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Accueil du site > Actualités > Politique > L’Occident voué à la puissance et au totalitarisme ?

L’Occident voué à la puissance et au totalitarisme ?

 Il existe deux manières de considérer la puissance. Individuellement ou bien exercée par un groupement d’hommes sous diverses formes et notamment la politique et son « objet » moderne, l’Etat. Dans la tradition anglo-saxonne, la « philosophie politique moderne » est séparée de la philosophie morale et se donne comme objectif de penser l’Etat. A ces réflexions s’ajoutent d’autres considérations d’ordre culturel, moral, historique et bien évidemment, la puissance et les transformations auraient toute leur place dans une philosophie qui cherche à comprendre le cours de la civilisation occidentale. En ce sens, la puissance est à la fois un moyen, relayé par des instruments, et un ressort fondamental permettant aux sociétés et Etats de se transformer. Tout en transformant la nature, construisant des établissements et autres édifices institutionnels, des entreprises, des objets produits en masse et une existence humaine elle aussi transformée. Il est nécessaire d’étudier comment la puissance peut être perçue d’un point de vue moral, conçue comme articulée à des fins et pensée comme instance transformatrice et ressort individuel ou collectif.

 Cette pensée se présente comme systémique, prenant l’individu et la société sous l’angle du tout et de la partie. En des pages forts éclairantes, Leo Strauss expose le lien étroit entre la cité et l’individu dans la philosophie d’Aristote. Le tout et la partie dépendent mutuellement d’un de l’autre au point que le bien pour l’individu est de même nature que le bien dans la cité. Plus généralement, le statut de l’individu citoyen est intimement lié à la nature du régime. Par ailleurs, la destination la plus « noble » de l’homme, selon Aristote, est de parvenir à l’excellence et à l’existence théorétique, contemplative. Autant dire que la puissance n’est certainement pas la tasse de thé d’Aristote, ce qui le distingue d’un de ses anciens élèves, un certain Alexandre. Néanmoins, ce qui réunit le philosophe et le héros de l’Histoire, c’est le souci de l’homme. Un trait particulier qui sera partagé par les dignitaires de Rome et qui a fait dire à Voegelin que cette période fut celle des empires basés sur des vérités philosophiques. Et la philosophie politique de cette époque, elle s’est éminemment penchée sur l’homme. Voici ce qu’en pense Leo Strauss dans La cité et l’homme (p. 86), ouvrage consacré aux œuvres politiques d’Aristote et Platon :

 « Les choses divines sont de rang plus élevé que les choses humaines. L’homme a manifestement besoin des choses divines, mais les choses divines n’ont manifestement pas besoin des choses humaines (…) L’étude de l’homme est une partie de l’étude de la nature. Cicéron attire notre attention sur l’effort spécial qui fut nécessaire pour que la philosophie se penche sur les choses humaines : le premier mouvement de la philosophie se détourne des choses humaines pour se tourner vers les choses divines ou naturelles (…) il faut contraindre la philosophie à revenir aux choses humaines dont elle avait commencé par s’éloigner ».

 Ces quelques lignes sont décisives. Ce qui est né en Grèce, c’est la philosophie conçue comme « anthropologie antique », comme une pensée de l’humain dans sa globalité. La démocratie athénienne est à la fois la condition et le résultat de cette philosophie devenue classique pour Strauss. Avant le moment socratique, la philosophie ne plaçait pas l’homme comme un « objet » de pensée pro-éminent. L’univers était peuplé de diverses entités, animaux, humains, dieux, chacune jouant sa partie. C’était l’époque d’Hésiode et Homère avec à l’Est, l’empire védique fondé sur les vérités cosmologiques. C’est en revenant aux choses humaines que les questionnements philosophiques et politiques se sont développés autour de quelques questions fondamentales sur la nature de l’homme, ses caractères, ses fins ; puis des questions sur le tout que représente la cité. Il est alors possible de tracer trois conjectures fondamentales que je vais essayer de présenter.

 

 I. La première conjecture est systémique. Elle a été clairement développée par Strauss. Très brièvement, il est question du rapport entre l’homme et la cité, le tout et la partie. Le résultat extractible de la Politique et de l’Ethique d’Aristote, c’est qu’il existe une continuité morale entre l’homme et la cité. Le bien en l’homme repose sur le bien dans la cité et réciproquement. A l’inverse, on note une discontinuité éthique. L’homme vise l’excellence, chose bien impossible pour la cité. L’homme est donc supérieur en dignité à la cité. Ce jugement pourrait alors justifier que la cité soit un moyen pour permettre aux excellents d’accomplir leurs desseins. Auquel cas, la philosophie politique classique distingue la sphère morale, celle du bien dans l’homme et la cité, et la sphère éthique, celle de l’excellence placée comme une fin suprême. On notera aussi que la Grèce a tout aussi bien inventé la démocratie que l’aristocratie en concevant l’idée que parmi les hommes, certains soient spécialement distingués par une dignité supérieure. 

II. De là découle une seconde conjecture qui se conjugue sous forme d’un dilemme. La cité serait donc un moyen pour l’homme et pourtant sans les hommes il n’est pas de cité. Le rapport entre homme et cité peut alors se présenter sous forme d’une alternative car si l’homme peut parvenir à l’excellence à titre individuel, son sort dépend des autres hommes qui ne dont pas nécessairement disposés à favoriser quelques desseins personnels. On voit ainsi se dessiner le dilemme entre les fins et les moyens. L’homme est-il un moyen ou une fin ? Ou alors, l’homme est-il un moyen pour une fin et si oui, de quelle manière et pour quelle fin ? J’arrête là pour lancer la dernière conjecture

III. La nature de l’homme comme animal social et producteur s’est dévoilée progressivement. Peu à peu, avec la dialectique du percept et du concept, les gouvernants ont découvert la possibilité de coordonner les hommes pour réaliser des opérations, matérielles, militaires. L’expérience d’exploitation de la nature a été transposée à l’humain. L’Antiquité a inventé l’esclavage organisé. Aristote en a formulé une explication ontologique. Mais la chose essentielle fut la prise de conscience de la puissance anthropique et son aboutissement dans la forme impériale. Puissance du collectif et collectif au service de la puissance. Avec un élément essentiel, la voie. La puissance a toujours été orientée et c’est là un trait spécifiquement humain. La nature n’agit jamais en vain disait Aristote. La puissance ne s’exerce jamais sans voie pourrait-on dire.

 

 Le schéma est assez clair. L’empire romain constitue une « plate-forme de civilisation » mettant l’homme dans une position centrale. Le déclin impérial est dû à plusieurs facteurs. Je pense qu’un élément important a accentué ce déclin, c’est la division. C’est là sans doute un principe fondamental jouant au niveau de la puissance. Une société divisée tend à devenir impuissante et si elle veut rester puissante, elle doit trouver un élément fondamental qui relie ses membres tout en facilitant la fixation dans les consciences d’un dessein commun. Comme on le sait, la théologie chrétienne a permis, avec l’œuvre de l’Eglise, l’enracinement d’un dessein commun mais dont la réalisation pour les humains ne s’effectue pas dans l’existence temporelle. Le monde médiéval occidental se présente comme un « socle civilisationnel » dont les fondations incorporent des vérités sotériologiques et un dispositif théologique d’où découle un corpus théologal. Peut-être ce monde médiéval constitue-t-il une réplique « trans-chronique » au propos de Cicéron sur la philosophie qui s’est penché sur l’homme : la philosophie doit aussi se pencher sur le divin, ce qu’elle fit en se constituant comme théologie, discipline bien plus rationnelle que les anciennes croyances dispensées par les « mythologies païennes », tout en prenant quelque distance avec la cosmologie platonicienne. Mais finalement, les clercs se sont préoccupés du pouvoir temporel. Il y a les clercs et les moines au Moyen Age. Les clercs ont préparé le terrain pour les princes.

 L’état d’aboutissement des philosophies et théologies médiévales révèle quelques ressorts et traits fondamentaux d’une civilisation européenne qui n’a rien de commun avec l’Europe moderne issue du tournant opéré à partir du 17ème siècle et préparé lors du siècle précédent. L’ancienne civilisation se caractérisait plus par un dispositif de savoirs que par des techniques. Ce savoir portait sur la nature, l’homme et le divin ; et il satisfaisait autant le domaine pratique de l’existence que les aspirations à trouver un sens. A l’époque médiévale, la science et la philosophie étaient imbriquées. La nature était comprise d’une manière plus directe, sans la médiation des techniques modernes et des calculs scientifiques. Il fallait vivre la nature, bien plus que l’utiliser. Cette époque médiévale est révolue. Le monde a été soumis à la mesure puis au calcul. Ce calcul a été mis au service de l’exploitation de la nature mais aussi à l’organisation des grands ensembles humains organisés autour de l’Etat moderne. Naguère, le pouvoir s’exerçait par le verbe mais de nos jours, il n’est pas une journée sans qu’un chiffre ne soit annoncé et serve de justification à une revendication politique. Bienvenue dans l’Etat calculateur. Le citoyen est un numéro, un ensemble de chiffres et c’est de cette manière que l’Etat rationnel le reconnaît. 

 A ce moment de la réflexion surgit ce qui est sans doute la seule question fondamentale pour notre époque. L’Occident et sa puissance n’est-il pas destiné au totalitarisme ? Et si oui, comment comprendre le totalitarisme ? Le citoyen se croyant éclairé croit que la démocratie a vaincu les totalitarismes pendant le court 20ème siècle. En fait, il se peut bien qu’un nouveau totalitarisme soit en mouvement. Non plus centralisé et coordonné par un régime mais périphérique, diffus et même voilé, tout en étant relayé par d’innombrables canaux d’information et autres instrument divers. Quel serait alors le trait, le caractère, le ressort commun entre les totalitarismes du passé et celui du monde hyper technique ? J’en vois un, la puissance, qui s’exerce au niveau individuel et sectoriel dans des réseaux d’intérêt. Puis un seconde, l’usage des techniques pour avoir une prise sur le monde et des informations utiles à cette emprise dont la finalité est la puissance. De l’individu narcissique et tout-puissant et des ensembles humains, qu’ils soient politiques, industriels, sportifs, mafieux, locaux ou multinationaux. La voie de la puissance est anti-éthique, anti-humaniste, immorale. Elle exclut la transcendance, les valeurs, l’altérité de son champ de perception. La puissance avance en prenant l’homme comme un moyen et n’a comme seul horizon de transcendance son accumulation, ce qui est une pseudo transcendance. Reste à savoir si depuis l’avènement de l’Occident moderne, la puissance est le seul dessein pour l’humanité ? 

 L’énigme de la puissance, tel est le secret impensé de l’Occident. La technique comme dévoilement de la puissance. La voie de la puissance qui permit aux dirigeants de conquérir les territoires en les incitant à faire la guerre. La puissance qui permet d’acheter à l’ère consumériste et libérale. L’Etat qui est un instrument de puissance autant que de soins apportés aux populations dont la vie n’intéresse que peu les politiciens et autres gestionnaires préoccupés de chiffres et de contrôle de la société. On s’interroge sur ce souci très actuel pour la démocratie dans le monde et les peuples. Est-ce là le signe d’une mauvaise conscience des élites parfaitement conscientes du totalitarisme mou qui se dessine en Occident. Chercher un ennemi ailleurs alors que la menace est à l’intérieur. Le totalitarisme gagne les sociétés occidentales et le monde. Mais il y a des résistances. Qui l’emportera ? 


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18 réactions à cet article    


  • Leo Le Sage 9 juillet 2012 10:11

    @auteur/Bernard Dugué
    Vous dites :
    "Les choses divines sont de rang plus élevé que les choses humaines. L’homme a manifestement besoin des choses divines, mais les choses divines n’ont manifestement pas besoin des choses humaines« 
     »(…) il faut contraindre la philosophie à revenir aux choses humaines dont elle avait commencé par s’éloigner"

    Rien que pour cette phrase j’ai voté favorablement pour l’article... smiley

    Vous dites : « systémique »
    Quand on sait que cette crise EST systémique...

    Vous dites : « dilemme »
    « L’homme est-il un moyen ou une fin ? »
    Une fin ? Sa fin ?

    Vous dites : « La nature de l’homme comme animal social et producteur s’est dévoilée progressivement. »
    Donc nous regressons ? Zut, je pensais qu’on évoluait correctement...

    Vous dites : « Puissance du collectif et collectif au service de la puissance. »
    Anagramme qui donne l’impression d’une dichotomie mais qui au fond est une démonstration d’une symbiose malhabile...

    comme c’est un peu long, je vais y revenir un peu plus tard.
    Quelque part c’est passionnant : on à hâte de lire la fin...


    • anty 9 juillet 2012 12:00

      L’occident est voué à plus de démocratie sinon elle risque de s’éffondré.


      • xbrossard 10 juillet 2012 16:48

        @anty


        on en parlera quand la démocratie aura VRAIMENT un pouvoir sur la vie des hommes ; or, ce pouvoir, il se trouve dans l’économie, les entreprises

      • anty 9 juillet 2012 12:32

         Le totalitarisme gagne les sociétés occidentales et le monde. Mais il y a des résistances. Qui l’emportera ? 


        Ce n’est le totalitarisme qui menace l’Europe mais tout simplement la disparition de démocratie et l’installation des dictatures surtout dans un pays comme la France.
        L’Europe devient le maillon faible parmi les démocraties mondial
        Pour y remédier il faut que l’Europe réussisse mieux économiquement.


        • anty 9 juillet 2012 12:38

          Ce n’est pas...


        • xbrossard 10 juillet 2012 16:53

          @anty


          « Pour y remédier il faut que l’Europe réussisse mieux économiquement. »

          doit-on vous rappelez que le pays qui a le mieux réussi économiquement (enfin, qui a mieux réussi sa sortie de crise) c’est l’allemagne nazie ?

          il n’y a pas de causalité entre démocratie et réussite économique ; regardez la chine, pays à forte réussite économique mais non démocratique.

          La réussite économique des pays européen et de l’amérique des débuts s’est fait sur l’esclavage : belle exemple de démocratie...

          A la limite, le système de plus grand réussite économique, ce sont les prisons américaines : très très rentable...


        • Loatse Loatse 9 juillet 2012 12:32

          Bonjour Bernard

          Vous dites :

           Chercher un ennemi ailleurs alors que la menace est à l’intérieur...

          L’un n’exclut pas l’autre à mon avis... 

          Economiquement, socialement, culturellement parlant dans cet esprit d’ouverture qui ne pourrait être que positif si, attachés à notre socle commun. Si nous étions capables de faire la part des choses entre les apports bénéfiques à nos sociétés et ceux qui ne le sont pas, nous nous épargnerions bien des tracas...

          Attachés à rien finalement, allant jusqu’à renier ce que d’autres peuples revendiquent avec une légitime fierté, nous voilà ballotés au gré de tous les vents, de toutes les influences sans plus nous questionner sur ce que nous voulons... N’ayant plus rien à transmettre puisque cultivant cette haine de qui nous sommes avec nos spécificités historiques, religieuses, culturelles etc... Allant jusqu’à banaliser la violence qui, je le crois, prend sa source dans ce renoncement...

          Notre « puissance » ne repose finalement que sur la technologie utilisée de plus en plus à mauvais escient, destructrice plutôt que constructive, plutôt que de chercher à transmettre nos connaissances, notre savoir tout en empruntant aux autres civilisations ce qui peut nous enrichir intellectuellement et non pas se substituer à ce que nous nous entêtons à annihiler...

          La « maison » se construisait ainsi au fil des siècles non sans heurts car parfois il nous fallait déconstruire plusieurs étages pour les rebâtir, mais bon an mal an, cela prenait forme..

          C’est alors que (mais quand cela s’est il produit ?), les fondations furent déclarées malsaines, dangereuses, susceptibles de déstabiliser l’ensemble,.. nous décidâmes donc de les raser...

          Voici à quoi ressemblent nos sociétés occidentales aujourd’hui.. à une sorte de cube en legos posé tel quel sur le sol , balayé par les vents jusqu’à ce qu’une bourrasque plus puissance que les autres n’en vienne à détruire le fragile édifice..

          La nature ayant horreur du vide, elle comblera rapidement celui-ci... et c’est alors que, sortant enfin de notre léthargie, nous nous écrierons : « ceci ne nous convient pas ! »


            • anty 9 juillet 2012 13:41

              Désindustrialisation et déclin de l’occident

              Les délocalisations représentent un danger stratégique pour les pays occidentaux, en particulier pour les pays européens. L’affaiblissement des secteurs industriels entraîne à sa périphérie celui des « services à l’industrie », de la recherche et développement, et finalement des sièges sociaux qui tendront à se rapprocher des nouveaux centres de production et de consommation. Bientôt le savoir-faire ainsi que la capacité d’initiative seront perdus dans un ensemble de secteurs dont certains sont essentiels pour le rang que ces pays souhaitent occuper dans le monde. La puissance géopolitique et militaire repose sur la puissance économique et technologique. Une fois appauvris et désindustrialisés, les pays occidentaux devront renoncer à leur leadership mondial, au bénéfice des actuels « pays émergents », au premier rang desquels se trouvent la Chine et l’Inde.

              Les Etats-Unis et surtout l’Europe de l’Ouest sont en voie de désindustrialisation. Un chiffre donne une idée de l’ampleur du phénomène : en France, le poids de l’industrie manufacturière dans le PIB a été réduit de moitié entre 1990 et 2007, passant de 34% à 17%. Et le développement du secteur des services est insuffisant pour compenser la désindustrialisation (d’où la stagnation du PNB européen, avec une croissance inférieure à 2% par an contre 12 à 14% pour la Chine).

              Depuis 10 ans, les capitaux occidentaux se sont investis massivement dans les pays émergents, avec pour conséquence des infrastructures et un appareil productif vieillissant dans les pays occidentaux où les investissements ont manqué. Les villes et les usines des pays émergents sont souvent plus modernes que dans les pays européens désormais en voie de sous-développement, tandis que les anciens « pays en voie de développement » sont en train de devenir les pays riches des prochaines décennies. Bientôt, les rôles seront inversés, et les citoyens européens réduits à la misère deviendront les esclaves qui fabriqueront à bas coût les produits consommés en Chine.

              L’ironie du sort, c’est que ce sont les « forces vives » du capitalisme (les entreprises) qui sont en train de transformer la Chine en superpuissance, alors que c’est la dernière grande dictature communiste de la planète.


              • anty 9 juillet 2012 13:42

                Car la Chine est toujours dirigée par un parti unique, sans élections libres, et ses dirigeants ont toujours affirmé que la phase actuelle n’était qu’un moyen transitoire pour parvenir à la victoire du « socialisme ».

                Les dirigeants chinois ont parfaitement mis en pratique la stratégie des arts martiaux et de la sagesse orientale : utiliser la force de l’adversaire contre lui-même.

                La Chine a analysé méthodiquement les faiblesses de l’Occident, en identifiant parfaitement le point faible principal, à savoir l’incroyable cupidité des multinationales et le dévoiement du pouvoir politique par les élites économiques. La Chine a peut-être aussi été inspirée par cette citation de Lénine : « Les capitalistes étrangers font tout pour l’argent. Ils essaient même de nous vendre la corde avec laquelle nous les pendrons. »

                Le 21è siècle sera donc asiatique, et les deux premières puissances économiques mondiales seront la Chine et l’Inde. Après avoir dillapidé leurs ressources dans les guerres, détestés du monde entier, les Etats-Unis seront sur la voie du déclin, sauf si ils décident une guerre nucléaire contre la Chine pour sauvegarder leur position dominante. Quant à l’Europe, elle est durablement affaiblie par un élargissement sans fin, par les délocalisations, et par l’impuissance économique volontaire des états....

                 


                • Soi même Soi même 9 juillet 2012 13:46

                  @ l’auteur, pourquoi dans l’image tu as décapité la tête de Hollande ?


                  • anty 9 juillet 2012 13:53

                    Epuisement et dépression collective des citoyens occidentaux

                    Pendant que la Chine ou l’Inde faisaient des efforts massifs et continus pour l’éducation de sa population et utilisait l’argent public de façon optimale pour développer ses infrastructures et son industrie, les dirigeants des pays occidentaux comme les Etats-Unis et la France se sont ingéniés à abrutir leur population (pour la rendre plus facilement manipulable), à affaiblir les énergies individuelles, à saboter l’éducation et les services publics (pour justifier ensuite leur privatisation), et à dilapider et détourner l’argent public.

                    Au moment où les citoyens devraient redoubler d’imagination et de créativité pour relever le « défi de la mondialisation », ils sont épuisés, déprimés, vidés de leur énergie par leurs dirigeants qui n’ont cessé de les vampiriser et de les brimer (au nom de la « tolérance zéro »).

                    L’avantage majeur dont disposait l’Occident jusqu’à présent était son avance dans les industries technologiques et culturelles. L’épuisement des énergies, l’abêtisation, et une société de plus en plus étouffante et répressive ont affaibli les capacités d’innovation et réduit les atouts des pays occidentaux, en voie d’être rattrapés puis dépassés par la Chine, l’Inde, et d’autres pays émergents..

                     


                    • anty 9 juillet 2012 14:00

                      Restaurer les barrières douanières

                      Chaque pays est dans une situation différente, avec une culture et une histoire différentes. Il est donc normal que les systèmes sociaux soient différents. De même qu’une cellule est pourvue d’une membrane pour maintenir les conditions nécessaires à son milieu intérieur, la seule manière pour un pays de sauvegarder son système social est d’établir des barrières douanières, pour équilibrer les conditions économiques différentes des pays d’où proviennent les produits importés.

                      Il n’existe donc que deux solutions pour mettre fin aux délocalisations et au déclin industriel des pays occidentaux : l’alignement des conditions sociales sur celles en vigueur dans les pays émergents, ou bien, le rétablissement des barrières douanières proportionnellement aux différences de salaires, de droits sociaux, et de législation environnementale...


                      • anty 9 juillet 2012 14:00

                        Dernier moment pour agir

                        La période actuelle est le dernier moment pour agir. Il n’y aura en effet plus de retour en arrière possible lorsque les machines, les capitaux, et le savoir-faire seront partis ailleurs. Il sera également trop tard lorsque la capacité d’action des états (et donc des citoyens) aura été totalement neutralisée par les accords multilatéraux, les traités européens, et surtout, par l’effet conjugué de l’endettement(dont le remboursement représente déjà le quart des dépenses de l’état en France) et de la réduction des recettes de l’état, du fait de la désindustrialisation et de l’appauvrissement des salariés..


                        • ALasverne ALasverne 9 juillet 2012 15:01

                          Je n’ai pas saisi quelle voie spécifique emprunte l’Occident vers la puissance et le totalitarisme, si celle-ci diffère de celles empruntées dans le passé. Hormis les incarnations déjà connues, - armement, médias - je ne vois pas à quelle modalité moderne et/ou contemporaine de la puissance et du totalitarisme l’auteur fait allusion hormis, je l’ai dit, les incarnations dénoncées un peu partout,.

                          Je ne vois pas non plus le rapport direct de cette voie vers la puissance et le totalitarisme avec le caractère anthropologique de la philosophie moderne.


                          • Raffaello 9 juillet 2012 15:32

                            Rien à voir avec le sujet, mais je fait partager cette interview de ce Grand Monsieur

                            Une histoire démentielle révélatrice de l’état de délabrement moral
                            de notre société


                            • gaijin gaijin 9 juillet 2012 16:10

                              " A ce moment de la réflexion surgit ce qui est sans doute la seule question fondamentale pour notre époque. L’Occident et sa puissance n’est-il pas destiné au totalitarisme ?« 

                              je ne m’attarderai pas sur le fait que je ne pense pas que ce soit la seule question
                              mais pour le reste je dirais même plus : l’occident est définitivement totalitaire
                              regardez les faits : a parts quelques papous et quelques tribus amazoniennes que l’on a provisoirement renoncé a détruire il ne reste rien nulle part.
                              partout on mange macdo et coca partout l’argent est devenu la seule valeur ......l’occident a tout conquis et tout détruit y compris par la force
                              dernières victimes la chine et le japon ( la chine est tombée sous la pression de la corruption instaurée par les anglais et de leur commerce de l’opium le japon a cédé face aux cannonières américaines ). 
                              pour la première fois dans l’histoire connue la planète est entièrement dominée par un seul mode de pensé et d’action. en 4 siècles ( de 1500 a 1900 a la louche ) l’occident a conquis le monde entier et détruit toute autre forme de pensée et de civilisation. 
                              un âge de fer et de feu consacré a satisfaire les névroses d’une minorité d’individus cupides et mégalomaniaques. un age qui atteint son apothéose avec hiroshima l’ultime preuve la »supériorité" de la force brutale sur tout autre forme de considération
                              nous apprenons dans les livres d’histoire les invasion barbares des temps passés mais attila et les huns avaient la décence de s’en aller ; les mongols de kubilai khan ne conquièrent la chine que pour en adopter le mode de vie .....

                              la question me paraît plutôt se poser de la façon suivante :
                              maintenant qu’il ne reste plus rien a conquérir allons nous continuer a sombrer vers une inévitable décadence et nous autodétruire ou réussir à évoluer vers de nouveaux chemins ????


                              • Blé 10 juillet 2012 07:44

                                Je ne pense pas que l’occident soit plus voué au totalitarisme qu’ une autre région. Derrière les idées, derrières les mots, derrière les faits graves ou légers il y a tout simplement des humains. Certains groupes d’hommes sont mieux organisés que d’autres, d’où leur hégémonie.

                                En écoutant madame Lacroix-Riz, « La défaite » était programmée, organisé car pour les puissants, la place de l’ ouvrier n’est pas d’aller sur les plages mais de rester à sa machine ou à sa charrue. Pour le reste, la petite minorité d’occidentaux qui détiennent l’argent, les armes et les média, imposent leur politique au reste du monde en ayant qu’une seule idée : s’enrichir.

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