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Accueil du site > Actualités > Politique > L’humanisme de l’ultra étatisme, une idée à relativiser

L’humanisme de l’ultra étatisme, une idée à relativiser

Suite au post de Laurent de Boissieu intitulé "Comment ne pas mépriser les déserteurs fiscaux ?" écrit en réaction du départ de Depardieu en Russie, un débat s'installe sur le blog "ipolitique" relatif à la notion d'humanisme. 

Les ultra étatistes de tout poil, Laurent de Boissieu (d'obédience plutôt démocratie chrétienne), mais aussi Laurent Pinsolle et Nicolas Dupont-Aignan (gaullistes), Andrée Roger ou Communisme Ouvrier (communistes, alors que le mur de Berlin s'est effondré), Sarkofrance (socialiste), ActupolSeb MussetNeobonapartiste, tous ont le même avis unanime : il existe un concept appelé solidarité nationale qui emplique qu'en ce moment, en ces temps de "crise", alors chacun doit contribuer plus, surtout les riches. 
 
(Parenthèse : il est difficile de trouver sur la toile ce que pensent les militants clairement identifiés UMP). 
 
Est-ce que nos amis ultra étatistes se rendent compte des faiblesses de leur raisonnement ? 
 
D'abord, les mots ont un sens, ils demandent à être clairement définis. Jusqu'où doit aller la solidarité nationale exactement ? Et pourquoi nous parle t-on de crise ? Du point de vue des finances publiques (impôts et dépenses), la crise dure depuis 30 ans et quelques. La génération X et la génération Y N'ont jamais connu autre chose.
 
Ensuite, qu'est ce que l'argent des français ? Le reste du monde existe t-il dans la tête de nos ultra étatistes ? Les autres pays doivent-ils acheter notre production ? Pourquoi se réjouir quand des français exportent des produits Made in France (payés avec l'argent de nos partenaires commerciaux, donc) et regretter que de l'argent reparte à l'étranger ?
 
De plus, que font nos ultra étatistes de la libre circulation des hommes, des capitaux, des marchandises et des idées que nous avons collectivement voulu, au moins au niveau communautaire ? 
 
Quand à la notion de solidarité nationale qui implique que le modèle social français comprenne le caractère public et non dérogatoire de l'Education Nationale, de la Sécurité Sociale, de la production d'électricité, de services postaux et de télecoms, d'automobile, de services de santé ou la régulation du marché du travail, les ultra étatistes ne comprennent-ils donc pas les limites du raisonnement ? Si l'Etat doit vraiment être en charge de tout ce qui est indispensable, pourquoi nos ultra étatistes ne demandent-ils pas la nationalisation de Danone, Nestlé France, Unilever France, Auchan, Carrefour, Leclerc, Kaufman & Broad, Maisons France Confort, Hestia, Laforet, de Particulier à Particulier ou Seloger.com ? 
 
Dans l'ordre absolu des priorités pour vivre, avoir à manger et à boire d'abord, puis un toit ensuite, est 1000 fois plus vital que de bénéficier d'hopitaux ou de bureaux de poste. Personne ne peut le nier. Pourtant, les ultra étatistes ne réclament ni l'attribution arbitraire (par tirage au sort, par exemple) d'une surface unique de logement, quelque part sur le territoire national, ni la distribution centralisée d'une quantité de nourriture égale par personne. Pourquoi ?
Parce qu'ils savent bien que malgré les imperfections du système qui fait que certains vivent dans la rue et d'autre dans 300m², le marché libre reste le meilleur système pour que chacun ait à manger et un toit, en fonction de ses capacités, de ses envies et de ses opportunités. 
 
De toutes façons, osons même l'affirmer : l'égalité, non pas devant la loi mais de situation, les français n'en veulent pas. On ne peut pas reprocher à Depardieu de fuir et en même temps passer son temps à rechercher des niches fiscales et des exonérations diverses et variées. Veut-on un système fiscal juste et efficace ? Adoptons une flat tax de 15% sur l'ensemble de nos revenus, du 1er au dernier euro gagné, dans ce cas.
 
En fait, la vérité c'est que les ultra étatistes ne sont pas humanistes. Ce sont des égoïstes comme les autres, et on ne peut pas leur reprocher cela. Les libéraux sont les vrais humanistes dans le sens où ils pensent que les individus sont bien mieux placés que quiconque pour faire leurs choix et savoir ce qui es bon pour eux. Les ultra étatistes, et nul ne peut le reprocher, évacuent leurs peurs en faisant passer les solutions adoptées pour du bon sens de solidarité nationale. Mais ce faisant, ils ne réalisent pas (ou pas) qu'ils ne font que transmettre les désidérata de la classe du baby boom qui a pris en otage le pays. Le SMIC qui crée du chômage chez les jeunes et les non qualifiés, les hôpitaux ou les aéroports utilisés par des gens aisés ou CSP + du point de vue intellectuel, l'Education Nationale qui, même du point de vue sociologique gauchiste Bourdieusien, n'est qu'une plaisanterie (exemple : un étudiant sur 2 à Polytechnique a au moins un parent prof), tous ces mécanismes publics qui sont financés par les contribuables ne sont que des machines à transmettre du capital à un groupe (et ses alliés) qui pense que la situation exceptionnelle de la France et de l'Occident entre 1950 et 1975 est un dû.
 
Faut-il approuver les choix de Depardieu ? Non. Autant aller en Belgique, c'est à dire en Europe, avait du sens, autant déménager en Russie est un pied de nez du plutôt mauvais goût. Mais les goûts et les couleurs ... Par contre, que les ultra étatistes cessent de brandir cet étendard de solidarité nationale qui n'est en réalité qu'un habillage, sympathique ou pas, d'une prise en otage. Si il y a des fuyards fiscaux, c'est que nous sommes donc dans une prison fiscale, non ? 
 
Ce qui se passe actuellement a déjà été décrit, notamment par Ayn Rand dans la Grêve (Atlas Shrugged). Heureusement, il existe une solution à cette impasse qu'est la solidarité forcée. Ce qui fonctionne pour le Téléthon ou la Croix Rouge est reproductible, ce sont les solidarités volontaires, bien plus efficaces que la coercition. Ou pourrait même suivre les pas du philosophe allemand Peter Sloterdijk sur l'impot remplacé par le don.
 
Lire aussi "Exil : l'idéologie de la prison fiscale" sur Gauche LibéraleContrepoints ou Rue89.

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9 réactions à cet article    


  • Txotxock Txotxock 8 janvier 2013 13:26

    Ce qui fonctionne pour le Téléthon ou la Croix Rouge est reproductible, ce sont les solidarités volontaires, bien plus efficaces que la coercition. Ou pourrait même suivre les pas du philosophe allemand Peter Sloterdijk sur l’impot remplacé par le don.

    Rien à voir avec une quelconque solidarité mais plutôt avec la charité, sentiment détestable, qui peut entraîner plus de dégats que certaines guerres..


    • les impots sont encore plus détestables


    • stepht 8 janvier 2013 15:28

      Vous croyez qu’on va prendre pour argent comptant (ha-ha !) vos délires mensongers et autres affirmations péremptoires ?
      Tout d’abord, « ultra-étatiste » : que signifie ce néologisme manifestement chargé de mépris autant que de condescendance ? Ce n’est pas parce que ce n’est pas grossier que ce n’est pas insultant. Bon point de départ, pour véhiculer une idée... Mais comme vous l’avez peut-être constaté, je m’adapte.

      Sur ce, quelques points, pris ça et là dans votre gourbi :
      - Qui a voulu la libre circulation des capitaux ? Nous avons voté NON à 55% en 2005, faut-il le rappeler ? (et depuis quand la Russie fait-elle partie de la communauté ?)
      - Si l’État doit être en charge de ce qui est indispensable, quel rapport cela a-t-il avec "Danone, Nestlé France, Unilever France, Auchan, Carrefour, Leclerc, Kaufman & Broad, Maisons France Confort, Hestia, Laforet, de Particulier à Particulier ou Seloger.com«  ? Ces machins vous semblent indispensables ? Ils ne le sont pas. Donc, il n’est pas _indispensable_ de les nationaliser.
      -  »Dans l’ordre absolu des priorités pour vivre« , il y d’abord respirer ; qu’attendez-vous pour breveter l’oxygène, et réclamer votre dîme sur l’inspiration ? Vous manquez cruellement d’imagination, avec votre surface unique aléatoire. Vous croyez qu’il suffit que vous présentiez une réponse aussi simpliste qu’absurde à une question complexe, pour que votre loi de la jungle solution-à-tout (oui, le marché, c’est la loi de la jungle) avancée comme unique échappatoire devienne crédible ?
      - la »flat-tax" comme système fiscal juste et efficace ? N’importe quoi. Un système fiscal, ce n’est pas une adhésion obligatoire à une entreprise particulière que l’on nommerait État ; c’est un dispositif de redistribution des produits et des richesses.

      Bref, en fait, ce que vous voulez, c’est le démentèlement de tout dispositif national de solidarité, sous couvert de rachat de bonne conscience via des ONG. Ce que vous proposez s’apparente au mieux à du féodalisme. Bon retour au Moyen-Âge chez vous, mais s’il vous plait, refermez la frontière en partant.


      • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 9 janvier 2013 09:38

        « Ultra-étatiste » est la réponse du berger à la bergère avec l’« ultra-libéralisme » qui est mis à toutes les sauces, surtout celles où le libéralisme n’a rien à voir (faillite de l’état, crise économique ...)

        Si vous aviez compris ce qui est écrit, mais pour cela il faut retirer ses œillères vous auriez remarqué que l’auteur parle des fonctions vitales, à savoir l’alimentation et le logement. Si l’état était aussi indispensable ; et pour rester cohérent, il devrait prendre en charge ces activités, ce qu’il ne fait pas (il s’en occupe tout de même beaucoup trop, et on le voit à la difficulté de trouver un appartement).

        Enfin, parler de loi de la jungle montre votre ignorance totale à ce qu’est la philosophie libérale.

        Enfin l’impôt n’a aucune vocation à être un système redistributif. C’est bien une perversion de l’esprit que de dire ça. Relisez l’article 13 de la déclaration des Droits de l’Homme : "Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés.« 

        Tout y est dit. L’objet de l’impôt. Sa répartition (flat tax) et uniquement sur ses facultés, c’est à dire sur ce qui est produit, pas sur son patrimoine.

        Quant à votre comparaison avec le féodalisme, si votre culture historique ne vous fait pas défaut, vous savez que le féodalisme était un système niant l’individu. La »révolution" humaniste à été justement de mettre l’individu au premier plan, la société (l’état) étant au service de celui-ci.

        Le système socialiste est en cela rétrograde car il inverse à nouveau l’ordre des choses en considérant l’individu comme élément au service d’un ensemble.

        Donc, vous bâtissez des théories sur votre ignorance de l’histoire et des idées. Prenez un peu le temps de la réflexion. Lisez ces auteurs : Voltaire, Tocqueville, La Boetie, Benjamin Constant pour ne commencer que par les plus classiques. En plus ils sont maintenant dans le domaine public et donc accessibles gratuitement par internet.

        Bonne lecture !



      • Sur ce, quelques points, pris ça et là dans votre gourbi :
        - Qui a voulu la libre circulation des capitaux ? Nous avons voté NON à 55% en 2005, faut-il le rappeler ? (et depuis quand la Russie fait-elle partie de la communauté ?)

        ==> j’ai ecris au niveau COMMUNAUTAIRE, et non pas au niveau mondial. Quand aux 4 libertés fondamentales de l’UE, elles datent de 1957 et non pas de 2005 ... 


        - Si l’État doit être en charge de ce qui est indispensable, quel rapport cela a-t-il avec « Danone, Nestlé France, Unilever France, Auchan, Carrefour, Leclerc, Kaufman & Broad, Maisons France Confort, Hestia, Laforet, de Particulier à Particulier ou Seloger.com« ? Ces machins vous semblent indispensables ? Ils ne le sont pas. Donc, il n’est pas _indispensable_ de les nationaliser.

        ==> ce sont des EXEMPLES d’entreprises qui servent à se loger et à se nourrir. 



         »Dans l’ordre absolu des priorités pour vivre« , il y d’abord respirer ; qu’attendez-vous pour breveter l’oxygène, et réclamer votre dîme sur l’inspiration ? Vous manquez cruellement d’imagination, avec votre surface unique aléatoire. Vous croyez qu’il suffit que vous présentiez une réponse aussi simpliste qu’absurde à une question complexe, pour que votre loi de la jungle solution-à-tout (oui, le marché, c’est la loi de la jungle) avancée comme unique échappatoire devienne crédible ?

        ==> le marché ne peut pas etre la loi de la jungle puisqu’il est régi par le droit. 


        - la »flat-tax » comme système fiscal juste et efficace ? N’importe quoi. Un système fiscal, ce n’est pas une adhésion obligatoire à une entreprise particulière que l’on nommerait État ; c’est un dispositif de redistribution des produits et des richesses.

        ==> non, vous confondez impots et systeme social. Les impots sont un prélévement fait pour financer des services publics. 


        En plus, je trouve dommage que vous ne me LISIEZ PAS, en réalité, sinon vous auriez vu que je dénonce la redistribution à l’envers. 


        Bref, en fait, ce que vous voulez, c’est le démentèlement de tout dispositif national de solidarité, sous couvert de rachat de bonne conscience via des ONG. Ce que vous proposez s’apparente au mieux à du féodalisme. Bon retour au Moyen-Âge chez vous, mais s’il vous plait, refermez la frontière en partant.

        ==> la France, tu l’aimes ou tu la quittes, c’est ca votre dernière phrase ... ? 



      • JL JL 9 janvier 2013 13:16

        La bêtise insiste toujours. Et c’est ce qui fait qu’elle est redoutable.

        Pour aller vite, et plutôt que de reprendre point par point les mantras libéraux rabâches et archi-connus, je préfère recycler ce que j’ai écrit sur un autre fil bien plus intéressant et subtil : Qui sont les prêteurs finaux.

        Je note : « toute structure de la répartition de la richesse – celle qui résulte prétendument du seul jeu des initiatives privées comme celle qui existe lorsque l’État social est en place – sont le produit d’un système institutionnel, d’un ensemble de dispositions législatives et juridiques qui sont un choix politique et qui ont pour effet de dire quelles sont les capacités des différents acteurs économiques et sociaux à attirer à eux une part plus ou moins importante des richesses produites. »

        L’expression « Attirer à eux une part des richesses produites » me parait trop connotée pour exprimer la réalité des choses. Plus exactement, c’est l’expression « richesses produites » qui est trop vague, puisqu’il désigne si je ne m’abuse, autant les biens et services que les profits ou plus exactement, les « plus-values ». Encore que, dans le domaine de l’industrie financière, puisqu’il s’agit de spéculation pure dans un jeu à somme nulle on ne peut guère parler de plus-values.

        Ce que je veux dire c’est ceci : par ses prélèvements, l’État ne s’approprie pas une part des richesses produites, mais se réserve le droit de choisir l’affectation de ces richesses. Nuance. Autrement dit, l’Etat est le garant de la collectivité, de la chose commune, de nos biens et propriétés collectifs, par opposition à la privatisation, ce processus rédhibitoire dont le marché est la machine.

        « De quoi Ubu est-il fondamentalement la figure ? Du despote parasitaire. Avant l’État fiscal, il y a eu la servitude féodale… et après lui il y a la prédation actionnariale. …Quelle est la puissance despotique d’aujourd’hui qui soumet absolument le corps social et le laisse exsangue d’avoir capté la substance de son effort ? Certainement pas l’Etat – dont on rappellera au passage qu’il restitue en prestations collectives l’ensemble de ses prélèvements… – mais le système bancaire-actionnaire qui, lui, conserve unilatéralement le produit intégral de ses captations. » (Frédéric Lordon)


        • donc si j’ai envie de VOTRE voiture, parce que je n’en n’ai pas, je demande à mon député de faire une loi pour m’autoriser à conduire VOTRE voiture ? OK pour vous ?


        • JL JL 9 janvier 2013 18:37

          Eleusis,

          Vous ne pouviez répondre plus juste : Votre question confirme ma première phrase.


        • jesuisunhommelibre jesuisunhommelibre 9 janvier 2013 20:00

          A part la bêtise la plus crasse, qu’est-ce qui justifierait un échange à somme nulle ? Quel intérêt d’obtenir l’équivalent de ce que j’ai déjà.

          C’est bien parce qu’il est gagnant des deux coté qu’un échange a lieu. Rappeler le B, A, BA de l’économie à chaque instant devient pesant. faites un petit effort de compréhension, ce n’est pas si compliqué.

          Et en plus, vous traitez les autres d’imbéciles !

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