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Accueil du site > Actualités > Politique > La France serait-elle en passe de s’américaniser ?

La France serait-elle en passe de s’américaniser ?

Complenet_denquete

C’est la question que je me pose suite à l’édifiant reportage que diffuse France 2 ce soir en date du 19/11/2007 ! Le thème de Complément d’enquête : « Bandes, communautés, ghettos, la France en morceaux ! »

Préjugés et stéréotypes en tout genre, sectarisme, voilà ce que je ressens à la vue de ce reportage.

On y oppose Neuilly, « la crème des ghettos », aux « ghettos de noirs », je cite « ces bandes ethniques, ces jeunes gens tous noirs qui investissent les lieux publics de la capitale ». « Ces bandes de jeunes noirs qui ont parfois envie d’en découdre, une communauté noire marginalisée, la revendication noire. » N’est-il pas nécessaire messieurs les journalistes de vous rappeler que ces jeunes gens sont avant tout français ?

France 2 se serait-elle trompée de stratégie en essayant de dénoncer le communautarisme en France ? Est-il réellement objectif de dénoncer le communautarisme lorsque l’on communautarise soi-même ses propres citoyens ?! Je m’indigne de voir à quel point une chaîne majoritairement composée de blancs peut être aussi sectaire et peut produire de tels sujets sans penser à entacher sa réputation !

Le fait qu’Harry Roselmack présente le JT sur la Une n’a t-il pas contribué à faire avancer les mentalités ? Non  ! Et qu’il est affligeant de voir qu’en termes « d’élite journalistique », les mentalités n’évoluent décidément pas.

Les « noirs », un sujet qui revient beaucoup dans les médias. Un sujet qui leur tient à coeur. Je m’explique.

Mars 2007 : Florence Aubenas fait un reportage sur le marché de Neuilly et passe toute la matinée avec les militants présents ce jour-là. Elle parle à nombre d’entre eux, mais ne retient que les propos de Rémy, et les déforme au passage.

Qu’en ressort-il ? Le portrait d’un militant « noir » dans un parti de « blancs  ». Question amalgames et préjugés ont ne fait pas mieux ! Des propos honteux et racistes. Mais où est donc l’intégrité et l’éthique dans tout cela ? Je connais des journalistes qui possèdent encore ces qualités mais il faut avouer qu’ils sont devenus une minorité de nos jours !

On y revient sans cesse : du sensationnel, les médias français excellent dans ce domaine et c’est à se demander si nous ne sommes pas en train de nous « américaniser » aussi dans ce domaine. Lorsque la caricature est poussée à l’extrême, on appelle cela de l’information à sensation, pas de l’information au sens propre du terme.

Alors il faut-il dénoncer les défauts de nos démocraties et en particulier la montée des inégalités ? Oui sans aucun doute, mais certainement pas de cette façon !

Pas en opposant les gens par catégories raciales (ce mot m’écorche la bouche). C’est comme cela que l’on crée plus de haine, qu’on encourage le racisme, que l’on apprend à celui qui ne nous ressemble pas que la cohabitation n’est pas possible (je pense à l’exemple du Proche-Orient en particulier).

La haine raciale part de là très exactement.

Alors serait-il plus simple d’amalgamer les gens et de faire perdurer les préjugés ? Apparemment oui ! La France change et son identité avec elle. Certains se sentent menacés par le changement, c’est connu, le changement est anxiogène.

Le seul mérite de ce reportage est de dénoncer l’état de la société française et d’exposer quelles peuvent être les fractures sociales les plus profondes de la France d’aujourd’hui, celles que l’on a ignorées trop longtemps.

Des fractures selon France 2 qui sont le résultat de la politique de Nicolas Sarkozy depuis son élection. Que l’on soit en accord avec la politique menée par le chef de l’Etat ou pas, le fléau de la ghettoïsation ne date pas d’hier. Le chef de l’Etat est au pouvoir depuis six mois et on ne trace pas un bilan après si peu de temps. J’ajoute que de tels phénomènes ne se créent pas du jour au lendemain et que tout le monde sait qu’ils sont le résultat de politiques menées par des gouvernements successifs et ce depuis des décennies.

Le constat quant a lui n’est pas aussi surréaliste qu’on pourrait le prétendre. Fractures sociales, transition d’un phénomène de «  melting pot » où les immigrés de toutes origines se côtoient à un phénomène de ghettoïsation et de montée du communautarisme chez les jeunes en quête d’une identité.

Ces phénomènes ne sont pas propres à la société française mais aux démocraties en général, je pense au premier abord aux Etats-Unis et au Brésil.

Est-il inquiétant de voir que nous nous dirigeons vers les mêmes problématiques que celles que l’on observe aux Etats-Unis : le phénomène des ghettos, des règlements de compte et de la prolifération des armes dans les banlieues ? Oui !

J’ai trouvé les propos du rappeur Rost à ce sujet très justes, et soulignons son initiative en tant que président de « Banlieues actives  » d’encourager les jeunes des banlieues à aller voter : « On aura toujours le même problème tant qu’on continuera à parquer les gens dans des blocs, en fonction de leur catégorie sociale et de leur couleur de peau. »

Rost a raison : « ces bandes-là sont le résultat d’une politique », il n’a pas précisé laquelle, mais clairement il parle de la politique menée depuis des décennies.

Alors la dérive vers une revendication identitaire ou ethnique aura-t-elle lieu ?

N’est-il pas nécessaire de rappeler que les ghettos américains sont essentiellement composés de Latinos. Pourquoi un tel fait ? Parce qu’ils sont pour la plupart illégaux mais qu’ils travaillent autant voire plus que ceux considérés comme de véritables citoyens américains, qu’ils payent au même titre leurs taxes, et que malgré tout, ils n’ont en échange aucun droit. La notion de ne pas exister est forte dans cette communauté. La France a dans ce cas le mérite de fournir des prestations sociales non négligeables à ses citoyens. Mais la revendication pourrait se nourrir d’autres frustrations.

Enfin pour conclure je ne peux que rejoindre Rost sur son opinion des médias français : « Les seules fois où vous parlez des jeunes des quartiers et que vous les montrez à la télé c’est lors des révoltes/émeutes, ou lors des incidents à la gare du Nord. » « C’est la seule image que l’on donne de ces communautés. »

Revue de Presse

Complément d’enquete

«  Ghetto chic à Neuilly, quartier gitan à Perpignan, bandes de jeunes qui s’affrontent en plein Paris... Plus de six mois après son arrivée au pouvoir, quel est le visage de la France de Nicolas Sarkozy ? Quelle est la réalité de ce pays où des jeunes noirs revendiquent leur différence ethnique, où des gitans sont tenus à l’écart des centres-villes, où un protégé de Nicolas Sarkozy veut lui succéder à la tête de sa ville ?
Faut-il craindre cette division entre communautés ? Faut-il s’inquiéter de voir se former des ghettos, pour riches, noirs ou pauvres ? Bandes, communautés, ghettos... Faut-il s’inquiéter d’une France qui ne se parlerait plus ? Peut-on encore vivre ensemble ?
Benoît Duquesne répondra à ces questions avec ses invités : Complément d’enquête chez ceux qui ont choisi de faire France à part. »


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18 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 17 décembre 2007 13:18

    Profondément inégalitaire, souvent raciste, telle est l’image que beaucoup de français ont des Etats-Unis. Et cette image reflête, en partie du moins, la réalité.

    Pourtant, s’il est un domaine où les Etats-Unis ont de l’avance sur la France, c’est bien au niveau de l’intégration, aussi paradoxal que cela puisse paraitre.

    C’est bien cette présence de personnes de toutes ethnies (et de femmes !) qui m’a encore frappé lors de mon récent séjour à Washington il y a deux semaines. Que ce soit à la télévision, dans les services du gouvernements et même en politique, la proportion de femmes, de noir(e)s, d’asiatiques, de latinos, est incomparablement plus élevée qu’en France.

    Certes, les ghettos existent, les non-blanc sont plus souvent en bas des différentes couches sociales, la justice leur est souvent très défavorable. Mais, contrairement à la France, eux peuvent réussir et aspirer à toutes les responsabilités (sauf dans les grands groupes privés, encore en retard) sans passer automatiquement par le sport ou la chanson.

    L’image ainsi véhiculée par les medias aux US n’est donc pas aussi codifiée qu’en France, et bien plus le reflêt de la diversité de la population américaine. POurtant l’école en France est sans doute le meilleurs outils d’intégration qui existe. Mais la suite n’est pas au rendez-vous, ce qui en désespère plus d’un(e) et entretien ce sentiment d’injustice. IL est probable que seule une politique réellement volontariste pourra briser ce système de caste qui s’insinue petit à petit dans notre pays, et mène à des revendications communautaristes.


    • Zalka Zalka 17 décembre 2007 13:49

      C’est une intégration purement visuelle due à la discrimination positive. On voit les minorités, mais chacun vit dans son coin.

      On a un effet apparent, mais le blocage persiste et demeurera.


    • Voltaire Voltaire 17 décembre 2007 14:12

      Discrimination positive dans les media privés américains ? Je ne pense pas !

      La discrimination positive existe dans quelques états, et surtout au niveau de l’université, mais peu ailleurs.


    • fouadraiden fouadraiden 17 décembre 2007 22:44

      commentaire relativement juste bien que compter le nombre de noirs visibles à l’imaginaire occidental n’est pas non plus la bonne solution.

      simplement il faudrait commencer par comparer les Etat-Unis avec l’Europe occidentale et non plus avec la France uniquement,ce qui n’a pas bcp de sens.

      ceci dit sans discrimination positive(ou avec) la France continuera à pratiquer avec ses « indigènes »(arabes et noirs) ce qu’elle a tjrs fait,le fait colonial sous le masque de l’égalité abstraite.

      l’Amérique va connaître d’ici peu un boulversement démographique faisant des latinos la motié de la population occidentale américaine.

      l’Occident survivra-t-il à la démocratie mondiale ?

      les Australiens sont encore à se demander s’ils doivent oui ou non s’excuser des crimes commis à l’égard des aborigènes,trjs pas intégrés alors qu’ils sont chez eux.

      la limite de l’idéologie occidentale ,c’est l’Autre.

      et contre cela personne ne peut rien .il faut donc attendre que les choses changent et que l’Occident cesse de dominer la majorité des non-occidentaux.


    • Sébastien Sébastien 17 décembre 2007 22:07

      En tous cas je prefere le droit du sol au droit du sang. Et quand des personnes naissent dans un pays, il est tout a fait normal qu’elles en acquierent la nationalite.


    • magicboss magicboss 17 décembre 2007 17:45

      Bon ...

      Vous le faites quand Ago ... ce dossier pour la présidence US 2008 ? ? ?

      Zut on a de quoi dire les rédacteurs là-dessus ... ( ... j’attends que çà ...)

      2 ème « Money Bomb » de Ron Paul ... le seul défenseur de la vraie démocratie !!!

      4.2 mio, le 5 novembre

      + de 6 mio le 16 décembre ...

      TOTAL = + de 18 millions ...

      Il serait temps que l’on puisse en parler ici ...

      TOC ! TOC ! hoo hooo !!! TOC, TOC,à quand un dossier spécial élections US 2008 ? ? ?

      Je l’ai demandé y plus de 6 mois ....

      Et venez pas me dire que c’est pas important ....


      • Niamastrachno Niamastrachno 17 décembre 2007 18:05

        Je ne suis pas sur que le fait de parler de noirs et de blancs soit à proprement parler de l’américanisation.

        Ce que je trouve par contre plus américanisant et là je vous rejoins, c’est de traiter par le bas les sujets, de ne rester que dans la fibre visuelle des problèmes tant en le parant de la vertue d’une pseudo réflexion.

        Le phénomène des ghettos s’il n’est pas le fait de NS - le soleil palit en sa présence - est d’autant exhacerbé depuis son élection. La provoc’ à tout va, on a vu ce que ça produisait, en même temps que ca lui a permis de justifier à peu près tout et n’importe quoi...

        On ne peut pas faire le silence sur le problème des banlieues, comme on ne peut pas faire le silence sur les problèmes de la précarité, de la pauvreté et du délaissement, là où on se rejoint, c’est effectivement par le biais de ce genre d’annonce accroche ’ghettos/noirs/violence’ que le spectateur bado se pointe et s’hérisse les poils devant une réalité qui n’en est pas franchement une et qui lui permet de s’enfermer à chaque fois un peu plus dans son mutisme et sa communauté...

        Bien à vous...


        • non666 non666 17 décembre 2007 20:46

          En fait, la France , « s’americanise » pas.

          De la defaite de 1940, à la fin de son Empire colonial, elle a céssé de croire en elle-meme et ses ressortissants ont été culpabilisé.

          Du coup, le parti des colons devient arrogant. Je devrais dire , les differents lobbies de colons , en fait, tant ils se concurrencent l’un l’autre.

          La seule chose sur laquelle ils s’entendent c’est sur la culpabilisation des autochtones, la negation de leur droit du sol, eux qui ont si fort revendiqué le leur...

          Le lobby juif, de droite comme de gauche, uni dans le seul soutien a Israel est colonne par deux derriere son candidat nouvellement elu. Ils ont tant enragé de voir Chirac refusé de s’aligner sur leurs interets, derriere les etats unis...

          Le lobby noir a obtenu les quelques rares revendications qu’il avait : quelmques figures de journaliste au 20 h et dans les pubs, un mea culpa sur l’esclave et hop, il ne viendra plus concurrencer les autres pleureuses ... Mais que ce soit soitr la « Tribu Ka », les « zoulous » , ils se definissent toujours comme noirs et designent les « français » comme etant les autres, eux aussi.

          Le lobby arabe se tait. De la première guerre du golfe à la deuxieme, d’al quaida au FIS, ses soutiens l’ont mis en position d’etre montré du doigt.

          Alors les utopistes crient « la france n’a pas de race ». Après avoir reconnu le droit de tous les autres peuples a nous foutre hors de « chez eux » , ils sont en train de trouver des arguments pour qu’on se fasse humilier « chez nous ». Aujourd’hui , en moderne dhimmis, le blanc gaulois a le droit sur son sol a la « discrimination positive » (positive pour les colons, bien entendu).

          Alors les envahisseurs d’aujourd’hui, comme ceux d’hiers qui s’etaient auto-proclamés noblesse de France autrefois s’attribuent des privilèges.

          Les amis d’israel etalent leur solidarité derriere Sarkozy, depuis l’Elysée. Les musulmans attendent le prochain attentat, la prochaine emeute

          La com d’etat appele cela « s’americaniser ». La com d’etat ne communique plus sur les incendies de voiture, sur les emeutes raciales (cela les encourage plaide t’elle)

          Les autochtones sont trahis par leurs elites qui livrent la France , en cachette, comme des avorteuses, a des pouvoirs supranationnaux en rendant les transferts de pouvoirs « irreversibles ».

          Maltraités par les colons, culpabilisés par les bien-pensants, trahis par leurs elites...

          ...qu’il est bon de vivre l’epoque que les historiens appeleront « l’avant guerre » !


          • judel.66 17 décembre 2007 21:46

            ne soyons pas hypocrites la France «  »est«  »américanisée....ne soyons pas hypocrites ce sont les individus d’une méme race qui se regroupent eux mémes en communautés pour vivre selon leurs habitudes et leur mode de vie ....ne soyons pas hypocrites , ne s’insèrent dans la société Française que ceux dont l’éducation ou le niveau social leur permet de «  »vouloir«  » vivre en Français....

            cela dit , pour celui qui a evoqué le problème gitan a perpignan ,mettez donc une famille gitan dans un immeuble et venez dans huit jours voir le résultat...


            • ddacoudre ddacoudre 18 décembre 2007 00:42

              Bonjour aureliel.

              Ce n’est pas seulement la France mais le monde qui « s’américanise ».

              Il faut distinguer les comportements racistes, le rejet de celui qui n’est pas d’essence indo européenne de culture judéo chrétienne vu comme supérieure qui s’appellent aujourd’hui les identitaires,de la xénophobie qui n’est pas une particularité européenne, et les phénomènes de stratifications sociales nées de l’industrialisation et d’une pratique du commerce libéral capitalistique basé sur la concurrence et la compétition sans correction de la puissance publique soit de la souveraineté populaire.

              Si tu te penches sur la fin du XXe siècle avant que Keynes ne définisse sa théorie d’interventionnisme régulateur de la puissance publique, tu y trouveras les mêmes stratifications qu’aujourd’hui, les mêmes ghettos, les mêmes zones de non droit, les mêmes phénomènes de claniques, de communautaristes, et de naissance d’esprit de classe, et la guerre en germe.

              En l’absence d’éducation de la population sur l’histoire sociale, celle-ci n’est plus capable de déceler sous de nouveaux atours de vieux paradigmes du monde économique, qui redeviennent d’actualité sous l’appellation de modernisme, de réformisme, de mutations, tout simplement parce que les dominant systémiques se sont relookés, comme le capitalisme c’est trouvé d’autres produits à industrialisé dans les services et la monnaie. La particularité de la France est que nous avons des secteurs non marchands et des secteurs marchands non concurrentiels qui depuis les accords de AGCS de 1994 entre dans le processus marchand et devient un intérêt pour investisseurs capitalistiques.

              Ce phénomène a commencé en Europe depuis le Thatchérisme et trouve sa source avec les deux chocs pétroliers des années 1970, qui annonce la fin de ce que nous avons pris l’habitude d’appeler l’état providence.

              La poursuite des habitudes de l’état providence c’est poursuivit en allant en s’amenuisant après l’échec de la relance par la consommation de 1983, laissant la place à la loi du marché comme lied motive d’une nouveauté incontournable qui avait valu en Amérique au temps des concentrations des grands trusts la loi anti trusts et aujourd’hui nous ne parlons plus de trusts mais de groupes en veillant qu’il n’y ai pas de positions monopolistiques.

              Ainsi aujourd’hui ce qui nous distingue de la période de la fin du XXe siècle, sont l’apport des technologies qui se sont poursuivit par des applications de produits et services mobilisant des spécialisations et la recherche de l’hédonisme, ainsi un plus grand nombre de couche sociale y on accédé, car le capitalisme s’est investi dans sa promotion sa fabrication et sa vente. Nous avons appelé cela le consumérisme.

              L’autre changement important fut l’abolition des barrières douanières permettant seulement la libre circulation des biens et capitaux et pas des conditions sociales fortes, qui en subissent la conséquence à leurs détriments.

              Pour faire court nous retrouvons petit à petit les conditions d’exploitation maximale de la fin du XXe siècle. Ce sont la remise en cause des systèmes de solidarités qui en avaient émergé, la dérégulation en marche du code du travail (précarisation, et toutes les formes dites modernes de contrats qui renvoient leur utilisateur dans la catégorie des pauvres) Nous retrouvons en Europe le discours favori de la régulation par le marché (qui n’a jamais existé dans son essence, sauf à considérer que l’état comme agent économique fait parti intégrante de ce marché) cher aux libéraux d’outre atlantique, dont nous connaissons les résultats en examinant les stratifications sociales dans les pays le pratiquant.

              Alors à partir du moment où nous avons fait ce choix d’organisation économique, nous ne pouvons pas être surpris de retrouver les mêmes stratifications que dans ces pays et les mêmes sous un autres paradigmes qu’à la fin du XXe siècle.

              Dans les années 1897 le président de l’époque se plaignait que les barbares cernaient les portes de la ville. Il parlait de tous les gens des campagnes françaises et des polonais, pour la plus part, venus s’amasser dans la périphérie de Paris pour chercher un travail, et qui faute d’en trouver faisaient commerce de rapine et fie du droit.

              Pourtant ce sont chez tous ces exclus de l’industrie d’alors, chez tous les travailleurs de l’industrie d’alors exclus de la richesse qu’après maintes révoltes naîtra la conscience de classe avec toute l’histoire que nous connaissons.

              Nous sommes entrain de revivre le même processus au couleur du siècle bien entendu, puisque nous avons tout doucement recréé les uns après les autres les éléments de son développement, éléments qui pris séparément n’en étaient pas des indicateurs clairs, et étaient même accepté et voulu par la population, comme élément novateurs.

              Un seul exemple au siècle dernier les ouvriers des mines vivaient en osmose avec la société minière qui l’employaient et dont ils dépendaient. Aujourd’hui la même situation se présente sous le paradigme de l’esprit d’entreprise. Le but commun reste identique la meilleure exploitation du travail humain,

              Alors les cités chaudes ce sont les barbares de 1897, mais ils n’ont plus les mêmes origines et leurs révoltes ne sont pas de la voyoucratie, mais le produit d’une compétition où il y a toujours des derniers que l’on rejette autour des villes. Et comme la morale n’est pas faite pour tenir les pauvres en l’état, les plus audacieux comme en 1897 s’organisent et donnent ce que nous connaissons aux USA et ailleurs, et chez nous une zonification, une zone insurrectionnelle sans conscience de classe pour le moment faute d’un liant, mais qui s’exprime par les dégradations visant clairement des symboles de l’états ou en défiant l’ordre.

              Que devenons-nous aux USA tout ce qui touche à l’inculture, tout ce qui n’exige pas un effort d’apprentissage et de réflexion. Cela ne veut pas dire qu’ils ne sont pas performent ni qu’ils ne disposent pas d’une élites ou d’artistes, mais quand ils s’adressent aux foules ils visent le boyau car l’intelligence n’est pas d’un bon rapport coût avantage et le profit en est toujours moins grand.

              C’est le plus grand reproche que je puisse leur faire d’entraîner les cerveaux vers une régression infantilisante en ne regardant l’homme que par deux trous, la bouche et l’anus les deux extrémités du boyau, car c’est leur seule culture, la culture économique. Ce qui leur vaut avec la sécurité du territoire de disposer d’une suprématie dans l’art de la communication et du conditionnement humain, car sur leur technicité il n’y a pas grande chose à redire.

              Bien naturellement le président Sarkozy n’est pas l’auteur des fractures, il a surfé dessus pour se faire élire, mais il a annoncé clairement le choix du capitalisme d’entreprise, ce qui nous vaut la dérégulation du travail, la réduction des charges et la remise en cause des systèmes de solidarités, et comme il est un bon stratège il les fait dénoncer par la population. Mais sa politique qui renforce le capitalisme concoura et accroîtra de fait les phénomènes de ghettoïsation (pauvre/riche) et les phénomènes de rejet qui engendrent les communautarismes et les regroupements ethniques.

              L’immigration qui à entraîné le métissage est trop récent pour avoir été intégré comme aux USA et le taux de xénophobie et encore élevé, et malgré les injonctions incitatives les rapports avec le monde d’Afrique restent tendus pour certain, conflictuel pour d’autres, ce qui ne favorise pas l’intégration de leurs ressortissants d’hier où d’aujourd’hui.

              Il est donc clair que la compétition où qu’elle ait lieu fait des derniers, leur prise en compte fait la différence, et si on les laisse se débrouiller ils produisent tous le même schéma humain puisqu’ils en sont.

              Cordialement.


              • le Plouc 18 décembre 2007 09:04

                Bonjour ddacoudre

                Je partage entièrement votre analyse.La stratification de la société est à mon sens la copie conforme de la hiérarchie en entreprise.Comme si l’Homme avait besoin de repéres tout simples , comme la relation dominant/dominé , riche/pauvre , PDG/balayeur.On en revient aux schémas basiques de l’etre humain en rétablissant la loi du plus fort.

                Pour citer le Pr Henri Laborit : « Beaucoup d’entre nous mourront ainsi sans jamais être nés à leur humanité, ayant confiné leurs systèmes associatifs à l’innovation marchande, en couvrant de mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur. »


              • ddacoudre ddacoudre 18 décembre 2007 19:17

                bonjour plouc.

                Effectivement il ne faut pas se départir de la recherche de régularité. Elles ne sont pas nombreuses mais donnent les bases de nos comportements. J’ai retenu cela d’un physicien américain Gell-man qui l’a écrit en 1969. c’est pourquoi que quoi que nous fassions nous réécrivons les structures qui dirigent le monde qui sont celles qui structurent l’univers, c’est moins évidant à percevoir mais il ne peut pas en être autrement puisque c’est notre cerveau qui les détermines.

                c’est pour cela que nous avons défini un monde « homodimentionnel », et nous ne connaissons que le monde de nos sens, qui n’est bien évidemment pas le monde objectif auquel nous n’avons pas accès. C’est un évènement en soit quand l’on mesure toutes les réalisations humaines que permet l’univers, et malheureusement notre ignorance en fait des drames, bien que l’on puisse considérer, que si ils existent c’est qu’il y a un enseignement à en tirer.

                cordialement


              • Yannick Harrel Yannick Harrel 18 décembre 2007 01:15

                Bonjour,

                Il faut être réaliste et ne pas faire porter le chapeau au seul nouveau Président quant à ce communautarisme rampant (et de plus en plus patent hélas), bien que ce dernier risque de l’alimenter foncièrement ces prochaines années.

                Ce qui nous arrive actuellement c’est l’exacte démonstration de la gabegie politique en matière sociale et d’urbanisme. Gauche comme Droite ont délité, parfois sciemment pour de basses raisons politiciennes, le tissu républicain. Le résultat nous saute dorénavant à la figure : un processus intégrationnel en panne, des émeutes urbaines sporadiques et un défition du statut moins universel et de plus en plus ethnique.

                Cordialement


                • Vilain petit canard Vilain petit canard 18 décembre 2007 10:57

                  Faudrait pas mélanger tout. Il y a plusieurs choses dans votre article, qui méritent d’être distinguées à mon avis.
                  - les medias nous présentent encore des « noirs » comme si c’était des martiens tombés de la dernière tempête cosmique, ce qui est à la fois bête et scandaleux
                  - il y a des ghettos en France, c’est vrai, à commencer par les ghettos de riches, qui hébergent des dirigeants multimilliardaires et des présidents de le la république ; il y a beaucoup à dire sur cette obsession de l’entre-soi, qui culmine avec des émissions comme la Star Ac’.
                  - l’Amérique nous apparaît, vue de France, comme un repoussoir, dont il faut absolument se méfier ; personnellement, j’aimerais bien voir en France une opposition du niveau de l’opposition américaine, et une politique d’intégration à l’américaine.

                  La conclusion que je tire de votre reportage, c’est que les journalistes sont bourrelés de préjugés niais et sociologiquement très situés, que la France a du mal à accepter ses noirs sur son territoire métropolitain (presque autant en proportion que les USA, on l’oublie, mais répartis très inégalement et massivement dans les DOM-TOM), e que nous voyons les USA comme l’horeur absolue.

                  A mon avis, c’est plutôt le système marchand et l’oliogopole financière qui sont à pointer du doigt...


                  • Dégueuloir Dégueuloir 18 décembre 2007 11:23

                    tenez,à propos du nouvel ordre mondial,un témoignage de Aaron Russo, producteur et réalisateur de films à Hollywood, sur ce qu’il a appris de la bouche de Nick Rockefeller, au sujet du 11 septembre 2001, de la guerre contre le terrorisme, du CFR etc...

                    Aaron est décédé le 24 Août 2007, 6 mois après cette Interview, officiellement des suites de son cancer.

                    http://www.alterinfo.net/Aaron-Russo-sur-le-911,-le-CFR-et-Rockefeller-video-_a14810.html


                    • conrad 18 décembre 2007 11:44

                      Je suis en accord total avec les webistes qui défendent les position anti-racistes et là-dessus je pense qu’il faut être intransigeant. Cependant autre chose est en train de se dessiner et qui n’a rien à voir avec le racisme. Chacun sait que le Tout est plus grand et autre chose que la somme des parties : dont acte, ce n’est pas des individus que l’on parle. Les Noirs, les Arabes, les Asiatiques, les Européens ont dans leur population respective des gens parfaitement honorables et autant de voyous, il n’y a pas d’audimat de l’intelligence ou de la paresse. C’est un débat dans lequel je m’interdis d’entrer. Il y a par contre nécessité d’observer avec attention la démographie. Les Européens, comme les Noirs, les Arabes, les Asiatiques ont-ils le droit de préserver - et sur ce qu’il est convenu d’appeler leur territoire - ce qui fait leur spécificiter ? La question vaut pour tout le monde. Et les peuples ex-colonisés doivent comprendre ça mieux que quiconque.


                      • easy 19 décembre 2007 22:40

                        Il faut definir lAmericanisation . Pour ma part ce mot ne veut pas dire grand chose de certain au premier abord . Il semble qu’il soit utilise par les detracteurs de la civilisation Americaine dans son ensemble comme en opposition de phase avec le bon gout et le bien penser Europeen . Il serait trop long de detailler ce point et la signification du mot. Prenons le dans son sens populaire suppose pour preciser qu’il s’agit ordinairement du jugement de ceux qui n’ont jamais mis les pieds aux usa . S’ils y avaient vecu quelque peu ils constateraient que le systeme local dispose d’une batterie impressionnante de lois destinees a eviter toute segregation de sorte qu’il devient en fait tres difficile de s’exprimer ou de se comporter sans enfreindre une interdiction . Donc vous serez ici respecte de gres ou de force en votre qualite d’etre humain et le juge ne pardonne pas sur ce point. Vous perdez votre autorisation d’exercer si votre profession exige une licence et vous allez en prison pour de vrai . Pour ce qui concerne le communitarisme ,il faut savoir que c’est une notion fondamentale aux usa ,chacun doit faire quelque chose pour la communaute dans laquelle il evolue . il s’aqgit le plus soouvent d’une notion geographique et cela ne vise pas les ghettos ou les groupes caracterises par leur couleur par exemple car la seule mention de cette distinction et son utilisation peut vous mettre sur la paille au sens propre et au sens figure . La communaute c’est tout simplement votre ville ou une communaute creee par la langue . Rien de pejoratif a cela . Donc l’Americanisation c’est autre chose ,peut etre une vision differente . Une bonne approche c’est la vie de tous les jours . Un site est interessant a ce sujet celui des entreprises francophones de floride ,en le parcourant on a acces aux sites des commercants et professions locales . C’est en francais donc on comprend a coup sur www.ezfrench.com Bonne suite ,un jour prochain on parlera de la francisation

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