Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > La défaite en chantant

La défaite en chantant

Peut-il y avoir des victoires sur un champ de ruines ? Le premier tour des régionales est marqué par l’assourdissant silence des urnes. 23 millions d’électeurs (53,5 % d’abstention) ont choisi de ne pas choisir. La politique dans son ensemble est bien malade comme s’il existait une fatalité dans la déception et plus grave une malédiction de la crédibilité. Au-delà de l’UMP, la débandade est générale.

Victime directe évidemment l’UMP et son général en Chef, Nicolas Sarkozy. La politique de l’autruche ne convainc personne, le désaveu est incontestable. A défaut d’une formation alternative à l’UMP, de nombreux électeurs de droite ont préféré rester chez eux, résignés à abandonner les régions à la gauche.

C’est aller un peu vite en besogne de tirer la conclusion que les Français ont trouvé que les présidents de région socialistes sortants ont été plus convaincants. Si le sentiment qu’ils avaient fait du bon travail était aussi réel un tel niveau d’abstention n’aurait pas été atteint. De façon plus basique, une majorité de Français ne connaît pas plus le nom de son président de région que les champs de compétence de celles-ci.

La vaguelette rose a submergé la digue de sable de l’UMP sur une plage bien déserte. C’est avant tout une victoire par défaut qui n’augure en rien d’une confiance retrouvée dans le discours du PS et surtout sa capacité à constituer une alternative dans la conduite du pays. La gauche se définit par le seul fait de ne pas être de droite, c’est un peu court.

L’enterrement de première classe du Modem coïncide avec l’enracinement relatif d’Europe Ecologie. Désorientés par un Nicolas Sarkozy adepte du hameçonnage d’idées ou de personnes de gauche, les Français ont trouvé encore plus déboussolé avec un responsable du Modem, François Bayrou, à la ligne politique illisible oscillant en permanence entre la droite et la gauche avec pour seul cap l’échéance de 2012.

Le grand écart c’est ce qui attend Europe Ecologie otage d’un PS qui n’entend pas changer sa façon de gouverner. Après avoir plébiscité l’apparence extérieure séduisante d’Europe Ecologie, les Français vont demander à soulever le capot pour voir le moteur. Ca s’annonce compliqué à l’image de Daniel Cohn Bendit qui derrière ses apparences de trublion s’est parfaitement coulé dans le parlementarisme européen et l’absence de remise en cause de l’orientation libérale de l’UE. Autant dire que les travaux pratiques seront intéressants à suivre. Le péril consisterait à décevoir ceux qui recherchent dans la voix écologique un nouveau rapport à la politique.

Absence d’alternative à droite en dehors du Front national, guère plus à gauche. L’échec du NPA malgré une crise censée stigmatiser le capitalisme est cuisant. Celui du Front de gauche est relatif. Il existe, certes, mais à un niveau qui ne lui permettra pas de peser sur l’orientation du PS et qui correspond peu ou prou à celui d’un PCF revisité. 

Le risque est évidemment que le microcosme de la politique continue à se couper du pays et ne soit pas en capacité d’appréhender et de traduire le profond malaise de la société française. Dans un registre qui pourrait s’apparenter à “ventre creux n’a pas d’oreilles“, Manuel Valls est l’un des rares politiques à avoir insisté sur le cancer qui ronge notre démocratie. 

 ”Nous avons tous les symptômes de la crise politique que nous connaissons depuis des années qui avait été mise entre parenthèses au moment de l’élection présidentielle de 2007“, “L’abstention massive, la remontée du Front national et une angoisse profonde, de l’inquiétude, de la rancoeur parfois, et qui se traduit par l’abstention ou éventuellement par le vote en faveur du Front national” a déclaré le député-maire d’Evry sur France-2.

Le danger est évidemment un raidissement du gouvernement dans une politique du fortin aussi bien à l’Elysée qu’à Matignon.

Inquiétant François Fillon, exécuteur des basses-œuvres de Nicolas Sarkozy qui hier soir jugeait que “la faible participation ne permet pas de tirer un enseignement national de ce scrutin“. Signe qu’aucune inflexion n’est à attendre de sa part, le premier ministre a estimé que l’abstention du premier tour montre que “les régions et leurs dirigeants n’ont pas trouvé leur place dans l’opinion“. Une occasion en or pour lancer le faire-part de décès des régions : “plus que jamais, la réforme et la simplification de notre organisation territoriale, que nous voulons avec le président de la République, sont nécessaires“. 

 

Moyenne des avis sur cet article :  4.64/5   (11 votes)




Réagissez à l'article

11 réactions à cet article    


  • ravachol 16 mars 2010 10:59

    On oublie les electeurs qui n’ont meme pas juge utile de s’inscrire sur les listes.
    D’apres les derniers recensements,il y a 50 millions de personnes majeures en france.


    • lord_volde lord_volde 16 mars 2010 12:08

      @ L’auteur
      Pourrais-tu nous faire un résumé ou une synthèse de cet article compendieux ?
      J’ai pas vraiment compris où tu voulais en venir !
      Je suis un adepte de l’abstentionnisme car je ne trouve aucunement mon compte entre les UMPS et leurs sattelites respectifs. Quand le jour tant attendu viendra et que l’absention atteindra des sommets inatteignables, c’est-à-dire, approximativement 80 %, le parti UMPS de la déroute et de la déconfiture tombera en lambeaux avec ses oripeaux et ses crapauds gominés. Viva l’insurrection qui vient. 


      • ddacoudre ddacoudre 16 mars 2010 12:08

        bonjour henry

        "Le risque est évidemment que le microcosme de la politique continue à se couper du pays et ne soit pas en capacité d’appréhender et de traduire le profond malaise de la société française"

        je suis bien d’accord, lien.http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=71628

        ce résultat été écrit d’avance il fallait aller le lire là CEVIPOF_Baro_principal.pdf (Objet application/pdf)

        cordialement.


        • geo63 16 mars 2010 13:20

          Bonjour,

          Comme dit précédemment : je n’ai pas vraiment compris où l’auteur voulait en venir.
          En particulier citer Manuel Valls ne me convainc pas. Celui-ci a une tendance à l’autoritarisme sec qui m’intrigue et me déplait, on peut même se demander s’il est si éloigné de Sarkozy ?

          L’abstention massive marque d’abord un désespoir des gens et/ ou une désespérance, comme on voudra. On retrouve la même attitude aux states où 50% (?) des gens ne votent jamais, la classe pauvre.

          Les Français retrouveront le chemin des urnes lorsqu’ils auront l’impression d’être englobés dans une aventure humaine où le respect prime, autrement dit ce n’est pas demain la veille. La médiocrité ambiante (médias notamment) risque d’en entraîner d’autres....


          • non666 non666 16 mars 2010 14:36

            Le salut a droite passe evidemment par une rupture profonde, claire et durable des solidarités des droites souverainistes et chretiennes democrates avec la droite liberale incarnée par l’UMP.

            Il va nous falloir boycotter systematiquement les medias des lobbyistes qui vendent de la mondialisation, du liberalisme sauvage sous couvert de plaidoyer pour la liberté d’entreprendre.

            Ce travail implique une reforme profonde de ces deux electorats distincts et une structuration.

            Il faut clairement  :
            1) Un pole souverainiste qui soit capable de rassembler tous les electeurs FN, Gaulliste, Villieriste , Megretiste et meme les Chevenementistes.
            A l’interieur il y aura des « motions » plus ou moins liberales ou plus ou moins Colbertistes.
            (pour l’economie)
            Il y aura surement aussi des clivages entre les « paiens » , les « cul-benis » , les « laiques ».
            Se compter, c’est pouvoir trancher en faveur d’une position dominante sur chaque theme et avoir au moins la satisfaction que la majorité de ses centres d’interets soient pris en compte.

            2) Un pole Chretien democrate
            Lui doit rassembler tout ce qui est social sans etre marxiste.
            Chretien democrates, chretiens sociaux, sociaux democrates  : il y a de quoi faire.


            Ces deux familles sont les DEUX familles dominantes de la droite française depuis toujours.
            Le reste c’est les liberaux et ils n’ont jamais pesé plus de 3,5 % en France.... sauf depuis Sarkozy et qu’ils ont pris l’apparence d’une droite « générique ».
            « La » droite unique vendue par les groupe media est donc une arnaque pour les deux familles dominantes qui la composent, car cela revient a donner tous les pouvoirs aux moins nombreux sous le pretexte qu’ils ont achetés les medias...

            Idem a gauche en realité.
            Qui a interet a avoir autand de chapelles trotskistes , communistes ou autres sinon les adeptes d’un bipartisme qui met tout en oeuvre pour organiser le monde selon les voeux de la Trilatérale ?


            • Voris 16 mars 2010 15:02

              A lire le titre, j’ai cru que ça parlait des « Victoires de la musique ». Mais non. Pourtant, ç’aurait pu.


              • le naif le naif 16 mars 2010 19:11

                Autisme feint

                Malgré les apparences, Fillon est pas assez intelligent pour comprendre dans quel merde il est et encore la crise ne nous a pas encore frappé de plein fouet comme d’autres pays.... il doivent avoir le trouillomètre à zéro au château et surtout, ils réalisent que le roi est nu, une étincelle et la situation peut leur échapper totalement... souvenez vous des émeutes en banlieue........


              • frédéric lyon 16 mars 2010 16:12

                « La faible participation ne permet pas de tirer un enseignement national de ce scrutin ».


                Cela parait difficilement contestable, d’autant plus que ceux dont le score a baissé par rapport au dernier scrutin comparable crient qu’ils ont gagné, tandis que ceux dont le score a augmenté sont déclaré battus !!

                les régions et leurs dirigeants n’ont pas trouvé leur place dans l’opinion

                Ben oui. Difficile de contester cela aussi. Si les électeurs s’intéressaient à ce qui se passe dans leurs assemblées régionales, ils se seraient déplacés en plus grand nombre.

                Cela parait logique !

                "plus que jamais, la réforme et la simplification de notre organisation territoriale, que nous voulons avec le président de la République, sont nécessaires“.

                Oui. Un seul vote pour tous ces échelons administratifs intermédiaires dont plus personne ne sait trop à quoi ils correspondent. Et un seul tour de scrutin. 



                • Pyrathome pyralene 16 mars 2010 18:13

                  plus que jamais, la réforme et la simplification de notre organisation territoriale, que nous voulons avec le président de la République, sont nécessaires“.

                  On perd alors on va changer le mode de scrutin.....propos honteux d’un traitre et d’un voyou !!
                  Cette racaille qui gouverne....oui , il faut « karchériser » !!! il est grand temps !!


                  • furio furio 16 mars 2010 23:26

                    Ce que les chiffres disent.

                    PREMIEREMENT. le FN ? où est la poussée (nauséeuse) ? en 2004 le fn faisait 3 564 059 votants en 2010 alors que l’électorat de ce parti a la qualité de « voter » (c’est bien la seule) nous sommes passés à 2 223 760 de 14,70 à 11.42. Où est l’avancée ?

                    DEUXIEMEMENT. Les forces de gauche rassemblaient 9 485 000 de voix soient 39.40% (PC,PS,VERTS,PRG,MPC)
                    Elles passent aujourd’hui à plus de 50.00% (verts, FdG, PS et alliés) et elles sont à peu stables en quantité de voix.

                    ALORS que l’UMP passe de de 8 179 000 voix à 5 066 000 voix


                    • resistance 16 mars 2010 23:33

                      En ce qui concerne François Bayrou, excusez-moi, mais vos arguments datent un peu ! 

                      Au moment des Municipales, c’est vrai, il y a eu des alliances Modem à droite et à gauche ; c’était en 2008, donc il y a deux ans ! Et puis il s’agissait d’un scrutin très local, et enfin, pour un parti du Centre, qui veut dépasser la politique des blocs, il ne devrait pas sembler extraordinaire de pouvoir s’allier avec la droite ou avec la gauche, dans la mesure où les équipes en place sont ouvertes et font du bon travail localement. Refuser de le comprendre, n’est-ce pas être singulièrement borné (euh, excusez-moi !)
                      L’an dernier, pour les Européennes, bien sûr, la question des Alliances ne se posait pas. Et cette année, je n’ai pas entendu parler de régions qui aient envisagé de s’allier à l’UMP. Ai-je manqué une information ? 

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès