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Accueil du site > Actualités > Politique > La danse du (faux) centre

La danse du (faux) centre

Il est des inepties qu’il faut dénoncer. Celles qui relèvent de la malhonnêteté intellectuelle, de l’hypocrisie ou encore de l’opportunisme.

Nous sommes à peine au lendemain de la défaite attendue de Nicolas Sarkozy et de tout son appareil de droite populaire que déjà, oh surprise, nous nous trouvons devant la naissance plus officielle du « mouvement humaniste de l’UMP ».
 
Humanistes de l’UMP ? Humanistes/UMP… ? Mangeriez-vous du foie gras sur du pain perdu ? Parleriez-vous de Pétrarque avec Fréderic Lefebvre ? Monteriez-vous des jantes alliage sur un tank ? Quoi ? Je n’ai pas bien choisi mes images et correspondances ?
 
Dites-moi que c’est la nouvelle génération des raffarinades, « la route est droite, mais la pente est forte » c’est ca ? Disons qu’elle est surtout forte vers la droite, et surtout très savonneuse…
 
Ce Monsieur, politiquement né dans un centre ni de gauche ni de gauche, qui fut le premier 1er ministre de l’UMP, et qui a continué à s’y investir en soutien au Président Sarkozy… nous fait maintenant le coup de l’hUMPanisme ?
 
Mais il ne suffit pas de revendiquer pour représenter. Les mots ont un sens, une histoire. Ils se méritent. En s’appelant les « humanistes », ces UMPistes tentent évidemment une large récupération des électeurs centristes à qui l’on a vendu que François Bayrou avait trahi, mais trahi qui exactement ? En vertu de quoi une candidature dite « centriste » devrait-elle se reporter automatiquement à droite quand nécessaire ? Qui parle de trahison quand il s’agit de ne pas s’opposer à la stratégie de droitisation de l'UMP ?
 
Il convient donc de dénoncer l’énormité de cette nouvelle posture électorale.
 
Pourquoi ? Citons deux grandes raisons.
 
D’abord, il conviendrait d’avoir politiquement vécu et démontré un réel engagement dans la défense des notions élémentaires associées à la pensée humaniste : liberté, tolérance, indépendance, ouverture, instruction, curiosité...
 
Je vous épargnerai un exposé qui tenterait d’illustrer en quoi les dix dernières années correspondent bien plus à un éloignement radical de ces valeurs fondamentales, et je n’en utiliserai qu'une afin d'introduire mon deuxième point : l’indépendance.
 
Plutôt que de continuer sur une allégeance « habitudinaire » à une droite qui n’en fini plus de se durcir, prenez donc le risque de vous en dissocier une fois pour toute, de voler de vos propres ailes, et de croire tout simplement que l’humanisme en politique est autre chose qu’une conscience sociale utile pour les élections.
 
Car finalement, qui sont les humanistes de l’UMP  ? Et surtout, qu’ont-ils fait pour faire valoir leurs idées  ? Rien. C’est faux de croire que, par cette appartenance à un « courant majoritaire », ils peuvent accéder au pouvoir et mettre en œuvre une politique modérée car, nous le savons, il n’en fut rien.
 
Idem pour leurs amis du dit « centre-droit », qui ont été séduits par les sirènes en 2007, puis sont partis en claquant la porte, et maintenant revenus parce que cela semblait moins compliqué pour leur carrière.
 
Ils jouent les vierges effarouchées quand François Bayrou déclare voter pour François Hollande, mais ou est donc leur courage, leur force de conviction, leur… humanisme ?
 
Tant qu’ils seront noyés dans la masse de la droite populaire, ou qu’ils exerceront leur soutien automatique, ils ne représenteront rien d’autre que l’UMP et sa politique.
 
Déclarer voter Hollande était un acte fort d’indépendance réelle. Ca ne fait pas de Bayrou un homme de gauche, ou du MoDem un parti annexe du PS.
 
La pensée humaniste vaut bien l’indépendance et ne doit plus être un symbiote, car le bénéfice ne sera jamais mutuel.
 
 
Voir aussi un excellent article de Marie-Anne Kraft - La droite buissonnière et l'usurpation du centre 
 
www.desmotscrates.com

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1 réactions à cet article    


  • credohumanisme credohumanisme 10 mai 2012 08:49

    Hors considérations électoralistes, envies d’avoir malgré tout une chance de maroquin en suivant Sarkozy, il est clair que d’un point de vue idéologique ceux qui se réclament du centre et de l’humanisme auraient du depuis longtemps quitter Sarkozy.

    La crédibilité morale des Borloo, Rama Yade, Villepin, Morin, Raffarin a été définitivement entamée par l’épisode des présidentielles.

    On peut reprocher beaucoup de choses à François Bayrou, mais il faut le créditer d’une rigueur morale qui n’a jamais été démentie.

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