• vendredi 24 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Actualités > Politique > L’impopularité du Président Nicolas Sarkozy
78%
D'accord avec l'article ?
 
22%
(40 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

L’impopularité du Président Nicolas Sarkozy

Petit historique du quinquennat de Nicolas Sarkozy sur son impopularité et les "élections intermédiaires".

À la veille du second tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy ne semble pas le favori des sondages. Bien pire pour lui, il paraît avoir concentré contre lui une certaine détestation de la personne qui vont bien au-delà des clivages politiques.

Pourtant, l’impopularité qu’il subit n’était pas inéluctable. Rappelez-vous, lors de son élection, quasiment tous les médias avaient fait allégeance au nouveau Président de la République et même si la première critique d’un pouvoir monarchique avait été timidement émise par Laurent Joffrin lors de vœux présidentiels en janvier 2008, il n’y a pas eu beaucoup de journaux qui excellaient dans la contestation. Au contraire de maintenant, où, depuis plusieurs mois, les médias ont "acté" qu’il valait mieux changer de lumière et s’en remettre à François Hollande, même David Pujadas le 26 avril 2012 était prêt à mettre Nicolas Sarkozy le nez dans le déni de réalité, ce qui fut chose assez étonnante.

Ce phénomène médiatique est bien connue. En fait, les médias ne suivent que les courbes de popularité qu’ils croient parallèle à l’audience que pourraient avoir leurs journaux. En clair, ils ne songent pas électeurs mais lecteurs, auditeurs, téléspectateurs. Ce n’est pas nouveau, et on peut se rappeler à quel point les médias étaient pour Édouard Balladur entre 1993 et 1995 et à quel point… ils s’étaient finalement trompés.

Le quinquennat de Nicolas Sarkozy avait pourtant mal débuté. Une soirée provocante au Fouquet’s, une "retraite" qui n’était pas en Chartreuse mais sur le yacht d’un ami industriel au large de Malte, cela donnait déjà le ton de cette droite décomplexée, américanisée, fière de sa réussite sociale (alors qu’il a reçu un mandat du peuple). Insolente insouciance de communication renforcée par l’apathie des médias. Pas question pour eux de guerroyer pendant cinq ans contre le pouvoir en place qui intimidait.

Quelques mois plus tard, c’était un Président qui adoptait le langage de charretier, tant auprès des pêcheurs qu’au Salon de l’Agriculture qui commença à perturber la bienveillance d’origine des médias. Il faut dire aussi que les nouveaux moyens de communication (smartphones qui peuvent filmer à l’improviste, facebook, twitter etc.) sont des relais redoutables et exigeants qui nécessitent la plus grande vigilance (celle de François Fillon par exemple).

On a dit que l’UMP, le parti présidentiel, avait perdu toutes les élections intermédiaires entre 2007 et 2012, mais c’est complètement faux.

Revenons aux cinq élections au suffrage universel direct dont quatre furent des élections locales et donc dépendantes aussi des contextes locaux et personnels particuliers.

Il y a d’abord eu les municipales des 9 et 16 mars 2008 où l’UMP et ses alliés ont fait 44,4% des voix au premier tour et 40,7% aux cantonales le même jour, ce qui est plutôt honorable (le 11 mars 2001, c’était aussi 40,7%) même si cela s’est traduit par la perte de six présidences de conseils généraux.

Il y a ensuite eu les européennes du 7 juin 2009 qui furent un grand succès électoral pour l’UMP (eh oui) malgré une abstention record (59,4%) avec 27,9% (+11,2% par rapport au 12 juin 2004 !), gagnant 12 sièges (de 17 à 29) tandis que le PS a sombré à 16,5% (perdant 17 sièges), rejoints par Europe Écologie qui, avec 16,3%, ont obtenu le même nombre de sièges que leur partenaire socialiste. Le FN a lui été très médiocre avec 6,3% avec seulement 3 sièges rescapés (sur les 7 sortants). Il faut rappeler qu’entre 2004 et 2009, il y a eu 6 sièges en moins dans le nombre total de sièges réservés à la France (78 à 72).

Tout s’est véritablement gâté à partir de l’été 2009. Il y a d’abord l’effet de la crise financière de septembre 2008 avec ses conséquences terribles sur l’économie, sur le chômage et la précarité. À partir de cette époque, la plupart des dirigeants européens ont échoué dans leur réélection.

Mais il y a aussi des causes intérieures très franco-française.

Il y a eu l’affaire Polanski en septembre 2009 qui s’est enlisée en affaire Frédéric Mitterrand en faisant resurgir le dernier livre du Ministre de la Culture vieux de plusieurs années où il a reconnu son attirance pour les jeunes hommes.

Il y a eu quelques semaines après cette première polémique l’affaire de Jean Sarkozy, fils du Président, qui voulait devenir président de l’EPAD (l’établissement de La Défense) en tant que conseiller général de Neuilly (élu en mars 2008) qui a considérablement choqué les "honnêtes gens" ainsi que les postulants surdiplômés à des emplois à responsabilités bien plus réduites.

Les élections régionales des 14 et 21 mars 2010 ont été un calvaire pour l’UMP dont l’étiquette est devenue contreproductive (encore aujourd’hui). L’UMP et ses alliés n’ont réussi à reconquérir aucune région et n’ont totalisé que 27,2% (avec 53,7% d’abstention), soit le plus mauvais score depuis le début de la Ve République et une baisse de 6,5% par rapport au 21 mars 2004. Europe Écologie a perdu des plumes avec 12,2% et le FN a été en progression avec 11,4%.

À l’issue de ces élections, le processus de la réforme des retraites a été enclenchée sous la houlette du nouveau Ministre du Travail, Éric Woerth, ancien Ministre du Budget, et très vite, l’affaire Bettencourt éclatait puis de nombreuses manifestations obscurcirent le ciel de l’automne 2010, ce qui allait le conduire à démissionner après la mise en place de la réforme, en mars 2011, et l’affaire Bettencourt mine toujours l’entourage présidentiel.



Les élections cantonales des 20 et 27 mars 2011 ont été un désastre pour l’UMP et ses alliés avec seulement 31,7% au premier tour et une forte fièvre du FN monté à 15,1%, profitant d’une abstention massive (55,7%) et même si l’UMP et ses alliés n’avaient guère fait pire que le 21 mars 2004, où ils avaient obtenu 32,4%, cela s’est traduit par la perte de trois présidences supplémentaires de conseils généraux.

Peu après, une nouvelle bombe est survenue avec l’affaire Karachi et de possibles financements occultes de la campagne d’Édouard Balladur en 1995 puis de celle de Nicolas Sarkozy en 2007 dont les retombées sont encore très mal appréciées actuellement.

Finalement, il est clair que les seulement 500 000 voix d’écart entre François Hollande et Nicolas Sarkozy sont presque un exploit pour le Président sortant avec une telle désolation tant médiatique qu’électorale dans la dernière moitié de son quinquennat.

Le tout est de savoir comment les électeurs hésitants du second tour de l’élection présidentielle vont interpréter la forte hausse du chômage, l’aggravation de la dette de l’État et le déficit monstrueux de la balance commerciale : comme la simple conséquence d’une politique inapproprié du Président Nicolas Sarkozy… ou comme la conséquence directe des crises mondiales qui secouent la France depuis quatre ans et dont le Président Nicolas Sarkozy a tenté tant bien que mal à amoindrir les effets néfastes ?

La réponse va vite arriver.

Et il est probable que, quel que soit l’élu du 6 mai 2012, il sera impopulaire dès la fin de l’année. Et qu’il y aura autant de déçus qu’avant l’élection. Un bon terreau pour un certain parti


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (30 avril 2012)
http://www.rakotoarison.eu


Pour aller plus loin :
Le bilan Sarkozy.
Élections municipales 2008.
Élections européennes 2009.
Élections régionales 2010.
Élections cantonales 2011.
Premier tour de l’élection présidentielle 2012.

yartiSarko2012042201




78%
D'accord avec l'article ?
 
22%
(40 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Holden Caulfield (---.---.---.88) 30 avril 2012 10:13

    On ne dit plus Nicolas Sarkozy, mais ILYCO SANS ZARKO !!!

    Jamais un nom ne fut si souvent prononcé et exhibé à nos yeux et nos oreilles,

    et il sera plus facile de se débarrasser de l’homme, que d’en oublier le nom,

    N I C O L A S   S A R K O Z Y

    2 mots et 14 lettres qui peuvent rendre fou, sauf si on les tourne et retourne, jusqu’à la dérision…

    Alors s’il vous plaît, ne dîtes plus, n’écrivez plus jamais ce nom sous sa forme originelle, mais inspirez-vous, imaginez, copiez-collez, à volonté, à outrance, pour faire disparaître cet ignoble nom, ce mauvais souvenir, de nos mémoires et de la toile, des télés, des journaux et des radios, mais surtout, du vocabulaire français… C’est exaltant et tellement drôle.

    http://philantropoetique.wordpress....

  • Par diogene (---.---.---.165) 30 avril 2012 11:32

    Inutile de tenter de sauver le soldat sarko Sylvain, il y a du monde qui l’attend avec des crocs de boucher et d’autres, plus civilisés , avec des mandats d’arrêt..
    Dans ce quinquennat il n’y a rien à sauver. C’est un maquignon vulgaire que nous avons eu pour capo de tutti capi pendant quelques années.
    Maintenant il y a le feu dans la fourmillière et ce n’est pas ces vaines tentatives de justification qui lui évitera le gigantesque coup de pied au cul qu’il mérite si bien.
    Un seul mot d’ordre « casse toi pauv’con ».
    Je pense que l’administration pénitentiaire devrait déroger, pour une fois, à ses consignes et permettre au peuple de venir visiter la cellule de ce roquet. Comme au zoo. A l’entrée on pourrait acheter des rolex en pain d’épice qu’on lui jetterait à travers les barreaux.

  • Par olivier cabanel (---.---.---.207) 30 avril 2012 16:25
    olivier cabanel

    @ l’auteur

    il n’y a qu’une raison à cette impopularité,
    et la crise n’y est pas pour grand chose :

    Emploi et industrie : « Nous pouvons atteindre un chômage inférieur à 5% et un emploi stable à temps complet pour tous. Je mettrai en œuvre une politique industrielle, notre pays doit garder ses usines »

    Janvier 2012 le taux de chômage atteint les 10%, l’industrie  a perdu plus de 300 000 emplois, prés d’un millier d’usine ont mis la clef sous le paillasson. Il avait promis de construire la sécurité professionnelle, mais il vient de refuser le contrat de sécurisation et des entreprises.

     

    Dette  : « Je m’engage à ramener la dette en dessous de 60% du PIB »

    Fin 2011 la dette atteint 85% du PIB et la France perd son triple A. Au cours de son quinquennat le niveau d’endettement s’est accru de 21 points et de plus de 500 milliards d’euros. La crise n’explique pas tout M ; le Président, votre politique très généreuse avec les grandes entreprises et les riches en est pour une grande partie responsable. Le paquet fiscal de 2007, la réforme de la taxe professionnelle et celle de l’impôt sur la fortune ont été financés par l’emprunt du 1er au dernier euro.

     

    Les Affaires : « Je veux une République irréprochable »

     Un quinquennat placé sous le signe des conflits d’intérêt, des affaires et du recul de l’indépendance de la justice. Tentative de placer son fil Jean à la tête de l’EPAD, arbitrage douteux et jugé par la Cour des comptes contraires aux intérêts , pour les 385 millions d’euros octroyé à Bernard Tapie, sur les comptes publics, affaire Karachi. Affaire Bétencout, évasion fiscale à grande échelle de la milliardaire sous l’œil bienveillant de Bercy, présomption de financement illégal de la campagne 2007, et refus systématique de nommer un juge d’instruction indépendant pour juger l’affaire, sans oublier l’espionnage des journalistes du monde qui enquêtent sur l’affaire.

     

    TVA : « Une hausse généralisée de la TVA, je ne l’accepterai pas. Pour une raison assez simple, c’est que cela pèserait sur le pouvoir d’achat des Français, sur la consommation des Français »

    Et pourtant il l’a fait. Et il va en remettre une louche en augmentant le taux normal de la TVA de 19,6% à 21,2%, soit 2 points de plus que la TVA Allemande et à un niveau supérieur à la moyenne de la zone euro..Ce projet de TVA dite SOCIALE sera mise en place dès octobre 2012

     

    Pouvoir d’achat  : « Je veux être le président de l’augmentation du pouvoir d’achat. Pour cela, je permettrai d’abord à ceux qui veulent travailler plus pour gagner plus de le faire. »

    Illustré par le refus catégorique de donner un coup de pouce au Smic et par le gel du point d’indice des fonctionnaires, tirant ainsi l’ensemble des salaires vers le bas. Les grandes déclarations sur le partage de la valeur ajoutée dans les entreprises a fait pschitt…tandis que les dépenses contraintes des ménages(logement, énergie, transport, etc.) se sont littéralement envolées, faisant fondre comme neige au soleil le pouvoir d’achat d’un très, très grand nombre de ménage. Sarkozy avait promis de réduire d’un tiers la pauvreté, celle-ci au contraire est partie à la hausse.

     

    Retraites : « J’ai dit que je ne le ferai pas ; Je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français. Je n’ai donc pas de mandat pour cela. »

    Non seulement il l’a fait, mais en plus sans aucune négociation, contre l’avis des organisations syndicales et l’opposition de la population (mesurée à 70% par les enquêtes d’opinion)

     

    Mondialisation du Capitalisme : « L’idée que les marchés financiers ont toujours raison est une idée folle…la moralisation du capitalisme est une priorité. »

    Ces pourtant au prétexte de rassurer les marchés financiers que le son premier ministre a déclenché ses différents plans d’austérité. La lutte contre les paradis fiscaux est resté un vœu pieux. Certes, les patrons des banques et entreprises qui ont bénéficié des aides publique, ont dû renoncer aux stock-options et les traders ont été taxés sur les bonus, mais pour 2009 seulement, à partir de 2010 les rémunérations folles sont reparties de plus belles.

    Logement  : « On laisse s’aggraver une pénurie qui a rendu la propriété impossible pour beaucoup d’entre vous, et la location de plus en plus difficile. Cette situation ne peut plus durer »

     3,6 millions de mal logés en plus et près de 10 millions en situation de fragilité (impayés, sur occupation, insalubrité, absence de confort) Les prix de l’immobilier et des loyers ont augmenté plus vite que l’inflation et les salaires. La France des propriétaires n’est restée qu’un slogan creux, tandis que l’Etat s’est désengagé de la constructions de logements sociaux. La subvention publique est passée entre 2009 et 2010 de 2700 à 1000euros. La part des dépenses contraintes liées au logement quant à elle n’a cessé de croître pour atteindre 21,7% du budget des ménages. La loi DALO permettant à des publics jugés prioritaires de faire valoir un droit opposable au logement est inappliquée ( Je m’engage à ce que d’ici 2 ans plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d’y mourir de froid)  Le financement de l’état d’urgence a baissé en 2011 de 3,3%...

    Ecole, 50 000 postes ont été supprimés depuis sa prise de pouvoir et 50 000 autres suppressions sont prévues d’ici à 2013, 1500 classes ont été fermées.

    Santé en 2011 29% des Français ont renoncé à se faire soigner faute de moyens. Ils étaient 11%, 2 ans avant.

    Et en 2012 il veut vous faire croire qu’il a changé, qu’il va être le président qui ne nous trahira pas, pas, qui ne nous mentira pas et qui ne nous décevra pas.

  • Par PLOT29 (---.---.---.66) 30 avril 2012 12:20

    le cire pompes du cac 40 ! il faut absolument virer ce charretier !

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don
Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération