Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > La démocratie a-t-elle besoin de chefs ?

La démocratie a-t-elle besoin de chefs ?

On peut également se poser une autre question : le Français a-t-il besoin de chefs ?

Par définition, la démocratie est le régime politique dans lequel le peuple est souverain.

Selon la célèbre formule d’Abraham Lincoln[1], la démocratie est « le gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple ».

Si la question avait été « de quels chefs la démocratie a-t-elle besoin ? », elle aurait implicitement affirmé qu’une démocratie a besoin de chefs pour la diriger. Or, c’est précisément cette affirmation que j’interroge.

JPEG - 78.4 ko
Le chef
Vous êtes avec moi ? Oui chef !

On parle de démocratie représentative, parlementaire, participative, libérale, autoritaire, politique, chrétienne, islamique, etc. J’en ai recensé plus d’une douzaine[2]. Aucun de ces oxymores ne répond à la définition étymologique d’une démocratie. Chacun correspond à un détournement du langage pour désigner une pseudo-démocratie, démontrant les tromperies auxquelles se sont livrés les candidats au pouvoir pour maintenir les peuples dans la soumission.

En contre point, l’expression démocratie directe est un pléonasme qui insiste sur la définition étymologique[3].

Définition du mot démocratie selon le CNTRL[4] : régime politique, système de gouvernement dans lequel le pouvoir est exercé par le peuple, par l’ensemble des citoyens.

Loin de moi l’idée de démontrer dans ce très court billet la thèse du chef indispensable à la démocratie, pas plus que son antithèse. Certes, si l’on s’en tient à la définition stricto sensu de la démocratie, on serait tenté de dire que non seulement la démocratie n’a pas besoin de chef, mais qu’elle exclut l’idée même d’un chef. Mon intention est ailleurs : soumettre mon questionnement au lecteur d’AgoraVox, pour tenter de comprendre le paradoxe de notre Ve république en ce début du XXIe siècle.

Voici donc les questions auxquelles je cherche des réponses :

· Et si le peuple de France ne veut pas s’autogouverner ?

· S’il veut qu’un chef se charge de le gouverner ?

· N’est-ce pas paradoxal de revendiquer la démocratie, et en même temps exiger le pouvoir infaillible d’un chef, par ailleurs pas tout à fait souverain ?

· N’est-ce pas paradoxal d’attendre de ce chef qu’il sache mieux que le peuple ce qui est bon pour le peuple ?

· Si le Français ne peut pas se passer de chefs, la constitution ne devrait-elle pas prévoir la révocation légitime de ces chefs par le peuple, plutôt que d’être obligé d’en passer par la violence ?

Ces questions nourrissent mes pensées alors que, après des siècles de royauté théocratique suivis en 1789 d’une révolution républicaine, le Français semble étrangement toujours en quête d’un souverain idéal, infaillible, qui lui dicterait les « bonnes lois », celles qui garantissent l’égalité, la sécurité, et la liberté… Et voilà le paradoxe du citoyen français : ma liberté me sera dictée par le chef suprême, incontestable, puisque désigné par 50% des suffrages exprimés, c’est-à-dire actuellement, compte tenu des abstentions et des votes blancs, par un tiers des Français [adultes].

En m’appuyant sur l’étude de la psychologie des foules de Gustave Le Bon[5], je reprends une idée que j’ai lue ici dans un récent billet sous la plume de Loup Rebel : « Le peuple est comme un enfant qui recherche la protection d’un père, tout en aspirant à échapper à l’autorité qui restreint sa liberté ». Les réactions furent assez enflammées, autant du côté des approbations que de la contestation.

À la réflexion, le parallèle entre la foule et l’enfant m’a semblé pertinent : à la manière des parents qui imposent à l’enfant les règles qu’il doit suivre pour vivre heureux, en harmonie avec ses semblables, on relève dans presque tous les discours des chefs de partis politiques une volonté de définir à la place du peuple ce qui sera bon pour lui, jusqu’à finalement lui imposer. Selon le raffinement linguistique des orateurs, certains diront qu’il faut « éduquer » le peuple, ou qu’il faut le « convaincre ». J’ai même lu sous la plume des plus intégristes qu’il faut mettre en œuvre un « prosélytisme efficace » pour conquérir le plus grand nombre d’adhésions. Souvent, ces radicaux considèrent que le référendum est incompatible avec une saine gouvernance politique. Ou alors qu’il met en danger la république… comme l’enfant met en danger sa famille s’il ne se soumet pas à l’autorité parentale.

C’est pourtant bien ce qui se passe dans notre pseudo-démocratie : de la même façon que l’on ne demande pas l’avis de l’enfant – seule compte l’autorité parentale jusqu’à sa majorité –, on ne demande pas son avis au peuple.

· Le peuple serait-il donc bien comme un enfant qu’il faut guider et protéger jusqu’à sa maturité ?

· Mais dans ce cas, dans une démocratie, qui sont les parents légitimes du peuple ?

· À qui en incombe l’autorité ?

· Et comment savoir si le peuple a atteint sa majorité, ou sa capacité à s’émanciper ?

· Enfin, qui décide de tout ça ?

Beaucoup de questions auxquelles nous avons à trouver des réponses, avant de trancher pour savoir si la démocratie a besoin de chefs ou pas.

Toujours sous la plume de Loup Rebel, son commentaire dans « Le 5 mai, en marche contre l’apartheid social » a retenu toute mon attention. Il met en parallèle le développement d’une civilisation depuis son origine jusqu’à sa maturité, avec l’évolution de l’individu de son enfance à l’âge adulte :

À l’échelle de notre civilisation :

· Nos très lointains ancêtres avaient imaginé un chef idéal, bon comme un « père idéal », et l’avaient appelé Dieu. Ils étaient convaincus que Dieu existe, chacun affirmant « je crois en Dieu ».

· Quand Dieu a quitté le monde imaginaire, il est mort.

· À force de chercher le « bon chef idéal », pour remplacer Dieu, les ‘’enfants de la patrie’’ ont fini par se sentir orphelins.

JPEG - 72 ko
Evolution humaine
Evolution darwinienne de l’homme

Ce cycle se reproduit à l’échelle d’une vie humaine :

· L’enfant affirme : « je crois au père Noël ».

· Plus tard, le père Noël quitte l’imaginaire de l’enfant qui dit alors : « je ne crois plus au père Noël ».

· Plus tard encore, l’adolescent se rebelle contre son père : il est déçu de découvrir que son père n’est pas meilleur que les autres adultes.

· Devenu adulte, il continue pourtant à chercher le père idéal qu’il avait imaginé quand il était enfant. Et chaque fois qu’il croit en avoir trouvé un, arrive toujours le moment de la déception.

Qui sont les candidats au rôle de chef ?

Ils sont ceux qui ont compris – consciemment ou inconsciemment – que l’enfant qui sommeille dans le cœur des Hommes est toujours à la recherche du père symbolique que nos ancêtres lointains avaient appelé Dieu. Sa stratégie de séduction pour se faire élire s’appuiera sur ce postulat.

Le chef élu sera finalement l’imposteur le plus doué pour se faire passer pour Dieu.


Avant de conclure, je voudrais ajouter que pour Jacques Ellul, l’adhésion persistante aux croyances déistes[6] serait le signe de l’immaturité, cause du besoin d’une autorité supérieure, sécurisante, mais privative de liberté :

« L’erreur première de ceux qui croient à un monde majeur, peuplé d‘hommes prenant en main leur destin, c’est d’avoir une vue purement intellectuelle de l’homme. Mais voilà : être non-religieux n’est pas seulement une affaire d’intelligence, de connaissance, de pragmatisme ou de méthode, c’est une affaire de vertu, d’héroïsme et de grandeur d’âme. Il faut une ascèse singulière pour être non-religieux ».

Jacques Ellul précise également :

« L’homme n’est pas du tout passionné par la liberté, comme il le prétend. La liberté n’est pas chez lui un besoin inhérent. Beaucoup plus constants et profonds sont les besoins de sécurité, de conformité, d’adaptation, de bonheur, d’économie des efforts… et il est prêt à sacrifier sa liberté pour satisfaire ces besoins. Certes, il ne peut pas supporter une oppression directe, mais qu’est ce que cela signifie ? Qu’être gouverné de façon autoritaire lui est intolérable non pas parce qu’il est un homme libre, mais parce qu’il désire commander et exercer son autorité sur autrui. L’homme a bien plus peur de la liberté authentique qu’il ne la désire ».

JPEG - 28.8 ko
Démocratie-tyranie
Quels chefs en démocratie ?

La question reste entière : la démocratie est-elle compatible avec la désignation d’un chef ?

· Si la réponse est oui, la question est : de quels chefs la démocratie a-t-elle besoin ? Le retour à l’impérialisme en 1799 avec Napoléon Bonaparte, après la naissance du mouvement révolutionnaire de 1789, puis l’exécution du roi en 1793, incline à s’interroger dans ce sens.

· Si la réponse est non, d’autres questions se posent : dans quel régime politique sommes-nous réellement en 2013 ? Comment rendre compatibles les chefs et la démocratie ?

Le 5 mai2013, les enfants de la patrie (nous ?), orphelins, battent le pavé parisien à la solde d’un père symbolique, le bon chef idéal attendu avec ferveur...

Mais… attention au père tyrannique qui fait peur aux enfants…

Chers lecteurs, merci, et à vos plumes pour clavarder sur la démocratie en France, et son horizon proche. 



[1] Abraham Lincoln : 12 février 1809 - 15 avril 1865 - Seizième Président des États-Unis, élu pour deux mandats de quatre ans, en 1860 et 1864, il est le premier président républicain de l'histoire du pays. Il rédige la proclamation émancipant les esclaves et signe le 13e amendement abolissant l’esclavage. Fiche Wikipédia

[2] Liens vers les fiches Wikipédia : démocratie - démocratie directe -démocratie participative - démocratie délibérativedémocratie libérale - démocratie représentative - démocratie chrétienne - démocratie athénienne - démocratie royaliste - démocratie républicaine - démocratie mondiale - démocratie économique - social-démocratie - cyberdémocratie

[3] Étymologie du mot Démocratie : du bas latin democratia, emprunté au grec ancien δημοκρατία = dêmokratía, où dêmos = peuple, et kratos = pouvoir.

[4] CNTRL : Centre National des Ressources Textuelles et Lexicales (voir la définition de démocratie).

[5] Liens vers la fiche Wikipédia de Gustave Lebon, ses œuvres, et son ouvrage Psychologie des foules en téléchargement gratuit.

[6] L’expression croyances déistes est à entendre ici dans un sens non limité à la croyance en Dieu, mais en la toute-puissance possiblement incarnée chez les individus que l’on place sur un piédestal, selon l’expression consacrée.

 

Crédit photo :

cfecgc de canal-blogspot

club doctissimo.fr

alterinfo.net

 


Moyenne des avis sur cet article :  3.18/5   (22 votes)




Réagissez à l'article

107 réactions à cet article    


  • Philippe VERGNES 3 mai 2013 15:44

    Bonjour Bur K,

    Et merci pour cet article et l’invitation au débat qu’il suscite. Je note cependant qu’à l’heure où j’écris ce commentaire, il y a au moins un internaute qui refuse de débattre de cette question centrale, essentielle… voir vitale, qui est celle que vous posez judicieusement à savoir : « De quel chef notre « démocratie » a-t-elle besoin ? » (En parlant de démocratie, je veux dire celle que l’on nous présente aujourd’hui sans extrapoler, pour le moment, à ce qu’est ou doit-être ce régime de gouvernance et c’est bien pour cela que je mets des guillemets pour désigner notre « démocratie » d’aujourd’hui).

    Mais comme vous le soulignez fort justement, poser une telle question est paradoxal dans le contexte d’une « vraie » démocratie. Or, « éviter le paradoxe est une exigence rationnelle élémentaire pour n’importe qu’elle théorie rationnelle, car il s’agit tout simplement d’éviter la contradiction. Pas plus qu’une théorie qui nie l’existence de nos perceptions sensibles, un discours logiquement contradictoire ne peut être une base d’explication rationnelle de la réalité ». Et c’est pour l’instant sur ce point que je voudrais insister, car « toute théorie scientifique (ou philosophique) qui engendre un paradoxe doit être modifiée comme étant une théorie (ou une philosophie) contradictoire ». À ce titre, la réponse à votre dernière question revient, selon à moi, à tenter de résoudre ce paradoxe et ce que l’on réponde oui ou non à cette dernière interrogation.

    A plus,

    Cordialement,


    • Papybom Papybom 3 mai 2013 15:50

      Bonjour Bur K,

      Qu’importe l’appellation, nous avons toujours besoin d’un représentant pour porter un message ou une idée. La moindre association doit avoir un Président.

      Le problème est que ce représentant doit, et c’est un peu une lapalissade, représenter les vœux d’une majorité. L’autorité n’est pas un acquis. Seul un chef respectable, peut être respecté. Avons-nous cela en catalogue ?

      Cordialement.


      • Morpheus Morpheus 3 mai 2013 18:09

        Un « représentant » dites-vous ?

        Encore faut-il bien cerner ce que l’on entend par « représentant ».

        Celui qui représente vos intérêts ?
        Celui qui vous ressemble ?
        Celui qui s’empare du pouvoir que vous lui céder pour décider de tout à votre place ?

        Un « représentant », ça sonne bien, ça donne l’idée d’une personne qui va représenter nos intérêts, nous consulter, tenir compte de nos besoins et de nos avis, et qui fera cela parce qu’il est compétent et qu’il nous ressemble (donc nous comprends).

        La réalité est tout autre : Dans notre régime politique (qui est une oligarchie et non une démocratie), élire c’est désigner un (ou des) chef(s) qui décideront de tout à notre place, qui ne nous ressemblent pas (ils n’appartiennent pas à notre classe sociale, bénéficient d’un train de vie largement supérieur au nôtre, ne fréquentent pas les mêmes milieux et ont d’autres centres d’intérêts), et qui sont redevables, non au peuple qui les élit, mais aux ploutocrates qui financent leurs ruineuses campagnes électorales, soit pour les porter au pouvoir, soit pour les reconduire dans leurs mandats.

        Tout l’opposé de la démocratie.

        Des représentants, s’ils sont des serviteurs, cela peut se justifier.
        Des représentants, s’ils sont des maîtres, cela ne peut se justifier.

        Si tu as besoin de maîtres pour tout décider à ta place, Papybom, c’est que tu es bon pour la maison de retraite. Sinon, il est toujours temps de t’emparer d’un balai et de virer les maîtres et leur fausse constitution.

        Cordialement,
        Morpheus


      • Bur K Bur K 3 mai 2013 18:41

        Merci de votre visite, Papybom. 

        Mon questionnement cherche justement à mieux cerner les abus et dérives des chefs dans une démocratie (ou assimilée), et aussi à évaluer l’impact moutonnier des sermons politiques sur les individus.

        Je note déjà de grandes divergences entre les quelques réactions exprimées ici, et je n’en attends pas moins.

        Et merci aussi à Morpheus, pour votre abondante participation qui apporte des éclairages très intéressants. 

      • Papybom Papybom 3 mai 2013 19:03

        Bonsoir Morpheus  

        Piège grossier. Personne ne peut représenter Mon Intérêt. Que nos élus représentent l’intérêt du peuple, et nous aurons fait un grand pas. 

        Je n’envisage pas encore la maison de retraite. Mais je n’irais pas grossir vos rangs des « forts en gueules ». Ma conception de la démocratie, ne vous en déplaise, est d’accepter le choix de la majorité.

        Je ne m’interdis pas pour autant d’émettre des critiques autant sur les dérives de l’UMP que du celles du PS, mais cela ne reste qu’un coup de projecteur.

        Je vous laisse volontiers le balai, en espérant un monde plus propre après votre passage. Place aux jeunes ! Vous pouvez tirer sur mon projecteur, j’ai des ampoules de rechange. C’est cela les vieux cons, prévoir l’avenir.

        Cordialement. 


      • Philippe VERGNES 3 mai 2013 20:18

        Bonsoir Papybom,

        « Qu’importe l’appellation », dîtes-vous ?

        Que nenni ! Et c’est bien là une grande part du problème. Avez-vous déjà entendu parler de la novlang et de son principe directeur, celui de sa pensée originelle ?

        À vous lire, j’ai bien peur que non, autrement, jamais, au grand jamais vous n’auriez émis une telle affirmation. Nous sommes bien plus esclaves des mots et de ce qu’ils représentent que ce que l’on a coutume de croire… Et ce, pour notre plus grand malheur. La manipulation des mots et des concepts contribue à l’enfermement dans lequel les « chefaillons » que sont devenus nos « représentants » tentent de nous confiner. Elle est même devenue aujourd’hui le principal moteur de notre mise en esclavage qui nous entraine vers un totalitarisme « rampant » (ou « mou »).

        L’auteur a très bien introduit son sujet en rappelant que le terme démocratie suivi d’un adjectif « correspond à un détournement du langage pour désigner une pseudodémocratie, démontrant les tromperies auxquelles se sont livrés les candidats au pouvoir pour maintenir les peuples dans la soumission ». Mais ceci peut également s’appliquer au terme de « chef » employé dans son questionnement.

        La question de ce sujet pourrait tout aussi bien être : « de quels représentants pour quel mode de gouvernance les français ont-ils besoin ? »

        Ce qui nécessiterait de définir clairement quels sont les différents types de « chefs » correspondent le mieux aux différentes formes de gouvernement auxquels nous aspirons, et ce afin que nous puissions choisir en toute connaissance de cause alors que ce qui nous est actuellement proposé, n’est qu’un simulacre de démocratie dont les « chefs » jouent dans une immense pièce de théâtre et profite de la confusion qui en découle pour s’en mettre plein les « fouilles ».

        Cordialement,


      • The jester 3 mai 2013 16:08

        Sur quelle planète vivez vous ?
        Citez moi un seul grand ensemble d’être humains qui n’a pas un chef ou apparenté ?

        Dès qu’un groupe grossi, il se choisi naturellement un représentant afin que celui ci parle en son nom avec les groupes qui l’entoure. Quand le groupe atteint une taille critique le représentant peut être désigné par une élection afin qu’il réponde au mieux aux attentes du groupe à l’instant présent.

        Le problème se pose ensuite sur la légitimité du représentant surtout quand il commence à prendre plus en compte les minorité que la majorité, car là cela devient un deni de démocratie.

        Votre question a donc des réponses simples :
        En vase clos et avec peu d’individu la démocratie n’a pas besoin de chef
        A partir du moment ou il y a des interactions avec d’autres groupes alors oui elle a besoin d’un représentant, vous pouvez l’appeler chef si cela vous convient


        • bibou1324 bibou1324 3 mai 2013 16:24

          Un chef n’a pas la même fonction qu’un simple représentant. Le représentant est une interface de dialogue avec l’extérieur, cela ne garantie nullement qu’il soit à l’origine des décisions internes du pays, rôle tenu par le chef. Il existe des « grand ensemble d’être humains qui n’a pas un chef », tels les grecs au temps de Clisthène. Les Suisses sont ce qui se rapproche le plus d’une vraie démocratie aujourd’hui à mon sens. Si une partie suffisante de la population est contre ou pour un projet de loi, un référendum est automatiquement effectué, aucun « chef » n’a son mot à dire.


          Il existe des systèmes théoriquement stables de vraies démocraties sans chef, souvent basées sur le tirage au sort. Ce genre de système n’a jamais été essayé. Néanmoins on remarquera que c’est perdant la période sans aucun gouvernement, que la Belgique a eu la meilleure croissance économique, si mes souvenirs sont bons.

          Du coup, la question de l’utilité d’un « chef » me semble légitime.

        • The jester 3 mai 2013 17:10

          La démocratie athénienne .... 60 000 citoyen pour combien d’habitant ????
          Il faut arrêter le délire avec Athènes et la démocratie en général. La démocratie, la vrai, ne peut fonctionner que sur un ensemble restreint. Au plus le groupe augmente au plus il a besoin d’un représentant qui ne soit pas que cela face à l’extérieur. Tout simplement car au dela des lois que le peuple peu sélectionner par referendum, il faut dans la vie d’un groupe prendre des décisions rapides qui ne peuvent l’être sans un groupe dirigeant, qui lui aura naturellement un chef.
          La V république nous permet d’élire ce chef, dans tout autre fonctionnement il s’imposerait d’une façon naturelle, mais il existerait quand même.


          • Bur K Bur K 3 mai 2013 18:25
            Rien ne vous oblige à vous exprimer avec autant d’intransigeance. 

            Nous vivons tous sur la même planète, mais nous la voyons sous un angle différent. 

            C’est pourquoi je propose un débat, pas un combat... de chefs smiley

            Votre angle de vue (côté pile) n’est ni plus ni moins respectable que ceux des autres commentateurs (côté face). 

            Et là vous devez répondre : oui chef !!!

            Merci.







          • Morpheus Morpheus 4 mai 2013 14:41

            Jester, vous serait-il venu à l’esprit que, même en ayant besoin de mandataires pour faire ce que le peuple entier ne peut faire, ceux-ci doivent être contrôlés par ceux qui donnent mandat ?

            Apparemment non, sans quoi vous auriez constaté et pris acte de la grande différence qu’il y a entre un « représentant » qui est votre serviteur et un « représentant » qui est votre maître.

            Et votre fronde contre la démocratie athénienne montre votre ignorance de ses mécanismes.

            Morpheus


          • Sortirducadre Sortirducadre 3 mai 2013 17:12

            J’ai une question encore plus simple : a-t-on besoin d’un régime politique ? 


            Et j’en ai plein d’autres : a-t-on besoin d’argent ? a-t-on besoin d’institutions ? a-t-on besoin de frontières ? a-t-on besoin d’armée ?

            Pour alimenter le débat, et en réponse à The Jester, je précise que ce n’est pas parce que nous n’avons aucun exemple dans l’histoire ou le présent pour illustrer une idée que celle-ci est forcément farfelue. Pour être créatif il faut justement s’affranchir du passé et des limites que nous fixons nous-même avant de commencer à réfléchir... Sinon nous sommes condamnés à reproduire les mêmes erreurs, encore et toujours smiley

            • Morpheus Morpheus 3 mai 2013 17:17

              Très bon article Bur K. Qui pose de très bonnes questions. Dans l’un de mes articles, j’avais écris ceci à propos de la définition de la démocratie, mais aussi de son inévitable intrication avec l’anarchie :

              Au propre, l’anarchie désigne « la situation d’une société où il n’existe pas de chef, pas d’autorité unique. Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif. L’anarchie peut, étymologiquement, également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité. »

              Une définition qui - évacuée de toute association trompeuse (comme quoi l’anarchie serait le désordre et le chaos) - ne peut qu’interpeller un démocrate sincère, tant elle coïncide avec celle de démocratie : « régime politique dans lequel le peuple est souverain », ou « pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

              En effet, dans un régime politique où le peuple (l’ensemble des citoyens) est souverain, il ne devrait, en toute logique, pas y avoir d’autorité, de domination unique à caractère coercitif. Considérée sous cet angle, il apparaît que l’anarchie devrait en toute logique être étroitement associée à la démocratie.

              J’en suis arrivé à la conclusion qu’il ne peut y avoir de vrai démocratie sans anarchie, tout autant que’il n’y a pas de vrai anarchie sans démocratie. Une démocratie sans anarchie se changerait rapidement en oligarchie (en instaurant une forme d’autorité donc de hiérarchie), tandis qu’une société anarchiste sans démocratie deviendrait vite une ochlocratie « gouvernement de la foule », c’est-à-dire l’avatar négatif de l’anarchie telle qu’on ne cesse de nous la présenter depuis 150 ans pour la rendre repoussante et en faire l’ennemi des peuples : l’anomie « désordre social et apathie qui en résulte chez l’individu ».

              Or, en y réfléchissant d’un peu plus loin (pour avoir une meilleure vue), la situation de désordre social et l’apathie qui en résulte, c’est exactement ce que nous vivons dans notre régime actuel... Cherchez l’erreur ! Mais erreur y a-t-il lorsque l’on sait que les principes du « ordo ab chaos » constitue la devise ésotérique (terme à caractère non péjoratif, je précise) de la franc-maçonnerie, mais également, sous son interprétation obscure, celle des illuminati (lisez ceci pour en apprendre un peu plus) ?

              Dans les principes de l’oligarchie dominante (certains dirons « principes satanistes », d’autres parlerons de « principes lucifériens », etc.) celui de l’inversion de valeur, autant que l’inversion du sens, est constamment mis en application. Au vrai, on parle alors de perversion. Le plus amusant étant que des mouvements de croyants (religieux) s’en emparer pour en faire l’argument de leur logique de retour à une morale stricte (l’ordre moral), qui, après analyse, s’avère être fondé sur un catalogue hétéroclite de perversions.

              De quoi nous rendre chèvre...

              Si on y songe, l’idée de hiérarchie, de chef, de dieu, tout cela est lié à des engrammes (programmations de réactions subconscientes acquises par le bain socioculturel et émotionnel dans lequel nous évoluons qui fonde un tissus de croyances - ou d’opinions - qui forment les référents du « réel » et constituent la « vérité » sur laquelle repose notre vie, depuis notre identité jusqu’à notre place dans la société) qui prennent vie dès l’enfance.

              Osiris, Dieu, Allah, Jéhovah, ... = papa (la rigueur, la loi, la punition, l’autorité, l’obéissance, le chef, la domination).

              Isis, La déesse (La Vierge Marie, Fatima, ...) = maman (la douceur, la miséricorde, la tendresse, la pureté, la soumission).

              Horus, Jésus, les prophètes, ... = les enfants, la descendance, la progéniture, les héritiers de la tradition.

              Les religieux affirment que Dieu a créé l’homme à son image. Comme il faut tout entendre et interpréter en inversion (nous vivons dans un monde régit par la perversion), cela signifie donc que ce sont les hommes qui ont créé les dieux à leur image. Ce qui se vérifie toujours, partout, en tout temps.

              Toutes les structures sociales sont calquées sur une reproduction du noyau familial. L’oligarchie au pouvoir est la prolongation du modèle du noyau familial. En acceptant cet ordre, les adultes ne deviennent pas des adultes, mais demeurent éternellement, du berceau à la tombe, des enfants. C’est bien sûr un crime contre l’humanité. Une aberration et une perversion qui trouve sa racine dans le berceau des civilisations. Car ce qu’on observe, c’est que ces perversions ne se rencontre pas chez les peuples premiers, ceux qui vivent encore à la façon de nos ancêtres du Paléolithique (pas si éloigné que cela à l’échelle de l’évolution du genre homo.

              La liberté, c’est aussi la responsabilité. On ne devient pas responsable si on ne nous libère pas de la tutelle d’autrui. On ne peut devenir autonome et responsable si l’on ne se confronte pas aux épreuves du monde manifesté, c’est-à-dire si l’on ne se confronte pas à notre propre ombre. Aucun oiseau ne vole haut sans ses propres ailes.

              Si la plupart des gens n’aspirent pas au pouvoir et ont renoncé à la liberté, c’est parce qu’on les a encourager à rester dans le nid douillet de l’oligarchie. On ne s’échine plus, dans le meilleur des cas, qu’à réclamer de nos maîtres qu’ils soient bienveillants et nous nous en contentons. Ce qui bien sûr est insuffisant. parce que nos maîtres sont des fous.

              Mais c’est une autre histoire.

              Cordialement,
              Morpheus


              • Bur K Bur K 4 mai 2013 00:02

                Bonsoir Morpheus,


                Je crois que nous sommes sur la même longueur d’onde.

                Jacques Ellul ne s’y était pas trompé quand il disait que l’homme est prêt à sacrifier sa liberté pour satisfaire ses besoins de sécurité, de conformité, d’adaptation, de bonheur, d’économie des efforts… 

                Amicalement smiley


              • Loup Rebel Loup Rebel 3 mai 2013 17:25

                Voilà un billet qui pose les bonnes questions. Félicitation à Bur K pour cette publication, et merci à AgoraVox.

                L’image avec le « oui chef » illustre parfaitement la situation du premier grand patron de la Ve république : le Général de Gaulle. Déjà avec un nom prédestiné comme ça, on comprend que chez le grand Charles, tout était grand. Pour quoi fut-il un grand chef démocratique, sens jeux de mots ?

                Observez l’image : sans beaucoup d’efforts d’imagination, on fait le parallèle entre le « Vous êtes avec moi ? », et les deux référendums décisifs de la Ve république des mandats de Gaulle : c’est exactement ce qu’il avait demandé : « Françaises, Français, êtes-vous (d’accord) avec moi » ?

                -  Le 28 septembre 1958, quand il a soumis au référendum la nouvelle constitution qui lui a conféré les pleins pouvoirs. Et les Français ont répondu en cœur : « oui chef ». En totale contradiction avec le principe même de la démocratie, il modifiera la constitution en 1962 en y introduisant l’élection présidentielle au suffrage universel, pour donner l’illusion au peuple qu’il vit dans une démocratie. En réalité le président se donne une légitimité démocratique… d’empereur ! Cherchez l’erreur !

                -  Le 27 avril 1969, un an après mai 68, de Gaulle est lucide sur le fait qu’il a perdu une grande part de la confiance que les Français avaient placée en lui onze ans plus tôt. Et c’est là son génie, preuve aussi d’un sens aigu de la démocratie : il sait qu’il est impossible de gouverner un peuple qui ne répond pas résolument « oui chef ! »… 52 % ont répondu « non chef », et le 28 avril de Gaule déclare publiquement : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi ». Ca, c’est un chef démocratique, pas comme ceux qu’on se trimbale en ce moment !

                Après De Gaulle, aucun de ses successeurs n’a fait preuve d’esprit démocratique. Pire encore, certains croyant obtenir un « oui chef » avec un référendum ont reçu un « non », sans qu’il n’en soit tenu aucun compte dans les décisions prises contre la volonté du peuple.

                Alors oui, il n’est pas impossible que le peuple de France ait besoin d’un chef, mais la démocratie est incompatible avec des chefs qui ne pourraient être destitués que par la violence. Ce qui est le cas de la Ve république, après l’exception exemplaire du Grand Charles.

                Si les chefs actuellement au pouvoir se cachent derrière la constitution pour défendre une pseudo-légitimité, faisant la sourde oreille à plus de 75 % des Français qui demandent leur révocation, ils prennent le risque de se voir destituer par le recours à la violence. La légitimité démocratique ne peut être que celle demandée majoritairement par le peuple.

                À bon entendeur, salut smiley

                 


                • jaja jaja 3 mai 2013 17:59

                  La question des dirigeants, des chefs est une question essentielle pour toute organisation humaine... Sur un vieux blog abandonné j’écrivais ceci il y a quelques années :

                  "Quiconque a un tant soit peu milité, que ce soit dans un syndicat ou un parti politique, a pu remarquer combien ces organisations sont loin de respirer la fraternité d’armes, la solidarité, préfigurant la société future dont elles se prétendent porteuses.

                  Les guerres de factions, sur telle ou telle question, sont le lot quotidien de ces structures et aboutissent à de nombreuses exclusions tout cela dans un climat tendu et malsain.
                  Force est de constater que les partis révolutionnaires se sont toujours édifiés en tant que copies conformes de la société de classes.

                  La division dirigeants-dirigés et donc entre dominants et dominés, moins évidente au temps des débuts de l’organisation, se creuse avec le temps. L’adhérent de base est bien vite réduit à ne plus posséder aucun pouvoir réel autre que celui de ratifier, de temps à autre, telle ou telle nomination de chef, ou telle ou telle ligne politique déjà choisie en haut lieu.

                  Au cours de son développement l’organisation devient toujours plus complexe, donc affaire de spécialistes, ce qui a pour conséquence d’écarter de fait la masse des adhérents du pouvoir de décision. Monter les marches de la hiérarchie représente alors pour les individus les plus capables (ou les plus rusés) un moyen de promotion individuel lié à la jouissance du pouvoir partagé avec l’élite intellectuelle des spécialistes dont l’organisation s’entoure.

                  Vient ensuite, inévitablement, l’élargissement des contradictions entre la base et le sommet. L’organisation révolutionnaire se transforme alors en parti de pouvoir, légaliste et parlementaire. La coupure entre elle et la masse des gens qu’elle représentait devient définitive.

                  La naissance de telles oligarchies au sommet de toute organisation est un phénomène observable de tous temps. Les chefs, les dirigeants même issus de la masse, ne sont pas meilleurs que les autres hommes. Une fois les sommets du pouvoir entrevus, leur psychologie change souvent et ils « oublient » ce qui avait motivé leur révolte, l’injustice qu’ils ne subissent plus eux-mêmes.Ils peuvent donc s’accommoder du régime d’exploitation, tout en maintenant un faux discours « social » pour ne pas perdre tous leurs adhérents.

                  Puis vient la dernière étape, celle de la fusion des élites « révolutionnaires » et bourgeoises en une oligarchie nouvelle, exploitant à son tour la classe que l’une prétendait défendre et dont l’autre profitait déjà. Seul un renouvellement de l’élite dirigeante s’est produit, non une révolution sociale.

                  Pour toutes celle et ceux qui veulent changer la société et qui ont donc besoin de s’organiser, cette dure loi de la naissance des oligarchies au sein des organisations est à prendre en compte et des solutions nouvelles doivent être cherchées et surtout trouvées."

                  Et cela ne peut passer que par la démocratie directe au sein de l’organisation ou de la société toute entière.... Dés que la démocratie directe disparait il n’existe plus de démocratie réelle.


                  • Bur K Bur K 3 mai 2013 23:49

                    Merci de votre commentaire, Jaja.


                    Votre analyse est d’une justesse remarquable, et elle apporte d’excellents arguments au questionnement proposé dans mon billet.

                    Votre conclusion rejoint mes convictions.

                    Et comme je l’ai dit plus bas à Voxpopuli, le sens de mon questionnement est de savoir si le peuple français possède la maturité pour s’autogouverner, et le souhaite-t-il ? 

                    Finalement, à sa liberté ne préfère-t-il pas la tutelle de ses chefs de qui il attend sécurité, confort, facilité, économie des efforts, bien-être... ? 



                  • epicure 5 mai 2013 23:05

                    C’est apparement un problème plus large, c’est à dire que n’importe quelle organisation peut devenir pour certains un objet d’accés à une forme de pouvoir.
                    Par exemple n’importe quelle association, quel que soit son objet, peut devenir une source de pouvoir pour certains, une fois au somet de l’association ils font tout pour la vérouiller à leur bénéfice, ou c’est un conflit entre les ambitieux et les autres, parfois l’association ne résiste pas à ces conflits de pouvoir.

                    Que dire quand ce sont des associations médiatisées, qui reçoivent plein d’argent, comme par exemple ces asociations antiracistes qui semblent être détournées non plus pour défendre l’antiracisme contre le rac isme, mais pour défendre des intérêts particuliers ( religieux ou ethnique ) en trouvant tpoujours des « racistes » à attaquer.

                    Donc finalement, il n’est pas étonnant que les partis politiques soient victimes de ce phénomène humain, car en général par le nombre d’adhérents et les implication que’un parti peut avoir, cela peut apporter pas mal de pouvoir à celui qui le dirige.


                  • Morpheus Morpheus 3 mai 2013 18:14

                    Si l’on ne cesse de vous répéter, tout le temps, que vous êtes libre, soyez sûr d’une chose : c’est qu’à l’évidence vous ne l’êtes pas. Si vous êtes libre, vous n’avez pas besoin qu’on vous le dise : vous le savez parce que vous en faite l’expérience.
                    - Morpheus -


                    • JL JL 3 mai 2013 19:09

                      D’entrée de jeu,

                      il me semble que ce débat est faussé, et c’est pourquoi je n’ai pas envie de m’y investir. Mais j’aimerais dire pourquoi.

                      L’auteur, Bur K (une provocation ?) écrit : ’’On peut également se poser une autre question : le Français a-t-il besoin de chefs ?’’

                      Je dirai que ces deux questions n’ont de mon point de vue, aucun rapport. Dès lors, je crois que l’auteur est dans la confusion des genres ; il emploie les mots du Système qui nous oppresse, nous exploite, dirige nos vies. L’auteur emploie le langage où les mots gouvernants et gouvernés me sont odieux. Les gouvernants ne sont pas des gouvernantes, et il n’y a pas de gouvernés : il n’y a que des citoyens.

                      Dans l’État nation attaqué de toutes part par ses ennemis, le terme de gouvernant ne désigne plus rien d’autre que celui qui assure la gouvernance - comprenez : le gouvernement par les chiffres ; en somme, le gouvernement occulte des experts (*) - de l’Etat et aussi, on l’a vu, celui qui fait voter aux soi-disant représentants du peuple, des choses comme le mariage homosexuel.

                      Quant aux experts, nous savons bien qu’ils ne se prononcent jamais que dans le sens qui conforte l’intérêt de ceux qui les paient. Or cet intérêt n’est jamais, mais jamais celui du peuple, de fait comme par définition.

                      nb. désolé, si ma réaction aux articles postés sur ce site n’est pas scolaire : pour ma décharge, je dirai que j’ai quitté l’école depuis trop longtemps.


                      • Bur K Bur K 4 mai 2013 00:57

                        @ JL 

                        Concernant les deux points – l’État nation attaqué et les experts – votre angle de vue n’est pas très éloigné du mien. 

                        Quand vous parlez de débat faussé, de provocation, ou de Bur K, ça n’engage que vous... mais vous avancez sur un terrain miné qui pourrez bien vous sauter à la figure. 

                        N.B. Personne ne vous en voudra pour avoir quitté l’école depuis trop longtemps. Ce n’est pas un délit. 

                      • JL JL 4 mai 2013 08:49

                        @ Bur K,

                        je vous demande pardon, j’aurais dû terminer mon post par cette formule : ’’ça n’engage que moi’’.

                        D’ailleurs, on devrait tous terminer nos posts par cette formule : ’’ça n’engage que moi’’.

                        Mais ça serait lassant, hein. Aussi, chacun sait que l’autre comprendra que s’il ne l’a pas écrit, c’est parce que ça va de soi.

                        En me disant que mes propos n’engagent que moi, est-ce que vous sous-entendez que vous, au contraire, détenez la vérité ?

                        ps. j’avancerais sur un terrain miné qui pourrait bien me sauter à la figure ? Que voulez vous dire ?


                      • voxpopuli voxpopuli 3 mai 2013 19:28

                        @l’auteur : un très bon article qui a le mérite de nous reposer des questions fondamentales à un moment où tout le monde s’accorde sur le fait que notre système actuel a atteint ses limites et où nombreux sont ceux qui appelent à un changement parfois très radical . 

                        Pour ma part et pour en revenir à votre question de base la démocratie a-t-elle besoin de chefs ? , la réponse me paraît être évidement oui , pour cela je me réfère à l’analyse de 2 auteurs .
                        John Locke tout d’abord qui pose le postulat que certes l’homme aime la liberté mais en craint aussi les excès en cas d’une totale liberté pour tous faisant peser sur chacun un danger jusque dans sa survie , c’est pourquoi l’homme choisit délibérément d’abandonner une part de sa liberté pour garantir sa sécurité et ce au travers de l’Etat , construction abstraite qui par définition doit être incarné par un ou plusieurs individus , c’est à dire le chef .
                        Certains ont cru que la démocratie était la solution pour garantir l’Etat tout en se passant de chef , mais Jean-Jacques Rousseau a démontré que ce n’était pas le cas , en effet , il explique que la démocratie parfaite ( c’est à dire sans chef ) pour fonctionner suppose que chacun puisse faire valoir son opinion sur tous les sujets , or dans un pays comptant aujourd’hui 67 millions d’habitants et dans un monde où de nombreux sujets supposent des compétences particulières approfondies cela n’est tout simplement pas possible .
                        Le problème n’est donc cela moi pas de savoir s’il faut un chef mais qui doit être le chef ? comment l’élire ? et comment garantir que son action sera conforme à la volonté du peuple et à ses intérêts ? 

                        • Bur K Bur K 3 mai 2013 23:29

                          @ voxpopuli 


                          Merci pour vos commentaires éclairés.

                          Votre conviction serait donc que la démocratie a besoin de chefs. Très bien, pas de problème, mais on peut creuser vos idées pour en comprendre les tenants et aboutissants.

                          Vous dites : *[...] un monde où de nombreux sujets supposent des compétences particulières approfondies [...]*.

                          Avez-vous cherché à faire l’inventaire des supposées compétences ? Un prof d’allemand, un médecin, a-t-il ces supposées compétences pour être ministre ? Un agriculteur les a-t-il moins qu’un ingénieur pour siéger à l’Assemblée nationale ? (Origine sociale des élus locaux et des députés.)

                          J’ai souligné supposé, car c’est un mythe : tant que vous adhérez à cette croyance, vous êtes comme l’adolescent qui se dit qu’il n’a pas la capacité à s’autonomiser. À sa liberté, il préfère la tutelle de ses parents qui lui assurent sécurité, confort, facilité, économie des efforts, bien-être... 

                          Le sens de mon questionnement est là : le peuple français possède-t-il la maturité pour s’autogouverner, et le souhaite-t-il ?

                          Dernier point : tout candidat qui se porte volontaire à la chefaillure exprime par là son désir et sa volonté de dominer. Mauvaise pioche dès le départ !





                        • voxpopuli voxpopuli 4 mai 2013 00:01

                          @ l’auteur :De mon point de vue il faut certes un chef , mais pas un chef seul et tout puissant , cela ramène à mon idée de compétences particulières , en effet , pour moi il faut certes un chef pour donner l’orientation générale voulue par la majorité du peuple , mais il doit être assisté de personnes particulièrement compétentes dans leurs domaines , il m’apparaît inconcevable que quelqu’un qui ne comprend rien aux mécanismes économiques décident de la politique économique , de même qu’il m’apparaît essentiel de connaître de près le monde agricole ou celui de l’éducation pour prendre des décisions les concernant .

                          Pour en revenir à votre idée qu’un candidat à une élection est forcément avide de domination je la trouve un peu trop cynique et je pense qu’il existe des individus prêt à être le chef sans être animé par une volonté de domination .
                          Bien évidement le système que je vous expose ne peut fonctionner selon moi qu’à 2 conditions essentielles , la limitation à un seul mandat ( 2 maximum ) dans une vie pour que les « chefs » gardent toujours le contact avec la réalité , ainsi que la mise en place d’un système de révocation du chef dès que la majorité de la population s’oppose à son action . 

                        • Bur K Bur K 4 mai 2013 00:34

                          @ Voxpopuli 


                          Je vous rejoins totalement sur la révocabilité des mandatés. 

                          Pour les compétences, elles sont du ressort des professionnels recrutés sur concours pour occuper les postes de la fonction publique, territoriale pour la gestion des communes et des départements, nationale pour l’État. 

                          Quel que soit le mode de désignation, les magistrats en charge de représenter le peuple n’en ont pas plus besoin que les jurés d’assises. On attend d’eux qu’ils appliquent les consignes au nom du peuple. L’engagement politique rend incompatible la fonction, puisqu’au nom de cet engagement c’est la partialité qui en souffrira.

                          L’engagé politique n’aura comme seul objectif que d’appliquer les dogmes auxquels il adhère, alors qu’on lui demande d’écouter la volonté du peuple. Pas sa volonté politique à lui.



                        • JL JL 4 mai 2013 13:27

                          Franchement,

                          on se demande d’où écrivent certains, ici !

                          Je cite Bur K : ’’le peuple français possède-t-il la maturité pour s’autogouverner, et le souhaite-t-il ?’’

                          Je suis sidéré par tant de bêtise dans une seule phrase. Un condensé !


                        • Morpheus Morpheus 4 mai 2013 14:55

                          Sur la nécessité de compétences particulière en politique, je cite Bernard Manin (Principes du gouvernement représentatif) :

                          « Les Athéniens reconnaissaient la nécessité de compétences spécialisées dans certains cas, mais la présomption générale allait en sens inverse : on estimait que toute fonction politique pouvait être exercée par des non-spécialistes, sauf s’il y avait des raisons manifestes de penser le contraire. On supposait en effet que si des professionnels intervenaient dans le gouvernement, ils y exerceraient de fait une influence dominante. Les Athéniens avaient sans doute l’intuition que dans une structure d’action collective, la détention, par certains acteurs, d’un savoir ou d’une compétence que les autres ne possèdent pas constitue par elle-même une source de pouvoir et qu’elle confère à ceux qui sont compétents un avantage sur ceux qui ne le sont pas, quelle que soit par ailleurs la définition formelle de leurs pouvoirs respectifs. (...) La sélection par le sort garantissait donc que les individus exerçant les fonctions de magistrat ne disposaient pas du pouvoir supplémentaire que confère une compétence particulière. »

                          J’ajoute à cela que dans notre système électif, absolument rien ne garantit que les personnalités élues soient réellement et effectivement compétentes, pas plus que l’élection ne garantit la vertu des élus. C’est d’autant plus vrai que nous ne disposons, en tant que simples électeurs, d’aucune forme de contrôle des élus, ni avant, ni pendant, ni après leur mandat.

                          Morpheus


                        • JL JL 4 mai 2013 18:54

                          Mieux qu’un laborieux commentaire qui expliquerait mon post ci-dessus,

                          et que d’ailleurs Bur K ne me demande pas,

                          je conseille à tous les lecteurs soucieux de ne pas se perdre dans des combats stériles sur le sexe des anges, et qui veulent comprendre quelque chose à ce qui nous arrive,

                          de lire dans Le Monde Diplomatique (papier) de ce mois, l’excellentissime article de Serge Halimi.

                          Une suite est attendue, le mois prochain.


                        • foufouille foufouille 3 mai 2013 20:36

                          un mouton a besoin d’un chef
                          un chef a besoin de moutons
                          a defaut, il en fabriquera


                          • soi même 4 mai 2013 11:24

                            A ton besoin que l’on soit tous des chefs ?


                            • lulupipistrelle 4 mai 2013 11:51

                              Dans le Conservatoire de mes enfants, un prof a eu l’idée de monter un orchestre de volontaires... Il a commencé avec 6 enfants, actuellement ils sont une trentaine... 


                              Quand ma fille s’est présentée, elle était dans les seconds violons, et deuxième de pupitre, selon son ordre d’arrivée... rapidement, selon ses capacités (son talent, son niveau ? ), elle est passée dans les premiers violons... puis deuxième de pupitre du violon soliste... 
                              A l’occasion d’une défection du premier violon soliste, elle a assumé son poste... 
                              Et puis l’année d’après, elle a été eu à ce poste... qu’elle occupe depuis deux ans. 

                              Récemment, la veille d’un concert public, , elle a raté la dernière répétition, parce qu’elle était malade.La répétition a été catastrophique. Le lendemain, malgré sa grippe, elle a tenu à participer au concert, qui fut un succès... Tous les enfants et le prof sont venus la remercier. 

                              Le prof vient de leur présenter le programme de leur concert de fin d’année... « Nous aurons besoins de solistes (en général il invite un ou plusieurs instrumentistes qui ne sont pas dans l’orchestre), et je compte prendre quelqu’un de l’orchestre pour violon »... Tous les enfants se sont levés et ont désigné ma fille... 

                              • Bur K Bur K 4 mai 2013 13:53

                                Très belle illustration de « reconnaissance naturelle » d’un chef par ses compétences dont il a fait la preuve.

                                Le seul chef légitime ne peut être que celui (ou celle) que le groupe « va chercher et désigne ». Ce fut le cas avec De Gaulle en 1958.

                                Celui qui exprime sa volonté d’être chef et demande au groupe de le désigner trahit par là son désir dominateur. Mauvaise pioche dès le départ... !


                              • Morpheus Morpheus 4 mai 2013 22:30

                                Jolie histoire Lulupistrelle smiley

                                Cela étant, le (ou la) soliste d’un orchestre n’est pas le chef d’orchestre. Il (ou elle) joue avec l’orchestre, et pour certains mouvement du concert, joue seul(e) sous la direction du maître d’orchestre.

                                Votre fille a été reconnue pour son talent, sa persévérance, sa fiabilité et sa passion pour la musique. Elle avait mérité cette sélection et l’ensemble de l’orchestre, ainsi que le maître d’orchestre lui-même ont reconnu ses qualités.

                                Tous ont joués ensemble, de concert. La tenue d’un beau concert, d’une bonne orchestration musicale d’une œuvre peut illustrer une démocratie qui fonctionne bien., telle que nous aimerions qu’elle fonctionne.

                                Cordialement,
                                Morpheus


                              • volt volt 4 mai 2013 14:13

                                aaah il serait bien beau de pouvoir suivre tout ça au niveau des idéaux, nous serions purs esprits que nous n’y arriverions à peine, à grande peine. 

                                hélas ? des âmes et des corps sont engagés, et ils sont non seulement avides, très avides, mais surtout sommeillants ; voilà pourquoi il faut avoir ici le réalisme de foufouille.
                                en tout un chacun il y a le plaisir de dominer, et aussi le plaisir d’être dominé. 
                                ne pas le reconnaître, comme une évidence, est une belle naïveté irréaliste.

                                bien sûr il faut plaider pour une société de maîtres sans esclaves, comme dit nietzsche, mais combien en sont capables ? combien d’esclaves quasi-définitifs faudra-t-il libérer sur cette route ?
                                or en quoi consiste leur libération ? leur faire prendre conscience d’abord que toute idée de « re-présentation » évoque déjà un défaut de présence ? que l’idée d’être maître c’est aussi savoir et affronter que le sol manque, et à quel point et jusqu’où ? mais combien sont capables ? le crâne de dieu explose là, et personne n’entend ?

                                plutôt dormir, plutôt les glandes... voir un beau mâle hurlant, aussi bien pour les mâles que pour les femelles... plutôt lui portant notre meurtre à tous, d’être parlants, que l’angoisse de tous ces miroirs entre nous, auxquels nous tenons, nous si peu assurés d’être ailleurs que dans les regards alentour ? alors, comment existerais-je si ce n’est dans le regard de l’autre ? mais si les regards sont additionnables, collectionnables, je gonfle avec ? mais jusqu’où ? il suffira que j’agite un drapeau, une idée ? 
                                putain mais ça marche ce truc vieux comme le monde, ce truc immonde ça marchera toujours ! il suffira d’un ou deux naïfs, d’une contagion, d’un adjectif élogieux, et le tour est joué, le coup du héros du jour, le libérateur ! voilà, il faut un centre pour faire cercle, on commence par partager une idée, un malin s’en habille, et défilés de mode obligent, il faut un gagnant, un podium, un trophée, une coupe, c’est si beau quand ils s’affrontent, qu’ils écument, on baise tellement mieux le soir après ces corridas, non ?

                                et vous voudriez nous sortir de ça, cet ultime cache-misère, on ferait quoi après ? se regarder en chiens de faïence ?
                                non, le rite ! 
                                le vieux rite de tout jour, ça nous permettra d’oublier toutes nos mains pleines de sang, de tous les malheurs du monde, tous les trains déraillés par nous rêvés, tous les re-open par nous encore fomentés... mais heureusement y’a benlad, et cette baraque au bas mât trouvera toujours un idiot pour annoncer les gaulois à l’avance, au sommet, le singe.

                                c’est très chrétien finalement cet idéal d’ici, pardon, non, très coranique en fait : 
                                la carcatéristique du paradis coranique c’est qu’ils sont tranquilles, assis, et surtout qu’ils se font face, en maîtres, nul ne perd la face, oui le paradis est l’ignorance de la moindre possibilité de chef, c’est exactement ça.
                                pour que ce paradis soit possible, oui, la condition paulinienne d’être toujours dans la joie, c’est-à-dire le point de départ de compter tout cet univers et ses constituants pour un rien, géantissime et accompli...ok.
                                seuls les saints et les renonçants en sont capables, pour les autres, la règle veut que l’enfer soit maintenu, entretenu, quotidien, détaillé, il s’appellera politique, argent, scoop, nouveauté... qu’importe le flacon, on le trouvera toujours.

                                bref, tant que je ne suis pas maître de mon corps, pas d’espoir que je me passe de chef, et même dans ce cas déjà très difficile, il me reste à devenir maître de mon âme pour y arriver, mais pour cela il faut le détachement d’un sourire... inhumain, c’est-à-dire qui sache ne pas aimer s’enterrer sous quoi ou qui que ce soit, autrement dit, quelques milliers d’individus par génération, au grand max, sur des milliards...
                                donc votre lancée touche bien à quelque chose de réel, mais c’est si infime au regard des millions de milliards de réflexes de tant de dormeurs sur le globe que... comment dire ? nous archiverons, comme ils nous archivent...

                                celui qui ne se soucie pas de chef doit aussi être très, très ! égoïste, car une fois qu’il émerge de ces miasmes, la première tentation serait de revenir pour réveiller les autres sur la question, sauf qu’ils ne veulent pas ! mordicus ! il en va de leur corps... de leur vie, de leur oeuvre accomplie d’inexistence, donc il faut se taire, et ne plus s’en soucier, là finit la politique, qui se révèle alors comme une immense bouse centrale, avec bôôôôcoup beaucoup de mouches...
                                le migrant prend alors son sourire, et se casse, il le cache comme le plus précieux, c’est très inter-dit ces choses-là, un qui n’a pas de chef ? et ne croit à aucun ? pas bien ça ! et qui en plus sait résister à la tentation d’en devenir un lui-même ? 
                                crucifiez-le !

                                • Morpheus Morpheus 4 mai 2013 15:10

                                  « en tout un chacun il y a le plaisir de dominer, et aussi le plaisir d’être dominé »

                                  Ce qui peut éventuellement se concevoir sur le plan sexuel entre adultes consentants doit-il pour autant s’étendre à l’ensemble des relations humaines, et notamment sur le plan politique entre personnes à la fois adultes et mineures, mais surtout, pas consentantes ?

                                  Parce que, au cas où cela aurait échappé à votre sagacité, notre consentement à obéir aux lois qui nous sont imposé, du berceau à la tombe, ne nous est jamais demandé ! J’ai beau chercher dans les tréfonds de ma mémoire, sur aucun sujet, sur aucune loi, sur aucun texte il ne m’a jamais été demandé si je consentais à obéir à ceux-ci. Je suis contraint, par force de loi, d’obéir à des textes hétéronomes, des textes où je n’ai ni mon mot à dire, ni mon vote à donner.

                                  Sieyès soulignait avec insistance la « différence énorme » entre la démocratie où les citoyens font eux-mêmes la loi et le régime représentatif dans lequel ils commettent l’exercice de leur pouvoir à des représentants élus.

                                  J’ose croire, Volt, que vous considérez, comme moi, qu’imposer sa loi sans leur consentement à autrui équivaut, politiquement, à soumettre un individu à des sévices sexuels sans son consentement, c’est-à-dire : UN VIOL.

                                  Et lorsque le viol est exercé par une assemblée parlementaire, alors il s’agit d’un viol collectif en bande organisée avec préméditation. Et cela même si l’assemblée fut élue, car le viol est reconnu lorsque la victime est mineure. Or, compte tenu de la situation infantile dans laquelle sont constamment maintenus les peuples par les voleurs de pouvoir, j’ose affirmer que ces peuples sont - au moins politiquement - immatures et mineurs.

                                  Nous sommes donc face à un cas prémédité de viol collectif en bande organisée sur mineurs.

                                  Politiquement, je n’ai aucune aspiration à soumettre ni à dominer qui que ce soit. Et plus encore, je n’ai aucune appétence à être contraint, par la force et sans mon consentement, à me soumettre et à obéir.

                                  Cordialement,
                                  Morpheus


                                • volt volt 4 mai 2013 16:05

                                  vous me semblez être un logicien implacable et la conclusion, à vous suivre, est un délice. 


                                  quand à votre question de départ, je choisis de la situer en fonction de la notion d’idéal.
                                  en résumé : cela existe chez l’enfant déjà, ne serait-ce que l’idéal de ce qu’il se représente par exemple en futur adulte ; hélas, en cours de route, cet idéal, idéellement bien incarné, souvent inégalable, peut devenir tyranique ; il suffit donc de ne pas savoir s’en débarrasser, c’est-à-dire vraiment le tuer, en détails... pour alors chercher à le projeter sur un leader quelconque, qui nous en délestera, de s’en charger... et le tour est joué ! mauvais tour bien sûr...

                                • Morpheus Morpheus 4 mai 2013 16:43

                                  D’ailleurs, à propos du réflexe infantile des électeurs, l’hymne national de la France, que l’on nous apprend à l’école, et que l’on nous fait répéter à certaines occasions, ne commence-t-il pas pas « Allons ENFANTS de la patrie, … ».

                                  Rien que cela en dit long sur la façon dont le peuple est considéré, même par les chansonniers et les poètes : des enfants. Qui, forcément, ont besoin de parents pour décider de tous à leur place.

                                  Oui mais, et ceux et celles qui ne veulent plus jouer aux enfants ? Qui ne veulent plus de parents pour décider à leur place ? Qui ne veulent plus subir un ordre et des lois qui leur sont imposés ?

                                  A bon entendeur…

                                  Cordialement,
                                  Morpheus


                                • Bur K Bur K 12 mai 2013 11:08

                                  Bonjour Volt, 

                                  Je réponds tardivement à votre commentaire, car je l’ai relu et relu encore pour m’assurer avoir bien perçu d’où vous parlez.

                                  Je pense avoir reconnu votre talent d’écrivain issu d’un monde universel, où le religieux archaïque est dissous dans l’ADN du présent. J’apprécie votre intervention et vos propos très à propos. 

                                  Comme vous, mais sans votre habileté ni votre talent, je ne peux pas m’empêcher de jeter le pavé qui va bousculer les consciences... Comme si cette fonction un peu suicidaire faisait partie de mon ADN. 
                                  J’espère ne pas finir cloué sur une croix smiley

                                • philouie 4 mai 2013 15:18


                                  Politiquement, je n’ai aucune aspiration à soumettre ni à dominer qui que ce soit. Et plus encore, je n’ai aucune appétence à être contraint, par la force et sans mon consentement, à me soumettre et à obéir.

                                  Il n’y avait pas, il y a peu, quelqu’un qui se plaignait d’être replié de manière intempestive par vos soins ?
                                  Vous n’êtes pas crédible.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON






Les thématiques de l'article


Palmarès