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Accueil du site > Actualités > Politique > La culture oubliée des programmes

La culture oubliée des programmes

Ce n’est pas un hasard si la culture est la grande absente des débats. C’est là, dans ce secteur à forte réflexion, que les coupures budgétaires sont très certainement à prévoir... comme toujours.

Divertir, oui... Divertir tout en faisant réfléchir... Euh... Mieux vaut divertir !

Idéologues plus que partisans. Les artistes, dans leur immense majorité, ont toujours exprimé le monde en s’attachant au cœur des idées et sans jamais se résigner à suivre la rigidité de la ligne d’un parti, voire d’une entité commerciale... Miroir de la société, ils ont toujours posé un double problème. Il va sans dire que ma définition de l’artiste se limite à toutes celles et tous ceux qui n’ont pas céder au piège de la laisse, dorée ou invisible, attachée, de bon ou mauvais gré, autour de leur cou.

On dit des artistes qu’ils sont des êtres sensibles, autrement dit « qui ressentent à l’extrême », et par extension qui « sentent venir »... Ce sont, à quelques exceptions près, des « êtres libres prisonniers du malheur des autres ». Parce qu’ils réfléchissent au moins autant que les politiciens, et diffèrent par leur nature, ils ne peuvent les suivre aveuglément ; c’est pourquoi, à un moment donné ou un autre, les puissants se sont toujours attachés à leur faire payer le prix de cette liberté en les enfermant dans la marginalité sociale. Ces derniers oublient une chose fondamentale : la liberté de pensée à loisir et de s’exprimer à juste raison, n’a pas de prix. Mieux, c’est ce qui constitue le fondement même, la richesse et la grandeur, d’une démocratie.

La sous-culture et le sous-enseignement ne sont pas apparus par hasard, l’intellectualisme non plus. Les deux premiers dérivés - ou palliatifs - ont été pensés pour peu à peu supplanter leur matrice respective dans ce qu’elle possède de plus subversif (la réflexion) ; ils constituent à la fois l’outil d’abrutissement des masses et le terreau idéal dans lequel germeront les « coupables tout désignés » de notre société sitôt qu’elle en cherchera. L’intellectualisme, à savoir la prééminence de l’intelligence sur les sentiments et la volonté d’hermétisme du système de compréhension, complète la stratégie de préservation des savoirs dans les mains de ceux qui n’en sont plus dignes depuis très longtemps.

Le produit culturel ne constitue pas une menace, l’idéologie culturelle et la matière grise l’ont toujours été.

Voilà l’une des raisons pour laquelle le système encourage une sous-culture populaire massive par le média télévisuel, tout en se donnant bonne conscience avec les couches favorisées qui, en très large majorité, accèdent filialement, aux meilleures écoles, à la « grande » culture donc au savoir, et, irrémédiablement plus tard dans leur cursus, aux postes clés qui étanchent les soifs de règne. En d’autres mots, la télé, le one-man-show, la chanson et les superproductions cinématographiques, pour la France d’en bas ; le théâtre, l’opéra, la littérature, le cinéma d’art et essai, et la philosophie pour la France d’en haut. Le choix existe, certes, est proposé pour se donner bonne conscience... sauf qu’il est bien évidemment et très grossièrement orienté.

Nombre de directeurs de hauts lieux culturels se demandent, dans de sérieux colloques et autres débats, pourquoi les couches populaires et défavorisées ne se rendent pas plus naturellement chez eux. Ce n’est pas faute de pratiquer des tarifs attractifs, d’avoir l’esprit ouvert, de proposer velours rouge et dorures, lustres de cristal, parquet... Il ne leur vient que rarement à l’idée qu’il n’est pas si naturel pour un habitant des quartiers défavorisés de poser ses fesses dans le faste, puis d’avoir une révélation liée à la facilité de compréhension du spectacle proposé, de même qu’une adhésion enthousiaste à la lecture du programme donné à l’entrée dans l’espoir de voir revenir le spectateur... Il ne leur vient que très rarement à l’idée que ces couches vivent d’autres réalités, que les habitants des cités utilisent en moyenne 350 à 400 mots là où le taux moyen est de 2500, il ne leur vient que très rarement à l’idée que si seulement 2% maximum des couches populaires se rendent au théâtre, à l’Opéra, ou dans les musées, c’est qu’on ne les éduque pas pour qu’elles s’y rendent.

Programmer culturellement « pointu », sans jamais donner en amont aux plus mal lotis les codes qui permettent de comprendre et donc d’apprécier, est aussi mal venu que de leur faire avaler des publicités et des produits culturels pour les pousser à la consommation alors qu’ils n’ont pas l’argent pour consommer. L’étau est d’une efficacité absolue.

« L’art est la tâche la plus haute et l’activité essentiellement métaphysique de la vie », affirme Nietzche dans sa préface à La naissance de la tragédie grecque dédiée à son ami Wagner. Des louanges chantées à Dionysos - ou Apollon - aux Fleurs du mal de Baudelaire, l’art montre l’homme sous sa véritable identité en bien comme en mal... Il a ce mérite, qui est, dans le même temps, contraire à tout système basé sur la non transparence.

Chers frères et confrères saltimbanques, chères sœurs de cœur, nous n’avons pas fini de souffrir car nous sommes, au même rang que les médecins et autres infirmières, nés pour soigner les maux et veiller au chevet de la société des hommes. Depuis la nuit des temps, le processus est sacré car il se place bien au-delà de toute négociation ou notion financière.

L’avenir de l’humanité ne dépend plus du cultuel, ni du politique, mais bel et bien de l’art.


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18 réactions à cet article    


  • LE CHAT LE CHAT 15 mars 2007 13:18

    Divertir, oui... Divertir tout en faisant réfléchir... Euh... Mieux vaut divertir !

    Tu as tout à fait raison , cher voisin ,l’art au service d’une idéologie , quelle horreur ! ils savent plus quoi faire des bustes de karl marx maintenant . Maintenant , l’idéologie étant le fric , ça abouti à la staracademisation de la musique ! les seventies furent nettement plus productives , ils en font les remix aujourd’hui ...


    • (---.---.141.147) 15 mars 2007 13:56

      Merci, l’auteur, pour ce tableau réaliste.

      Les citoyens tambourinent à notre porte grande ouverte lorsque celle des politiques est hermétiquement close.

      Les solutions nous les avons, pas eux !

      Dommage, pour tout le monde.


      • Raina (---.---.94.123) 15 mars 2007 20:20

        Nous sommes au moins trois maintenant !

        Merci également à toi.


      • (---.---.141.92) 16 mars 2007 09:17

        Je te rassure raina, nous sommes des millions ! voir des milliards ! Il y en a tellement d’artistes qui s’ignorent !

        Des artistes exclus, volontaires ou condamnés par le système.

        Mais cela nous renforce ! qui peut lutter contre la bonne foi ?

        Personne !

        Quand je constate les petits soucis des pouvoirs actuels, obligés de mentir ouvertement pour cacher leurs échecs en traînant le monde a une dérive fatal !

        N’y a-t-il pas eu de philosophes ou artistes en tout genre qui ont expliqué noir sur blanc leurs petits soucis ?

        Des centaines de millions de milliards que nous sommes, si nous additionnons toutes ces âmes depuis que l’homme se pose des questions !

        C’est un manque de culture ou de la mauvaise fois de ne pas le reconnaître !

        Mais le 5° est là ! et nous en sommes maîtres ! Seule la vérité traverse le temps !

        Avec ou sans rainures...


      • (---.---.140.12) 16 mars 2007 11:46

        PS : J’ai écrit ces lignes sans avoir consulté ton site... Et j’invite les lecteurs Agoriens d’y jeter un œil et deux oreilles...

        http://www.nature-des-secrets.com/index.php?=000

        Bravo pour ce travail hors-norme ! Compte sur mon esprit critique...


      • Raina (---.---.255.126) 16 mars 2007 14:03

        C’est moi qui te remercie.

        Les choses avancent... pas vite... hélas... même nombreux à dénoncer la lenteur du système... elles avancent... Mais pas vite... Pas vite du tout.

        Mettons leurs un peu plus de pression !


      • gem gem 15 mars 2007 14:58

        La culture est absente parce qu’elle n’a rien a faire dans la campagne. Donc, réjouissons nous au lieu de rejouer aux grenouilles qui voulaient un roi.

        Y-a-t-il quelque chose de pire pour l’art qu’un soutient « budgétaire » ? La culture officielle, c’est l’exclusion d’un auteur reconnu d’une scène nationale sous prétexte qu’il compatissait avec les serbes, pendant qu’on fait des commandes à millions (littéralement) à un pote...

        Un mécène peut avoir du goût (bon ou mauvais, on ne le saura que bien plus tard...), mais une administration ??? Un ministre peut-il faire autre chose que distribuer son pognon à sa clientèle, sans égard pour la qualité artistique ? Et d’ailleurs, c’est quoi, la qualité artistique ? Quoi de plus subversif, de plus réellement artistique donc, que la scène quotidienne qui se joue au « maillon faible » ? quoi de plus lamentablement sous-culturel que les fameuses alternance de blanc et de noir d’un fameux « artiste », alors que les officiels nous rejouait la grande extase comme les courtisans des « habits neufs de l’empereur » ?

        La culture est une chose aristocratique, que le monde politique d’une démocratie ne sait pas gérer. Athènes a bien ostracisé Phidias...


        • arturh (---.---.119.98) 15 mars 2007 16:40

          C’est vrai ! Buren, on peut vraiment lui dire merci !


        • Raina (---.---.94.123) 15 mars 2007 20:21

          Nous sommes au moins quatre !

          Merci également à toi.


        • minijack minijack 19 mars 2007 04:02

          « La culture est absente parce qu’elle n’a rien a faire dans la campagne. Donc, réjouissons nous au lieu de rejouer aux grenouilles qui voulaient un roi. »

          Comment peut-on dire une telle chose ? La Culture est la BASE de toute société, et tout spécialement de la nôtre !

          Pourrait-on imaginer dans le monde une France sans Voltaire, sans Rousseau, sans Montesquieu, sans Debussy, sans Verlaine, ou même sans Brassens ou Gainsbourg ? Encore moins évidemment sans Hugo, Zola ou Dumas, et tant d’autres.

          La Culture, c’est l’âme d’une nation. Pas besoin de la citer pour qu’elle soit au coeur même d’une campagne. Et vous verrez qu’elle va jouer un rôle bien plus important qu’on pourrait le supposer. Si les discours des candidats n’y font que quelques brèves allusions, c’est parce que nous avons la détestable habitude de ne considérer que les aspects économiques (et depuis peu socio-économiques) de la société, travers auquel nous ont accoutumé les médias qui ne savent parler que de tangible ou de commercial.

          Mais la Culture a déjà fait une entrée en force dans la campagne, par le biais d’Internet (avec la loi DADVSI et dernièrement avec son infâme petite soeur interdisant la publication de témoignages vidéo émanant de particuliers sans carte de Presse), preuve que la Culture populaire FAIT PEUR aux instances dirigeantes, précisément parce que le Net est un moyen de DIFFUSION de la Culture et de l’Information qui n’est pas contrôlé par les trusts médiatiques alliés de Sarko.

          Sur quoi croyez-vous que se soit appuyée Ségolène pour se faire élire championne de la gauche alors qu’elle avait à faire face aux éléphants du PS, en principe bien plus aguerris qu’elle ?... Sur le Net.

          Et cela, bien avant que les médias classiques ne soient, enfin, OBLIGES de prendre en compte cet avènement aussi surprenant pour eux qu’incontournable.

          Certains ont prétendu que c’étaient les médias qui avaient fabriqué le duel Ségo-Sarko, mais PAS DU TOUT ! Ils y ont été AMENES par la force des choses. L’an dernier à pareille époque, personne sur aucun média classique ne parlait de Ségolène comme possible candidate.

          DADVSI a servi de déclencheur à la mobilisation contre le gouvernement et Ségolène s’en est faite d’emblée le porte drapeau en prenant dès Avril 2006 position contre DADVSI et pour une notion de Licence Globale.

          Bayrou a mollement suivi (comme pour d’autres choses) mais bien plus tard, en s’en prenant à la concentration des médias pour de toutes autres raisons, plus spécialement électorales.

          Vous croyez toujours que la Culture n’a rien à faire dans la Campagne ? Mais mon cher GEM, elle s’y est déjà invitée d’elle-même ! Et au tout premier plan. Car TOUT concerne la Culture. Non seulement les Intermittents, le Droit d’Auteur, le Journalisme Citoyen, ou encore le CPE, l’Education Nationale, mais aussi la notion même de « citoyenneté » (« ministère de la nationalité et de l’immigration » ?!!!) ou la fracture numérique, tout cela est en lien direct avec la « Culture française » au sens noble du mot.

          Je ne parle évidemment pas là de la sous-culture commerciale qu’on nous inflige en intraveineuses avec la Star’Ac ou Questions pour un champion, je parle de la substance même de la pensée française et de son attachement aux libertés essentielles.


        • arturh (---.---.119.98) 15 mars 2007 16:39

          L’auteur écrit : « Voilà l’une des raisons pour laquelle le système encourage une sous-culture populaire massive par le média télévisuel, »

          Et tout est dit.

          On comprend pourquoi Andy Wharol ne pouvait être qu’américain.

          ...pendant que tu patientes dans l’antichambre du Palais de Versailles en préparant ta supplique où tu étaleras ton mépis de la « masse » pour complaire à l’élite dans l’espoir de te voir octroyé une rente, au milieu de la masse des autres sous-cultureux qui attendant avec toi, tous munis du seul viatique du mépris...


          • Raina (---.---.94.123) 15 mars 2007 20:19

            Nous sommes au moins deux !

            Merci également à toi.


            • Pitseleh (---.---.68.184) 15 mars 2007 23:19

              « Nombre de directeurs de hauts lieux culturels se demandent, dans de sérieux colloques et autres débats, pourquoi les couches populaires et défavorisées ne se rendent pas plus naturellement chez eux. Ce n’est pas faute de pratiquer des tarifs attractifs, d’avoir l’esprit ouvert, de proposer velours rouge et dorures, lustres de cristal, parquet... Il ne leur vient que rarement à l’idée qu’il n’est pas si naturel pour un habitant des quartiers défavorisés de poser ses fesses dans le faste, puis d’avoir une révélation liée à la facilité de compréhension du spectacle proposé, de même qu’une adhésion enthousiaste à la lecture du programme donné à l’entrée dans l’espoir de voir revenir le spectateur... Il ne leur vient que très rarement à l’idée que ces couches vivent d’autres réalités, que les habitants des cités utilisent en moyenne 350 à 400 mots là où le taux moyen est de 2500, il ne leur vient que très rarement à l’idée que si seulement 2% maximum des couches populaires se rendent au théâtre, à l’Opéra, ou dans les musées, c’est qu’on ne les éduque pas pour qu’elles s’y rendent. »

              Les couches populaires et/ou défavorisées ne fréquentent guères les bibliothèques et les médiathèques, lieux totalement ouverts qui ne proposent ni fastes ni dorures. Ce n’est pas non plus une question d’élitisme dans la mesure où, généralement, les sélections de documents sont précisément éclectiques pour satisfaire tous les publics.


              • Raina (---.---.255.126) 16 mars 2007 09:06

                Avec trois fois moins de mots (grand minimum) que la moyenne nationale, et les problèmes de vocabulaire que le languiste de la Sorbonne Alain Bentolila explique dans son dernier rapport remis au Ministère de l’Education Nationale... Comment voulez-vous qu’ils se rendent naturellement dans les lieux de lecture ou hautes connaissances culturelles ?

                La ghettoïsation scolaire naît dans les quartiers « Cachan » où les mêmes origines sociales, affublées de tous leurs problèmes, s’entassent faute de ne pouvoir matériellement accéder à des conditions d’hébergement dignes ; des conditions qui partent d’un logement à taille humaine conforté par un loyer décent et termine au beau milieu « des meilleurs » voisinages.

                De fait, la ghettoïsation scolaire commence dès la maternelle avec la réunion de bambins dont les points communs sont les carences, le rang social, la couleur de peau ; elle s’accentue dans le secteur primaire avec l’apprentissage de la lecture et des fondamentaux entre enfants de mêmes carences, de même rang social, de même couleur de peau ; et elle émerge enfin de façon flagrante au collège poussée par un passif de carences qui continuent de s’accumuler à une heure où le cerveau tourne à plein régime et les crises d’adolescence, privées de mots et d’amour, sont dévastatrices...

                Les cocottes minutes finissent toujours par exploser à force d’un trop plein de pression. Dans la ZEP, cette pression est sociale et territoriale. J’insiste sur l’aspect territorial. C’est bien évidemment sur ces deux points dès la maternelle qu’il faut travailler...

                Ne nous étonnons pas des phénomènes de discrimination à l’embauche quand « un monde » vient à la rencontre de « l’autre monde » pour demander du travail et qu’avant jamais ces deux mondes ne se sont rencontrés, ont échangé, tout simplement vécu ensemble...

                Il faut détruire tous les grandes concentrations d’individus de même rang social et les répartir judicieusement au sein de tous les autres quartiers sans distinction... C’est pour moi la seule façon d’apprendre enfin à vivre ensemble !

                Le veut-on vraiment ? là est la vraie question au sens politique du terme.

                Il semblerait que les dernières mesures d’Alain de Robien au niveau de la Maternelle aillent dans le bons sens... Manque le problème territorial.


              • (---.---.37.71) 15 mars 2007 23:46

                Les artistes sont la pour servir les puissants, et c’est pour cela que l’Etat les payent. D’ou d’ailleur le politiquement correct étouffant des artistes, antiraciste, antilibéral, antifacho, anti tous, quoi....

                Quant au prolo, il n’a pas besoin de culture. Il a ses BD, ses chansons débiles, ses feuilletons de France Télévision, il est heureux..


                • minijack minijack 19 mars 2007 04:10

                  Quel mépris pour les prolos !

                  Et quel mépris pour les artistes du même coup. Car il n’y a pas que les stars de la télé comme artistes, il y en a des milliers d’autres, des prolos eux aussi, notamment sur le Net ou dans nos provinces, et qui n’ont rien à voir avec cette sous-culture soi-disant élitiste qui nage dans la promiscuité politique.


                • (---.---.183.66) 16 mars 2007 00:16

                  Il n’y a pas que les programmes, tout ignore la culture dans le pays !! smiley


                  • (---.---.175.202) 16 mars 2007 11:49

                    Ne pas confondre culture et spectacle ...

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