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Accueil du site > Actualités > Politique > La fin de la gauche à la française

La fin de la gauche à la française

Alors que depuis la Révolution française, la classe politique était historiquement divisée entre la droite et la gauche, l’époque contemporaine va voir venir une rupture avec ce concept qui a marqué notre histoire politique depuis plus de deux cents ans. Ce changement majeur n’a été ni brutal ni radical, mais résulte d’une évolution des moeurs politiques et du comportement des citoyens, conséquence inéluctable des changements économiques et sociétaux observés hors de nos frontières et dont on sait que, tôt ou tard, ils parviennent jusqu’à nous.

L’apogée du clivage droite/gauche

L’une des singularités de la démocratie française, outre la qualité de son modèle théorique et conceptuel exporté dans le monde entier, a été sa partition historique entre deux forces qui s’opposent depuis la Révolution française, la droite et la gauche.

Sans vouloir évoquer les grands moments de ces deux camps, la césure voire la détestation réciproque droite/gauche est forte dans l’après-guerre et notamment à l’apogée de l’audience des communistes, ayant grossièrement fait à l’époque une OPA sur les mouvements résistants en s’attribuant hâtivement et parfois abusivement le monopole des faits d’armes et de bravoure de cette triste période.

Malgré les chamailleries entre socialistes et communistes (Congrès de Tours, d’Epinay), le monde politique des IIIe, IVe et Ve républiques est profondément marqué par une lutte entre deux camps et deux conceptions de la vie politique et sociale. Être de droite ou de gauche pour chaque individu revêt une signification, un être, une posture, les partisans de gauche affichant volontiers leur couleur politique plus facilement que ceux de l’autre camp.

Depuis 1958 en particulier, cette conception binaire régit non seulement la politique, mais les relations sociales, l’économie, les réformes et le sens des textes votés au Parlement. Une loi, une majorité, des individus, des réformes sont nécessairement estampillés "de droite" ou "de gauche". La gauche, par exemple, veut instaurer le socialisme, défend les libertés individuelles, a confiance en l’Etat, veut nationaliser et réformer dans le sens d’un collectivisme non dit ; elle s’interdit d’autre part de copiner avec l’entreprise, de privatiser, de céder aux pressions du marché ou des puissants.

A la veille de chaque élection, les empoignades idéologiques entre chaque camp durant les années 1960, 1970, 1980 et 1990 sont cinglantes et médiatisées au fur et à mesure du développement des télévisions. Des débats interminables sont organisés et une réelle opposition de fond est observée dans les débats et entre ténors politiques. L’opposition droite/gauche est frontale, radicale, historique.



Avec la gauche au pouvoir, on sent le vent tourner

Ce n’est qu’à partir de 1981 et parce qu’il arrive au pouvoir que Mitterrand, grand homme de gauche incontestable, perçoit qu’un certain nombre de paramètres échappent au politique (accords internationaux, intégration européenne, certes faible à l’époque, poids du capital, règles économiques incontournables, concurrence internationale, progrès techniques, etc.). L’homme perçoit rapidement qu’il est impossible, malgré la volonté et la sincérité des politiques et des souhaits populaires, d’implanter le socialisme en pays développé d’économie de marché. Avait-il eu la naïveté d’estimer le contraire avant d’arriver au pouvoir, c’est possible, pas certain ?

La fameuse rupture d’avec la rupture fut donc actée dès 1983 et ceci, définitivement. Personne de sérieux à gauche ne songea par la suite de remettre en débat la rupture, par crainte du ridicule.

Or, la révision de ce concept socialiste essentiel marqua toute la gauche et le PS en particulier. Désormais, on avait à gauche renoncé au changement de société par l’abandon d’une mesure majeure, la seule qui marquerait la différence -estimait-on- entre la droite et la gauche et l’on renonçait à l’utilisation d’un levier politique majeur, celui qui aurait consacré la prééminence du politique sur toutes les autres forces économiques et sociales de la société. Désormais, la gauche renonçait à dicter au capital, aux financiers, à la bourse et aux puissants en particulier la voix déléguée de l’expression populaire, que seule elle estimait porter.

Le plus cruel et le plus insupportable pour cette gauche fut que, plus le temps avança, plus les capitalistes et les financiers prirent de l’emprise sur l’économie, sur les individus et sur la société, et moins les politiques avaient de leviers pour influer sur le cours, notamment social, des événements.
Cette gauche émasculée et devenue eunuque en perdant une partie de ses attributs, posant elle-même les armes sans avoir combattu, se rapprochait déjà de la droite par capitulation. L’autre rapprochement, également involontaire et toujours sous Mitterrand, fut celui qui résulta de la défaite législative de la gauche et de la cohabitation de 1986. Le président et la gauche qu’il représentait restaient confinés à la figuration ordinaire des seuls pouvoirs présidentiels, dont on sait qu’ils sont constitutionnellement réduits, hormis les situations de crise et la chose militaire. En tout cas, la direction effective des affaires du pays, privilège du premier ministre, ne lui incombait plus.
La gauche présidentielle fit donc encore un pas obligé institutionnel vers la droite de gouvernement qu’elle devait réllement côtoyer, exercice du pouvoir oblige. La cohabitation entraina la compréhension, laquelle généra l’assimilation, quand ce ne fut pas la compromission bien comprise (nomination aux postes clés négociés entre Matignon et l’Élysée).


Tout fout le camp

Le deuxième septennat mitterrandien vit des concessions encore plus marquées de la part de la gauche aux réalités libérales. Sous les gouvernements de gauche, la Bourse monte sans complexe, les inégalités se creusent, le profit et l’entreprise sont encouragés et l’emploi privé aidé devient massif, jusqu’à devenir l’une des critiques majeures de l’extrême gauche.

Ainsi, au fil des ans depuis 1958, le discours change, la gauche se recentre avec un Parti communiste qui baisse inexorablement en influence d’année en année, les vieilles valeurs de gauche sont gommées, voire oubliées (nationalisations, rôle de l’impôt, solidarité, indemnisation du chômage, périmètre des services publics), Mitterrand adopte le dogme du "ni-ni" (ni nationalisations, ni privatisations) et la société s’européanise parallèlement à l’ouverture des marchés.

Sur le plan politique, l’ED et Le Pen montent et surtout les faibles et démunis ont abandonné la gauche, ce qui brouille tout l’échiquier politique. Le RPR, puis l’UMP se dotent d’une "filiale sociale" et s’adressent aux démunis à peu près de la même manière que la gauche, mais avec un discours, une thématique et des objectifs différents de ceux de leurs concurrents de gauche. Tout récemment Sarko cite Jaurès sans complexe, générant l’applaudissement des siens, une réplique embarrassée de Hollande et l’ire des communistes. Tout change, tout s’accélère, aucune cible électorale n’est délaissée et le marketing politique dicte désormais les thèmes, les discours et l’orientation des campagnes.



Le PS fait le choix de la social-démocratie.

Jospin Premier ministre inaugure le social-libéralisme à grande échelle, avec notamment une politique de privatisation à tout crin, plus par nécessité financière que par idéologie. Honte politique suprême et dénégation à la Judas, son ministre communiste des transports privatisa un pont sur une autoroute publique ! Par suite, même si la politique de Jospin fut une réussite à bien des égards, elle n’a pas été marquée de l’estampille de vraie gauche, en dépit des 35 heures et des aides sociales.

Pour tenter de remporter la présidentielle de 2002, Jospin, qui a plutôt un bon bilan, sait l’importance de la conquête de l’électorat centriste ou celui du marais. Afin de tenter de le séduire et après lui avoir vendu des montagnes d’actions de sociétés qu’il a privatisées, il se lâche carrément et brûle certaines valeurs de gauche. Il justifie les privatisations massives, avoue qu’il fallait réformer les retraites dans un sens plus restrictif pour tous, concède que l’État reste souvent démuni devant les licenciements et finit par avouer que sa politique n’est pas socialiste, ce que tout le monde avait vu. Ses ministres veulent baisser les impôts (Fabius), privatiser EDF (Strauss-Kahn), réformer le CDI (Bockel, qui n’est certes pas ministre).

Quand le PS regarde autour de lui, tout semble lui donner raison sur cette ligne, voire l’encourager à se "blairiser" davantage : les communistes adeptes d’une gauche idéaliste et ringarde s’effondrent littéralement, tous les ténors socio-libéraux ont la cote dans l’opinion, personne de sérieux à gauche n’a reproché à Jospin ses orientations ou sa politique socio-libérales, enfin l’éventuelle concurrence sur sa gauche (EG-PS et EG) est au tapis, coincée dans plus ses bas scores historiques.



2007 confirme l’abandon des valeurs de gauche.

L’avant-préparation et la préparation des échéances de 2007 ont confirmé cette ligne en l’amplifiant. Toutes les orientations, tous les votes, toutes les expressions colorées socio-libérales ou assimilées passent très majoritairement, que soit chez les militants ou dans l’opinion : les congrès de Dijon, celui du Mans, le référendum au TCE, la victoire d’une droitière socialiste à l’investiture le confirment amplement et sans contradiction possible. Ségolène Royal ne peut gagner que sur cette ligne, et vraisemblablement, seule elle peut l’emporter contre le candidat de droite, Sarko. Royal va conquérir des positions politiques et des terrains inédits pour une socialiste, que ce soit un certain blairisme affiché, l’enfermement militaire des jeunes délinquants, l’ordre juste, ou plus récemment et dans un silence assoudissant, une certaine apologie des valeurs de l’entreprise.
Royal piétine ostensiblement le programme socialiste (et son gardien avec...) jugé trop à gauche et complètement ringard au moins sur trois points : les 35 heures généralisées, la renationalisation d’EDF, la réforme des retraites. De plus, parler vrai comme elle le souhaite, exige de retirer ces "blitzkrieg néo-bolcheviques" d’un texte dont elle est censée s’inspirer. Elle sait par ailleurs, comme le gardien du texte, dans quel contexte il a été signé et les reculades qu’il a fallu concéder pour arracher les signatures des caciques de la boutique.
Que le programme d’un parti politique devienne un simple document consultable qui n’engage que ceux qui font semblant d’y croire reste assez savoureux et symptomatique d’un retournement de veste : c’est une revanche de l’électeur sur le système, de l’être sur le paraître, du concret sur le discours, de la bravitude sur l’idéologie.


Il n’y avait que les communistes soviétiques pour abattre le mur de la honte, que les communistes français pour démontrer par eux-mêmes l’inanité de leurs thèses. Nous constatons aujourd’hui, à la faveur de la préparation de la présidentielle, qu’il n’y a que les socialistes pour nous montrer la meilleure façon de tuer le socialisme en abolissant les solides frontières qui ont historiquement séparé la droite de la gauche.

Les dirigeants lucides du PS et de la gauche redoutent davantage la victoire de Royal que sa défaite.

Avec la fin de la gauche à la française, la France rejoindra enfin le concert des grandes démocraties occidentales qui voient aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne et ailleurs se succéder une alternance politique entre des libéraux démocrates, chrétiens ou non et des socio-libéraux, souvent selon l’option que prend un parti ou une coalition du centre pour l’un ou l’autre des deux camps, comme on l’a vu hier en Italie ou en Allemagne, et demain peut-être en France avec Bayrou, comme il en forme le dessein.


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17 réactions à cet article    


  • Bobo (---.---.16.7) 15 février 2007 13:24

     smiley Tayoo ! voici Bobo ! smiley

    mes amis attention !

    L’auteur de cet article n’a rien à voir avec votre serviteur et ami de Patrick Adam. Rien de grave bien sûr, puisque je souhaitais disparaitre. Il peut donc me remplacer sans inconvénient. Ce commentaire est juste informatif.

    Bonne journée à tous.

     smileyBobo smiley


    • dégeuloir (---.---.177.108) 16 février 2007 01:39

      depuis qu’on est entrés en campagne électorale, les passions se déchaînent en fonction du nombre ahurissant d’articles politiciens dont les fils sont pris d’assaut par des meutes partisanes de diverses tendances,...lol...sans grand intérét...... smiley


    • Rocla (---.---.227.16) 15 février 2007 13:35

      @ bobo de chez tayoo

      S’ il te plaît bobo-tayoo , ne disparais pas comme ça , là sans rien dire , tu crois c’ est mieux là où tu vas ?réfléchis , on sait ce qu’on a , tout ça ...

      A Bobo , l’ auteur de cet article, veuillez excuser ce commentaire , mais y avait Bobo Tayoo avant Bobo .

      Rocla


      • Urtubia (---.---.249.19) 15 février 2007 14:26

        Bravo, analyse tres pertinente Le Socialisme est mort, vive le Socialisme !


        • Julot (---.---.208.241) 15 février 2007 17:17

          Il est encore là le socialisme. Il a mis un peu d’eau dans son vin.

          Pour l’achever, il lui faut un echec majeur à la présidentielle. Que ségo soit 4ème derrière 3 personnes de droite (ou d’extrème droite).

          Et le PS comprendra que le front anti patron, anti économie, pro-cgt, c’est finit parce que la France n’en veux plus.

          A ce stae seulement on en profitera avec un PS modernisé.


        • TESTEDAZA (---.---.124.170) 16 février 2007 15:25

          il etait temps que la france et surtout les francais se decident à provoquer un changement d’état d’esprit sur le plan politique et economique

          *fini les querelles droites gauches et surtout permettons la modernisation de notre economie depuis trop longtemps figée

          *rejoignons les grandes democraties mondiales qui ont banni les partis et groupuscules d’extrémes gauches qui ont polué si longtemps notre climat social , en faisant croire au peuple la toute puissance de l’etat et de l’administration , refusant l’idée de l’entreprise , exarcerbant les classes pauvres contre les classes plus aisées et surtout protégeant leurs priviléges au détriment d’une reforme egalitaire telle que celle des retraites par exemple

          merci segolene , continuez votre oeuvre qui consiste à dégauchiser le parti socialiste


        • ExSam (---.---.214.100) 15 février 2007 20:43

          Avec la fin de la gauche à la française, la France rejoindra enfin le concert des grandes démocraties occidentales qui voient aux Etats-Unis, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en Espagne et ailleurs se succéder une alternance politique entre des libéraux démocrates, chrétiens ou non et des socio-libéraux...

          pour se faire blackbouler à chaque élection. Le peuple français n’est pas près de digérer les trahisons de la gauche, comme il n’a jamais été près à accepter les mesures censitaires, anti-sociales, de la droite.


          • dégeuloir (---.---.177.108) 16 février 2007 01:46

            mais diable ,pourquoi ne parle t-on jamais des modèles scandinave,des modèles qui ont fait leurs preuves....ce sont là les véritables démocraties (mais pas les Etats-Unis ni l’Angleterre ni l’Italie ni l’Espagne) ......  smiley


          • dégeuloir (---.---.177.108) 16 février 2007 01:47

            ...ni la France.... !! smiley


          • cpafo (---.---.4.237) 15 février 2007 21:08

            @ l’auteur : cpafo, cpafo, cpafo, etc


            • (---.---.144.164) 16 février 2007 01:06

              Un petit bémol : les dirigeants de gauche ont toujours su que leur idéologie et programme était de la fumisterie (on a des témoignage de ca pour mitteu). Le socialisme, c’était avant tous une méthode de prise du pouvoir par la démagogie.

              Les cons, c’est fait pour être manipulé, aprés tous.


              • Banco (---.---.72.182) 16 février 2007 19:45

                La chute du capitalisme : une question financière (nombreuses sources us).

                http://20six.fr/aurelianobuendia

                en commençant ici

                http://20six.fr/aurelianobuendia/archiveofmonth/2005/03/00

                pour une introduction.


                • yvan (---.---.148.16) 16 février 2007 19:56

                  @L’auteur

                  Qui êtes-vous donc,Monsieur Bobo, pour avoir écrit un article de telle qualité ?

                  Vous avez réalisé une analyse de haute pertinence a laquelle j’adhère en très grande partie, voir : www.enjeux-2007.org .

                  Depuis maintenant près de 25 ans, le « peuple de gauche » attend bien autre chose qu’une simple adhésion à une sociale-démocratie fusse-t-elle à la française .

                  Vous l’avez bien compris ; l’enjeux etait d’assurer la primauté du pouvoir politique sur celui de l’argent , Mitterand l’avait promis, il n’en a rien été .

                  Aujour d’hui, cette question est toujours aussi fondamentale . Elle devrait être, vous en conviendrez avec moi, la principale préoccupation d’une gauche qui doit absolument se ressaisir . Pour cela, elle doit abandonner sa stratégie par trop basée sur la prise du pouvoir et se reformuler philosophiquement et politiquement .

                  La candidature de F.BAYROU, compte tenu de ses convictions et de son honnêteté, est une chance offerte pour cela a tout homme de gauche pour voir, enfin, un tel combat se déclarer au service de l’homme .

                  A vous lire


                  • FredSud37 (---.---.196.80) 16 février 2007 20:57

                    « Il faut bien se résoudre à appeler un chat un chat. Il y a depuis l’investiture de Ségolène Royal des Socialistes de droite (sociaux-libéraux et sociaux-démocrates) et des Socialistes de gauche (anti-libéraux). Et les Socialistes de gauche - ceux dont les maîtres-mots sont : République, État, Laïcité, Urgence sociale et refus de l’Europe ultra-libérale - sont les SDF des élections présidentielles de 2007. (.....) » La suite de cet article est disponible : ICI.

                    Salut & Fraternité.


                    • troc (---.---.48.41) 16 février 2007 21:19

                      démagogie, oportunisme, tout et son contraire selon les dires de NS OU FB. Le PS ne sait plus à quel saint se vouer pour essayer de conquérir le pouvoir. Le catalogue de mesures ne suffira pas. Enfin les français commencent à comprendre la vrai nature de la gauche. Excelent article.


                      • tolkien (---.---.200.28) 16 février 2007 21:48

                        Vous vous apprétez à voter pour quelqu’un qui a eu comme témoin de mariage avec Cécilia, Bernard Arnault ET Martin Bouygues. Vous connaissez beaucoup de riches habitants de Neuilly qui pourraient se permettre de les inviter et qu’ils viennent ? Allons... Un peu de bon sens, Sarko, représente le grand capitalisme bien plus que Chirac et consorts !!!! Un peu plus de libéralisme, l’internationalisation de la finance, la dictature des actionnaires cosmopolites. Pensez à tous ces gens qui ont travaillé dur pour les enrichir et qu’on remercie d’un revers de main. A un certain niveau, le capitalisme relève d’un forme de banditisme...


                        • marat (---.---.192.126) 17 février 2007 16:12

                          Je suis une descendante du révolutionnaire Jean-Paul Marat, l’un des pères fondateurs de notre République, celui qui, avec Condorcet, Mirabeau, Lafayette, l’abbé Sieyès,a écrit la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen en 1789. Celui-là qui a permis que notre traditionnel 14 juillet existe, en détournant habilement les troupes allemandes venues égorger les Français euphoriques ce jour de 1789 ; Celui-là même qui a été persécuté par les ennemis de la Liberté, de la Démocratie, de la République. Celui qui est considéré comme le martyr de la Révolution française. Pourtant, on dit de lui qu’il n’était pas royaliste, ni républicain, qu’il détestait tout pouvoir exécutif. Avait-il tort ? Et si l’homme était dangereux pour ses congénères ? Est-il prudent de laisser le Pouvoir aux mains d’un seul homme ? Mme Charlotte Goëtz, Historienne de l’Association Historique Pôle Nord affirme que des articles de Marat sur la défense du roi existent, qui ne sont pas consultés. Ce que Marat dénonçait c’était l’avidité, la lâcheté des hommes de la République. Il disait aussi : « le droit de posséder découle de celui de vivre : ainsi tout ce qui est indispensable à notre existence est à nous, et rien de superflu ne saurait nous appartenir légitiment tandis que d’autres manquent du nécessaire. » Je suis réunionnaise et j’étais plutôt de tendance gauche. J’ai été déçue par la gauche caviar, les nouveaux riches. Le parti communiste réunionnais, voyant le vent se tourner, s’est habilement revêtu du groupe Alliance (tous mouvements politiques confondus). Ce qui a valu à Monsieur Vergès, la présidence du Conseil Régional. Lui, qui se disait défendre les pauvres autrefois, apès les avoir utilisés, les a vilipendés. Lorsque Mr Vergès parle d’intérêts de la Réunion, il parle de ses propres intérêts. A la tête d’un bâtiment onéreux, construit en pyramide inversé, l’ex-communiste -que Monsieur Victoria René-paul, maire de St-Denis,de l’UMP, dit à juste titre aujourd’hui qu’il n’est plus communiste- vient de gagner au loto Républicain. Mr Sarkozy, en campagne électorale sur l’île, vient de faire l’éloge du vieux Monsieur et lui octroie des milliards d’euros. Comme cadeau à ses descendants, Mr Vergès offre à sa fille, historienne, la Maison des Civilisations , dont le coût est de 75 millions d’euros, à son fils Pierre, il lègue la gérence de la SR21, organisme qui gère les milliards d’euros, alors qu’il fut condamné par la justice pour ses malfaçons lorsqu’il était maire. A la SR21, y travaille le fils de Pierre, les amis des enfants, toute la famille, bref, toute la clique se situe aux plus hautes instances. Il semblerait même qu’au Conseil Régional, il y règne un déni de Démocratie. La presse française ne voit que ce qu’on veut bien lui montrer. La presse locale ne cesse de présenter les injustices qui règnent dans notre île. Mais rien ne se passe. Dans une île qui connaît la palme des déchus de l’Emploi, où les éremistes fort nombreux sont présentés comme les parias de la société, Monsieur Vergès se permet l’installation de viaducs, de ponts des plus onéreux du monde sur la route des Tamarins, dans un souci d’empreint historique, semble-til. Quelles politiques pour les réunionnais qui sont démunis, ceux qui sont diplômés qui sont acculés à la précarité ? Si les élus ne défendent plus les citoyens, que leur propre ardoise, où va-ton ? Quelle est donc cette République ? Devant ce malaise, face à toute cette incompréhension, j’écris. J’écris ma colère à ne pouvoir rien faire. J’écris, car je vois que les choses s’enveniment et que malgré les dénonciations des journaux locaux, il y a silence radio du côté de la presse française . Oui, on a les plus belles routes, oui, les bâtiments sont des plus luxueux, car des plus onéreux, mais grattez en dessous ! Grattez ! Il y a de la merde ! Les réunionnais sont abandonnés ! Ils ont besoin d’aide. Voilà pourquoi, munie de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, j’écris. Mon manuscrit « Je m’appelle Marat et je vis à la rue Robespierre » a été publié en 2006. J’y lance un appel aux secours en faveur de mes compatriotes. « Moi, Marat, je te le dis... » a été publé en janvier 2007, j’y parle de cette guerre présidentielle à la quête du Pouvoir.

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