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La démarche du MoDem (2) : une audacieuse mais nécessaire remise en cause de l’union de la gauche

Le bipartisme est-il une donnée intrinsèque, une conséquence mécanique des institutions, ou simplement, le résultat d’un processus politique qui n’est pas forcément définitif ? Seconde partie sur les conséquences.

Dans le premier article, nous avions cherché à cerner les causes de la bipolarisation du paysage politique français. Voyons-en maintenant les conséquences.


Conséquences de l’union de la gauche

L’union de la gauche a rendu très perplexes de nombreux centristes anti-gaullistes (notamment dans le Nord). Car ces derniers étaient aussi anti-communistes. Or, ils devaient maintenant choisir entre la gauche socialo-communiste ou l’autre camp (et donc, principalement gaulliste).

Cette union de la gauche est, à mon avis, la réelle cause de la bipolarisation du paysage politique français.

Prenez, par exemple, le sénateur-maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Dans le premier septennat de François Mitterrand, il était un opposant très ferme des socialistes. Comme adversaire malheureux de Gaston Defferre à la mairie de Marseille et comme président du groupe UDF à l’Assemblée nationale.

Pourtant, Jean-Claude Gaudin avait été élu la première fois conseiller municipal de Marseille à 25 ans sur la liste centriste… de Gaston Defferre, qui se situait au centre gauche, contre une liste UDR. Defferre a finalement accepté une alliance municipale avec les communistes (par discipline nationale) alors que Jean-Claude Gaudin l’a refusée.

Des socialistes menés par Max Lejeune avaient également refusé l’alliance avec les communistes et ont fondé ce qui allait devenir le PSD (plus tard dirigé par André Santini) qui se rassembla au sein de l’UDF (le PSD fusionna avec le CDS en 1995 pour former Force démocrate sous la houlette de François Bayrou).

Quant aux radicaux, ils se divisèrent en deux partis, les radicaux valoisiens actuellement dirigés par Jean-Louis Borloo (mais aussi André Rossinot et Laurent Hénart), et les radicaux de gauche (MRG puis PRG après la période Tapie-Kouchner) dirigés historiquement par Robert Fabre et maintenant par Jean-Marie Baylet et qui avaient fait le choix de l’union de la gauche.


Une division artificielle de la classe politique

L’union entre les socialistes et les communistes a divisé artificiellement une partie de la classe politique en deux ailes opposées.

On imagine aujourd’hui, en 2008, trente-six ans après le pacte conclu entre François Mitterrand, Georges Marchais et Robert Fabre, la totale incongruité doctrinale d’une telle division, et encore plus d’une union entre les socialistes qui veulent gouverner et les communistes réduits à s’opposer à tout.

Cette union a bien fonctionné pour le PS puisqu’il a récupéré la majeure partie de l’électorat, ce qui lui permet de prétendre gouverner. Mais les stéréotypes restent toujours archaïques. C’est sans doute l’enjeu du prochain congrès du PS à Reims.


Le Sénat toujours de droite ?

Les conséquences de cette bipolarisation, c’est aussi cette prétendue impossible alternance au sein du Sénat. Pourtant, le candidat le mieux placer pour devenir le président du Sénat craint lui-même que la gauche ne gagne en 2011 la majorité. Ce risque est sans doute plus fort pour 2014, mais il est clair avec la réduction du mandat sénatorial de neuf à six ans, et le renouvellement par moitié du Sénat et plus par tiers va brusquer un peu la traditionnelle continuité sénatoriale et va rendre plus directement dépendante la composition de la haute assemblée aux résultats des élections municipales (qui furent un succès pour la gauche en mars 2008).

En fait, le Sénat a toujours été une instance en dehors de cette bipolarisation. Pour preuve, les sénateurs issus de l’ancienne UDF (celle d’avant 1998) étaient dispersés dans au moins trois groupes politiques (Union centriste, Républicains indépendants et RDSE-Gauche démocratique). Jusqu’aux années 1990, les gaullistes ne constituaient qu’un groupe partenaire sans grande influence. La preuve, d’ailleurs, étant l’étiquette politique du président du Sénat : Alain Poher et René Monory, de 1968 à 1998, provenaient du Centre démocrate, puis CDS, l’aile la plus à gauche de l’UDF.

En 1992, Charles Pasqua n’avait pas réussi son OPA sur le Sénat, mais, finalement, Christian Poncelet y parvint en 1998. Et aujourd’hui, on n’imagine pas le prochain président du Sénat en dehors de l’UMP.

Pourtant, au début de la Ve République et jusqu’en 1981, le Sénat était surtout anti-gaulliste, et ce fut sous l’impulsion de Jacques Chirac, prenant le leadership de l’opposition après 1981, que le RPR et l’UDF furent des partenaires très liés. Le Sénat devint une chambre d’opposition très dure contre les gouvernements socialistes, mettant en échec en août 1984 le fameux référendum sur le référendum de Mitterrand.


Pourquoi y a-t-il encore des alliances socialo-communistes ?

Aujourd’hui, les socialistes sont déboussolés, car ils ne voient plus l’intérêt de continuer une union de la gauche qui n’a même plus d’efficacité électorale (les communistes ne représentant plus grand-chose).

C’est là l’intérêt de la démarche du MoDem, celle de trouver une voie entre une UMP vaguement libérale (qui n’est plus guère gaulliste) et un PS sclérosé par les archaïsmes du passé.

C’est une démarche audacieuse car elle rompt avec trente-six ans d’habitudes politiques et de pratiques électorales. Mais elle n’est pas déraisonnable dans le sens où elle n’est pas incompatible avec les institutions actuelles.

Au contraire, le MoDem pourrait s’installer confortablement dans ces institutions en reprenant le rôle de premier parti s’opposant à l’UMP (même si le MoDem ne rejette pas la possibilité de transfert de certains membres de l’UMP à lui).

Si les socialistes étaient malins en novembre prochain, ils arrêteraient cette marche bayrouïste en proclamant l’anti-union de la gauche, quitte à perdre quelques plumes au passage, pour ensuite reprendre à leur compte la démarche du MoDem.


Et c’est parce qu’il est convaincu qu’ils ne le feront pas que François Bayrou croit qu’il a une chance sérieuse en 2012 dans une élection pourtant bipolaire.

La modernité, c’est de faire évoluer la bipolarisation vers une segmentation qui aurait enfin, en 2008, une véritable signification politique.


Aussi sur le blog.

Sylvain Rakotoarison (17 septembre 2008)


Pour aller plus loin :

Bayrou contre la bipolarisation (vidéo).

Documents joints à cet article

La démarche du MoDem (2) : une audacieuse mais nécessaire remise en cause de l'union de la gauche La démarche du MoDem (2) : une audacieuse mais nécessaire remise en cause de l'union de la gauche

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33 réactions à cet article    


  • Keravel Keravel 18 septembre 2008 11:05

    BRAVO ! Observateur de la vie politique française depuis ... longtemps, ancien élève de sciences po, j’ai très rarement lu une série de deux articles aussi brillante ! On survole de très haut les banalités habituelles que l’on peut lire sur divers supports soit disant éclairés. L’analyse est fine et pertinente, le style est simple et accessible. 


    • Jean-Paul Doguet 18 septembre 2008 12:40

      Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, le diagnostic de l’auteur est superficiel, faux et confus. Il ne voit pas que l’Union de la gauche n’était qu’un réponse au mode de scrutin imposé par les institutions, et nullement la cause du bipartisme et que sans union de la gauche il n’y aurait eu aucune alternance politique en France tout simplement parce que le centre droit ne voyait pas l’utilité de s’allier aux Socialistes. Il ya eu une époque où le mode de scrutin rendait cela possible, c’était la 4e République et ses figures de "Troisième force". Mais maintenant c’est terminé. 


    • posteriori 18 septembre 2008 11:15

      rotomachin ton champion c’est de la merde, il a fait volontairement élire sarkozy (ex : crier sur tous les toits que 2 candidats s’accaparent les médias en oubliant de préciser qu’ils sont à la main de l’un pour lyncher l’autre), donc maintenant qu’il vienne pas nous pondre ses gnagnagna sans saveur habituels.
      Le modem est un appareillât controlé pas sarko pour etre élu encore une fois, y a que les crétins du modem 56k qui sont incapables de s’en rendre compte...

      La gauche t emmerde et la droite te la met bien profond ; reste avec beniouioui de sarko c’est bien là qu’est ta place.


      • Christopher Lienard Christopher Lienard 18 septembre 2008 11:17

        En lisant ceci, je me dis que la raison pour laquelle l’UMP ait plutôt bien réussi ces dernières années tiens au fait qu’il est à sa place dans le champ politique. Aligné derrière un seul homme peut-être, mais qui représente plutôt bien l’idéologie de droite (sauf, et c’est noter, pour les gaullistes, en matière de politique étrangère, qui ne peuvent cautionner que la France devienne un vassal des USA mais jusqu’à présent ils n’ont pas réagit).

        En gros, l’UMP est à sa place et représente quelque chose d’assez bien défini et compréhensible. A l’opposé, la gauche et le centre sont en désarroi parce que soit ils sont divisés, soit ils forment des alliances qui ne reposent sur rien de concret.

        Comme l’explique l’auteur, la scène politique aurait besoin d’un "coup de balais", c’est à dire d’une remise en cause des lignes actuelles, afin que des projets lisibles et porteurs d’une idéologie forte émergent du marasme de la gauche et du centre (de l’extrême gauche au centre-droit).

        On peut imaginer un pôle de gauche "radicale" qui rassemblerait les partisans de Besancenot et ceux du PS les plus à gauche, et un pôle social-démocrate rassemblant l’autre partie du PS et les démocrates du centre, du centre-droit ou d’ailleurs.

        Je pense que les deux pôles ainsi constitués auraient plus de poids devant les électeurs face au pôle UMP, parce qu’ils auraient davantage de cohérence que les jeux d’alliances et autres "synthèses" actuelles, et cela améliorerait peut-être le débat public. Ce qui pour moi donne raison à la démarche de François Bayrou.


        • Amadeus 18 septembre 2008 20:27

          En politique le terme "Radical" est l’opposé des extrêmes, c’est une subtilité propre au langage politicien, mais les radicaux de gauche (PRG) comme de droite sont proches du centre. En l’utilisant comme vous le faites, vous entretenez la confusion.
          C’est sans doute ce qui explique que l’appel aux alliances larges de Francois Bayrou qui s’adressait aux radicaux et aux gaullistes, ce soit traduit dans la presse et dans l’esprit de certains militants, comme un changement d’orientation et une incompréhension totale. C’est aussi pour cette raison qu’une partie de la droite le trouve trop à gauche et une partie de la gauche trop à droite. Le Modem veut se situer au centre, c’est tout.


        • beubeuh 23 septembre 2008 15:31

          "l’UMP est à sa place"... je suis un peu sceptique. La caractéristique de Sarkozy, c’est aussi de bouffer à tous les rateliers : un Hortefeux pour faire plaisir aux lepénistes, une Lagarde pour les libéraux, une Boutin pour les cathos, une MAM pour les chiraquiens (si, si, ça existe encore !), des Hirsch, Kouchner, Borloo pour les centristes, etc. Tout cela ne tient que parce que le système autocratique mis en place par Sarko pour contrôler sa majorité est redoutable d’efficacité et que c’est le roi seul qui décide de l’attribution des rôles et des fiefs. Il ne faut pas croire que la cohérence de l’UMP soit beaucoup plus forte que celle du PS, tout ce petit monde n’attendant qu’un signe de faiblesse du chef pour s’étriper joyeusement - et ce sera d’autant plus tentant que l’opposition est dans les choux.


        • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 11:33

          Ce qui serait le pire, c’est que l’union de la gauche se reforme et qu’en plus elle présente un candidat unitaire capable de gagner en 2012. Car le MoDem serait alors obligé de faire bloc avec l’UMP contre cette union de la gauche qui incluerait des idéologies que le MoDem ne partage pas du tout (communisme, trotskisme, anarchisme, anti capitalisme primaire...). Je crains que Sarkozy ne recherche cette situation en valorisant Besancenot et en aidant le PS à éclater...

          Ce serait un sale coup pour la démocratie car les Démocrates, par leur positionnement humaniste, modéré et ouvert au débat large, représentent une alternative au bipartisme.

          La seule parade en ce cas, et pour préserver l’avenir de notre démocraite, serait, me semble-t-il, une alliance solide entre MoDem et PS.


          • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 11:34

            Enfin avec une partie du PS, ceux qui ne se seront pas alliés à l’extrême-gauche.


          • Jean-Paul Doguet 18 septembre 2008 12:44

            Les "démocrates" qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est un terme très vague qui ne renvoie pas à une vraie famille politique inscrite dans la continuité de l’histoire politique française. L’électorat de Bayrou est volatile. Son ciment est NEGATIF et réunit en réalité des gens qui ne veulent pas des socialistes et n’aiment pas sarkozy. C’est tout et ça ne va pas loin, ça ne tient lieu ni de projet, ni d’idéologie. Il faut revenir au réel et comprendre que Bayrou n’est rien ou si peu, même si ses qualités sont réelles.


          • Massilia 18 septembre 2008 13:09

            "qui ne renvoie pas à une vraie famille politique inscrite dans la continuité de l’histoire politique française."

            Encore heureux, le principe même du MODEM étant de rompre avec la continuité stérile dans l’organisation du pouvoir de ces 20 dernières années.

            "Son ciment est NEGATIF et réunit en réalité des gens qui ne veulent pas des socialistes et n’aiment pas sarkozy."

            Ou pas...certes ca représente une certaine partie de son électorat (on ne peux pas le nier), mais la très grande majorité sont des gens qui comme moi n’arrivait pas à rentrer dans le moule réducteur droite/gauche...


          • Christopher Lienard Christopher Lienard 18 septembre 2008 13:24

            Pour moi le mot démocrate représente une conception de la politique.

            Être Démocrate c’est chercher à impliquer au maximum les citoyens dans la vie publique, en cherchant à développer leur conscience et à leur responsabilité plutôt que chercher à obtenir leur voix par le biais de la démagogie ou du clientélisme.

            Cela implique d’élever l’éducation au rang de grande priorité, et surtout en ce qui concerne son rôle d’apprendre à réfléchir et à juger par soi même des choses, d’élever la conscience des élèves (et de l’ensemble des citoyens).
            Cela implique aussi de chercher à faire évoluer les institutions pour qu’elles portent davantage la voix du peuple,

            - en le représentant mieux (proportionnelle, non-cumul des mandats...),

            - en l’impliquant davantage dans les choix qui sont fait (développement du dialogue entre le monde politique et les citoyens, valorisation des mouvements associatifs...),

            - en respectant et en tenant compte des opinions minoritaires (la démocratie pour moi ce n’est pas par exemple s’asseoir sur les préoccupations de 47% de la population parce qu’ils sont minoritaires),

            - en améliorant la séparation des pouvoirs, qui aujourd’hui pour une démocratie exemplaire laisse quelque peu à désirer sur le plan judiciaire et médiatique notamment, mais aussi sur le plan législatif ou ou parlement qui représenterait mieux le peuple ne doit pas être réduit à une simple chambre d’enregistrement,

            - en empêchant qu’un seul homme fût-il président puisse nommer lui même la plupart des dirigeants des organes de contrôle et de régulation et plus largement concentrer entre ses mains de trop grands pouvoirs.

            Cela implique enfin une transparence totale dans les décisions qui sont prises, un discours de vérité qui fait appel à la responsabilité de chacun (dette, Europe, développement durable...)

            Le démocrate ambitionne de mettre en oeuvre des idées de bon sens, efficace et juste, quelque soit l’idéologie à laquelle on peut les associer.

            Enfin, quand la gauche veut mettre l’Etat au coeur du système et que la droite veut mettre le profit, l’argent au coeur du système les démocrates veulent que ce soit l’Homme qui soit pris en considération, son épanouissement et non pas une idéologie économique quelconque.

            Voilà en résumé ce que signifie pour moi, démocrate.


          • Jean-Paul Doguet 18 septembre 2008 13:30

            Vous dîtes "encore heureux". Vous ne comprenez pas que pour pouvoir exister il faut s’inscrire dans une histoire. Celle de Bayrou est à la rigueur celle de la maigrichonne démocratie chrétienne française. 
            Vous dîtes que vous n’arrivez pas à vous reconnaître dans les autres forces. Cela confirme ce que je dis. Vous n’avez pas de raison POSITIVE d’être au MODEM.


          • Massilia 18 septembre 2008 14:17

            He bien si justement si ca n’avait été qu’un parti de plus sans intérêt je ne m’y serai pas plus reconnu. La démarche est positive, je crois vraiment en ce que ce parti représente.

            Quand à votre théorie "ce qui n’a pas existé avant ne peux pas exister maintenant", je vous invite à consulter la définition du mot "innovation", celà devrait vous éclairer...


          • vivelecentre 18 septembre 2008 15:09

            ""et si bla bla bla(...)le MoDem serait alors obligé de faire bloc avec l’UMP ""

            aveux d’opportunisme politique la Taverne ? vous avez enfin compris le machiavelisme politicien de votre idole ?
            Il est temps !!


          • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 15:38

            à vivelecentre : vous trouveriez sans doute plus normal que le MoDem se lie avec l’extrême-gauche !!! (je veux dire : au travers d’une alliance avec le PS, lui même allié aux ultras par une union de la gauche) Pour moi c’est clair : si le MoDem fait alliance (ou épouse les idées de...) avec le Front national ou avec le front anti-capitaliste, je quitte le parti. Mais je sais que cela n’arrivera jamais car se ne serait pas en cohérence avec les convictions démocrates.


          • Jean-Paul Doguet 18 septembre 2008 18:20

            @massilia

            Notez bien que je n’ai JAMAIS dit :ce qui n’a pas existé avant ne peux pas exister maintenant, ce qui serait absurde et reviendrait effectivement à nier la nouveauté. Je dis autrechose : que dans le paysage politique la nouveauté ne peut jamais être absolue et doit d’une façon ou d’une autre s’ancrer dans une histoire. D’ailleurs soyons honnête : où est la nouveauté chez Bayrou ? Où est l’innovation dans son humanisme patelin qui est la copie conforme du discours du défunt MRP ? C’est un démocrate-chrétien qui n’ose pas dire son nom. Cette tradition politique a connu son âge d’or sous la Quatrième République avant de décliner et de se marginaliser. Rien ne permet de penser qu’eelle ait en France un avenir sérieux


          • oncle archibald 18 septembre 2008 11:45

            Ce qui va peut être surprendre toute la classe politique c’est la volonté des électeurs d’avoir la possibilité de se choisir un avenir plutôt que de continuer à voter par habitude. Les grandes manœuvres électorales nous avons pu en apprécier les limites lorsque le gouvernement d’union de la gauche a mis en œuvre une politique d’austérité et maintenant, lorsque nous voyons ce qu’est la réalité d’une politique ultra-libérale qui se cachait derrière un slogan racoleur.

            Les électeurs qui en ont marre des promesses électorales irréalistes, inévitables dans un contexte de bipolarisation artificielle de la vie publique, vont peut être arriver à casser cette mécanique plus ou moins bien huilée qui nous oblige depuis des décennies à voter pour celui que nous pensons le moins pire.


            • Viv 18 septembre 2008 12:38

              Je pense que les prochaines élection présidentielles seront très intéressantes, et que ça va s’organiser en 5 blocs clairement définis :

              - Le NPA et l’extrême-gauche, que je vois bien s’unir pour une fois. Les communistes doivent se résoudre à les rejoindre (ou à continuer de mourrir à petit feu), car désormais le PS chasse à sa droite, et n’a pas d’intérêt à essayer de grapiller des parts à sa gauche, qui iront naturellement vers le NPA. Anti-mondialisation, pauvreté, financiarisation de l’économie et crise économique financière seront leurs sujets phares.

              - Le PS, qui va bien réussir à s’organiser et à faire bloc (faut y croire, quand même !) en chassant, comme dit plus haut, vers son centre. Espérons pour ce parti qu’il n’y aura pas de guerre des chefs, de petites phrases...etc.

              - Le MoDem, force montante centriste, avec bien sûr notre ami François. Espérons qu’il conserve des idées comme les 2 emplois sans charges, et qu’il appuie sur le côté "développement durable" que l’on sent dans son discours politique.
              Il récupérera certainement les déçus du PS et de leurs guéguerres internes (surtout si elle continuent !) et les déçus du sarkozysme (cad tout le reste du pays en fait...).
              Je donne donc de bonnes chances à François Bayrou. Il brille par ses analyses et son opposition argumentée sur les concepts, tout en laissant petit à petit et judicieusement arriver sur la scène politique ses lieutenants (Peyrelevade...) qui font des propositions.

              - L’UMP. Il y a fort à parier que Sarko va réussir à se relever, et à faire croire à tout le monde que son bilan est excellentissime (en choisissant soigneusement ses chiffres). Il va s’appuyer aussi sur le fait qu’il a été le seul actif depuis 25 ans. Ses arguments :
              > Avec moi, ça a bougé, pas avec la gauche
              > J’ai réformé le pays
              > J’ai fais ce que j’ai dis et dis ce que j’ai fais
              > Il y a eu la période de crise, et la France s’est bien comportée grâce à moi
              > Le RSA, les étudiants (le bon travail de Valérie Pécresse), le Grenelle de l’Environnement (inutile, mais quand même !)...etc
              Mais j’ai peur pour lui que la majorité des gens se disent "mouais, il a fait des trucs, mais il nous a gonflé quand même !"

              - Le FN, mené par Marine (joli prénom, je trouve !), qui va tenter de rendre "fréquentable" son parti, en renforçant la vision économique et en s’appuyant sur l’anti-européanisme et la pauvreté grandissante en France liée à la mondialisation, pour prouver que le nationalisme est bon pour le pays. On peut parier que l’immigration et la sécurité ne sera plus le cheval de bataille du FN, ou tout du moins pas plus que de l’UMP !

              Bref, une belle bataille en perspective. Vivement 2012 !

              ++


              • Voltaire Voltaire 19 septembre 2008 12:59

                Bonne analyse. Je pense juste que l’extrême gauche ne sera pas unie, mais cela n’aura guère d’importance car LO et PC seront très bas. Par contre, il y a une inconnue avec les Verts, en fonction de leur orientation (antilibérale ou gauche modérée) et de leurs divisions.


              • beubeuh 23 septembre 2008 15:24

                Je remarque d’ailleurs que la liste des Verts menée par Cohn-Bendit aux européennes de 2009 se positionne comme un concurrent direct du Modem, du moins chez l’électorat de gauche.


              • morice morice 18 septembre 2008 13:15

                Si Bayrou est audacieux ou va-t-on ? Les records de sommeil de Raymond Barre à l’assemblée n’ont plus qu’à bien se tenir... décidément, Sylvain, votre droitisme vous égare... allez, on vous laisse avec votre idole : « En 1992, Charles Pasqua n’avait pas réussi son OPA sur le Sénat, mais, finalement, Christian Poncelet y parvint en 1998 »...


                • morice morice 18 septembre 2008 13:17

                  Si les socialistes étaient malins en novembre prochain, ils arrêteraient cette marche bayrouïste en proclamant l’anti-union de la gauche, quitte à perdre quelques plumes au passage, pour ensuite reprendre à leur compte la démarche du MoDem.

                  ils le sont : ils savent très bien gérer la cacophonie.... au fait, un recentrage blairiste, c’était pas DEJA ce que proposait... ROYAL ???


                • posteriori 18 septembre 2008 13:39

                  C’est deja pas mal, il vient enfin de comprendre les mots que lui disait royal entre les 2 tours de l’élection présidentielle, c’est bien les gens du modem, on se bouge, on se bouge, qu’on puissent presenter des candidats aux municipales de 2008 avant l’été.


                  • oncle archibald 18 septembre 2008 14:25

                    Sur que ca n’est pas facile de définir un parti de gauche ... il y a tellement de gauches... En revanche il est très facile de classer le parti qui soutient Sarkozy, il est clairement ultralibéral et américaniste puisqu’il atténue l’impôt des familles les plus favorisées et se soumet totalement à la politique étrangère des USA.

                    Je pense qu’il y a une majorité en France qui ne veut ni du communisme, ni de la gabegie, ni de la politique de Sarkozy. Que l’on classe ces électeurs la au centre ou à gauche n’a pas vraiment beaucoup d’importance dans la mesure ou ils souhaitent en gros la même chose.


                  • frédéric lyon 18 septembre 2008 15:56

                    François Bayrou est un homme politique sans envergure ainsi qu’un vieux cheval de retour, pour couronner le tout.

                    Il espère donner vie à un "Centre" que Giscard, Barre, et bien d’autres avant, eux n’ont jamais pu rassembler et retenir derrière eux, car les électeurs du Centre, ce sont tous ceux qui ne votent pas à Droite au premier tour, mais au second !

                    Autant dire qu’avec ça Bayrou n’ira pas loin. En tous cas il n’ira pas plus loin que le premier tour.

                    Le vote majoritaire à deux tours a été adopté pour empêcher les combinaisons d’appareils de la quatrième République, c’est à dire pour contraindre l’électeur à faire un choix clair au second tour.

                    Ceci dans le but d’éviter l’élection des magouilleurs (en tête desquels on retrouve toujours les élus centristes) qui abusent de leur position d’arbitre lorsque les électeurs ne désignent pas des majorités claires, à Gauche ou à Droite.

                    En contraignant l’électeur à choisir au second tour, le plus souvent entre la Gauche et la Droite, on évite l’élection des magouilleurs du Centre qui ne pourront plus ainsi jouer le rôle de "Parti charnière" à l’Assemblée Nationale.

                    Le système a parfaitement fonctionné lors des dernières élections générales en France, puisqu’on a bien vu que Bayrou, qui a bénéficié d’un ras-le-bol momentané des électeurs de Gauche au premier tour de la Présidentielle, et qu’ensuite son parti s’est fait rétamé aux législatives, comme le scrutin majoritaire à deux tours le laissait prévoir.

                    Pour que le parti du Centre ait une chance il faudrait que l’on retourne à la quatrième République, ce qui ne tentera personne en France, SURTOUT dans la classe politique, A DROITE COMME A GAUCHE, puisqu’ils ont tous pu constater que le système leur permettait d’arriver au pouvoir, LES UNS COMME LES AUTRES, sans avoir à passer d’alliance à l’Assemblée avec un crétin du genre de Français Bayrou.

                    Et ceci bien que ni la Gauche ni la Droite ne soient majoritaires en voix dans le pays. 

                    Le nom du scrutin dit exactement ce qu’il veut dire : on l’appelle "scrutin majoritaire" parce qu’il permet de sortir une majorité directement des urnes et non des combinaisons de partis dont on a vu les malhonnêtetés et les turpitudes avant 1958.

                    Si la Droite était un peu maligne aujourd’hui elle réintroduirait une dose de proportionnelle dans le scrutin en gardant la base majoritaire, une dose soigneusement calculée de façon à emmerder la Gauche.

                    Car Bayrou mord sans doute plus largement sur l’électorat de Gauche que sur celui de Droite.
                     
                    Et car la Droite est légèrement plus importante que la Gauche et obtient plus de sièges dès le premier tour

                    Une dose de proportionnelle aurait donc sans doute pour effet d’empêcher la Gauche d’obtenir toute seule une majorité à l’Assemblée Nationale.

                    On verra si les stratèges de l’UMP iront jusque là !


                    • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 16:05

                      "Il espère donner vie à un "Centre" que Giscard, Barre, et bien d’autres avant, eux n’ont jamais pu rassembler et retenir derrière eux" : alors s’il réussit, vous n’en reconnaîtrez que mieux ses mérites ? smiley


                    • oncle archibald 18 septembre 2008 16:39

                      Monsieur Lyon, j’ai apprécié vos commentaires, sauf l’inutile épithète de crétin que vous n’avez pas su retenir pour qualifier un homme qui ne parait pas du tout en être un.

                      Je pense que vous analysez le passé et zappez les changements profonds intervenus dans l’opinion des électeurs qui en ont marre de ne pas se retrouver représentés. Etes vous bien sûr qu’à ce jour la droite soit plus importante que la gauche et que ceux qui votent au centre soient les mêmes que du temps de Giscard ? Et pourquoi qualifier les élus du centre de magouilleurs ? L’alliance de Mitterand et des communistes n’était pas une magouille ? Les députés communistes actuellement présents à l’assemblée ne le sont-ils pas à la suite de tractations sordides dans le dos des électeurs ?

                      Il ne suffit pas pour que les choix soient clairs qu’ils éliminent les candidats du centre du deuxième tour et j’espere que ce que vous souhaitez ne se produira pas.


                    • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 16:46

                      "la correspondance des mots aux choses" a disparu depuis longtemps : les socialistes français n’ont jamais été socialistes. Mais ils n’ont pas encore tiré la leçon de cette non correspondance des mots aux choses. Ils continuent de se croire les porte-parole uniques du petit peuple. C’est un tort.


                    • frédéric lyon 18 septembre 2008 16:55

                      D’oncle Archibald :

                      "Et pourquoi qualifier les élus du centre de magouilleurs ? L’alliance de Mitterand et des communistes n’était pas une magouille ? Les députés communistes actuellement présents à l’assemblée ne le sont-ils pas à la suite de tractations sordides dans le dos des électeurs ?"

                      .............

                      En effet vous avez raison. Et l’épithète "magouilleur" pourrait s’appliquer aux uns comme aux autres.

                      J’appelle "magouille" une combinaison organisé entre les partis après l’élection. Le mot est peut être un peu fort, mais on a vu tant de revirement et de changement de majorité décidé par des tractations de couloir à l’Assemblée lors de la quatrième République que le terme se comprend quand même.

                      Le scrutin majoritaire à deux tours permet d’éviter tout celà, en obligeant l’électeur à faire un choix lui même lors du second tour.

                      Comme on l’a dit : "Au premier tour on choisit, au second tour on élimine".

                      Celà me semble plus sain, car si j’ai dit que la Droite et la Gauche ne sont pas majoritaires en voix, je voulais parler du premier tour, bien sûr. Car au second tour, il faut que l’une ou l’autre dispose d’une majorité en voix, même si c’est une majorité que l’on tire au forceps.

                      C’est plus honnête que le scrutin proportionnel, me semble-t-il.

                      Quant au qualificatif que j’ai accolé à François Bayrou, il est déplacé et n’apporte rien au débat, j’en convient et je le retire.


                      • oncle archibald 18 septembre 2008 18:00

                        @ Mr Lyon : tout à fait d’accord avec vous pour ne pas revenir à la quatrième et à ses gouvernements qui dépendaient du bon vouloir de quelques députés. Ce que je veux dire c’est que le choix du deuxième tour de la présidentielle peut inclure un homme qui se réclame du centre, ce que ni la droite actuelle ni la gauche ne veulent envisager sans hurler aux risques de magouilles.

                        Les politiques de droite ou de gauche qui ont été pratiquées jusqu’à l’avènement de Sarkozy ressemblaient fort à des politiques de « centre droit » ou de « centre gauche » en alternance. A l’heure actuelle on a un parti unique de droite qui soutient une politique ultralibérale et américaniste, un centre qui espère pouvoir être pragmatique et une gauche qui n’ose pas dire ce qu’elle souhaite tant elle a peur de perdre une partie de ses électeurs.

                        Une alliance annoncée avant l’élection législative entre un parti du centre et un parti de la droite modérée ou un parti socialiste libéral anticommuniste ne me paraîtraitrait en aucun cas une magouille et casserait le bipartisme sans revenir aux pratiques de la quatrième république. Et puis dans la constitution de la cinquième, le Président reste maître du jeu. Il peut dissoudre une assemblée qui magouille et demander aux électeurs de lui donner une autre majorité ou de le désavouer. J’en veux encore à Mitterand d’avoir inventé la cohabitation, si contraire à l’esprit de la cinquième que souhaitait le général de Gaulle ! Si ca n’était pas une magouille ce tour de passe-passe c’était quoi ?


                      • samedi 18 septembre 2008 17:40

                        Et puis, s’il était malin, le PS changerait de nom et s’appellerait Modem c’est ça ?

                        Sinon, plus sérieusement je pense qu’en effet le PS aurait dû envoyer sur les roses les alliances pipeau avec ses partis satellites dont au moins un est devenu incertain, le PRG. En tout cas, en local on travaille pour éliminer les sangsues. Je crois que progressivement, à mesure que le PCF aura moins d’élus, le PS sera plus fort et pourra s’imposer définitivement sur ce qui le gêne encore à sa droite.

                        Mais au juste, que fera-t-il de cette marge acquise ? C’est ce que vous ne nous dites pas. Ce n’est pas le tout d’avoir des avis sur tout, faut-il encore savoir qu’en faire à part enfiler des perles.


                        • frédéric lyon 18 septembre 2008 19:40

                          D’oncle Archibald :

                          J’en veux encore à Mitterand d’avoir inventé la cohabitation, si contraire à l’esprit de la cinquième que souhaitait le général de Gaulle ! Si ca n’était pas une magouille ce tour de passe-passe c’était quoi ?

                          ......................

                          Tout à fait d’accord, sauf que la cohabitation devrait être une chose naturelle et organisée par la Constittion, contrairement à cette cohabitation décidée en catastrophe pour faire face, tant bien que mal, à la souveraineté du peuple et à ses décisions.

                          Je vais vous faire bondir, peut-être, mais je suis partisan de la Constitution Américaine et donc partisan de supprimer le droit de dissoudre l’Assemblée et le droit de renverser le gouvernement.

                          Dans la Constitution Américaine, l’Exécutif fait l’objet d’une élection (l’élection Présidentielle) et le Législatif fait l’objet d’une seconde élection (l’élection Sénatoriale) et le peuple américain, qui est souverain comme tous les peuples en démocratie, a parfaitement le droit de choisir un Sénat Démocrate et un Président Républicain, ou inversement. Ni le Sénat, ni le Président n’ont le pouvoir de renverser le résultat du suffrage universel.

                          Pourquoi disposeraient-ils de ce pouvoir ?

                          A quoi cela ressemble-t-il de dissoudre l’Assemblée et d’écourter un mandat que le peuple a voulu confier pour une durée déterminée à la majorité de son choix ?

                          On demande ainsi au peuple de se désavouer, en violant le mandat qu’il a confié à qui il a voulu ,pour une durée précise. Est-ce normal ?

                          Idem pour le droit de renverser le gouvernement, pourquoi le Législateur, dont le métier est de faire la Loi, a-t-il le droit de renverser l’Exécutif, si celui-ci a été choisi directement par les électeurs ?

                          De quoi se mêle-t-il ?

                          La cohabitation serait ainsi prévue expressément par la Constitution comme une chose qui peut arriver et les partis seraient obligé de passer des compromis. La vie politique française serait plus civilisée à mon avis. 


                          • Tintin Tintin 19 septembre 2008 00:49

                            Une rupture du PS avec l’extrême gauche signerait effectivement la fin du MoDem, mais je vois plusieurs raisons pour que ca ne se produise pas :

                            * la peur de perdre une partie de l’électorat du PS au profit du NPA.
                            * la facilité du recours a la démagogie vs la difficulté de faire de la pédagogie (surtout quand il y a un déficit d’idées).
                            * l’incapacité de définir un cap en interne a cause de divergences philosophiques.
                            * l’immaturité de l’opinion facilement manœuvrable avec des épouvantails (TCE, mondialisation).
                            * enfin il faudrait un premier secrétaire ayant des c... ...beaucoup de charisme.

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