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Accueil du site > Actualités > Politique > La doctrine Sarkozy : des projets décousus

La doctrine Sarkozy : des projets décousus

Quand l’incompétence dispute avec la surdité, M. Sarkozy semble figurer ce type du dirigeant doctrinaire qui, loin de rester à l’écoute des avis les plus lucides, prétend imposer une réponse absolue, ferme et définitive sur tous les sujets.

Nous nous limiterons à quelques points fondamentaux de la politique économique où la doctrine Sarkozy fait merveille : permettant l’ouverture d’une série de faux débats qui ne sont appuyés ni par la raison ni les fruits de l’expérience et qui conduit à appliquer de fausses solutions - à des problèmes réels ou supposés - dont les résultats ne font qu’aggraver une situation déjà délicate.

Qu’il soit question du déficit public, de la relance de la croissance économique et de la réduction du chômage toutes les mesures proposées dans le programme et les interventions de M. Sarkozy - et sur lesquelles s’attache l’imagination délirante du personnage - convergent dans un sens contraire à ce qu’il faudrait faire pour assurer la prospérité de la France.

I. Le déficit public

On sait que la dette de l’Etat résulte du déséquilibre entre les recettes fiscales et les dépenses publiques. Chaque année depuis 1974 la France adopte une loi de finance déficitaire. Aujourd’hui le pays traîne une dette croissante de plus de 1200 milliards d’euros (1) et le service de la dette, c’est-à-dire le paiement des intérêts aux prêteurs représente une charge de plus de 40 milliards d’euros par an, soit le deuxième poste de dépense. On s’imagine bien qu’il faudra tôt ou tard étudier les causes structurelles et conjoncturelles de la dette, réduire les dépenses et augmenter les recettes pour équilibrer le budget de la nation.

Qu’a fait M. Sarkozy ? Que propose t-il ? Tout le contraire.

C’est à partir de 1993, et surtout durant les années 1994 et 1995, alors qu’il était ministre du Budget sous le gouvernement Balladur, que le déficit a bondi jusqu’à 6 %, au mieux 5,4 % du PIB. Il obtient ainsi le triste record du déficit budgétaire de la Ve République ce qui lui vaut bien le titre de « Mr Déficit ». Selon les chiffres du ministère de l’Economie la dette publique est passée de 375 milliards d’euros en 1993 (45,3% du Pib) à 496 milliards d’euros en 1995 (54,6% du Pib), soit 121 milliards d’euros d’augmentation (une augmentation d’environ 1/3 de la dette française). (2)

En avril 2004 le même hurluberlu, alors ministre de l’Economie et des Finances, sort de son chapeau une solution miracle : Il faut vendre l’or de la Banque de France ! « Nicolas Sarkozy indiquait sur TF1 que cette vente »est une idée à creuser (...) à deux conditions". La première est d’obtenir l’accord du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, et la seconde consiste à ne pas utiliser ces financements pour des dépenses de fonctionnement. Les réserves d’or pourraient alors servir, selon l’hôte de Bercy, à « réduire la dette » (3) A la Banque de France, le stock d’or français de 487 tonnes en 1948 grimpera constamment pour culminer à 4 700 tonnes en 1975. Dès 1980, il est ramené à 3 200 tonnes et n’en bougera plus jusqu’en 2004. Or dès le 20 avril M. Strauss-Kahn déclare dans une tribune du Figaro : "On nous présente cette affaire comme l’un des instruments majeurs au service de la politique économique du gouvernement, or elle se réduit à procurer à l’Etat 40 millions d’euros par an ! Est-ce avec cela que ce gouvernement compte compenser les 20 milliards d’euros que coûte la baisse de l’impôt sur le revenu. [...] Une telle opération ne changera rien à notre situation économique. Vendre 100 tonnes d’or, c’est mobiliser 1 milliard d’euros et dégager au maximum 40 millions d’euros de recettes supplémentaires, ce qui équivaut à 0,1 % de notre déficit budgétaire. Et même si ce milliard pouvait être sorti des comptes de la Banque de France au moyen d’une ruse un peu dérisoire, puis donné à l’Etat afin de contribuer à son désendettement, il ne comblerait là encore que 0,1 % d’une dette qui s’accroît actuellement de 2% par an. Qu’on permette aux Français d’attendre du ministre des Finances des solutions qui résolvent plus de 0,1 % des problèmes qui sont devant nous." (4)

Nous n’entendons donc plus parler de vente du stock d’or de la Banque de France quand Hélène Mazier du journal La Tribune (article depuis peu retiré de la publication sur le site du journal) nous apprend que 200 tonnes auraient été vendues depuis septembre 2004 au titre de l’accord CBGA II (2004-2009). Ces « ventes Sarkozy » porteraient en fait sur un total de 500 tonnes (100 tonnes/an) négociées en 2004 alors que le prix du métal précieux était de 400 $/l’once, qu’il vaut plus de 630 $/l’once aujourd’hui et que l’expertise financière de Merrill-Lynch a toujours estimé la progression de cette valeur qui devrait se fixer à long terme autour de 850 $ l’once. (5) Emmanuel Gentilhomme s’interroge "A quoi rime tout cela ? Est-il possible de gérer plus mal le plus solide des actifs que puisse compter le patrimoine public ? Nous n’avons pas de réponse définitive à apporter à cette question. Mais nous vous invitons, chers lecteurs, à la poser à vos élus." (6) S’agit-il dans ces ventes de suivre stupidement l’exemple de la Banque d’Angleterre qui disposait de 2.500 tonnes en 1960 et seulement de 312 tonnes en 2004 alors que le World Gold Council donne de nombreuses raisons pour les Etats de préserver une réserve d’or stratégique ? (7) A qui profite ces ventes ? S’agit-il de répondre à la demande de certains spéculateurs ou bien de ruiner définitivement la France ?

Sur le plan des recettes fiscales, les nouvelles déclarations de M. Sarkozy provoquent la même stupéfaction. Apres avoir fait exploser la dette publique, fait disparaître une partie des réserves d’or de la France en tentant de réparer une première erreur par une autre plus grossière encore ; Le personnage poursuivant ses lubies veut renoncer à stabiliser le déficit et repartir dans la course à la dette en supprimant des recettes budgétaires indispensables !

"Nicolas Sarkozy, qui promet 15 milliards d’euros de baisses d’impôts dès cet été, a souligné la semaine dernière qu’il ne s’interdirait pas de marquer une pause dans la réduction du déficit budgétaire." (8)

"Pourtant, c’est bien en France que l’impôt sur le revenu est parmi les plus faibles de tous les grands pays développés. Il est payé par un Français sur deux, seulement. Et les réformes menées ces dernières années ont progressivement ramené le taux marginal de 65% en 1981 à 40% cette année. Du coup, notre impôt est devenu très compétitif par rapport aux autres pays. Le taux moyen de l’impôt en France s’élève à... 8% ! L’étude, réalisée par le cabinet Landwell pour le Nouvel Observateur (voir page suivante), montre que l’IRPP est plus faible en France qu’en Allemagne ou en Belgique et même qu’en Grande-Bretagne, si souvent montrée en exemple.« [...] »Une réduction de 4 points des prélèvements obligatoires, soit 68 milliards ! Un montant totalement fantaisiste. Ses conseillers ont donc réajusté le tir. Tout ne sera pas fait tout de suite. « Notre but est d’utiliser l’outil fiscal pour inciter au travail et à la production », insiste un de ses conseillers, le député UMP Gilles Carrez. La réforme du bouclier fiscal, qui plafonnerait à 50%, contre 60% actuellement, le total des impôts payés par un contribuable ? 0n ne sait plus si la CSG sera incluse ou non dans le bouclier. La déduction des intérêts d’emprunts immobiliers ou des dépenses de services à la personne ? En fait elle sera plafonnée. Mais à quel taux ? Il n’est pas fixé. La suppression des droits de succession pour l’essentiel des contribuables ? Elle sera plus limitée." (9)

Dans la dernière version du programme électoral : "Le candidat UMP ne reprend pas sa proposition de baisser de 4 points les prélèvements obligatoires. Il affirme par contre qu’il "n’ [augmentera] pas les impôts mais au contraire [fera] tout pour les baisser". Il ne cite pas non plus l’abaissement du bouclier fiscal de 60 % à 50 % du revenu, dont il avait fait son cheval de bataille lors de son discours d’investiture. L’idée d’une franchise non remboursée pour les dépenses de santé a également été abandonnée. Mais dans le programme figure la suppression des droits de succession, "à l’exception des plus riches« . Jeudi matin, Xavier Bertrand a pourtant affirmé que »tous les points qui ont été évoqués à un moment ou à un autre sous forme d’interview ou dans des discours restent bien au cœur du projet de Nicolas Sarkozy", même s’ils ne figurent pas dans le fascicule. Le bouclier fiscal « figure toujours, effectivement, dans nos intentions », de même que la franchise pour les dépenses de santé, a cependant assuré Xavier Bertrand." (11)

Ces propositions restant dans l’ensemble incertaines et contradictoires, nous restons donc dans le brouillard et rien de concluant sur le sujet de la réduction du déficit public n’est dit. Il faut simplement et sérieusement envisager le pire. Promettre des baisses d’impôts alors que la croissance patine et que le poids de la dette s’alourdit de jour en jour n’est pas sérieux. C’est un pari démagogique et irresponsable...

Sera-t-il un jour possible d’évoquer les causes structurelles de la dette ? Puisqu’il faudra bien voir un jour que les réductions d’impôts et la politique monétariste (qui oblige l’Etat à emprunter à plus de 3% d’intérêt la masse monétaire correspondant au surplus annuel de la production soit plus de 40 milliards d’euro en 2006) jouent un rôle essentiel.

C’est ce souci d’analyse réaliste qui fait dire : "Toutefois, si l’on agrège les créances et les dettes des ménages français, il ressort que les intérêts de la dette publique sont des revenus pour les Français payés par l’impôt des Français. Ce constat doit-il nous rassurer ? Eh bien non, car, explique l’économiste Jean-Marie Harribey, il traduit un effet de fiscalité redistributive à l’envers, puisque ce sont les classes aisées qui achètent des obligations d’Etat, alors que la structure de la fiscalité est telle que ce sont les classes pauvres qui paient l’impôt dans une proportion inverse à ce que commanderait la justice - l’impôt indirect non progressif étant prédominant par rapport à l’impôt direct progressif." (10)

II. La croissance et l’emploi

On ne sait même plus quelle optique la doctrine Sarkozy adopte pour parler de croissance économique. Est-ce une énième version de la théorie de l’offre qui nous fait croire que l’activité de production économique elle-même suffit pour entraîner la consommation et l’emploi ou est-ce le niveau élevé du pouvoir d’achat qui permettrait d’entraîner la machine économique ?

On peut parier que les concepteurs du discours eux-mêmes ne sauraient le dire ou même pire - mais plus vraisemblable - qu’ils ne savent pas au juste de quoi ils parlent... Qu’à cela ne tienne ! Il faut des formules magiques, des déclarations péremptoires pour frapper l’imagination de la foule et donner l’illusion temporaire que l’on maîtrise le sujet... au moins jusqu’aux élections !

Tout le monde a entendu cette formule du "travailler plus pour gagner plus". Mais que signifie t-elle exactement ? Est-ce l’expression d’une idée frappée au coin du bon sens ou une erreur dogmatique de plus, un autre simplisme qui se comprendrait mieux si on demandait aux employés de « travailler plus » pour permettre aux employeurs de « gagner plus », ou encore l’hypothèse qui fait de la France un pays peuplé par des Shadocks qui ne demanderaient que de pomper d’avantage pour n’aller nulle part ?...

Voici quelques extraits de la propagande : « La meilleure manière de protéger le travail, c’est de le réhabiliter en permettant à ceux qui travaillent davantage de gagner davantage. Il ne faut pas avoir honte de vouloir une vie plus facile pour sa famille, une meilleure école pour ses enfants, un appartement plus grand pour être heureux. Je propose d’exonérer de charges sociales les heures supplémentaires et le rachat de jours ARTT. Cela renforcera le pouvoir d’achat des salariés et la compétitivité de nos entreprises. De même, si les fonctionnaires veulent travailler plus, il faut leur en donner le droit. » (12)

"Il faut poser la question de l’augmentation des salaires dans notre pays parce que toute ma stratégie économique est fondée là dessus. Le premier problème économique des Français, c’est une question de pouvoir d’achat, il faut donner du pouvoir d’achat aux Français, pour donner de la croissance et pour cela il faut permettre aux gens de travailler plus. Il faut savoir qu’un salarié qui travaillerait quatre heures de plus pourrait gagner 15 % de plus. L’erreur des 35 heures a été une erreur considérable qui a conduit les Français à une rigueur salariale qui a pesé sur la croissance de la France." (13)

Il faut vraiment ignorer la situation et les mécanismes de l’économie pour émettre de pareilles absurdités. Oui il serait beau de travailler plus pour produire d’avantage de richesses, d’avantage de bien-être et permettre d’entretenir un fonctionnement régulier du système économique. Mais pourquoi aurait-il fallu attendre M. Sarkozy dont l’incompétence en matière d’économie politique est démontrée au niveau des finances publiques pour mettre en oeuvre cette idée ?

1. Il existe en droit du travail et dans le contrat entre l’employé à l’employeur un lien de subordination qui oblige l’un d’être à la disposition de l’autre en contrepartie du paiement des heures travaillées. Ce n’est pas à l’employé de décider de travailler plus, mais à l’employeur de le requérir.

2. Or le travail a un prix qui ne doit pas dépasser un certain coût de revient. Si les prix sont trop bas, si les commandes ne suivent pas la capacité de production, si les stocks s’accumulent, si les débouchés manquent : il est tout a fait ridicule de par un caprice de la volonté de demander un sursaut d’effort aux travailleurs et même de leur promettre un gain supplémentaire si la production ne peut être vendue et écoulée. Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs, ce n’est pas le travail qui crée la demande de produit, mais la demande de produit, la commande ferme qui provoque le lancement de la production, le démarrage de l’activité productive.

3. Donc le « droit de travailler plus » n’existe pas et n’existera jamais. Tout au plus pourrait-il exister "le droit de faire travailler plus" auquel l’employé n’aurait pas la liberté de se soustraire. C’est une situation qui existait avant le Front populaire et Léon Blum, au cours du XIXe siècle et même pour les serfs du Moyen Age... Nous serions curieux de savoir si le propagandiste souhaiterait retourner dans ses conditions. Au moins a-t-il jamais travaillé pendant 8 heures de rang à l’usine ou sur un chantier ? Certainement pas... Et heureusement qu’il existe des syndicats pour protéger les droits de cet individu s’l devait un jour prochain travailler sous les ordres d’un patron abusif.

4. Ce discours nous fait croire que les Français ne travaillent « pas assez ». Or un bref coup d’oeil sur les statistiques permet de nous convaincre que le problème n’est pas là : La France travaille plus que la moyenne européenne. (14) Toutes branches et tous emplois confondus la durée effective moyenne de travail est de 38 heures par semaine en France. 30 heures pour les Pays-bas, 35,6 pour l’Allemagne, 36,9 pour le Royaume-Uni, 37,9 pour UE a 27, etc. Effectivement dans les pays méditerranéens et les pays de l’Est on travaille plus longtemps... mais produit-on d’avantage ?

5. La productivité horaire en France est la plus élevée au monde derrière le Luxembourg. Conséquence directe, en travaillant 35 h en France, le travailleur produit beaucoup plus que beaucoup de chez nos voisins. (5e rang mondial derrière le Luxembourg, les Etats-Unis, l’Irlande et la Belgique).

6. On touche a partir de ces simples constatations ce moment où l’approche objective et l’étude rationnelle des faits s’efface devant un discours idéologique tonitruant qui voit des problèmes où ils ne sont pas et les vrais problèmes restent où ils sont... "Cela fait partie du discours ambiant : les Français travailleraient trop peu, notamment à cause des 35 heures. Ce qui expliquerait la faiblesse de leur pouvoir d’achat, la perte de compétitivité du pays et les dérives d’une protection sociale trop sollicitée, faute de revenus d’activité suffisants. Mais quand on examine la situation française de plus près, les évidences deviennent moins évidentes... Et d’ailleurs, que veut dire exactement « travailler trop peu » ? S’agit-il d’un nombre d’heures travaillées jugé trop faible ou du nombre de personnes au travail ? Cela n’a pas les mêmes conséquences sur les politiques publiques à mettre en oeuvre." (15)

7. En quinze ans, de 1990 à 2005, la France a créé davantage d’emplois (2 520 000 : +11,25%) que l’Angleterre (1 520 000 : +5,82%). Le modèle libéral britannique n’est donc pas supérieur au modèle social français. "Du fait des embauches qui l’ont accompagnée (350 000 au total en quatre ans, de début 1998 à fin 2001, selon l’Insee et la Dares du ministère de l’Emploi), la réduction du temps de travail a accentué la tendance à l’augmentation du volume total d’heures travaillées dans les entreprises (+ 6,8 %) observée durant cette période. Et sur un plan macroéconomique, c’est bien ce volume total qui compte et non le volume de travail individuel de chacun de ceux qui ont un emploi. Au contraire, depuis 2002, ce même volume est en légère baisse, de l’ordre de 1 % à 1,5 %. L’augmentation du nombre d’emplois entre 1997 et 2001 a donc plus que compensé l’effet de la réduction du temps de travail. En revanche, les 35 heures ont incontestablement freiné la croissance des rémunérations... pour ceux qui étaient déjà en emploi." (15) A cela il faut ajouter que ce frein de la croissance des rémunérations est globalement et largement compensé par les rémunérations supplémentaires de ceux qui ont pu retrouver un emploi.

8. "Faut-il travailler davantage ? Il vaudrait mieux en effet être plus nombreux en emploi. Cela augmenterait l’autonomie des personnes et le revenu des ménages concernés, même si la qualité des emplois en question mérite aussi d’entrer en considération, compte tenu des problèmes que posent le développement des emplois précaires et le phénomène des travailleurs pauvres (working poors). En outre, pour les jeunes, dès lors que l’emploi est lié à la formation, cela améliore la qualité de leur insertion professionnelle. Travailler jusqu’à un âge plus élevé sera sans doute aussi nécessaire du fait du retournement démographique, mais cela devrait se faire moins par le recul de l’âge légal de départ en retraite que par la diminution des sorties précoces. Quant aux heures annuelles travaillées, la priorité devrait être à la réduction du nombre de chômeurs et de salariés à temps partiel subi. Certes, rien ne dit que la productivité de ces travailleurs serait au niveau de ceux qui sont aujourd’hui en emploi à temps plein. Il n’empêche : s’il faut travailler plus, mieux vaudrait explorer ces pistes avant de remettre en cause des symboles sociaux comme les 35 heures et la retraite à 60 ans. Elles sont moins porteuses d’inégalités et de conflits." (15)

9. "Incontestablement, tout ce qui favorise la flexibilité est un « plus » pour les entreprises. Mais penser que cela permettra de régler la question du chômage, c’est se leurrer quelque peu : le nombre d’emplois créés dépend en premier lieu de l’évolution du pouvoir d’achat, de l’effort d’investissement et d’innovation, etc. En outre, la flexibilité est source d’inquiétude pour les salariés, qui craignent d’être renvoyés à tout moment. Ils n’accepteront donc de jouer le jeu - comme c’est le cas au Danemark ou en Suède, par exemple - que si des garanties leur sont données sur leur retour à l’emploi, la continuité de leurs revenus, la formation, le développement local, etc. Toutes choses qui impliquent des politiques publiques fortes et des accords entre partenaires sociaux."(15)

10. "La défiscalisation des heures supplémentaires aurait mécaniquement un effet négatif sur l’emploi : plus d’heures supplémentaires, c’est évidemment moins d’embauches. Mais cette mesure aurait également un effet de « distorsion » qui polluerait les choix des entreprises. Au lieu de choisir entre heures supplémentaires et embauches en fonction de critères économiques (et donc de faire un choix qui crée de la valeur économique), les entreprises feraient leur arbitrages sur des considérations fiscales en raisonnant en termes de baisses d’impôts et non de création de valeur. Au final, on aurait ainsi moins d’emplois et plus d’heures supplémentaires, y compris dans des cas où les entreprises préféreraient recruter. Certes, en baissant les impôts, on crée un peu d’activité, mais il est évident, pour des raisons déjà évoquées à propos des emplois Bayrou, qu’on créera moins d’emplois que si on avait alloué les mêmes sommes aux exonérations sur les bas salaires ou pour accompagner la recherche active d’emploi. Autrement dit, si Nicolas Sarkozy veut vraiment créer le plus d’emplois possibles, il se trompe de voie. Cette mesure est un exemple parfait de mauvais dispositif économique, et il ne faut pas se laisser égarer ici par les modèles de Rexecode, qui sont calés sur des paramètres selon lesquels toute baisse d’impôt crée des emplois et n’interrogent pas les différents usages possibles de ces baisses d’impôts. Le principal avantage de cette proposition n’est pas économique, mais politique, avec un côté très consensuel : c’est un cadeau fiscal aux salariés et aux entreprises. Cela peut plaire aux électeurs, mais il est difficile d’y voir une volonté de réforme économique." (16)

11. Au sujet de la compétitivité économique : "N. Sarkozy semble prendre les réformes menées en Allemagne comme modèle. Ainsi, à propos du plafonnement du niveau d’imposition, qui existe déjà en Allemagne depuis plusieurs années, il nous dit : « Comment imaginer que la France puisse s’exonérer d’une règle qui concerne 82 millions d’Allemands ? » L’argumentation est brillante : les Allemands sont plus nombreux que nous, ils ont donc toujours raison par rapport à nous ; imitons-les donc... Faisons également en sorte que le coût du travail n’augmente pas, tout comme eux, et, finalement, la « compétitivité » nationale sera restaurée ! Tout le monde sait pourtant que la France n’a pas intérêt à rentrer dans la compétition fiscale et salariale dans la zone euro. La conséquence logique de ce type de compétition est, en effet, ce que l’on appelle le « moins-disant fiscal », qui implique le « moins-disant social » (les économistes parlent de « course vers l’abîme », « race to the bottom » en anglais) : d’une part car les baisses d’impôts réduisent les marges de manœuvre budgétaire, d’autre part car la modération salariale limite le pouvoir d’achat. Or, les débouchés de la production nationale sont encore à 75% nationaux en France, compte tenu du taux d’ouverture qui est de 25%. On voit donc clairement toute l’absurdité de vouloir restaurer la compétitivité au détriment du pouvoir d’achat national : cela revient à encourager les exportations, au détriment de la consommation nationale, pourtant largement majoritaire. Ce type de politique n’a un sens que dans les petits pays de la zone : ils sont, en règle générale, beaucoup plus ouverts et les exportations sont souvent leur débouché majeur." (17)

12. M. Devedjian reconnaissait en public dans une émission télévisée (18) que son gouvernement avait échoué en matière d’emploi et préconisait a titre personnel la nécessité d’une politique de réindustrialisation. Or la concurrence des produits d’importation à bas coûts ruine toute velléité de relance économique nationale et ceci fait partie des vrais problèmes occultés par les slogans l’idéologie libérale. Il est certainement plus facile en parlant du chômage de dévier le sujet et reprendre ces recettes éculées de la Banque mondiale que l’on retrouve dans le programme de Sarkozy. Ainsi l’idée du "crédit formation d’un an" est directement copiée depuis les rapports de cette institution :"La mondialisation facilite le processus et le rend moins coûteux pour l’économie dans son ensemble grâce aux flux de capitaux, aux innovations technologiques et à la baisse des prix des importations. La croissance, l’emploi et le niveau de vie atteignent tous des chiffres supérieurs à ce qu’ils auraient été dans une économie fermée. Cependant, ces avantages sont le plus souvent répartis inégalement entre les pays et certains segments de la population risquent d’y perdre. Par exemple, il se peut que les travailleurs des vieilles industries sur le déclin aient des difficultés à se recycler dans la nouvelle économie. Que doivent faire les autorités ? Doivent-elles essayer de protéger des groupes particuliers comme les travailleurs à bas salaire ou ceux des vieilles industries, en limitant les échanges ou les flux de capitaux ? L’aide partielle qu’elles peuvent ainsi apporter à court terme porte atteinte en fin de compte au niveau de vie de la population en général. Elles devraient plutôt appliquer des politiques qui encouragent l’intégration dans l’économie mondiale tout en mettant en place des mesures pour aider ceux qui sont gravement touchés par les mutations. Il serait plus avantageux pour l’économie dans son ensemble de prendre des mesures qui favorisent la mondialisation en stimulant l’ouverture de l’économie et qui, en même temps, s’attaquent sérieusement à la question du partage des bienfaits de cette ouverture. Les autorités devraient privilégier deux domaines importants : • L’éducation et la formation professionnelle, afin que les travailleurs puissent avoir la chance d’acquérir les compétences nécessaires dans une économie en constante mutation ; • Une protection sociale bien ciblée pour aider ceux qui perdent leur emploi." (19)

13. A cela il faut opposer cette réplique de Jacques Sapir : "Je crois que derrière le libre-échange, il y a deux débats, extrêmement importants. Il y a un premier débat général qui consiste à dire que fondamentalement l’abandon de tout obstacle à la circulation des biens et des capitaux engendre toujours et partout des situations qui sont favorables au plus grand nombre. Ce qui est faux. Les économistes le savent : ce n’est juste que dans conditions extraordinairement restrictives qui ne s’appliquent pas au monde réel. Nous savons que d’un point de vue général l’idée qui consiste à dire le libre échange est toujours et partout la meilleure des solutions n’est pas validée par nos connaissances en économie. Après, il y a un deuxième débat, que je dirais plus contextualisé, qui consiste à se poser la question suivante : « Concernant deux ou un certain groupe de pays dont les caractéristiques économiques sont tout à fait semblables, qui ont des législations sociales et écologiques semblables, est-ce qu’il ne faut pas désarmer les protections tarifaires ? Est-ce que dans ce cas l’élargissement de la taille du marché n’est pas souhaitable ? ». C’est quelque chose qui se discute au cas par cas, il n’y a pas de lois générales. Quelquefois, c’est vrai, il vaut mieux effectivement procéder à un désarmement douanier tarifaire, mais il y a des cas où, malheureusement, ça ne s’applique pas." (20)

Pour résumer : il faut se dire que le travail ne dépend pas de la volonté de travailler plus longtemps mais de commandes et de débouchés liés au pouvoir d’achat intérieur et aux opportunités commerciales ; que selon la loi de l’offre et de la demande, chère aux laudateurs du tout-marché, dans un contexte de dérégulation des prix : plus d’offres d’heures de travail sur le "marché" tend à faire baisser son prix et travailler plus longtemps fait automatiquement gagner moins.

En guise de conclusion je me contenterai de citer Platon qui décrit déjà, vers 380 av. J.-C., le danger que fait peser le démagogue sur la paix publique : "Dans les premiers jours, il sourit et fait bon accueil a tous ceux qu’il rencontre, déclare qu’il n’est pas un tyran, promet beaucoup en particulier et en public, remet des dettes, partage des terres au peuple et à ses favoris, et affecte d’être doux et affable envers tous, n’est ce pas ? [...] Mais quand il est débarrassé de ses ennemis du dehors, en traitant avec les uns, en ruinant les autres, et qu’il est tranquille de ce coté, il commence toujours par susciter des guerres, pour que le peuple ait besoin d’un chef. [...] Et aussi pour que les citoyens, appauvris par les impôts, soient obligés de songer à leurs besoins quotidiens, et conspirent moins contre lui. [...] Et si certains ont l’esprit trop libre pour lui permettre de commander, il trouve dans la guerre, je pense, un prétexte de les perdre, en les livrant aux coups de l’ennemi. Pour toutes ces raisons il est inévitable qu’un tyran fomente toujours la guerre. [...] Et n’arrive t’il pas que parmi ceux qui ont contribué à son élévation, et qui ont de l’influence, plusieurs parlent librement soit devant lui, soit entre eux, et critiquent ce qui se passe - du moins pour les plus courageux ? Il faut donc que le tyran s’en défasse, s’il veut rester le maître, et qu’il en vienne à ne laisser, parmi ses amis comme parmi ses ennemis, aucun homme de quelque valeur. [...] D’un oeil pénétrant il doit discerner ceux qui ont du courage, de la grandeur d’âme, de la prudence, des richesses ; et tel est son bonheur qu’il est réduit, bon gré, mal gré, à leur faire la guerre à tous, et à leur tendre des pièges jusqu’à ce qu’il en ait purgé l’Etat. - Belle manière de le purger ! Oui, dis-je, elle est à l’opposée de celle qu’emploient les médecins pour purger le corps ; ceux-ci en effet font disparaître ce qu’il y a de mauvais et laissent ce qu’il y a de bon : lui fait le contraire." (21)

-

(1) http://cluaran.free.fr/dette.html

(2) http://democratie-directe.blogspot.com/2007/02/dette-externe-en-france-vu-par-la-cia.html

(3) http://www.humanite.fr/journal/2004-04-13/2004-04-13-391824

(4) http://www.dsk2007.net/Le-mythe-du-tresor-cache.html

(5) http://www.leblogfinance.com/2006/03/fallaitil_vendr.html

(6) http://www.leblogfinance.com/2006/04/rions_jaune_ave.html

(7) http://www.gold.org/value/reserve_asset/gold_as/background.html

(8) http://www.lesechos.fr/info/france/4562537.htm

(9) http://hebdo.nouvelobs.com/p2211/articles/a336789.html

(10) http://www.contrecourant.org/article.php ?id=118

(11) Le Monde

(12) Extrait du discours de Nicolas Sarkozy à Douai. 26/03/2006.

(13) (source : l’interview de Nicolas Sarkozy dans l’emission « A vous de juger » sur France 2. 30/11/2006)

(14) http://www.alternatives-economiques.fr/site/images_site/imageparnumero/hs72gr003.pdf

(15) Denis Clerc http://www.alternatives-economiques.fr/site/hs72_003_35heures.html

(16) Vincent Champain http://www.telos-eu.com/2007/03/voter_sarkozy_une_reponse_a_ol.php

(17) http://www.contrecourant.org/article.php ?id=101

(18) 16 novembre sur le plateau de l’émission politique de France 2 avec Arlette Chabot "A vous de juger" http://programmes.france2.fr/a-vous-de-juger/25903764-fr.php

(19) http://www.imf.org/external/np/exr/ib/2000/fra/041200f.htm#X

(20) http://dsedh.free.fr/transcriptions/Sapir153.htm

(21) Platon, La République 566, 567


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  • tvargentine.com lerma 19 avril 2007 09:18

    Pour avoir le temps d’écrire tous ça vous devez être un fonctionnaire qui n’a pas grand chose à faire ! smiley

    Franchement,que nous soyons de droite ou de gauche,il convient de respecter les candidats républicains qui se présentent à cette élection.

    Les partis extrèmistes ainti-républicains représente déjà un grave danger pour notre démocratie,alors ne soyez pas démago sur Nicolas Sarkozy.

    C’est le seul dont la campagne est structurée dont la communication (avez vous vu son super site web !!!!) est vraiment accessible...vous pouvez directement télécharger ses projets depuis son site...

    fichiers-programmes,videos,photos.....

    Avez vous trouvez des idées chez Sègolene Royal à pars d’avoir de la « compassion » et d’être entourée de troskistes (Dray,Cambadelis,Melenchon....)

    Arrêtez de diaboliser le débat républicain et exprimez vous le 22 avril !

    Nous ne sommes pas responsable du nivellement du parti socialiste et de son echec annoncé du 22 avril 2007.


    • satyagraha 19 avril 2007 10:09

      @ lerma : Qui vous dit que l’auteur n’a pas pris une semaine pour écrire cet article ? D’où viennent de tels préjugés ?

      Et vous, qui passez VOTRE TEMPS à intervenir sur TOUS les forums d’Agoravox, vous êtes fonctionnaire ? Ou tout simplement à côté de la plaque ?


    • Avatar 19 avril 2007 11:38

      Article intéressant bien que l’auteur aurait pu developper un peu smiley

      Avec Sarkozy, tout devient possible ; même le pire !!!

       smiley


    • nasko 19 avril 2007 11:40

      Allez lire l’article : « la sécurité des machine à voter n’est pas vérifiée : c’est prévu ». Puis lisez les commentaires. Ca peut valoir le coup.


    • karg se 19 avril 2007 16:23

      Lerma t’a pas autre chose à faire ?

      t’es souvent prem’s sur des articles alors même fonctionnaire c’est difficile de faire ça (pause café), tu doit être un geek ou un retraité (vieux geek), soit un employé associal, soit t’a pris des vacances juste pour trainer sur agora vox...

      En plus tes interventions sont absolument pas pertinente, bref tu soule


    • jean-jacques rousseau 19 avril 2007 18:51

      Bonjour cher Lerma

      Non je ne suis pas fonctionnaire... Je travaille tous les jours et je ne dispose que du week-end pour mettre en forme mes idées et analyses...

      Il ne faut pas inverser les roles : vous me reprochez d’être démago avec N. Sarkozy ?! Personnellement je considère que c’est lui le démagogue qui berne des français trop naïfs qui croient voir en lui « leur homme providentiel », « leur sauveur »... !

      C’est respecter un chat que de dire que c’est « un chat » Si les termes que j’ai choisi vous semble offensants, j’en suis désolé. Mais si je les ai utilisé c’est qu’il me semblaient les plus justes pour qualifier précisement une certaine attitude. Le mot « Hurluberlu » par ex. qualifie une « personne qui parle ou se comporte étourdiment, de façon brusque et extravagante. » Il me semble judicieux dans ce propos.

      Prendre d’autres termes « plus politiquement corrects » me semblait un renoncement à exprimer une réalité humaine particulière et comme une hypocrisie que je ne puis me permettre.


    • Jo 19 avril 2007 10:05

      Si c’est votre plaisir de rouler comme un malade, d’ignorer le manque de petrole dans le monde, la forte demande en matieres premieres en chine, de vous faire porter malade pour depression 2 mois par an, de mettre les gens en danger en telephonant au volant, ALORS en effet ne votez pas Sarkozy.

      Si vous pensez aux autres, a leur securite, au fait que nous devons partager les resources mondiales, penser au futur, ne plus vivre en assistanat ALORS VOTEZ SARKOZY


    • pipocratie 19 avril 2007 13:23

      Si tu crois encore ce que dit Thierry Breton...


    • Jo 19 avril 2007 10:21

      J’adore le graphe qui montre que la France travaille plus que la moyenne dans une semaine de reference. LOL, c’est vrai car la plupart des boites ne sont pas aux 35H mais aux 40H avec RTT. Donc dans la semaine de reference, on travaille plus en France MAIS cela suppose 9 a 11 semaines de vacances en France contre 4 a l’etranger.

      D’autres Stats prouvent que annuellement, nous bossons le moins.


      • jean-jacques rousseau 21 avril 2007 10:46

        vous avez encore d’autre statistique ici :

        http://travail-chomage.site.voila.fr/emploi/duree_travail.htm

        pour connaitre l’efficacité réelle du travail en France il faudrait mettre en relation le nombre d’heures annuelles moyennes et le tx de productivité. Et ensuite comparer ce chiffre avec les autres pays...

        Sans oublier que la comparaison n’a de sens - en terme de compétitivité - que pour les 25 % de la production qui sont exportées. Et il faudrait encore introduire dans ce calcul le cout du travail et de la protection de l’environement sans négliger le cout macroéconomique d’une politique déflationiste.


      • poetiste poetiste 19 avril 2007 10:56

        Pour résumer un texte trop long : Le petit ludion

        Que retenez-vous de l’histoire ? Aimez-vous les petits ludions Voulez-vous exalter leur gloire ? Occulter l’abomination ?

        Un roi se prend pour le soleil Et vous ne voyez pas l’outrance Vous criez tous à la merveille Mais qu’a-t-il donc fait de la France ?

        Passons à l’autre trublion Le roi de la déconfiture Il se nomme Napoléon Que pensez-vous des préfectures ?

        Gonflés, les ballons de baudruche Se servent dans le désarroi La politique de l’autruche C’est elle qui fait d’eux des rois.

        Méfiez-vous des petits ludions Ils viennent pour vous sauver Mais ils ne sont que vibrions Ils vont vous en faire baver.

        Ils se vengent d’être nés petits Drainant toutes les frustrations C’est un insatiable appétit Qui nourrit leur folle ambition ?

        Vous cédez à la séduction Sans voir ce qui est démoniaque Quand le ludion réveille en vous Un sentiment paranoïaque ;


        • Citoyen ordinaire 19 avril 2007 11:07

          Force est de constater que le programme du candidat UMP est crédible.

          De plus, son talent indéniable d’orateur, son langage simple et direct et son charisme de grand homme d’Etat ne manque pas d’impressionner.

          Sa dernière prestation hier chez A Chabot était superbe ! Bravo. On se dit que cet homme au leadership incontestable saurait gouverner et représenter excellement notre pays en manque cruel depuis si longtemps de leader et de direction éclairée.

          Et puis, lorsque l’écran s’éteint, la mémoire des faits si têtus revient obstinément.

          L’on se souvient que le candidat est l’un des maîtres d’oeuvre de cette politique qui a plongé notre France dans la faillite économique et sociale, la violence et l’incivisme, le délaissement de sa souveraineté et la préférence donnée aux clandestins hors la loi plutôt qu’aux nationaux dont le destin n’est plus qu’incertitude.

          Mais......de plus....ce programme de gouvernement n’est il pas emprunté par pans entiers à celui que le Front National a de tous temps et contre tous défendu !

          Mais alors pourquoi pendant toutes ces années s’est on évertué à etouffer la voix de ce parti en le diabolisant tout en mettant en oeuvre une politique dont les conséquences aujourd’hui sont si graves que l’on n’hésite plus à défendre ce qu’hier on a si violemment condamné !

          Pourquoi à l’heure du bilan faut il recouvrir les statistiques d’un écran de fumée !

          Pourquoi demande t’on si instamment la confiance des citoyens alors qu’elle devrait être naturellement et inconditionnellement accordée comme reconnaissance de la réussite de sa gouvernance passée.

          Fichue mémoire qui cassant l’illusion ramène toujours aux réalités !!!

          Zut ! à propos de réalité il faut vite que j’aille payer ces deux PV reçus pour avoir été flashé à 78 km/h et 81 km/h sur une route à 70 km/h. Moi qui n’ai jamais eu d’accident de ma vie ! C’a va faire combien de points en moins au juste ?!


          • Jo 19 avril 2007 11:39

            Ca vas vous faire 2*2 points en moins (que vous regagnez en 2 ans)et 2*90 euros. Une misere si ce n’etait qu’une fois. Par contre si vous roulez constemment comme ca, vous avez toute les chances d’avoir eu un accident donc on retire le permis si vous faites 6 exces de vitesses comme ca en 2 ans, vous avez de la marge encore.

            Vous me rappellez le gars qui me double au cine et que je demande d’attendre comme les autres car il y’a des regles a respecter. Comme tout les autres l’ignorent, je fais pareil et je me met devant lui. Il me demande « votre vie doit etre bien triste si vous respectez les regles », je lui repond « Non, je vais m’amuser a vous emmerder des que je vous verrai, c’est marrant non ? » Puis je l’ai doubler pour acheter le Coca, j’ai adore sa tete :)


          • jean-jacques rousseau 20 avril 2007 07:37

            Il semble que nous n’ayons pas en France « la culture du résultat »... C’est a dire ce reflexe intellectuel de dresser un bilan, « un debriefing », un calcul couts/resultats de telle ou telle action.

            A ce titre « Chirac dira »je suis un homme d’action pas de bilan« C’est a dire : »que les esprits chagrins, calculateurs, les comptables mesquins cherchent la petite bête si cela les amusent... moi j’ai realisé avec magnificence une geste héroisque, légendaire qui seule restera gravée dans l’« Histoire »"... Hmm bof !

            Louis XIV était aussi de ces hommes qui sont capable de faire s’évanouir des fortunes dans les projets les plus inconséquents... voir les nombreuses années de guerre avec les Pays-Bas - dont tres peu d’historiens seraient capablent de déterminer les motifs et les buts - Alors qu’ils peuvent estimer le nombre de français qui sont morts de faim , de froid, etc. au cours de la période et l’état de délabrement extreme du pays à la fin du régne absolutiste du « Roi soleil »...

            Pour M. Sarkozy qui prétend appliquer cette « culture du résultat » surtout quand il s’agit de fonctionnaires de police ou des magistrats ; nous ferions mieux d’envisager son propre bilan en tant qu’administrateur tant au Budget, au Ministere des Finances, qu’en tant que premier flic de France... Il est globalement négatif et c’est ce que j’ai tenté de mettre en évidence à travers ces lignes.

            Un bilan, un tableau cout/résultat : C’est effectivement ce que les journalistes devraient faire - mais pour tous les ministres et responsables - si ils n’étaient pas détournés de leur devoir d’information objective des citoyens par des considérations secondaires sur le controle des médias par les puissants et « d’opportunité à écrire »...


          • snoopy86 19 avril 2007 11:17

            Enfin un article antisarkozyste intelligent...

            Bravo à l’auteur. C’est autre chose d’argumenter sur un programme économique que de crier à la menace fasciste ou, comme hier, de renifler les bidets de Cécilia.


            • Tristan Valmour 19 avril 2007 11:20

              Bravo pour votre article. Vous faites ce que les journalistes et les candidats auraient dû faire : non pas diaboliser Sarkozy, mais parler de son bilan. Parce que, vu ses fonctions, il est personnellement comptable et coupable de la crise larvée. Et son programme économique est presqu’entièrement basé sur la neutralisation des 35 heures alors qu’il n’a même pas le courage d’abroger cette loi. Je trouve que c’est assez faible comme programme.

              Je discute parfois de politique avec mes amis chefs d’entreprises ou DRH (2/3 sont pour Sarko), et je leur demande : embaucheriez-vous Nicolas Sarkozy ? La plupart répondent « non ». A la question « pourquoi » suit la réponse (édulcorée) « il destabiliserait l’entreprise ». En fait, ils ne l’embaucheraient que pour la communication.

              Sarkozy me fait penser à ces hommes beaux parleurs qui se font passer pour des « winners » alors qu’ils sont des « loosers », ces gens qui ne réussissent pas par leur talent ou leurs capacités, mais par la duplicité et la séduction. Ces gens qui parlent beaucoup, intimident et s’approprient le travail des discrets et laborieux.

              Encore une fois, il faut parler du bilan comme du programme.


              • rosselin 19 avril 2007 11:26

                Bonjour,

                Bravo pour votre article. Un reproche, il est parfois peu clair (par exemple le passage sur l’or et la redistribution à l’envers). J’essaie d’en faire une version écourtée pour distribuer autour de moi à mes amis de droite avant le 1er tour.

                Il est également intéressant de lire l’appel des économistes pour la candidate socialiste dans les Echos (Daniel Cohen, Philippe Aghion, Thomas Philippon, etc.).


                • cobra 19 avril 2007 14:40

                  Bon article, très complet, qui souligne les contradictions entre les dires et les faits de nos gouvernants. Sur le « travailler plus pour gagner plus » tu éludes la partie législative. En 2004, tandem Sarkozy-Fillon a abrogé une disposition Aubry II, qui prévoyait le passage de la rémunération des heures supplémentaires de 10 à 25% au 1er janvier 2005 Disposition qui a été reprise dans l’ordonnance de mars courant, qui entrera en vigueur au 1er janvier 2008. Dans les faits, travailler plus pour gagner.... moins, grâce à qui déjà ? N’y en a-t’il pas un qui voudrait être le 1er ministre de l’autre ?


                  • toto1701 19 avril 2007 19:01

                    « la republique aidera ceux qui se levent tot et combattra ceux qui se levent tard » a dit le candidat de l’ump... qu’estce que cela peut bien vouloir dire ? pense t’il faire voter une loi instituant un delit de « leve tard » et ce delit concernera t’il l’ensemble du territoire ou les zones de banlieues ?qu’elle sera l’echele des sanctions , le travail forcé ou la relégation a st pierre et miquelon ? çà me fou les boules, moi qui aime bien faire la grasse matinée va falloir que je m’adapte si ls français me donnent tort d’aimer le sommeil paradoxal a l’heure du laitier !!


                  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 19 avril 2007 19:04

                    Ces propos sarkoziens sont effectivement consternants de simplisme. Et dire qu’il est avocat de formation !


                  • 1984 1984 20 avril 2007 03:26

                    Merci pour cet article smiley

                    D’ailleurs, j’aime à remarquer qu’il n’y a que les quelques irréductibles Sarkosystes pour encore venir larmoyer sur un article de plus contre leur candidat.

                    Malheureusement, le manque de commentaires sur cet article montre à quel point les vrais enjeux de ces élections sont délaissés, même sur un site que l’on pourrait qualifier de « plus instruit » que les médias traditionnels. Je n’oserais même pas jetter un oeil sur l’article sur Cécilia Sarkosy, mais je ne doute pas que chacun y aille de son petit commentaire.

                    Ca me rappelle cette vieille règle d’économie que notre professeur nous a expliqué : Dans une entreprise, plus un achat est important et stratégique, plus les débats seront courts. Par contre, si on lance la discussion sur le changement d’une porte, c’est à la portée de tout le monde, et ca sera un bordel incommensurable.

                    Plus j’y réflechis, et plus je me demande comment l’équipe de l’UMP peut autant croire aux modèles économiques érigés dans une époque complètement différente, et ne tenant pas compte des facteurs extérieurs smiley

                    Faut dire que ca se saurait, s’il suffisait de produire plus pour donner envie d’acheter plus smiley


                    • lyago2003 lyago2003 20 avril 2007 09:50

                      Les cinq amis de sarko possèdaient une fortune de 34 milliards d’euros, ces hommes parmi les plus riches de France.

                      - celui qu’il appelle son frère : Arnaud Lagardère (0,59 milliards d’euros) qui possède : Paris Match, Elle, Journal du Dimanche, Télé7jours, France-Dimanche, Première, Europe n°1, Europe 2, RFM , MCM, Canal J
                      - Le meilleur ami : Martin Bouygues (2,73 milliards d’euros) qui possède : TF1, LCI, Eurosport, TMC ...
                      - L’ami, témoin de mariage : Bernard Arnault (17,2 milliards d’euros) qui possède : La Tribune, Investir, Radio Classique
                      - Le bizness-man reconnaissant : Serge Dassault (6,62 milliards d’euros) qui possède : le Figaro, Socpresse
                      - le copain de vélo : François Pinault (6,35 milliards d’euros) qui possède : Le Point Par sa politique Sarkozy va surtout favoriser ses amis là ces hommes les plus riches de France, marchands d’armes et possédant la presse. Certains de ses amis sont en plus les plus puissants marchands d’armes du monde qui n’hésitent pas a créer une « petite guerre » par-ci, par-là pour faire marcher leur commerce.

                      Puis ils font commenter cette guerre par les médias qu’ils possèdent.Ils en profitent aussi pour faire un peu de propagande discrète pour faire plaisir à leur copain Sarko (par exemple en laissant croire que tous les musulmans sont de dangerreux terroristes), certains amalgames peuvent en effet lui être utiles.

                      Mais Sarko le leur rendra bien en leur faisant profiter de nouvelles lois fiscales pondues rien que pour eux. La boucle est bouclée !

                      On sait r’envoyer l’ascenseur dans ce milieu des affaires bien juteuses.


                      • Jo 20 avril 2007 11:12

                        Segolene a pourtant les memes « amis ». Je ne comprends pas votre objection. Si on fait de la politique, on a forcemment des « amis » bien places, qui plus est si on fait partie de la Gauche caviar. Ce qui est acceptable de la gauche ne le serait plus de la droite ?

                        Si je voulais etre mechant, je dirais que Sego a aussi comme le Hezbollah, qu’elle va les voir en vacances, de meme pour la Chine dont elle soutient la vitesse de jugement.


                      • Vilain petit canard Vilain petit canard 20 avril 2007 12:47

                        Merci, ça fait du bien d’entendre des arguments étayés sur le personnage (l’huluberlu). Il est frappant, comme vous le soulignez, qu’aucun journal ou presque ne fasse cet inventaire qui portant est facile à faire (je ne minimise pas votre travail remarquable, loin de moi cette idée) : toutes les données sont publiques, aucune sombre enquête à mener sous menace, comme dans Clearstream.

                        Je crois que tout simplement, Sarkozy est entièrement axé sur la quête du pouvoir (Platon a déjà tout dit, bravo pour la référence), et que son moyen préférentiel pour y arriver est la séduction : dire à l’autre ce qu’il veut entendre. Euh, enfin, c’est ce qu’il pense être de la séduction, parce qu’une part de mystère y manque : pour Sarkozy, tout est public (sauf ses déboires). Machin est pauvre ? il promet de l’argent en plus. Truc paye trop d’impôts ? il promet une réduction d’impôts. Bidule trouve que Forgeard se gave ? Il somme Forgeard de rendre l’argent. Pas la peine de chercher une continuité : sa politique, ou sa doctrine, n’est que le patchwork des interlocuteurs (ou, plus exactement, des catégories d’interlocuteurs) que lui préparent ses séides rue d’Enghien.

                        La boîte noire Sarkozy ? En entrée : des sondages, des avis de « puissants » (ses potes), un bon paquet de préjugés de « bonne famille » (sa surprenante connaissance de la génétique et des la psychiâtrie). En sortie : des démonstrations publicitaires, vaguement réalistes, un peu comme les flots de liquide bleu censés prouver l’étanchéité des couches-culottes dans les pauses publicitaires.

                        Et surtout, l’audimat : on choisit ses amis en fonction de leur notoriété et de leur pouvoir (pour les riches, voir l’article). Avez-vous remarqué que dans les personnalités médiatiques, avec qui il entretient une bruyante amitié « discrète et profonde », on trouve Doc Gyneco (record de ventes de disques), Clavier et Reno (le générique du « plus gros succès français du box office : les Visiteurs »), Drucker (l’audimat le plus fracassant chez les plus de 60 ans), Tom Cruise (l’homme le plus sexy du monde d’après « Vanity Fair » ou « Globe », je ne sais plus, et acteur le plus payé du monde jusqu’à récemment) : on dirait un hit-parade de « Fortune ». Il affronte Onfray en duel rhétorique dans Philosophie Magazine (c’est le philosophe le plus vendu), il cite Jaurès (très connu), enfin bref, il ne sélectionne ses centres d’intérêt que par leur célébrité, c’est-à-dire l’intérêt que leur portent le plus possible d’autres, ce qui est intéressant à noter, devant ses manifestations d’ego forcenées.

                        En fait, il n’a pas un seul ami pas connu, et il ne s’intéresse à rien qui ne soit pas en haut du hit-parade. D’ailleurs, il est inculte, c’est notoire. Pas étonnant qu’il soit de connivence avec les medias : c’est sa sève, sa raison d’être, ce qui l’irrigue. Cette excentration est très préoccupante.


                        • Thomas Thomas 20 avril 2007 18:05

                          Article remarquable par son niveau de détail et ses références validées. Un niveau qui, s’il était une exigence systématique sur AV, ferait beaucoup pour améliorer la qualité de ce site, son objectivité et son indépendance.

                          Franchement trop long toutefois. Il me fait penser à la profession de foi de Sarkozy, dont la seule densité dissuade toute lecture.


                          • lyago2003 lyago2003 20 avril 2007 18:24

                            jo, C’est vous qui extrapolez ! je ne fais que citer les amis de Sarko qui par le plus pur des hasards font tous partie du clan des businesman .-

                            Le reste est dans votre imagination je ne roule pas pour la gauche alors évitez les préjugés si vous le voulez bien, merci. lyago

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