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Accueil du site > Actualités > Politique > La France de 2025 vous salue bien !

La France de 2025 vous salue bien !

Il est souvent reproché, à juste titre, aux hommes politiques leur manque de vision à long terme. Trop occupés à assurer de prochaines élections, les dirigeants s’évertuent à panser des plaies béantes avec des outils dérisoires au lieu de se donner les moyens de guérir le patient France sur le long terme. François Hollande et « la France en 2025 » échappent à cette terrible logique. Quoique…

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La France 2025... tout un programme...

On a beau tout essayer, quand on est nul on le reste. Pas de potion magique, pas d’idée lumineuse venue éclairer un tunnel long de cinq ans qui n’en est qu’au début de sa seconde année. Pourtant l’idée de François Hollande de faire plancher ses ministres sur la France version 2025 n’est pas mauvaise en soi. Seuls le timing et la pauvreté de la réflexion montrent l’impréparation chronique de cet exécutif décidément peu inspiré et sans solution aucune face aux problèmes qui gangrènent la société française.

Comment sera la France en 2025 ? En parfaite santé ! Une économie qui va bien, des Français heureux et au travail, une qualité de vie à nous fait pâlir d’envie ! Rien que ça… ! Comment arriver à cet éden ? La réponse est difficile et ne se trouve pas dans la mascarade de « devoirs de vacances » de ministres qui se disaient très fatigués, mais qui ont eu le temps de penser en quelques jours à la France de 2025…

Alors que Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (oui, oui, elle est ministre) déboule toute contente d’elle sur les plateaux télés en jurant que c’est elle-même qui a écrit son petit rapport, on est en droit de se demander si le Gouvernement ne se fout pas encore un peu plus de nous avec cette rentrée politique qui peut d’ores et déjà être qualifiée de ratée.

Difficile de dénicher le ministre le plus faux-cul ou le plus stupide tant les copies sont lamentables et baignent dans un océan de béatitude qui confine à la bouffonnerie. Cécile Duflot nous promet un toit et un environnement de qualité pour tous allant jusqu’à affirmer que l’accès à un logement « ne sera plus un facteur de stress et d'incertitude, mais une étape plaisante de la vie ». La ministre du Logement n’est pas la seule à s’être essayée à un grand numéro de cirque.

Arnaud Montebourg Nostradamus, ministre d’un Redressement productif qui s’affaisse un peu plus chaque jour prédit à la France des lendemains qui chantent faisant de notre pays « un modèle français de production qui, après Ford et Toyota, fera figure de modèle mondial ». Vraiment ? En si peu de temps et avec une politique de carpette adoptée face à des industriels comme Mittal, on est encore en droit d’en douter.

Moscovici, Valls et Taubira sont eux aussi tombés dans le monde enchanteur des Bisounours. Croissance au top, sécurité maximale et prisons vides… Merci pour ce beau déballage de bons sentiments et de mépris pour tous les Français. Que nous dira le ministre chargé des Affaires européennes ? Que la Commission a cessé sa course au libre au libéralisme sauvage ? Que Michel Barnier a redonné du pouvoir d’achat aux Européens grâce à la suppression de type soviétique des commissions d’interchange  ? Que la Turquie a finalement intégré l’Union européenne après avoir reconnu le génocide arménien et respecté ses propres règles en matière de laïcité ?

Les copies des nombreux ministres sont attendues avec impatience. Non pas pour savoir quel sera l’Etat de la France d’ici 12 ans, mais pour décerner la palme au plus crétin parmi ceux qui se moquent de nous en présentant un tableau idyllique d’une France qu’ils sont en train de précipiter à grands pas dans un précipice bien dangereux. Ces vacances auront au moins été l’occasion de donner le sourire aux Français, un sourire bien désabusé certes…


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34 réactions à cet article    


  • unandeja 20 août 2013 11:06

    je suis d’accord, la reflexion France 2025 est dans le fond une bonne idée (même si je suis antisocialiste au possible, je dois reconnaitre qu’enfin une vision au delà de 2 ans fait du bien)....après, malheureusement, cela ressemble beaucoup + à un plan com qu’à un réel plan d’avenir.

    A l’époque un plan d’avenir consistait à lancer l’industrie nucléaire, lancer des gros projets d’infrastructure....aujourd’hui cela ressemble à un brain storming journalistique tout au mieux...Et c’est bien dommage...


    • kalagan75 20 août 2013 13:35

      pitié , la loi de 1973 , tu continues à l’interpréter à ta sauce de façon simpliste ! il est évident que tu ne l’as même pas lue .


    • kalagan75 20 août 2013 13:48

      parce que tes commentaires sont des explications ? tu n’as malheureusement pas fait d’études poussées , tu saurais au moins ce qu’est une démonstration et cela ne se limite pas à citer ta fameuse loi que tu régurgites à chaque commentaire et sur tous les sites web que tu trolles !


    • unandeja 20 août 2013 14:36

      même si je suis contre cette loi de 1973, que les deniers soient empruntés à bas taux ou que les deniers soient empruntés sur les marchés à des taux + élevés, je ne vois pas en quoi cela empêche des plans d’investissement et la mise en place de stratégies à long terme en France.
      le problème c’est que l’ENA ne sort que des ânes qui se fichent bien totalement des électeurs ou de ce que pourra être la France dans 10 ou 20 ans.


    • foufouille foufouille 20 août 2013 15:44

      avant 73, il y avait une inflation globale possible via la planche a billets. avec emprunts privés, ce sont des bulles d’inflations (immoblières) au profit des banksters


    • Mr Dupont 20 août 2013 13:24

      Anticiper ce qu’il va se passer en 2025 évite de plancher sur ce qu’il se passe en 2013

      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/08/19/20002-20130819ARTFIG00447-les-impayes-de-salaires-battent-un-record-inquietant-en-juillet.php

      Ou seront-ils en 2025 ces branquignols qui ne savent qu’enfumer le populo ?

      Dehors cette chienlie  smiley  smiley  smiley


      • LE CHAT LE CHAT 20 août 2013 15:23

        @mr Dupont

        Demosthène , ne serait ce pas encore un pseudo de Django-Pastori-Sampiero-Soleil ??????

        toujours cette obsession de vous faire la leçon et de vous demander de rendre des comptes ...


      • Mr Dupont 20 août 2013 15:31

        Mr Démosthène

        La chienlit anticipée par le Général De Gaulle

        Visionnaire s’il en fut

        Il l’avait bien pressentie cette arrivée des Nullos à la tête de la France

        La seule trace qu’ils laisseront ne sera pas sans rappeler celle laissée au fond d’un slip bien merdeux

        Avec un microscope ; il sera même possible d’y retrouver la trace de votre vote


      • Mr Dupont 20 août 2013 15:35

        Salut Mr Le Chat

        Démosthène - Sampiero ?

        Non : je ne le pense pas

        Mais d’une même portée qui n’aura pas été noyée ; surement  smiley  smiley  smiley


      • Mr Dupont 20 août 2013 16:09

        Pas la peine de faire plancher les Nullos sur 2025 : il suffit de prendre une boule de cristal

        Pour le devenir de Mr Hollande, dans la mienne , je vois :

        Un petit homme obèse avec le visage couperosé d’avoir vidé la cave de La Lanterne

        Sa concubine l’aura laissé tomber pour un jeune loup de la politique aux dents longues

        Je vois....je vois...

        Un grand con ayant troqué sa marinière pour une barboteuse

        Je vois ;

        Une ancienne ministre du Logement toujours agrippée à son bureau que les gouvernements précédents n’auront put décramponner

        Je vois ...je vois...

        Une ancienne ministre de la Justice inculpée pour incitation à la haine raciale

        Désolé....je suis fatigué : je ne vois plus rien

        Je laisse la place à meilleurs que moi :

        http://www.dailymotion.com/video/x1ys19_pierre-dac-le-fakir-rabindranath-du_fun?search_algo=2
        .


      • appoline appoline 21 août 2013 19:23

        C’est ce que je viens d’écrire à moscovici sur facebook, qu’il aille voir la copine de son ancien leader pour 2025, la chère Elisabeth (à moins qu’elle n’ait déjà trépassé, auquel cas ça me foutrait mon post en l’air)



      • totor101 totor101 20 août 2013 14:18

        pour décerner la palme au plus crétin parmi ceux qui se moquent de nous

        pas la peine !
        ils sont tous exæquos...
        ils veulent le pouvoir, le fric et la célébrité !

        le reste leur est complétement indifférent


        • Thierry SALADIN Thierry SALADIN 20 août 2013 15:26

          @ l’auteur,

          Merci pour cet article.
          Bien sûr que nous ne sommes pas dupes, il s’agit ici plus de communication que d’autre chose. Plancher sur l’avenir 2025, (déjà réfléchir à 12 ans, c’ est un peu court), cela relève d’une vision politique qui s’ élabore dans la durée, pas à pas, et qui se formalise une fois qu’on a consulté tout une série d’experts (démographes, sociologues, économistes, spécialistes en géopolitique, etc.) afin de faire coïncider autant que faire se peut une vision politique et sa faisabilité.
          Rien de tout cela ici : les copies des ministres déjà remises à la presse ressemblent plus à des vœux pieux qu’à une réflexion politique sagement élaborée. 
          Comme je l’ai lu je ne sais plus où, cela ressemble à des devoirs de vacances, avec comme sujet de rédaction : Raconte ce que tu souhaites pour la France en 2025 ?
          Qui ne souhaite pas que notre pays retrouve sa place dans le domaine économique ? Qui ne souhaite pas que chercher un logement en France soit plus facile demain qu’aujourd’hui ? Que la sécurité dans ce pays ne soit plus un problème quotidien (pour les conducteurs de bus, les passagers d’un train, pour les pompiers qui se font caillasser, etc.)
          Il n’ y a pas besoin d’être ministre pour ça.
          Il faudrait peut-être revenir à une politique planifiée. La France avait bien cela sous de Gaulle. Et c’est ensuite, une fois que tout est bien pensé et écrit, qu’on annonce cela aux Français.  Cela s’appelle fixer un cap, s’en donner les moyens, et savoir l’exposer au pays.
          Décidément François Dernier a tout faux.

          • herbe herbe 20 août 2013 18:54

            Merci pour l’article.


            Il y a un long développement après le « quoique » de l’intro. bon ça se discute, c’est vrai que beaucoup de choses prêtent le flanc à la critique (ne pas oublier cependant l’adage « la critique est facile, l’art est difficile) je le reconnais volontiers étant assez souvent désolé et/ou sidéré de certains actions et positionnements idéologique sous-jacents...

            Cette intro montre toutefois au moins une chose positive : c’est enfin un signal de tentative de sortie du »court termisme" si habituel en politique comme ailleurs.

            Si, il y a douze ans, certains avaient osé voir loin, peut-être qu’on aurait évité l’incendie d’aujourd’hui, en attentant il faut bien l’éteindre tout en faisant en sorte d’éviter qu’il y en ait d’autres à l’avenir.
            C’est l’affaire de tous en n’oubliant pas de prioriser en se calquant sur l’urgence des besoins.

            En attendant il faut articuler savoir, savoir faire et faire savoir...
            Et on jugera l’arbre à ses fruits...

            • herbe herbe 21 août 2013 19:21

              Aux « moinsseurs » :


              Même si on peut, à la lumière du passé être, pessimiste, à partir de cette nouvelle intention exprimée (de mon point de vue c’est un progrès, puisque que de reproches à mon avis justifiés du manque de programme et de vision formulés par beaucoup...), on peut au moins dire chiche !!! Après les paroles et les intentions, des actes !!!

              Et puis dans son propre périmètre d’action, agir et pour une action pertinente et juste comme dit l’auteur Dugué s’instruire !!!

            • Mohammed MADJOUR Mohammed MADJOUR 20 août 2013 19:03

              C’est la faute aux Français qui aiment trop rêvasser ! La désinformation vous va bien et vos médias ne ménagent aucun effort pour vous polluer !


              • appoline appoline 21 août 2013 19:25

                On voit ce que ça donne chez vous Momo, ça renifle le beau bordel aussi


              • smilodon smilodon 20 août 2013 20:21

                @ l’auteur : tout est dit, et je crois que nous sommes quelques uns à penser la même chose !...Si ce n’était pas si dramatique, ce serait un doux plaisir que d’être pris pour des truffes par ces tartufes !!!...... Hélas, en ce qui me concerne, ces clowns, je les trouve bien tristes !.... Et je n’ai pas vraiment le coeur à la gaudriole !....Ils ne savent même pas ce qui ve nous tomber dessus la semaine prochaine, et ils tirent des plans sur 2025 !!!..... Au fait, pourquoi 2025 ??? Pourquoi pas 2250, 2712, 3456 ?....Et pourquoi pas un ministère des horoscopes, tant qu’on y est !.. Pour que chaque français, selon qu’il soit verseau, sagittaire, bélier etc... puisse avoir accès à son avenir « perso », avec cachet officiel en bas de page, et poursuites éventuelles contre l’état, si les choses venaient à ne pas se concrétiser ????!!!!..... Le droit d’accès à son avenir devrait être inscrit dans la constitution.......Si on voulait si « hisser » à leur niveau, voilà ce qu’on devrait réclamer dans une prochaine manif !..... Juste pour leur renvoyer la « balle » !... A « c.n », « c.n » et demi !....Adishatz.


                • smilodon smilodon 20 août 2013 22:07

                  @ l’auteur... Bel article en tout cas...................


                  • SEPH 20 août 2013 23:19

                    Cette bande de clowns incapable de résoudre les problèmes actuels parce qu’ils appliquent les directives des banques et de Bruxelles, veut se projeter en 2025. Ceci n’est que de la fuite en avant.
                    D’ailleurs les rares propositions sont à mourir de rires.

                    Ce ne sont que des traitres et des imposteurs au peuple de gauche.


                    • appoline appoline 21 août 2013 19:27

                      Pire, des traîtres à la France


                    • patrickluder patrickluder 21 août 2013 03:59

                      Je propose de classer la gestion gouvernementale de nos dirigeants et de leurs payer leurs rente en fonction des résultats obtenus ... il n’y a que dans des postes étatiques que l’on peut faire n’importe quoi en restant bien au chaud et sans soucis !  smiley


                      • Raymundo007 Raymundo007 21 août 2013 07:05

                        Le pire c’est qu’on ne peut rien faire pour les virer pour le moment... ça ne va pas du tout ce système politique dit « démocratie ». Il faudrait pouvoir révoquer ces nuisibles par référundum populaire et les députés aussi.


                        • chmoll chmoll 21 août 2013 08:01

                          j’crois qu’en 2025 ils ,elles seront aussi cons qu’aujourd’hui
                          j’vous salue bien bande de cons asptisé(es)


                          • Cedric Citharel Cedric Citharel 21 août 2013 12:48

                            Les politiciens ne sont plus des intellectuels visionnaires, ils assument péniblement la tâche de représentant de commerce qui leur est confiée. Si nous ne faisons rien, ce ne sera pas eux qui décideront de notre avenir, mais bien les multinationales qui les emploient.

                            Pour savoir qui dirige réellement le pays, lisez On les croise parfois de Cedric Citharel.

                            • L'enfoiré L’enfoiré 21 août 2013 15:28

                              Mais qu’est-ce qui a pris à Hollande de forcer ses ministres de rester en France ?

                              Pour avoir des idées neuves ?
                              Même pas le temps d’être dépaysé en une semaine.
                              Alors, si en plus on veut crier dans son bain « Eureka ».
                              Non, si cela était, ce ne serait qu’un saut du bain parce que l’eau est trop chaude...
                               

                              • BA 21 août 2013 15:30
                                Un internaute, JoeLeTaxi, a traduit en français une interview explosive de Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, parue dans DIE WELT le samedi 17 août 2013. 

                                « L’Allemagne ne peut pas sauver la zone euro »

                                Kai A. Konrad, conseiller en chef du ministre allemand des Finances, s’attend à l’effondrement de la zone euro. Il propose que l’Allemagne quitte l’union monétaire – c’est l’Europe, non l’euro, qu’il faudrait sauver selon lui.

                                Die Welt : Monsieur Konrad, le gouvernement a reporté toutes les décisions importantes concernant la crise de l’euro à l’après-élections. Tente-t-on de tromper les électeurs ?

                                Kai A. Konrad : Je crois plutôt à un statu quo après les élections. Depuis l’apparition de la crise, la classe politique a toujours tenté de remettre au lendemain les décisions et de procrastiner.

                                Die Welt : Considérant le niveau extrême des dettes, presque tous les économistes tiennent des répudiations au moins partielles pour inévitables.

                                Konrad : En réalité, les Grecs possèdent suffisamment de richesses pour pouvoir s’acquitter sans aide de leur dette. Mais ils refusent, ou se trouvent dans l’impossibilité, de prendre des décisions aliénant ces avoirs. De ce fait, un nouveau défaut constituerait sûrement une option.

                                Die Welt : Selon les estimations de la Bundesbank, la Grèce aura besoin début 2014 d’un troisième plan d’aide. Admettra-t-on alors enfin que ce pays est un puits sans fond ?

                                Konrad : Mais la Grèce est déjà un puits sans fond, personne n’ayant jamais prédéfini une limite à ce qu’elle peut engloutir. Le taux d’endettement grimpe, entre autres parce que l’économie du pays se réduit comme peau de chagrin. Ce qui n’empêche nullement la Troïka, c’est-à-dire l’UE, la BCE et le FMI, de continuer imperturbablement à publier pour ce pays les prévisions les plus déconnectées de la réalité.

                                Die Welt : Ne vaudrait-il pas mieux que la Grèce quitte l’euro, au moins temporairement ?

                                Konrad : Non. Le pays serait alors étranglé par sa dette extérieure. Si l’on veut en finir avec l’Union Monétaire, c’est par les pays du nord de la zone euro qu’il faut commencer. Et si on en arrive là, alors l’Allemagne doit quitter l’euro.

                                Die Welt : Il faudrait que l’Allemagne fasse pour la troisième fois exploser l’Europe ? Aucun gouvernement allemand ne s’y résoudra jamais.

                                Konrad : L’euro n’est pas l’Europe. C’est l’Europe, et non l’euro, qu’il s’agit de sauver ! Il est vrai que, pour des raisons politiques, l’Allemagne n’est pas en position de sortir la première. Mais les autres pays membres pourraient l’y contraindre. Ce vers quoi nous allons, c’est cela. Dans certains pays, les conditions économiques sont devenues proprement insupportables. Par surcroit, une certaine agitation politique s’y est fait jour. Et si l’Allemagne et quelques autres économies fortes quittaient la zone euro, la valeur de cette monnaie baisserait, permettant aux économies du Sud de recouvrer la santé.

                                Die Welt : Le prix à payer serait la ruine de la capacité exportatrice de l’Allemagne.

                                Konrad : Cette capacité exportatrice pourrait au contraire en sortir renforcée. L’Allemagne s’est fort bien accommodée, lors des décennies passées, de l’appréciation continue du mark allemand, et a ainsi appris à maintenir sa compétitivité. La situation actuelle n’est pas, à beaucoup près, aussi exigeante. Mais pour cette raison précisément, la capacité qu’elle avait eu de réagir sous la pression s’est évaporée, et cela est dangereux.

                                Die Welt : Il n’en reste pas moins que la banque centrale allemande va devoir faire tourner la planche à billet, pour contrer une appréciation excessive du nouveau mark.

                                Konrad : En effet, la Bundesbank va devoir acheter des devises étrangères pour des montants considérables, afin de contenir cette appréciation du nouveau mark dans des bornes acceptables.

                                Die Welt : Ce qui pourrait précipiter l’Allemagne dans une dépendance sévère – comme la Chine d’aujourd’hui, qui est coincée avec des réserves « himalayesques » de dollars.

                                Konrad : Mais les avantages dominent cependant. Les bénéfices dus au seigneuriage seraient gigantesques. On pourrait investir les réserves en devise d’une manière moins conventionnelle, par exemple en instituant notre propre fonds souverain, qui investirait à l’étranger dans des entreprises, de l’immobilier ou des stocks de matières. Par ailleurs, le pouvoir d’achat de la population allemande serait dopé : les voyages, l’essence et bien d’autres choses deviendraient meilleur marché.

                                Die Welt : Mais ne craindriez-vous pas une guerre des devises, si l’Allemagne, armée de sa planche à billets, se mettait à racheter le monde ?

                                Konrad : Tout au contraire. L’Allemagne n’autoriserait une appréciation du mark que dans les bornes de ce qui serait justifié, ce qui reste impossible à faire aussi longtemps que nous faisons partie de l’euro.

                                Die Welt : Revenons au présent. Outre la Grèce, il y aura le Portugal et Chypre, voire peut-être l’Irlande, qui se verront contraints de demander une aide. Sera-t-il possible à l’Allemagne de supporter ce fardeau dont l’ombre menace ?

                                Konrad : L’étranger se représente l’Allemagne comme une sorte d’Hégémon hésitant. Mais c’est là une surévaluation injustifiée. Les récentes statistiques comparant les richesses respectives des divers peuples européens ont montré que l’Allemagne ne se classait pas si haut. La classe politique et les médias sont restés d’une discrétion de violette sur ce sujet. Nous devons cependant l’admettre : l’Allemagne n’est pas tellement grosse en comparaison de l’UE. Et en comparaison de ses voisins, l’Allemagne, au cours de ces quinze dernières années, s’est sensiblement appauvrie.

                                Die Welt : Et donc l’Allemagne ne pourra pas supporter ce fardeau ?

                                Konrad : L’Allemagne ne peut pas sauver la zone euro. Qui le croit, s’illusionne. Il est vrai que la BCE a la capacité de prolonger la situation présente, à grand renfort de trombes d’argent, et ce jusqu’à finir par interférer avec les politiques fiscales des pays membres. Mais où cela nous conduit-il ? Le ralentissement de la dynamique économique constaté dans l’ensemble de l’Europe devrait de toutes façons notablement s’accélérer.

                                Die Welt : Concrètement, cela signifie ?

                                Konrad : L’Allemagne va continuer, dans les prochaines années, à profiter de la crise et à attirer un supplément de main d’œuvre. Cela va conduire à l’apparition, d’un côté de l’Europe, de centres de productivité et de l’autre, des régions emplies de retraités et d’autres bénéficiaires de transferts fiscaux. L’Europe va ainsi se retrouver dans la situation du Mezzogiorno. Ce que cela signifie concrètement, on peut l’observer depuis des décennies en Italie, où le Nord riche et industrieux entretient le Sud pauvre au moyen de transferts fiscaux. Déjà, en Italie, ça ne passe pas très bien. Les tensions que la même chose produirait en Europe constituent pour l’euro un danger létal.

                                Die Welt : Quand en serons-nous donc là ?

                                Konrad : Il nous reste sans doute quelques années. En 2010, au début de la crise [de l’euro spécifiquement, NdT] je m’étais dit : maintenant ça va aller vite. Mais l’euro a survécu jusqu’à ce jour. Apparemment, un processus de ce genre peut jouer les prolongations.

                                Die Welt : La Banque centrale a, en se disant prête à acheter, en cas de nécessité, des emprunts d’État en quantité illimitée, ramené le calme dans les marchés. Mais cet automne, le tribunal constitutionnel allemand va devoir décider s’il y a lieu d’interdire ou de limiter ces achats. Et si c’est ce qu’il décide, que va-t-il alors se passer ?

                                Konrad : Rien dans un premier temps. Le tribunal constitutionnel allemand ne peut donner d’ordres à la BCE – et donc ce programme de rachat, l’OMT, resterait intact. Le tribunal pourrait peut-être interdire à la Bundesbank d’y participer. Mais qu’est ce qui empêcherait alors, disons, la Banque de France, de se charger de la part de la Bundesbank en sus de la sienne propre ? Et l’Allemagne n’en resterait pas moins caution de la BCE pour 27% du total. Tout du moins, aussi longtemps que l’union monétaire se maintient.

                                Die Welt : Et qu’advient-il si l’union monétaire ne se maintient pas ?

                                Konrad : A ce moment-là, chacune des banques centrales se retrouve avec ce qui figure dans ses livres de compte à elle. De ce fait, ces rachats de titres que prescrit la BCE fonctionneraient comme un gage politique : si la Bundesbank se trouvait avoir beaucoup participé à ces acquisitions, un retrait de l’Allemagne de la zone euro coûterait plus cher. Conséquemment, il deviendrait plus facile de convaincre les Allemands de participer à d’éventuels programmes d’aides. Mais si le tribunal constitutionnel interdit ces achats à la Bundesbank, cela apparaitra comme une bonne chose en cas d’éclatement de l’euro ; et de plus une telle interdiction aurait de toutes façons l’avantage de réduire la pression que les autres pays peuvent exercer sur l’Allemagne..

                                Die Welt : Somme toute, est-ce qu’une union monétaire sans union politique peut fonctionner ? Et sinon, est-ce que la tentative de créer un super-état européen ne risquerait pas de mettre fin à l’Europe ?

                                Konrad : Une union monétaire sans union politique peut fonctionner, mais seulement si les États endettés sont véritablement contraints de se désendetter et si tous appliquent une discipline fiscale beaucoup plus stricte qu’il ne serait nécessaire s’ils étaient en dehors de l’union monétaire. Je pense ici à un ordre de grandeur de 10% du PIB. Mais les réalités politiques, on le sait, sont tout autres. Une autre alternative serait une union politique véritable, formant un État central unique, très fort, ayant une légitimité politique très forte aussi… mais il s’agit là de pensée magique, qui n’a rien à voir avec les réalités politiques de l’Europe.

                                Article traduit par JoeLeTaxi.


                                • Demian West 21 août 2013 15:59

                                  @L’Auteur,


                                  C’est bien l’esprit avec lequel il fallait aborder cet exercice de prospective politique que le gouvernement nous offre à défaut d’autre chose. C’est qu’ils nous prennent tellement pour des cons, qu’ils se moquent même que nous le remarquions. Ils en paraissent même satisfaits. 

                                  Heureusement, demain est un tout autre jour dans cette prospective des farces et attrapes !


                                  • Indépendance des Chercheurs Indépendance des Chercheurs 21 août 2013 18:56

                                    Malheureusement, c’est encore pire. Le monde politique ne manque pas de stratégies à long terme, mais ces stratégies sont toujours à peu près le même et conformes aux intérêts de la grande finance et des grandes multinationales. Ce sont les « petits citoyens » qui n’y trouvent jamais leur compte.

                                    Les politiques et leurs conseillers ne manquent pas de fréquenter des séminaires, des think tanks, des réseaux et cercles divers... Pour ne pas parler des nombreuses « instances de réflexion » nommées par les gouvernements. L’ennui, c’est que la grande majorité de la population est toujours perdante dans ce genre de débats des « élites ».

                                    A présent, la situation n’est pas différente. Ce dont il s’agit, ce n’est pas de définir une stratégie (c’est fait depuis longtemps), mais de trouver la « meilleure manière » de la faire passer auprès de la population. La stratégie est simple et date de Jacques Delors : suite du processus de mondialisation du capitalisme, casse sociale et institutionnelle, nivellement par le bas des salaires et standards sociaux à l’échelle planétaire... Il y a des questions tactiques à régler pour que dans des pays comme la France la population prenne le moins possible conscience de la catastrophe. Ensemble, des questions de propagande et d’intimidation intellectuelle.

                                    De ce point de vue, la nomination ce printemps à un poste stratégique auprès du Premier ministre du directeur sortant du think tank Bruegel Jean Pisani-Ferry (plus d’une fois membre du Siècle, Bilderberg 2009 à Athènes, rapporteur du Conseil d’Analyse Economique déjà sous Jospin en pleine avalanche de privatisations après avoir été conseiller de DSK à Bercy...) est fort parlante quant à la continuité d’une politique.

                                    A présent, on a affaire à une propagande médiatique visant à présenter Pisani-Ferry comme une « autorité en matière d’Economie » dont il faut accepter les analyses car « lui, il est bon ». Ce n’est pas le seul ingrédient de la campagne. Pascal Lamy a récemment poussé de grands cris contre le « protectionnisme économique ». Plus la pub sur le prix du Big Mac lancée avec la participation de Bruegel, celle contre le Made in France provenant d’un organisme officiel auprès du Premier ministre et placé sous la coordination de Pisani-Ferry (le CEPII), etc...
                                     
                                     
                                    Voir, par exemple, nos articles :

                                    FMI, Pisani-Ferry, « réformes de structure », OMC

                                    Fioraso, Pisani-Ferry, langue française, universités...

                                    Arctique, écologie, « commerce mondial », propagande...

                                    Made in France, Big Mac, fonte des glaces, OMC...

                                    Pub contre le Made in France et politique de l’OMC

                                    CEPII, Hollande, Ayrault, délocalisations

                                    Moscovici, Hollande, FMI, OMC...

                                    L’OMC, « chef de file du commerce mondial »

                                    Jean Pisani-Ferry, Hollande, Matignon, consensus

                                    Big Mac, compétitivité, OMC, salaires, retraites...

                                    Lamy, Hollande, OMC et « classes moyennes » (I)

                                    Lamy, Hollande, OMC et « classes moyennes » (II)

                                     

                                    Cordialement

                                    Le Collectif Indépendance des Chercheurs
                                    http://science21.blogs.courrierinternational.com/
                                    http://www.mediapart.fr/club/blog/Scientia


                                    • herbe herbe 21 août 2013 19:35

                                      Ce que vous dites me semble très juste en tant qu’instantané, c’est l’état des lieux actuel maintes fois décrit ici ou ailleurs. (c’est un peu déprimant ce radotage de diagnostic)


                                      Ce qu’il faudrait envisager en fait pour le long terme ce serait enfin une situation égalitaire et non ce constat sans appel de la situation d’aujourd’hui, une oligarchie qui n’a finalement pas d’autre stratégie au fond que de protéger ses intérêts, avec une masse de plus en plus paupérisée.

                                      c’est possible de changer les choses, en rappelant encore et encore « le progrès ne vaut que si il est partagé par tous » et ce n’est pas un bisounours qui a dit ça...

                                      Alors du nightmare au dream, c’est une affaire de volonté individuelle et surtout collective. et bien sûr de l’action résultante...

                                      Ce que je vous dis là n’est pas neuf, ça a déjà été dit en plus bref (je radote aussi) :
                                      « Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté » — citation d’Antonio Gramsci (1891-1937)

                                    • herbe herbe 21 août 2013 19:58

                                      Une autre façon de le dire c’est résolument s’engager contre TINA et le « il est trop tard » (too late) 


                                    • TSS 25 août 2013 20:18

                                      Comme l’a si bien dit Mélenchon :

                                      « comment croire un GVT et ses previsions à 15 ans quand il n’est même pas fichu de

                                       prévoir à 6 mois. ! »


                                      • Yohan Yohan 25 août 2013 20:28

                                        La France de 2025 version PS, c’est d’offrir un Polo Raph Lauren à un immigré de banlieue grâce à l’allocation de rentrée de la délinquance et un stage de Taubira pour son premier méfait. Manque plus que la médaille... smiley

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