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L’intégrité du vote électronique au coeur d’une élection californienne

La sénatrice de l’État de Californie Debra Bowen fait de la transparence du système de vote électronique l’un des principaux chevaux de bataille de sa campagne électorale pour le poste de secrétaire de cet État américain dirigé par Arnold Schwarzenegger.

Bowen (voir son blog) a présidé, le 8 février dernier, une consultation (informational hearing) du Sénat californien sur le logiciel libre comme alternative au logiciel propriétaire pour le vote électronique.

Alan Dechert du Open Voting Consortium, un organisme qui s’est donné comme mission de développer un système de vote électronique non propriétaire pour les élections présidentielles de 2008, appuie la candidature de Bowen. Dechert reproche au secrétaire d’État actuel (choisi par Schwarzenegger, il y a un an, à la suite d’un scandale ayant forcé de secrétaire d’État d’alors à démissionner) de traîner les pieds sur cette importante question de l’intégrité du vote électronique.

Les entreprises privées tiennent mordicus à maintenir secret le code source de leur logiciel propriétaire. McPherson leur serait favorable, selon une source qui précise que le secrétaire d’État « wants everything about it to be as open and above board as possible » (source citée par Jay Lyman de NewsForge).

Bien qu’elle soit favorable au logiciel libre, Bowen n’en affirme pas moins que plusieurs questions demeurent toujours sans réponse sur ce qui constituerait un système de vote électronique véritablement transparent.

The deep transparency sought must also avoid conflict with the right to privacy in voting, Bowen says, adding difficulty to an already complex challenge. “We have a particular challenge with voting because we require it to be private.” (NewsForge.)

Pour la sénatrice, la complexité du processus électoral et la nouveauté que constitue le vote électronique basé sur le logiciel libre rendent cette alternative impossible à envisager dès les élections californiennes de l’automne 2006 (tout sur les postes et les candidats sur ce site).

Bowen a récemment écrit au secrétaire McPherson pour lui reprocher sa décision d’autoriser les controversées machines à voter Diebold dans certains comtés lors des prochaines élections californiennes. Cette décision est d’autant plus étonnante que les experts consultés par McPherson (The California Voting Systems Technology Assessment Advisory Board) viennent à peine d’émettre de sérieuses réserves sur les machines Diebold.

La question du choix entre le libre et le propriétaire pour le vote électronique va bien au-delà de l’élection californienne. De nombreuses voix s’élèvent aux États-Unis pour critiquer le manque de fiabilité et de transparence qui entachent les élections américaines, depuis la première élection contestée de George W. Bush, remportée malgré les nombreux ratés des machines à voter de l’État de Floride.

NewsForge | California takes up transparency, open source voting

À voir aussi : Open Source Software - Does It Have A Place In California’s Electoral System ?, (Informational Hearing - California Senate, 8 février 2006.)


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4 réactions à cet article    


  • Pierre MULLER (---.---.8.50) 9 mars 2006 13:57

    « The deep transparency sought must also avoid conflict with the right to privacy in voting, Bowen says, adding difficulty to an already complex challenge »

    Cette déclaration est ambigue, car elle laisse penser qu’utiliser un logiciel « Open source » complique la préservation du secret du vote. Cela me semble le mélange de deux débats :
    - le conflit entre les deux exigences de sécurité et confidentialité. Il est inhérent au vote électronique (et même au vote tout court d’ailleurs), qu’il soit bâti avec du logiciel ouvert ou propriétaire. Il faut de la sécurité : seuls les électeurs autorisés votent, et une seule fois chacun, ce qui suppose de les identifier. Mais également de la confidentialité : cette identification doit rester indépendante de l’enregistrement du vote. C’est un conflit inhabituel : par exemple, une transaction bancaire associera le montant aux deux identités impliquées dans un même enregistrement informatique, à fins de contrôle a posteriori.
    - les tenants du code propriétaire soutiennent qu’ouvrir le code faciliterait les attaques, en facilitant le travail des fraudeurs. Les partisans du logiciel ouvert objectent que ce n’est que de la « sécurité par l’obscurité », et que ce concept est une aimable plaisanterie : un système doit être conçu pour résister au maximum même à un fraudeur qui en connaitrait tous les détails. Ce fraudeur potentiel peut se situer à l’intérieur du système, ou il bien finit immanquablement par se produire des fuites : une bonne partie du code source ainsi que des documents internes de Diebold se baladent sur internet depuis au moins 2003.

    La solution proposée par Open Voting Consortium repose sur l’impression de bulletins papier pouvant être comptés manuellement. C’est avant tout cela qui en assure l’intégrité.

    Pierre Muller,
    webmestre de www.recul-democratique.org
    Citoyens critiques envers le vote électronique, où qu’il soit smiley


    • Michel Monette 9 mars 2006 16:07

      La prise de position de Bowen s’explique par le fait que qui fournissent les machines à voter contribuent aussi aux caisses électorales. Comment alors s’assurer que les machines ne seront pas truquées ?

      Je suis tout à fait d’accord avec le maintien d’une preuve papier du vote, couplé à une procédure de contre-vérification (recomptage d’un échantillon alléatoire des votes papier pour fin de comparaison avec les résultats du vote électronique). Souvent, on confond le confort de l’électeur avec l’allègement du nécessaire « inconfort » des scrutateurs qui doivent compter les votes tout en s’assurant que chaque vote est valide.


      • Pierre MULLER (---.---.8.50) 9 mars 2006 18:42

        Si elle est perd les élections, c’est sûr que ça ne va pas faire diminuer la suspicion autour du vote électronique, qui est déjà forte.

        « Her definition of a trustworthy election does, however, center on open source code — not only for voting, but also for tallying  »

        Le fait qu’elle mentionne la totalisation me parait significatif. En France, et au Québec également je suppose, il n’y a pas de nette suspicion de fraude, et surtout pas à ce stade de l’élection, très surveillé par les divers candidats. Ils peuvent faire les totalisations par eux-même (bien qu’à Montréal et Québec, cela n’avait pas l’air d’aller de soi).

        Par contre, la phase de totalisation me parait aux Etats-Unis moins contrôlée (ou intégralement basée sur l’informatique ?), à en juger par cet incident, où un militant voulant y regarder de près... s’est retrouvé en taule (il en est heureusement vite ressorti).

        Un point positif est que la Californie a voté il y a quelques mois le recomptage systématique de 1% des votes. Même si 1% ne parait pas énorme... C’est d’ailleurs la Sénatrice Bowen qui en était aussi à l’origine. L’article décrit les oppositions à ce recomptage (qui se sont manifestées pendant la procédure parlementaire), et également d’autres de ses projets de loi.


        • Michel Monette 10 mars 2006 00:43

          La totalisation a posé de sérieux problèmes à certains endroits au Québec. L’aventure rocambolesque d’un candidat défait aux élections municipales de la ville de Québec en témoigne, mais le candidat à la mairie de Montréal a aussi rapporter que les représentants de son parti ont été expulsés de certains bureaux alors que le dépouillement n’était pas terminé. Le ministère du Revenu fait des vérifications aléatoires pour tenir les fraudeurs éventuels sur le qui-vive, mais cela n’empêche pas la fraude. Les standards doivent être très élevés dans les démocraties, car le vote électronique se répand dans les pays « peu démocratisé ou en voie de démocratisation » qui s’appuient sur les pratiques dites « démocratiques » pour justifier bien des abus. Va-t-il falloir un Bono pour « sauver la démocratie » ?

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