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Accueil du site > Actualités > Politique > La fin des intellectuels de gauche ?

La fin des intellectuels de gauche ?

En France, on associe souvent intellectuel à « de gauche », à tel point que c’en était devenu un pléonasme. Aussi, le dernier commentaire d’Alain Finkielkraut se disant « atterré par l’état actuel de la gauche », après le « La gauche a sombré dans le narcissisme  » de Glucksman constituent-ils de sérieux pavés dans la mare.

En tous les cas, c’est presque une petite révolution dans le milieu des intellectuels, et il y a comme un mouvement de fond : Bruckner, Weitzmann y vont aussi de leur petit mot plutôt élogieux à l’égard de Sarkozy. Tous dénoncent la dérive du PS vers une logique strictement partisane où l’idéologie prend le pas sur la réalité des choses, où l’on utilise le fantasme plus que la raison pour faire des propositions politiques. En définitive, s’ils ont aimé naguère que la gauche remette les pieds sur terre, ils ont fini de l’espérer.

Toutefois, comme il n’est pas question de se faire trop d’ennemis non plus, la plupart de ceux-là ne présentent pas leurs prises de position comme un ralliement politique au sens strict du terme, mais comme une participation à l’enrichissement du débat. Et dans Le Monde d’hier, Finkielkraut précisait qu’il n’entendait pas se laisser "ranger" comme pro-Sarkozy, en lui concédant seulement une capacité de regarder les choses en face et le courage politique pour mettre en oeuvre ce qu’il entreprend. Les observateurs étrangers, eux, ne s’embarrassaient pas de telles précautions, ainsi le Herald Tribune du jeudi 1er février titrait : «  Sarkozy reçoit des renforts de la gauche ».

Gageons que nous ne pourrons que bénéficier de la fin de cette tacite mainmise de la gauche sur le monde intellectuel. Aussi, on espère bénéficier d’un exposé du libéralisme un peu moins biaisé par des considérations partisanes car en France, c’est comme un fait de société : le libéralisme est un indigne objectif. Alors, par ces déclarations, le monde des chercheurs sort peut-être de la schizophrénie qui le gangrénait ces dernières années : d’une part en considérant que dans une publication universitaire, accoler ultra et libéral relevait du dernier archaïsme, et d’autre part, en étant incapable en public de parler de libéralisme sans crisper son auditoire naturel : « La gauche ».


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134 réactions à cet article    


  • Depi Depi 9 février 2007 10:35

    Ce sont peut-être ces intellectuels qui cessent aussi de toujours prendre une position partisane et qui essaient de s’élever au-dessus du débat. Ce qu’ils n’ont pas toujours fait loin de là.

    Il manque quand même un Raymond Aaron aujourd’hui :)


    • (---.---.12.18) 9 février 2007 11:03

      Laissons les intellectuels et philosophes là ou ils devraient être. C’est à dire à Saint Germain des PRES autour d’une coupe de DOM PERIGNON.


    • Depi Depi 9 février 2007 11:05

      Ne soyez pas jaloux.


    • seb (---.---.12.18) 9 février 2007 11:27

      Pas de jalousie je bois aussi de DOM PERIGNON

      Si les intellectuels faisaient avancer la FRANCE cela se saurait


    • Depi Depi 9 février 2007 11:39

      Je ne parlais pas du Dom Perignon smiley

      Enfin, qu’est-ce qu’un intellectuel ? Et qu’est son but ?

      On peut commencer par l’influence qu’il est censé avoir :

      - Il est apte à exprimer la pensée de son peuple, à le conseiller avec justice (effet Mirabeau) ;
      - Il est capable d’émettre une parole qui dépasse son individualité pour énoncer l’universel (effet Goethe) ;
      - Il est autorisé à parler de sujets qui débordent son domaine de compétences, au nom de la vérité, et non en fonction d’une technique (effet Gorgias).

      Pour ma part, je ne pense pas que son but soit de faire avancer la France


    • jojo (---.---.101.8) 9 février 2007 12:47

      saviez vous que Raymond Aaron était financé par la CIA, comme tout un réseau d’intelectuels européens après la II° guerre mondiale (cf excellent reportage sur Arte il y a quelque temps) ?


    • Depi Depi 9 février 2007 13:24

      Financé est un bien grand mot.

      Il a fait partie du Congrès pour la liberté de la culture créé en juin 1950 avec l’impulsion de Melvin Lasky et le financement de ce Congrès par la CIA a été dévoilé en 1967.

      Mais il écrit dans ses Mémoires qu’il l’ignorait et qu’il ne l’aurait pas toléré s’il l’avait su (Source : Wikipedia). Toutefois, il n’était que membre suppléant de cette organisation.


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 9 février 2007 13:29

      À cette époque, l’URSS finançait le PCF.


    • snoopy86 (---.---.251.112) 9 février 2007 13:35

      Financé ou non par la CIA, Raymond Aaron n’en reste pas moins un des grands esprits français du 20éme siècle...

      Quant à la liste des proches du KGB et du Komintern elle est trop longue pour être énumérée


    • Julot (---.---.208.241) 9 février 2007 13:36

      Tout ses messieurs se font l’echo de l’opinion. Il n’est donc pas surprenant qu’ils retournent leur vest les uns après les autres.

      Sarko + Le pen + Bayrou, si on s’en tient à des chiffres crédibles (25+18+15=58) ca fait une large majorité à droite.

      Ils veulent donc avoir les bonnes graces du nouveau souverain.

      Observez le silence médiatique de BHL. Ca veux tout dire.


    • snoopy86 (---.---.251.112) 9 février 2007 13:42

      Rectification orthographique

      Raymond ARON


    • Christophe (---.---.156.77) 9 février 2007 16:26

      Je n’en reste pas moins de l’avis d’Hannah Arendt : un intellectuel n’est pas un people ! ... et inversement ! Mais chacun ses jugements de valeur ! smiley


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 9 février 2007 16:55

      OUI et Aragon et Sartres étaient financés par le KGB comme tous les communistes français !


    • vassago (---.---.65.90) 9 février 2007 22:48

      A tous, Le Canard enchaîné du mercredi 7 février, assurait lundi que ni le candidat de l’UMP, ni la direction de la chaîne, ni même Patrick Poivre d’Arvor (tjrs selon la chaine TF1), présentateur de l’émission, ne connaitrait à l’avance les questions du panel de 100 Français présent sur le plateau. Or plusieurs d’entres eux ont indiqué, mardi, au Parisien, qu’ils avaient dû indiquer le thème de leur intervention lors d’une réunion avec Robert Namias, Etienne Mougeotte et Patrick Poivre d’Arvor.

      Le Canard enchaîné affirme que Franck Tapiro, conseiller de Nicolas Sarkozy, « a assisté, à l’automne dernier, à la première réunion consacrée à la future émission ». Le Canard rappelle également que la société de production « A Prime », chargée de gérer « l’accueil et l’encadrement des 100 participants » « n’est autre que la société de Dominique Ambiel, l’ex-conseiller de Raffarin à Matignon ». Et de conclure ironiquement : « C’est donc par un malencontreux hasard qu’aucun participant n’a abordé, lors de l’émission, le »thème« des RG ».

      alors sarko polo ou sarkopropagando !!!!


    • rantanplan (---.---.4.237) 9 février 2007 23:06

      @ Cambronne :à quand ta biographie de Sartres, de Spartes, de Strates, de Jean Sol Partre dont parlait Voris Bian ? J’ai un financement du Lichtenstein si cela t’intéresse...


    • dégeuloir (---.---.130.98) 11 février 2007 14:58

      l’intellectuel de droite dira « travailler plus pour gagner plus et l’intellectuel de gauche dira »travailler moins pour vivre mieux" ,le matèrialisme et sophisme à tout crin contre le mystique et la phylosophie...... smiley

      Les casse-tête du matérialisme par Paolo Virno Première publication en novembre 1993 Mise en ligne le vendredi 22 août 2003

      I - Tout [1]le monde peut renoncer un jour ou l’autre à enquêter sur la relation entre vie et philosophie, tout le monde, sauf le matérialiste qui se fait un point d’honneur de démontrer la genèse non théorique de la théorie. En fin de compte, le matérialisme n’est pas autre chose que la philosophie de l’unité entre vie et philosophie. Toutefois, par une sorte de maléfice, il reste toujours en-deçà de sa tâche. Il semble qu’il soit destiné à osciller entre deux rôles également marginaux l’enfant terrible qui fait un pied de nez aux adultes et l’idiot du village auquel on accorde quelquefois le droit d’énoncer des vérités inconvenantes. Vaurien ou grand naïf, il est, en tout cas, en situation minoritaire, et d’autant moins convaincant qu’il a une juste perception des choses. Comment expliquer qu’il se trouve depuis si longtemps dans une telle impasse ?

      Le matérialiste se présente sur scène sous deux principaux « masques de caractère » : le premier, écho parodique du marxisme, en fait un sociologue de la connaissance ; le second, plus archaïque, lui attribue le rôle du sensiste. Mais ces deux masques trahissent l’un comme l’autre une certaine fragilité du personnage.

      Dans le cas où prévaut la sociologie de la connaissance, l’effort pour mettre en lumière les conditionnements socio-historiques de la Pensée abstraite et en démentir ainsi la prétendue pureté est à son comble. Une telle intention est, certes, digne d’éloges mais elle devient contradictoire dès lors que ce sont précisément les rapports socio-historiques qui provoquent la scission drastique entre savoir et expérience empirique. Dans la modernité capitaliste, la séparation entre « théorie » et « vie » cesse d’être l’illusion vaniteuse du théorique, constituant au contraire le résultat matériel de conditions matérielles. Ainsi, nier l’ « autonomie » effective de la pensée signifie faire preuve d’idéalisme éhonté. Il n’y a rien de plus anhistorique, ou de plus hyperuranien, que de rechercher les odeurs de cuisine domestique dans les catégories théoriques. De cette manière, on subit inversement la terrible puissance pratique de ces dernières, d’autant plus désarmé que l’on est convaincu d’en connaître un bout sur la question.

      Le sociologue de la connaissance tourne en rond en courant, prisonnier d’un paradoxe ironique ; il a tort précisément parce qu’il a raison : dans la théorie il n’y a pas trace de la praxis vitale immédiate, justement parce que cette praxis, organisée selon le mode de production capitaliste, a fait de la théorie une force « indépendante ». Plutôt que de s’arrêter sur les causes les plus terre à terre d’une telle indépendance, le matérialiste sociologue l’exorcise par une grimace. Mais il y a pire : non seulement il manque la prise sur le statut du savoir, mais il laisse aussi échapper la « société » au nom de laquelle il croit parler : il ne prend pas garde aux liens abstraits (Marx disait « abstractions réelles ») qui la parcourent et lui donnent sa cohésion. C’est précisément la pensée « pure » - celle-là même que le sociologue se proposait de démasquer - qui rend compte de ces liens, avec le plus grand réalisme, quand bien même elle le fait indirectement. Le Sujet transcendant kantien, qui n’est jamais réductible aux simples sujets empiriques, saisit la vérité impersonnelle des rapports d’échange mieux que n’importe quelle enquête de terrain. Il y a plus d’histoire et plus de « vie » dans les catégories a priori de la Critique de la raison pure que chez Voltaire ou La Mettrie. La séparation extrême est concrète au plus haut point. Dans la figure d’un intellect autonome imperturbable, l’époque de la marchandise et de ses « caprices théologiques » résonne avec une précision inconnue pour celui qui prétend la saisir d’un geste de la main.

      II - Bien que désuète, la tendance sensiste du matérialisme s’avère, encore aujourd’hui, plus radicale et plus prometteuse. Son thème dominant est l’ombre que le corps projette sur la pensée, le rôle que le sensible joue dans l’abstraction qui voudrait l’éliminer.

      L’instance profonde des matérialistes est, selon Adorno, de présenter à la connaissance, et de la manière la plus rude, ce qu’elle est contrainte d’oublier, à savoir les impressions de plaisir et de douleur qui ne manquent jamais de marquer la perception sensorielle. Cette brusque remémoration a une valeur polémique : contre toutes les scènes fondatrices de la métaphysique, le matérialisme a recours à un coup de théâtre d’une grande trivialité, réintroduisant à l’improviste dans les lieux mêmes de la logique l’image du corps qui jouit ou qui souffre. Il profite de l’embarras suscité ainsi pour faire reluire le point de l’impossible renoncement : on ne peut concevoir de rapport entre logos et ethos (et donc entre philosophie et politique), sinon en allant à la racine du rapport entre logos et aisthesis (entre théorie et sensation). Ce n’est que dans le contact entre la pensée et le plaisir (et la douleur) que l’éthique et la politique trouvent un fondement qui ne soit pas dérisoire.

      Le matérialisme parvient à sa dignité particulière comme instance radicalement critique, règlement de compte intermittent, interrogation provocante sur le bonheur. Par contre, à peine prétend-il s’ériger en système positif qu’il semble condamné à la plus décourageante indigence théorique. Ses leitmotive sont bien connus : éloge de l’expérience immédiate, consentement à l’égard des processus inductifs, une théorie approximative du « reflet » [rispecchiamentol, une adéquation conformiste au sens commun. Cet arsenal conceptuel reste aux marges des sentiers effectivement battus par la science moderne, dont le style hypothético-déductif contredit ou déprécie la perception directe. Mais à quoi est due cette naïveté du matérialisme sur le terrain gnoséologique ? Dans un tel dénuement, ne peut-on pas reconnaître la défense oblique d’une instance radicale ?

      Il ne s’agit pas du valet de chambre de Hegel qui fait la moue, sournois et incrédule, tandis que son maître met à bas la « certitude sensible » niant toute valeur de connaissance véritable à l’assertion « ici et maintenant je vois un arbre ». Le matérialiste, qui n’est pas un valet de chambre, avance son objection en ne discutant pas d’emblée sur le fait que « ici-et-maintenant » puisse être une connaissance effective, mais en signalant l’intolérable omission qui le mine : pour parler véritablement de sensation, il faut dire : « Ici et maintenant, je vois un arbre avec plaisir ou déplaisir ». Mais cette revendication du caractère entier et non décomposable de la perception a peu de succès, pour une raison que l’on peut facilement deviner : parce qu’elle n’implique aucun développement. En effet, pour aller au-delà de la sensation et se garantir un savoir universel, il faut mettre de côté plaisir et douleur, et le faire, rétrospectivement, déjà dans la sensation même. C’est alors, mais seulement parce qu’il y est contraint par la faillite de sa propre question sincère, que le matérialiste adhère à ces théories de la connaissance qui, plus que d’autres, semblent lui laisser quelques chances de la reposer. L’induction, le « reflet », le sens commun ne sont pas des options inévitables, mais des points d’appui considérés comme opportuns pour reprendre - éventuellement sous des modes indirects et masqués - un discours non mutilé sur la sensation corporelle. L’acceptation de la « certitude sensible » comme fondement solide de la connaissance n’est qu’un repli provisoire, auquel on se plie par simple ruse, pour mettre à l’abri une instance de complétude de la sensation. En un mot : le moindre mal, l’erreur la moins pénible. A la racine de la « naïveté » épistémologique de matérialisme il y a l’espoir, qui n’a rien de naïf, de valoriser le couple plaisir/douleur jusqu’à l’intérieur de la théorie la plus raréfiée, espoir de qualité fine, et des plus dignes, dont la réalisation est pourtant toujours reportée. Même le matérialiste-sensiste, avec ses coups de théâtre et ses vérités embarrassantes, reste une figure marginale.

      III - Pour mesurer toute la difficulté dans laquelle verse la défense philosophique de la vie sensible, il convient d’évoquer Feuerbach, protagoniste honni du matérialisme moderne. Il écrit : « La philosophie doit donc commencer non pas avec elle-même, mais avec son antithèse, avec la non-philosophie. Ce principe, présent en nous, est différent de la pensée ; c’est le principe du sensualisme ». La vie est le sujet grammatical, la pensée son prédicat : et non le contraire. Les sens précèdent les concepts : dans ces derniers l’expérience des premiers ne se déverse pas entièrement. Ce qui est perçu dans le silence de la sensation tactile se maintient indépendamment de la puissance spéculative du langage.

      Mais est-il vrai que le « sensualisme » peut être pris comme un indubitable point de rencontre ? En lisant Feuerbach, on éprouve la curieuse impression qu’il puisse avoir tout à la fois tort et raison. Raison, parce qu’il insiste sans relâche sur l’autonomie du sensible. Tort, parce que cette autonomie est véritablement telle uniquement si elle est introduite et, pour ainsi dire, légitimée par la pensée. Que le corps, ou la « vie », puisse gagner un lieu propre et un relief seulement à partir des abstractions, ou du fait même des abstractions, tel est l’aspect qui est mis en lumière, avec mérite, par les adversaires du matérialisme.

      Hegel, dans les premières pages (parmi les plus cruciales) de la Phénoménologie de l’esprit, avait pourtant expliqué clairement que le sensible n’est pas une donnée absolue, mais encore une pensée : la pensée de ce qui n’est pas une pensée, précisément. Mais, chez Hegel comme jadis dans toute la métaphysique, du fait que le sensible se présente comme pensée du sensible, il s’ensuit que lorsque la pensée s’applique à la vie corporelle, elle ne fait que se rencontrer elle-même. C’est alors que surgit, précisément grâce à ce frottement avec la matière, l’expérience d’une pensée qui se pense elle-même. Le sensible ne constitue désormais qu’un détonateur, ou un ingrédient sacrificiel, pour renouveler le cercle magique de l’autoréférence. L’impression est la même ; à tort et à raison.

      Il y a toutefois un autre angle de perspective à partir duquel, du moins à titre hypothétique, on peut considérer la question toute entière. Le « sensualisme », s’il est pris au sérieux, n’est rien moins qu’un incipit immédiat ou un présupposé ou un fondement tranquille. Il ne doit pas plus être considéré comme une étape précaire et un simple prétexte dans la vie autoréférentielle de l’esprit. Il faut le concevoir plutôt comme l’heureux point d’arrivée du « labeur des concepts », comme le résultat ou le comble de la théorie, comme un but complexe, vers lequel convergent des prestations intellectuelles très sophistiquées. En paraphrasant Feuerbach, on pourrait dire que la philosophie doit s’achever non pas avec elle-même, mais avec son antithèse, la vie sensible et, en s’achevant, elle doit la déposer, la remettre à elle-même, l’absoudre.

      Gaston Bachelard a écrit : « L’apprentissage sensible n’est plus un point de départ, ce n’est pas même un simple guide : c’est une fin ». L’épistémologue français, sans doute parmi les plus fins qui soient, fait référence à la pratique scientifique dans les laboratoires. Toutefois, son observation s’applique aussi, désormais, à l’expérience commune, aux formes qu’elle prend dans la modernité tardive. Elle peut devenir, en somme, une sorte de motif araldique, ou d’épigraphe, pour une instance matérialiste désireuse d’échapper à sa situation minoritaire, et ce, sous deux profils différents mais concomitants, tout d’abord comme enregistrement d’une condition historique, la nôtre, dans laquelle le rapport entre savoir et vie est radicalement changé, puis, comme principe méthodique sur la base duquel reproposer une réflexion sur le sensualisme et donc sur le plaisir et la douleur.

      IV - Primum philosophare, deinde vivere. Le renversement de l’adage traditionnel a été réalisé dans les faits par le capitalisme avancé, qui a sa principale ressource dans la culture et le savoir abstrait. Non pas que l’on philosophe plus que de mesure, au contraire ! Le fait est, plutôt, que chaque expérience vitale immédiate a comme présupposé une grande quantité de théorie matérialisée. D’innombrables constructions conceptuelles, qui s’incarnent dans des techniques, des procédures, des règles, orientent notre regard et servent de prémisses à quelque action que ce soit. La perception directe et l’activité la plus spontanée viennent en fin de course. Telle est la situation historique qui se détermine quand la scission entre la main et l’esprit manifeste son irréversibilité, quand l’autonomie de l’intellect abstrait prédispose et régule le processus productif social, dans son ensemble et sous chacun de ses aspects.

      S’il veut rester fidèle à sa propre intention critique, le matérialiste sociologue ne peut plus aller à la chasse de résidus « vitaux » dans telle ou telle théorie mais, au contraire, doit identifier et décrire une forme de vie spécifique sur la base du type de savoir par lequel elle est innervée. Ce n’est que de cette manière, du reste, qu’il parviendra à saisir les aspects les plus naturellement « sociologiques », ou tout simplement, matériels, de l’expérience contemporaine (en commençant par celle du monde du travail). C’est ainsi, en outre, que cette unité entre « vie » et « philosophie » se trouve confirmée, ce dont le matérialiste, on l’a vu, fait un point d’honneur.

      Cette confirmation, notons-le, ne se peut obtenir que lorsque l’on considère la pure théorie comme un fait matériel. Dis-moi comment tu penses, c’est-à-dire à quelle constellation culturelle tu t’en remets, et je te dirai comment tu travailles, quel rapport tu entretiens avec les hiérarchies sociales, quels sont tes intérêts terrestres, tes impulsions et tes sentiments les plus irréfléchis. Une boutade, dira-t-on : certes, mais des plus sérieuses.

      Naturellement, il n’est plus question ici du « grand penseur » et de son éventuelle compromission avec les horreurs de son époque [2]. Nous ne parlons pas de Heidegger, mais du travail intellectuel de masse moderne. Toutefois, précisément quand les modes d’existence concrets se présentent comme un résultat de paradigmes théoriques, le jugement sur le « grand penseur » ne consent aucune échappatoire, aucun atténuateur : il devient à la fois plus pressant et plus sévère.

      V -Enfin il est utile de se demander quelles chances le renversement de position entre savoir et « vie » offre à cette autre attitude typique du matérialiste, le sensisme.

      C’est peut-être la disposition terminale de l’expérience sensible (à savoir le fait qu’elle est précédée et préparée par la « théorie ») qui ouvre un soupirail pour résoudre l’impasse dans laquelle était confinée la requête matérialiste d’intégrer toujours le plaisir et la douleur dans la perception. Tant que l’on assume la « donnée sensorielle » comme premier degré de la représentation du monde, cette requête, bien que passionnée, ne peut que paraître plaintive et impuissante. Dans ce cas, en effet, il est nécessaire d’épurer la sensation, jusqu’à en tirer une information capable de fonder des assertions universelles successives. Réciproquement, alors que la perception directe est comprise comme saillie extrême, ou dernier maillon d’un processus cognitif entièrement déployé, elle peut aspirer à une intégrité sans condition. La réalité historique d’un « intellect autonome » nous permet d’affirmer : après la sensation, il n’y a rien d’autre ; tout le reste a déjà été.

      Il y a plus de deux siècles, dans son Traité des sensations, Condillac imagina une statue « dépourvue de quelque sorte d’idée que ce soit », qui commença à connaître tout d’abord par un seul sens, l’odorat, puis par l’ouïe, et ainsi, graduellement, par tous les autres sens. Par cet expédient, Condillac essaya de montrer ce qui est propre à chaque organe sensoriel, ainsi que la genèse des représentations intellectuelles. Il s’agit d’une expérience mentale qui mériterait d’être réitérée dans la société du spectacle (dite aussi de la « communication généralisée »), avec certaines variantes décisives, toutefois. D’une part, il faut postuler que la statue, avant toute sensation, soit pleine « de toutes sortes d’idées », c’est-à-dire remplie de schémas conceptuels socialement en vigueur. D’autre part, on doit considérer que ses perceptions, chargées de plaisir ou de douleur, ne sont pas un prélude, mais une acmé et un accomplissement, ou mieux encore qu’elles sont aussi un prélude, mais non pas à une connaissance ultérieure, et plus impartiale, mais bien plutôt à une politique.

      (Traduit de l’italien par Michel VALENSI)

      [1] Texte extrait de AA. VV., Il filosofo in borghese, Manifestolibri, Roma, 1992, p. 57-66.

      [2] Le volume, dont ce texte est extrait, se veut une contribution (de plus ! - tardive, mais bénéficiant d’un recul nécessaire) au débat sur Heidegger et le nazisme qui déchaîna les passions il y a quelques années.


    • dégeuloir (---.---.130.98) 11 février 2007 15:05

      Coluche disait que ce n’est pas parce que l’on est la majorité que l’on a forcément raison...... smiley loin s’en faut ( si des gens n’étaient pas allé à contre-courant on serait encore au moyen-age ,la peine de mort en est un exemple flagrant,mais aussi le droit de vote aux femmes,les congés payés.....la liste est longue !) l’imagination serait un atout de la "gauche et le conservatisme la tare de la droite.......  smiley


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 11 février 2007 15:15

      « Coluche disait que ce n’est pas parce que l’on est la majorité que l’on a forcément raison »

      Montaigne et Descartes l’avaient écrit avant lui ; c’est pas une nouveauté.


    • dégeuloir (---.---.130.98) 11 février 2007 17:31

      L’engagement politique [modifier]

      Après son agrégation de philosophie, Aron qui séjourne à Berlin assiste aux autodafés organisés par le régime nazi en mai 1933 : cette catastrophe de la pensée lui inspire un profond mépris pour les régimes totalitaires. Ses convictions de gauche, pacifistes et socialistes, évoluent. En 1938, il participe au colloque Walter Lippmann, qui réunit des intellectuels et économistes libéraux venus débattre à Paris de l’avenir de la démocratie face au totalitarisme.

      Il part à Londres dès le 23 juin 1940. Il ne rejette pourtant pas Pétain, à qui il reconnaît le mérite d’avoir voulu éviter la catastrophe en refusant de continuer la guerre contre l’Allemagne, et n’accorde pas de soutien sans faille à de Gaulle, dont il craint le césarisme sous-jacent. Il s’engage malgré tout dans les FFL.

      Le paradoxe est bien le maître-mot de cet intellectuel controversé qui a développé un sens critique toujours en éveil face au monde politique. À la Libération, il accepte néanmoins un poste au ministère de l’Information dirigé par son ami André Malraux. Par la suite, il s’engage au sein du RPF dès 1947 et anime la revue intellectuelle du Rassemblement, La Liberté de l’esprit.

      Dénonçant dans les années 1950-60 le conformisme marxisant de l’intelligentsia française, il est la figure du débat intellectuel de l’époque face à Sartre, qui symbolise l’intellectuel engagé à gauche. Ils se rejoindront bien plus tard, en 1979, pour déplorer le sort réservé aux boat people, qui fuient le régime communiste vietnamien.

      Il n’en reste pas moins un esprit libre et indépendant, n’hésitant pas à défendre l’idée d’une indépendance de l’Algérie avant 1962 ou à s’opposer à la politique anti-atlantiste du général de Gaulle après 1966.

      Il soutiendra par la suite, avec la même liberté d’esprit, Pompidou, puis Giscard, et combattra Mitterrand après 1981.

      Il reste pour certains le symbole de l’idéologie technocratique et la figure de la lutte contre le marxisme, tandis que pour d’autres son anti-marxisme et sa lucidité, en particulier lors des convulsions de 1968, illustrent la possibilité du libéralisme politique dans la France contemporaine. Il conçoit néanmoins pour le philosophe Karl Marx une admiration qui n’a d’égale que son mépris pour le courant marxiste-léniniste.

      Rédacteur dans les journaux La France libre, Combat, Les Temps Modernes, il fut éditorialiste du Figaro de 1947 à 1977, travailla à L’Express et pour la station radiophonique Europe numéro 1 et fut nommé au Collège de France. Un Centre d’Études de Philosophie Politique porte le nom de Centre Raymond Aron à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales, boulevard Raspail à Paris (EHESS).

      En juin 1950, le Congrès pour la liberté de la culture est créé à l’initiative de Melvin Lasky. Jusqu’en 1967, année de la révélation du financement de cette organisation par la CIA, Aron sera membre suppléant de son comité exécutif. Dans ses Mémoires, il affirme l’avoir ignoré, ne pas le renier, et qu’il ne l’aurait probablement pas toléré s’il l’avait su. Sur ce sujet controversé, on pourra notamment consulter Intelligence de l’anticommunisme : le congrès pour la liberté de la culture à Paris 1950-1975 de Pierre Grémion (Fayard). smiley


    • dégeuloir (---.---.197.76) 13 février 2007 15:49

      La France a le triste privilège de collectionner les philosophes médiocres recyclés dans la pseudo pensée politique, tels Alain Finkielkraut et Bernard-Henry Lévy. smiley(le négrier d’afrque) Philosophes sans grand talent ni reconnaissance, ils tentent leur chance dans l’art difficile du commentaire politique, se targuant de nous donner des leçons d’humanisme. Fortement marqués par leurs origines, obsédés par la judéophobie, on les voit dans les médias mener leurs croisades partisanes, aux buts avoués souvent explicites. André Glucksmann fait partie du lot, et constitue à lui seul une aberration qui mérite qu’on s’y attarde.

      Glucksmann a deux dadas : La Tchétchénie et l’anti-américanisme. Il voit des anti-américains partout, tout comme Jeanne d’Arc entendait des voix. Glucksmann ne comprend rien à l’Amérique, mais il veut en être le défenseur inconditionnel et le pourfendeur de ceux qui osent critiquer Bush. Il le fait maladroitement, sans nuances, tout en coups de gueule. L’autre soir chez Franz-Olivier Gisbert, plusieurs participants ont dénoncé son manichéisme. Coupant les participants, tout à son obsession, on le vit recevoir une belle leçon de deux vrais spécialistes, Gilles Keppel et un américain spécialiste de politique internationale. L’intervention de ces deux invités montrait de façon flagrante l’inconsistance des thèses erronées de Glucksmann, qui a au moins trois trains de retard sur la question.

      Glucksmann voue une admiration sans bornes pour la politique américaine. « Ils ont libéré le peuple irakien de la dictature sanglante de Saddam Hussein, et cela seul justifie le droit d’ingérence », certes, mais pourquoi l’ont-ils fait ? Après avoir été la cause de la mort d’un demi-million d’enfants irakiens pendant l’embargo qu’ils ont imposé, et ruiné le pays, ils auraient envahi l’Irak par bonté d’âme ? Alors pourquoi ne veulent-ils pas céder une once de pouvoir à l’ONU et à leurs alliés, alors qu’ils ne se sortiront pas du bourbier irakien sans aide internationale ? Cette contradiction échappe à Glucksmann, qui aime rappeler l’attentat contre ce qu’il appelle les « twin towers ». Cette citation qu’il fait avec un accent épouvantable, en mauvais anglais, semble lui filer des frissons dans le dos. Les médiocres qui ne comprennent rien à rien aiment les citations exotiques, pour ajouter du poids à leurs arguments. Raté, un discours sans substance ne gagne rien à cet artifice ! Il cite le 11 Septembre à tout propos, mais se souvient-il d’un autre 11 Septembre, en 1973 au Chili, quand les Américains ont renversé Salvator Allende, en installant le dictateur Pinochet. Glucksmann, qui semble ne voir que ce qui l’arrange, sait-il que l’Amérique a monté l’Irak contre l’Iran en armant Saddam Hussein, et le Pakistan contre l’Afghanistan, en ne voyant aucune objection à la dictature de Musharraf ? Bref, Glucksmann, c’est le roi de la mémoire sélective. Pour lui il y a les dictateurs qu’il faut renverser, même au prix de forfaiture, qu’il admet et défend bec et ongles, et ceux pour lesquels il n’objecte pas qu’on flingue la démocratie pour les installer. C’est la logique à Glucksmann, qu’il assène de façon véhémente, sans se rendre compte qu’il a perdu les pédales, dans un monde qu’il n’a jamais compris.

      Ses idées sur le conflit israélo-palestinien valent le détour. Interrogé sur la question Glucksmann répond que « ça fait cinquante ans que ça dure, donc c’est complexe et que si on a des idées, on peut lui faire signe ». Ça fait chiément avancer le schmilblick ! Par contre, il est pour la construction du mur et résolument contre le droit au retour des Palestiniens, tout en se réjouissant de la chute de Saddam, qui mettra Israël à l’abri. Tiens donc ! Un avis totalement objectif d’un philosophe humaniste de chiottes, quoi ! Un égaré du commentaire politique, qui pollue de sa présence les cercles de penseurs qui jugent les évènements majeurs de la scène internationale. Mais que vient donc y faire cette longue figure émaciée, couverte d’une touffe de cheveux gris aussi raides que sa pensée, en cascade peu soignée autour d’un regard halluciné. Un épouvantail surexcité, qui attaque en vociférant le « camp de la paix » des 10 millions de gens dans 62 pays qui ont défilé sans relâche pour opposer le droit et la justice à la force.

      On comprend ses positions sur la Tchétchénie, mais on ne peut excuser Glucksmann de son obsession contre le camp de la paix, et sa défense de l’usage injustifié de la force, qui a créé un chaos indescriptible en Irak. Pour un philosophe qui se veut l’apôtre de la raison, c’est totalement incohérent. Sauf, bien sûr, si on l’explique par la véritable raison qui fait rouler Glucksmann contre les États arabes du Moyen-Orient, qui serrent Israël de trop près.

      Égarés dans un monde qu’il ne comprennent pas, beaucoup d’intellectuels ratés et sans envergure, comme les neo conservateurs américains ou les philosophes recyclés français, se répandent doctement, totalement déphasés, naïfs, prêts à justifier n’importe quelle erreur, pourvu qu’elle soit prétexte à leur soif de publicité personnelle et flatte leurs idées obsessionnelles, au premier rang desquelles la défense du Likoud et de son chef. Sharon le provocateur qui a rallumé un conflit en visitant la Mosquée avec toute l’arrogance de l’irresponsabilité politique de l’envahisseur sioniste.

      J’aime ponctuer mes articles de citations populaires, où réside une grande sagesse. Dans la même veine citons Coluche, qui aimait dire que « Quand on n’a rien à dire on devrait être autorisé à fermer sa gueule ». On ne peut qu’espérer qu’en dépit de son aveuglement obstiné André Glucksmann recoive ce message cinq sur cinq et essaie de se rendre utile ailleurs. S’il est aussi habile de ses mains que malhabile dans ses opinions sur la démocratie et la justice, qu’il se trouve un petit boulot manuel à l’écart de toute tribune. Bon débarras ! Le vrai débat démocratique y gagnerait en limpidité et l’atmosphère y serait plus respirable.

      Glucksmann, tout comme Finkielkraut et Lévy, devraient s’interroger sur leur non-respect de l’éthique philosophique, dans leur croisade aveugle contre ceux qui questionnent Israël. Soi-disant lucides et impartiaux, ils s’engagent ainsi sans retenue à défendre, avec une agressivité incroyable, les thèses de ceux qui ont enflammé le Moyen-Orient. Le détournement des principes philosophiques à des fins partisanes les discrédite, leur retirant le droit d’être philosophes. Ils cautionnent les crimes contre l’humanité du Likoud, qui viennent d’être dénoncés par le Rapporteur auprès des Nations-Unies, et dont le rapport fera éclater dans les jours qui viennent, à la face du monde, les méthodes inhumaines d’Israël pour éliminer physiquement le peuple palestinien, en affamant et en privant d’eau les habitants des territoires occupés. Ces philosophes recyclés, vendus à une cause indéfendable, n’ignorent rien de ces crimes. En feignant de les ignorer et en cautionnant Sharon, ils en sont les complices. De beaux « philosophes », en vérité ! smiley


    • Sceptique (---.---.27.61) 9 février 2007 11:19

      Excellent article que je partage entièrement. La notion noble du terme intellectuel est connotée à gauche depuis un peu plus d’un siècle, quand les Jaurès, Herr, Duclaux se sont élevés contre l’affaire Dreyfus. Ce qui caractérisait ces intellectuels à l’époque était une recherche de la vérité, dans sa plus simple expression, dénuée de couleur politique et d’idéologie. On ne peut pas dire que la gauche d’aujourd’hui mérite encore cette association d’idées ; le terme intellectuel de gauche est de toute façon devenu péjoratif et décrié, pour des raisons de plus en plus évidentes pour qui veut bien observer la situation actuelle avec un minimum d’objectivité.

      Mais comment ne pas voir dans l’investiture de Ségolène Royal un dynamiteur de cette tendance ? En sacrifiant ses idéaux au marketing électoral de la peur, la gauche ne pouvait plus ménager la chèvre et le chou. Les exemples cités dans l’article en sont une preuve indéniable. Et les soutiens apportés à un Sarkozy certes démagogue mais qui a jusqu’ici fait preuve de bien plus de pragmatisme prennent finalement la forme d’une sanction logique, qui s’inscrit dans la mue de l’échiquier politique. Les clichés rassurants sont, décidément, de moins en moins fiables...


      • Maxx POWER (---.---.164.192) 9 février 2007 12:29

        « dénuée de couleurs politiques et d’idéologie.. » :

        - Ouf ! Je suis rassuré ! Finkielkraut et Glucksman ne sont donc pas des intellectuels !

        Maxx POWER


      • ZEN zen 9 février 2007 18:40

        @ Sceptique

        Coommentaire assez fin. Vous devriez développer sous forme d’ article.


      • gigabyte_land (---.---.84.124) 9 février 2007 11:24

        [MODE FLAME ON]

        • Alain Finkielkraut
        • Bruckner
        • Weitzmann
        • Aaron

        S’agit-il d’intellectuels de gauche ou du CRIF ?

        [MODE FLAME OFF] Vous pouvez replier !


        • dubitatif (---.---.4.237) 9 février 2007 23:09

          @ mégagigabite : t’as bien du mal à nous la montrer !


        • (---.---.144.163) 9 février 2007 11:32

          Intellectuel, de toute façon c’est une insulte : quelqu’un qui parle de ce qu’il ne connait pas, sous prétexte qu’il connait uns autre discipline (suffit de se souvenir du niveau consternant de Derrida parlant de la politique de Raffarin..). Bref, intello, c’est du populisme pour gens chic, mais ca reste du populisme.

          Ces gens ne servent à rien.


          • bardamu (---.---.48.216) 12 février 2007 00:01

            Non ! Vous confondez débat d’idées et débat d’experts. Il faut des gens capables de verbaliser la complexité des choses. Qu’on les nomme intellectuels ne pose pas de problème. S’ils sont nécessaires au débat, ils le sont moins pour la prise de décision.


          • (---.---.144.163) 9 février 2007 11:36

            C’est Aron, tout simplement, et il n’était pas juif (sauf avec les anti-sémites..).


            • gigabyte_land (---.---.84.124) 9 février 2007 11:57

              Désolé pour Raymon Aron, je me suis laissé emporter par l’orthographe de son nom sans vérifier...

              Je peux comprendre que mon commentaire puisse avoir des relents antisémites, ce qui n’est absolument pas mon propos.

              Cependant, pour les autres, je me demande simplement si ce retournement des « Intellectuels » cités n’est pas lié à la position atlantiste de SarkoNazy de gyBocsa qui a entraîné récemment une esclandre de la part de Julien Dray envers un représentant du CRIF.

              Julien Dray que je respecte est également de confession judaïque et n’a cependant pas mâché ses mots vis à vis de cette organisation qui devient de plus en plus pro-sioniste.

              Je place donc mes commentaires beaucoup plus vers une attaque des dégâts qu’entraînent le communautarisme si cher à l’UMP.

              Le danger est là ! Et cet article ne fait que donner dans l’anti-socialisme basique sans prendre en compte cette dimension.


            • Régis (---.---.9.251) 9 février 2007 12:01

              http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinheadactu/0/mainmise_sur_la_presse. html

              on voit ou ils sont passés les intellectuels. la presse française, que de la racaille smiley corrompus, vendus, rachetés, financés, interessés, menacés, promus. Vous avez le choix. Et je parle même pas 2.0 (loic ?)


              • (---.---.102.62) 9 février 2007 12:07

                Alain Finkielkraut Bruckner Weitzmann Aron Hanin Roger Macias Enrico André Glucksmann

                Les liens entre Sarko et les mouvements sionistes de France n’est plus a prouver !

                http://www.col.fr/breve-246.html

                http://www.col.fr/breve-1294.html

                http://fr.wikipedia.org/wiki/Ligue_de_défense_juive#La_LDJ_fran.C3.A7aise

                et cet extrait :

                Le syndicat policier « Action Police CFTC » soutient que la Ligue de défense juive et le Betar « accomplissent une mission de service public » (sic) 05/06/2006 Dans un communiqué publié lundi 5 juin 2006, le syndicat policier « Action Police CFTC » déclare qu’il « ne considère en aucune façon que la Ligue de défense juive (LDJ) ou le Bétar créent un trouble à l’ordre public. Au contraire, ces organisations dissuadent de nombreuses personnes ou groupes de personnes hostiles à la communauté juive de passer aux actes. Les mairies se dotent de polices municipales, les supermarchés de vigiles, les manifestations sont encadrées par un service d’ordre... Pourquoi la communauté juive n’aurait-elle pas le droit de se défendre ? (...) la LDJ et Bétar (...) accomplissent une mission de service public en défendant les personnes et les biens ». Ainsi un syndicat de policiers prend-t-il la défense de milices communautaires privées, au mépris de la loi républicaine.

                Conclusions :

                Avec Sarko président, les soldats français vont bientôt aller se faire exploser la gueule en Irack, IRan, ...Etc pour « défendre » ou plutôt aider à l’expension d’Israël au moyen orient.


                • Depi Depi 9 février 2007 13:26

                  Action Police CFTC est un syndicat d’extrême droite.

                  Et Aron est mort en 1983 merci de ne pas l’impliquer.


                • snoopy86 (---.---.251.112) 9 février 2007 18:54

                  Si la CFTC est d’extrême-droite, où allons nous ?


                • Depi Depi 9 février 2007 21:20

                  Renseignez-vous sur ce syndicat.

                  Il a été placé sous tutelle de la confédération à cause de ses liens avec l’extrême droite et des propos de ses dirigeants.


                • Cl4ud3 (---.---.205.247) 10 février 2007 00:44

                  est-ce qu’au moment où on vous a conçu, on mal lu le plan et cablé de travers ?

                  en préleminaire, je ne suis pas pour le petit nicolas, mais je sais lire un article.

                  oui, il y a un mouvement extrémiste de droite ds la communauté juive, mais celle-ci est autant hors la loi que les autres gugusses du même type, qu’ils soient religieux (chrétiens, musulmans, juifs, ou autres) ou politiques... la violence est l’arme des faibles, on tape qd on trouve plus les mots, qd on n’a plus la logique d’expliquer et de communiquer. alors, les créins, ils poussent tout seuls, y’a pas besoin de les planter...

                  que sakosy, en tant que misnitre de l’intérieur et donc en charge du respect de la liberté de culte, reçoive les représentant du consistoire central israélite, fait partie de ses fonctions. de plus, en lisant l’article coté il est écrit : « Jean Kahn, le président du consistoire central israélite, a souligné son attachement au mode de ’’vivre ensemble’’ adopté par la France et a indiqué que ’’le judaïsme ne souhaite aucune modification à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat’’ » mais peut-être ne savez vous pas lire ?

                  dans l’autre article cité « Nicolas Sarkozy a su défendre habilement des idées moins faciles à accepter pour son auditoire : que la loi sur les signes religieux à l’école »est une loi de liberté et non de prohibition«  ; que le terrorisme doit être combattu sans faiblesse, mais que »l’humiliation, la pauvreté, le manque d’intégration sont un problème«  ; qu’ »aucune démocratie ne peut accepter la moindre entorse à la sécurité d’Israël« , mais qu’il n’est pas sûr que la politique du gouvernement israélien actuel ait fait progresser cette sécurité et que »la question des Palestiniens, du statut des Palestiniens, de l’Etat des Palestiniens se pose au monde« .  » il me semble qu’ici, il renvoie pâlestiniens et israeliens dos à dos. il faut dire que des 2 côtés on ne fait pas trop d’effort pour faire la paix et respecter l’autre peuple. en plus, ds les 2 camps ils tuent ceux qui s’engagent sur le chemin de la paix tels sadate et rabin...

                  et ce n’esst certainement pas en attisant les braises des extrémistes communautaires ou religieux dans notre pays, que l’on fera avancer les choses. moins on apportera de haine à l’eau du moulin, plus les hommes de bonne volonté feront entendre leur voix et sauront faire cesser le bruit des armes et les pleurs des enfants.


                • ZEN zen 9 février 2007 12:08

                  Article sans intérêt, sans analyse sérieuse


                  • CAMBRONNE CAMBRONNE 9 février 2007 17:01

                    POURQUOI ? Vous vous sentez concerné ?


                  • ZEN zen 9 février 2007 18:36

                    @ Cambronne

                    Oui, je trouve l’article juste un peu léger, sans grand recul historique. J’attends une étude sur les militaires de droite...de Boulanger à Pétain


                  • josew (---.---.25.142) 9 février 2007 12:23

                    Cet article arrive un peu tard...

                    Cela fait maintenant bien longtemps que les vrais intecllectuels « de gauche » ont passé l’arme à gauche (Bourdieu par exemple), alors que les pseudo-intelellectuels actuels sont en train de passer l’arme... à droite !

                    Ce qui caractérise parfois ces pseudos intellos cités dans l’article ci-dessus, c’est un certain affairisme mâtiné de néo-conservatisme belliciste.

                    Ces néo-intellos ont souvent le petit doigt en l’air pour déceler le vent dominant... mais parfois, le doigt est placé un peu trop haut, et le vent qui souffle au sol n’est pas le même que celui qui souffle chez les élites...

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