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Accueil du site > Actualités > Politique > L’invention de la violence

L’invention de la violence

La violence monte... On a jamais vu à.... Même les enfants s'y mettent !? Voici ce qu'on peut lire régulièrement après chaque fait divers mis en valeur....

La droite entretient cette peur et en profite pour remettre en cause la justice des mineurs et mener une politique liberticide....Une certaine gauche surfe.

Quelques sociologues comme Laurent Mucchielli et des acteurs de terrain ne nient pas l'existence d'une certaine forme de violence mais ils montrent clairement qu'on a pas changé d'échelle et qu'il faudrait arrêter de "faire deux poids deux mesures" :

les jeunes des cités et notamment ceux qui dérapent sont lourdement sanctionnés alors que les cols blancs sont ménagés...

« L'invention de la violence

Des peurs, des chiffres, des faits »

par Laurent Mucchielli

édition Fayard

octobre 2011


Un diagnostic rigoureux...qui dérange

L'auteur est avant tout un sociologue rigoureux... Il dérange effectivement tous ceux, politiques ou journalistes qui jouent à faire peur à la population.

Il est faut de prétendre que la violence s'aggrave et que les plus jeunes sont de plus en plus violents. En vingt ans, rien qu'en s'appuyant sur les statistiques judiciaires, on s'aperçoit que la proportion des délinquants de moins de 13 ans est stable... »Quant aux personnes condamnées de plus de 60 ans, leur part dans l'ensemble des condamnés est très supérieure à celle des mineurs de 13 ans... »

Si l'exclusion sociale, la ghettoïsation d'une partie de la population font basculer dans la violence, des personnes, jeunes pour la plupart, il ne s'agit pas là d'un phénomène de masse justifiant les déclarations des politiques.

S'il faut faire parler les chiffres, faisons le avec rigueur et ne masquons pas la réalité.

Le nombre d'homicides est en baisse constante.

« Jamais sans doute dans notre histoire nous nous sommes si peu entretués. Preuve des progrès constants du tabou de la violence, et de l'apaisement de de conflits qui jadis provoquaient de nombreux homicides. »

Les peurs collectives entretenues ne sont pas d'hier. Au début du siècle dernier, ce sont les apaches qui sévissaient... Dans les années 60, les blousons noirs font trembler le « bourgeois »...Il suffit de rapprocher des commentaires publics faits à ces époques différentes pour montrer une similitude des analyses journalistiques : la violence n'a jamais été aussi forte, les jeunes ne respectent plus rien...

L'auteur ne nie pas la réalité d'aujourd'hui. Il montre, preuves à l'appui que la situation sociale, les inégalités des revenus, la paupérisation d'une partie de la population, l'urbanisation y compris de nos ex campagnes, conduisent à des actes et à des sentiments de peur entretenus et instrumentalisés.

Il montre que le pouvoir, au lieu de chercher des solutions permettant d'éradiquer la misère, le mal vivre et une certaine forme de violence de désespérance, entretient le mythe de la société de plus en plus violent afin de maintenir coûte que coûte sa domination.

« Il est tellement plus facile de gouverner par la peur, d'invoquer sans cesse le « retour à l'ordre », que de chercher à inventer la société de demain. »

Ce diagnostic rigoureux est à la portée de tous ceux et de toutes celles qui réfléchissent au vivre ensemble ...L'auteur ouvre quelques pistes de transformation...Espérons qu'elles soient saisies par des politiques qui, enfin, arrêtent la démagogie sécuritaire pour prendre le mal par la racine.

Jean-François Chalot


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14 réactions à cet article    


  • NeverMore 26 décembre 2011 10:15

    Je ne peux pas vous souhaiter de rencontrer une « invention »au coin de votre rue ...

     


    • CHALOT CHALOT 26 décembre 2011 10:23

      L’auteur ne nie pas la violence. Il prouve seulement qu’il n’y a pas une aggravation mais plutôt un apaisement.
      Quant à moi même.
      Dans la ville où j’habite, il n’y a eu en trois ans qu’une voiture qui fut incendiée : la mienne....
      Un jeu stupide qui a du tourner mal...C’est du moins ce que je pense...
      Je ne vais pas en déduire que je suis visé ou que la violence monte à Vaux !?.


      • Georges Yang 26 décembre 2011 10:30

        La violence des mineurs est le résultat combiné de la lâcheté de la société et de l’échec de l’Education Nationale


      • Bovinus Bovinus 26 décembre 2011 13:58

        @ Georges Yang
        La violence des mineurs est le résultat combiné de la lâcheté de la société et de l’échec de l’Education Nationale

        ... ainsi que de l’excellent travail de Hollywood. C’est même le facteur majeur, je dirais.


      • non667 26 décembre 2011 19:47

        à chalot
        Dans la ville où j’habite, il n’y a eu en trois ans qu’une voiture qui fut incendiée : la mienne....
        Un jeu stupide qui a du tourner mal...C’est du moins ce que je pense...

        ta vaseline c’est de la bonne ou t’est mazo  ? fait moi mal ! encore !encore !encore !encore ! smiley smiley smiley smiley


      • ddacoudre ddacoudre 26 décembre 2011 12:22

        bonjour chalot
        il y a une instrumentalisation de la violence qui a commencé avec le FN et que Sarkozy a poursuit dans des but de conquête du pouvoir.
        la violence n’est que sociale et faute d’avoir un moyen de la détourner nous la retournons contre nous même.
        il est incroyable à notre époque que les gens n’aient pas conscience que leur enfant sont le résultat de la violence qui s’exprime dans la société.
        proportionnellement a l’évolution de la population, nous nous en tirons bien le taux d’agression par 10 000 habitant a diminué, mais ceci n’a aucune valeur autre qu’une valeur indicative car ce sont les rapports humain et l’appréciation d’une agression et du seuil d’y donner une suite ou pas.
        sans cela nous serions tous en prison.

        ce n’est pas seulement par des chiffres que l’on mesure l’expression de la violence, mais aussi par des facteurs sociaux. toute les cités close par des grilles et portail électrifié, l’usage de force privé de sécurité, la vidéos surveillance en sont la démonstration.
        l’économie et les technologie déplace la violence il n’y a plus beaucoup de braquage car il y a peu de monnaie qui circule , mais se vole des cartes, l’or augmente et les agressions de bijoux croissent, les portables deviennent un bien enviable ils se volent, la femme s’écoute leurs agressions se dénonce etc.
        nous ne devrions jamais faire de ce sujet un marche pied électoral.
        la violence à suivit l’augmentation de la courbe du chömage et celle de la production des biens, elle se stabilise bon an mal an de puis 1985 au tours de 3 500 000 crimes et délit.
         surfer comme nous le faisons sur les variations annuelle et les déplacements sociologiques est imminent politicien.
        ddacoudre.over-blog.com
        cordialement.


        • Raymond SAMUEL paconform 26 décembre 2011 14:26

          Bonjour,


          Le niveau de violence de la société n’est pas mesurable par la statistique du nombre des agresions dans la rue.

          l’essentiel de la violence est ailleurs, dans les relations humaines et surtout dans les relations entre les membres de la même famille.

          Une étude a conclu que ce sont les parents qui apprennent la violence aux enfants. je crois que c’est vrai. Ajoutons l’incidence de la ségrégation qui regroupe les enfants dans des groupes scolaires de plus de mille élèves. Ils sont à l’école en moyenne 800 heures par an alors qu’ils parlent avec leurs parents 33 heures par an ... !(enfance télé danger).
          Ces élèves sont mis dans des conditions inhumaines, privés de liberté, obligations de travail plus dures que pour beaucoup d’adultes, livrés à l’insécurité des cours d’écoles etc...
          Ces enfants apprennent l’antagonisme et non la coopération, la loi du plus fort (ils doivent se taire et avoir tort face à un adulte), la loi de la jungle, prendre plutôt que donner. 
          Devenus adultes ils appliquent les leçons apprises. Il n’y a plus guère de couples heureux et sereins mais des climats familiaux violents et des situations antagonistes. L’autre n’est plus présent dans l’esprit de chacun où l’ego à pris toute la place ; l’un et l’autre des conjoints peut vivre de son côté sans se sentir obligé envers l’autre.
          La violence la plus grave c’est celle -ci, celle de tous les jours pour le plus grand nombre.

          Des moyens de lutte contre cette violence ? Cesser de l’enseigner aux enfants bien évidemment.
          D’abord libérer du temps pour les parents (à bas la société de consommation et la vie chère organisée), combattre l’école telle qu’elle a été conçue, apprendre ce qu’est la nature humaine d’un enfants (quels sont ses besoins pour devenir un adulte en bonne santé psychique -et physique-)..
          ET PAS SEULEMENT.

          • ddacoudre ddacoudre 26 décembre 2011 23:08

            bonjour paconform

            il ne faut pas confondre violence et capacité d’agressivité, ni violence et agression.l’éducation est une violence psychologique et punitive, nous formatons nos enfants pour qu’ils ne restent pas de petit animaux sauvages et ils reproduirons ce schéma.
            nous sommes entrés dans une société qui détruit tous les repères il règne donc une grande confusion. si la frustration de sa liberté arbitraire cause une souffrance nous ne pouvons en faire pour autant une violence, même si elle peut en générer des comportement par la transgression qui elle aussi est fondatrice.
            il y a donc en permanence des nuances et des seuils à établir, les supprimer ne permet plus de faire des distinctions si nous voulons supprimer la violence il faut se suicider, car nous avons une capacité d’agressivité qui est une condition sine quanum pour exister dans un monde fait d’une chaîne de prédation.
            il semble que depuis que la sécurité est devenue une option électorale la confusion la plus totale se répand.
            ddacoudre.over-blog.com
            cordialement.


          • nenecologue nenecologue 26 décembre 2011 18:36

            Oui , sauf qu’il y a quelques années les auteurs d’incivilités à répétition ne gagnaient pas un stage d’équitation aux frais de la princesse mais allaient réellement en prison ...


            • CHALOT CHALOT 26 décembre 2011 18:53

              Nenecologue !
              Ne confondez pas l’irresponsabilité politique de certains élus qui payent des séjours clés en main à des jeunes destructurés pour avoir la pais relative avec la décision qui serait prise d’envoyer des jeunes « inciviles » en stage d’équitation.
              La droite sait monnayer la paix sociale d’un côté et remettre en cause le système pénal née en 1945 et envoyer des enfants en prison de l’autre.
              J’ai toujours milité avec les mouvements d’éducation populaire pour un accès aux vacances pour tous non dans le cadre de séjours gratuits mais dans celui de projets faits avec les jeunes et préparés avec eux . Dans ce deuxième cas, il y a tout un travail de préparation de recherche de financements par exemple avec des chantiers jeunes....


              • nenecologue nenecologue 26 décembre 2011 19:03

                Peut etre que s’il y avait une réelle épée de Damoclès au dessus de la tête des délinquants , il y aurais moins de délits ?


              • CHALOT CHALOT 26 décembre 2011 20:02

                Il faudrait aussi que la société soit juste et que les cols blancs soient aussi condamnés et qu’ils ne puissent pas avoir droit à une protection spéciale et plusieurs avocats s’ils ont de l’argent alors que pour les vols à la sauvette et autres délits des petits délinquants c’est la comparution immédiate.


                • nenecologue nenecologue 26 décembre 2011 20:10

                  Oui mais comme je le disais plus haut , ils ne seront jamais condamnés à une peine applicable par la justice ... Même les travaux d’intérêt général ne sont pas fait !!!


                • Joseph DELUZAIN Joseph DELUZAIN 27 décembre 2011 11:20

                  Loin de moi l’idée de polémiquer, je n’aime guère cela et c’est l’une des raisons qui me font rare sur les sites comme AV, mais sur un tel sujet je ne peux m’empêcher d’intervenir car j’y vois les (fausses) idées communément admises.

                  Tout d’abord, évacuons l’aspect politique : de tout temps et en toutes circonstances, tous les politiciens se sont un jour exprimés sur la question, et ils se sont égarés à chaque fois car ils attribuaient une vision partisane et donc une solution forcément orientée. Toutefois, certaines des causes exprimées dans l’article et dans les commentaires sont réelles. Mais elles n’expliquent pas tout. Aussi, je ne m’étalerai pas sur cet aspect « politique ».

                   

                  Ensuite, étayer une argumentation sur des statistiques et des experts fausse complètement l’étude.

                  Quelles statistiques ?... Les mêmes qui manipulent et tordent les chiffres pour les faire entrer dans des cases préalablement définies !?... (pour la démonstration, voir les statistiques de la sécurité routière : 1 accident sur 3 dû à l’excès de vitesse – plus d’1 accident sur 3 dû à l’alcool ou la prise de stupéfiants – plus d’1 accident sur 3 dû à l’endormissement  ???…) les mathématiques ne s’en remettront jamais.

                  Quels experts ?... Ceux qui tirent leur argumentation des statistiques ? Je viens de m’exprimer sur le sujet.

                  Ceux qui ont enquêté sur le terrain ?... mais quel terrain ?... et quelle enquête ?...

                  Croyez-vous qu’il suffit de visiter des banlieues chaudes et questionner quelques voyous pour tirer des conclusions !?

                  Le vrai expert, le vrai enquêteur, est l’anthropologue qui vit des années dans le milieu qu’il étudie, subissant le phénomène d’osmose, pas le sociologue ou le soi-disant expert qui effleure le sujet à partir d’informations superficielles la plupart du temps erronées ou tronquées. 

                  Alors oublions les statistiques (et les sondages), les experts et restons dans le concret.

                   

                  Dire que la délinquance a toujours existé est parfaitement vrai, mais comparer les époques entre elles est parfaitement faux. Les apaches (l’entre deux guerres), les blousons noirs (fin années 50/début années 60) et les délinquants d’aujourd’hui ont peu de choses en commun. En tout cas ils ne partagent pas les mêmes « valeurs » si vous me permettez cette expression inappropriée les concernant. Par exemple : le viol de filles dans les caves, l’agression de personnes âgées, n’étaient pas dans les pratiques des blousons noirs. Celui qui commettait ces faits se dévalorisait aux yeux de ses congénères. Je n’attribue pas aux blousons noirs un code d’honneur mais je veux seulement préciser que certains actes étaient considérés comme lâches et sales. Pour l’anecdote : je me souviens de blousons noirs aux allures redoutables aidant une vieille dame sur un trottoir ou aidant une maman à monter une poussette dans des escaliers… c’était une situation quasi surréaliste, parfois drôle à voir.

                  Le problème est l’amalgame qui est fait sous le vocable « délinquant »

                  Qu’y a-t-il de commun entre un voyou qui vole parce qu’il ne connaît rien d’autre (éducation, instruction, culture, milieu familial, injustice subie…) et un barbare qui torture et tue sans raison. Traiter ces deux extrêmes avec les mêmes outils est déjà la première faute (et la plus grande) commise par les pouvoirs publics.

                  Dire qu’il n’y a pas plus aujourd’hui de délinquance qu’hier est faux.

                  La période blousons noirs fut la plus mouvementée car c’était la première fois que les jeunes se rebellaient contre l’autorité des adultes, mais il n’y avait pas des centaines de voitures qui brûlaient chaque semaine, pas d’attaques avec des armes lourdes, pas d’affrontements avec la police, pas de violences sur les personnes pour trois francs six sous… (j’aimerais m’étendre sur la question mais la place va manquer).

                  Bref, les « motivations » des délinquants ne sont plus les mêmes.

                  Et les vertus parentales, éducatives, les modèles de société en déliquescence, la lâcheté des adultes de plus en plus démagos et pratiquant du « politiquement correct », n’arrangent rien.

                  Que les politiciens utilisent ces phénomènes pour manipuler l’opinion, c’est un fait certain, l’article le mentionne avec raison. Mais inventer la société de demain n’est pas pour… demain justement. Et ce ne sont pas les politiques qui résoudront la question. Seules des initiatives privées obtiennent de bons résultats pour la remise sur les rails de délinquants paumés.

                  Les pouvoirs publics n’ont toujours engendré que des solutions extrêmes : trop répressives ou trop laxistes. A l’époque des blousons noirs on enfermait les délinquants dans des centres de redressement durant des années pour un vol de bagnole. Aujourd’hui vous avez des multirécidivistes en liberté. Allez comprendre !...

                  Bien évidemment le mal est plus profond que l’on ne peut l’expliquer en un commentaire ou même en un article, mais ne laissons pas les politiques, les experts et les sociologues nous manipuler.

                  Oui il y a plus de violence aujourd’hui, et les causes en sont multiples.

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