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L’histoire et les historiens... M. Klarsfeld fait fausse route

Dans un article du journal Le Monde, daté du 27 janvier 2006, l’avocat Arno Klarsfeld expose son point de vue sur la question du rôle du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l’histoire, sorte de bilan de son travail réalisé à la demande du président de l’UMP, Nicolas Sarkozy.

Partant du constat que la mémoire collective française a été largement transformée par la période coloniale, M. Klarsfeld fait remarquer à juste titre que l’un des enjeux de l’enseignement de l’histoire est justement de concilier des mémoires « parfois antagonistes ». Aujourd’hui plus complexe qu’hier, l’histoire de France est le fruit de la confrontation de ces mémoires.

Personne n’a nié le fait que toutes les mémoires sont l’essence même, aux côtés des faits, de l’histoire. Néanmoins, ce qui a donné naissance à la pétition du 13 décembre 2005, c’est la colère provoquée par l’intervention du Parlement et du législateur au sujet d’une période de l’histoire que personne, et encore moins les hommes d’Etat, n’a pu analyser sereinement.

La plus grosse erreur de M. Klarsfeld est de croire que les historiens se contentent « d’écrire sur l’histoire  ». C’est vrai, les historiens ne font pas l’histoire. Comme le dit justement M. Klarsfeld, ce sont « les hommes, les peuples » qui la font et qui l’écrivent. Toutefois, sans les historiens, quelles synthèses historiques existeraient ? Qui aurait rassemblé les données, les preuves, les témoignages, les sources, qui permettent de savoir de quoi l’histoire était faite ? Les historiens ne font pas l’histoire : ils établissent des faits « avec rigueur et précision ». Certains, dans la lancée de leurs recherches, peuvent se permettre d’en livrer une interprétation.

Face au reproche des historiens signataires de la pétition en question, selon lequel « [...] il n’appartient ni au Parlement ni à l’autorité judiciaire de définir la vérité historique... », M. Klarsfeld assène froidement la phrase suivante : « Ces historiens se trompent ».

Et c’est là que bascule la démonstration de M. Klarsfeld, juste au début du troisième paragraphe... On passe subtilement de la définition et de l’écriture de l’histoire à « l’appréciation » du passé. M. Klarsfeld, homme de droit, n’est pas sans connaître le poids des mots.

En effet, il existe une différence non négligeable entre l’écriture et l’appréciation des faits. Les faits, une fois établis, sont difficilement contestables, sauf présence opportune d’éléments nouveaux, de la même manière que, lors d’une instruction judiciaire, le dossier peut être amené à prendre un autre visage avec l’apport de tels éléments.

Un fait historique est un évènement ou une succession d’évènements couramment et unanimement admis. Certes, des points de vues minoritaires existent sur tel ou tel sujet, mais dans ce cas, ces points de vues ou thèses sont largement décriés et condamnés.

Qu’est-il alors besoin de légiférer sur des questions historiques ?

C’est alors que M. Klarsfeld se lance dans un long déclinologue des lois mémorielles promulguées par le passé, mélangeant allégrement la responsabilité de l’Etat devant l’histoire et les nécessités de la « cohésion nationale ».

Que le pays, à travers le Parlement, reconnaisse officiellement des faits historiques, pour le bien de la « cohésion nationale » est une chose. Cependant, que ce dernier franchisse le pas d’intervenir directement dans ce que l’histoire peut et doit dire, est à la fois dangereux et irrespectueux de la démarche et du travail raisonné des historiens. Le travail historique est long et parfois laborieux. Il ne peut se faire dans un climat de pressions, quelles qu’elles soient.

Ainsi, M. Klarsfeld s’épanche longuement sur les lois Gayssot, Taubira... Ces deux lois abordent tour à tour la punition de « la contestation d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité », en clair, le délit de négationnisme, et la reconnaissance de la traite négrière comme crime contre l’humanité par la France, pour ce qui est de la loi Taubira du 10 mai 2001.

Dans les deux cas, il ne s’agit que de positions officielles sur des sujets tranchés. Aucun historien digne de ce nom n’oserait remettre en cause la Shoah ou la traite négrière à laquelle la France a participé.

Ces lois « mémorielles » sont moins une appréciation du passé qu’une tentative de psychothérapie de l’Etat, qui, par ces textes, se donne « bonne conscience ». En effet, ces lois ne garantissent en rien l’intégrité de l’histoire et du travail des historiens. Si, dans un autre pays, ou de telles dispositions n’existent pas, une communauté d’individu nie ces évènements, qu’en sera-t-il de la vérité historique ? Pire, dans le cas où des faits historiques ont été établis à partir d’éléments fragmentaires et incomplets, comme ce fut le cas pour l’action du gouvernement français du régime de Vichy, que se passera-t-il le jour où, devant des faits nouveaux, les lois mémorielles deviendront obsolètes  ?

M. Klarsfeld mentionne justement la loi du 10 juillet 2000 instaurant « une journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes antisémites de l’Etat français et d’hommage aux justes de France ». L’instauration de cette journée s’appuie sur les faits établis par les historiens, et non par le Parlement, d’après les archives à leur disposition. Ce que semble oublier M. Klarsfeld, c’est que ces archives étaient passablement détruites, parcellaires et donc incomplètes. Nous n’avons donc, pour l’heure, qu’une vision bien minime de ce que qui s’est réellement passé durant cette période.

Osons aller plus loin ! Si, dans un futur plus ou moins proche, on était amené se rendre compte qu’en réalité les actes du gouvernement de Vichy n’étaient pas aussi volontaires que ce que laissent voir les archives aujourd’hui, que se passerait-il ? Bien sûr, une telle chose ne pourrait ,semble-t-il, pas se produire, car les archives disparues ont une très faible chance d’être découvertes. Néanmoins, cela pose la question de la légitimité de ces lois mémorielles, et celle de leur immuabilité.

A une époque où l’on prône la flexibilité à tous les niveaux, il semble que l’on ait pris en compte le caractère flexible de la recherche historique, qui, contrairement au domaine législatif, peut aisément corriger ses erreurs et enrichir sa réflexion.

Pour en finir avec ce point, M. Klarsfeld argue que ces lois sont une protection et une reconnaissance pour les peuples victimes des erreurs et des errances du passé. Une loi française reconnaît-elle le caractère de victime du peuple allemand lors de la seconde guerre mondiale, ou faut-il considérer que, à l’image de leurs dirigeants de l’époque, tous les Allemands étaient des malades antisémites ? Qui protège d’une haine irraisonnée les Allemands du XXIe siècle contre une « vendetta », qui serait certes illégitime et absurde, mais dont le risque existe ? Personne... Les lois mémorielles, si leur existence a un certain rôle, ne doivent pas être sélectives...

De la même manière, la France a reconnu « publiquement le génocide arménien de 1915 », dans lequel elle n’était pas impliqué, ni de près ou de loin, peut-être devrait-elle alors prendre la décision de promulguer des lois sur des faits qui ne la concernent pas directement, ce qui serait un acte politique fort dans le contexte mondial actuel...

Ainsi, pour en revenir à la loi du 23 février 2005, qui apporte une protection aux «  harkis » contre les diffamations et les insultes, une loi similaire pourrait être parfaitement adoptée pour apporter les mêmes protections aux ressortissants allemands se trouvant sur le territoire français, et qui sont, en certaines occasions, la cible de phrases douteuses et, d’une certaine façon, homophobes.

Faut-il prévoir un cas législatif pour chacune des populations ? Car là où certaines sont protégées par les lois réprimant les injures homophobes de toutes natures, d’autres bénéficient d’un statut « privilégié », les mettant « à part »...

Et c’est là la frontière dangereuse entre l’appréciation, le jugement et l’écriture de l’histoire. En effet, la loi de février 2005 indique que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Soit. Enseignons donc à nos chères têtes blondes le rôle positif de la présence coloniale outre-mer.

Premier problème : qu’est-ce qui, dans l’action coloniale française, peut être objectivement considéré comme «  positif » ? A cette question, rien n’a encore été répondu. Et pour cause ! Comment pourrait-on juger ce qui est positif ou non d’une période récente, dont les conséquences sont encore visibles aujourd’hui et touchent directement les populations de ces pays ?

Les aspects positifs de la présence coloniale n’ont pas encore été établis avec discernement et raison. Les seules choses positives que les députés ont à présenter sont les choses qui, à plus ou moins long terme, auraient été probablement inventées par les peuples « colonisés »...

Quelle ironie, que le pays à l’origine des droits de l’homme, à l’origine du délit d’ingérence dans un autre Etat, se croie obligé aujourd’hui de légitimer son passé et d’excuser ses errances en les dissimulant derrière une grandeur factice...

M. Klarsfeld conclut en évoquant l’adoption d’un terme neutre, à savoir que « les programmes scolaires reconnaissent la place conséquente de l’histoire de la présence française dans les territoires autrefois outre-mer [...] », ce qui revient à dire que l’enseignement de cette période aborde le rôle de la présence française, ni plus ni moins... On en revient donc au statut quo sur cette question... Si, en 2006, la présence française outre-mer se définit par des exactions, des meurtres, etc., eh bien, c’est cet état de la connaissance qui pourra être enseigné.

Le rôle de la présence française outre-mer n’est pas unanimement admis, dans le sens où tous les points font débat... Contrairement à ce que dit M. Klarsfeld, ce ne sont pas les reproches des historiens qui sont infondés, c’est l’intervention du Parlement dans le travail des historiens à un stade prématuré qui est dangereux.

Le bilan de M. Klarsfeld est donc un coup d’épée dans l’eau. Mais sans doute la réponse la plus logique à cette question était-elle, peut-être, d’abord d’accorder plus de temps dans les programmes scolaires à cette question de la colonisation, qui, pour l’heure, ne tient qu’en quatre petites heures de cours.

Encore une fois, nos hommes d’Etat semblent ne pas s’être posé les bonnes questions... Malheureusement une habitude, que les historiens ne cessent de constater, et ceci à toutes les époques...


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19 réactions à cet article    


  • eric (---.---.182.106) 30 janvier 2006 17:30

    On diligente a M.Klarsfeld ce délicat rapport sur l’histoire et ses aboutissants dans tous les domaines de la vie quotidienne des francais.Soit ! Mais est-il assez competent et imparcial ?!

    Je crois qu’il y des gens largement plus competents,plus aptes pour ce genre de travail. On marche sur la tete !! Ce n’est pas un boulot de rigolo !!


    • Warriorfloyd (---.---.123.215) 30 janvier 2006 17:39

      Je suis parfaitement de votre avis et c’est pour cela que ces conclusions me paraissent illégitimes ! Du reste, la FFAEH avait fait partager son point de vue à ce sujet à M. Sakozy... Il fait croire qu’elle n’a aps été entendue !


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 30 janvier 2006 22:28

      Il serait plus qu’intéressant d’avoir l’avis sur cette question d’Assia Djebar.

      Née en 1936 à Cherchell, à l’ouest d’Alger, Assia Djebar, de son vrai nom Fatima-Zohra Imalyène, a été la première femme algérienne à être admise à l’Ecole normale supérieure de Sèvres, en 1955. Elle a été reçue à l’Académie française en 2005, au fauteuil 5.


      • (---.---.47.238) 30 janvier 2006 23:25

        Renforcement :« On diligente a M.Klarsfeld ce délicat rapport sur l’histoire et ses aboutissants dans tous les domaines de la vie quotidienne des francais.Soit ! Mais est-il assez competent et imparcial ?! »(commentaire par eric 30.01.2006, "L’histoire et les historiens... M. Klarsfeld fait fausse route Dans un article du journal Le Monde, daté du 27 janvier 2006, l’avocat Arno Klarsfeld expose son point de vue sur la question du rôle du Parlement dans les domaines de la mémoire et de l’histoire, sorte de bilan de son travail réalisé à la demande du président de l’UMP, Nicolas Sarkozy" par Warriorfloyd 30.01.2006, www.agoravox.fr).Sarkozy, l’Hongrois, decrit sur son site Klarsfeld comme un homme qui a ecrit des choses difficiles a comprendre ... . Avez-Vous vraiment des difficultes avec Klarsfeld ? Klarsfeld est le nom d’une « dame » qui a donne au Chancelier Allemand Kurt Georg Kiesinger un gifle parce qu’elle a voulu laisser des traces expressionistes qu’elle appartienne aux Zionistes ... .


        • zephyrin (---.---.147.220) 31 janvier 2006 05:58

          Je ne partage pas votre point de vue sur les historiens. L’histoire est une réécriture idéalisée du passé. C’est un objet politique. De ce fait l’histoire est partiale, et donc il y a une histoire qui sied « aux vainqueurs » et une « aux vaincus » ce qui infère qu’il n’y a pas qu’une histoire mais des histoires.

          D’un autre côté si les historiens avaient réellement fait leur travail nous n’en seront pas là aujourd’hui, d’avoir recours à la loi pour reconnaitre des faits qui ont marqué l’humanité.

          Ce sont les hommes qui font l’histoire et les historiens la raconte, fonction de leur sensibilité, leur ideologie ou intérêt.

          cordialement zephyrin


          • Warriorfloyd (---.---.127.235) 31 janvier 2006 10:57

            Certes, il y a plusieurs Histoires. Mais savez vous comment on « écrit » l’Histoire ou en quoi, su moins, consiste le travail des historiens ? L’Historien, à travers les sources qui existent et qu’il arrive a rassembler, donne un état des faits... Certes pour les guerre et les batailles, nous avons plus de documents émanants des vainqueurs que des vaincus. Ainsi on arrive à avoir plus une histoire des vainqueurs qu’une histoire du conflit. Mais rassurez vous, des travaux sur l’histoire des « minorités » (dont font partie les « vaincus ») sont en cours d’élaboration...


          • zephyrin (---.---.26.94) 29 mai 2006 10:21

            Quoi qu’en dise l’historien, l’histoire est avant tout un objet politique, qui peut s’apparenter à une idéologie. Il n’y a pas d’histoire neutre, ni d’historiens neutres.

            Le récit historique est orienté, il a toujours été et ce en fonction des convictions politiques, économiques, familiales, sociales, religieuses de l’historien qui relate le récit.

            Il n’y a aucune vérité apodictique dans les livres d’histoire, mais un éclairage communément admis comme vrai et beaucoup d’omissions.

            Je vous renvoie à vos cours sur la philosophie de l’histoire.

            Cordialment Zephyrin


          • Stéphane (---.---.86.182) 31 janvier 2006 10:26

            Petite précision

            pas d’accord quand vous dites « la france n’est pas impliqué de prés ou de loin avec le génocide des arméniens » carle 24 mai 1915 la france, l’angleterre et la russise ont envoyé à la Sublime Porte ( empire ottoman) un mémorandum lui indiquant qu’elle aurait à répondre de la destruction des arméniens. Dans ce mémorandum les trois alliés qualifient la destruction des arméniens de « crimes contre l’humanité » ce fut la première utilisation de ce terme dans l’histoire humaine.


            • Khader MOULFI (---.---.212.172) 31 janvier 2006 17:28

              Bonjour à toutes et tous les internautes,

              Je trouve certaines « positions », de l’auteur de cet article, trop partiales et dénuées de tout fondement.

              En l’espèce, les « harkis » désignés, malgré-eux, comme les « boucs-émissaires », du rajout d’une partie de l’alinéa 2 de l’article 4 de la loi du 23 février 2005, susceptible de faire une « apologie de la colonisation », est sans rapport avec les « revendications légitimes et spécifiques » des véritables « oubliés de l’histoire » (merci, aux historiens idéologues de nous avoir occultés) !!!

              Faut-il rappeler que les anciens supplétifs musulmans (désignés par le terme générique harkis) ont été abandonnés, volontairement, par l’Etat français (trahissant, par cette action, ses propres soldats), en terre algérienne devenue une « dictature marxiste et flniste » (et, aucunement, une Algérie indépendante et démoncratique), en les vouant à un « génocide annoncé » (plusieurs dizaines de milliers de harkis ont été massacrés, par le FLN et les « marsiens » (les fameux résistants de la 25ème heure en quête d’une carte de moujahides en vue de quelques privilèges à venir), après le cessez-le-feu promulgué, par les Accords d’Evian (entérinés le 18 mars 1962 et dont l’article 2 stipulait une interdiction formelle de toutes représailles collectives et/ou individuelles par les signataires incluant le FLN), le 19 mars 1962 à 12 heures.

              Ensuite, les très rares « survivants » furent rapatriés, en métropole, dans des « conditions inhumaines, dégradantes et discriminatoires en regard des autres rapatriés d’origines européennes » (internements forcés dans des camps de concentration insalubres, spoliations des primes de rapatriement et de réinstallation, humiliations, ...) !!!

              Et, c’est justement, de ces « faits connus et indéniables » que les « harkis » entendaient obtenir, plus de 43 années après, justice et réparation, en complément d’un « enseignement scolaire » de cette « chronique de la plus grande injustice au pays des droits de l’homme et du citoyen », avant que cette « polémique tous azimuts » ne vienne « parasiter » le « débat de fond » !!!

              Il n’appartient pas, aux harkis et à leurs familles (qui ne sont pas des nostalgiques de l’Algérie française), de se prononcer, collégialement, sur la « colonisation et sur ses aspects négatifs et/ou positifs » mais, en revanche, il nous importe de voir réhabiliter certaines « vérités » relatives au « drame harki » !!!

              Enfin et concernant, les lois sanctionnant les « injures et la diffamation envers les harkis », je rappelle, à notre narrateur de céans, que nous sommes les seuls, en France, à subir un « triple racisme » (celui de faciès perpétrés par les Français dits de souche, celui de conjoncture et de propagande propagé par les immigrés et autres franco-algériens et par les plus hauts « indignitaires » du FLN dont le despote BOUTEFLIKA donnant un triste exemple à ses ressortissants) !!!

              Alors, je pense qu’une telle loi ne répondra pas, en réalité, à l’ampleur des dégâts occasionnés, depuis 1962, par les « racistes anti-harkis » !!!

              Très cordialement,

              Khader MOULFI (porte-parole et coordinateur de la coalition nationale des harkis et des associations de harkis - Roubaix)


              • Warriorfloyd (---.---.123.215) 31 janvier 2006 17:42

                Cher Monsieur, je ne voit pas dans quel sens mes propose paraissent partiaux ? Je ne nie pas que je critique sévèrement les conclusions de M. Klarsfeld, mais justement, je soutien l’idée que ce n’est pas une loi qui va modifier des comportements et des mentalités en un clin d’oeil. Du reste, que reprochez vous concrètement à mes propos ?


              • Khader MOULFI (---.---.212.172) 31 janvier 2006 18:11

                Bonjour Cher Warriorfloyd et à toutes et à tous les internautes,

                Effectivement, une loi ne saurait modifier des comportements et des mentalités mais, néanmoins, la menace de sanctions pénales pourrait, dans certains cas, dissuader, certains « racistes anti-harkis », de proférer des propos blessants et odieux à l’encontre des « intéressés » !!!

                Je rappelle que la classe politique dans son ensemble ne réagit, jamais, à l’instar des « professionnels de la citoyenneté et des droits de l’homme subventionnés », face aux « injures abjectes » de BOUTEFLIKA et de ses « sbires », ce qui semble donner un « blanc-seing » à nos « détracteurs » !!!

                Pour preuve, la « stèle en hommage aux harkis », à Roubaix, vient d’être « taggée », tout comme, il y a quelques mois, des « tombes de RONA » (rapatriés d’origine nord africaine qui est le terme administratif pour gérer les harkis et leurs familles en dehors de l’aspect anciens combattants), dans la ville limitrophe Hem, le tout passé, quasiment, sous silence de la part des médias et de la presse !!!

                Donc, je pense que la loi, sans être la « solution miracle », peut offrir des « armes juridiques » face à ce « racisme anti-harkis » passé sous silence étatique, politique, démocratique et médiatique !!!

                Enfin, les historiens se doivent de mettre en place, une déontologie et des bornes morales, car l’indépendance d’une profession ne rime pas, forcément, avec anarchie et absence de contrôles sinon qui nous garantira contre le « révisionnisme et le négationnisme idéologiques » !!!

                Très cordialement,

                Khader MOULFI (Roubaix)


                • Massi (---.---.220.232) 1er février 2006 13:40

                  Heureusement que tu es là Khader !

                  Massi

                  Harkis.info


                  • Warriorfloyd (---.---.120.39) 1er février 2006 13:46

                    Le « révisionnisme » et le « négationisme » ont toujours existés et ne relèvent pas de la déontologie, mais de la conscience individuelle. Un négationniste ne peut-être considéré comme un historien... Il serait d’ailleurs rejeté par la profession. Cependant, j’attire votre attention sur le fait que le moteur même de la recherche historique est une certaine forme de révisionnisme, car, a la lueur de nouveaux éléments, des faits sont parfois ammenés à être « rectifiés » ou ajustés... Par exemple, le nombre de victimes dans les rues de Paris durant la commune. Mais sans doute avez vous raison sur une certaine forme de contrôle au sein des sciences historiques... Cependant, je serait bien incapable d’en déterminer les modalités !

                    Cordialement


                  • Khader MOULFI (---.---.212.172) 1er février 2006 16:23

                    Bonjour Cher Warriorfloyd et à toutes et tous les internautes dont Massi (de harkis.info),

                    Je pense que ce sera, très certainement, avec l’arrivée d’une « nouvelle génération d’historiens éclairés » (tels que vous), que les choses évolueront dans le « bon sens ».

                    En l’espèce, je ne fustige, aucunement, les « erreurs » commises, par les historiens (ne pouvant analyser et interpréter que les éléments en leur possession)et, qui finissent par être rectifiées au fur et à mesure puisque : « errare humanus est » !!!

                    En revanche, il existe une catégorie assez sournoise, « d’historiens idéologues et engagés », qui dépasse, très largement, les « limites de l’acceptable » en tentant d’atténuer voire de « justifier l’injustifiable », notamment, le « génocide harki », en prétendant, de manière affirmée et ubuesque, que : « les harkis ont choisi un camp et ils ont perdu » (comprenez, ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient en se faisant exterminer par le FLN et les marsiens après le cessez-le-feu du 19 mars 1962)ou : « les harkis n’étaient pas des enfants de chœurs » (justifiant leur massacre après l’armistice) !!!

                    Et de tels « propos choquants et indécents » ont été proférés, non pas, par de sinistres et obscurs « révisionnistes en marge de la corporation des historiens membres de l’intelligentsia » mais, par leurs « pairs notoires et notables », en l’occurrence, M.M. Benjamin STORA et Mohammed HARBI (qui ne sont pas des cas isolés), à l’origine d’une tendance à vouloir « réécrire », l’histoire, en l’enrobant de « propagande pro-FLN et marxiste » !!!

                    Bien entendu, aucun « démocrate altruiste » ne contesterait, la légitimité, du « droit à l’indépendance », du Peuple algérien (et de tout autre colonisé) mais, l’utilisation abusive, d’anachronismes et de « faits travestis », s’évertuent à nous faire oublier les « vérités » !!!

                    Enfin, si les « racistes anti-harkis » allèguent, à tort, que : « les harkis sont des traîtres et des collabos car ils n’ont pas rejoint le FLN, qui n’était pas le peuple algérien, rappelons-le, ni adhérés à leurs turpitudes terroristes et criminelles même à l’encontre d’algériennes et d’algériens », qu’en est-il, alors, des « superlatifs idoines » à réserver, aux « porteurs de valises du FLN et autres gauchistes ayant servi, contre leur Nation, une organisation terroriste étrangère revenue in bonis qu’à compter de mars 1962 » (et, ceux-là peuvent remercier les lois d’amnistie successives et la réforme du Code Pénal en 1994 car ils auraient eu à répondre de leurs actes de trahison contre leur propre pays et peu important de savoir si la cause était juste ou pas car la fin ne justifie pas, systématiquement, n’importe quels moyens) ?

                    Voilà les raisons, du bien-fondé d’une « immixtion salutaire », de la loi, dans l’histoire, la justice, ... car une totale « indépendance est antidémocratique car l’être humain n’est pas infaillible » !!!

                    Mais, Jacques CHIRAC (le monarque ripoublicain et mauvais à tout) a opté pour fermer, le débat, en lieu et place d’ouvrir une « réflexion citoyenne et politique », sur ce sujet, en laissant, ad vitam aeternam, le champ-libre aux « historiens adeptes de la pensée unique et imposée », sans que soit mis en place de véritables « outils de contrôle » d’autant plus qu’il y a une différence significative, entre des livres d’histoires (écrits pour des personnes érudites et susceptibles d’avoir leur libre-arbitre » et des « manuels scolaires » (réservés à un public jeune et formatable) !!!

                    Très cordialement,

                    Khader MOULFI (Roubaix)


                    • Warriorfloyd (---.---.123.215) 1er février 2006 17:05

                      Cher Monsieur et chers internautes, Cet échange aura eu le mérite de montrer que l’histoire est un sujet qui prête toujours au débat. Cependant, j’attire votre attention sur la différence qu’il existe entre les historiens idéologues et les idéologues qui se servent de l’histoire pour illustrer leur idées... Ainsi, des historiens de renom ont travaillé sur l’histoire avec une optique marxiste, qui les a conduits la plupart du temps à se tromper lourdement... Les gens que vous citez ne sont pas a ranger au rang des historiens... Ce sont des libres penseurs se réclamant du titre d’historien...


                    • (---.---.162.36) 1er février 2006 16:49

                      Les historiens sont ils « fiables » : pour ma part j’en doute.

                      Combien de décennies aura t il fallu pour qu’ils admettent ce qui s’était rééllement passé pendant les guerres dites de Vendée ? Combien de silences malgré les évidentes évidences, les textes, les nombreux témoignages, récits ....

                      Alors, messieurs les historiens, un peu de pudeur, vous n’avez pas, loin de là, le privilège de la vérité.


                      • Warriorfloyd (---.---.123.215) 1er février 2006 17:13

                        Pour ce qui est de la fiabilité des historiens, je vous renvois à ce discours de Jean Tulard : http://www.asmp.fr/travaux/solennelles/president/2005_tulard.html

                        Comme dit plus haut : errare humanum est...


                      • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 5 février 2006 11:22

                        Ce qui est en cause dans la reconnaissance des soi-disant aspect positifs de la colonisation c’est de savoir si le principe même de la colonisation est conforme ou non à la déclaration sur les droits de l’homme de 1948 signée par la France et avec les principes de la république française dès lolors que l’Algérie était un partie intégrante de la république dès le IIIème du nom.

                        Si c’est non alors la colonisation dans son principe est et doit être considéré comme un crime politique aux yeux de le justice intrenationale et française et doit être présenté comme tel objectivement par tout historien digne de ce nom.

                        S’il refuse de la faire c’est qu’il nie et la valeur de la déclaration des droits de l’homme de 1948 et celle des fondements de la république française. Cette négation ne peut être que politique et non pas historienne.


                        • Warriorfloyd (---.---.121.11) 5 février 2006 13:11

                          Monsieur, l’historien n’est pas juriste et n’a pas à considérer des faits historiques d’après le droit... L’historien constate des faits. La question des aspects positifs ne sera jamais tranchée dans la mesure ou il y aura toujours quelqu’un pour dire que tel ou tel éléments est au moins en partie négatif pour les populations concernées... Que le parlement décide que la colonisation est un crime contre l’humanité : soit. Mais qu’un historien le fasse, il sort de son domaine de compétencene fait plus un travail d’historien. Les historiens ont établis le fait que la colonisation a existée. Maintenant ils travaillent sur son contenu !

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