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Accueil du site > Actualités > Politique > L’obsolescence contrariée de notre système politique

L’obsolescence contrariée de notre système politique

Le Conseil Communautaire change de tête. de Le Monolecte, sur Flickr La figure paternaliste de l’homme providentiel, du chef, du sauveur, de celui qui sait est totalement dépassée dans une société où le niveau général d’éducation et d’information n’a jamais été aussi élevé. On continue à brandir une professionnalisation politique comme une nécessité indépassable devant la complexité technique des fonctions exécutives. On justifie de la même manière la confiscation démocratique de la grande masse des citoyens qu’est notre démocratie hyper-hiérarchique (mais qu’on appelle « représentative ») comme étant la résultante de leur profond désintérêt que l’on évalue ensuite avec complaisance par le chiffre des abstentions.


Ce que l’on mesure ainsi n’est pas du tout le manque d’investissement de nos concitoyens pour la chose publique, mais bien leur profond mécontentement quant au maintien de structures autoritaires dépassées. Cette campagne électorale a été remarquablement inintéressante de par sa focalisation sur le rôle de chef du maire, sur la polarisation autour d’une figure emblématique alors que la grande majorité des gens aspire à être entendue dans les organes du pouvoir, à participer et à ne plus dépendre du bon vouloir du prince.

J’ai été marquée par le fait que gouverner une commune ne peut être qu’un travail d’équipe, mais que l’esprit hiérarchique des institutions municipales pervertit totalement cette réalité. La réalité de nos structures concentre beaucoup de pouvoir entre les seules mains du maire et prétend ensuite modérer cette tentation d’autoritarisme en déléguant une sorte de rôle de contrôle au conseil municipal. Il n’y a qu’à voir à quel point toute la campagne électorale a bien montré que dans la plupart des cas, sorti de la garde rapprochée des adjoints, le reste de la troupe n’est souvent qu’un simulacre d’équipe, un croupion de démocratie auquel on demande essentiellement de suivre aveuglément le point de vue du chef et de ne surtout pas produire de fausses notes désagréables comme un point de vue différent ou une tentative de débat.

Comme dans l’ensemble de la société, la caste politique, qu’elle soit locale ou nationale, tente de justifier sa mainmise sur l’appareil de gouvernement de nos vies par sa seule qualité d’expert. Ainsi, le personnage politique n’est plus celui qui, parmi nous, va prendre quelque temps la charge de la coordination des intérêts communs, mais c’est « celui qui sait », et qui fera ce qu’il doit faire, en dehors de tout contrôle réel et concret de ses actes par la population dont il est en charge. Évidemment, ce point de vue justifie l’hermétisme de l’accès aux fonctions décisionnelles de notre démocratie. Puisque gouverner ne peut être que l’action de ceux qui savent, la professionnalisation du personnel politique devient un horizon indépassable et du coup, l’aspect hiérarchique et conservateur du dispositif est renforcé, au détriment de toute idée de représentativité, ce qui est antinomique de l’intention d’origine.

Ce conservatisme endogamique des appareils politiques a été parfaitement démontré pendant les municipales de dimanche dernier. Dans beaucoup de petites communes, le débat politique s’est limité à reconduire la seule liste présente : il faut bien dire que dans la ruralité, si la place de maire conserve son attrait de porte d’entrée de la petite notabilité et de pouvoir décisionnel, concrètement, le conseil municipal est un croupion pratiquement sans pouvoir — puisque les compétences les plus importantes ont été transférées aux intercommunalités — et sans aucune compensation, si ce n’est de se taper le sale boulot. Tout se polarise autour de la figure du maire, en contradiction totale avec l’intention démocratique de départ.

Dans les communes où la lutte des places a été effective, dans l’immense majorité des cas, on assiste à la prime au sortant. Autrement dit, le choix se porte sur ceux qui savent (donc ceux qui n’apprennent pas et n’évoluent plus) et surtout sur ceux qui sauront perpétuer les mêmes manières opaques de conduire les affaires.

On voit bien dans ces conditions le manque d’adéquation de nos structures démocratiques avec l’évolution de notre société. Alors que nous vivons dans un monde instable, extrêmement changeant, dans lequel les valeurs sont volatiles, où les hiérarchies sociales sont remises en cause et bousculées, la classe politique apparait comme un havre de conservatisme vaguement rassurant… et surtout très étanche aux idées nouvelles et aux évolutions socioéconomiques.

L’idée même de surfer sur les règles, les institutions, les contraintes internes fortes pour tenter d’expérimenter de nouvelles façons de gouverner, d’impliquer les citoyens est alors très facilement niée par ceux-là mêmes qui justifient une grande partie de leur pouvoir et de leur savoir par le fait qu’ils sont déjà en place.

C’est cette rigidité intrinsèque du système démocratique, sa capacité à reconduire sans cesse des formes hiérarchiques parfaitement rigides et étanches à la société civile qui rendent le processus électoral actuel aussi peu attractif, que ce soit en terme de vocation de candidats ou de simple envie de se trainer jusqu’à l’isoloir. Cela perpétue aussi le poujadiste et indépassable : tous les mêmes !, ce qui est pourtant d’autant plus vrai que l’entrée en politique, même aux plus bas échelons, se fait essentiellement par cooptation de ceux qui sont déjà en place et que les campagnes électorales, habilement pilotées d’en haut par les partis politiques ont toutes les caractéristiques internes d’un immense bizutage destiné à bien faire comprendre aux nouveaux le sens de la hiérarchie et de la perpétuation des façons de faire et de penser déjà en œuvre.

Du coup, plus on change, moins ça bouge. Et l’on continue à déblatérer sans fin sur l’abstention qui se massifie sans vouloir voir la contestation profonde de ce système qui exclut de la représentation politique la majorité de nos concitoyens, quand bien même ils appartiennent à des classes sociales ou des groupes humains massifs : les femmes, les étrangers, les ouvriers et les employés, les chômeurs, les jeunes… etc.

Pour rire, hier matin, j’ai posé une question qui ne sera représentative de rien : auriez-vous voté de la même manière le 23 mars si le vote blanc avait été comptabilisé comme il le sera pour les Européennes ? J’ai pensé à cette question après avoir discuté avec un assesseur lors du scrutin de dimanche. Il me disait qu’on allait se prendre une montée du Front national sans précédent. Non pas que les gens adhèrent particulièrement à ses discours, mais tout simplement parce l’exaspération contre notre système politique est à son comble et qu’en l’absence de la reconnaissance du vote blanc (pour les municipales !), qui est un vote fort qui récuse le système électoral lui-même, il ne reste que le FN pour faire réagir la classe politique.

Logiquement, quand les urnes ne sont plus que les réceptacles de nos frustrations et que la vie politique est à ce point éloignée des citoyens, il serait logique de remettre en question le fonctionnement même de nos instituons et de commencer le long de dialogue citoyen qui consiste à accoucher d’un nouveau contrat social, plus adapté à un monde où même la femme de ménage a un bac+5. La récurrence des affaires politiques, la montée en puissance du premier vrai parti de France, la négation renouvelée de la volonté du peuple, tout appelle, non pas à engueuler une fois de plus le peuple pour avoir mal voté, mais plutôt à écrire une nouvelle Constitution pour nettoyer un bon coup les Écuries d’Augias.

Car le changement devient impérieux.

Et il sera volontaire et démocratique ou violent et portant en germe tous les fascismes !


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17 réactions à cet article    


  • demosoluce 25 mars 2014 16:43

    Je ne peux que vous rejoindre Monolecte,

    Mais notre volonté se heurte à l’immobilisme, non seulement de la classe politique, mais aussi des citoyens. J’ai participé à une liste réellement citoyenne pour une ville de 38.000 hab en Région Parisienne. Nous venions de sensibilités vraiment différentes et nous avons clairement affiché une démarche résolument indépendante. Il est vrai que nous avons réussi, partant de nulle part et sans soutien à faire 6,50% avec une tête de liste de 23 ans. C’est encourageant. mais ce qui l’est moins, c’est que malgré 7 listes, l’abstention est restée forte (supérieure à la moyenne nationale) et les partis arrivés en tête sont ceux là même que vous définissez comme cloisonnés. Les citoyens ne font pas beaucoup d’efforts pour s’informer de la dissidence.


    • gogoRat gogoRat 25 mars 2014 16:49

       Ok,
       à ceci près que s’il suffisait d’une Constitution bien écrite pour assurer une démocratie correcte, ça se saurait ... et le modèle aurait depuis longtemps été répliqué à travers toute notre planète !
       S’il suffisait d’un ’vote blanc’ pour rendre notre scrutin responsable et efficace : idem !

       S’il suffisait d’un bon lancer de dé pour remplacer la technique du scrutin : itou !

       S’il suffisait de bons logiciels et des bons experts pour mettre en place le dispositif miracle : on serait bien bêtes de n’arriver à rien à l’heure de l’ordinateur quantique ...

       Le hic, ou le challenge (le défi, selon l’humeur chacun), c’est qu’aucune solution miracle pour une démocratie digne de ce nom n’a été démontrée. Ce qui n’empêche pas , non pas de rêver, mais de retrousser les manches et de chercher de l’huile de coude pour inventer ensemble une prise de pouvoir « du peuple, par le peuple, et pour le peuple » qui devienne réellement voulue, pensée et co-réalisée par toutes celles et ceux qui se sentent concernés et responsables.

       Chacune des pistes envisagées à sa raison d’être, et écarter a priori chacune de ces pistes l’une après l’autre sans tenter le moindre effort personnel n’a rien de constructif. Le « pouvoir du peuple » n’étant pas un édifice figé, mais plutôt une dynamique visant à maintenir un équilibre, les « solutions » épisodiques (ré-écrire la Constitution / désigner un représentant, par vote ou par tirage au sort ...) ont peu de chance d’impulser toute l’énergie nécessaire à un équilibre pérenne ...

       
       


      • doctorix doctorix 25 mars 2014 17:07

        Aux européennes : votons blanc, pour ne cautionner aucune de ces crapules ou de ces fous dangereux. Ou ne votons pas. Car on utilise nos votes pour légitimiser l’impensable (comme ce traité transatlantique suicidaire pour notre économie), ou l’innommable, comme ce soutien au nouveau pouvoir de Kiev, auto-proclamé, composé d’un tiers de nazillons, ou cette condamnation du vote populaire unanime en Crimée.

        Ces gens nous mènent à la guerre, ça a toujours été leur seul moyen de restaurer une économie. Ces gens se foutent de notre avis (référendum 2005). Ces gens se soumettent au décisions de l’OTAN, dans laquelle nous sommes à nouveau entrés sans notre accord. 
        Ces gens ne nous respectent pas, pourquoi leur offrir une respectabilité par nos votes ?
        Les guerres, ce sont des gens qui ne se connaissent pas et qui s’entre-tuent parce que d’autres gens qui se connaissent très bien ne parviennent pas à se mettre d’accord (mais qui eux, ne s’entre-tuent pas). (Paul Valéry) 
        L’Europe n’est faite que pour gérer au mieux des intérêts qui ne sont pas les nôtres.
        Ce n’est pas 50% d’abstention qu’il faut, mais 90%, afin que ces gens ne soient représentatifs de personne, mais que ça se sache. Que plus jamais ils ne puissent parler en notre nom.


        • Akerios 25 mars 2014 18:08

          Oui,
          vous avez raison.


        • bernard bernard 26 mars 2014 08:14
          @ Doctorix,
          • Le vote blanc va-t-il être pris en compte dans les résultats ?

          Non. Les votes blancs ne seront pas pris en compte dans les suffrages exprimés. Les suffrages exprimés représentent l’ensemble des bulletins, moins les votes blancs et nuls. Les votes blancs seront juste une indication, comme peut l’être le chiffre de l’abstention, mais ils n’auront aucune conséquence sur le résultat du cote. « Il s’agissait de récompenser une expression positive de la vie politique que représente le vote blanc par rapport au vote nul, plus négatif, explique le rapporteur du texte. Une prise en compte de ce vote dans les suffrages exprimés aurait bouleversé notre vie politique. Il aurait été très difficile d’avoir un vainqueur lors de certaines élections. »

          Les arguments des adversaires de cette prise en compte ont eu gain de cause. En effet, si les votes blancs étaient comptés, dans le cas où ils arriveraient en tête lors d’une élection au scrutin majoritaire, aucun candidat ne pourrait être désigné vainqueur. Une présidentielle serait rendue très difficile à remporter. L’actuelle Constitution stipule que « le président est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés », elle obligerait le candidat arrivé en tête au second tour à rassembler plus de suffrages que ceux de son adversaire et des bulletins blancs assemblés. L’élection présidentielle de 2012 n’aurait alors pas connu de vainqueur. Même logique pour un référendum. Pour les législatives (scrutin majoritaire à deux tours), elle rendrait l’élection au premier tour plus difficile, car elle élèverait la majorité absolue

          Source le figaro : http://www.lefigaro.fr/politique/20...

          Donc une fumisterie de plus !


        • bernard bernard 26 mars 2014 10:12


          Oui je sais, la réalité ne fait pas plaisir...

          Mais qu’y puis-je ?

           smiley smiley


        • Monolecte Monolecte 25 mars 2014 19:02

          Quelques liens en plus pour approfondir la question.

          http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-antoine/240314/le-caractere-aristocratique-des-elections
          « Il ne suffirait ainsi de remplacer les gens actuellement au pouvoir pour que le système disparaisse. Or, ce n’est pas une question de personnes, mais une question d’institutions : ce sont les institutions qui prédéterminent les caractères les plus courants des personnes désignées pour gouverner (comme le dit Bernard Manin, « Parce que l’élection est un choix, elle comporte ainsi une dynamique interne qui fait obstacle à la désignation de citoyens semblables aux autres », in « Principe du Gouvernement représentatif » op. cit., p. 182). Évidemment, cela ne signifie pas que tous les élus sont dépourvus de vertu, mais que ceux qui sont vertueux ne peuvent être élus que de manière marginale, parce que l’élection est une compétition dans laquelle la vertu réelle n’est pas un atout (puisqu’elle n’est pas déterminable ; et la vertu peut se feindre), mais plutôt un handicap (pour être élu, il faut être prêt à jouer les jeux d’appareils, les trahisons et reniements). C’est en cela que l’élection n’est pas démocratique : il faut un titre particulier pour gouverner. La démocratie, elle, est « le pouvoir propre à ceux qui n’ont pas plus de titre à gouverner qu’à être gouvernés » (Jacques Rancière, « La haine de la démocratie », Éd. La Fabrique, 2005, p. 54). »

          http://www.internetactu.net/2014/03/18/ce-que-linternet-na-pas-reussi-34-distribuer-lautorite

          "Peut-être alors, comme le dit Paul Ariès dans son dernier livre, Nos rêves ne tiennent pas dans les urnes, il nous faut nous défaire de l’imaginaire de la sujétion. “L’appauvrissement des uns constitue la condition même de l’enrichissement des autres, les dirigeants n’ont pas simplement plus de pouvoir que les dirigés, ils existent de par leur dépossession : dans une entreprise, le manager ne peut se penser et se vivre comme tout-puissant que si l’équipier est pensé et vécu lui-même, parallèlement comme impuissant ; de même dans une collectivité, l’élu ne se vit comme tout-puissant que si l’électeur est pensé comme impuissant. Le pouvoir des uns a toujours pour corollaire l’impouvoir des autres.”« 

          Et aussi, dans le même article

           »Pour Thomas Chamorro-Premuzic (@drtcp), professeur de psychologie des affaires à l’University College de Londres et cofondateur de Metaprofiling, la principale raison du déséquilibre des genres dans les fonctions de direction repose sur notre incapacité à distinguer la confiance de la #compétence, expliquait-il dans la Harvard Business Review. C’est-à-dire que nous avons tendance à interpréter les signes de confiance comme des signes de compétences. Le charisme et le charme sont souvent confondus avec le potentiel à diriger. De plus, nous avons tendance à élire comme chef des personnes égocentriques, narcissiques et qui ont une grande confiance en elles, des traits de personnalités qui seraient plus fréquents chez les hommes que les femmes. Freud soulignait déjà combien les disciples remplacent leurs propres tendances narcissiques par celles de leurs chefs, de sorte que leur amour pour le leader est une forme déguisée de l’amour-propre, ou un substitut à leur incapacité à s’aimer eux-mêmes."


          • gogoRat gogoRat 26 mars 2014 11:20

             énorme merci, Monolecte, pour cet éclairage et le lien donné

            J’y relève aussi cette citation :
            "On érige ainsi la psychorigidité au rang des vertus organisationnelles, [...] Conséquences de cette surconformité acquise : une intériorisation des règles (devenues fins en soi et non plus moyens pour atteindre des buts) ; une diminution des relations interindividuelles  ; une attitude soumise et passive qui fait fi – souvent sous le mode de la frustration – de toute autonomie et de toute créativité.« 

            CQFD :
             les cahiers de doléances sont bien plus un défi civilisationnel que technique ...
             ( dommage que le texte mentionné semble vouloir ignorer des textes aussi classiques (et pas forcément dépassés) que »La cathédrale et le bazar« ou »à la conquète de la Noosphère« ) ...
             et dommage que personne ne semble vouloir remarquer à quel point l’indifférence abyssale du monde politique vis à vis de l’expérimentation politique que constitue un certain »logiciel libre« souligne la pertinence du mot de Claude Bernard :
              »L’art c’est moi ; la science c’est nous"


          • gogoRat gogoRat 26 mars 2014 14:58

            SVP, revenons succinctement sur 2 points qui méritent d’être recadrés en prenant un minimum de recul :

            * « la vertu réelle n’est pas un atout [...], mais plutôt un handicap (pour être élu, il faut être prêt à jouer les jeux d’appareils, les trahisons et reniements). C’est en cela que l’élection n’est pas démocratique »
            =>
             Pour que le principe, autant que le dispositif, de l’élection puisse être candidat au qualificatif de « démocratique » il faudrait, au préalable, qu’il y soit éligible ... Mais, soit, admetttons qu’on puisse reconnaître comme « démocratique » une volonté du peuple qui consiterait à se déléguer des « représentants » du peuple. Préciser la question posée revient alors à se demander comment, dans quelles conditions, la technique et le dispositif de cette désignation des représentants peut être qualifiée de démocratique. Et là, même en restreignant ainsi le problème à cette préoccupation plutôt annexe, on a bien d’autres raisons encore de douter du caractère démocratique de l’élection.
             - Aristote  : « il est démocratique, par exemple, de tirer les magistrats au sort ; oligarchique, de les élire »
             - Rousseau : « Spartes était une aristocratie parce que ses magistrats étaient élus »
             - Montesquieu « Le suffrage par le sort est de la nature de la démocratie ; le suffrage par le choix est de celle de l’aristocratie » - cf : Esprit des lois, livre 2, chapitre 2
             ....

            * « Le pouvoir des uns a toujours pour corollaire l’impouvoir des autres. »
             Là encore l’abstraction apportée par Rousseau avec sa notion de « contrat social » permet de prendre un peu de hauteur :
            il donne la clé (théorique) pour un pouvoir (de tous) qui ne soit pas le pouvoir des uns contre l’impouvoir des autres :
            « une forme d’association [...] par laquelle chacun, s’unissant à tous, n’obéisse pourtant qu’à lui-même » ...
             En somme, tant qu’on est amenés à reconnaître un pouvoir « des uns », c’est qu’on n’accepte pas leur légitimité démocratique !


          • alinea Alinea 25 mars 2014 19:33

            Surtout, ne donnons pas le pouvoir à ceux qui le veulent !
            C’est Étienne Chouard qui rappelle ce truisme !
            Ceux qui pensent que voter est un devoir sont ceux qui ne se trouvent pas si mal que ça dans ce système ! Ils sont encore trop nombreux ; mais nous arrivons au point de bascule !


            • demosoluce 25 mars 2014 22:42

              Je suis d’accord avec vous Alinea. Je suis d’ailleurs très chouardien. Je n’ai aucune confiance dans le système représentatif. Toutefois, dans l’état actuel des choses, je me suis dit que si nous devions récupérer le pouvoir, cela ne pouvait se faire que localement. D’où cette liste. Mais tout n’est pas perdu, les candidats classiques semblent organiser eux mêmes un beau bordel. je vais continuer le combat vers la vraie démocratie même si nous en sommes encore loin.


            • tf1Groupie 25 mars 2014 19:33

              C’est la société française dans son ensemble qui est très conservatrice : la crispation sur les acquis, le refus du changement, le « c’était mieux avant », la peur du nouveau et de la mondialisation, etc...

              Pourquoi espèrer qu’une nouvelle constitution change l’état d’esprit d’un peuple frileux et en repli sur soi.
              C’est juste changer le papier peint.


              • alinea Alinea 25 mars 2014 21:48

                C’est un peu vrai groupie ; mais n’importe qui peut changer, c’est une question de dynamique, quand le mouvement est entamé, les indécis s’y ajoutent !


              • Croa Croa 25 mars 2014 22:21

                Non, le vrai problème est que l’essentiel du pouvoir est dans la parole et surtout dans les mensonges de l’oligarchie propriétaire des médias (et accessoirement des capitaux.)

                Effectivement les sujets
                (se croire citoyen est une erreur !) sont majoritairement conservateurs, ce que nos maîtres savent très bien. C’est pour ça que les partis populistes sont présentés comme utopistes et déraisonnables dans leurs volontés de réformes alors que les partis élitistes seraient raisonnables et porteurs de valeurs stables, leurs réformes à eux n’étant que dictés par les circonstances et sans alternatives possibles.

                Contrairement à ce que tu crois, une nouvelle constitution pourrait tout changer : Il suffit de veiller à ne pas laisser les pouvoirs à ceux qui y sont habitués !


              • Blé 26 mars 2014 06:43

                Effectivement, les humains sont modelés à partir des institutions . En France, le Président a pratiquement le même statut qu’un roi durant 5 ans, il peut à peu près tout se permettre sans avoir de compte à rendre surtout pas de compte à rendre à ceux et à celles qui l’ont élu. Nous vivons dans une monarchie doublé d’un pouvoir des banques comme jamais notre histoire en a connu. Hollande ou une autre marionnette ne changerait rien au fait que les contres pouvoirs en France sont pratiquement inexistants et ceux qui pourraient y remédier ne le feront pas puisqu’ils n’y ont aucun intérêt. L’intérêt général n’est plus de ce monde, il n’y a que la concurrence, la compétitivité (pour aller où, ça on ne nous le dit pas), le profit et si l’environnement rend malade des millions de gens dans le monde ce n’est pas le problème des rentiers ni des spéculateurs.

                Je doute qu’un bulletin de vote puisse modifier quoique ce soit au point de corruption où nous sommes arrivés à la tête des états.


                • Ruut Ruut 26 mars 2014 10:11

                  L’UMPS est fasciste.
                  L’UMP ne reconnaît pas le vote du peuple de France comme le PS pour la Crimée.
                  Le PS interdit certains humoriste ce qui est contraire a la liberté d’expression.


                  • Fifi Brind_acier Fifi Brind_acier 26 mars 2014 10:57

                    Au bout de 40 d’ Union européenne, ne pas avoir compris que c’est le transfert des droits régaliens à des Instances supranationales qui a fait disparaître la démocratie, semble quand même une grave lacune...

                    Quand on parle de pouvoir, il faut au moins savoir qui décide ?

                    Dans l’ UE, il n’est plus possible d’avoir des politiques intérieurs nationales, c’est Viviane Reding qui est venue l’expliquer à nos buses de Députés français.

                    A quoi va servir une autre Constitution, à l’heure où les décisions ne se prennent plus en France et où des membres du Congrès américain vont venir siéger à Bruxelles ? Vous vivez hors du temps et de l’espace...

                    L’URSS avait une super Constitution, elle n’a jamais servi.
                    Poutine a fait voter une Constitution, c’est copié/coller de celle de la Ve République.

                    La démocratie n’est pas liée à la Constitution, (que les dirigeants français ont violé à de multiples reprises sans que ça vous émeuve) , mais à l’existence d’un « demos », d’un peuple.
                    Il y a bien un peuple français, mais il n’y a pas de peuple européen.
                    C’est ce que rappelle cette spécialiste du droit constitutionnel., donc pas de démocratie dans l’ UE.

                    Quant à croire que tous les dirigeants sont des pourris, c’est une idée du FN pour que vous votiez pour eux, autant dire, une référence plus que vaseuse.
                    Pourquoi un « tiré au sort » serait moins corruptible, isolé et soumis à toutes les pressions ?

                    Chavez était un mauvais dirigeant ?
                    De Gaulle s’est enrichi ?
                    Poutine ne défend pas les intérêts de son pays ?

                    La question centrale aujourd’hui, est comme en Amérique du sud, la lutte contre l’impérialisme américain et le retour à la souveraineté nationale.
                    Et donc à la démocratie.

                    Cela signifie que les élus seront à nouveau responsables devant les citoyens et plus devant la Troïka donneur d’ordres, et oncle Sam, qui les envoie soutenir les néonazis estoniens et ukrainiens, tout en combattant le FN ici...

                    La souveraineté n’est pas un gros mot, la Nation est une idée de Gauche :
                    « Le peuple est souverain ».

                    « La leçon de Chavez à l’ Empire »

                    « Qui gouverne la France et l’ Europe ? »

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