ll est des noms qui engagent. Klarsfeld est de ceux là. Les chiens ne font pas des chats mais bon sang peut mentir. La trajectoire publique d'Arno, fils de Beate et Serge est loin d'être à la hauteur du combat de ses parents. Ce très proche du couple Sarkozy a été nommé le 13 septembre dernier président de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) en remplacement de Dominique Paillé. Il y défend avec vigueur la politique du chiffre du gouvernement en matière de reconduite aux frontières.
Dès son entrée en fonction, Arno Klarsfeld, a donné le ton de sa présidence."Mon prédécesseur a critiqué le gouvernement. Il était donc normal qu'il s'en aille". "De plus, il n'était pas très actif à la tête de l'OFII", a rajouté très élégamment devant la presse l'avocat de 47 ans lors d'une visite des locaux de l'organisme à Toulouse.
"Le gouvernement ne va pas changer de cap et l'OFII restera la bonne fée auprès des immigrants. Quant à la politique du chiffre, elle demeurera car elle est nécessaire. C'est un aiguillon pour la politique d'Etat", a complété Arno Klarskeld.
Arno Klarsfeld n'est pas à une outrance prêt. Dans le même style très "sarkozyste" il qualifiait dernièrement sur RMC, on ne sait trop pourquoi sauf peut-être de donner des gages d'allégeance au président de la république, François Hollande de "petite felouque".
Son entretien de ce matin sur France Inter avec Pascale Clark était donc attendu.
Sans guère plus de souplesse que lorsqu’il était garde-frontières de l'armée israélienne, Arno Klarsfeld défend coûte que coûte la politique du chiffre. "S'il n'y a pas de politique du chiffre, s'il n'y a pas d'aiguillon sur les préfets, les préfets ne font pas ce travail de renvoyer non pas vers la mort, non pas vers Auschwitz (…) C'est pas la politique du chiffre qui est importante c'est où vont les gens, est-ce qu'il vont vers une destination fatale (…) "S'ils courent un risque d'accord mais s'ils ne courent pas de risque, je ne vois pas où est le problème".
Question chiffres justement, Pascale Clark pose la bonne question " pourquoi faut-il 30 000 éloignements par an. Pourquoi pas 20, 25 000 ? Vous savez pourquoi ce chiffre vous ?"
La réponse est aussi naturelle que désarmante. "Parce qu'il faut donner un chiffre. S'il n'y a pas d'aiguillon sur les préfets, si les préfets ne sont pas disons "emmerdés" administrativement par leur hiérarchie, alors ils ne font pas le travail. Ce travail est difficile, emmerdant, suscite des tracas administratifs qui nécessitent de recevoir des associations. Ils se font mal voir, donc si on ne les embête pas …"
"C'est pas un boulot facile" résume la journaliste. Et de fait, s'il avait été encore de ce monde, nul doute que René Bousquet aurait été touché par cette reconnaissance tardive de ses conditions de travail pendant l'occupation.
Si l'on dépasse un instant le point Godwin, la politique du chiffre en tout domaine apparaît comme une idée foncièrement stupide car elle repose sur une vision aveugle des choses.
Quand ces choses sont des humains ravalées au rang de statistiques on atteint les limites de la bêtise humaine. Et l'on témoigne que l'on n'a rien retenu des leçons du passé.
Que le gouvernement détermine une politique migratoire, c'est normal. Mais que les chiffres l'emportent sur des critères témoigne que cette politique répond avant tout à une finalité idéologique. A force de jouer l'abaissement national on finira par toucher le fond.
Crédit photo : emmanuelsaussieraffiches

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26/09 00:05 - DivaQue de passion pour un si petit personnage, écrasé par l’ombre de ses parents ! Il est (...)
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