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Accueil du site > Actualités > Politique > La deuxième mort de Nicolas Sarkozy

La deuxième mort de Nicolas Sarkozy

Une analyse personnelle qui en vaut bien d'autres.

Quelle confusion dans les médias et chez les chroniqueurs qui essaient d’expliquer l’élection de Jean François Copé comme premier militant de son parti l’UMP. Au point, que, n’arrivant pas à départager les deux candidats et leur mano a mano, ils finissent par conclure à la victoire de … Nicolas Sarkozy. Funeste erreur.

Pourquoi cette confusion mentale dans les médias ?

Parce que les deux candidats se revendiquaient de Nicolas Sarkozy et que dans la liste des soutiens de chaque candidat figurait toute la palette de la droite, du centre droit à une quasi-extrême droite.

Pour Copé, on pouvait pointer Raffarin (ancien UDF), Daubresse (centriste), Gaino (gaulliste) et Buisson le maurrassien.

Pour Fillon, on notait la présence de beaucoup de ministres, mais aussi celle d’élus extrémistes et sarkozystes historiques comme Ciotti et Estrosi.

Pourquoi alors les médias semblent-ils patauger dans leurs analyses ? Parce que sur le fond, ils sont désorientés et que la défaite de Fillon c’est la leur.

Ils n’ont pas donné à leurs lecteurs et auditeurs la bonne grille d’analyse. Parce que, s’ils l’avaient utilisée, cette grille, ils auraient expliqué que l’UMP a vécu ce 18 novembre 2012, de l’intérieur, le combat héroïque que Chirac mena contre Balladur au premier tour des présidentielles de 1995. Avec toutefois cette différence, que Chirac ne croyait pas vraiment au libéralisme financier, alors que Copé et Fillon l’acceptent tous les deux.

Le fil d’Ariane qui permet de ne pas se perdre dans cette bouillie médiatique, c’est justement Edouard Balladur lui-même. Que ce soit en 1995, comme candidat, ou en 2007 comme parrain politique de Nicolas Sarkozy, E Balladur est l’homme politique français qui porte, depuis au moins 1986, les espoirs (déçus en 1995 et concrétisés en 2007), de l’oligarchie financière française. Cette oligarchie qui, pendant cinq ans, a fait accélérer la dérèglementation de l’économie en France. Rappelons pour mémoire, qu’au moins 80% des médias et la totalité des instituts de sondage appartiennent à ces oligarques.

Et quand E Balladur a implicitement désigné François Fillon comme le candidat préféré de l’oligarchie, les médias n’avaient plus qu’à broder sur la victoire prévisible de celui-ci.

Mais si, à ce stade de l’analyse, on sait qui était derrière F Fillon, on a toujours pas expliqué comment JF Copé a gagné, alors que, de fait, quand il était le Président du groupe des députés UMP, il leur a fait voter toutes les lois de dérèglementations financières et économiques.

C’est maintenant qu’il faut reparler de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy a été un « cas limite » en politique. Mais on peut également se référer au jargon psychiatrique qui utilise aussi ce terme. Sa victoire de 2007, il la doit au soutien massif de l’oligarchie et de ses médias, à l’évanescence de son opposante, mais très certainement aussi à sa personnalité qui en a séduit plus d’un et plus d’une. Son narcissisme manipulateur avéré, ce besoin vital de séduire et d’être aimé des plus humbles en a fait une icône pour beaucoup de militants qui ne voyait pas l’autre facette du personnage, à savoir sa totale adhésion voire sa soumission aux nouvelles règles économiques et financières souhaitées par ses parrains. Ce grand écart, il n’a pu le maintenir pendant cinq années qu’au prix de mensonges et de déclarations contradictoires qui l’ont définitivement disqualifié pour l’avenir.

Le génie tactique de JF Copé, c’est d’avoir fait oublier aux militants qu’il a été en 2007 la première victime de N Sarkozy, qui ne lui a surtout pas confié le poste de ministre qu’il méritait. En faisant voter les lois sarkozystes à l’Assemblée, il donnait en fait plus des gages de parfaite adhésion au projet libéral des financiers que de fidélité au Président. Devant les militants, il a su revêtir les habits du sarko décomplexé et populaire pour l’emporter face à un Fillon clairement identifié comme le candidat de l’oligarchie (« les notables » avait traduit Copé, habilement, en langage militant). JF Copé sera un adversaire redoutable pour le pouvoir. Il incarnera une droite décomplexée à la Sarkozy, mais sans la psychiatrie. Il est bien dans sa tête et saura revenir à des discours plus classiques propres à séduire et à rassurer l’électorat de droite dans toutes ses variétés. Et les militants applaudiront, car ce qu’ils veulent avant tout c’est un vrai chef.

Il faut noter que Marine Le Pen a immédiatement dénoncé cette double démarche de Copé. Quant à N Sarkozy, les oligarques n’en ont plus l’utilité, et JF Copé et F Fillon, si par miracle ce dernier se refait une santé, n’ont plus besoin de lui pour assouvir leur ambition.


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9 réactions à cet article    


  • Sat is Fay 22 novembre 2012 15:41

    Qu’il aille au diable cette fripouille, j’espère qu’il sera mis en examen et écroué, ce ne sera que justice.


    • ET CE FUMIER...MAFIEUX OSE DIRE A L ASSEMBLEE QUE HOLLANDE A ETE ELU SUR UN MALANTENDU.......................

      LA MEILLEURE DE L ANNEE......QUEL TOUPET POUR CE SPECIALISTE DU COUP D ETAT...ET DE LA MAGOUILLE..............AU BAGNE DE CAYENNE ET VITE....IL POURRIT


    • eau-du-robinet eau-du-robinet 22 novembre 2012 17:16

      Bonjour jean de Marseille,

      Bon article !

      début de citation
      Rappelons pour mémoire, qu’au moins 80% des médias et la totalité des instituts de sondage appartiennent à ces oligarques.
      fin de citation

      Et ses médias appartenant à l’oligarchie sont un instrument efficace pour influencer (manipuler) les électeurs.

      Que dit Étienne Chouard au sujet des élections et le rôle des médias durant les élections (vidéo à a partir de le 4ème minute) ?

      Début de citation

      Le régime actuel donne le pouvoir aux plus riches.

      La corrélation entre les passages à la télé des candidats et les résultats aux élections est parfaite, pratiquement parfaite, c’est à dire plus vous passez à la télé meilleurs sont vos résultats d’élection. Absolument arithmétiquement quasiment...

      La victoire à élection est offert à celui à qui on donne les passages média, des passages télé, des passages journaux.

      Il se trouve précisément les télés, la plupart de télé, les journaux, la quasi totalité des journaux, les radios la plus grande partie des radios ont été acheté, pris sous le contrôlé par les plus riches entre nous et les marchands de canons, les banques...

      Les élections permettent aux plus riches d’acheter le pouvoir....

      Fin de citation

      Regardez attentivement les chiffres de la CSA et vous allez reconnaitre la relation entre le temps d’un partie politique accordé à l’antenne et le nombre des électeurs acquis suite au temps accorde.

      Celui qui contrôle les médias contrôle les élections !

      Selon les relevés chiffrés du CSA, les temps de parole et d’antenne cumulés, consacrés par toutes les télévisions françaises aux candidats déclarés à la présidence de la République entre le 1er et le 27 janvier 2012 ont été les suivants :

      • 3626 minutes pour François Hollande (plus de 60 heures)
      • 3450 minutes pour Nicolas Sarkozy (plus de 57 heures)
      • 913 minutes pour François Bayrou (plus de 15 heures)
      • 722 minutes pour Marine Le Pen (plus de 12 heures)
      • 568 minutes pour Jean-Luc Mélenchon (plus de 9 heures)
      • 484 minutes pour Eva Joly (8 heures)
      • 202 minutes pour Hervé Morin (3 heures 20 minutes), qui n’est plus candidat
      • 186 minutes pour Dominique de Villepin (3 heures)
      • 114 minutes pour Nicolas Dupont-Aignan (2 heures)
      • 108 minutes pour Nathalie Arthaud (1 heure 48)
      • 101 minutes pour Christine Boutin (1 heure 40), qui n’est plus candidate
      • 92 minutes pour Corinne Lepage (1 heure et demi)
      • 36 minutes pour Philippe Poutou
      • 9 minutes pour Frédéric Nihous, qui n’est plus candidat
      • et 0 minute 0 seconde pour François Asselineau
      ......

      Les grands médias sont tous, sans exception aucune, dans les mains des grand groupes


      • jean de Marseille jean de Marseille 22 novembre 2012 18:49

        J’ai voulu réagir à votre message, mais j’ai clické sur « article »
        Voir plus bas.


      • eau-du-robinet eau-du-robinet 22 novembre 2012 20:14

        Bonsoir jean de Marseille,

        début de citation
        Belle contribution, très précise.
        Du coup, tout en restant dans l’esprit de ma propre analyse, on pourrait avancer ceci :
        Les 5 ou 6 instituts de sondage favorisaient manifestement Fillon en faisant « parler » des échantillons très faibles de sympathisants ( 200 à 400 personnes).
        MAIS les grands médias étaient obligés de donner la parole égale aux deux camps UMP.
        De ce fait, en appliquant la règle que vous avez décrite, il y a eu un effet de « lissage » sur les opinions des militants qui a abouti à ce 50/50 détonnant.

        fin de citation

        Effectivement cela c’est avère une nouvelle fois de plus !

        Étienne Chourad à raison quand il dit :

        La corrélation entre les passages à la télé des candidats et les résultats aux élections est parfaite, pratiquement parfaite ...

        J’en déduit que celui qui contrôle les médias contrôle les élections.

        Ce qui est encore plus inquiétant c’est que le CSA à le rôle de veiller à un équilibre concernant les passages à l’antenne de chaque partie politique, hors celui-ci (le CSA) na aucun pouvoir exécutif !

        Notre système d’élection doit être revue du font en comble et doit être revisionné !!!
        Enfin nous avons besoin d’une nouvelle constitution la quelle doit être écrite par des gens tire au sort (parmi les du peuple français).

        Les élections actuelles sont entièrement contrôlé par les oligarchies et produisent le résultat qui convient aux plus riches effacent totalement « l’intérêt général ».

        Les système de vote actuel est un système oligarchique qui na rien avoir avec la démocratie. Hors les grands médias nous parlent sans cesse des élections ou les gens ou des parties politiques qui ont été élu « démocratiquement ». Les électeurs sont ainsi trompé par l’inversement des mots democratie <> oligarchie. 

        Conclusion pour ceux qui m’ont suivi jusqu’au bout de mon raisonnement :

        Le gouvernement actuel est un gouvernement oligarchique idem pour le gouvernement précédent !


      • jean de Marseille jean de Marseille 22 novembre 2012 22:19

        Bonsoir
        J’ai été sur le lien que vous avez donné plus haut : Entretien avec E Chouard.
        Je n’ai pas pu m’en décrocher et j’ai écouté les 1h36mn. Passionnant.
        Je le connaissais un peu pour l’avoir entendu sur arrêt sur images.
        Il m’a fait découvrir les conférences de l’historien Henri Guillemin sur le site de la RTS (radio télévision suisse). Décoiffant lui aussi. C’est avec lui que l’on comprend que toutes les républiques (la 1ére, la 2 et la 3) ont soit été caporalisé (Bonaparte, Napoléon 3) soit prises en mains par les riches pour les riches.


      • sirocco sirocco 22 novembre 2012 17:17

        « ... j’espère qu’il sera mis en examen et écroué... »

        Ne vous réjouissez pas trop vite...

        Sarkozy était déjà attendu au Palais de justice de Bordeaux il y a une quinzaine de jours (beaucoup de journalistes l’attendaient) mais il avait posé un lapin. De là à penser que c’est lui qui décide quand il daigne se présenter devant le juge (ce dernier se répandant alors en courbettes et en remerciements pour sa venue) il n’y a qu’un pas.

        N’oubliez pas non plus que le magistrat instructeur qui l’a auditionné a été désigné par le premier président d’une juridiction (Bordeaux) qui avait été elle-même désignée sous la présidence de Sarkozy... par la Cour de cassation (où Sarkozy a plein de copains dont il a assuré la promotion de carrière... ) pour instruire l’affaire Bettencourt à laquelle Eric Woerth était mêlé...

        Bordeaux n’a certainement pas été choisie par hasard (alors que très peu voire aucun des protagonistes de l’affaire n’y réside). Libre à vous de penser ou non que certains magistrats y travaillent au garde-à-vous et le doigt sur la couture... de la robe !

        En tout cas, Woerth ne semble pas très angoissé... Et même si Sarkozy est mis en examen pour éviter un tollé ou des réactions de railleries, ce sera pour mieux endormir le citoyen : plus une procédure traîne en longueur (et quand on n’a pas les protagonistes sous la main, tout est forcément plus long), plus elle a de chances de faire pschitt... A mon avis le principal intéressé sait déjà ce qui l’attend.


        • jean de Marseille jean de Marseille 22 novembre 2012 18:47

          Belle contribution, très précise.
          Du coup, tout en restant dans l’esprit de ma propre analyse, on pourrait avancer ceci :
          Les 5 ou 6 instituts de sondage favorisaient manifestement Fillon en faisant « parler » des échantillons très faibles de sympathisants ( 200 à 400 personnes).
          MAIS les grands médias étaient obligés de donner la parole égale aux deux camps UMP.
          De ce fait, en appliquant la règle que vous avez décrite, il y a eu un effet de « lissage » sur les opinions des militants qui a abouti à ce 50/50 détonnant.


          • Sat is Fay 23 novembre 2012 03:52

            ça va bien au delà, c’est la France entière qu’il a trahi en la sacrifiant sur l’autel de la finance.
            Le reste, les querelles de chapelles, est insignifiant.
            Si Sarko ne plonge pas, de tout façon le monde lui plongera.

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