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Accueil du site > Actualités > Politique > L’Université en crise (1)

L’Université en crise (1)

Depuis un mois, l’université est en crise : loi LRU, mastérisation du CAPES, précarisation des emplois... les causes en sont multiples, et leurs explications techniques.

Difficile de s’y retrouver, d’autant plus que les médias ont commencé par présenter ce mouvement comme une revendication corporatiste des enseignants-chercheurs au sujet de leur statut, présentation parcellaire, grossièrement incomplète, et n’évoquant que l’un des motifs du mouvement.

En ces temps de crise économique, notre avenir repose sur l’enseignement et l’innovation.

Voilà pourquoi il est crucial de comprendre ces réformes, leurs conséquences, et la colère de la communauté universitaire.

L’Université française est en grève !

Depuis plus d’un mois, bloquages, rétentions d’actes administratifs, et manifestations des universités (enseignants-chercheurs, personnels administratifs et techniques, et étudiants) ont lieu à intervalle régulier.Et la crise semble loin d’être terminée : malgré la décision de N. Sarkozy de flanquer la ministre Valérie Pécresse d’une « médiatrice », les discussions du 27 février n’ont guère fait avancer les choses. L’absence des syndicats majoritaires compromet d’ores et déjà la prochaine rencontre du 3 mars, ainsi que celle des collectifs Sauvons L’Université et Sauvons La Recherche , difficiles à ignorer, pour qui le temps de la négociation n’est tout simplement « pas encore venu »....

Pour qui ne connaît pas le monde universitaire, et n’a à sa disposition que les informations des médias traditionnels, le mouvement actuel peut paraître obscur, et le flou initial des médias ramenant le mouvement à une grogne corporatiste des eneignants-chercheurs n’a rien arrangé...

Travaillant pour le milieu universitaire (il n’est sans doute pas inutile de préciser que je ne suis pas fonctionnaire), je vis tous les jours cette lutte, et j’y participe.

J’évoquerai dans cette série d’articles les problèmes qui me paraissent les plus saillants dans les réformes en cours

Il y aurait sans doute beaucoup d’autres questions à traiter, le choix des points que je vais traiter est un choix personnel (y manque notamment la réforme du statut des enseignants-chercheurs, dont j’ai choisi de ne pas parler en raison notamment de la surexposition médiatique dont elle a fait l’objet)

On pourrait donc étoffer cette série d’articles avec d’autres éléments. Mon souhait n’est pas de faire un tour complet des problèmes mais d’isoler les points qui me paraissent les plus significatifs, et de répondre de façon assez étayée à la question « pourquoi cette crise des universités ? »

Dans ce premier article, je vais tenter de décrire le fonctionnement des universités, deux aspects essentiels de la loi LRU, et les inquiétudes qui en découlent.

Le fonctionnement des universités

Avant de décrire tout ceci, à commencer par la loi LRU, il importe peut-être de rappeler que les universités ne sont pas des établissements publics comme les autres.Une université est le rassemblement de trois catégories d’acteurs, formant une communauté universitaire :

  • les étudiants

  • le personnel enseignant (professeurs agrégés par exemple, mais aussi vacataires contractuels), et le personnel enseignant-chercheur (maîtres de conférence et professeurs des universités)

  • le personnel dit BIATOSS, regroupant le personnel administratif (comptabilité ou scolarité par exemple), le personnel technique (informatique ou maintenance), et le personnel de bibliothèque.

Le rassemblement de ces trois catégories en une « communauté universitaire » par l’article L111-5 du code de l’éducation n’est pas qu’une simple formule.

Etudiants et personnels élisent en effet les trois conseils dirigeants : le Conseil d’Administration (CA), le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire, et le Conseil Scientifique (CS). La composition et les pouvoirs de ces trois conseils sont régis très précisément par les textes.

L’ensemble de ces trois conseils élit à son tour le président de l’université.

Particularité de l’université, donc : la direction n’y est pas nommée par une administration lointaine, elle est élue par ses acteurs, ce qui leur confère le statut de communauté universitaire qui lui est officiellement reconnu.

L’état d’esprit y est sans doute particulier, puisque chacun a ainsi les moyens de peser sur le développement de son université, en cohérence avec l’économie locale. Moins uniforme qu’une autre administration interchangeable, l’université a ainsi les moyens d’avoir sa personnalité propre, dépendant du contexte, de la taille de l’université, du profil socio-économique moyen des étudiants...

La loi LRU (Liberté et Responsabilité des Universités) réforme les structures de l’Université, principalement sur trois points : les structures de décision, les compétences budgétaires, et les modalités de recrutement. Je traiterai du recrutement dans un prochain article pour insister sur la précarisation galopante des personnels, et vais ici parler des deux autres points.

La LRU et les structures de décision : le fantasme hyperprésidentiel

Le premier point auquel s’attaque la LRU est le coeur du système décisionnel universitaire : les trois conseils, et le président.

La loi LRU change tout d’abord l’équilibre et la composition des trois conseils :

  • Le CA est reserré (20 à 30 membres contre 3 à 60 auparavant)

  • La part des personnalités extérieures au CA augmente

  • La présence de représentants d’organisations syndicales au CA n’est plus obligatoire

  • La part minimum des personnels administratifs et techniques au CA diminue.

  • La part minimum des étudiants au CA diminue.

  • Les pouvoirs du CS et du CEVU diminuent : ces deux conseils n’ont plus pour rôle de proposer au CA les orientations en matière respectivement de recherche et d’enseignement, mais peuvent être consultés à ce sujet.

  • Les pouvoirs du CA augmentent, avec la possibilité notamment de décider de la répartition des charges de service (c’est-à-dire la possibilité de décider quelle part un employé de l’université doit consacrer au travail administratif, ou à l’enseignement, ou à la recherche)

  • Les représentants des enseignants-chercheurs au CA disposent d’une prime majoritaire : la moitié des sièges attribués est automatiquement attribuée à la liste majoritaire, les autres étant attribués à la proportionnelle.

C’est ensuite le statut du président et son mode d’élection qui changent :

  • Le président n’est plus élu par l’ensemble des trois conseils, mais par le seul CA.

  • Le président dispose d’un droit de veto sur les affectations de personnel et le recrutement des enseignants

  • Le président attribue des primes au personnels

  • Le président peut embaucher en CDD ou CDI

  • Le président est élu pour un mandat de quatre ans renouvelable une fois (contre cinq ans, mandat non renouvelable, avant la loi LRU)

Comment interpréter ces mesures, assez techniques ?

A première vue, on pourrait voir un double renforcement de pouvoirs : ceux du CA et ceux du président, d’une part par l’éviction du CS et du CEVU, qui renforce le CA, d’autre part par les pouvoirs explicitement étendus attribués au président.

En réalité, c’est bien l’hyperprésidentialisation du système, qui est mise en place, les pouvoirs accrus du CA n’étant là que pour asseoir les pouvoirs du président, comme je vais tenter de le montrer.

L’éviction du CS et du CEVU de la désignation du président en transfère l’entière responsabilité au CA. La prime majoritaire en transfère à son tour l’entière responsabilité à la liste arrivée en tête aux élections au CA.

Ainsi, le président n’est plus l’homme de consensus qui a réussi à rassembler le CA, le CS et le CEVU sur son projet, c’est mécaniquement l’homme d’un camp, le champion de la liste arrivée en tête aux élections au CA.

Alors que le président est élu actuellement par un collège de 120 électeurs divers, il sera désormais désigné par une quinzaine de membres représentatifs d’une seule tendance dominante, et disposant, de par le rôle accru du CA, de tous les pouvoirs.

Le pouvoir du CA n’est donc rien d’autre que l’institutionnalisation de celui du président, qui voit en plus les siens explicitement élargis, de façon périlleuse à bien y réfléchir : le droit de veto sur toute nomination sous-entend un savoir-faire technique dans tous les métiers de l’université, tout comme le fait de lui confier en propre la répartition des primes sous-entend qu’il est personnellement capable d’évaluer le travail de tous ses collègues.

On assiste donc avec la loi LRU à la mise en place d’une sorte de fantasme hyperprésidentiel : un homme seul, émanation d’un seul camp, concentrant tous les pouvoirs, sachant tout et sachant tout évaluer.

Un tel système provoque deux inquiétudes, qui ne semblent pas du tout être écartées par la loi LRU :

  • Si le souci d’efficacité d’une telle démarche peut sembler louable à première vue, elle relève aussi d’une dangereuse pulsion mégalomaniaque, la responsabilité totale du président sous-entendant qu’il est parfait et sans faille.
    Si par le plus grand hasard le président de l’Université venait à être imparfait, le système actuellement mis en place donnerait lieu à des jeux de cour et de rivalités fortement toxiques pour l’université.

  • La présidentialisation du CA et l’hyperprésidentialisation du pouvoir amènent en réalité à accorder un chèque en blanc à l’écurie présidentielle, sans aucun contrôle, si ce n’est celui des quinze membres du CA dont est issu le président.
    Le président et ses très proches ont donc de plus en plus de liberté dans l’utilisation des fonds de l’université, et de moins en moins de contrôle.
    Les partisans du contrôle de l’utilisation de l’argent public apprécieront...

La LRU et les compétences budgétaires

L’hyperprésidentialisation des circuits décisionnels universitaire a poussé certains commentateurs à parler de la transformation de l’Université en entreprise.

Cette impression est renforcée par les changements apportés par la LRU au financement des Universités :

  • Le contrôle de l’argent public par l’Etat n’existe plus : les universités géraient jusqu’à présent 25% du budget, l’Etat désignant la destination du reste du budget.
    Avec la loi LRU, l’Université a pleine liberté sur la totalité de son budget.

  • Le budget de l’Université pourra désormais être alimenté par des fonds privés défiscalisés, par le biais de fondations universitaires

Les partisans de la loi LRU soulignent le gain en efficacité, la fin de la lourdeur des crédits fléchés.

Cela me semble au contraire particulièrement choquant, en raison d’un « détail » qu’il ne faut pas oublier : le budget de l’Université est constitué très majoritairement de la dotation de l’Etat, donc d’argent public.

Cela soulève plusieurs problèmes :

  • Le contrôle de l’argent public : issu des impôts directs et indirects, l’argent public est la propriété de chaque citoyen.
    Le contrôle de l’Etat sur la bonne utilisation de cet argent est exigible par chacun. Il est pour le moins surprenant que l’Etat renonce à ce contrôle, en signant un chèque en blanc à une organisation qui n’a pas été désignée par un mandat électif de l’ensemble des citoyens, comme si l’Université ne gérait que ses fonds privés propres.
    C’est d’autant plus grave que, dans le contexte d’hyperprésidentialisation que j’ai décrit, ce chèque en blanc est en fait accordé au seul président.

  • La mainmise d’intérêts privés sur l’argent public : avec la place plus importante des entreprises au CA et la possibilité accrue qu’ils ont à financer l’université, il est à craindre que les orientations de recherche et d’enseignement soient fortement conditionnées par ces acteurs privés.
    Il ne faudrait pas justifier hâtivement cela en prétendant que les acteurs privés sont en droit de décider ce qui est fait de leur argent, car le pouvoir qu’aura le donateur privé s’étend à l’ensemble des orientations de l’Université, donc également à tout ce qui relève du financement public.


L’argument qui consite à dire que l’Université serait plus efficace parce qu’elle serait gérée « comme une entreprise » - outre qu’il reste à prouver que toutes les entreprises sont nécessairement bien gérées - se heurte à l’objection de la provenance des fonds : est-il acceptable d’accorder à des fonds privés un pouvoir décisif sur des fonds publics, sans aucun contrôle de l’Etat sur la bonne utilisation de ces fonds ?

Le problème n’est d’ailleurs pas uniquement un problème de principe : l’acteur privé est, par définition même, en recherche de rentabilité immédiate.

L’ambition d’enseignement supérieur et de recherche vise à la construction du futur par la formation, l’élévation et l’épanouissement de la société par sa diversité intellectuelle.

Elle vise aussi à mener la recherche fondamentale, et à former les futurs chercheurs. Seule la recherche fondamentale peut poser les bases de l’innovation de demain, comme en témoigne toute l’histoire des sciences. Là aussi, l’Université construit et garantit notre avenir.

Cette double construction de l’avenir - avenir de la société, avenir de l’innovation – est différente (et néammoins complémentaire) de la logique d’immédiate rentabilité des acteurs privés.

Si le pouvoir des intérêts privés devient déterminant, ne doit-on pas craindre l’abandon ou le relâchement de tout ce qui ne sera pas immédiatement applicable, quitte à sacrifier notre avenir pour une suicidaire rentabilité à court-terme ?

Ces interrogations sont d’autant plus aiguës que l’injection de fonds privés risque fort d’être de plus en plus nécessaire : le Collectif de l’Université de Caen rappelle pertinemment que la loi LRU survient dans un contexte « d’immense misère de l’Université française », rappelant que la France est un des seuls pays industrialisés dépensant moins pour un étudiant que pour un lycéen (et même moitié moins).

Conclusion

Les deux aspects de la loi LRU que j’ai choisi d’examiner ici soulèvent des interrogations, des inquiétudes même, qui sont au coeur du mouvement actuel de protestation de la communauté universitaire.

  • S’agissant du contrôle total de l’argent public par l’Université, donc par le président d’université, ne va-t-on pas vers plus d’opacité alors que la loi prétend apporter plus de transparence ?

  • L’injection d’argent privé de plus en plus nécessaire et la place grandissante des intérêts privés dans les structures décisionnelles ne va-t-elle pas privilégier l’enseignement très appliqué et la recherche immédiatement utilisable au détriment des aspects fondamentaux, seuls garant de l’avenir de notre capacité d’innovation ?
     
  • L’hyperprésidentialisation des structures relevant du mythe du chef omniscient et omnipotent laisse une place dangereuse à l’arbitraire. Tout, absolument tout dépend de la personnalité du président. Ne risque-t-on pas de voir se rejouer dans bien des universités la mauvaise farce du gouvernement ubuesque d’un autre omniprésident  ?

Liens et références

La loi LRU
Le texte officiel de la loi telle qu’elle a été promulguée

Sauvons l’Université
Collectif très connu dans le milieu universitaire. Collecte des analyses, informations et témoignages sur tout ce qui touche à l’Université

Sauvons la Recherche
Son homologue pour les thématiques de la recherche.

Le site du Gouvernement
Le site explicatif du Gouvernement consacré à la loi LRU

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12 réactions à cet article    


  • geo63 6 mars 2009 15:05

    J’ai lu un certain nombre d’articles sur les Université, extrêmement vagues, et pour lesquels on pouvait se demander si les auteurs avaient la moindre idée de leur fonctionnement. Car il s’agit de communautés qui gèrent plusieurs dizaines de milliers de personnes (le nombre varie avec la taille) si l’on comprend les étudiants, et le fonctionnement de ces ensembles n’est pas simple, surtout si l’on dispose de "bouts de ficelle" comme crédits.
    Votre article auquel je souscris totalement a le mérite de présenter ce sujet important avec une certaine précision technique parfaitement louable.
    Un petit additif, dans les catégories d’acteurs que vous présentez le personnel BIATOSS réunit également les ingénieurs, techniciens et administratifs dans les laboratoires etc... Vous oubliez la présence des chercheurs et ITA (CNRS notamment) dans les laboratoires qui composent également la mosaïque universitaire, même s’ils sont gérés dans des organismes externes. Ils sont représentés dans les conseils et parfois avec des responsabilités élevées (vice-présidence recherche par exemple).
    Cordialement.


    • geo63 6 mars 2009 17:46

      ...Les Universités...


    • Polemikvictor Polemikvictor 7 mars 2009 08:19

      Vu de l’exterieur :
      L’universite est violemment opposé à cette reforme, je n’ai pas souvenir d’une réforme que l’université a approuvé, ce qui avant toute analyse en détail limite serieusement la crédibilité des critiques.
      Les formations dispensées ne sont pas suffisamment en phase avec le marché de l’emploi, d’ou notre très mauvaise performance en chomage des jeunes.
      La recherche : adéquation avec les préoccupation des contribuables ? ( rappel ce sont eux qui financent donc ce sont les vrais patrons)
      Le mepris : un chercheur qui parle régulièrement "d’ignorance crasse" sur les forums quand on n’est pas de son avis est un genie méconnu ou un étudiant qui n’a pas réussi a intégré une prépa ?


      • ndididju 7 mars 2009 14:13

        "Les formations dispensées ne sont pas suffisamment en phase avec le marché de l’emploi, d’ou notre très mauvaise performance en chomage des jeunes."
        Donc le chômage des jeunes, c’est la faute des universités (et donc des fainéants qui y font semblant de travailler entre deux protestations contre les réformes !) CQFD !
        Le fait que les entreprises requièrent pour ainsi dire systématiquement un niveau d’étude et une expérience préalable délirants pour le poste concerné n’a peut être rien a voir avec le chomage des jeunes ?

        Le fait que les entreprises désormais exigent de leurs nouvelles recrues d’être à 150% d’efficacité dès la première semaine d’embauche reflète avant tout un souci d’économie : ils ne veulent pas former les jeunes sur le poste ou dans l’entreprise, ils veulent "consommer" sur place le salarié, qui au passage, n’est pas considéré comme un investissement par l’employeur, mais comme un coût.

        Le fait qu’un nombre certain d’entreprises n’embauchent pas sur la base de la consonnance "allophone" (comme y disent !) des noms des candidats ou en se basant sur la réputation de l’adresse n’y est pour rien non plus, peut être ?

        Le fait qu’on donne préfère donner des heures supplémentaires et à peu près dans les mêmes volumes chaque année n’est qu’une coincidence ?

        Est-ce le rôle de l’université (ou de l’école dans son ensemble) de former des salariés (des employés, des ouvriers...) pour répondre aux besoins des industries, des "forces vives" économiques du pays ? Ce ne devait pas être l’un des rôles de l’ANPE ?

        Et puis arretez votre "jeunisme", nos "performances" (bleuark !) en matière de chômage sont mauvaises aussi chez les "vieux" (vieillesse qui commence aux alentours des 45-50 ans, aujourd’hui), chez les femmes, chez les pauvres, chez les provinciaux, chez les ’ricains’.... smiley

        "La recherche : adéquation avec les préoccupation des contribuables ? ( rappel ce sont eux qui financent donc ce sont les vrais patrons)"
        Eeeh, bel argument : la préoccupation des contribuables à Paris, c’est le PSG, à Marseille, c’est l’OM, mais que font les chercheurs ?
        Plaisanterie à part, si l’on doit répartir les finances de l’état sur ce critère, "va y’avoir du sport !" comme on dit, regardez les thèmes choisis par la SOFRES et l’ordre d’arrivée, les évolutions en un mois ! mdr !
        ==>Baromètre des préoccupations des Français<==
        Alors ce mois-ci, on dégraisse dans l’armée, les banques, on abandonne les aides fiscales aux entreprises ? smiley Là, oui, on aura besoin d’un président survolté !
        Quand au mépris, je ne pense pas qu’il soit l’apanage des chercheurs ou d’étudiants aigris, comme disait le bon tonton Georges Brassens : "Le temps ne fait rien à l’affaire", allez, petit plaisir et pour ceux ou celles qui ne connaîtraient pas, un ch’ti extrait des paroles de cette chanson :

        Vous, les cons naissants
        Les cons innocents
        Les jeun’s cons
        Qui n’le niez pas
        Prenez les papas
        Pour des cons
        Vous, les cons âgés
        Les cons usagés
        Les vieux cons
        Qui, confessez-le
        Prenez les p’tits bleus
        Pour des cons
        Méditez l’impartial message
        D’un type qui balance entre deux âges

        Le temps ne fait rien à l’affaire
        quand on est con, on est con ;
        qu’on ait vingt ans qu’on soit grand père,
        quand on est con, on est con


      • Polemikvictor Polemikvictor 7 mars 2009 15:48

        Brassens à oublier un con trop repandu de jours, le con payé par les autres.
        quand on est con on devrait s’assuler soit meme.

        Quand un con et que les autres payent
        on accepte pas que le comptable nous surveille :)


      • Polemikvictor Polemikvictor 7 mars 2009 15:51

        Brassens à oublié un con trop repandu de jours, le con payé par les autres.


        Quand un con et que les autres payent
        on n’accepte pas que le comptable nous surveille :)


      • Polemikvictor Polemikvictor 7 mars 2009 16:07

        Brassens à oublié un con trop repandu de jours, le con payé par les autres.


        Quand on est un con et que les autres payent
        on n’accepte pas que le comptable nous surveille :)

        Ceci dit votre vision de l’entreprise est tout a fait surréaliste, les integrations de jeunes diplomés sont suivis de près surtout dans les grands groupes ne serai ce que parce que un echec coute cher, et on y rencontre de plus en plus de jeunes issus des "minorites visibles" en position hiérarchique l’évolution des mentalités fait qu’ils sont tout a fait acceptés par leurs équipes, par contre ils sont issus des grandes écoles ou DUT/BTS. Je n’ai que tres peu rencontré dans l’industrie des jeunes issus des filières classiques de l’université .



        Faites du tourisme industriel, visiter des usines et regarder les gens qui y travaillent, vous pourrez vous faire une meilleure opinion.


      • Aquilix 7 mars 2009 08:22

        Article intéressant et argumenté, ayant le mérite de permettre le débat.

        Concernant le risque "d’hyperprésidentialisation" que vous évoquez, je note que c’est déjà le régime de nombreuses écoles d’ingénieurs ou de commerce et qui se sont développées ces dernières années avec succès. Les lourdeurs administratives et décisionnelles des Universités sont telles qu’elles mènent à l’immobilisme.

        Le mode de fonctionnement actuel de l’Université l’a amenée à rester enfermée sur elle-même, engoncée dans ses certitudes et à se couper progressivement des réalités.
        Dans ce cadre, l’arrivée d’acteurs privés au sein du conseil d’administration ne pourra être que bénéfique. Le risque de main-mise du privé sur l’Université n’existe pas puisque ces acteurs resteront minoritaires au sein du CA. La justification de leur présence sera les flux financiers qu’ils voudront bien affecter à l’Université. Les acteurs privés sont prêt à financer la recherche universitaire, mais ils exigent logiquement un droit de regard sur l’usage qui est fait de leurs dons.
        Ils n’ont pas vocation à décider ce qui doit être recherché ou pas, mais ils ont la liberté de soutenir financièrement la recherche dont ils espèrent un retour sur investissement. Votre appel à une indépendance totale devrait logiquement vous amener à condamner les contrats CIFFRE.

        Au delà de ces divergences, il est un point qui m’interpelle dans votre article, c’est lorsque vous soutenez que la recherche fondamentale est à la source de l’innovation et que vous appelez l’histoire des sciences en tant que témoin.

        L’histoire des techniques prouve le contraire :

        - On a fait des machines à vapeur bien avant que Carnot ait énoncé les règles de la thermodynamique ;

        - on a fait tourner des moteurs électriques bien avant que l’on ait compris la nature du courant électrique ;

        - on a fait fonctionné des automates bien avant que les lois de l’automatique n’aient été énoncées ;

        - et lorsque l’on regarde de près l’origine des inventions, on s’aperçoit que l’impulsion des acteurs privés a été systématiquement déterminante...exceptée en cas de guerre.
        Les grands bienfaits de l’humanité que sont l’hygiénisme, le chaufage central et la découverte des antibiotiques ne sont pas les fruits de la recherche fondamentale.
        Les grandes réflexions d’un Canguilhem ou d’un Darwin ne valent pas les découvertes d’un Flemming. Darwin n’a fait que donner une interprétation à des observations, la découverte de la pénicilline a sauvé des centaines de millions de personnes.

        Il n’y a qu’en France que l’on a cette adoration des sciences "fondamentales", illustrant ainsi l’adage de Cauchy "Ce qui n’est pas compliqué, n’est pas sérieux.".

        La véritable problématique de l’Université est qu’elle devient progressivement incapable de délivrer des formations permettant à ses étudiants de trouver des emplois. A partir de là, elle est appelée à évoluer et à se remettre en cause ou à à se rabougrir et à finir par disparaître. D’une certaine manière cela a déjà commencé. L’université d’Abelard était le 1er établissement d’enseignement supérieur en France. Les autres écoles de l’enseignement supérieur sont nées progressivement de l’incapacité de l’Université à répondre aux besoins de la société.

        Bon courage pour l’avenir.












        • Gnole 7 mars 2009 12:32

          Rectifions par la REALITE :
          Cas du moteur à vapeur :

          Premier moteur à vapeur Heron Ier siècle ap JC. En aucun cas une technique applique, il n’a jamais servi à rien, c’était juste pour comprendre comment ça fonctionnait... de la recherche fondamentale, construire une machine ne veux pas dire qu’on fait de l’appliqué.

          Cas du moteur électrique :


          - Découverte des charges électriques + et - et leurs interactions ; Du Fay, 1733

          - Première pile électrique Volta 1799

          - Relation électricité /magnétisme, Orsten 1820

          - Découverte de l’induction électromagnétique, Faraday 1831

          - Premier moteur électrique, Von Jacobi 1834

          Cas des automates :

          C’est quoi pour toi les "lois sur l’automatique"... moi ça me dit rien du tout

          Bref de grosses confusions sur ce qu’est une recherche fondamentale.

          Denière info, Alexander Fleming, tout comme Pasteur, faisait de la recherche fondamentale... la découverte des antibiotiques est le fruit d’une recherche fondamentale, donc je vois pas comment on peux arguer que c’est une victoire de l’appliqué !?! smiley

          Autant argumenter avec une connaissance sur le sujet sinon on s’expose à dire des choses fausses ou confuses...


        • Aquilix 7 mars 2009 14:14

          @ Gnole

          Merci pour ton commentaire,

          Je vais tenter de préciser mes arguments et dissiper la confusion.

          Cas des machines à vapeur

          Je te laisse bien volontiers Héron d’Alexandrie ("il n’a jamais servi à rien, c’était juste pour comprendre comment ça fonctionnait ... de la recherche fondamentale") si tu me laisses James Watt & consors, Oliver Evans, Jacob Perkins, Marc Seguin et Goldsworthy Gurney.

          Certes Watt et Gurney ont commencé leurs travaux à l’Université (d’Edimbourgh pour l’un, du Surrey pour l’autre) mais à l’inverse Oliver Evans est un pur autodidacte. Mais là n’est pas la question. Ils ont tous rapidement fondé leurs entreprises et c’est au sein de leurs entreprises que la recherche a progressé car les moyens financiers dont ils ont rapidement (à l’exception d’Evans) disposés ont permis de mener des expérimentations qu’ils n’auraient pu réaliser autrement (Perkins en particulier).

          Et Papin me diras tu, et sa fameuse correspondance avec Huygens et Leibniz ? Papin a commencé par avoir des tracasseries de la part de ses collègues de l’Université de Marbourg puis il a eu un mécène privé (le landgrave Charles de Hesse). Mais lorsqu’il a perdu l’appui financier du Landgrave, ses recherches sont devenues particulièrement difficiles et il a fini sa vie dans la misère.


          Cas des machines électriques

          Je connais un peu moins, alors une seule question : Jacobi avait-il connaissance des travaux de Georg Simon Ohm ?
          Certes Ohm a publié ces travaux en 1827, mais lui même n’a été reconnu qu’en 1833 et ses travaux de manière internationale qu’en 1841.

          Et puis quand même une autre question, la connaissance de la nature du courant électrique, et sa modèlisation, étaient-elle indispensables à la construction du 1er moteur électrique ?


          Cas de l’automatisme

          Bon là je plaide coupable d’imprécision. Quelques dates :

          - détecteur de vitesse à masselottes => James Watt,

          - régulation automatique du niveau d’eau dans les chaudières haute-pression => à confirmer, mais je dirai Julien Belleville vers 1860,

          - 1er servomoteur => Joseph Léon Farcot vers 1868,

          - modélisation (approche système, boucle fermée, domaine fréquentiel, etc.) par Hendrik W. Bode et Viktor Broïda de 1950 à 1960.

          Pour conclure je ne cherche pas à prouver la "victoire de l’appliqué sur le fondamental". Cela m’apparaît même carrément impossible dans les domaines du nucléaire et de l’informatique. Mais ce que je cherche à mettre en évidence c’est l’importance d’avoir une vision claire de la finalité de la recherche.

          J’ai du mal à accepter, dès lors que le coût de la recherche est assumée uniquement par la collectivité, comme unique finalité le besoin de comprendre du chercheur et c’est pour cela que je préfère de très loin la recherche d’Oliver Evans à celle d’Héron d’Alexandrie.

          Mais bien sûr, ce n’est qu’un point de vue personnel.

          Cordialement, 












          • joelim joelim 8 mars 2009 19:42

             Mais ce que je cherche à mettre en évidence c’est l’importance d’avoir une vision claire de la finalité de la recherche. 

            Vous n’y pensez pas ! De nombreux chercheurs considèrent que la noblesse de leur recherche est justement dans le fait de n’y déceler aucune application. smiley Le syndrôme de la tour d’ivoire...

            Je pense à tous ceux qui se sont embarqués dans les aspects théoriques et qui ont décidé (sûrement pour des raisons de confort) de ne plus retoucher terre... Des sortes de parasites, puisque à quoi sert une construction intellectuelle si elle ne peut se traduire dans aucune fonctionnalité ?


            • Polixandre 9 mars 2009 11:20

              Merci de ces commentaires intéressants. Je ne pensais pas ce point si polémique. Quelques remarques en vrac :

              1- Je me demande s’il n’y a pas une confusion entre recherche fondamentale et recherche théorique d’une part, recherche appliquée et recherche expérimentale d’autre par.
              Faraday pour moi, c’est de la recherche fondamentale, et pas de la recherche appliquée. Elle est expérimentale, et non théorique, elle n’en reste pas moins fondamentale, c’est-à-dire qu’elle induit une compréhension des structures qui pourra être exploitée par la suite.
              La recherche que j’appelle appliquée n’est là que pour l’exploitation de résultats fondamentaux.
              Je suis d’accord pour dire que l’un peut nourrir l’autre, mais il me semble que donner un coup d’arrêt à la recherche sur la compréhension des structures condamne à un coup d’arrêt sur l’innovation à moyen terme (Newton a dû inventer des mathématiques nouvelles pour ses calculs astronomiques, et vu le degré de complexité de la physique actuelle, on voit mal comment ça progresserait sans faire progresser l’outil mathématique sous-jacent)

              2- La recherche fondamentale pure sans application possible peut aussi être considérée comme importante : le musée de Tautavel, par exemple, ne sert à rien, au sens strict du terme, et ne pourra jamais avoir la moindre utilité pratique, mais il participe d’une quête du sens qui me paraît importante, car ancrée au coeur des interrogations de l’homme.
              Prétendre que ceci doit être supprimé parce que ça n’est pas immédiatement utile, c’est laisser la quête de soi au seul champ religieux ou sectaire (ce que le président de la République semble voir d’un oeil bienveillant, il y a au moins une certaine cohérence dans tout ça...)
              Ce qui est fondamental participe aussi de l’épanouissement de la société, et il me paraît important de rappeler la valeur culturelle de la recherche fondamentale.

              3- Je rappelle que l’enseignement universitaire est déjà professionnalisée, avec les IUT, IUP, master professionnels ;
              Simplement, l’Université propose les deux types de formation, fondamentale et profesionnelle.
              L’accusation de déconnexion de la réalité de l’Université me paraît donc assez injuste, ou à tout el moins caricaturale.

              4- L’aspect "tour d’ivoire" de certains chercheurs dénoncé par un commentateur ne me semble pas en contradiction avec ce que j’écris : la constitution d’écuries présidentielles déséquilibrant l’Université au profit de la toute-puissance d’un camp, la localisation des recrutements, la présidentialisation de la politique de recherche me paraissent au contraire devoir renforcer inévitablement ces dérives.

              5- Enfin, si intéressants soient ces débats autour de la Recherche et des chercheurs, je tiens à rappeler que ce n’est pas exactement le but de mon article, ni des trois que j’ai prévus ensuite.
              Je cherche uniquement à expliciter la crise actuelle des universités, et à montrer que ce n’est pas une grève d’enseignants-chercheurs pour leur statut (vu qu’on se retrouve encore à parler des chercheurs, ça montre qu’il y a encore du travail).
              Au bout de ces quatre articles, j’espère avoir montré à chacun que les problèmes sont multiples, et complexes, libre à chacun de considérer ensuite que ce n’est pas grave si l’université s’effondre et si le nombre de diplômé baisse...





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