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Accueil du site > Actualités > Politique > La bourse contre la vie

La bourse contre la vie

Il m’arrive dans des articles de rappeler que la compétition mondiale nous entraîne vers la paupérisation, non vers la misère qui se fera jour certainement plus tard si les pollutions dont nous recouvrons la terre rendent impropre à la consommation nombre de nos productions.

 Le processus est en cours depuis longtemps il suffit de lire Le Guide des Toxicititudes de Michel Bounias aux éditions Laffont 1992, mais il n’affecte que certaines régions du monde, celles qui sont le moins protégées par un système de soins qui se développe en parallèle. Cette course qui s’est engagé risque de tourner à l’avantage des toxicitures compte tenu que la compétition mondiale impose une réduction constante des coûts des soins, alors que les productions écologiques ne parviennent pas à exploser pour maintenir un prolongement de l’existence sans l’intermédiaire des services de santé, je vais le dire comme cela.

S’il m’arrive de rappeler comme cela au cours d’articles ou de commentaires la nécessité d’engager une lutte contre le capitalisme sauvage qui se développe dans les pays d’Asie, c’est qu’ils nous importent leurs précarités source de paupérisation, dont le long terme risque de se montrer plus miséreux.

Les raisons de cette tendance se trouvent pour une bonne part antérieurement dans l’ignorance des pollutions chimiques et autres que la technologie ne nous permettait pas de mesurer, et maintenant devant la difficulté de freiner cette fuite en avant pour des raisons essentiellement spéculatives.

Il est toujours difficile dans un commentaire ou un article de boucler la boucle et aujourd’hui je suis tombé sur l’article d’un inconnu Olivier Pascal qui situe bien où se trouve la difficulté et le jeu néfaste des spéculations qui jouent « la bourse contre la vie » sur la base d’un dogme libéral.

Je vais résumer son article.

La guerre boursicotière du Grain.

La production de blé remonte à l’époque biblique. Cette matière première a toujours été un des produits alimentaires principaux pour la population tant humaine qu’animale.

Première bénéficiaire des soutiens publics par la PAC dans l’Union européenne, l’accord sur général sur les tarifs (GATT) en 1995 et les réformes de la PAC ont progressivement réduit les prix d’intervention pour le blé.

Ces changements associés à l’incertitude des prix liés aux fluctuations des taux de changes aboutirent par effet d’aubaine à une écrasante autorité du marché spéculatif du blé exercé par la bourse de Chicago, libérant les opérations les plus juteuses depuis 2007.

Dès janvier 2008, l’envolée des prix entraîne celle du prix de la nourriture de base qui touche le plus les populations éprouvées par la paupérisation et la misère.

Dangereux jeux dérivés.

Financeagri, société française d’information spécialisée en matières premières agricoles, lançait fin 2007 un mot d’ordre AMORAL : « Soyez un acteur de la volatilité des marchés agricole. Ne restez plus spectateur. Informez-vous. » Elle illustre cette révolution rapide des marchés à terme agricole, qui initialement créés pour couvrir les risques de variation des prix, sont devenus des cavernes d’Ali Baba appréciées par tous les spéculateurs réguliers ou occasionnels. La volatilité des cours répercutés par les indices agricoles fait le bonheur des fonds d’investissements. C’est ainsi qu’au quatrième trimestre 2007 le volume des capitaux gérés par les fonds d’investissements cotés sur les produits agricoles européens a quintuplé, passant de 99 millions d’euros à 583 millions selon la Barcap.

Les causes en sont multiples, globalement elles sont le résultat de jeux économiques dangereux. D’abord, il s’agit d’une spéculation de repli sur l’ensemble des denrées alimentaires faisant suite à la crise des « subprimes », le second facteur résulte de la conjugaison entre production d’agrocarburant (choix sélectif des productions vers l’industrie au lieu de la vie) et réchauffement climatique.

Certains analystes masquent leur pari pris pour l’enrichissement boursier, feignant d’ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditions de la Banque mondiale, du FMI ou encore du APE (Accords de partenariat économique).

Ainsi de nombreux pays surtout du continent africain importent des aliments au lieu de les produire pour privilégier les cultures d’exportations transformées en devises pour acheter ce qu’ils ne produisent pas.

Cette myopie simplificatrice dédouane les politiques capitalistes de privatisations, de plan d’ajustement structurel imposés depuis plus de trente ans par les institutions financières internationales en vue de réaliser l’ouverture des marchés.

En effet, pour les théoriciens du libéralisme, « la mondialisation déploiera l’ensemble de ses bienfaits quand chaque région produira ce en quoi elle excelle » s’échangeant ce qu’il leur manque.

Autrement dit, un pays adapté à la culture du blé doit renoncer à produire d’autres céréales nécessaires à l’alimentation de base de sa population et doit échanger sur le marché mondial suivant sa « loi ».

Un tel traitement rogne les souverainetés alimentaires des peuples. Dans son premier rapport du 24 février consacré aux PAS (Plan d’ajustement structurel) intitulé : « Les effets des PAS sur la jouissance effective des droits humains », Fantu Cheru, expert indépendant auprès de l’ancienne commission des droits de l’homme à l’ONU, explique que l’ajustement structurel porte au-delà de la simple imposition d’un ensemble de mesure macroéconomiques au niveau interne

L’ajustement structurel est l’expression d’un projet politique, d’une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale, dont l’objectif principal est de faire de la planète un champ d’action où les sociétés transnationales pourront opérer en toute sécurité. Bref, les PAS jouent le rôle de courroie de transmission pour faciliter un processus de mondialisation qui passe par la libéralisation, la déréglementation et la réduction du rôle de l’Etat dans le développement national des pays.

En France, les céréaliers ont doublé leur revenu ; plus discrètes, les grandes maisons de négoces et les fonds spéculatifs, comme le fonds Parworld Agriculture de BNP Paribas enregistrent des bénéfices astronomiques sur la chaîne alimentaire humaine sans aucune vergogne, pendant que les médias nous bassinent avec les parachutes et les traders véreux et que notre président tient ses discours populistes qui rassurent les ignorants malgré eux pour être accros aux médias.

Si vous voulez changer le monde, changez de comportements et faites comme moi qui refuse toutes les propositions de ma banque du placement de mon épargne dans des fonds spéculatifs, plutôt que de croire en un président salvateur qui est partie prenante éclairée du système, tandis que la plupart d’entre nous le sommes par mimétisme.


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4 réactions à cet article    


  • Trashon Trashon 12 novembre 2008 13:49

    Tout ça me rappel étrangement un discours dont le passage suivant me parrait toujours d’actualité :

    "La première loi sociale est donc celle qui garantit à tous les membres de la société les moyens d’exister ; toutes les autres sont subordonnées à celle-là ; la propriété n’a été instituée ou garantie que pour la cimenter ; c’est pour vivre d’abord que l’on a des propriétés. Il n’est pas vrai que la propriété puisse jamais être en opposition avec la subsistance des hommes.

    Les alimens nécessaires à l’homme sont aussi sacrés que la vie elle-même. Tout ce qui est indispensable pour la conserver est une propriété commune à la société entière. Il n’y a que l’excédent qui soit une propriété individuelle, & qui soit abandonné à l’industrie des commerçans. Toute spéculation mercantile que je fais aux dépens de la vie de mon semblable n’est point un trafic, c’est un brigandage & un fratricide. "

    Discours prononcé il y à plus de 200 ans par un certain Robespierre ....


    • ddacoudre ddacoudre 12 novembre 2008 17:49

      bonjour trashon

      Comme quoi la nature humaine est ainsi faite que le chemain vers l’hominisation est semé de difficultés pour s’émanciperde notre biogénèse et donc si deux cent ans nous ont permi d’aller sur la lune il paraît plus difficile de modifier nos comportement pour que chacun puisse accéder à l’essentiel.

      cordialement.


    • Absurde Absurde 13 novembre 2008 12:01

      Je reçois ce mail à l’instant et vous verrez que cela fait froid dans le dos...A notre insu, consommons nous ces produits dérivés en provenance des grandes marques ?
      Message à faire suivre ...


      Les faits :

      La société Saipol, propriétaire de la marque Lesieur et grossiste en huile, a acheté à vil prix un lot de 40.000 tonnes d’huile de tournesol ukrainienne.

      (A tout ce qui est dénoncé plus bas, n’oublions pas que l’Ukraine est la région de Tchernobyl
      qui reste aujourd’hui largement contaminée)…..

      Exerçant son métier, cette société a revendu avec profit cette huile à d’autres multinationales de l’agroalimentaire. Un contrôle a posteriori a mis en évidence la présence frauduleuse, dans ce lot, d’huile minérale destinée à la lubrification des moteurs. Même s’il n’est pas établi que ce mélange peu ragoûtant soit méchamment toxique, eussions nous eu affaire à des gens responsables que ce lot eût immédiatement rejoint la seule destination qui lui seyait : la poubelle.

      Que croyez-vous qu’il arriva ? Ces empoisonneurs dont l’avidité autant que la veulerie sont sans limite, ont néanmoins décidé d’utiliser sciemment cette huile pour composer leurs produits. Le pire, c’est qu’ils ont eu l’accord des autorités (françaises et européennes) qui ont décrété que tant que les produits n’en contenaient pas plus de 10%, personne ne devait tomber trop malade. Ils ont 40000 tonnes à écouler, un peu plus de 5000 tonnes pour la seule France. Cela fait environ 100 grammes de saloperie par habitant à faire ingurgiter !

      La Grèce, dont les autorités semblent moins irresponsables que les nôtres, vient de réagir et d’interdire l’utilisation de tous les lots depuis le 1er janvier. Mais chez nous, dans nos hypermarchés, il y a donc en ce moment des produits contaminés à l’huile de moteur !

      Attention : nombreuses marques concernées,
      à boycotter d’urgence !	Les produits les plus
      susceptibles de contenir
      de l’huile empoisonnée
      sont les suivants :


      - Lesieur, bien évidemment, puisqu’elle est à l’origine
      du problème, et toutes les marques du groupe :


      - Fruit d’or

      - Epi d’or

      - Frial

      - Isio 4

      - Oli

      - Carapelli

      - Saupiquet
      	

      - Toutes les marques du groupe Unilever
      http://www.unilever.fr/ourbrands/foods/default.asp

      Par exemple :

      - Amora

      - Planta Fin

      - Maille

      - Knorr

      - Magnum

      - Miko
      	

      - Mayonnaise

      - Tarama

      - Sauce Béarnaise

      - Chips

      - Vinaigrette allégée

      - Surimi

      - Céleri Rémoulade

      - Soupe de poisson en
      conserve

      - Poisson pané

      - Paupiettes de veau

      - Thon et sardines à l’huile

      - Pâtes à tartiner chocolatées

      - Gaufrettes à la confiture

      - Barres céréalières et sucrées
      pour les enfants

      - Cookies


      Vous pouvez téléphoner au service consommateurs de Lesieur au 0 810 193 702 (tarif appel local) pour demander des précisions ! Il semblerait que tous les lots dont la DLUO est avril et mai 2009 soient rappelés …
      que vont-ils faire de plus de 40 000 000 litres d’huile frelatée ???

      Le nombre d’appels sera déterminant pour que la transparence se fasse. Merci.
      Pascal Blain, 2 rue du Mortier- 39290 MENOTEY Tel 09 77 58 22 99

      J’ai effectivement appelé le service consommateurs qui affirme que la part d’huile minérale dans les
      huiles de table (et autres produits) est "minime" mais ne peut pas communiquer le taux !
      Alors faites circuler le message pour que le scandale éclate au grand jour et téléphonez


      • ddacoudre ddacoudre 13 novembre 2008 21:27

        bonjour absurde

        édifiant j’ai fait suivre. j’ai conu des fait semblable en france mais moins grave avec les transporteurs qui parfois ne prenent pas le temps de nettoyer leurs citernes.

        cordialement.

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