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Accueil du site > Actualités > Politique > La famille, parlez-en moins...

La famille, parlez-en moins...

Le discours politique sur la 'défense de la famille' présuppose de belles intentions. Le problème est que celles-ci valent moins que les faits...

Comme régulièrement dans les campagnes électorales, le thème de la famille surgit en ce début d'année 2012. Cette fois ci, le quotient familial remis en cause par les socialistes (incrustation) trouve dans l'UMP d'âpres défenseurs. Les premiers jurent qu'ils veulent instaurer un nouveau système plus équitable. Les seconds assènent que leurs adversaires sapent l'édifice même de la politique familiale française. Les dés sont toutefois en partie pipés.

Le quotient familial établit certes une injustice, mais entre les ménages qui paient des impôts : seuls ceux qui ont un ou plusieurs enfants obtiennent une diminution de leur contribution. Cette injustice résulte d'un choix ancien - favoriser la natalité - réalisé à une époque où une proportion plus large des ménages payaient l'impôt sur le revenu. Le statu quo arrange l'électeur bénéficiaire et la remise en cause dudit quotient vise à flatter des électeurs-payeurs (de l'impôt sur le revenu) sans enfants.

Cela étant, la défense du quotient familial laisse de côté la question de l'équilibre des finances publiques - l'impôt sur le revenu représente 18 % des recettes fiscales en 2008 (source) -, renflouées par la TVA et les impôts indirects payés par tous, sans considération des écarts de niveaux de vie. Cet équilibre tient donc à la générosité de tous les Français. Le périurbain smicard fumeur faisant trois ou quatre pleins d'essence par mois pour aller de son domicile à son lieu de travail ['Des Français 'invisibles' et des prostituées (trop) visibles'] contribue comparativement beaucoup plus qu'un avocat député maire de la Seine-et-Marne. Et pourtant l'Etat ne boucle pas ses budgets, d'où des déficits chroniques.

Vouloir maintenir le quotient familial consiste en outre à négliger l'augmentation desinégalités de revenus. Celle-ci tient à la stagnation relative des rémunérations dans de nombreuses catégories socio-professionnelles, en commençant par la fonction publique, et à la progression forte de celles-là dans certains secteurs bien ciblées : finance, service aux entreprises, divertissement (Olivier Goduchot). Olivier Berruyer (Les Crises) l'a également illustré dans un post consacré au même thème. La bulle immobilière a accentué plus qu'elle n'a limité les inégalités sociales en France : 'C'est à prendre ou à Scellier'.

Mais il ne faut pas s'écarter de la question centrale, celle de la famille. Admettre sa fragilité est une chose, la jauger en est une autre. L'évolution du chômage me paraît constituer un bon indicateur (exemples). Aux dernières nouvelles (novembre 2011) celui-ci s'établit juste en-dessous de 10 %. Jusqu'en 1994, le chômage a progressé jusqu'à frôler le cap des 12 %. Stable entre 1995 et 1999, il a baissé en deux étapes successives : 1999-2001 et 2006-2008. Dans la période la plus récente on observe une forte poussée entre 2008 et 2010, comparable à celle qui prévaut en Allemagne. Depuis deux ans en revanche, le chômage outre-Rhin régresse de manière spectaculaire, au contraire de ce qui se passe en France (source). On notera que les élections pèsent peu dans cette histoire.

La carte du chômage en France s'avère très utile pour percevoir les inégalités territoriales (voir au-dessus la carte de l'Insee sur la base statistique de 2007). Apparaît comme épargnée (relativement) la France de l'Ouest, de la moitié sud du bassin parisien, du Massif Central et du Centre-Est : globalement non métropolitaine, malgré quelques exceptions (Yvelines, Ille-et-Vilaine, Côte d'Or, etc). A l'inverse, les départements les plus atteints par le chômage (entre 8 et 11 %) s'agglomèrent dans deux parties extrêmes du territoire : le nord et l'est du bassin parisien (+ Vosges et Territoire de Belfort) d'un côté et le sud méditerranéen de l'autre. Dans ce deuxième groupe s'ajoutent les départements rhodaniens et garonnais les plus proches.

Voyons maintenant la carte du divorce en France (voir au-dessus, tiré d'un article duFigaro). En nombre, celui-ci s'est stabilisé à plus de 120.000 par an après une forte progression entre 1970 et 1990 (France Prioux), avec un pic en 2005 : 152.000 (Insee). Faut-il insister sur les convergences entre cette carte et la précédente ? Je n'en tire aucune conclusion sur un éventuel lien de cause à effet, mais note que les départements du chômage de masse correspondent aux départements du divorce répanduLa Croix a récemment consacré un dossier à l'impact des divorces dits express non au sein de la jet set argentée, mais dans la classe moyenne. Certains avocats sans scrupules ont trouvé là une nouvelle clientèle captive. Lorsque la famille se désintègre, la société se fragilise : Une poignée de noix fraîches. On comprendra que je ne retiens pas grand chose de la démonstration d'Aude Serres, dans le Figaro, en particulier sur le lien entre soleil etdivorcialité, ou entre campagne et pérennité du mariage.

Je reviens donc pour finir à la vaine polémique sur le quotient familial. C'est Jean-François Copé qui affiche bien fort dans La Croix sa fidélité aux principes - plus théorique que personnelle si j'en crois les gazettes - tout en attaquant François Hollande. Selon lui, ce dernier 'envoie un message d’anéantissement de la politique familiale française' : ni plus ni moins. On trouvera à la fin l'intégralité de l'entretien. Bien sûr, je juge sévèrement le niveau des débats et ceux qui y contribuent. Une autre chose m'importe qui touche à la famille en difficulté. On se focalise sur l'anecdotique en oubliant l'essentiel de ce qui fragilise la famille... Le divorce express, les inégalités sociales et le chômage à 10 % devraient inciter l'UMP à plus d'humilité sur la question : La famille, parlez-en moins... Et agissez.

[L. de Boissieu / La Croix] Que pensez-vous de la proposition de remplacer le quotient familial par un crédit d’impôt ?

Jean-François Copé : En proposant la fin du quotient familial, François Hollande envoie un message d’anéantissement de la politique familiale française. Il s’agit en effet d’une proposition extrêmement grave, puisque le quotient familial en constitue le socle.

Or, notre politique familiale est reconnue comme l’une des plus efficaces au monde, tant pour la démographie que pour le taux d’emploi des femmes. Encore une fois, la gauche veut s’attaquer à ce qui fonctionne bien en France, tout en voulant par ailleurs, par immobilisme, conserver ce qui ne fonctionne pas !

L’argument de la gauche consiste à expliquer qu’un « enfant de riche rapporte une baisse d’impôt beaucoup plus importante qu’un enfant de pauvre », et que les familles qui ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu ne bénéficient pas, de fait, du quotient familial. Cela ne vous choque-t-il pas ?

La réalité, c’est que le quotient familial est déjà, et fort heureusement, plafonné. Je considère que ce plafond permet d’éviter les abus. Par idéologie, François Hollande pourrait, par exemple, vouloir abaisser ce plafond. Mais non, là il veut purement et simplement supprimer le quotient familial ! Une pure folie !

Avec cette mesure, la gauche poursuit ainsi son matraquage programmé des classes moyennes imposables. Ces Français qui n’ont pas droit aux aides sociales car leurs revenus sont juste


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44 réactions à cet article    


  • Robert GIL ROBERT GIL 13 janvier 2012 08:30

    La réalité est que le capitalisme détruit la famille par la mobilité de la main d’œuvre, les salaires sans cesse tirés vers le bas, et le travail du dimanche. Le revenu insuffisant qui résulte des bas salaires est une cause majeure de divorce et lorsque la famille se disperse pour aller là où sont les emplois, elle se désagrège.....
    http://2ccr.unblog.fr/2011/04/08/travail-famille-patrieet-petits-mensonges/


    • John_John John_John 13 janvier 2012 13:21

      Quand on ne gagne pas assez c’est qu’on ne produit pas assez, n’allez pas chercher midi à 14h. Si vous voulez rester dans votre village restez-y, personne ne vous empêche d’y créer de l’activité et de produire de la valeur pour la communauté. Ça n’a rien à voir le capitalisme, c’est une obsession ma parole !


    • Robert GIL ROBERT GIL 13 janvier 2012 13:52

      Petit rigolo !


    • exocet exocet 13 janvier 2012 23:56

      Johnjohn a écrit :
      « Quand on ne gagne pas assez c’est qu’on ne produit pas assez, n’allez pas chercher midi à 14h »

      Je connais des ouvriers et techniciens qui ne gagnent pas assez, pourtant ils triment dans des PME et produisent les richesses.
      D’autre part, je connais aussi des rentiers de situation, cadres dans des grandes boites nationales ou dans la fonction publique, qui se sachant invirables, exploitent paresseusement leur rente et ne produisent rien.

      En France, ce n’est pas celui qui produit le plus qui a de quoi consommer le plus.


    • eric 13 janvier 2012 09:00

      A l’auteur : vous faites bien de resituer un peu la question d’un point de vue technique. Comme en plus , aux tranches salariales les plus basses, plus de la moities des revenus sont composes de transferts monetaires et non monetaires, il n’est meme pas exclu que dans l’ensemble, la politique familliale francaise soit en realite relativement juste...

      Il y a un point plus philosophique. Apres la raclee prise par Jospin, certains commentateurs avaient pu dire qu’une des causes etait sa reforme de l’exoneration pour garde d’enfant. Les socialistes auraient decouvert a posteriori que loin de ne beneficier qu’a de richissimes capitalistes, elle profitaient largement a une part de leur electorat, exaspere par la reforme et qui l’aurait fait payer a Lionnel.
      Les memes causes produisant les memes effets, la meconnaissance du reel conduisant a des effets de manche demagogiques pour mobiliser sur sa gauche afin d’etre en bonne position au premier tour, mais cette fois ci, le PS ayant l’experience Jospin, je me demamde si cette position osee et risquee ne fait pas partie d’une tendance plus generale, inconsiente peut etre, a reculer devant l’obstacle.
      Ajoute a d’autres comportements et prise de position, on en arriverait a se demander si Hollande n’aurait pas peur de gagner .... ?


      • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 13 janvier 2012 11:50

        E.,
        François Hollande aurait ’Peur de gagner’ ? Je ne sais pas si l’expression convient. Je constate dans mon ’post’ qu’il tient le discours de l’égalité des Français, mais en flattant une partie seulement de l’électorat : les ménages payant l’impôt sur le revenu, mais ne bénéficiant pas de décote, faute d’enfant(s).
        Cela étant, la droite gouvernementale est ici principalement visée, qui use et abuse du discours sur la famille. De fait, celle-ci s’est considérablement fragilisée dans les dernières décennies. Il est un peu facile de la part de l’UMP de se défausser sur les « évolutions de la société » en s’exonérant de toute responsabilité en la matière...


      • herve33 13 janvier 2012 13:03

        C’est évident qu’avec cette mesure , Hollande a lancé la machine à perdre , quand il juge qu’un foyer disposant de quatre mille Euros par mois est une famille riche , c’est vraiment se foutre de la gueule du monde .
        Le salaire moyen en France est d’environ 2500 Euros par foyer . A 4000 Euros par mois , on fait partie des français moyens et surement pas des véritables riches ( 1% de la population ) qui eux arrivent à ne pas payer d’impôts , grace aux niches fiscales et divers artifices .

        Hollande est comme Sarko , mais peut-etre en pire pour ponctionner les classes moyennes , cela fait longtemps que le PS se moque du monde en votant la libéralisation totale des marchés ( par exemple Pascal Lamy , président de l’OMC ) , difficile de croire que les solutions anti-crise du PS , le vrai problème , c’est la régulation des marchés financiers , mais là personne n’en parle


        • appoline appoline 13 janvier 2012 17:59

          4000 euros par mois pour un foyer avec deux enfants permet, ne vous en déplaise, de vivre très à l’aise. Mais bien sûr, plus l’être humain en possède plus il veut en posséder ; mais pas sur le dos du contribuable.


          Il est grandement temps que ce système soit remis au goût du jour. La natalité n’a pas besoin d’être relancée et pour cause, nous sommes en surnombre donc il faut bien au contraire adopter un système pour freiner cette dernière. Les ménages les plus nantis ne doivent plus percevoir d’allocations. Ils veulent des gamins, qu’ils les assument. Quant aux foyers les plus démunis, ils font des gamins, pour, dans la plupart des cas, toucher ces fameuses allocations, qui permettent de faire vivoter tout ce petit monde et le gamin n’est pas forcément le bénéficiaire de cette manne.

          Nous arrivons à un stade où la rigueur va règne en maître pour éponger les dettes de nos dirigeants mais il faut se montrer raisonnable et distribuer, dans tous les cas de figures, l’argent là où il est nécessaire.


        • Pelletier Jean Pelletier Jean 13 janvier 2012 13:16

          La proposition de François Hollande s’inscrit dans une logique de plus de justice sociale et fiscale.
          C’est une évidence et j’ai du mal à comprendre ceux (et pas seulement l’UMP) qui font des contorsions intellectuelles pour expliquer que la mesure est désastreuse.

           1 - elle ne coutera rien au budget de l’état, c’est une redistribution dans un même périmètre

          2 - elle redonnera du pouvoir d’achat à ceux qui en ont besoin et qui relancera l’activité économique par la consommation

          3- elle enlèvera du pouvoir d’achat au plus riche, qui pour autant auront toujours la même possibilité de consommer.

          http://www.over-blog.com/profil/blogueur-984719.html


          • jpm jpm 13 janvier 2012 13:24

            Tout a fait daccord avec vous Pelletier. La proposition socialiste s´inscrit vraiment dans une logique de justice sociale et fiscale. Maintenant le candidat Holande aura t´il le courage et la pedagogie de la defendre jusqu´au bout ?


          • John_John John_John 13 janvier 2012 13:25

            Le rôle de l’Etat est d’arbitrer la société et de faire respecter les droits, pas de prendre à Pierre pour donner à Paul. Ça c’est du communisme primaire on sait où ça mène. 


            1. Ça coûtera beaucoup à l’Etat parce que les individus les plus productifs auront moins de raisons de créer de la valeur

            2. La prospérité provient de l’épargne et de l’investissement, Keynes n’a rien compris réveillez vous

            3. Les « plus riches » restent toujours à définir ! Pour un gauchiste un « riche » c’est quelqu’un qui gagne plus que lui, d’où le nivellement par le bas...

          • jpm jpm 13 janvier 2012 13:37

            Justement l´Etat fait bien des arbitrages lorsqu´il decide de prelever moins d´impots aux familles aisees qui ont des enfants. Ceci constitue donc un niche fiscale... qui profite dautant plus que la famille est aisee. Bien sur, la politique familiale est tout a fait justifiee... mais il n´empeche que le quotient familial avantage avant tout les familles les plus riches.

            Son remplacement a cout egal pour le budget de l´Etat par un credit impot equivalent quelque soit les revenus de la famille est donc parfaitement justifie... et encourage tout autant la natalite. Les classes moyennes ne perdraient rien... car cela ne changerait pas grand chose pour elles... mais les familles les plus modestes seraient reellement avantagees.


          • JL JL1 13 janvier 2012 13:47

            Curieusement, quand l’État arbitre en faveur des riches, les libéraux appellent ça du pragmatisme ; quand il arbitre en faveur de l’équité et la justice sociale, ils appellent ça de l’idéologie.

            Le libéralisme c’est le cache-sexe de tous ceux qui privilégient le profit personnel au détriment de la justice sociale, autrement dit de la démocratie et de l’intérêt collectif. C’est un discours exécrable qui s’autoproclame rationnel, ce qu’il n’est pas. Le discours libéral est irrationnel, c’est en cela qu’il peut se dire pragmatique et seulement pragmatique, c’est-à-dire intégriste.


          • Pelletier Jean Pelletier Jean 13 janvier 2012 14:29

            @JPM,

            D’évidence oui, ou alors c’est à désespérer de tout.

            http://www.over-blog.com/profil/blogueur-984719.html


          • jpm jpm 13 janvier 2012 14:39

            @Jean malheureusement sans etre pessimiste, je crains que la situation reste desesperante. Comme je le disais ironiquement sur un autre fil, les memes petites gens qui ont vote pour Sarkosy et ses baisses d´impots pour les plus riches... vont voter contre cette idee de justice sociale et fiscale. Decidemment, les gens s´identifient tres facilement aux riches... et compatissent trop facilement a leur situation de gros contribuables. Au bout du compte, ils devraient etre beaucoup plus egoistes et penser dabord a leur propre situation de petits contribuables qui n´ont rien ou pas grand chose a gagner avec toutes ces aides destinees avant tout aux familles les plus aisees.


          • daryn daryn 13 janvier 2012 15:47

            La définition de la justice sociale et fiscale mériterait d’être élaborée.

            Sur la politique familiale, François Bayrou a un discours très clair (en gros et de mémoire, entendu hier sur France Inter) :

            (Sur la suppression du quotient familial)... on porte atteinte à un des principes les plus importants de ce qui a été la politique familiale de la France depuis la guerre. C’est la seule politique que nous ayons dans tous le paysage national qui marche et n’est remise en cause par personne. C’est ce qui donne à la France la capacité d’être le pays le plus jeune de l’Europe alors que tous les autres autour d’elle vont être vieux.

            (La politique familiale en général repose sur ) ... une idée simple que il faut que lorsqu’on fait le choix d’élever des enfants on ne perde pas trop en niveau de vie par rapport au même niveau social de familles semblables avec des revenus du même ordre.

            Quiconque élève ou a élevé des enfants sait bien qu’outre être une source de joies et de tracas les enfants sont en premier lieu une source de coût. Tout coûte plus cher : le logement, les transports, l’habillement, la nourriture, l’équipement, la culture, les loisirs. Lorsque les niveaux sociaux sont différents ces coûts sont différents également. Et sauf à vouloir éradiquer complètement jusqu’à l’existence de classes moyennes et supérieures cette réalité persistera.

            Le quotient familial, même plafonné, est le seul mécanisme qui prenne en compte cette disparité des coûts en fonction du niveau social.

            Le principe simple énoncé ci-dessus implique que la politique familiale soit être en quelque sorte orthogonale à la politique fiscale. Cela n’empêche pas d’avoir plus de redistribution, et F. Bayrou propose à cet égard deux tranches supplémentaires d’imposition. Les classes moyennes et supérieures paient déjà pour les autres, et ce n’est pas près de s’arrêter... Par contre, il ne faut pas qu’au final avoir des enfants conduise à une baisse du niveau de vie, quel qu’il soit. Ce sera le cas de toute façon (les diverses aides étant loin de compenser les coûts), mais l’objectif de la politique familiale est bien de limiter cet impact.


          • daryn daryn 13 janvier 2012 15:53

            afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur les attributions (j’ai des problèmes avec l’utilisation conjointe de l’italique et du gras) ce que dis FB est bien

            <début de citation>

            (Sur la suppression du quotient familial)... on porte atteinte à un des principes les plus importants de ce qui a été la politique familiale de la France depuis la guerre. C’est la seule politique que nous ayons dans tous le paysage national qui marche et n’est remise en cause par personne. C’est ce qui donne à la France la capacité d’être le pays le plus jeune de l’Europe alors que tous les autres autour d’elle vont être vieux.

            (La politique familiale en général repose sur ) ... une idée simple que il faut que lorsqu’on fait le choix d’élever des enfants on ne perde pas trop en niveau de vie par rapport au même niveau social de familles semblables avec des revenus du même ordre.

            <fin de citation>

            le reste est mon opinion et interprétation.


          • moussars 14 janvier 2012 17:55

            M’enfin, c’est qui cette caricature de John-john ?!


          • kiouty 13 janvier 2012 13:32

            Et pourtant l’Etat ne boucle pas ses budgets, d’où des déficits chroniques.

            Bah quand on paye 50 milliards d’euros (soit l’équivalent de ce que rapporte l’impôt sur le revenu chaque année) en intérêts aux investisseurs, il ne faut pas trop s’étonner que le budget ne soit pas bouclé.


            • John_John John_John 13 janvier 2012 13:48

              Quand on sait gérer un budget, on ne fait pas de déficit, donc on n’a pas besoin d’emprunter, donc on ne paie pas d’intérêts. C’est la responsabilité minimum qu’un peuple est en droit d’attendre de ses élus non ?


            • jpm jpm 13 janvier 2012 13:54

              Et pour cela il faut peut etre arreter de faire des cadeaux fiscaux aux gens qui gagnent le mieux leur vie... en reduisant regulierement le montant des recettes de l´Etat aux profits de ceux qui investissent leurs economies d´impots en assurance vie... constituees de bons du tresor.


            • John_John John_John 13 janvier 2012 14:03

              L’égalité c’est un même taux d’imposition pour tous, pas de niches fiscales, pas de subventions, pas de passe droits ni de régimes spéciaux. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que si on monte trop les impôts, on diminue les recettes de l’Etat parce qu’il n’y plus de raison de travailler si c’est pour devoir en donner la majorité à l’Etat. UN peu d’impôts oui, mais pas trop. Sinon, on travaille au noir ou on part en Suisse.


            • JL JL1 13 janvier 2012 14:08

              « Qu’ils s’en aillent tous » !

              Et qu’on leur retire la nationalité française, à tous ces exilés fiscaux.


            • John_John John_John 13 janvier 2012 14:13

              Si les riches partent, les capitaux, machines et usines partent avec. Et ne restent que les retraités, les pauvres et les chomeurs. En clair ça finit en guerre civile dans les 6 mois.


            • JL JL1 13 janvier 2012 14:27

              « L’égalité c’est un même taux d’imposition pour tous » (jojo)

              non ! ça, c’est l’égalitarisme !

               smiley  smiley  smiley


            • JL JL1 13 janvier 2012 14:37


              Hier, les élites pouvaient se targuer d’avoir fait les nations. Ce ne sont pas les riches qui font les nations, mais les nations qui font les riches. Aujourd’hui, les autoproclamées élites ont perdu toute légitimité en perdant ce qui justifiait leur statut : les vertus : courage, honneur,patriotisme.

              Les rejetons des rejetons des élites quand ils ne sont pas libertariens sont bobos, et réciproquement. Les élites actuelles, autant dire pipôles, exigent des pauvres une vertu sans faille mais se permettent toutes les privautés et turpitudes. L’un d’entre eux, un modèle du genre prétendait même accéder à la fonction suprême. Et que dire de l’actuel locataire de l’Elysée ! Ils sont plus ignorants et vils que le peuple qu’ils méprisent.

              Qu’ils s’en aillent tous, ces parasites.


            • John_John John_John 13 janvier 2012 14:44

              Les nations sont des concepts dépassés, détruits notamment par les discours internationalistes de la gauche et de l’extrême gauche. 


              Aujourd’hui on est citoyen du monde avant tout, si un pays ne veut pas des productifs et y préfère les improductifs, qu’il en supporte les conséquences. Mais les extrémistes se rendraient vite compte que l’idéologie, ça ne se mange pas.

            • JL JL1 13 janvier 2012 15:04

              L’idéologie, la seule qui nous emmerde aujourd’hui, c’est l’idéologie libérale.


            • John_John John_John 13 janvier 2012 15:11

              D’une, le libéralisme n’est pas une idéologie, mais une philosophie du droit (à supposer que vous compreniez la nuance, ce dont je doute), et deux : aucun pays occidental n’est libéral, ni même proche de l’être. Nos pays sont, de manière incontestable, sociaux-démocrate et aux économie keynésiennes. A l’opposé du libéralisme, donc. Bonjour la paranoia ! 


            • JL JL1 13 janvier 2012 15:18

              Mais si, le libéralisme est une idéologie : l’idéologie du pays des bisounours où chacun peut être en concurrence libre et non faussée avec tous les autres, puisque la main invisible veille à l’harmonie générale !

               smiley  smiley  smiley


            • crazycaze 13 janvier 2012 16:11

              @john-john : Le libéralisme est une doctrine économique (...), une philosophie politique (...) et une disposition de l’esprit (in Encyclopédie Universalis, 13, p.721b.)

              Idéologie : Ensemble des idées, des croyances et des doctrines propres à une époque, à une société ou à une classe (In Petit Robert, 1977, p.857, 3.)

              Quant à dire qu’aucun de nos pays occidentaux n’est libéral, je vous renvoie à la lecture de l’article sur le libéralisme de Francis Balle, prof. d’université de droit, d’économie et de sciences politiques, dans Encyclopédie Universalis (ed de 1990).

              Avant d’écrire, il est parfois bon de s’assurer du fondement de ses propos.


            • Imhotep Imhotep 13 janvier 2012 14:55

              Oh juste un petit détail oublié. Pas grave. L’éducation est en grande partie gratuite. Combien coûte un enfant à la société (médecin, enseignant etc, subvention diverses pour le sport la cantine , les primes de rentrées soumises au plafond de salaires, les diverses aides soumises à plafond etc.). Ceux qui ne payent pas d’impôts et qui payent peu de charges sociales vu leur faible salaire bénéficient pour leurs enfants de tous ces retours sans participer au financement (impôt directs) ou peu (charges sociales). Ceci est une belle redistribution que tous les beaux parleurs ont complètement oublié.

              Deuxième petit oubli, Oh pas grave, le quotient familial sert avant tout, au départ non pour les enfants mais la vie à deux. 
              Pas graves tous ces petits oublis. pas grave du tout.
              Et peut-être si, car cela rend complètement caduc le raisonnement qui attaque ce quotient sans tenir compte de toute sa réalité.
              Quant à la TVA par définition les petits salaires auront une quote part dans leurs dépenses de TVA réduite ou super réduite plus importantes, donc le taux global de leur imposition indirecte, en moyenne sera plus faible que ceux qui ont plus d’argent. Les premiers auront une moyenne nettement plus basse que les seconds et donc seront proportionnellement moins imposés et non au même taux.
              Si les premiers consoment 50 % à une TVA à 5,5 et le reste à 19,6, la TVA moyenne sera de 12,55. Et encore tous les produits en sont pas soumis à la VA (timbres, honoraires des médecins, loyers, emprunts etc.) et il y a des produits à 2,2 de TVA. Si les seconds dépensent 10 % de TVA à 5,5 le taux moyen sera de 18,19 % et sera donc non proportionnel aux premiers et seront de fait plus lourdement imposés.

              • JL JL1 13 janvier 2012 15:02

                Mais personne imhotep, n’empêche les riches de n’acheter en France que des produits de pauvres, s’ils trouvent que les produits de luxe sont trop lourdement taxés ! Et d’aller acheter ailleurs des produits sans taxes ! Comment, ils le font déjà ? ça s’appelle les paradis fiscaux ? 

                Pfff !

                Mitterrand disait de Bayrou qu’il est le pire de tous ? Je le crois volontiers en lisant ce que propagent ici ses groupies.


              • jpm jpm 13 janvier 2012 15:05

                Justement a propos du quotient familial pour le conjoint, je vous conseille d´aller regarder une petite simulation de son impact sur un couple ou un seul des conjoints a des revenus.

                http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-remplacement-du-quotient-107937

                Quoi qu´il en soit, le quotient familial est un sujet delicat et complexe... et je crains qu´il soit difficile pour les socialistes et leur candidat de faire comprendre le bien fonde de leur reforme ambitieuse de la fiscalite et de la justice sociale.


              • Bruno de Larivière Bruno de Larivière 13 janvier 2012 15:10

                A JPM.,
                J’entends bien vos arguments.
                Mais reconnaissez quand même l’ambiguïté de la formule : "moduler le quotient familial’...
                http://www.leparisien.fr/election-presidentielle-2012/candidats/hollande-et-valls-a-l-unisson-sur-le-quotient-familial-13-01-2012-1809910.php


                • jpm jpm 13 janvier 2012 15:18

                  @ Bruno de Lariviere,

                  tout a fait daccord pour reconnaitre l´ambiguite de la formule et du programme du PS sur un sujet tellement delicat et tellement complexe. Au bout du compte, ils ne feront que prendre des coups alors qu´il y un reel besoin de justice sociale et fiscale.

                  De mon cote je cherche juste a comprendre... et reflechir aux implications de cette nouvelle politique fiscale que j´appelle de tous mes voeux. Mais bon. la politlique etant l´art de ne facher personne et de pas faire trop de vagues, je crains qu´au bout du compte rien ne change vraiment.


                • heliogabale boug14 13 janvier 2012 21:31

                  Ceux qui pensent que le quotient familial explique le bon indice de fécondité de la France, sont dans l’erreur.


                  Il y eut le baby-boom qui a commencé avant 1945, vers 1943 en France. Or, il n’y avait pas de quotient familial !
                  Ce baby-boom va se prolonger jusque au début des années 1960. A partir des années 1970, chute de l’indice de fécondité qui atteint son plus bas niveau au milieu des années 1990, avec 1.65 enfant par femme si je ne me trompe pas. Or, il y avait le quotient familial.
                  Depuis il y a eu une remontée.

                  Le quotient familial n’est pas le dispositif central qui soutient la fécondité en France, on ne peut pas établir une corrélation certaine entre cette politique et ce taux.
                   

                  • daryn daryn 13 janvier 2012 22:23

                    Il y a évidemment d’autres phénomènes qui jouent, notamment le fait qu’il est plus facile à une mère de famille de travailler en France qu’en Allemagne ou en Italie. Par exemple, parce que les systèmes de garde sont comparativement très développés (crèches publiques, privées, voire d’entreprise, allègements divers pour la garde à domicile, etc). Dans ces pays singulièrement il y a de plus une réprobation sociale contre le travail des mères. En Italie que je connais bien et où il n’y a aucune politique familiale c’est particulièrement net.

                    Ceci dit il me semble quand même que le quotient familial sous sa forme actuelle est une mesure particulièrement simple, lisible, durable, installée dans les esprits et peu soumise à aléa politique (à part la fixation du plafond), qui envoie un message clair selon lequel il est encouragé de faire des enfants. Ce type de mesure n’existe pas en Italie, et les Italiens font peu d’enfants. J’ai tendance à y voir une corrélation mais je peux me tromper.


                  • heliogabale boug14 14 janvier 2012 13:37

                    La mesure que souhaite Hollande fait que 90% des ménages avec enfants seront gagnants, en partant du principe que la somme des rentrées fiscales resterait constante. 


                    ça devrait jouer négativement pour les 10% restants et encore selon des niveaux différents : les plus touchés seront probablement ceux se situant entre le 3e et le 6e centile les plus riches.

                  • proeur 13 janvier 2012 23:32

                    M Hollande applique à la politique familiale le nivellement par le bas des salaires qui existe déjà pour les salaires, ils sont rattrapés par le smic, ce qui démotive ceux qui veulent améliorer leur travail et contribue à notre déclin économique.
                    Pour le progrès de la collectivité française et pour que le sort des enfants s’améliore, il est préférable que les enfants grandissent dans des familles où ils réussissent mieux, en partie parce que leurs parents peuvent mieux s’occuper de leur éducation, c’est à dire plutôt dans des familles de classes moyenne ou supérieures que de classe pauvre. La politique de M Hollande conduit à l’inverse : elle fait augmenter le nombre d’enfants chez les plus pauvres où les parents ont la formation la plus faible, les enfants y réussissent moins bien, elle défavorise la natalité dans les classes moyennes où les enfants sont pourtant mieux éduqués. Ainsi elle cause une plus grande proportion d’enfants moins bien éduqués, donc une dégradation de la situation de la jeunesse et de l’avenir du pays. Ainsi augmente le nombre d’enfants en difficulté, ou trop mal formés pour survivre autrement que précairement ou par l’assistance des autres. Cela augmente la clientèle d’un parti socialiste qui fait croire qu’il lutte contre des inégalités, alors qu’il contribue en réalité à perpétuer le déficit d’éducation, donc diminue les chances de s’épanouir d’un plus grand nombre d’enfants.
                    D’autant que l’Etat et les collectivités locales sont de plus en plus incapables de rehausser le revenu et l’éducation des parents des classes pauvres au niveau de ceux des classes moyennes, ils font plus souvent l’inverse : réduire le niveau de vie des familles moyennes par l’accroissement d’impôts qui les frappent sans arrêt. La diminution des inégalités de formation et le secours aux personnes en difficultés fait déjà l’objet de nombreux et croissants transferts sociaux de l’argent des classes moyennes vers ces catégories et vers les plus pauvres.

                    L’enfant dans le plan socialiste est un objet prétexte d’une subvention pour que les pauvres puissent dépenser plus, ce n’est pas étonnant que les pauvres soient plus sensibles à une subvention monétaire pour accroître leur fécondité, mais ça accroît la marchandisation de l’enfant. Un enfant ne doit pas être employé comme un hochet agrémenté de subventions, que l’Etat augmente pour consoler un ménage de sa pauvreté.
                    Dans le jeu électoraliste socialiste l’enfant est un pion dont l’éducation et probablement le bonheur sont sacrifiés, puisque le projet socialiste le fait naître en moyenne dans de moins bonnes conditions.
                    Un enfant ne doit pas être un prétexte pour une fallacieuse égalité des chances qui se traduit perversement par réduire le nombre d’enfants des classes moyennes ceux qui pouvaient mieux réussir, en détournant l’argent qui leur était consacré pour le mettre dans la poche de pauvres, que cela n’aidera guère à monter dans l’échelle sociale. Beaucoup mieux que par cette subvention, les enfants pauvres monteront dans l’échelle sociale par une éducation-formation renforcée par la société, pour combler leur manque dans ce domaine.
                    Un enfant ne doit pas être un autre prétexte pour accroître l’égalitarisme d’une certaine gauche aux frais d’un acquis social qui est un succès pour la société française, quand on la compare aux autres pays développés dans le domaine de la natalité.
                    Un enfant ne doit pas être un prétexte pour accroître le ressentiment et la jalousie entre les classes sociales du pays, un prétexte pour ranimer la lutte des classes et la haine de ceux qui ne sont pas pauvres.

                    Au lieu de considérer que la meilleure éducation dans les classes moyennes est un avantage pour l’avenir de nos enfants et de notre société, qu’il faut faire profiter encore plus notre société de cet avantage en accroissant le nombre d’enfants mieux éduqués dans ces classes (comme en améliorant l’éducation des enfants pauvres pour les hisser dans l’échelle sociale), on tente de faire remplacer ces classes moyennes par les pauvres en accroissant le pouvoir reproductif de ces classes pauvres.
                    Là se révèle la nature eugénique à rebours du plan socialiste, qui préfère un enfant des classes inférieures à un enfant des classes moyennes ou supérieures, elle est héritée de son opposition à l’eugénisme de l’entre-deux guerres.
                    On souhaite que les classes sociales dépendent des transferts de l’Etat, qu’elles ne soient pas trop aisées ni éduquées (pas trop moyennes ou supérieures), ainsi on peut mieux les manipuler et s’attacher leur clientèle. Il transparaît dans la suppression du quotient familial, que la gauche ranime l’antique clientélisme, encore courant chez les Romains et plus récemment pendant la féodalité.

                    Le plan de M Hollande est injuste et sclérosant, il remplace la justice, l’équilibre de notre société par un égalitarisme stérilisant et désespérant.
                    Il diminue les chances de réussite des générations futures.
                    Il perpétue la pauvreté et le déficit d’éducation.
                    Il favorise cet archaïsme qu’est le clientéliste.
                    Il accroît les calculs intéressés au sujet de la venue d’un enfant.
                    Un plan rétrograde et destructeur de notre société.

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