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La débâcle d’une réforme

Après les enseignants, ce sont les élus locaux qui refusent cette réforme, imposée par un ministre qui a la prétention de régler le problème de l'aménagement du temps de l'enfant avec un coup de baguette magique et un coup sur les doigts des enseignants.

 

Le décret Peillon vu par les élus des petites communes

JPEGLe premier maire qui prend la parole, attaque bille en tête, il est applaudi par les 250 élus présents à l'Assemblée générale de l'Association des maires de Gironde :

« Nous sommes une commune de 700 habitants. Avec quels crédits voulez-vous qu'on le fasse ? Je ne vois pas comment on fera, on n'en a pas les moyens. C'est clair, on ne pourra pas le faire, on ne le fera pas. »

Ce maire résume la pensée de nombreux élus qui savent que les 50 € par enfant promis en 2013 pour les communes qui aménageront les « rythmes scolaires » dès l'an I de la réforme, ne constituent au mieux qu'un cinquième des nouvelles dépenses occasionnées par ce changement.

Il n'est pas acceptable que les communes financent des activités de nature pédagogique. Ce transfert de compétences est critiquable en soi puisqu'il municipalise des activités de nature pédagogique.

Et en plus, il s'effectue sans transfert financier....

Il ne faut pas s'étonner de voir des élus de toutes origines condamner cette réforme.

Si les petites communes n'ont pas ni les moyens financiers, ni les moyens humains en personnels, comment feront-elles ?

Le député « socialiste » qui a initié une réunion en Haute Garonne a la réponse !

La voici : « Il faudra que les communes voient ça entre elles, pour éviter que ce soit le cantonnier qui s'occupe des enfants dans la dernière demi-heure » !?

Les mêmes commentateurs qui trouvent que les enseignants sont corporatistes, trouveront peut être que les élus sont frileux !....

L'aménagement du temps de l'enfant, réfléchi et construit dans le cadre d'un projet partagé peut effectivement être une réponse éducative à la hauteur de l'enjeu.

Bâclé et imposé « aux forceps », il attire l'opposition de nombreux élus, des enseignants et même des animateurs socio-éducatifs.

JPEGCes animateurs de la ville de Paris qui ont manifesté aux côtés des enseignants à Paris le 22 janvier demandent depuis des années que le temps péri et post scolaire soit pris en compte .

Leur opposition à cette réforme n'est pas contradictoire avec leur aspiration à de la reconnaissance, bien au contraire.

Ils veulent assurer des missions éducatives spécifiques, pas à la place de l'école mais à côté de l'école.

Ils réclament des conditions de travail acceptables, des locaux adaptés et des normes d'encadrement assurant une qualité de service.

Quand le délégué d'une grande fédération laïque d'éducation populaire se voit répondre par une salle parisienne remplie de professeurs d'écoles : « l'éducation doit rester nationale », il doit SAISIR l'inquiétude de ses collègues- il est enseignant détaché- et bien comprendre que la confusion entretenue entre l'enseignement et le temps périscolaire ne peut conduire qu'au repli, à l'incompréhension réciproque et au recul d'une idée pourtant progressiste qui est celle de la complémentarité éducative.

Le ministre doit revoir sa copie et conduire une véritable réflexion partenariale, associant les syndicats enseignants, les associations de parents, les mouvements d'éducation populaire 

Jean François Chalot


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3 réactions à cet article    


  • bakerstreet bakerstreet 6 février 2013 12:12

    Bha, suffirait simplement qu’on revienne à la case départ, non ?
    La diminution de la semaine de travail date de 2007, si je ne m’abuse, pas de la préhistoire.
    Bon, je mets les pieds dans le plat.
    Pas question de revenir sans contreparties.....

    Donc, on fera payer aux communes, c’est à dire aux contribuables, le fruit d’une mesure en son temps démagogique, votée par la droite pour lâcher quelque chose aux enseignants sans passer par la fiche de paye. ( qui n’ont pas dit un mot pour protester, alors qu’ au nom d’une simple éthique ils auraient du le faire)
    Relayé par la gauche qui n’a pas les sous, pour faire le deal en monnaie trébuchante ( toujours ce vieux problème des gros sous et du temps libre)

    Le tout en se foutant totalement de l’intérêt des élèves, écartelés entre mille démagogies, et qu’on accomode à toutes les sauces, de symposiums en concertation, pour arriver à cette évidence qui s’impose, à la fin du conte :
    Le roi est nu.
    On est tous saisi maintenant par la faiblesse du niveau.
    La faiblesse de jours scolarisés est patente, et ce sont évidemment les enfants les plus démunis, ou venant des couches sociales les plus défavorisées qui paient plein pot.
    Les autres parents, fortunés, ou de l’éducation nationale, ayant les moyens de remédier, en cours supplémentaires, activités annexes payantes, et tutti quanti.

    Suffi pas de se gaver de mots, tel celui de « reconnaissance »pour être percutant, et adapté aux attentes. Celles des enfants est patente. D’effilochage en effilochage, on a laissé l’école perdre ses objectifs, qui était tout de même de prendre l’enfant en charge de l’éduquer.

    Ce recours aux pédagogues extérieurs est une tartuferie, un pansement inégalitaire : Nul doute que les gamins des arrondissement parisiens seront pris en charge, mais quid de ceux des communes rurales perdues ?
    Circulez, y a rien à voir !


    • mouais 6 février 2013 13:52

      Revenir à la case départ ? OUI, certains enseignants en exercice le souhaitent :

      http://instruire.fr/Grip_1/GRIP/wWAAAJ3oja9KdGxITHNFUFhqDAA?LIEN_LESBILLETS


      •  C BARRATIER C BARRATIER 6 février 2013 16:15

        La case départ est ancienne : cours jusqu’au samedi 16 h30….jeudi  libre pour les rencontres sportives et autres affaires facultatives. J’ai toujours pensé que les heures de classe étaient importantes, et je suis étonné de voir qu’on a méprisé leur valeur en passant de 30 h hebdo à 24 sans qu’aucune grève des enseignants n’intervienne.

        L’école serait elle devenue fondamentalement celle de la paresse ?

        Etaler sur le mois de juillet soulèverait un autre tollé ! On veut le week end et les deux mois d’été libres. Sans parler des marchands de loisirs…

        Le replâtrage proposé a un coût. Comment les profiteurs, sur le dos de l’enfant, - parents, professeurs, rechigneraient ils à le payer par leurs impôts locaux ? Le beure et l’argent du beurre, c’est cela la paresse.

        Quant aux Maires, nombreux sui disent  qui se disent se trouver  à court d’argent pour leur service scolaire municipal abondent au-delà de deux fois ce qui est dû les écoles privées par leurs subventions.

        Voir en table alphabétique des news :

        « Ecole privée : toujours plus de taxation du contribuable »

         http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=182

        Et les mêmes maires, combien ne profitent pas des indemnités de présidences qui se multiplient ? Ils avaient une paye pour faire leur boulot, et on ne manquait pas de volontaires…Avec la communauté de communes et les commissions lucratives pour eux qu’ils président…ils doublent la paye, en cumulards organisés…Et ils disent ne plus avoir d’argent.

        « Elus aux contribuables : Votre argent nous intéresse personnellement » 
         
        http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=223

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