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Accueil du site > Actualités > Politique > La blogosphère, un rempart contre le populisme ?

La blogosphère, un rempart contre le populisme ?

Umberto Eco a quelque chose de formidable, il ne laisse jamais la pensée du lecteur inerte. J’étais là, en train de lire son dernier ouvrage « A reculons comme une écrevisse », un chapitre où il dissèque le cadre de la politique italienne. Et c’est la présidentielle 2007 (franco-française) qui me venait à l’esprit, par un mystérieux effet boomerang, avec le pouvoir nouveau de la blogosphère en sus...

Prenons sa définition du populisme, et c’est vrai que Berlusconi était un expert très doué en la matière. Donc, être populiste, c’est en appeler directement au « peuple » pour justifier des postures (ou des actions) à l’encontre des institutions. Le « peuple » comme l’expression d’une seule volonté et de sentiments identiques, telle une force quasi naturelle incarnant la morale et l’histoire. Bien entendu, ce « peuple » n’existe pas, c’est un fantasme idéalisé par le populiste, une fausse vérité incarnée par la force des sondages, une fabrication/falsification de la « volonté populaire ».

La France, avec sa présidentielle, est-elle une fabrique à populisme ?


Peut-être, en ce sens où dans le cadre de l’élection du président, les candidats cherchent à favoriser un rapport direct avec le peuple. Et quand on en appelle directement au peuple, ce n’est pas toujours la sagesse qui parle, surtout quand l’appel (du politique) est infantilisant, démagogique ou mensonger. 2002 l’aura démontré, avec l’éparpillement des votes aux extrêmes, doublé d’une forte abstention, pour le résultat que l’on sait... L’amère impression que les leçons du passé proche n’ont pas été retenues. Que penser de la communication télévisuelle, qui scénarise l’actualité ? Au moyen d’un rendez-vous à potron-minet dans un cité parisienne avant une forte intervention policière par exemple, pour ne pas remonter trop loin...

Peut-être pas, si nous en revenons aux fondamentaux de la démocratie, qui comporte trois pouvoirs - législatif, exécutif, judiciaire - et un citoyen aux droits (et devoirs) reconnus. C’est une chance qu’il faut utiliser, le droit de s’intéresser et de s’informer pour commencer. Le droit contrôler les pouvoirs de l’Etat, de juger l’action publique, de la stimuler. Le droit de manifester sur la conduite des affaires publiques, un éventuel mécontentement le cas échéant. (Si vous étiez Russe, vous pourriez en rêver).

La voix de l’électorat ne se manifeste donc pas uniquement le jour du vote. Le plus souvent, c’est par les corps intermédiaires (partis, syndicats, associations, journaux...) qu’elle peut se faire entendre auprès du Parlement ou du gouvernement. Essayer de peser sur les décisions et arbitrages, transmettre un signal, une sollicitation, un mécontentement, bref des informations toujours très utiles pour ceux qui décident des affaires publiques.

Quand la vigueur des corps intermédiaires est défaillante, reste la manifestation de rue entre les échéances électorales. Le France est bien classée dans la discipline, mais cela ne fait pas vraiment avancer les idées, d’être continuellement dans le rapport de force. L’immobilisme a un coût !

Que faire quand la communication entre nos élites politiques et l’électorat est en dysfonctionnement, journaux et télés orientés, partis politiques émiettés, avec deux mammouths qui se perdent dans la culture du chef ou la bataille fratricide interne ? Syndicats caricaturalement non représentatifs des actifs, où par effet de sous-syndication, le système surreprésente les non-réformistes...

Il faut donc chercher ailleurs. Et pourquoi pas sur Internet, avec les nouvelles et puissantes possibilités offertes par le blog et la blogosphère. Une possibilité de manifestation permanente, H24 sur la toile pour faire entendre de simples témoignages d’opinions ou des revendications. Syndiqués (au sens numérique du terme), ces messages font entendre une musique différente. Liens, réseaux, buzz, l’information se propage, se diffuse. Parfois réactives, d’autres fois, les voix prennent le temps d’être constructives et éclairées, dans l’échange pour la fabrication d’un possible.

Dans la blogosphère, rien à voir avec la « volonté populaire » populiste. Non, juste l’expression libre d’individus et de communautés virtuelles, ouvertes et poreuses, qui échangent dans une silencieuse vox populi.

Ça pourrait être l’aube d’une nouvelle démocratie pour des citoyens exigeants et impliqués, c’est au moins un rempart moderne contre le populisme.


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37 réactions à cet article    


  • DEALBATA (---.---.166.140) 10 octobre 2006 12:47

    Blogosphère, comptoir de café ou bulletin dans les urnes, c’est du pareil au même ! L’erreur, c’est la démocratie avec des mots crasseux. La véritable société doit être organisée par une autorité spirituelle vers un pouvoir temporel (système des castes Hindous ou régime Féodal), tout le reste n’est qu’un mirage de la modernité, une chimère progressiste engendrée par une idéologie égalitaire produit dans des cerveaux qui baignent dans le liquide trouble de la fraternité enivrés de de l’illusoire liberté de ce bas monde.

    La démocratie, c’est l’avis de la majorité des incompétents.


    • Palace (---.---.64.135) 10 octobre 2006 15:22

      Si internet est un comptoir de café ,tu peux jouer les bréves de comptoir de JM Ribes !


    • (---.---.237.117) 16 octobre 2006 12:34

      Dans ma jeunesse il y avait un sujet de dissertation bateau : « pour Esope la langue est la meilleure et la pire des choses... »

      J’en propose un tout nouveau : « pour Esope le blog est la meilleure et la pire des choses... »

      A vous lire...


    • José w (---.---.25.142) 10 octobre 2006 13:00

      La blogosphère pourrait constituer un cordon sanitaire contre le populisme, mais malheureusment elle est bien souvent la caisse de résonance du populisme ambiant.

      Il n’y a qu’à constater pour ceux qui en doutent encore que l’un des pseudo-gourous de la blogosphère n’est autre qu’un fervent défenseur de... Sarkozy !


      • dana hilliot (---.---.51.171) 10 octobre 2006 13:27

        Pour un avis tout à fait opposé sur la question, qui présente au contraire internet comme un risque pour la démocratie, lire mon texte : l’homo database et le destin de la démocratie

        http://danahilliot.wordpress.com/2006/10/06/homo-database-et-destin-de-la-democratie/


        • herbe (---.---.29.143) 10 octobre 2006 18:33

          Pertinent votre article. J’en retiens cet extrait : « Dans le verbe “partager” se croisent à la fois l’idée d’un échange, mais aussi d’une division (to divide). Ce que je m’efforce de montrer dans cette étude, c’est justement que nos services web pourraient bien contribuer contribuer autant à la division qu’à l’échange. »

          Vous parlez aussi de « listes ». Pour info un petit site sur les listes marrant : http://www.echolaliste.com/


        • Héloïm Sinclair 10 octobre 2006 21:29

          J’ai lu votre article avec attention, et je ne suis pas loin de penser comme vous, comme quoi « relier » l’opposé est possible.

          Le Web 2.0 et blogosphère ne sont qu’outils, que possibilités de « relier ». Outils ne veut pas dire se servir de l’outils, ni pour quelles fins.

          Il appartient donc « aux iles » de créer des passerelles, aux individus d’aller au delà de leurs « tags » respectifs pour fabriquer du collectif. Le web 2.0 pourrait servir à cette fabrique, même s’il est vrai que jusqu’à présent, il participe aussi au repli sur soi et au désinvestissement des collectifs.

          Votre lumière me montre optimiste.


        • space_cowboy (---.---.241.146) 10 octobre 2006 15:12

          Je vois surtout dans la blogosphère une poussée libérale des idées. Non pas qu’elle n’a pas lieu d’être, la liberté d’expression est indiscutable.

          Je m’inquiète de voir que la gauche a quand même du mal à s’approprier cette blogosphère. M’nefin c’est mon bord mais des fois je les trouve limite neuneu quand même !


          • Héloïm Sinclair 10 octobre 2006 21:33

            La gauche peut aussi avancer des idées libérales, et ailleurs qu’en France, c’est même souvent la principale instigatrice d’idées libérales.

            Libéral ne veut pas dire libéralisme, bien entendu.


          • Sulim (---.---.184.233) 10 octobre 2006 18:42

            La démocratie en tant que gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, propose deux approches du peuple selon qu’elle se veut libérale ou populaire.

            L’essence de la démocratie libérale est la protection de l’individu contre la toute puissance des autres individus pris individuellement (la tyrannie) ou collectivement (le totalitarisme).

            Pour ce faire, le fonctionnement de la démocratie libérale repose sur deux principes :

            1/ La création d’un état de droit qui reconnaît des droits et libertés individuels (liberté d’expression, liberté de conscience....) et garantie l’égalité en droit.

            2/ L’organisation via les libertés publiques (liberté d’association, liberté de la presse, liberté syndicale, liberté d’entreprise....) d’un vaste champ d’expression collective de la liberté individuelle.

            La démocratie libérale exige des individus qu’ils inventent et réinventent du collectif à travers l’entreprise, les associations, les partis politiques, les syndicats, l’Etat-nation etc....

            De facto, la notion de peuple est ouverte et irréductible : Il n’y a pas UNE expression du peuple en tant que collectivité d’individus mais DES expressions diverses, variés et contradictoires qui forment le pluralisme propre à la démocratie libérale.

            L’espace public ou démocratique se trouve animer en raison de ce pluralisme de multiples rapports de force : le pluripartisme en politique, la concurrence en économie, consommateurs c/ marchands, syndicats c/ patronat .....

            La vitalité de la démocratie libérale repose sur le dynamisme de ses corps intermédiaires autrement dit de la capacité des individus à se créer du collectif.

            A l’inverse de la démocratie libérale, la démocratie populaire entend protéger le peuple contre l’individu.

            En inversant la proposition, La démocratie populaire ne peut plus créer du collectif à partir de la volonté d’individus libres.

            elle s’invente dès lors une identité collective exclusive : la nation dans le nationalisme, la race dans le nazisme, la classe dans le marxisme, la religion dans les théocraties....

            Là ou la démocratie libérale ouvre le champ des possibles (le pluralisme), la démocratie populaire le réduit à un seul choix : l’identité contre l’altérité.

            Elle induit l’assujettissement de l’individu à l’identité collective (la nation, la race, la classe ou la religion) ainsi que l’oppression, le rejet de ce qui n’appartient pas à l’identité collective. ( l’étranger, le juif, le bourgeois, le mécréant....).

            Le populisme par son discours simplificateur rejoint cette vision du peuple réduit à une identité collective contre la volonté des individus-citoyens.

            Les propos de Umberto Ecco sonnent justes : « Donc, être populiste, c’est en appeler directement au « peuple » pour justifier des postures (ou des actions) à l’encontre des institutions. Le « peuple » comme l’expression d’une seule volonté et de sentiments identiques, telle une force quasi naturelle incarnant la morale et l’histoire. Bien entendu, ce « peuple » n’existe pas, c’est un fantasme idéalisé par le populiste, une fausse vérité incarnée par la force des sondages, une fabrication/falsification de la « volonté populaire ».

            La blogosphère est-elle donc un rempart contre le populisme ?

            A priori, le Web sert la démocratie libérale en tant que vecteur de communication facilitant l’expression des opinions dans leur diversité et le débat contradictoire.

            Cette affirmation doit être doublement nuancée.

            Premièrement, La blogosphère n’est pas hermétique au discours populiste.

            Le référendum sur le TCE est ici assez exemplaire. Comme la question au référendum était fermé (Oui ou Non), le discours populiste, par nature simplificateur, a largement prospérité sur la toile : rejet des élites (dénonciation d’un complot capitalo-politico-médiatique ouitiste) , rejet du libéralisme (ex polémique autour de la directive bolkenstein) , rejet de l’étranger (polémique autour de l’adhésion de la Turquie).

            Deuxièmement, la blogosphère reste encore une démocratie virtuelle. L’expression politique sur la toile ne débouche par sur l’action politique. Le Non du référendum du TCE n’a pas donné lieu à la création d’un projet alternatif sur le web.

            On touche ici aux limites de la blogosphère qui reste un vecteur essentiellement individualiste. Il ne peut remplacer l’engagement responsable dans le réel.


            • Héloïm Sinclair 10 octobre 2006 21:55

              Nous partageons le même a priori, le Web sert la démocratie libérale, facilitant « l’expression des opinions dans leur diversité et le débat contradictoire ».

              Sur vos nuances, si la « blogosphère n’est pas hermétique au discours populiste », j’en conviens, elle peut néanmoins prendre le temps d’argumenter, de démonter la posture populiste en produisant un discours de vérité. Le recherche de « vérité » doit bien entendu être dans l’éthique de la blogosphère.

              Sur le TCE justement, le blog a permis de dépasser la question fermée, de ne pas en rester aux discours politiques simplificateurs. Bien entendu, cela n’a pas empêché l’expression contradictoire d’un rejet des élites, la dénonciation d’un complot, ... sur certains blogs.

              C’est tout l’intérêt d’un média de type agoravox, de réguler en amont (comité de rédaction) et en aval (commentaires et signalement d’un manquement à l’éthique) pour permettre à ses voix divergentes de forger un débat. Et justement, quand les « élites » sont conspuées, les médias soupsonnés de collusion d’intérêt, ... il est utile de pouvoir permettre le débat de simples citoyens, chacun expert et ignorant, mais intéressés par la question publique. Ensuite, les urnes sont souveraines.

              Oui, « la blogosphère reste encore une démocratie virtuelle ». Mais il appartient aux élus ayants portés le Non au TCE de concevoir et présenter un plan B. Le web aura juste permis de favriser le débat, c’est aux politiques de faire leur job (même s’ils sont des escrocs du plan B).

              Oui, la blogosphère ne remplace pas l’engagement responsable dans le réel. Cet engagement est même indispensable.


            • Sulim (---.---.169.180) 11 octobre 2006 11:09

              J’explicite mon propos sur la perméabilité de la blogoshpère au populisme.

              Le discours populiste prétend incarner une identité de classe, de race, de religion... contre une altérité. Il joue sur une double angoisse : la peur de l’autre et l’angoisse de n’être pas reconnu par les siens, d’être exclu du cercle identitaire.

              Le populisme se réduit finalement à une posture : être avec le peuple ou être contre le peuple.

              En tant que tel, il se satisfait très bien des questions fermées : pour ou contre l’immigration plutôt que quelle doit être la politique d’immigration ?

              Ce n’est pas un hasard si le populisme prospère à partir des médias d’opinion (instituts de sondage) et des médias de l’image (la télévision). Ces deux formes de médias usent et abusent de la logique binaire : Pour ou Contre

              Berlusconi s’est imposé dans le paysage politique italien par l’image.

              De même, La récente polémique autour de l’émission « l’arène de France » sur France 2 est symptomatique de cette tendance à enfermer le débat. Le rythme propre à l’image réduit et simplifie le discours.

              La blogoshpère en tant que média de l’écrit échappe à priori à la simplification du discours. Le rythme propre à l’écriture permet de poser la réflexion et le débat contradictoire.

              Ceci dit, lorsqu’elle se trouve confrontée à une question fermée comme l’était la question au référendum sur le TCE, elle n’échappe pas au discours populiste.

              Il faut aussi se poser la question de l’avenir de la blogoshpère : va t’il rester un média de l’écrit où va t-il devenir un média de l’image ? Serons nous encore des éditorialistes en herbe ou deviendrons nous des animateurs-producteurs ?

              Un petit exemple pour méditer :

              http://lafilleduperenoel.net/dotclear/index.php/2006/09/29/408-sarko-demago


            • Didier (---.---.179.133) 10 octobre 2006 19:04

              Faut-il attendre beaucoup de la blogosphère ? Je suis de ceux qui y croient mais je suis bien obligé de constater deux faits qui montrent que cela part assez mal :

              1/ le petite blogosphère est montée en puissance à l’occasion du débat sur le TCE et a vu depuis nombre de personnes souvent fort brillantes s’installer comme des « personnalités » excerçant une espèce d’autorité sur ce qui pouvait etre fait et dit. Beaucoup d’entre eux sont des dirigeants de sociétés de marketing/communication, des hauts fonctionnaires se cachant derrière un pseudo, des journalistes en mal de liberté au sein de leur rédaction. Certains aussi sont des citoyens « normaux », je veux dire moins impliqués à la base. Mais tous ont en commun un point inquiétant : ils se positionnent par rapport à la presse. L’histoire des accréditations de bloggueurs auprès des partis politiques à l’instar des accréditations traditionnelles accordées à la presse le prouve et la polémique virulente qui les a opposés après l’université d’été de l’UMP ne présage rien de bon.

              2/ un « entrepreneur » malin vient de lancer Citizen Bay qui essaie de regrouper les articles d’informations locales et qui les rémunère en fonction du vote des lecteurs. Inutile d’insister sur la perversité de cette logique concernant l’information

              Il faut rester bien accrocher pour encore espérer quelquechose de ce côté là mais enfin, l’espoir fait vivre.


              • Sulim (---.---.184.233) 10 octobre 2006 20:51

                J’ajouterai qu’une majorité des articles publiés sur ce site commente une actualité qui a été préalablement hierarchisée par les médias traditionnels.


              • fredleborgne (---.---.40.77) 10 octobre 2006 22:12

                A la question posée par l’auteur, je répondrai oui.

                Ai-je tort ou raison ? Selon moi, ce qui permet d’exercer une communication aprés une réflexion personnelle est positif. Pour celui qui crée comme pour celui qui lit. Les articles proposés, supports de discussion, d’échanges et de reflexion, comme si nous participions à un débat, mais aux heures qui conviennent, sur une longue durée... tout cela est possible grâce à la blogosphère.

                Certains peuvent s’y perdre, mais beaucoup s’y affirment. Et si les votes peuvent essayer de dégager une tendance, il est difficile pour autant de dire que les gens seraient manipulés par un effet de masse, comme dans les grandes réunions politiques, avec un public, quelques orateurs, des chauffeurs de salle... Là est le vrai populisme, la vraie manipulation...et des débordements peuvent aussi avoir lieu juste aprés.

                La blogosphère permet un recul et une reflexion partagée. Malheureusement, il faut douter de tout, car des tentatives de manipulations (fausses informations, effets de style...) peuvent influencer. Mais le pire, c’est encore que beaucoup de personne ne savent plus lire...


                • richard (---.---.80.80) 10 octobre 2006 22:44

                  « En Corée, le nouveau président fut élu contre les sondages et contre les médias officiels, avec l’appui d’un seul média, OhmyNews, site internet reposant sur un réseau de 23.000 »reporters citoyens« , qui reçut plus de vingt millions de visiteurs par jour. »

                  Lu sur le blog de Jacques Attali, article « La vieille politique », www.attaliblog.com


                  • Céline Ertalif Céline Ertalif 10 octobre 2006 23:42

                    La blogosphère une expression libre des individus et de communautés virtuelles, ouvertes et poreuses, je suis d’accord.

                    Cependant, je pense qu’il faut s’enthousiasmer modérément. Pour qu’un renouveau démocratique apparaisse il faut que l’expression de la blogosphère ait une prise. Que chacun veuille dire sa vérité sur le monde c’est une chose, mais que chacun participe à son environnement public c’est vraiment autre chose. Dans mon travail quotidien, dans ma commune, je vois à quel point on en est loin : je dois faire de la pédagogie tous les jours !

                    La démocratie n’est plus perçue que comme une répartition des opinions. On oublie que la délibération est aussi un de ses fondements - et j’ai l’impression que beaucoup de nos concitoyens ne savent même pas ce que cela veut dire...


                    • dana hilliot (---.---.198.174) 11 octobre 2006 02:52

                      Nous sommes tous à peu près d’accord alors (je crois que c’est une première sur agoravox pour un article de ce genre) :)

                      celine ertalif écrit : « La démocratie n’est plus perçue que comme une répartition des opinions. On oublie que la délibération est aussi un de ses fondements - et j’ai l’impression que beaucoup de nos concitoyens ne savent même pas ce que cela veut dire... »

                      j’aime beaucoup cette idée. Le problème c’est la délibération, c’est-à-dire ce temps toujours assez mystérieux entre le moment où l’opinion est faite, et où la décision doit être prise. la délibération, c’est peut-être le vrai moment démocratique : ça suppose comme dirait Latour, qu’on ait acceuilli le plus grand nombre de propositions (de points de vue si vous voulez), ce qui implique une grande complexité, et la volonté d’en tenir compte autant que possible (c’est-à-dire la volonté de vivre ensemble).

                      A l’évidence, la blogosphère, ou n’importe quel instrument de communication, ne garantit en rien la qualité de la délibération. Je ne suis pas certain d’ailleurs que la démocratie soit meilleure qu’avant l’invention d’internet.

                      La seule chose qui a changé, et ce n’est pas rien, c’est que l’expression publique n’est plus hiérarchisée selon une échelle de pouvoir (d’accès à la parole publique), c’est-à-dire que tout un chacun, quelle que soit sa position sociale, du moment qu’il sait écrire et utiliser un ordinateur, peut y aller de son laïus. Disons qu’à mon avis ça crée aussi de nouvelles frustrations. J’ai la parole, mais comment être pris en compte quand tant d’autres ont la parole etc.

                      Comme le dit Celine Ertalif, il y a plus qu’un pas entre « dire sa vérité » et « participer à l’environnement public ».

                      Tocqueville avait déjà senti cela en observant les petites ruches américaines.


                      • (---.---.162.15) 11 octobre 2006 08:03

                        Commentaire très intéressant.

                        Je crois pourtant qu’il y a une dimension de délibération. Il m’est souvent arrivé d’avoir une sorte de « délibération personnelle et intérieure » en appréhendant un sujet que je ne connais pas et sur lequel s’expriment des avis différents. Je suis souvent lent à prendre parti, il faut d’abord que j’hésite, que je soupèse les différentes argumentations et je trouve que la Toile m’y aide beaucoup (« blogosphère » est trop restrictif, il y a notamment les sites de la presse et les sites personnels, comme celui d’Etienne Chouard qui eut un très grand écho lors du référendum constitutionnel).

                        Inversement, quand je m’exprime (autrement que de façon interrogative correspondant à la 1ère phase), c’est que j’estime avoir appréhendé le sujet et que je souhaite que mon opinion soit prise en compte par ceux qui en sont encore à leur étape de « délibération intérieure ».

                        Ainsi, dans les deux sens, je crois participer à des délibérations. Elles sont certes très souterraines et éclatées, ce sont plutôt des réflexions personnelles, mais c’est bien un bouillon de d’échanges et de maturation d’idées. Internet est un monde à part qui demande une autre approche...

                        Am.


                      • arturh (---.---.119.98) 11 octobre 2006 09:12

                        « Internet est un monde à part qui demande une autre approche... »

                        Je répète ici ce que j’ai écrit plus bas : Internet n’est pas un « monde à part ». C’est un « monde », je dirais plutôt une territoire virtuel, proposé par les USA. Je suppose que tout le monde sait ici qu’internet fonctionne sur un système de satellites prêtés (?) par l’armée américaine, et donc par le pouvoir exécutif américain, avec forcément l’accord des pouvoirs législatifs et judiciaires américains.

                        Mais si c’est un monde à part pour nous, c’est parce qu’est c’est un monde soumis à des lois de la démocratie américaine et nous, nous ne vivons pas en démocratie puisque nous vivons dans la Monarchie Républicaine. La Monarchie Républicaine nous avait d’ailleurs proposé le Minitel à la place d’internet, mais nous l’avons abandonné.


                      • (---.---.162.15) 11 octobre 2006 09:46

                        Hé bien non, Arthurh, Internet n’est pas territoire américain. Sans même parler des moyens physiques (il ne me semble pas qu’Internet repose en premier lieu sur l’utilisation de satellites ; parler de l’ICANN serait déjà plus pertinent) et juridiques (ce n’est pas soumis aux lois américaines, au désespoir par exemple des majors du disque et du cinéma), c’est une sorte de conglomérat fait de bric et de broc (la censure chinoise, la loi DADVSI, l’emplacement physique des serveurs, la cryptographie, les fils de téléphone, la fibre optique, le respect plus ou moins fort du copyright...), un maelstrom tiré à hue et à dia par plein de forces contradictoires ou convergentes.

                        C’est un monde complètement à part, c’est même l’association de plusieurs mondes, le web, l’email, le p2p, le courriel, le téléphone, le ftp, la TV etc., c’est un tuyau, un réseau entre ordinateurs (incluant ce qui est laissé accessible sur ces millions d’ordinateurs appartenant à des grosses sociétés ou à de simples citoyens ; tous contrôlés par le gouvernement américain ? C’est grotesque...) dans lequel vivent et communiquent ces espaces beaucoup plus virtuels que physiques... Bref, un monde comme on en a jamais vu.

                        Am.


                      • arturh (---.---.119.98) 11 octobre 2006 10:03

                        Ta réponse pourait être juste, s’il n’y avait pas ce : « il ne me semble pas qu’Internet repose en premier lieu sur l’utilisation de satellites ».

                        Si, internet repose ENTIEREMENT sur un reseau de satellites américains abandonnés par l’armée des USA.

                        Même s’il est obligé de trouver des relais locaux, qui permettent d’ailleurs ainsi de juger de la capacité de pénétration de la démocratie américaine, internet repose bien sur un territoire américain.


                      • (---.---.162.15) 11 octobre 2006 10:20

                        Arthurh, à quoi servent les lignes de fibre optique à travers les océans et continents ? Merci de donner un lien ou des liens sur cette utilisation de satellites, qui, par ailleurs ne signifierait pas un contrôle de l’Internet.

                        Am.


                      • Dugenou (---.---.4.88) 11 octobre 2006 12:00

                        @ Arthurh:je pense que tu as lu mon post qui te priait de m’excuser pour une mauvaise interprétation de tes propos. J’ai lu souvent sur Avox que certains considéraient le minitel comme alternative au net:c’est stupide:le minitel est apparu bien avant l’explosion du net:c’était un outil utile,mais que l’on peut considérer maintenant comme un ancêtre:un peu comme si on comparait le cinéma muet,et le cinéma moderne.J’exagère un peu pour bien me faire comprendre.Cela dit Minitel était une invention de France Telecom,avant qu’il ne soit privatisé !J’attends des nouveaux opérateurs des innovations de ce type !


                      • (---.---.162.15) 11 octobre 2006 13:20

                        Les nouveaux opérateurs ont notamment inventé la freebox et ses dérivés. Ca vaut bien le minitel.

                        Am.


                      • nunuche (---.---.4.88) 11 octobre 2006 16:40

                        A IP trucmuch:mon minitel a 25 ans...Et je ne peux plus l’utiliser même avec ta freebox !


                      • arturh (---.---.119.98) 11 octobre 2006 08:59

                        Il n’y a qu’une seule forme de démocratie.

                        La Vème République n’est pas une démocratie.


                        • arturh (---.---.119.98) 11 octobre 2006 09:02

                          PS : quand on est sur internet, on est sur le territoire américain.


                          • (---.---.162.15) 11 octobre 2006 09:47

                            Voir réponse plus haut.

                            Am.


                          • arturh (---.---.119.98) 11 octobre 2006 10:04

                            voir réponse plus haut


                          • (---.---.140.155) 11 octobre 2006 10:03

                            Internet participe à l’échange d’idées, et certainement plus que certains l’imagine !

                            Si les idées évoluent, les actes finissent par y prendre forme. Les activistes l’ont bien compris. C’est incontestable, mais la traduction des idées n’a pas la même échelle temps.

                            Ne faudrait-il pas instaurer, dans chaque lieu de prises de décisions, une cellule d’étude d’opinion internet ?

                            Certaines entreprises l’ont déjà comprise. Les États aussi, mais pour d’autres raisons...

                            Ce n’est pas simplement l’illettrisme qu’il faille combattre, mais que l’accès au web soit offert et maîtrisé par le plus grand nombre.

                            La démocratie ne fonctionne pas sur des opinons, mais les connaître, c’est évaluer la chance de réussite d’une action, et d’en estimé la réaction.

                            EX : dadvsi, et la manière de la présenter, était vouée a l’échec. Le débat faussé n’a qu’amplifié le problème. Perte de temps, dans une course effrénée. L’intelligence serait de la retirer, et d’ouvrir un vrai débat.

                            Comprendre l’informatique, le réseau, leurs fonctionnements, leurs possibilités, ..., c’est d’abord et avant tout comprendre l’évolution de nos sociétés. Inéluctable.

                            Je ne parlerais pas de partages, mais d’échanges. C’est le propre de la communication.

                            Instrument de pouvoir ? Si les États persistent dans cette voie, alors craignons le pire.

                            Nous avons changé d’ère, et trop nombreux ne mesurent toujours pas la portée.

                            Tous les schémas structurels traditionnels s’écroulent, et ce n’est plus une brèche à colmater, mais un gouffre sans fin à combler, si nous souhaitons garder nos modèles comme référence !

                            C’est bien entendu une grossière erreur.

                            En attendant, le gouffre s’agrandit d’heure en heure, que dis-je, de seconde en seconde, vitesse lumière et nous traînons de plus en plus la patte pour prendre les décisions qui s’imposent.

                            Les médias perdent leurs temps, il suffit de comparer les journaux avec les actus web pour mesurer les dissonances, les silences, ou les harmonies (peu nombreuses).

                            Écouter vos adversaires, si vous voulez mieux les combattre !

                            Mais les manipulations en tous genres sont bien là, et la recoupe de plus en plus difficile à réaliser. Reste les faits.

                            La démocratie est malade, le peuple prend la parole, les réactions ne peuvent que suivre en fonction des actions étatiques. Et ce n’est pas beau. Souvent petit.

                            Sommes-nous si idiots, pour ne pas comprendre les enjeux ?

                            Une défaite, un échec n’est toujours pas avouable par peur de perdre la face ! alors qu’ils sont source d’expériences et de grandeurs lorsqu’ils sont pardonnés.

                            Mais la traîtrise domine. C’est un constat. Les conflits ne peuvent que se propager. Du rouge, nous sommes passés dans le noir. La lumière s’éteint. L’espoir disparaît.

                            Point de Populisme dans cette histoire. Juste une aventure humaine inconsidérée, inconsciente, inconcevable.

                            Philgri


                            • arturh (---.---.119.98) 11 octobre 2006 10:21

                              Pour ceux qui peuvent lire, voici en gros comment internet est gouverné. On peut voir aisémnt qu’il est entièrement gouverné selon les lois du territire des USA.

                              NIC, InterNIC IANA and ICANN

                              The first central authority to coordinate the operation of the network was the Network Information Centre (NIC) at Stanford Research Institute (SRI) in Menlo Park, California. In 1972, management of these issues was given to the newly created Internet Assigned Numbers Authority (IANA). In addition to his role as the RFC Editor, Jon Postel worked as the manager of IANA until his death in 1998.

                              As the early ARPANET grew, hosts were referred to by names, and a HOSTS.TXT file would be distributed from SRI International to each host on the network. As the network grew, this became cumbersome. A technical solution came in the form of the Domain Name System, created by Paul Mockapetris. The Defense Data Network - Network Information Center (DDN-NIC) at SRI handled all registration services, including the top-level domains (TLDs) of .mil, .gov, .edu, .org, .net, .com and .us, root nameserver administration and Internet number assignments under a United States Department of Defense contract. [16] In 1991, the Defense Information Systems Agency (DISA) awarded the administration and maintenance of DDN-NIC (managed by SRI up until this point) to Government Systems, Inc., who subcontracted it to the small private-sector Network Solutions, Inc.[17]

                              Since at this point in history most of the growth on the Internet was coming from non-military sources, it was decided that the Department of Defense would no longer fund registration services outside of the .mil TLD. In 1993 the U.S. National Science Foundation, after a competitive bidding process in 1992, created the InterNIC to manage the allocations of addresses and management of the address databases, and awarded the contract to three organizations. Registration Services would be provided by Network Solutions ; Directory and Database Services would be provided by AT&T; and Information Services would be provided by General Atomics. [18]

                              In 1998 both IANA and InterNIC were reorganized under the control of ICANN, a California non-profit corporation contracted by the US Department of Commerce to manage a number of Internet-related tasks. The role of operating the DNS system was privatized and opened up to competition, while the central management of name allocations would be awarded on a contract tender basis.


                              • (---.---.162.15) 11 octobre 2006 10:45

                                Ouais, ouais, arthurh, il y l’ICANN, mais vos fameux satellites qui régissent tout, que sont-ils devenus ?

                                Am.


                              • arturh (---.---.119.98) 11 octobre 2006 11:28

                                @ (IP:xxx.x28.162.15)

                                Merci pour le lien.

                                Peut importe les satellites. S’il était besoin de souligner encore ce que je dis sur la notion de « territoire virtuel » sur la blogosphère et donc plus généralement sur le net :

                                "Le rôle de l’ICANN est régulièment remis en question, notamment à cause de ses liens avec l’administration états-unienne. L’ICANN a en effet été fondée suite à une directive du Département du Commerce états-unien et l’ICANN fonctionne toujours sur la base d’un mémorandum avec ce ministère.

                                De nombreux pays aimeraient que la fonction dévolue actuellement à l’ICANN soit prise en charge par un organisme dirigé par l’ONU. L’ONU elle-même a indiqué avoir des projets dans ce domaine, mais l’administration Bush s’y oppose fortement.

                                D’autres personnes préféreraient une autre organisation sous forme coopérative qui ne soit, ni l’ONU (qui est inter-gouvernementale et où la société civile n’est pas représentée), ni l’ICANN, qui est purement étatsunienne."

                                La blogosphère, le web, sont bien sous la tutelle de la démocratie américaine.


                              • (---.---.162.15) 11 octobre 2006 11:46

                                Mais non, arthurh, le seul rôle de l’ICANN est de « contrôler l’affectation des noms de domaines de premier niveau » (certes un peu plus, en fouillant). C’est donc l’ICANN qui impose que free.com revient à Untel plutôt qu’à Telautre. C’est un tout petit aspect de l’Internet. Agoravox n’est pas du tout sous la tutelle de l’ICANN.

                                Am.


                              • Le Hérisson (---.---.121.162) 13 octobre 2006 01:00

                                Démocrate (enfin j’espère !)et journaliste (par vocation autant que par nécessité), je pense depuis longtemps que la liberté de la presse est le premier pillier de la démocratie. Oui mais voilà :la presse et les journalistes sont de plus en plus soumis aux pouvoirs des élites et des financiers, les dérives ne se comptent plus, les journalistes perdent leur esprit critique, la presse est dominée par les grands médias de masse, et l’on ne perçoit plus qu’un seul son de cloche. Le populisme, l’avez vous remarqué, passe soit par le clientélisme au niveau local, soit par les grands médias au niveau national. Dans ce contexte, l’apparition du Net et le développement de la blogosphère est une excellente chose. Ils multiplient les prises de parole, bouleversent les ordres médiatiques établis, diffusent les informations délaissée... La liberté de la presse est devenue le lot de chacun. Mais cela a un inconvénient de taille. La lecture de la presse traditionnelle demande un effort, celui de lire. La lecture des blogs en demande d’autres bien plus important : celui de lire davantage et d’avoir la capacité de hiérarchiser l’information. Car contrairement au journal du matin, sur le net, l’information est brute, plus brute encore qu’un monceau de dépêches AFP. Une fausse information est mise au même niveau qu’une information vérifiée. Le site d’une secte peut être autant visité que celui d’une école de pensée philosophique et tolérante. Normalement, peu à peu, le public devrait s’apprendre à faire lui même le tri. Mais ce n’est pas certain. On peut assister, au contraire, à une évolution vers une « tribulisation » des informations : la blogosphère est si dense que je prends l’habitude de n’aller voir que les blogs qui me sont proches. Alors, au revoir, l’esprit critique ! Le mérite d’un site comme Agoravox c’est de combiner, à la fois, la richesse des blogs et la rigueur de la hiérarchie journalistique. En attendant, les auteurs de blogs ou d’articles sur le Net deviennent peu à peu des « influenceurs » d’opinion et c’est tant mieux, car ce nouveau pluralisme est sans doute un frein au populisme qui se déchaîne par ailleurs.


                                • Stéfan Stéfan 13 octobre 2006 11:01

                                  Article intéressant. J’ajouterais un modeste complément : la blogosphère ne peut être un rempart comme vous l’expliquez que si elle reste ce qu’elle est : un espace sans intermédiaires entre « les puissants » et les « gens normaux ». Or de plus en plus on entend parler d’un phénomène qui mène à l’apparition de nouveaux intermédiaires, une sorte d’« élite » de la blogosphère : les fameux « blogueurs influents » (voir par exemple cet article qui en parle ), un petit cercle de gens que les puissants n’ont qu’à se mettre dans la poche comme ils l’ont fait avec les médias traditionnels, et à aider à consolider leur position d’« élite ». Et on retrouve le schéma classiques« puissants/intermédiaires/simples mortels ».

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