defence qui la dirige, symbolique. Tout comme les modifications constitutionnel pour autoriser le Japon à mener des frappes préventives. Ce qui est plus inquiétant ce sont les allusions du type « si on voulait se doté de l’arme nucléaire - mais ce n’est qu’une hypothèse hein ». Bien sûr cela vise d’abord la Corée du Nord mais le Japon à aussi peur de la Chine et surtout le Japon est rester très impérialiste, il y a une sorte d’idéalisation de l’ancien empire nippon. Ce ne sont là que quelques point parmis tant d’autre. Le resultat c’est une course à l’armement dans la région. Pour le moment elle reste bridé pour ne pas être trop visible, il faut préserver les apparences mais je dois dire que tout ça me fait un peu peur. smiley


              • totoro (---.---.204.11) 31 janvier 2007 12:12

                La France (et l’Union Européenne en général) est « pro-chinois »...ce n’est un secret pour personne. Ses responsables politiques ne voient en la Chine qu’un moyen de faire de l’argent et d’enrichir notre pays. Ils voient aussi par la meme occasion un moyen de faire de l’ombre aux USA et à son « rayonnement » sur le monde (j’utilise les «  » et ne suis en aucun cas pro-américain...loin de là)

                L’argent fait aujourd’hui loi, la morale est complètement absente lorsque les intérêts économiques entrent en jeu. Alors qu’il y a une quinzaine d’années, tous les pays condamnaient d’une seule voix et avec force le régime chinois, aujourd’hui la France (soi-disant pays des droits de l’homme)s’agenouille devant cette dictature (mais apparemment un pays devient tout à fait respectable lorsque qu’il est possible de commercer avec lui), est prête à lui vendre des armes (remarquez qu’il ya une qunzaine d’années, la France était tout heureuse de faire des affaires « militaires » avec Taiwan...on a vite fait de retourner sa veste) afin qu’elle DETRUISE TAIWAN. Car c’est ce qui va se passer tôt ou tard. Et ca se fera sans aucun problème car d’une part ca sera sera tres rapide (vu le déséquilibre des forces...et ce, malgré l’appui des USA et du Japon) et d’autre part parce que les autres puissances internationales ne feront rien pour les empêcher...et l’ONU (AVEC LA CHINE COMME MEMBRE PERMANENT) est aujourd’ui paralysé et incapable de défendre les droits de l’homme dans le monde, ses membres se déchirant selon leurs intérêts respectifs). De toute manière, tout le monde se fout de ce que peuvent penser les Taiwanais (et notamment les jeunes Taiwanais, qui sont nés Taiwanais, et qui ne sentent pas du tout Chinois). Ceux ci savent que leur pays n’a que peu d’avenir et que le monde les exclut volontairement (au profit de l’argent amassé par leurs entreprises en Chine). Les jeunes Taiwnais sont pessimistes et beaucoup d’entre ux pensent au moyen de quitter le pays à l’avenir...pauvres Taiwanais (moi je les soutiens). Tout le monde se fout d’eux et après les politiques français osent parler de droits de l’homme et de morale (voyez les candidats à la présidentielle qui vont en Chine (et qui tous sans exception ne connaissent rien aux problèmes de l’Asie) pour lécher les bottes des responsables chinois...les questions des droits de l’homme sont clairement mises de coté aujourd’hui...ce n’était pas le cas lorsque la Chine n’était pas ouverte au capitalisme). Aucun pour rattraper l’autre...pauvres Taiwanais qui ne peuvent même pas bébéficier de l’OMS.

                Le natioanlisme monte, monte en Asie. Les Chinois ne sont pas forcemment des gens méchants, c’est sûr...mais leurs intentions ne sont pas claires. Et au même titre que le nationalisme et le révisionnisme monte au Japon (moi qui adore le Japon... snif), le parti chinois a su opérer (et continue encore) un certain « lavage de cerveau » à ses habitants qui sont presque tous très nationalistes (essayer de parler des questions qui fâchent avec eux et vous verrez qu’ils ont intransigeants et bornés...même si a part ça ce sont des gens gentils (là n’est pas le problème). Tant qu’il y aura une dictature en Chine, il y aura des problèmes en Asie.

                Il n’y aura aucun problème....avant les JO de 2008...ensuite les jours de Taiwan seront comptés (même si la Chine aspire « l’île » grâce à l’économie et au commerce).

                PAUVRES TAIWANAIS ET HONTE AUX POLITIQUES FRANCAIS QUI NE CONNAISSENT RIEN AU PROBLEME DE TAIWAN ET QUI N’ONT AUCUNE MORALE FACE A L’ARGENT. COURAGE TAIWAN


                • ZeusIrae (---.---.209.130) 31 janvier 2007 17:43

                  Article synthetique qui resume une partie des enjeux assez bien.

                  Il ne s’agit bien eveidement que d’une synthese partielle. Il ne faut pas oublier que la modernisation de l’armée chinoise ne vise pas uniquement à effacer les humiliation du XIXeme et XXeme siecle mais aussi à assurer la securité des approvisionnement chinois.La chine est en effet tres dependante des ressources exterieures.

                  @Labatobo,vous n’avez rien dit de faux dans votre commentaire.Il dennote quand meme une certaine inculture politique.Le probleme n’est pas de savoir si la chine a une armée.C’est ce qu’elle compte en faire et ce dont elle est capable.Ces capacité de projection que vous mentionner font l’objet d’une amelioration permanente.Et la nouvelle strategie chinoise est precisement d’obtenir une capacité d’intervention oceanique.Les tensions dans la regions sont importante.La Chine a des differents territoriaux avec tout ces voisins en mer de chine(spratley,taiwan,senkaku).Ce devellopement des capacités militaires chinoise dans une zone vitale pour les etats de la region(route maritime,champ d’hydrocarbure....)rend naturellement nerveux ses voisins et ne sera pas sans consequences sur la politiques mondiales.

                  La France comme la l’Europe n’a pas d’interet vitaux en Asie.Il serait bon toutefois que nous abstenions de toute actions susceptibles d’alterer la balances des puissances(lever de l’embargo sur les armes....).La chine progresse bien assez vite nul besoin pour les europeens d’empirer la situation en intervenant à tord et à travers.


                  • maobius (---.---.7.197) 31 janvier 2007 20:45

                    Prions pour que l’armée du peuple ne prenne pas le pouvoir


                    • Un chiffre (---.---.222.66) 1er février 2007 11:10

                      En France, l’armée compte 500 000 hommes pour 60 millions d’habitant, en Chine 2 millions seulement pour 1 milliard 300 millions, alors qu’elle a des frontières plus vastes et que les missions de l’armée sont plus vastes.

                      Autant dire que la Chine a du retard à rattraper...

                      Je ne partage pas du tout les analyses de l’auteur sur la menace chinoise. Et puis, à lire la presse chinoise, autant la lire entièrement, pour voir que la pensée y est moins unique qu’attendue. Voir par exemple les revues de presse sur le site de l’ambassade de France en Chine : http://www.ambafrance-cn.org/?230/-Revue-quotidienne-de-la-presse-chinoise-&lang=fr

                      Le nationalisme est certes un ressort de la politique étrangère chinoise, et trouve un écho dans la population, mais est en perte de vitesse pour qui suit la Chine depuis plusieurs années.

                      La Chine a changé, et change encore (on y parle d’abolir la peine de mort, et de développer la démocratie), et ses dirigeants aussi.

                      Un retour en arrière n’est pas à exclure, mais n’est pas d’actualité aujourd’hui.

                      Agiter son épouvantail est complètement anachronique. La Chine est bien aujourd’hui une « puissance molle », et son nationalisme traditionnel hérité des humiliations du XIXe s commence à se combler par les réussites économiques du pays et l’image qui change à l’étranger. Cela en arrive à tel point que nombre d’intellectuels chinois s’inquiètent, après avoir éprouvé un peu de fierté, à lire ce genre d’article sur la menace chinoise (qui nous servent une même daube pseudo stratégique, ça me rappelle les « Inconnus » avec la « guerre mondiale dans le monde »), et préconisent par exemple de ne pas mettre le « dragon » en exergue, car il s’agit d’un symbole maléfique en Occident.

                      Pour l’auteur : l’article se fonde sur quelques arguments, mais s’il vous plaît allez plus loin, au propre comme au figuré. On sent que vous ne maîtrisez pas encore le sujet, et au final vous nous livrez des idées préconçues que vous et nous avons déjà lu ailleurs en plus. Il y a de très bons chercheurs francophones et anglophones sur la Chine, lisez leurs travaux, ils ont quelques années d’expériences qui leur permettent de mettre les choses en perspective. Et allez aussi en Chine, aujourd’hui c’est facile, et vous y trouverez plein d’interlocuteurs intéressants, à la fois des nationalistes qui vous conforteront au début dans vos opinions, et puis des libéraux, des démocrates, des fonctionnaires ouverts, de tout, pour avoir une pensée plus plurielle...


                      • Emmanuel Dubois 1er février 2007 12:04

                        Merci pour votre commentaire, très intéressant. Si l’on suit votre raisonnement, la Chine pourrait donc se doter d’une armée de 11 millions de personnes environ, sans que l’on puisse parler d’autre chose que d’un « rattrapage ». Or, la Chine actuellement a plutôt tendance à réduire le nombre de ses soldats. Cependant ça n’est absolument pas le nombre de soldats qui compte mais les capacités d’action. Et la Chine se dote aujourd’hui de capacités militaires impressionnantes à terme.

                        Quant à l’idée que le nationalisme chinois serait en train de disparaître, c’est une idée qui me paraît complètement fausse. Comment expliquerez-vous que « le problème de l’histoire » avec le Japon soit aujourd’hui plus vivace que jamais ? Il n’y a pas de contradiction entre la montée en puissance de la Chine et le développement des sentiments nationalistes. Voyez ce qui s’est passé en Europe à la fin du XIXe siècle.

                        Enfin, puisque vous signalez aimablement les revues de presse de l’ambassade de France à Pékin, voici ce qu’on peut y lire à la date du 23 janvier dernier :

                        « Certains médias chinois se préoccupent constamment de l’image de la Chine dans le monde, comme le quotidien Global Times (Huangqiu shibao), du groupe du Quotidien du Peuple, qui faisait la semaine dernière sa »une« sur le dernier numéro du magazine américain Time, dont le dossier de couverture était consacré à la Chine. Il se plaisait à relever que l’hebdomadaire parlait de »siècle chinois« , et présentait la Chine comme une nation pacifique, à l’opposée de la thématique sur la »menace chinoise« que l’on trouve souvent dans la presse occidentale. Cette semaine, ces titres ont fort à faire pour justifier l’essai d’arme anti-missile [je suppose que l’auteur voulait dire anti-satellite, ED] chinois. Depuis qu’un porte-parole du ministère des Affaires étrangères s’est exprimé le 23 janvier pour défendre la position de la Chine, les journaux ont désormais le droit de traiter ce sujet, et les internautes ultra-nationalistes en profitent pour se déchaîner sur les forums. »

                        Cordialement

                        ED


                      • Un chiffre (---.---.25.254) 1er février 2007 15:04

                        D’accord pour une part sur votre argument pour le nombre de soldat. Mais vous postulez que la Chine est en train de se doter d’un armement de qualité. Or la plupart des experts militaires estiment que la qualité de l’armement chinois, bien qu’en amélioration, a encore une génération de retard.

                        Bien sûr les crédits de défense augmentent. Ils restent ridicules par rapport à ceux des Etats-Unis par exemple, qui continuent donc de creuser l’écart.

                        La stratégie de défense chinoise est fondée sur la dissuasion. Par l’arme anti-satellite ou les sous-marins, ils veulent montrer qu’ils pourraient infliger des dommages insupportables à un agresseur, non pas qu’ils pourraient l’emporter.

                        Sur le nationalisme chinois, vous citez un extrait du site que je vous ai indiqué, mais vous auriez pu aussi en citer un autre :

                        « Sous le titre »Abe est-il toujours un faucon ?« , le huanqiu shibao (global times, groupe quotidien du peuple) apporte son crédit, en dernière de couverture, à la presse japonaise qui considère qu’Abe a opéré un véritable revirement politique en s’éloignant des prises de positions des »faucons" depuis son arrivée au pouvoir. Il s’est notamment excusé pour les dommages causés par le Japon pendant la guerre, allant jusqu’à mettre en cause son propre grand-père. En novembre, il a de nouveau rappelé son attachement au principe de la non possession de l’arme nucléaire par le japon. Ses choix en termes de ministres illustrent également cette évolution. Global time s’interroge : s’agit-il d’une stratégie à court terme, destinées à gagner les élections sénatoriales de 2007 et à séduire les milieux d’affaire, ou d’une véritable évolution en profondeur ? Selon M. Gao Hong, chercher au cent de recherche sur la Japon, Abe a fait des efforts certains pour améliorer les relations avec la Chine. En politicien avisé, il s’était certainement préparé aux attaques de la droite japonaise. Néanmoins, Gao estime qu’Abe ne devrait pas revenir sur cette politique de bon voisinage, car il a compris qu’elle était dans l’intérêt du Japon."

                        Le voyage d’Abe en Chine a été le témoin de manifestations de bonne entente étonnantes quand on connait le passif entre les deux pays. Trouvez des archives d’il y a 10 ans (comme le brulôt conservateur et nationaliste « la Chine peut dire non » zhongguo keyi shuo bu), et comparez les avec ce qu’écrivent les Chinois aujourd’hui. Vous ne pourrez que constater que le nationalisme, s’il reste vivace, a perdu une large audience en Chine, notamment parmi les intellectuels et les cercles du pouvoir. Et si vous faites un tour du monde entre la Chine, la Russie, ou les pays arabes... vous vous rendrez vite compte de qui est le moins nationaliste.

                        Bon voyage !


                      • Un chiffre (---.---.25.254) 1er février 2007 15:52

                        D’ailleurs, j’en rajoute une couche sur Taiwan : l’année dernière, l’adoption de la loi anti-sécession par Pékin, trop souvent rapidement analysée par les journalistes comme de la surenchère nationaliste, comportait un élément intéressant, interdisant le recours à la force pour le but ultime, la réunification des deux Chine, sauf en cas de déclaration d’indépendance de Taiwan.

                        Il faut revenir en arrière pour comprendre en quoi c’est un progrès, se souvenir de l’époque où Mao mettaient Kroutchev en échec lors de l’internationale communiste et affirmait que la réunification et la révolution ne pouvait avoir lieu sans effusion de sang.

                        Jusqu’à l’année dernière, les dirigeants chinois s’étaient toujours réservé la possibilité de recourir à la force pour reconquérir Taiwan...


                      • Emmanuel Dubois 2 février 2007 10:45

                        La loi antisécession a été adoptée il y a deux ans et non l’année dernière. En outre la loi parle du recours à des moyens « non-pacifiques » pour éviter la sécession de Taiwan. Il y a mieux comme abandon du recours à la force. Sinon, si vous me citez sans recul les journaux officiels chinois, je crois que pour ce qui me concerne la conversation va tourner court. Je vous remercie néanmoins pour votre invitation à voyager. Je dois cependant avouer que j’ai eu l’indélicatesse de ne pas attendre votre proposition pour le faire : voilà plusieurs années que je me rends régulièrement dans ce pays extraordinaire, dont j’admire comme tout un chacun la culture et la civilisation. Bien cordialement ED


                      • ZeusIrae (---.---.209.130) 1er février 2007 16:49

                        Que l’armée chinoise souffre de retard a tout les niveaux,est un fait que seul les nostalgiques de la grandeur russe nie(ne discutez jamais avec un « fana » des sukhoi).

                        Mais vous oublier trop facilement l’effort considerable de la chine pour moderniser ses forces ariennes et navales(Sukhoi,Backfire,Sovremny,SNA type 93 et SLBM type 94) et l’accent mis ces derniers années sur la marine,souvenez vous des comemoration des exploits de Zheng-he.Il n’y aucun doute que la chine a des ambitions navales importante,ce qui est naturel vue sa dependance aux importations de matiere premiere.Mais la place aussi en conflit directe avec le Japon et ses voisins.Ces derniers ne pas voir autrement qu’avec une tres grande inquietude l’extension des capacités chinoises alors que des conflits territoriaux important subsistent sur l’une des routes maritimes les plus vitales de la planetes.

                        L’etat de relations entre la Chine et le Japon c’est ameliorer grace à Mr Abe,c’est tout à fait exact.La question est de savoir combien de temps cela durera.Je vous rappelle que des manifestations particulierement violente ont eu lieu contre le Japon en 2005,que tout les evenement sportif entre le Japon et et la Chine sont marqué par une grande tension. http://pewglobal.org/reports/display.php?ReportID=255 Et ceci contredit votre commentaires. Le antionalisme en Asie est un mouvement de fond,il ne disparaitra pas en quelques années.

                        Sans compter que sur le papier,les relations n’ont aucune raison de s’ameliorer durablement.La Chine est l’opposant le plus farouche à l’inclusion du japon au sein de l’UNSC.Les differents territoriaux sont souvent la cause d’incident diplomatique.Leur interets strategiques sont opposés.Quelque mois de calme ne sont pas grand chose face à cela.Nous verrons ce qui se passera au JO,ce sera un test important.J’ai peur que vous soyez tres deçus.

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