Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > La campagne, morne plaine

La campagne, morne plaine

On s’ennuie ferme, on s’ennuie à mourir, en cette campagne qui se dérobe et coule comme un long fleuve tranquille, comme un Rhin à calculs, à regarder passer les péniches allemandes, pleines de grain, à l’abri du moindre espoir de changement. A l’horizon point d’illumination, point d’éclaircie sur le front des idées, pas l’esquisse d’une solution. La dépression importe ses sombres certitudes économiques, il n’y a pas que le temps qui se dégrade même les notes souveraines sonnent faux. Alors on ne voit pas de limites à la morosité, le ciel semble voilé à jamais, charriant ses tombereaux de CO2 comme une invitation au suicide collectif.

Les deux costauds là devant tentent l’échappée belle mais résistent à la tentation de la parole de trop, le mot d’ordre est surtout de ne pas se livrer, d’éviter de froisser l’opinion, de prendre la précaution de ne rien dire qui puisse fâcher les classes moyennes. Classes moyennes ? Doux euphémisme qui veut dire en réalité cette masse frigide et indolore qui possède (encore) un patrimoine à défendre, des intérêts à préserver, un héritage à sauvegarder, des privilèges à maintenir. 

En attendant, la garde-chiourme des peurs et des soupes populaires engrange le foin, en jouant du drapeau, de la phobie identitaire et du pipeau chauviniste. Le racisme est pour la fille du père une sainte religion, la Jeanne une lumière divine, la putréfaction des bons sentiments une culture intensive, la haine des uns pour les autres une sale habitude. Son programme est sur le mode exutoire à colères, sa salace vertu est un refouloir à libido, le blasphème à l’unité nationale un transit intestinal. Et tout cela marche, le tracteur a mis le clignotant à droite pour signifier l’enfumage maximum et le dépassement imminent des bornes électorales. 

Derrière, le Bayrou béarnais, comme un steak bleu sans saveur joue de la béarnaise pour bouger les papilles mais la sauce manque de piments pour peu que le palais veuille ratisser large. Son pâturage sans relief ne blesse aucune foulée, son émotivité de rentier vous insensibilise à l’idéal du mieux vivre, son charme vous laisse de marbre, glissant comme un carrelage, il est contre le système mais aussi pour ne pas le changer. 

Et puis Mélenchon, qui récolte la misère d’une pâle figuration, râlochant au vent mauvais qui n’apporte que des sales nouvelles. Car la gauche avant d’avoir commencé a déjà perdu, si l’on considère que la gauche commence à Mélenchon, alors il ne reste que 6% de la population à gauche et si l’on considère que la gauche veut bien dire penser à autrui avant de penser à soi, alors cela montre le degré infini d’individualisme existant chez nos concitoyens.

Trente ans de cure libérale auront réduit le sentiment commun à peau de chagrin laissant le champ libre à la course consumériste qui n’est qu’une course folle aux désirs égoïstes.

Au bord de la crise de nerfs qui n’est qu’une mare aux canards, Eva compte les poissons rouges et ferme le ban de l’écologie dont elle n’est que la représentante putative. On dirait un oiseau migrateur qui a perdu l’orientation parcequ’il ne sait pas quoi faire du réchauffement climatique. Eva Joly semble perdue dans ses dossiers trops lourds, étrangère à la botte secrète et aux coups fourrés, elle se retrouve à devoir sauver la planète dans un poulailler sans coq.

L’heure du réveil tarde, le chant de la nation se fait prier, les pattes dans la merde. Le cœur du débat n’est plus la nécessité de pondre mais l’urgence de sauver ses plumes.


Moyenne des avis sur cet article :  3/5   (16 votes)




Réagissez à l'article

8 réactions à cet article    


  • Lizerunn 14 janvier 2012 11:13

    Comment peut-on utiliser autant de mots et néanmoins créer autant de vide ?

    Coluche vous aurait suggéré le gaz, vous partez sans payer la facture.

    Plus de 3.3 millions de téléspectateurs ont repris espoir en regardant Mélenchon jeudi soir sur France 2. Vos violons n’y changeront rien.


    • le journal de personne le journal de personne 14 janvier 2012 12:47

      Mélenchon : Vous allez voir ce que vous allez voir !

      Cela s’appelle : le peuple
      Et le peuple, messieurs dame, vous dit merde
      Pas d’autres questions
      Parce que la réponse sera toujours : merde !

      http://www.lejournaldepersonne.com/2011/07/vous-allez-voir-ce-que-vous-allez-voir/


      • kitamissa kitamissa 14 janvier 2012 14:08

        C’est pas parce que 3.3 millions de peignes-cul ont regardé la Méluche que ça va tout changer et que la populace va descendre dans la rue avec des fourches ....


        il fait trop froid et y’a encore des galettes des rois à bouffer !

        • Lizerunn 14 janvier 2012 15:15

          Les peignes-cul vont briser tes espoir de renaissance du IIIème Reich.


        • vost 14 janvier 2012 22:52

          On parle de révolution citoyenne, dans les urnes pas avec des fourches. 


        • Ouallonsnous ? 15 janvier 2012 22:06

          Quoique si le résultat des urnes est trop « frelaté » !!!!!!?


        • vost 14 janvier 2012 23:00

          Oui c’est dommage en effet. Mais enfin la raison de l’humanisme reprend ses forces et les égoïstes devront bientôt partager, de gré ou de force (par la loi donc).


          Prenez le pouvoir
          L’humain d’abord
          Mélenchon présidons.


        • kitamissa kitamissa 15 janvier 2012 01:05

          L’ humanisme ? laissez moi rire doucement ........Mélenchon il ne rêve que de refaire un Parti Communiste repeint de frais parce que le vieux PC est mort , la preuve, les Cocos ne mettent plus le marteau et la faucille sur leur feuille de choux !


          et partager quoi ? y a plus un rond dans les caisses et on a une dette de 1700 milliards d’Euros !

          partager des clopinettes, ça oui !

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès