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La fronde anti-austérité monte en Europe

« Le 3 juin, à l’espace Charenton, se tenait à l’appel du Parti.Ouvrier.Indépendant un meeting internationaliste avec de nombreux invités dont un membre du comité central du parti grec Syriza en passe de remporter les élections législatives décisives du 17 juin prochain. Le tout dans un contexte de fragilisation croissante de la zone Euro ».

      Pour qui ne connait l’extrème gauche française qu’à partir du prisme médiatique traditionnel, cette partie de l’échiquier politique se résume au Nouveau Parti Anticapitaliste de Poutou et à Lutte Ouvrière d’Arthaud. Il existe pourtant un troisième grand parti (en plus des multiples groupuscules gauchistes dont l’énumération serait bien fastidieuse) dont l’influence dans le monde ouvrier et syndical est bien supérieure à son aura médiatique quasi nulle :le P.O.I.

En résumé, le P.O.I est un parti créé en 2008 sous l’impulsion du parti des travailleurs. Il s’organise autour de quatre secrétaires généraux représentant chacun un courant : Gérard Schivardi (candidat à l’élection présidentielle de 2007) pour les socialistes, Daniel Gluckstein pour le courant trotskyste, etc. Le principal combat du parti (qui a investi 106 candidats pour les élections législatives des 10 et 17 juin) est celui pour la rupture avec l’union européenne accusée d’être une institution au service du capitalisme. C’est donc, à l’initiative de ce parti, que se tenait à l’espace Charenton, un meeting qui brossa un tableau de la lutte anti-austérité en Europe avec la présence de responsables syndicaux et politiques européens.

Le premier orateur à prendre la parole devant les 2000 militants présents fut le docteur Baskozos, vice président du syndicat des médecins grecs et membre du comité central de Syriza. Témoignage d’autant plus important à l’approche du vote du 17 juin qui pourrait voir la gauche radicale arrivée au pouvoir, ce qui constituerait à n’en pas douter un coup de tonnerre dans le ciel politique européen. Exposant les conséquences « catastrophiques » des politiques d’austérité pour le peuple grec, il a réaffirmé qu’en cas de victoire du parti d’Alexis Tsipras, « le premier acte du gouvernement sera l’annulation du mémorandum ». Un engagement qui, s’il est tenu, risque de donner quelques sueurs froides aux responsables de la zone euro…

Autre intervenant étranger, Paul Paternoga, un métallo membre du syndicat IGM est revenu sur la récente grève des salariés allemands qui s’est soldée par une hausse conséquente des salaires (4,3%). Il a également tenu à démystifier « modèle allemand », dénonçant que ce dernier se payait par une précarité croissante et une attaque en règle des droits sociaux. Il a par ailleurs proposé qu’une rencontre ouvrière européenne se tienne à Cologne le 30 Juin pour coordonner la lutte contre le TSCG. Un autre éclairage fut apporté par Pablo Garcia, syndicaliste espagnol qui a fait part de la défiance de la population envers la politique d’austérité menée par le gouvernement Rajoy. Il a ainsi évoqué la grève des mineurs espagnols qui protestent contre la suppression des aides gouvernementales à leur secteur (300 millions d’euros par an) alors même que le gouvernement n’a pas hésité à voler au secours de la banque « Bankia » (Le 9 mai dernier, l’état a injecté 4,5 milliards d’euros. Et le nouveau directeur de la banque estime les besoins de financement à 23 milliards d’euros).

Le dernier mot est revenu à Daniel Gluckstein, secrétaire général du P.O.I. Dans son discours, celui-ci, s’est posé en porte parole des 51 000 signataires d’un appel lancé à l’initiative du P.O.I, et réunissant des militants issus de divers partis de gauche unis sur un mot d’ordre : Non à la ratification du TSCG (traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au seine d’union économique et monétaire).Continuant sur sa lancée, il a réaffirmé la solidarité du P.O.I avec les peuples européens en proie à l’austérité, au premier rang duquel le peuple grec, sur qui se « concentre les attaques ».

A l’écoute de ces différents témoignages de militants européens, il semble désormais certain que le trait dominant de la situation politique en Europe réside dans le rejet de l’austérité, à la fois à travers les luttes sociales, mais également à travers les élections. Et ce rejet pourrait bien s’exprimer en Grèce le 17 Juin plongeant l’Europe dans une zone de turbulences dont on mesure encore mal les répercussions à l’heure actuelle.

Bogdan


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3 réactions à cet article    


  • xray 8 juin 2012 18:16


    L’Espagne, l’Italie,  la Grèce 

    Les US sont satisfait de la façon dont les dirigeants de l’Europe gèrent les drames européens. 
    Il faut dire que nos élus ne savent que ponctionner l’économie active pour remplir les coffres des banques anglo-américaines. 

    Face à ces drames européens, la solution est le retour aux monnaies nationales pour tous. 

    L’EUROPE  des curés
    http://mondehypocrite.midiblogs.com/ 



    • chuppa 8 juin 2012 19:49

      un regret, mais de taille ; la dispersion de toutes ces gauches ..... quel gachis.


      • Mugiwara 9 juin 2012 00:51

        malheureusement, l’austérité est nécessaire. parce que quand un pays s’endette, il y a une dérive inflationniste, du coup, les prix montent, il y a plus de chômage quand on doit rembourser. 


        ce qu’il faut, c’est comme Hollande a dit, de la croissance en plus de la rigueur budgétaire, un peu à la Turgot qui préconisait de ne pas dépenser plus que ce qu’on a. 

        bien évidemment, encore une fois, le président a vu juste fiscalement parlant, il faut bien trouver le fric quelque part et comme la classe moyenne et populaire ont payé ces dernières années, il serait normal que les plus aisés s’y mettent à leur tour, dans une certaine mesure. je trouve que 75 pour cent c’est bcp, et espérons le, ça pourrait être temporaire. peut être dans 3 ans ou 10 ans, que sais je ? ça dépendra de la conjoncture qui doit être favorable normalement l’année prochaine. mais bon, quand même elle serait favorable, restons rigoureux. après, comme je n’ai pas toutes les données en main, si le PS estime qu’il faut plus de temps, ainsi soit il. 

        mais pour l’éducation des jeunes, là, il y a pas à réfléchir, si aucune classe ne peut être fermée, tant mieux. si pour cela comme l’a dit Peillon, il faut raccourcir les vacances, bah, faut voir, ça peut être une bonne chose.

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