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Accueil du site > Actualités > Politique > L’homme du 16ème siècle a tout inventé !

L’homme du 16ème siècle a tout inventé !

L'homme moderne, ce n'est pas l'homme du XXIème siècle, collé à son téléphone portable, cramponné à sa zapette et gavé de télévision et de publicité, ce sur-consommateur avachi. Non, c'est l'homme du XVième siècle, l'homme curieux et l'esthète de la Renaissance. De grands noms l'attestent : Montaigne, Erasme, Thomas More, La Boétie. Pour ne citer que ces quatre-là. Mais laissons-les parler plutôt !

Montainge

Erasme (1469 – 1536) a dédié son célèbre « Eloge de la folie » (1509) à son ami Thomas More. Il y prône le retour à une éthique chrétienne plus simple, ne craignant pas de se mettre à dos à la fois les catholiques et les réformateurs en ne prenant pas parti, un centriste avant l'heure en somme. Ce fils de prêtre et ancien prêtre lui-même, gardera jusqu'au bout sa foi catholique mais il aura combattu contre l’ignorance et la superstition au nom de ses convictions d’humaniste qu'il plaçait au-dessus. Par ce morceau de virtuosité mêlé de délire, Érasme fait parler la déesse de la Folie et lui prête une critique virulente des diverses professions et catégories sociales. La Folie fait son propre éloge, mais un éloge transformé par Érasme en une véritable satire. Il vise juste ! (la vidéo ci-dessous comprend de savoureux extraits lus et illustrés).

Montaigne (1533 - 1592) est, avant Descartes, le fondateur de l'introspection. Son unique ambition est de faire son propre portrait : « Je n’ai d’autre objet que de me peindre moi-même » Mais il dépeint principalement ses pensées, il veut voir plus clair en lui-même, dans ce qu’il appelle son « arrière-boutique ». L’amitié de Montaigne et de La Boétie est restée célèbre. Montaigne a écrit dans dans l’édition posthume de ses Essais : « Si on me presse de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer. Parce que c’était lui , parce que c’était moi ».

La Boétie surprend son siècle avec « Le Discours de la servitude volontaire » (ou le « Contr'un »), un court réquisitoire dressé contre la tyrannie, éruditi et profond écrit par un jeune homme d'à peine 18 ans. Il surpend encore aujourd'hui par l'actualité et l'acuité de son propos. La question qu’il se pose, touche à l'essence même de la politique : « pourquoi obéit-on ? ». Un homme ne peut asservir un peuple si ce peuple ne s’asservit pas d’abord lui-même. Montaigne cherche à en connaître l'auteur : de sa rencontre avec La Boétie, naît alors une amitié qui va durer jusqu'à la mort de ce dernier. Ecoutez ce qu'il dit dans la vidéo ci-dessous et vous serez stupéfait de la modernité de son réquisitoire intraitable !

Le dernier des auteurs étudiés ici n'est pas le plus sympathique. Il s'agit de Machiavel (1469 - 1527). Il écrivit "Le Prince". Il donna son nom au machiavélisme qui a encore cours aujourd'hui et même peut-être plus que jamais de par le monde, par des voies hypocrites... Machiavel pose d'emblée qu'il n'y a pas de pouvoir vertueux s'il n'y a pas de pouvoir effectif. Aussi la question fondamentale posée par « Le Prince » n'est pas « comment bien user du pouvoir selon les vertus morales et chrétiennes ? » mais « comment obtenir le pouvoir et le conserver ? ». Les extraits de chapitres lus dans la vidéo ci-dessous sont très représentatifs de sa pensée qui ne prend aucun détour.
 

Je dis après tout cela que l'homme moderne est l'homme du XVIème siècle ? Et vous, qu'en dites-vous ?


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38 réactions à cet article    


  • Laconique Laconique 18 juillet 2012 17:51

    Ce qui est estimable dans le XVI ème siècle, et les vidéos le montrent bien, c’est cette foi absolue en l’homme, cette certitude que l’homme peut réaliser de grandes choses par ses propres forces, sans secours extérieur. La redécouverte des textes de l’Antiquité n’est pas pour rien dans cette morale nouvelle.


    • Taverne Taverne 18 juillet 2012 18:21

      Aussi une volonté de s’affranchir de l’omniprésence religieuse. Je vois la période de la Renaissance comme une période charnière entre les valeurs antiques des Grecs et Romains et les valeurs en toc du monde d’aujourd’hui : « Vautrez-vous dans la facilité et devant l’écran au divertissement facile ! », « fuyez l’effort ! », « consommez toujours plus » ! « Soyez riche ou enviez ! » « Brillez ! » « Que vous ayez du talent ou pas, soyez une star. » Etc)


      • citoyenrené citoyenrené 18 juillet 2012 18:21

        @ l’auteur,

        toujours incroyable de voir l’avancée et le raffinement de la pensée politique, philosophique du 16e siècle, des siècles précédents aussi

        « incroyable » en fait non, mais vu de mon inculture de membre du 21e siècle, c’est en effet incroyable

        et un grand merci pour avoir cité « Discours de la servitude volontaire » d’Etienne de la Boétie, je connaissais vaguement le titre, et cela me donne l’occasion d’approfondir, inculte, je vous dis

        publié en 1574, et ça traite de 2012 !


        • Taverne Taverne 18 juillet 2012 18:32

          Merci. En citant votre exemple, vous légitimez ma démarche de vulgarisation que d’aucuns n’aimeront pas. Les puristes amateurs de Belles Lettres pourront voir d’un mauvais oeil que je mette ainsi les oeuvres en sons et images et que je tranche dans les oeuvres pour en faire ressortir les aspects saillants. Leur point de vue peut se comprendre. Toutefois, je ne cherche qu’à faire découvrir et à donner envie aux lecteurs d’aller plus loin dans l’étude des auteurs.


        • citoyenrené citoyenrené 18 juillet 2012 19:16

          quand la culture devient un danger pour certains, c’est un signe inquiétant...et pourtant qu’ils se rassurent, j’ai suivi bravement la fin de l’étape du Tour de France

          merci et bravo pour votre démarche


        • Gasty Gasty 19 juillet 2012 08:54

          Mais tu as raison « Taverne » de porter l’attention du lecteur. A lui ensuite et comme peut le dit le « citoyenrené » d’approfondir.

          C’est une très bonne idée de ressortir ces périodes, merci.


        • Taverne Taverne 19 juillet 2012 11:44

          Gasty,

          Je l’avoue, c’est par égoïsme que j’ai commencé ce travail. Je voulais me confectionner de jolis clips musicaux de la Renaissance à regarder de temps à autre pour me délasser tout en admirant des chefs-d’oeuvre. Mais je ne voulais pas illustrer n’importe comment les musiques anciennes : je voulais des illustrations de la même époque. En étudiant les peintres, je suis tombé amoureux de leur oeuvre et , alors, j’ai inversé la méthode. A savoir que j’ai pris des musiques et chansons pour illustrer leur oeuvre (voir mes trois précédents articles sur le XVIème siècle) . Puis, j’ai eu envie de mieux connaître l’ensemble du siècle : histoire, idées, littérature...L’idée de faire d’une pierre deux coups me préoccupait : je voulais écouter de la bonne musique tout en contemplant de bonnes images.


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 18 juillet 2012 19:36

          Ces auteurs, ces géants, s’appuient eux-mêmes sur les philosophe grecs comme Sophocle, ou sur St Thomas d’Aquin et l’école de Salamanque. C’est le début de l’Humanisme : L’homme, l’individu, n’est plus un pion immobile n’existant que grâce à la société qui l’entoure. Il EST. Et la société devient la somme des individus. La notion de Droits Naturels apparait alors.

          C’est sur leurs écris que s’appuieront les philosophes des Lumières. C’est là que va se construire la philosophie libérale qui s’exprimera dans la Déclaration des Droits de l’Homme de 1789 et qui permettra, en moins de 200 ans, de transformer radicalement l’Europe, de faire sortir les pays qui la compose de la pauvreté qui est le lot commun de l’humanité.

          Quand la société est au service de l’Homme, de l’individu, et non l’inverse, c’est toute l’humanité qui en profite.


          • HELIOS HELIOS 18 juillet 2012 20:00

            .......... et qui permettra, en moins de 200 ans, de transformer radicalement l’Europe, de faire sortir les pays qui la compose de la pauvreté ........

            ...Que notre classe politique actuelle, infeodée a des pouvoirs economiques se depeche nous y faire retourner !...


            • alinea Alinea 18 juillet 2012 22:08

              Oui, je crois aussi que l’héritage des lumières n’est pas si lumineux que ça !
              L’homme au centre de tout, maître à bord ! On voit où ça nous mène.
              J’ai lu assidûment Montaigne, un peu Machiavel .
              La vraie connaissance que possède l’Homme est encore antérieure à eux. A chaque époque , ses maîtres qui la peaufine. Mais jamais nous n’avons pu la faire passer dans le plus grand nombre : pourquoi ?
              C’est cela qu’il faut régler, et au plus vite !!


              • Taverne Taverne 18 juillet 2012 22:32

                Je lis sous votre plume que l’humanisme serait responsable d’une recrudescence des tortures et des buchers.Ou alors, vous vous exprimez mal ? Quant à ma supposée prétention à vulgariser une science supérieure que j’aurais, vous avez mal interprété mais c’est normal quand on a des a priori sur une personne. J’ai évidemment exprimé par là que mon exposé était loin d’être savant comme il sied à ce type de sujet et que je me suis permis d’user de moyens mutlimedia, ce qui est vulgariser la matière première. Sinon si vous voulez rire, ne vous mordez pas les lèvres, riez franchement. Si cela peut soulager votre bile.


              • Taverne Taverne 18 juillet 2012 23:06

                Pour rire de bon coeur, voici une vidéo que j’ai concoctée sur Gargantua. Les savoureux extraits sont lus par des acteurs, en particulier par Philippe Noiret. C’est du Rabelais, un humaniste, puisqu’il aimait le rire...Il disait que le rire est le propre de l’homme et donc que l’homme doit rire. C’est sa contribution à l’humanisme et à notre santé. vidéo GARGANTUA Attention, c’est irrésistible smiley


                • stardust stardust 18 juillet 2012 23:10

                  Merci Taverne... !!!!


                  • easy easy 19 juillet 2012 10:45

                    Je vois en votre oeuvre une forme qui me semble consistante et conséquente.
                    Je respecte cette innovation et la crois digne d’intérêt. 
                    (d’autant que plus ça va, plus des gens se contentent d’un smartphone et les écrans étant trop petits, la forme audio ressort paradoxalement plus pratique)

                    Vous avez évité le luchinisme et ça m’est grand soulagement.
                    Je vous féliciterai de viser constamment la sobriété maximale dans cette formule de présentation. (D’autant que les auteurs que vous lisez abondaient déjà de fioritures)



                    Concernant le fond.
                    Laissons de côté le « Ils avaient déjà tout inventé » qui n’est pas de premier intérêt.

                    Examinons plutôt deux points.
                    Pourquoi ces hommes n’ont-ils pas su dire deux mots contre l’abjection du genre humain qu’est la perversité à torturer autrui, fût-il coupable de quelque crime ?

                    Pourquoi Montaigne qui aurait été le premier philosophe du Monde à essayer de dire le cas individuel non l’universalisme se sera-t-il arrêté à peine lancé ?


                    Car il pourrait y avoir deux principes pour nous guider.
                    Soit celui de l’universalisme qui consiste à toujours rechercher de manière névrotique les équations dans lesquelles ont peut mettre tout le genre humain en boîte « J’ai trouvé la formule de l’homme »
                    Soit celui du particularisme qui s’efforcerait de démontrer qu’il n’y a que des cas particuliers.

                    Le choix entre ces deux principes est déterminant de tout nos comportements relatifs et de nos sévérités (sévérité de la part des criminels, sévérités de la part des juges, tous baignant dans l’universalisme)

                    Or c’est toujours le premier principe qui est travaillé. Ca fait trois mille ans que nos lumières n’ont jamais rien fait d’autre que de rechercher la quadrature de l’homme. Vu le résultat, je crois qu’il faudrait arrêter.
                    Il n’y a pas de formule humaine, il n’y a que des cas.
                    Déjà les bestioles se distinguent beaucoup en manières d’être selon les espèces et variétés. Mais au sein d’un groupe, il est vrai qu’elles nous semblent identiques.
                    Or l’homme a une pensée fort complexe où la part de réflexion consciente est grande. Alors il ne peut pas y avoir deux hommes identiques.
                    Surtout aux yeux des hommes.

                    Car si nous voyons les chiens de mer identiques, entre eux, ils se voient différents (les couples ne se séparent plus). Si les bestioles se voient différentes entre elles alors qu’elles sont moins pensantes que nous, il est logique que nous nous voyons très différemment les uns les autres.

                    Il faut donc cesser de rechercher l’équation universelle de l’homme et renoncer à nous faire rentrer dans des cubes identiques. Nous sommes des pommes de terre toutes différentes, il ne faut pas faire de nous des frites.



                    Montaigne aura semblé démarrer une auto mise en examen de son cas (on dira alors qu’il s’agit d’un égocentrisme utile à tous puisqu’il l’expose visiblement à des fins didactiques) mais qu’expose-t-il alors de lui sinon des banalités ?
                    L’exposé des intimités d’une personne ne nous instruit de rien sur la nature humaine s’il censure ses crimes.

                    Nous attendons non le Christ, non un autre homme parfait qui nous rendra encore plus sévères envers nos criminels donc envers nous tous, mais le premier d’entre nous qui avouera ses crimes et qui, sans les excuser, aura suffisamment réfléchi et enquêté sur lui pour nous indiquer comment des faisceaux de forces ou pressions l’ont conduit à ce qu’il reconnaît être des erreurs.
                     
                    L’autocritique de soi ne doit pas être obligatoire, elle ne doit pas être forcée. En aucun cas on ne peut obtenir des aveux sous la menace. On doit donc laisser chacun prendre cette initiative ou pas, à sa convenance. Mais nous gagnerions tous à ce que des pionniers de l’auto critique nous exposassent la mécanique complexe qui les aura conduits à des erreurs ou excès. Pour obtenir ces très enrichissantes confessions libres, il nous faut d’abord exposer notre tolérance .

                    Hélas, si depuis 5 000 ans personne n’a encore osé faire son auto critique, c’est que nous sommes constamment menaçants et tortionnaires pervers envers quiconque est criminel.

                    Les écrivains tentent parfois de dire leur propre fond mais au travers de personnages de fiction alors ça n’a aucun intérêt de preuve.
                    Est-il normal que nous ayons sous les yeux un million de romans où apparaissent des gens ayant commis des crimes mais que nous n’ayons jamais le moindre auteur se reconnaissant criminel ?

                    Pourquoi même Sade, en prison, n’a-t-il pas écrit exactement sur sa personne et pourquoi n’a-t-il rien écrit exprimant un quelconque regret. Pourquoi si peu d’auto critique ?

                    Quant aux prétendues autobiographies, elles sont régulièrement javellisées et hagiographiques ; on peut en lire mille et ne rien en retirer.

                    Peu m’importent les mille ors des décors des textes, ils ne sont que mensonges à mes yeux. J’attends encore la vraie confession d’un homme, son regard distancié sur ce qu’il aura fait, non une glorification de ses actes ou transgressions. Je veux lire une auto analyse sans complaisance avec une explication des sources. « J’ai été cupide, lâche, retors, assassin, inconséquent, excessif, j’ai cédé à l’hybris, je le regrette et il me semble que ça vient du fait que... »



                    Les analyses ou critiques de gens réalisées par d’autres, du genre de celle de l’homme aux loups par Freud me semblent complètement inintéressantes. C’est ce que cet homme pourrait dire de lui ou ce que Freud pourrait dire de lui-même, en leurs profondeurs et regrets qui m’intéresserait.

                    Si un jour vous découvrez une telle confession, veuillez me la faire connaître, je vous en saurais gré.


                    • Taverne Taverne 19 juillet 2012 10:57

                      Bonjour easy. Vous dites « Si un jour vous découvrez une telle confession ». Je pense aussitôt à Rousseau et à ses Confessions. Mais je pense qu’on doit pouvoir trouver quelques autres exemples en littérature. Sinon, je pense qu’au XVIème, les confessions se faisaient dans l’oreille du curé et pas en public. Longtemps, on a pensé que seul Dieu était habilité à recevoir nos confessions.


                    • easy easy 19 juillet 2012 12:28

                      Outch ! Rousseau est très, très loin d’avoir confessé son diable.

                      Et surtout, ce n’est pas le seul diable de chacun que je voudrais voir exposé par lui-même mais plus exactement comment il s’est formé. C’est sa formation qui est intéressante. Ce sont les forces ou influences qui font notre diable qui sont intéressantes à connaître.

                      Freud qui a bien compris qu’il était possible de tracer la formation d’un diable aurait dû nous exposer ce travail sur lui-même.
                      Il est très bizarre que ces experts du retracement que sont les psychanalystes ne fassent ce retracement que sur les autres, pas sur eux-mêmes ou alors qu’ils ne nous en disent rien.

                      C’est bien plus qu’une autocritique que je voudrais lire, c’est une auto analyse et avec des faits probants « Ah la la, je me souviens, en effet, j’avais une voisine qui... blonde... seins... alors du coup... plus tard... j’ai ... Et je n’ai jamais pu sortir de cette obsession, quel dommage. »
                       


                    • alinea Alinea 19 juillet 2012 13:26

                      Je ne comprends pas tout de ce que vous écrivez : d’abord : les bestioles d’une même espèce identiques ? Même les insectes ne le sont pas ! ( cette vision des choses est l’héritage direct des lumières !)
                      Personne ne fait son auto critique ? Ça veut dire quoi ça ?
                      L’auto critique et la pseudo confession de sa veulerie n’ont rien à voir !
                      L’auto critique, ce n’est pas forcément un livre, elle se fait tous les jours, dans la vie, rapport à des évènements ou des gens concernés.
                      Quel intérêt aurait mon auto critique sous forme d’une livre ? Aucun, naturellement.
                      Quant à ceux qui évoluent et jettent un regard critique sur leur passé, leurs engagements passés, il y en a , si si !!


                    • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 13:47

                      Très juste Alinéa. smiley

                      Regardez bien où il y a des réponses aux questions posées par les commentaires.
                      Jamais, où cela ne correspond pas à l’idée émise au départ.
                      Règle d’or de la pratique d’Agoravox et de ses déviances.
                      J’en connais un bout sur la question. smiley


                    • easy easy 19 juillet 2012 14:40

                      @ Alinéa

                      Vous voulez dire que vous faites la différence entre deux chiens de mer, entre deux sardines, entre deux poulets ? Bravo, mes potes et moi, on ne sait pas faire ça sans les marquer.


                      Nous avons tiré des animaux (que de loin et à part vous nous trouvons semblables) l’impression qu’ils ont tous (au sein d’une même espèce) les mêmes moeurs ou goûts. Nous les traitons de manière uniforme. 

                      Entre nous, les hommes, nous nous reconnaissons différents de physique. Mais nous semblons convaincus d’avoir tous le même mental et nous sursautons quand l’un de nous dit être amoureux d’une sardine ou d’un tube de dentifrice. 
                      De là, nos meilleurs penseurs se sont mis au travail pour chercher l’équation de l’homme, pour le définir dans leur codex. (pendant que nos sculpteurs cherchaient à définir les canons physiques) 


                      En dépit de nos milliards de révoltes contre cette vision (des pouvoirs) qui tiennent à nous uniformiser, nous continuons d’être considérés comme devant tous réagir de la même manière au même moment. « Quoi ? Tu ne fonds pas en larmes devant le spectacle de ..., tu n’es qu’une pierre » 

                      ou plus courant

                      « Comment peux-tu dire une chose pareille ? »





                      Ainsi, vous feriez votre auto critique après une auto analyse des causes et effets en nous fournissant des faits précis, ça ne nous serait d’aucun intérêt ?
                      Alors quel est l’intérêt de tant de livres où un homme fait la critique et l’analyse d’un autre ? 

                      Pourquoi ce que dit Freud de l’Homme aux loups serait plus intéressant et pertinent que si c’était cet homme qui le disait lui même ? 



                       


                    • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 15:33

                      easy,

                       Un petit billet qui vient, à propos, en parallèle smiley

                    • alinea Alinea 19 juillet 2012 18:11

                      Pour les sardines, honnêtement je ne sais pas ; mais cela m’importe peu que l’homme fasse ou non la différence entre deux sardines, je sais, qu’entre elles, les sardines se différencient. Et cela me suffit !
                      Quant à l’autocritique livresque, il faut que ce soit l’oeuvre de quelqu’un de connu. Je ne peux donc pas répondre pour lui.
                      Quand à ma propre analyse de mes propres actions, j’ai déjà quelques textes ; qui sait si, d’ici quelques années, cela ne deviendra pas un livre ?


                    • Baba Yaga Baba Yaga 23 juillet 2012 16:30

                      Un peu longuet pour finir par dire que Freud a été une sorte de confesseur de vérités. Hors aujourd’hui avec l’analyse des archives et du bons sens, des psychiatres ne font plus confiance en la théorie de Freud sur l’art de soigner QUE par la parole. 



                      Et même cette fausse science est en train de perdre du terrain a cause de sa non scientificité : 


                      Pour la confession les curés ont relégué le truc aux psychiatres et aux médecins de famille. 

                      Cordialement 


                    • Mycroft 19 juillet 2012 11:12

                      Comparer l’homme moyen, le « cretinus vulgaris » en somme, avec une poignée d’élite d’une autre époque, pour en déduire que « c’était mieux avaaant », c’est osé. Ou ridicule, j’hésite encore.

                      Combien de Montaigne dans le XVIème ? Et combien de temps ses travaux tiennent t’elle la comparaison avec quelqu’un de la trempe d’un Wiles, par exemple. Car ces bien les hommes de notre temps (et pas forcément les plus célèbres) qui trouvent les réponses

                      Non, nos élites n’ont pas à rougir face à celles de nos ancêtres. Et nous non plus, non pas parce que nous sommes bon (car nos élites véritables, nous les ignorons, et appelons « élite » des médiocres beau parleurs) mais parce qu’ils étaient tout aussi nuls que nous, à respecter le même type de crapules bêtement, en ignorant tout des vrais génies.

                      Je dirais même que nous sommes, en proportion, plus nombreux à respecter les élites et à être à même de les comprendre qu’ils ne l’étaient à l’époque.


                      • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 12:09

                        Paul, bonjour,
                         Je ne te suivrai pas sur cette voie, cette fois.
                         Le 16ème siècle ne fait que suivre des mouvements qui existait depuis longtemps ailleurs.
                         Je crois que tu n’as pas lu ce que je t’envoie.
                         Je ne vais pas dire que l’occident n’a rien inventé, mais il a souvent extrapolé ce qui existait bien avant.
                         Même Gutenberg n’a fait que de la réutilisation.
                         Pour ce qui est de ce qui a suivi, ben, chacun a mis une tune dans le bastringue pour faire tourner la machine...
                         Chacun construit sa Tour de Babel qui restera toujours inachevée, heureusement. smiley
                         Je crois que c’est plus riche d’avoir des pensées de la sorte.
                         Surtout pour un jeune, à mon avis. smiley
                         


                        • Taverne Taverne 19 juillet 2012 14:16

                          Le titre doit être compris dans un sens large. De même que lorsque je dis « homme » je n’exclus pas les femmes, quand j’écris « inventé, j’entends ausi »réinventé. Ainsi Montaigne ne s-est-il pas caché de puiser dans l’Antiquité et il cite un très grand nombre d’auteurs classiques dans ses Essais. Mais sa démarche et bel et bien invention. D’ailleurs, peux-tu me citer, Guy, un « Montaigne » Grec ou latin ?


                        • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 15:48

                          " un « Montaigne » Grec ou latin « 


                          Holà... mais il y en a des masses. 

                          stop ou encore ?

                          Non quand je dis homme, c’est dans sa globalité et pas par son sexe.

                          La pensée est universelle et a existé depuis la nuit des temps. 

                        • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 15:53

                          Maintenant, si tu préfères te lancer sur mes traces démonstratives, c’est en deux volets ? smiley


                        • NeverMore 19 juillet 2012 12:34

                          Cet article est à la limite du nauséabond.

                          Vouloir rappeler aux Français leur racines, sans mettre en exergue comme il se doit l’apport majeur et essentiel de la brillante civilisation arabo-musulmane sans laquelle nous ne serions rien, c’est ausssi rétrograde, rabougri et étriqué que de vouloir nous rapeller notre essence gréco-latine et judéo-chrétienne.

                           


                          • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 13:34

                            NeverMore,


                             « nauséabond » je ne dirais pas, mais c’est faire preuve d’un manque de connaissances de manière globale. Quand on ne veut plus regarder plus son nombril, tout change.
                             Lavoisier disait « rien ne se crée, ni dans les opérations de l’art, ni dans celles de la nature, et l’on peut poser en principe que, dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l’opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu’il n’y a que des changements, des modifications ».
                             Pourtant, même lui est démenti aujourd’hui.
                             Tout évolue et tout se déplace. A certaine échelle, le temps n’existe plus. La matière ne peut même plus dire « je suis là et pas ailleurs ».
                             Pourquoi croyez-vous que le boson de Higgs est important ? 
                              

                          • Taverne Taverne 19 juillet 2012 13:54

                            à NeverMore : Vous écrivez « Vouloir rappeler aux Français leur racines ». Je vous rappelle que deux des auteurs, sur les quatre mis en exergue dans cet article, ne sont pas français. Quant au reste, je vous laisse la responsabilité d’apporter des preuves de ce dont vous m’accusez.


                          • NeverMore 19 juillet 2012 14:08

                            Taverne

                            Votre article est très bien et au contraire de ce que je dis, amène un peu d’air frais.

                            C’était donc une antiphrase, malvenue j’en conviens, pour marquer mon agacement, non contre votre article, mais contre une certaine tendance très pesante, de plus en plus lourde, à « remodeler » notre histoire et abaisser nos grands hommes.

                            J’ai bien noté qu’Erasme et Machiavel étaient d’outre frontière, mais j’aurais du mal à ne pas les concevoir et les recevoir dans notre héritage.

                             

                             

                             


                          • NeverMore 19 juillet 2012 14:35

                            En regardant l’évolution de notre socité, on peut légitimement penser qu’on est mal partis pour ne serait ce que retrouver le niveau intellectuel des Grecs anciens.

                            Et il est clair que la civilisation Grecque était bien plus évoluée que communément admis, dans les arts, sciences, lettres, philosophie, sociéte (sports), et même technologique, par exemple :

                             http://fr.wikipedia.org/wiki/Machine_d’Anticyth%C3%A8re

                            Ceci dit, l’ihistoire n’est pas que la Grèce, il y a eu une certaine continuité et nous avons eu une foule de grands hommes, malgré certaines vissicitudes, comme la très forte régression, voire décadence que nous connaissons actuellement.

                             

                             


                          • Taverne Taverne 19 juillet 2012 14:44

                            à « commando Pernod ». L’Histoire ne s’arrête pas à la chute de l’empire romain...Je vous invite à connaître aussi la partie qui suit et qui nous concerne plus directement.


                          • franc 19 juillet 2012 16:07

                            Ce que propose easy à savoir que les personnes fassent leur autocritique en toute vérité avouant toutes leur fautes et en public St-Paul l’a déjà demandé dans ses épîtres mais dans un cercle restreint de chrétiens authentiques au sens évangélique de ce terme qui ne jugent pas et a fortiori qui ne condamnent pas .Or, c’est là qui est le hic ,easy demande d’avouer et d’analyser ses fautes en public dans une société large où les fautes sont jugés et condamnés par des gens plus ou moins mauvais et injustes , des gens en général non sincères débitant plus de mensonges que de vérités ,et qui plus est dans une société où ceux qui avouent leur crimes ou leurs fautes en général peuvent être lourdement condamnées par la loi ;on est loin du cercle chrétien qui ne juge pas et ne condamne pas selon l’esprit évangélique .C’est pourquoi l’Eglise catholique a instauré la confesssion privée en secret à des prêtres qui eux ne jugent pas et ne condamnent pas . 

                             

                            quant aux psychanalystes qui analysent les autres mais qui ne sont pas analysés à leur tour par d’autres ,ce n’est pas tout à vrai puisque selon le principe même de la psychanalyse freudienne ou de la charte des psychanalyste , avant de se proclamer et s’installer en tant que psychanalyste ,celui-ci doit lui-même subir une psychanalyse ,mais il est vrai que les psychanalystes n’exposent pas en public leur propre psychanalyse

                             

                            un grand merci à Taverne pour cet article qui donne une bonne vulgarisation de ce siècle de la Renaissance et de l’humanisme qu’est le 16 è siècle qui n’est pas parfait ,aucun siècle ne l’est ,mais qui redécouvre les lumières de l’Antiquité en particulier celle de la Grèce et sa brillante philosophie pour amorcer la renaissance de l’esprit et l’ évolution de la science pour le progrès humain en redécouvrant l’importance à la fois de la Raison et de la Nature pour repousser les ténèbres de l’obscurantisme . Oui le 16 siècle est un siècle plus moderne que celui du 20 è siècle . 


                            • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 17:12

                              franc,

                               Suivez-vous le bon feuilleton « Inquisitio » sur France2 ? 
                               L’histoire se passait au 15ème siècle à l’époque de Clément VII, l’antipape qui vivait à Avignon. 
                               Je signale que l’Inquisition existait encore au 16ème siècle.
                               

                            • franc 19 juillet 2012 17:30

                              Oui l’enfoiré ,mais on est à l’aube de la Renaissance et ça commence d’abord par les idées ,les pratiques moyen-âgeuses ,des siècles voire des millénaires de traditions , ne peuvent être supprimées du jour au lendemain ,il faut du temps beaucoup de temps ,et aujourd’huismême les pratiques de la torture et de la guerre existent toujours malgré leur interdiction au niveau mondial 

                               

                              j’avais bien précisé qu’aucun siècle n’est parfait et j’ajoute qu’il ne faut pas non plus faire de l’anachronisme en jugeant les siècles passés avec la morale et la conscience d’aujourd’huis car bien de conditions matérielles ont changé ,c’est là une leçon du matérialisme dialectique marxiste que,l’idéal ,la conscience , la morale contenues dans toute l’idéologie d’une époque dépend des conditions matérielles et de l’état du processus réel vital de cette époque qui sont ancrés dans les moyens de production et les rapports sociaux à un moment donné de l’histoire ,bref des conditions historiques de cette époque .


                              • L'enfoiré L’enfoiré 19 juillet 2012 18:49

                                Exact. J’ai plussé. Comparez les époques, c’est un fantasme, une manière de justifier de dénigrer la sienne.

                                Comme je dis toujours, demain doit être meilleur qu’aujourd’hui. Et je fais tout pour comme une goutte que l’on jette dans l’océan. Point. 

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