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Accueil du site > Actualités > Politique > L’histoire et la géographie ne servent à rien !

L’histoire et la géographie ne servent à rien !

Le ministre de l’Education nationale annonce la transformation de l’histoire -géo en matière optionnelle pour les classes de terminales scientifiques. Signe des temps ?

A trois reprises, Geographedumonde s’est interrogé sur la place de l’université, ses difficultés et les réformes qui l’attendent. En octobre 2007, le gouvernement proposait de faciliter le financement de la recherche par des entreprises privées : La rêverie des rêveurs rejoint l’illusion des pragmatiques. En février 2009, les éditeurs et les universitaires s’associaient pour crier au loup. Dans le domaine des sciences humaines, les uns et les autres évoquaient une possible disparition des revues sérieuses dans leur version imprimée : Que les masques tombent. Début octobre, une campagne de presse lancée par le Monde s’intéressait au sort des personnels enseignants sans statuts à l’université. Ces soutiers bien diplômés mais mal payés, victimes du système ? L’abondance des candidats ne nuit pas à l’esprit de compétition. En cette fin novembre, le ministre de l’Education annonce la suppression de l’histoire - géographie en terminale scientifique, ou plus exactement de sa transformation en matière optionnelle. Au fond, l‘histoire et la géographie ne servent à rien. Non seulement ce titre s’impose mais un sondage rapide de quelques manuels scolaires anciens appuie cette suggestion.

Le plus ancien est la Géographie historique de P.Foncin - Inspecteur Général de l’Enseignement Secondaire - édité par Armand Colin en 1888. Le digne fonctionnaire prétend dès la page de garde présenter le monde depuis la haute antiquité jusqu’à la Troisième république, couronnement majeur de l’histoire humaine. Je n’ironiserai pas sur les trois premiers quarts de l’ouvrage. Faute d’accès aux sources contemporaines, l’auteur vasouille dans les marécages pâteux de l’ignorance et de la présomption. Parmi les dernières leçons consacrées à l’Europe au XIXème siècle, plusieurs mériteraient un développement. Tout commence avec l’Empire français stabilisateur du continent, malgré les pays coalisés contre la France. L’Allemagne se réorganise, et de nouveaux Etats naissent. En 1815, rien ne va plus. « Les souverains qui avaient combattu Napoléon au nom de l’indépendance des peuples ne songèrent plus qu’à leurs intérêts personnels dès qu’ils furent victorieux ; ils s’efforcèrent de revenir à l’ancien ordre de choses et de restaurer la monarchie absolue. [en gras dans le texte]. » 

La leçon trente-neuvième - L’Italie de 1815 à 1870 - commence par le rappel de l’effondrement du royaume fondé par Napoléon. Cet homme de guerre porte la responsabilité d’avoir enlevé un pape et supprimé une république vénitienne millénaire [Le Monde]. En 1815, cependant, « Partout furent abolies les institutions introduites par les Français ; partout régna de nouveau le privilège, l’inégalité devant la loi, le gouvernement de la cour. Le roi de Sardaigne songea même à détruire la route de la Corniche (de Nice à Gênes) comme étant l’œuvre des Français. » L’obscurantisme conduit au sacrilège. Par la suite, les patriotes se rebellent contre les ingérences étrangères. Il s’agit bien entendu des Autrichiens, avant-garde du péril germanique : quel Italien craindrait les armées françaises ? Dans le royaume de Sardaigne, des hommes résolus travaillent à l’unification de la péninsule. Leurs forces seules s’avèrent insuffisantes. Heureusement, « La France vint à leur secours ». Du sang versé au cours de la campagne sanglante du mois de juin 1859, l’Inspecteur Général tait l’essentiel. Pour le lycéen de l’époque, deux minuscules plans - batailles de Magenta (3) et de Solférino (24) décrivent juste l’emplacement des armées ennemies. La leçon s’achève sur la constitution du royaume d’Italie, ses agrandissements récents et possibles. Monsieur Foncin ne souffle mot sur la campagne d’Italie, point d’orgue d’une action diplomatique et militaire catastrophique, car elle a définitivement rompu les liens unissant la France à l’Autriche, quelques années avant le désastre de 1870.

Le deuxième manuel rentre dans la catégorie des prépa-bacs avant la lettre : « La géographie au baccalauréat » (Bordas / 4ème édition). Pierre Serryn, professeur agrégé d’Histoire et de Géographie, enseigne en 1950 au lycée Claude Debussy. Le livre de poche est entièrement consacré à la France et à son empire colonial. Il faut parcourir des dizaines de pages fastidieuses sur la géographie physique et l’organisation régionale de la France pour arriver ensuite à la géographie humaine et économique. Sur l’électricité, on apprend que l’équipement de la France, « quoique important, ne satisfait pas à une demande qui est de plus en plus considérable (usages domestiques, multiples emplois industriels, chemins de fer qui ont plus de 3.500 km. électrifiés. » La métallurgie française fait la fierté de l’industrie, tandis que deux leçons distinctes décrivent l’essor du textile dans l’hexagone et la vitalité des voies d’eau. Avant celles traitant de l’Union française, Pierre Serryn décrit en quelques pages la population française. Il décrit une natalité en baisse rapide - chiffres de 1938 à l’appui - tout en admettant une reprise depuis 1945. Il y a beaucoup d’étrangers en France, commente ensuite le professeur, en précisant leur origine européenne (Italiens, Polonais, Espagnols et Belges). Au demeurant, « Le nombre des étrangers a sérieusement diminué passant à 1.700.000 durant la guerre. Mais le manque de main d’oeuvre dans certaines industries, les mines notamment, pousse à une politique systématique d’immigration qui ne présente aucun danger, car les étrangers, en France, sont vite assimilés. »

Le troisième ouvrage a pour titre « Les grandes puissances du monde », avec trois co-auteurs, trois agrégés de l’Université professeurs à Paris aux lycées Louis-le-Grand (Roger Fischer) et Henri-IV (René Oudin et Paul Raison). L’éditeur est Armand Colin. En 1964, les classes terminales préparent une nouvelle épreuve de géographie, tournée vers le monde, avec une place de choix réservée à l’étude des Etats-Unis et de l’URSS. Par charité, j’éviterai de reprendre les glorieuses réalisations du socialisme, les premiers signes de la maturité ou encore le deuxième souffle trouvé par l’Union Soviétique après vingt-cinq ans d’histoire. Sur ce dernier point, les auteurs se montrent optimistes. La priorité au niveau de vie après l’industrialisation à outrance est envisageable. « Devenue grande puissance industrielle, l’URSS peut envisager, dans un avenir moins lointain, le passage du ’socialisme’ au ‘communisme’ (abondance générale) et, dès maintenant, commence à profiter de son effort précédent : la durée de la journée de travail, par exemple, diminue régulièrement. »

A l’intérieur du cours sur la Communauté Economique Européenne, l’Italie retient encore une fois mon attention. Le chapitre commence ainsi. « Le temps n’est plus où les prétentions du régime mussolinien à l’héritage de la grandeur romaine prêtaient à sourire. Depuis une quinzaine d’années, en effet, un effort soutenu a porté l’Italie au rang de véritable grande puissance, la septième ou la huitième. » Dans une première partie, les auteurs étudient les conditions physiques trop souvent défavorables. Pour étayer cette affirmation, les auteurs décrivent une péninsule trop montagneuse, avec une plaine du Pô sous influence climatique continentale. Dans une deuxième partie - Le poids de l’homme - le lycéen apprend que le passé pèse lourd, que le Mezzogiorno tire vers le bas l’Italie (poids mort), et que le chômage ne se résorbe pas. Après un survol du potentiel agricole - Dieu merci, il y a possibilité d’intensifier les cultures dans la plaine du Pô - les auteurs se focalisent sur les atouts industriels italiens (chimie, mécanique, etc.) et concluent d’une phrase sur le tourisme. D’ailleurs, « Rome - 2.300.000 habitants - n’est que pour partie touristique. Elle est fort peu pourtant ville industrielle (les industries - cinématographiques et pharmaceutiques - n’emploient que 6 % de sa population active), et encore moins une ville d’affaires, laissant ce rôle à Milan. Sans doute est-elle capitale à la fois de l’Italie et du catholicisme, et les pélerins s’y confondent avec les touristes, mais cette activité politique et religieuse n’explique pas sa forte population. Rome est en effet surtout un ‘cas’, une ville résidentielle et calme, gonflée par une ‘classe moyenne’ nombreuse, c’est ce calme qui fournit à Rome son charme un peu mystérieux. »

Ces trois manuels ici brocardés donnent l’impression à plusieurs reprises d’avoir été élaborés par les scénaristes d’OSS 117. On y trouve des préjugés et des approximations. Le baratin spécieux y règne trop souvent en maître. Peut-être pourra t-on affirmer un jour que la vanité française, loin d’être seulement une tradition ancestrale trouve aussi sa source dans les manuels rédigés pour le secondaire. Le lyrisme gaulliste ne se résume t-il pas à une version littéraire d’un nationalisme enseigné jusqu’au baccalauréat ? Si l’on s’en tient à ces exemples, l’histoire et la géographie ne servent qu’à obscurcir les esprits et non à apporter les lumières de la connaissance. En outre, les programmes s’élargissent, les ambitions augmentent et les défauts restent au rendez-vous.

En réalité, les auteurs par leurs qualités respectives appartenaient au milieu intellectuel et universitaire de leur temps. Ils reflètent des idéaux, plus quelques illusions perdues depuis. Disséquer leurs accommodements avec la vérité amuse un moment. Au-delà, le redresseur de torts risque de perdre de vue que le contexte a complètement changé. Dans le domaine des sciences humaines, la recherche a bouleversé les disciplines précédemment évoquées. Aucun universitaire ne se lancerait aujourd’hui dans une monographie sur l’Italie. En histoire, cent volumes n’épuiseraient pas le sujet, de la haute antiquité à Berlusconi, en passant par Mussolini. Géographiquement, on trouvera des chercheurs sur les glaciers transalpins, la tectonique des plaques (Certaines catastrophes prennent corps en silence), l’étude de la crise du Messinien (ici dans l’Ardèche), la culture du peuplier dans la plaine du Pô, le quartier de l’EUR (Exposition Universelle de Rome) ou encore sur l’économie souterraine dans le Mezzogiorno. A ce titre, un chapitre consacré à l’Italie, au sein d’un cours général sur l’Union Européenne, gênera un professeur de lycée. Il se contentera d’une poignée de paragraphes dans un manuel, éventuellement complétés par la fiche Wikipedia. Ainsi, les chercheurs cherchent, et les enseignants ne savent plus quoi enseigner.

Deux voies se présentent. En suivant la première, il est encore temps (possible ?) de tenter un raccordement entre deux mondes qui s’éloignent l’un de l’autre, l’enseignement secondaire et la recherche. Cette situation dépasse à mon sens le cas des sciences humaines. Mais si l’on se déclare en faveur de cette voie, il ne faut pas s’illusionner. Une très large majorité de lycéens ne peuvent suivre des enseignements liés à des travaux universitaires. Cela signifie une remise en cause du lycée pour tous. L’autre voie est démocratique, en lien avec ce que souhaite le corps électoral. A ce titre, le cours d’histoire et géographie doit délivrer des connaissances précises, d’un côté des dates-repères, de l’autre des fiches-pays. Et puis si l’identité nationale devient un thème à la mode, le cours d’histégé s’infléchira dans le sens voulu. Dans une vision purement utilitaire du lycée - boîte à outils, l’histoire et la géographie ne servent à rien.

Car l’Italie, rien n’est plus facile de la connaître sur un moteur de recherche bien connu. Après Wikipedia dont je ne souhaite pas ici faire le procès, l’internaute - consommateur peut tout comprendre de l’Italie. C’est un beau pays, où il fait chaud et bon vivre : la dolce vita. On y mange des pizzas. Les hommes en cravates draguent, les non rasés volent. Tout le monde circule en vespa, de préférence en téléphonant. Il y a de beaux monuments, des vieux tout cassés et sans toît, des églises noirâtres pleines de tableaux sur des sujets inintéressants, des musées pleins de vieilles pierres. Sur un autre site, le curieux découvre la liste des personnes importantes : Vivaldi, Botticeli, Vinci, Verdi, Puccini, Fellini et Pirelli (rayez l’intrus). Les rédacteurs de voyage-sac-au-dos-&-pensions-trois-étoiles, quant à eux, n’instruisent pas. Ils poétisent. Le centre de l’Italie « bourdonne de l’effervescence de ses hauts lieux culturels.  » En Ombrie, la lumière est douce. Dans le Piémont, les châteaux sont haut perchés. Naples est la perle de l’Orient. Je coupe [1]. Mais vraiment, l’histoire et la géographie ne servent à rien…

PS./ Geographedumonde sur l’Italie : Certaines catastrophes prennent corps en silence, Bye bye New York, Anomalies normales en Italie, La mafia napolitaine : frissons sans raisons ?

[1] « Le centre de l’Italie bourdonne de l’effervescence de ses hauts lieux culturels, de Florence à Assise et de Sienne à Pérouse. Mais sillonner la Toscane et l’Ombrie, c’est aussi goûter à la douceur de la lumière et des paysages, loin des sentiers battus. Au nord de l’Italie, le Piémont, ancienne région industrielle, met en valeur ses villages et châteaux haut perchés sur les collines. La Ligurie est jalonnée de villages en balcons sur la mer, d’oliveraies et de jardins en terrasses. Et ne manquons pas de voir Venise avant de mourir. Au sud de l’Italie, Les Pouilles, région florissante, offrent le charme du monde rural, façonné par les tonalités de blanc des pierres et les champs d’oliviers. Naples, porte de l’Orient, vous ouvre les portes des paysages apuliens et de Calabre, où vous goûterez aux plaisirs balnéaires au pied d’un écrin de montagnes qui semblent plonger leurs racines dans les flots émeraude. L’intérieur est d’une beauté sauvage, adoucie par des lacs et forêts. Aux confins méridionaux de l’Italie, vous irez jusqu’à chatouiller la Sicile.  » [Source]

Incrustation : Clin d’œil au film P.R.O.F.S. et plus particulièrement à l’improbable cours de géographie comparée entre l’Urss et les Etats-Unis (source). 


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18 réactions à cet article    


  • morice morice 27 novembre 2009 11:15

    « La géographie, ça sert d’abord à faire la guerre ». Yves Lacoste (1976).


    Non, c’est pour blaguer : la matière est indispensable, bien entendu !

    Surtout, cet ouvrage est issu de son séjour en juillet 1972 au Vietnam où il signe, à son retour, un article dans l’édition du 16 août 1972 du Monde en accusant les États-Unis d’avoir bombardé les soubassements des digues des deltas du fleuve Rouge dans le but de provoquer la destruction du barrage lors des crues de l’automne, cela afin de mettre sur le compte de « catastrophe naturelle » les victimes des inondations. Dans cet article, il affirme que le savoir géographique peut servir à un État pour faire la guerre. Dans La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre (1976), il distingue trois géographies : la géographie scolaire et universitaire, la géographie « spectacle » et la géographie comme « instrument de pouvoir », les deux premières dissimulant la dernière. Si cette théorie est aujourd’hui remise en cause par une partie de la communauté des géographes (d’ailleurs dès la publication de cet essai, Pierre George rompt avec Lacoste), le grand mérite de cet essai fut en premier lieu d’avoir encouragé les géographes à s’intéresser aux problèmes épistémologiques de leur discipline ainsi que de relancer une « géographie active » qui s’engage dans l’organisation de l’espace.

    • ZEN ZEN 27 novembre 2009 11:21

      L’histoire et la géographie ne servent à rien ?
      D’accord avec l’auteur, au sens le plus pragmatique du terme, comme la philo, l’art, la littérature, etc...
      C’est ce que pensent aussi nos élites sans doute, pour qui l’histoire forme par trop l’esprit critique (On connaît la position de Napoléon III là-dessus)
      L’enseignement de l’histoire est in-dis-pen-sable !
      Un toilettage des manuels s’impose sans doute
      Mais rendre optionnelle une telle matière en TS, c’est à tous les coups signer son arrêt de mort


      • ZEN ZEN 27 novembre 2009 11:25

        A St Dié des Vosges tous les ans, l’histoire-géo est à l’honneur

        -Aux États-Unis, on n’étudie plus la géographie. «  Les peuples qui n’étudient pas la géographie sont des éléphants dans un jeu de porcelaine  ». (Jean-Robert Pitte)

        -« La Géographie, cela ne sert pas seulement à faire la guerre. »
        [ Yves Lacoste ]

        -La géographie en fête à Saint-Dié-des-Vosges :


        • TSS 27 novembre 2009 11:54

          Moins on en sait sur l’histoire ,en general,et sur l’histoire de son pays. en particulier,plus on est

           facile à manipuler !!

          idem pour la géographie(economique et politique)... !!


          • stephane 27 novembre 2009 12:04

            Ce n’est pas avec ce genre de mesures que l’on fera progresser, pour les générations futures, le niveau du débat sur par exemple l’identité nationale....

            Quand on voit l’inculture à laquelle a mené le cloisonnement progressif mais exagéré des filières et des cursus, on se demande sur quelles bases se traiteront les futures grandes questions de société : « un peuple qui ne connait pas son Histoire est amené à refaire les mêmes erreurs... »


            • Alain-Goethe 27 novembre 2009 12:12

              Hist-Géo utiles

              Hist = ne serait ce que depuis 1870 , ce qui conforterait les jeunes qu’ils doivent se méfier des « manipulations » ( car l’H est un loup sur l’H)

              Voici 8 jours sur Envoyé spécial, un sujet a montré :
              toute 1 série de personnes qui avaient l’air d’utiliser le Net essentiellement pour charger de ma musique et des films

              —>> Je suis alors perplexe sur les cultures économique, sociologique ou politique de ces personnes...

              Si on ne lit pas soit des livres, soit des documents sérieux (sur le Monde) trouvés sur internet, comment peut on être bien informé et lucide ???


              • LE CHAT LE CHAT 27 novembre 2009 15:32

                les épreuves du bac en histoire géo se passent avec le français en première , motiver les élèves au programme surchargé pour ces matières en terminale est une utopie !

                ce sont des matières indispensables pourtant , mais on dirait que nos dirigeants n’en ont rien retenu !  smiley


                • finael finael 27 novembre 2009 16:34

                  Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir.


                  • karquen karquen 27 novembre 2009 18:45

                    Comment peut-on comprendre des notions de cultures locales, l’antiquité, les stratégies guerrières du passé... comment comprendre les enjeux du présents, les modalités par lesquelles s’articulent les pouvoirs, les liaisons fraternelles entre peuples, si on balaye de l’éducation l’Histoire et la Géographie ?

                    Le conditionnement humain commence par l’acte de retirer les moyens de réflexions et d’épanouissement, puis par la rigueur d’un travail aliénant sous le joug d’impôts de plus en plus nombreux, pour finir par la privation de nourriture tout développant « une image de l’idéal social » du genre « ecolo-bobo » avec loft et photovoltaïque ; consommation de 5 fruits et légumes, arrêter de fumer, se faire vacciner, et faire dans le caniveau quand le chef vénéré dit de le faire...

                    je pensais que depuis 1789, c’était au peuple d’élire un représentant ; pas à un représentant de faire créer un peuple à son image par l’intermédiaire d’outils et de leviers totalitaires... Bientôt cette question ne viendra même plus à l’esprit de nos chères têtes blondes.
                    Il n’y a que ceux qui auront les moyens d’envoyer dans le privé, ou le temps de faire l’école à la maison qui offriront une voie d’éclairage intrinsèque.

                    quelle est donc la raison ultime ?
                    Volontés d’une génération de petites mains ouvrières pauvres ? De chaire à canon ?


                    • mako mako 27 novembre 2009 19:37

                      Il faut que toutes les matières soient optionnelles !

                      L’école de Summerhill pour tous...
                      Au moins trois moins de profs !
                      Pourquoi apprendre ce qu’on aime pas !!!
                      Apprendre à son rythme et les matières qui sont intéressantes, comme la musique, le théâtre, la peinture, la poésie...
                      Que des artistes en devenir...
                      Pourquoi apprendre des choses qui ne servent qu’à travailler ?
                      L’avenir de la france....

                      • Léo Réaguart moneyasdebt 27 novembre 2009 19:45

                        Le problème, c’est que cette matière a toujours été utilisée, par tous les Etats et à toutes les époques, comme un moyen d’inculquer une certaine vision du monde (qui contrôle le passé contrôle l’avenir). Le pouvoir d’un système éducatif est largement sous-estimé (mais pas par les Etats...).

                        Pour citer un exemple, ce n’est qu’une fois adulte que j’ai appris que musulmans et juifs avaient eux aussi pratiqué l’esclavage, que beaucoup de roitelets africains avaient été complices du commerce triangulaire, et que les « méchants européens » avaient été les premiers à l’abolir...

                        Et des exemples, il y en a probablement beaucoup d’autres, pas seulement en occident, et pas seulement à notre époque...


                        • ddacoudre ddacoudre 27 novembre 2009 20:21

                          bonjour bruno

                          je crois fortement au développement de la sous culture en France à l’image de ce qu’elle existe aux States, a suivre son modèle économiques nous avons récolté ses lacunes.

                          le paradoxe est que dans un monde où la science n’a jamais avancé avec de si grand pas, l’on considère que les citoyens ne doivent s’instruire que du travail qu’ils occuperont, c’est dramatique car avec les ignorants l’on construit des tyrannies. même si je garde de mauvais souvenir de l’histoire et de la géographie grâce à ces deux disciplines j’ai pu me situer dans le temps et dans l’espace indépendamment des discutions exégètes que tu soulèves.

                          cordialement.


                          • Axel de Saint Mauxe Nico 29 novembre 2009 17:21

                            ddacoudre :

                            Seules les élites seront instruites. Après tout cela suffit bien non, si la populace est satisfaite !


                          • armand armand 29 novembre 2009 18:02

                            Un peu le système britannique - il y a les « Public schools » pour l’élite, et bière sexe et foot pour les autres. Et un taux de violence et de mal-être chez les ados à la pointe de l’Europe.
                            C’est le « Cool Britannia » de Blair...


                          • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 27 novembre 2009 21:17

                            Il faut bien le croire, puisqu’on nous dit que la Turquie est un Etat européen.


                            • etiennegabriel 28 novembre 2009 13:37

                              En histoire il suffit de savoir qu’au commencement la France fut peuplée de Sarkosapiens vulgaris, nés par génération spontanée à partir de la glèbe nationale.
                              Beaucoup plus tard Sarkogétorix écrasa Caesar à Gergovie non loin de Chamalières. Quelques siècles plus loin Sarkorolus fut couronné empereur universel le 25 Décembre 800 par Jean Paul Deux qui l’admirait énormément, (comme tout le monde). Après adaptez-vous, les temps devinrent salaces et révoltionnaires (excusez le pléonasme). Seul Kozy 14 se distingua en matant la chienlit parlementaire et la noblesse hexagonale qui avait la prétention de se prendre pour quelque chose, alors que Molière l’avait bien dit : « nous vivons sous un prince ennemi de la fronde ».
                              Pour ce qui est de la géographie et de l’éducation civique c’est encore plus simple : Sarkoland, administré par le plus grand des présidents souverains, est le plus bel endroit du meilleur des mondes, ou un ramassis de sales cons est invité à se casser pour aller cultiver le présidentiel jardin, en se contentant de dire oui not’ bon maît. oui not’ Môssieu.
                              Tout le reste n’est que cuistrerie d’intellos qui racontent n’importe quoi, même que le vieux Clôdelé Vistrosse qu’a tout pensé ce qu’on pouvait de mieux il y a pas dit ni écrit.


                              • Axel de Saint Mauxe Nico 29 novembre 2009 17:20

                                L’éducation nationale est infestée de franc-macs.

                                Comme du temps de POL POT, il faut créer un homme nouveau, et pour cela la civilisation ancienne doit être oubliée.

                                Depuis 40 ans l’enseignement de l’histoire se résume par :
                                - avant 1789, pas bien
                                - après 1789, bien.

                                Cela ne suffit pas : des petits malins pourraient avoir envie d’aller fouiner dans l’histoire « avant 1789 », et risqueraient d’y constater que la vérité n’est pas tout à fait celle qu’on leur a conté.

                                En supprimant l’enseignement de l’histoire, moins de petits malins auront l’idée d’investiguer. La bonne pensée gaucho libertaire qui nous enfume à longueur de journée ne sera ainsi plus contestée.


                                • Tony Pirard 29 novembre 2009 17:36

                                  Les Europenns sont déjà méchants en géographie...« imagine si la mode prends ».Demain,ils iront dire que aussi la philosophie,littérature et autres ne sont pas nécessaire.

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