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Accueil du site > Actualités > Politique > La Démocratie déléguée

La Démocratie déléguée

On parle beaucoup de démocratie, ces temps-ci, et quand nous en parlons, nous sous-entendons par défaut une démocratie moderne "à l'Occidentale", cachant sous l'euphémisme qu'elle est "représentative" et non pas "directe", un passe-passe sur les mots qui cache qu'elle n'est pas vraiment une démocratie....

On blâme tous les partis, de gauche à droite, mais dans une démocratie moderne, c'est une armée d'experts divers dont on ne dit pas qu'ils gouvernent, mais qu'ils ADMINISTRENT une société, qui résout en continu, jour après jour, année après année, l'équation mouvante de la gouvernance. Nous sommes dans une démocratie qui DÉLÈGUE presque tous ses pouvoirs, ce qui cache pudiquement qu'il ne lui en reste que bien peu, si même il lui en reste... n'y aurait-il pas là une partie de nos problèmes ?

Dans un État moderne dit démocratique, la véritable gestion de l'État est laissée à des experts qui savent de quoi il retourne et constituent une structure, généralement cohérente : l'appareil de l'État. Un apport utile, car avec la croissance exponentielle des connaissance et la compréhension de plus en plus précise que nous avons des liens entre les événements, les effets de risques aveugles et de hasard diminuent

Nous pouvons prévoir pour divers horizons les conséquences des geste que nous posons et l'incertitude s'estompe. Il a de moins en moins de doutes quand aux décisions qui doivent être prises pour atteindre les buts que nous nous fixons. On sait comment se rendre là où l'on choisit d'aller, "on" étant la somme des experts de État.

Avec les fonctionnaires, nous avons quitté le monde des mancies pour celui des "logues" de diverses obédiences, et simple question de temps avant qu'on puisse même sérieusement se dire "politonome" plutôt que politologue. Le facteur humain reste en principe impondérable, mais on connait la nature humaine et la Loi des Grands Nombres. On accepte qu'il y a souvent une solution optimale à l'équation de la gouvernance et que les fonctionnaires la connaissent. N'est-ce pas la solution que l'on doit appliquer ?

Sans doute, mais on transforme ainsi la gouvernance d'une démocratie en une étrange bête bicéphale, avec une tête qui doit tout savoir et comprendre... et l'autre dont on dit qu'elle devrait tout décider sans vraiment s'y connaitre.

Or, les pionniers de l'analyse de tâches on vu combien il pouvait être difficile de dissocier une action ou un geste du processus mental qui sous tend son exécution. Il n'est pas si facile de départager les responsabilités du gouvernant qui décide de celles du fonctionnaire qui exécute, car si une directive implique l'autorisation de tout faire pour lui obéir, les liens qui relient tout dans une société complexe donnent à celui qui exécute un pouvoir démesuré et à celui qui ordonne une responsabilité imprévisible. Si, au contraire, on veut y poser des conditions et y fixer des bornes, on a une casuistique dont seul "celui qui connait" peut établir et manoeuvrer les règles, ce qui lui donne toujours à l'éxécutant la discrétion de se récuser. Le fonctionnaire a tous les as...

Notre démocratie prétend mettre en place une structure politique qui en principe dira aux experts ce que le peuple veut ; mais pour un but visé il y a un seul meilleur chemin, comme une seule droite entre deux points. Les faits ont leur logique a laquelle on n'échappe pas, Dira-t-on à la rivière de remonter la pente ? Dès que le but a été déterminé, la chaine des causes et effets suit sa logique et donne tout pouvoir à l'expert. C'est sa compétence, alors, qui prend charge et le pouvoir lui est délégué. Un pouvoir qui s'impose, qui est total et n'a rien de démocratique. Cette primauté à la compétence ne peut être défiée que par une plongée dans l'irrationnel . Est-ce un but a rechercher ?

Pour cette raison, on parle parfois de "tyrannie de la compétence". Ce qui semble semble abusif, car la compétence tend vers le bien - si on définit le bien comme l'atteinte du but visé - n'a rien de capricieux, et le consensus pour lui obéir est là. Disons donc seulement qu'il y a une "dictature" de la compétence, comme on parle de "despote éclairé"... Mais la démocratie n'en est pas moins écartée

On donne l'apparence de la démocratie à ce qui est en réalité une dictature de la compétence. La démocratie devient un leurre. On veut projeter l'image des élus concevant des politiques et en confiant la réalisation à des fonctionnaires, mais cette image est fallacieuse : les élus n'ont pas cette compétence de concevoir de proposer et de disposer. Ils n'ont même pas le loisir de l'acquérir, car être politicien c'est convaincre et c'est un job à plein temps.

On souhaiterait que le rôle de l'homme politique qui représente le peuple soit d'abord de connaître ce que le peuple veut. Il semble inadmissible qu'il ne le sache pas... Mais prend-il toujours cette peine ? N'en a-t-il pas, la plupart du temps, que la compréhension minimale étroite de ce qu'il a pu faire accepter à ses commettants pour être élu, en réconciliant la volonté populaire avec ses propres idées et intérêts, faisant les ajustements requis selon sa propre conscience ? Sa vision est biaisée, mais supposons-la parfaite, comme parfaite sa bonne foi et son intégrité ; au moment de voter, est-il plus qu'un simple jeton entre les mains de son parti qui l'a fait élire et à qui il a promis obéissance ?

Ne nous attardons même pas au député, au représentant qui n'est qu'un figurant. Voyons le Chef de parti, celui qui gouverne... A-t-il eu plus de temps pour penser ? Supposant qu'il sache ce que le peuple veut et que, devenu responsable de l'adoption des politiques qui devront s'appliquer, il veuille voir à ce que s'accomplisse la volonté populaire. Comment y parviendra-t-il ? Quelle sera sa priorité dès qu'il s'installera dans le cadre des fonctions qu'on lui a confiées ? Consulter ceux qui savent...

Demander comment on peut se rendre d' ICI à LÀ... - et çà, où que LÀ puisse être ! - ..., en évitant tout ce qui n'est pas possible et tous les pièges que poseront ceux qui ne seront pas d'accord. Comment gouverner en utilisant les ressources de l'État... Seul le sait l'appareil gouvernemental permanent d'exécution qui est déjà sur place quand arrive celui que le peuple a choisi.. et qui y restera encore quand ce dernier partira.

 Car rien ne se fait que selon un protocole et des règles que seuls les fonctionnaires connaissent... puisqu'ils les ont formulées. La priorité du gouvernant est de s'informer de ce que veut l'État. Et l'Etat véritable, permanent, inamovible, - ne nous y trompons pas, C'EST LE FONCTIONNARIAT. Il porte le masque de la démocratie, mais n'est pas élu, il est nommé par co-optation et il ne rend de comptes qu'a lui-même. On pourrait peut être lui poser des questions.

Pierre JC Allard


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19 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 19 mai 2014 09:28

    Tout le monde croit savoir ce qu’est la démocratie mais peu sont capables d’expliquer comment ça marche.

    La démocratie c’est le pouvoir du peuple par le peuple. C’est simple mais irréalisable. Le peuple n’est pas UN, il est millions de voix, de destins, de désirs, d’intelligences mais aussi de bêtises.

    Pour le réduire à quelques voix, ceux qui avaient les moyens de se payer des hommes politiques, ont inventé les partis politiques. Les hommes politiques ont déclaré : « Nous sommes le peuple. » , promulgués des lois pour confisqué le pouvoir en imposant le principe des démocraties modernes : « Que vous votiez ou non, fermez-la. »

    D’autres ont réinventé la tour de Babel en construisant l’UE et en détruisant les nations.

    Ne votez plus pour vos ennemis.


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 16:31

      @Denis Roux


       Castoriadis l’explique tres bien. En bout de piste, il faudraiat comprendre que la démocratie ne sert plus qu’a cacher l’inavouable et a rallier derriere des slogans creux ceux qui défendent l’indefendable. Banquiers et politiciens de pacotille, meme combat. Nous sommes en manque d’un grande campagne de décollation spontanée.... qui sera elle-meme instrumentée. Il faudrait ratisser tres large.

      PJCA

       

    • lsga lsga 19 mai 2014 10:26

      Pour que la démocratie directe soit possible, il faut d’abord considérablement augmenté le niveau intellectuel moyen des êtres humains, et donc diminuer largement leur temps de travail. 

       
      Rappelons également qu’une démocratie directe à échelle locale n’a aucun sens. Ex : Si 500 personnes naissaient sur un territoire regroupant 99% des ressources naturelles, ces 500 personnes n’auraient aucune légitimité à prétendre les administrer seuls.
       
      Il n’y a de véritable démocratie qu’une démocratie directe mondiale. 

      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 16:39

        @ Isga.


        En élargissant le débat on le dilue. Promouvoir un reseau dense de zizanies est la stratégie du pouvoir en place. Il n’y a pas d’autre defenese qu’une prise de conscience et un action individuelle. Soyez sans pitié.


        PJCA


      • gogoRat gogoRat 19 mai 2014 10:45

         Merci à l’auteur d’ouvrir ces judicieuses pistes de réflexion

         D’abord, je ne résiste pas à la tentation d’illustrer le propos suivant :
        « être politicien c’est convaincre et c’est un job à plein temps. »

        par cette citation du fameux B. Russell (voir page 6) :

        1. « D’habitude deux sortes opposées de conseils sont donnés simultanément par deux organisations humaines différentes ; c’est ce qu’on appelle la politique.
          La compétence exigée pour cette sorte de travail n’est pas la connaissance des sujets à propos desquels on donne le
          conseil,
          mais la connaissance de l’art rhétorique persuasif et de l’écriture,
          c’est-à-dire de la publicité »

        ...


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 16:46

          @ Gogorat


           Ne resistez jamais à ce genre de tentation ! Si plus de gens y cedaient plus souvent on aurait des débats plus porteurs. Quand on comprend que le role des politiciens n’est pas de promouvoir des idées, mais des émotions et que celui de leur mouvemnet n’est pas de produire de la luniere, mais de la chaleur, on a deja fait un grand pas en avant.

          PJCA








        • gogoRat gogoRat 19 mai 2014 11:25

           Pour illustrer le concept de « tyrannie de la compétence », quoi de plus flagrant que la profonde opposition qui règne au coeur même de notre développement culturel informatique ? :
           - d’un côté des marchands et même des experts en « logiciel libre » pensant structurer leurs efforts de façon « démocratique », qui visent à fournir à « l’usager » des systèmes clé-en-main les plus intuitifs qui soient, masquant le plus possible toute la complexité (technique, prospective, politique ...) de leurs « produits » ...
           - d’un autre côté des contributeurs occasionnels, des passionnés, des gens impliqués ou qui souhaitent être acteurs plus que suiveurs ... visant avant tout à une appropriation populaire la plus profonde possible de tous les rouages de cette complexité à maîtriser collectivement ...

           Si bien que le quiproquo s’installe au sein même d’organisations visant à un « logiciel libre » ... avec des inégalités structurelles de facilités d’accès (aux moyens techniques, aux structures publiques d’acquisition de savoirs, de mises en relation .. ) entre ceux qui relèvent du fonctionnariat et ceux qui, de fait, doivent affronter d’autres vicissitudes.


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 16:56

            @ Gogorat


            Vous avez raison. Mais on oublie que, PAR DEFINITION, la moitié des gens dans une population normale ont une intelligence inferieure à la moyenne. Il faut s’aimer les uns les autres. Souvenez vous que Eistein n’était pas tres beau, mais a réussi quand mçemme et que beaucoup de tres jolies femmes dont je n’aurais pas souhaité qu’elles disparaissent n’entendent rien à la relativité.

             PJCA


          • gogoRat gogoRat 19 mai 2014 12:09

            1) « On souhaiterait que le rôle de l’homme politique qui représente le peuple soit d’abord de connaître ce que le peuple veut. »
            2) « Il semble inadmissible qu’il ne le sache pas... »
            3) « Mais prend-il toujours cette peine ? »

            1) Comment un homme peut-il en représenter 66 Millions ?
             De même que « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent. » (Henri Queuille) ... cette « représentation » n’engage
             - d’une part que les Français qui l’ont cautionnée par leur vote (quel qu’il soit)
             - d’autre part les étrangers (individus ou eux-mêmes « Représentant d’un peuple », amis ou ennemis, partenaires ou pas) qui y croient ou ont intérêt à faire semblant d’y croire ...
              
             Dès lors que le « représentant » d’un peuple considère que « L’Etat c’est moi » ... il est clair qu’il n’a plus à se préoccuper de ce que veut le peuple. Le processus de légitimation a sacralisé sa petite personne : le seul défi qu’il lui reste a relever est de tirer parti de cette sacralisation temporaire ... pour la renouveler !

            2) Qu’il le sache ou pas n’est alors pour lui plus qu’accessoire : tout dépend de la stratégie qu’il adoptera pour prolonger la durée de validité de sa légitimation ( Si jamais la sacralisation n’est pas pertinente, un défaut de vertu allant jusqu’à la fraude, ou pire, n’est pas à exclure )
              
            3) L’élu n’est pas le seul à devoir prendre peine : c’est au peuple de prendre la peine de faire entendre ses doléances ! ...
             


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 17:08

              @ gogorat


              1) Ecoutez la clameur d’une foule. Pas tre subtil, mais clair. L’opinion du peuple est la resultante des opinions individuelles ponderées par leur determination respective. Je ne dis pas que ce soit brillant. Mais la démocratie ne l’est pas non plus. Si vous entendez « Barabbas » vous pouvez etre en désaccord, mais ne dites pas que la foule réclame Jesus. Ca crée des dissonances cognitives...

              2) « un défaut de vertu allant jusqu’à la fraude, ou pire, n’est pas à exclure » Au contraire, a inclure dans toute stratégie réaliste : voyez le referendun et le Traité de Lisbonne !

              3) Dans la paysage mediatique actuel, le peuple ne peut se faitre entendre que parf la bouche de ses canons.

              PJCA



            • Fergus Fergus 19 mai 2014 14:19

              Bonjour, Pierre.

              Vous avez raison de souligner les problèmes que posent les « démocraties » à l’occidentale qui sont, de facto, soumises à une « dictature de la compétence »

              Pour autant, je ne crois pas qu’il puisse y avoir de meilleur système que la « démocratie représentative », compte tenu, d’une part, de l’extrême complexité des lois et des règlements qui nous régissent, d’autre part, des populations pléthoriques qui sont gérées par ces textes.

              Encore faudrait-il, pour qu’elle fonctionne sans trahir les intérêts du peuple, que cette « démocratie représentative » ne soit pas inféodée au pouvoir multiforme des experts ministériels, qu’elle s’y soumette d’ailleurs volontairement ou pas, faute des compétences techniques.

              D’où l’intérêt de placer les élus sous le contrôle de jurys citoyens tirés au sort chaque année, en vue de vérifier, au cours d’une séance publique et médiatisée, l’état d’avancement des promesses électorales, ou de demander des comptes en cas de carences ou de retards. Amenés à se justifier, année après année, devant de tels jurys, nul doute que les élus cèderaient moins facilement, durant tout un mandat, à la dictature des compétences imposée par les experts.

              Cordialement.


              • lsga lsga 19 mai 2014 14:29

                1. Définir peuple. Pour une personne donné, comment savoir si oui ou non elle fait partie du « peuple » ? 

                 
                2. Le calcul distribué est plus performant que les super-calculateur. Plus le nombre de personne participant à l’élaboration des lois est élevé, plus la complexité et la justesse des algorithmes sociaux augmentera. 
                 
                3. Le niveau intellectuel de la population est très loin (mais alors vraiment très loin) de son optimum. 

              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 17:19

                @ Bonjour Fergus


                 J’ai un bouquin sur cette question qui sera en ligne d’ici quelques jours, comme dernier tome de la collection Nouvelle Societe. En attendant, quelques idées que j’ai éfendues en Commission parlementaire au Canada, pour faire au moins quelques pas en avant. 



                Pierre JC

                p.s j’ai cessé ma collaboration aux « 7 du Quebec ». Incompatibilité de caracteres smiley

              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 17:30

                @ Isga


                1. OUI, toujours, par défaut. 

                 
                2.OUI, évident . La question est de permettre cette participation et de faciliter les analyses et interopretations . Mais ne pas oublier la possibilidé d’inserer le droit a la dissidence dans le protocole de gouvernance... et de le gerer correctement,


                3. Selon quel referentiel ? Ce qui est, EST.

                PJCA

              • OmegaDG OmegaDG 20 mai 2014 19:45

                @PJCA « p.s j’ai cessé ma collaboration aux « 7 du Quebec » »

                On se doutait bien que les « sionistes » avaient pris le contrôle des 7 du Québec mais pas à ce point :

                http://www.les7duquebec.com/contributeurssurprise/les-memes-de-la-semaine-aujourdhui-le-bebe-lala-antisioniste/

                et c’est signé par l’équipe de l’édition.

                Le chiffre 7 les a attiré comme le papier-mouche. Un autre Solve et Coagula réussi. (infiltration et noyautage)


              • Allexandre 19 mai 2014 15:54

                Bonjour Pierre,


                La démocratie au sens moderne du terme, c’est-à-dire à l’occidentale s’est constituée aux XVIII et XIX èmes siècles. Elle coïncide avec la victoire de la bourgeoisie qui voulait sa part du pouvoir et a entamé la Révolution française. Une fois ce pouvoir obtenu, malgré la crainte des sans-culottes, elle entendait bien le conserver envers et contre tout. Le XIXème est la victoire de cette bourgeoisie car elle cumula les pouvoirs politique, économique et culturel. Il fallait absolument empêcher le peuple des manants d’y accéder. D’où la répression sanglante de la Commune en 1871 et les lois Jules Ferry, dont l’un des objectifs, à peine dissimulés, était de maintenir chacun à sa place, et surtout de laisser la bourgeoisie cultivée exercer le pouvoir. Cela n’a guère changé depuis 140 ans. Donc, bien sûr que nous ne sommes pas en démocratie, malgré ce que l’école tente d’apprendre aux jeunes têtes blondes, et pas seulement blondes d’ailleurs. Il est intéressant de constater comment l’école républicaine a bien rempli sa mission : depuis 1871, il n’y a eu aucune révolution en France. Nous sommes de bons petits soldats, obéissants et respectueux de cette Mère République qui nous a tant donné et tant endormis. Peut-être les idées d’Etienne Chouart sont-elles à creuser ? Il a totalement raison quand il dit que la constitution ne peut être rédigée par ceux-là même qui exercent le pouvoir. C’est une telle évidence, que peu y pensent.

                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 19 mai 2014 17:43

                  @ Alexandre. Evidemment tout a fait d’accord. , en ce qui concerne l’impasse sur les revolutions, notons que les fortes tetes potentielles ont ete conscieusement éliminés en 1914, puis en Indochine et en Algerie . Maintenatt, on fait dans « l’adjonction de compétences », comme la souhaitait Guizot (mais en plus pratique !), en faisant aux revolutionnaires en herbe une offre qu’ils ne peuvent pas refuser dans le trafic de drogues 



                  PJCA

                • Un_lecteur 27 mai 2014 22:16

                  « Depuis1871, il n’y a eu aucune révolution en France »

                  La première chose qu’on demande à un régime, c’est d’assurer le respect de l’ordre et de la loi.
                  En 1789, 1830, 1848, des émeutes ont renversé des régimes qui ne se sont pas montres capables de les réprimer. Et il y a eu une succession tournante royauté - république - empire.
                  En 1871 la république s’est montrée capable d’écraser la commune par les méthodes les plus sanglantes, et à rétablir l’ordre et la loi. A partir de ce moment ce régime n’a plus été mis en cause.
                  Dit autrement, les fusillades de la commune ont assuré la légitimité du régime républicain.
                  Aie, je sens que je vais déplaire à certains...tant pis.
                  Aujourd’hui, de nouveau, le régime en place n’est plus capable d’assurer le respect de l’ordre et de la loi ( voir les innombrables zones de non droit, par exemple). 
                  Le régime en place - la république - est donc condamné et va inévitablement être remplacé.
                  Je n’imagine pas le retour d’un roi, ce sera donc un Bonaparte, c’est à dire un régime autoritaire. 
                  De droite ou de gauche.
                  Ceux qui mettent dans les esprits que démocratie = laxisme prennent une lourde responsabilité.

                • OmegaDG OmegaDG 19 mai 2014 19:59

                  Bonjour Pierre.

                  C’est aussi le processus menant à la légitimation de la représentativité qui est une dictature.

                  Par la corruption des idées, la propagande a le moyen de convaincre la masse des citoyens, trop occupée à répondre aux objectifs de rentabilité exigés par leur travail, trop épuisée pour s’instruire adéquoitement de la chose publique et organiser efficacement la réflection pour en changer, qu’elle est en démocratie.

                  Au plus simple, le système éduque le troupeau par le slogan. Court et efficace, il fabrique maintenant l’opinion et par média interposé fera discourir des spécialistes en tout genre pour penser la nouvelle à notre place tout en façonnant l’opinion du quidam lamda.

                  « Le travail c’est la liberté. »
                  « Travailler plus pour gagner plus »
                  ( Et pourtant on raconte qu’Il a pris six jours pour créer le monde, et l’éternité pour se reposer. )

                  Infiltrée et noyautée par le pouvoir financier, la démocratie occidentale impose la feuille de route de ceux qui ont les moyens de mettre en place la légitimité de leurs droits ; par la menace judiciaire en temps de paix, par la force et l’imposition du devoir de répression ou de guerre en temps de crise.

                  DG

                  « Quand les riches se font la guerre, ce sont les pauvres qui meurent. » Jean-Paul Sartre

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