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Accueil du site > Actualités > Politique > La condition néomoderne

La condition néomoderne

Les solutions politiques économiques et sociales doivent-elles correspondre à telle idéologie, au sens de cadre de référence, ou doivent-elles répondre à des problèmes réels propres à une réalité effective donnée ? La réponse n’est pas si simple puisqu’une solution, bien que réalisable, peut ne pas être admissible pour des raisons diverses, dont certaines relèvent du cadre idéologique, l’éthique par exemple... Celui-ci ne peut donc être seulement appréhendé dans sa définition propagandiste qui écarte par exemple une solution sous le seul prétexte qu’elle sonne libérale ou sociale... En d’autres termes, suffit-il de dire qu’il faut savoir appliquer un programme, peu importent les coûts, les protestations, suffit-il de dire qu’il faut en « avoir » comme le crie, désormais, Villepin, ou n’y a-t-il pas un autre moyen, une autre méthode, permettant de poser les problèmes tout en cherchant une solution qui fasse consensus, ce qui ne veut pas dire synthèse molle mais plutôt mise en phase de principes et de pragmatisme ? C’est ce que je nommerai la condition néomoderne...

La condition néomoderne cherche à affiner la modernité, c’est-à-dire à accroître qualitativement, durablement, et non plus seulement quantitativement, l’émancipation, la recherche de la prospérité, l’approfondissement du régime démocratique, pour toutes et tous. Et ceci dans le monde entier. Puisque le néomodernisme fait sienne l’idée d’émancipation universelle de l’espèce humaine posée comme genre, tout en cherchant cependant à ne pas confondre universalité et supériorité ou uniformité.

En ce sens la condition néomoderne se distingue du postmodernisme en ne considérant pas que le progrès social et technologique issu au départ du Nord doit être évincé ou du moins circonscrit, réduit, et ceci sous le prétexte qu’il faudrait désormais ne pas interférer avec les autres cultures humaines, même si elles le désirent, les incitant dans ce cas à rester dans leur art, leur différence, ce qui est là nier dix mille ans d’histoire humaine faits, aussi, d’échanges, d’enrichissement mutuels. Parce qu’il ne s’agit pas de diaboliser une civilisation, puisque la nature humaine doit être prise en compte également et que celle-ci est capable du meilleur comme du pire, du moins si on ne la réduit ni à ses gènes, ni à son environnement...

Mais comment affiner la modernité puisque, en effet, le régime démocratique doit être affiné si l’on tient compte des insuffisances passées que Raymond Aron appelait les dégâts du progrès, et les insuffisances permanentes, conséquences de la disgrâce humaine à préférer tricher plutôt que de s’avouer vaincu ou de se vouer à la patience et à l’humilité ? En faisant en sorte que les principes, par exemple ceux de la liberté, de la justice et de l’égalité, ne se trouvent pas en perpétuel conflit mais cherchent plutôt à se combiner pour permettre au développement humain d’être plus fort encore, au sein de chaque être humain, comme à l’extérieur, dans cette nouvelle ère, celle de la techno-urbanité devenue aujourd’hui mondiale.

Concrètement ? Cela signifie qu’il s’agit d’articuler les libertés de penser et d’entreprendre avec le respect de soi, d’autrui, Terre, Nature, comprises. Mais encore ? Par exemple en France ?

Plus précisément cela implique tout d’abord de rendre encore plus libres les activités industrielles et commerçantes, encore plus libres les accès à l’instruction comme à la protection sociale, tout en sachant que cette liberté doit être débattue pour en définir les limites et les conditions de réalisation, c’est-à-dire la justice et l’égalité.

Ensuite, il s’agit d’énumérer ce dont il s’agit autour de propositions programmatiques qu’il sera bon de faire connaître aux futurs candidats des élections à venir. J’en donnerai ici quelques-unes, essentielles.

Commençons par la liberté de penser. Il est clair que s’attaquer au droit de caricaturer les religion, comme l’ont fait deux députés de l’UMP, n’aide pas à la préservation de la cohésion démocratique basée sur la laïcité, (ce qui ne veut pas dire l’athéisme, à la différence de ce que croit Onfray... même si celui-ci est à protéger également). Par ailleurs, la liberté de penser cela veut dire aussi la liberté de publier, de s’exprimer, ce qui implique de ne pas tenter à contrôler Internet, comme veulent le faire certains adeptes de ce que j’ai nommé ailleurs le social-nationalisme, c’est-à-dire cette volonté hyper-étatique (ou l’hyper-social) d’imposer, à ce niveau, une seule façon de penser et de créer (ou nationalisme), ce qui incite non pas à approfondir l’esprit critique mais à en circonscrire les fondements, voire à les miner, imitant en pis l’absolutisme d’antan...

Cette liberté de penser implique aussi une liberté d’instruire, donc la possibilité que l’on puisse choisir pour son enfant l’école que l’on veut ; ce qui a pour conséquence d’une part d’en finir avec la carte scolaire ; d’autre part de dépasser la division entre école publique et école libre en faisant en sorte que les parents mettant leurs enfants dans cette dernière ne payent pas deux fois : une fois par leurs impôts, la seconde par les droits d’inscription. La vraie égalité, en droit, serait dans ce cas d’octroyer à chaque famille une part donnée du budget consacré à l’Education nationale, (modulée cependant par un prorata selon les revenus), afin que celle-ci puisse en effet choisir soit une école publique, soit une école privée ; à charge pour elle, si elle choisit celle-ci, de payer la différence...

Pour celles qui choisissent l’école publique, ou n’ont pas le choix, le fait de pouvoir, tout de même, plutôt apporter leur part rétrocédée par l’Etat à telle école (lycée, université...) qu’à telle autre, permettra de décanter, de pousser à l’émulation... Par ailleurs, un système de Fonds commun de solidarité (FCS) -dont j’expliquerai le mode de fonctionnement quand j’aborderai la protection sociale-, pourrait suppléer aux inégalités culturelles et de revenus, par le biais de bourses délivrées aux élèves les plus méritants, c’est-à-dire ayant de bons livrets scolaires et/ou ayant accepté dès le départ un tutorat leur permettant d’atteindre le niveau scolaire adéquate.

Cette liberté d’instruire implique du côté enseignant la possibilité d’être autonome vis-à-vis du ministère (qui ne ferait que des contrôles a posteriori) ce qui veut dire la possibilité donnée au Conseil d’administration de recruter les enseignants, et aussi d’arrondir leurs fins de mois en louant les locaux le soir et le week-end, pendant les vacances, en participant à de la formation, en organisant des cours à distance via Internet, bref en n’opposant pas nécessairement le cours de grec ancien et le cours d’anglais ou de chinois appliqué...

Passons à la protection sociale, (pour ne pas faire trop long dans cette première partie je verrai les réformes économiques comme l’actionnariat salarié, les impôts... et les réformes institutionnelles comme le nouveau rôle à donner au Sénat, à l’Assemblée, aux ministres, au président, aux régions, bref, à l’Etat (Justice, police, armée...) dans un second article, je n’oublierai pas l’Europe, les institutions internationales, la protection de l’environnement, les OGM, les mutations génétiques...).

Je propose que l’on rétrocède une partie des cotisations patronales au salarié (tout en faisant en sorte qu’il ne change pas de tranches puisque celles-ci pourraient réduites à deux, j’en parlerai dans le second article), ce qui veut dire que le salarié verra tout d’abord sa véritable paie. Puis cette somme lui servira à choisir la protection de son choix de la façon suivante : divisons ces cotisations patronales en trois : une part serait soit placé dans le FCS (fonds commun de solidarité) du moins si l’entreprise n’a pas elle-même sa propre affiliation (à la façon des mutuelles), les deux autres parts seraient rétrocédés au salarié avec obligation pour l’une de servir à prendre une protection, pour l’autre à servir d’épargne que l’on toucherait à sa retraite.

La protection elle-même recouvrirait non seulement la santé, les retraites, le chômage, mais aussi la formation, le changement d’emploi... Il s’agirait d’avoir la protection des intermittents du spectacle sans ce que cela grève néanmoins la compétivité des entreprises. Comment ? En faisant en sorte que les compagnies d’assurance puissent mutualiser leurs coûts ce qui leur permettrait d’une part d’être concurrentielles et d’autre part de s’exporter : n’oublions pas que les marchés émergents vont de plus en plus avoir besoin de notre savoir-faire car les bas salaires en Chine, en Inde, n’auront qu’un temps, du moins si ces pays veulent créer une vaste classe moyenne afin d’avoir un fort marché intérieur...

Par ailleurs, un pourcentage donné de la cotisation pourra être déduite fiscalement s’il est versé au FCS (Fonds commun de solidarité).

Pour donner un aspect cohérent à cette proposition, il faudrait rencontrer les acteurs concernés, entamer un réel débat dans le pays...

Terminons cette première partie par la famille (ce qui pose la question du mariage...). Le système de bourses exposé plus haut peut aider les familles défavorisées. Mais allons plus loin. Certains enfants n’ayant pas un environnement adéquat pourraient, après enquête et éventuellement décision de Justice, être placés durant l’année scolaire dans des internats qui leur permettrait d’épanouir leur potentialité.

Les familles seraient aidées dès le premier enfant.

Quant au mariage, il peut être ouvert aux personnes du même sexe à deux conditions :

1°/ la question de l’adoption ou de la procréation d’un enfant sera découplé du mariage. Autrement dit, ce n’est pas parce que l’on se marie que l’on peut avoir automatiquement un enfant lorsque l’on est du même sexe. Pourquoi ? Parce que l’enfant a le droit d’avoir un père et une mère. Il n’est pas possible de le lui imposer. Dans ces conditions, les couples homosexuels doivent admettre ceci et ne pas considérer le droit d’avoir un enfant comme similaire au fait d’avoir le droit à une protection, car il s’agit d’un être humain ; ce qui implique d’assurer que l’enfant puisse avoir une mère ou un père adoptif qui aurait la possibilité d’aider au choix. L’enfant n’a pas à subir les aléas de Mère Nature... Dans ces conditions également, il ne sera plus possible qu’un célibataire puisse adopter un enfant (d’ailleurs ce n’est guère réalisé dans la pratique pour des enfants de moins de 7 ou 8 ans ...).

2°/ La seconde condition implique la nécessité d’écrire un préambule à l’Acte du mariage (comme il y a un préambule à la Constitution ) ; ce préambule indiquera que la République reconnaît les unions que la Nature rend possible, comme l’hétérosexualité ou l’homosexualité, c’est-à-dire en considérant que ces deux tendances ne sont pas le produit d’un choix culturel (qui est une affaire privée, du moins dans certaines limites) mais d’un choix naturel en ce sens que les parties prenantes ont toujours eu cette inclination.

Quel est l’intérêt d’un tel Préambule ? Celui d’une protection des plus sensibles psychiquement et vis-à-vis desquels certaines pressions culturelles peuvent inciter à penser que l’homosexualité ou l’hétérosexualité serait un choix purement mental, qu’il serait possible de changer au gré des caprices. N’oublions pas qu’il existe rarement - voire pas du tout - des homosexuels qui se découvrent hétéros alors que l’inverse est vrai, des homosexuels par pression culturelle ne se l’ont pas avoué et ont eu des enfants.

Ne faisons pas en sorte que l’inverse se déroule et que par pression idéologique l’on incite certains à faire un choix alors que ce n’est pas leur tendance naturelle. Car, autrement, pourquoi interdire le mariage à... trois, quatre, bref la polygamie ? Pourquoi interdire le mariage sadomaso à partir du moment où l’on accepterait que le sadomasochisme soit une tendance culturelle comme une autre ? Bien sûr les notions de nature et de culture ne sont pas aussi tranchées, qu’il s’agit d’une interaction, mais, tout de même, il y a des tendances fortes qui se décantent et l’on peut observer que deux se détachent l’hétéro et l’homo, même si l’hétéro est largement majoritaire, contrairement à ce que l’on dit...

Il serait bon en tout cas que le débat se fasse, là aussi, sérieusement, avec des spécialistes et des enquêtes, alors que nous avons à faire à de l’idéologie au sens péjoratif, ce qui n’empêche pas de prendre à bras le corps le désir de filiation.

A suivre...


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9 réactions à cet article    


  • Adolphos (---.---.59.170) 26 juin 2006 11:44

    « Quant au mariage, il peut être ouvert aux personnes du même sexe à deux conditions : »

    Et avec les animaux, c’est pour quand ?


    • Marsupilami (---.---.220.69) 26 juin 2006 12:33

      Ouaf !

      Pure propagande ultracapitaliste et ultralibérale. Ce coup-çi, l’auteur ne nous fait plus le coup du « social-nationalisme », mais du « néo-modernisme ». Le comble de la branchouille idéologique creuse.

      Houba houba !


      • Antoine Diederick (---.---.102.129) 26 juin 2006 13:20

        « guérriront » correction....merci de rectifier


      • Marie Pierre (---.---.1.204) 26 juin 2006 15:54

        C’est un nouveau programme pour un futur candidat ???

        J’apprécie le remboursement des prestations que le citoyen n’utiliserait pas :

        Je ne vais pas à l’école publique, et n’importe qui peut ouvrir une école et choisir son équipe > remboursement, et possibilité de voir fleurir toutes sortes d’écoles religieuses ultras ...

        Un hic pour les écoles : l’Etat paie les salaires des enseignants et administratifs, pour le reste, ce sont les communes, le département et la région.

        Je ne vais pas à l’hôpital > remboursez !

        A tous ceux qi n’ont pas de voiure, refusez de payer l’entretien des routes !

        Bon, si je me suicide à 60 ans, j’ai le droit de ne pas payer ma retraite ?

        Votre néomodernisme est de l’ultra libéralisme.


        • Lucien-Samir Arezki Oulahbib Lucien-Samir Arezki Oulahbib 26 juin 2006 17:57

          Vous mélangez tout et caricaturez à l’extrême (cela permet de ne pas se poser de questions remarquez...) ; dans le système actuel un célibataire paye plein pot en impôt...

          L’idée globale consiste à viser la prospérité pour toutes et tous. Ce qui implique de combiner liberté et droit à l’instruction, à la protection... Une entreprise privée peut décrocher des missions de service public ; le rôle de l’Etat est de vérifier le cahier des charges...

          J’en dirai plus dans le second article...


        • plo (---.---.164.77) 26 juin 2006 16:19

          decidement c’est de pire en pire, le pauvre homme, il doit souffrir ... Encore des balivernes, j’en veux....


          • Adolphos (---.---.59.170) 27 juin 2006 03:01

            Pourquoi faire tout ce baratin, alors que la politique c’est avant tout de la gestion, au sens le plus concret et économique du terme, comme dans une enteprise ? La France est trés mal géré, parce que l’Etat est trop gros, donc il est trés couteux, donc ca crée du chomage et de la pauvreté (et des dettes). Pas besoin d’aller plus loin.


            • andre (---.---.41.103) 3 juillet 2006 16:01

              cette soupe est affligeante, un ramassi de compilations d’articles de presse comme on peut en voir du figaro au nouvelobs (pour la France), c’est la messe habituelle sur la liberté de se marcher sur la gueule pendant la grande curée capitaliste sur toute véléïté de solidarité (école, retraite,santé). C’est anti humaniste, anti paix, anti écologique, d’une bêtise absolue (et c’est le programme de l’OCDE). Et pardon à nos ancêtres du néolithique qui on certainement fait preuve de plus d’intelligence et de solidarité (même les grands singes en sont capable) Un peu de respect pour cet espace de débat, ce discours est déjà vomi sur tous les medias commerciaux...


              • Zen (---.---.249.110) 3 juillet 2006 16:15

                Est-ce le futur programme Sarko ?

                D’accord avec Marsu et André ...

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