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Accueil du site > Actualités > Politique > La Gauche cocue ?

La Gauche cocue ?

 C’est la foire d’empoigne au Parti Socialiste. À la mort du Grand Charles, on avait dit que la France était veuve. Les frasques des tout petits héritiers de Jaurès nous sortent de la tragédie pour nous conduire au vaudeville : la France de gauche n’est pas morte... elle est cocue…

Pour bien comprendre le résultat prévisible de ce match nul entre Royal et Aubry, il va falloir faire un retour sur des constats d’un simplisme choquant, mais il y a des moments où la gratification intellectuelle de la complexité coûte trop cher et où il vaut mieux être aussi simple que le plus simple de ceux qui auront à se prononcer sur l’avenir de la nation. Comprendre ce qui arrive exige un regard innocent.

D’abord, comprendre qu’il y a toujours en France quatre (4) espaces politiques dans chacun desquels peuvent coexister une foule de partis, de tendance et de sensibilités qui s’entredéchirent avec délectation, mais dont on peut raisonnablement prévoir qu’ils se réuniront au moment de vérité.

Ainsi, y a en France une Gauche qui veut plus d’égalité et de concertation face à une Droite qui veut plus d’initiative et de discipline. On notera que ces buts ne sont pas vraiment contradictoires ; affaire de priorité, plutôt… Quelques âmes inconstantes, frustrées par les événements ou séduites par le discours des politiciens, passent de gauche à droite ou vice-versa et font virevolter les maroquins, mais c’est sans grande importance.

Mais il y a aussi les extrêmes.L’extrême-gauche pour ceux qui sont prêts à des changement institutionnels majeurs afin obtenir plus d’égalité … et l’extrême-droite qui réunit de temps en temps ceux qui seraient prêts à tout oublier des institutions pour que les problèmes se règlent au mieux et au plus vite.

Mêlez les objectifs de ces quatre (4) groupes, pondérez par la force dont disposent leurs supporters - dont le nombre n’est que l’élément le plus visible - donnez une prime à l’inertie quand tout baigne, à l’impatience quand rien ne va plus et vous trouverez la recette de la gouvernance idéale à laquelle Quidam Lambda espère que le processus démocratique lui permettra d’accéder.

Il l’espère, mais conscient en France, plus que dans les pays anglo-saxons, que ce n’est pas toujours un processus démocratique qui le permet. Contrairement aux USA - où un coup d’État ne se ferait qu’en invoquant le démocratie ! - on peut très bien concevoir que les Français puissent souhaiter ouvertement, au moins pour un temps, autre chose que la démocratie.

Au débat assez inoffensif entre la gauche et la droite institutionnelles qui est l’ordinaire de la politique française, se surimpose donc parfois un autre débat, plus dur, entre ceux pour qui les institutions sont une fin et ceux – les « extremistes » - pour qui elles ne sont qu’un moyen. De temps en temps, ce débat prend plus d’importance. 

Il y a 50 ans qu’on n’a pas vraiment remis en question les institutions. Depuis la chute de l’URSS, le communisme ne joue plus du tout son rôle d’extrême-gauche crédible. Le FN n’a jamais atteint 20% de soutien populaire et personne n’a jamais craint sérieusement qu’il prenne le pouvoir par la force. Les extrêmes sont en dormance. 

Ils sont entrés en sommeil profond l’an dernier, quand l’UMP a ravi la moitié de la clientèle lepéniste et que ce qui était à gauche du PS est devenu si marginal qu’il n’y avait plus à y porter attention. Dans ce contexte où tout gravitait vers le centre et loin des extrêmes, s’est développé un Centre qui, au lieu de voir sa vocation comme un arbitrage éventuel entre la Gauche et la Droite pour déterminer une direction de gouvernance, s’est identifié comme une option permanente. 

Ce Centre s’est trouvé un porte-parole en Bayrou et a fait l’impasse sur le clivage idéologique Gauche-Droite, posant implicitement pour axiome qu’il existait désormais un consensus social sur ce que l’on attend de l’État. Le débat politique devait donc porter sur les moyens a prendre pour atteindre ces buts désormais incontestés… et sur la compétence et la personnalité de ceux à qui l’on confierait le gouvernail. Une vision politique toute à l’américaine.

Dans le contexte de 2007, Bayrou aurait pu accéder à la présidence. Segolène ne voulant pour rien au monde y renoncer, toutefois, elle s’est niée au sacrifice qui aurait pu stopper Sarkozy. Elle a ensuite habilement manœuvré le PS pour l’amener non vers Bayrou, mais vers l’espace qu’occupait Bayrou. Un espace qu’elle aurait pu occuper et qu’elle se croyait encore capable d’occuper en utilisant les ressources du PS pour reléguer ce dernier au rôle de gentil précurseur… Le pouvoir semblait là.

Le PS de Ségolène, sans le dire, deviendrait un parti du centre et la France de gauche serait cocue

Mais c’était en 2007… En 2008, avec la crise, ceux qui réfléchissent comprennent que l’heure du Centre a passé. Il y aura une radicalisation, une renaissance des idéologies et la France choisira de changer ses institutions. Démocratiquement… ou autrement.

La moitié du PS a dit non à la marche vers le Centre et n’en démordra pas ; ceux avec Ségolène qui veulent prendre cette voie ne changeront cependant pas non plus d’avis. Plus ou moins formellement, le PS va donc se scinder en deux clans.

La moitié du PS avec Ségolène se joindra au Modem ou se l’adjoindra, créant une alternative de centre-gauche qui visera à prendre démocratiquement le pouvoir des mains de Sarkozy en 2012. Simultanément, l’autre moitié du PS rejoindra Besancenot et Mélenchon, constituant à gauche une force significative.

Cette force ne pourrait gagner des élections que si la crise se traduisait par un déplacement énorme de l’opinion publique vers la gauche. Bien avant que ce seuil ne soit atteint, cependant, elle peut devenir le lieu de ralliement de ceux qui veulent des changements institutionnels profonds. Si ce ralliement de ceux qu’on peut appeler les « extrêmistes » a lieu, ce n’est peut-être pas la France de gauche qui aura été cocue…

 Pierre JC Allard


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28 réactions à cet article    


  • morice morice 25 novembre 2008 10:24

     Dans le contexte de 2007, Bayrou aurait pu accéder à la présidence. Segolène ne voulant pour rien au monde y renoncer, toutefois, elle s’est niée au sacrifice qui aurait pu stopper Sarkozy. Elle a ensuite habilement manœuvré le PS pour l’amener non vers Bayrou, mais vers l’espace qu’occupait Bayrou. Un espace qu’elle aurait pu occuper et qu’elle se croyait encore capable d’occuper en utilisant les ressources du PS pour reléguer ce dernier au rôle de gentil précurseur… Le pouvoir semblait là.

    c’est bien ce que le PS lui reproche aujourd’hui : or en France, pour être élu, il faut l’être avec le centre. Droit ou gauche. Tant qu’au PS on ne veut pas le VOIR...


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 17:58

       @ Morice : La MOITIE du PS ne veut pas le voir... c’est ça la cause de divorce

      PJCA


    • JL JL 25 novembre 2008 11:30

      Bonjour PJCA, cet essai ne me convainc pas beaucoup.

      Par exemple ceci : ""Mais il y a aussi les extrêmes. L’extrême gauche pour ceux qui sont prêts à des changement institutionnels majeurs afin obtenir plus d’égalité … et l’extrême droite qui réunit de temps en temps ceux qui seraient prêts à tout oublier des institutions pour que les problèmes se règlent au mieux et au plus vite.""

      Pour ce qui est d’obtenir plus d’égalité, il faut dire et redire qu’il s’agit d’égalité de liberté. En effet, dans ce monde de l’argent roi celui qui n’en a pas ne dispose d’aucune liberté. En revanche, celui qui ne compte pas peut tout faire.

      Quant à dire que l’extrême droite veut que les problèmes se règlent au mieux et plus vite, voilà un raccourci qui n’est pas très explicite.

      A Morice, croyez-vous que Mitterrand avait été élu avec le Centre ? Le Centre, ça n’existe pas. S’il y a trois hommes sur une île déserte, deux d’entre eux se ligueront fatalement contre le troisième.


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:01

        @ JL : Quand vous joignez liberté et égalité, vous vous inscrives a la gauche institutionnelle. Vous n’êtes donc pas un extrémiste. Il ne faut pas en déduire que l’extrême n’existe pas...

         PJCA


      • LE CHAT LE CHAT 25 novembre 2008 11:47

        @FURTIFS

         des DSK au FMI et des Lamy à l’OMC sont là pour prouver que le PS est complétement rangé à l’ultralibéralisme ! le PS est complétement schizophrène en lançant des appels démagogiques au monde ouvrier qu’il poignarde dans le dos !


      • JL JL 25 novembre 2008 11:59

        @ Le Chat : J’entends encore mon père et ses amis qui, il y a 50 ans disaient : "Le parti socialiste est le pire ennemi de la classe ouvrière".


      • JL JL 25 novembre 2008 12:01

        Ceci dit, aujourd’hui la classe ouvrière est exsangue. Ceci explique probablement pourquoi ce parti fait tant de bruit.


      • LE CHAT LE CHAT 25 novembre 2008 12:07

        @J L
        l’expression consacrée était social -traitre !


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:09

         @ furtif : 

        " Si Royal va à Bayrou ne veut pas du tout dire la même chose que Bayrou va à Royal " Et comment ! C’est justement le prochain épisode du feuilleton ! Et c’est le résultat de cette amicale émulation fratricide entre Sego et Bayrou qui déterminera pour une bonne part le rythme de croissance de disons... l"autre gauche". Sur foncd de scene d’un appauvrissement général et d"une radicalisation de Sarko.

        PJCA


      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:11

         @ furtif : 


        " Si Royal va à Bayrou ne veut pas du tout dire la même chose que Bayrou va à Royal " Et comment ! C’est justement le prochain épisode du feuilleton ! Et c’est le résultat de cette amicale émulation fratricide entre Sego et Bayrou qui déterminera pour une bonne part le rythme de croissance de disons... l"autre gauche". Sur foncd de scene d’un appauvrissement général et d"une radicalisation de Sarko.

        PJCA

      • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:13

         @ Le chaL Social-cocu me semble plus genti et, dans une société lâche, encore plus impardonnable 

        PJCA


      • Prosper Youplaboum 25 novembre 2008 12:19
        Mouaiff…c’est une hypothese…. Mais j’ai du mal à croire que les tôliers du PS : Fabius, DSK,… rangés derrière Aubry optent pour l’une ou l’autre des versions du PS que vous ennoncez. Sans vouloir trop reduire Martine Aubry, elle ne sert que de fer de lance, de bouclier, et surtout de vatout aux vieux briscards du PS pour eliminer Segolene ; si cette derniere gagne ils voient alors leurs reves de briguer la presidentielle une derniere fois partir en fumer : une fois aux manettes elle fera tout pour leur remettre une avoine sévère aux prochaines presidentielles… et elle y arrivera surement.
         
        En revenche si Martine Aubry passe, la ils surgiront à point nomme pour une énième charge …. DSK en tete, avec sur son CV « directeur du FMI en temps de crise » mention « ca va pas plus mal que quand c’était pire »…Fabius aussi avec … bin pas grand-chose mais il tentera quand meme… bref rebaston
         
        On sait que Segolene n’est pas en odeur de saintete au PS : alors soit elle passe maintenant à l’arrachée, fais une grosse purge, bosse avec Bayrou -dans le meilleur des cas- pour dégommer Sarko….et ils ont des chances d’y arriver si ils ne se bouffent pas le nez… ce dont je doute aussi car les deux ont un ego surdimensionné.
        Soit elle paume se fait peut a peut ecarter du PS et la on n’entend presque plus parler d’elle dans le futur (je vois mal Bayrou accueillir Sego SDF dans sa chaumiere…) et le PS se retrouve dans la même situation de bagarre de chefs qu’avant…je mise sur DSK comme candidat final (qui partage les voies avec le Modem) et revictoire de Sarko…beurk.
         
        Les deux Valkyries font couler de l’encre (qu’y a-t-il de plus salivant que de vous servir un combat de catch feminin)... m’est avis que les toliers sont bien silencieux…et qu’ils tirent la longue ficelle Aubry en evitant de se salir les mains pour le moment !!!
         
        Les "militants" PS ont loupe leur chance : sans etre la panacée, Benoit Hammon representait à mes yeux la derniere petite chance d’union et de potentiel renouveau…bref quelque chose qui ressemble au PS… et avec une ligne directrice un peu plus socialiste !!!


        • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:21

           @ Youplaboum : avec la crise, les éléphnants seront récupérés par le gouvernement d"union nationale que Sarko ne manquera pas de proposer. Quant au Bonhomme Bayrou, il n’est pas maître de sa maison quand arrive l’Amazone et le centre bayrouiste a montré qu’il pouvait être opportuniste, ce qui est la clef d’un chance possible daccéder au pouvoir. Royal contrôle une structure, Bayrou, pas vraiment

           PJCA 


        • Loic 25 novembre 2008 15:41

          Merci pour votre texte. C’est toujours aussi passionnant de vous lire. 

          Je partage votre admiration pour le Connétable, et pourtant ni vous, ni moi ne sommes de droite, ce qui prouve que ses valeurs politiques étaient universelles. 

          D’ailleurs, c’est amusant de voir que la situation politique et financière actuelle de la France est aussi le résultat des guerres de parti. En 40, lors de la défaite, le Général ne cesse d’hurler la même chose. 

          Pour Françoise Giroud, le gaullisme, c’est quand un homme se baisse pour ramasser la république que les vautours se disputent. La met en sécurité et la garde en attendant que quelqu’un de légitime, choisit par les français, ne viennent la récupérer. 

          Quand on voit ce qui se passe au PS en se moment, on se demande si ils ne devraient pas s’en inspirer un peu car il y a urgence. On a réellement besoin d’une opposition sérieuse et constructive… Laisser l’ump seul aux cotés des extrêmes est un paysages peu réjouissant. 

          Reste le centre. En tout cas vous y croyez. Apres tout pourquoi pas, mais en France, la gauche n’est jamais arrivée au pouvoir par le centre contrairement à la droite. La gauche doit passer par l’extrême, la phagocyter, et la rendormir… Mitterrand y est arrivé avec Marchais, mais je doute que Aubry y arrive avec Besancenot… donc dans tout les cas, ce sera dure pour la gauche. Pour Aubry comme pour Sego, les stratégies s’annoncent plus complexes que d’habitude. Tout dépend de l’état de Sarkozy dans l’opinion, mais c’est dans quatre ans, d’ici là, le monde ne sera plus le même ! 

          Merci encore en tout cas !


          • Loic 25 novembre 2008 15:43

            oula, interessant...

            J’espere que c’est mon navigateur qui fait des siennes et que mon commentaire apparait normalement, sinon mes plus plates excuses.... smiley


          • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:30

            @ Loic : si la situation évolue vers un crise économique et donc sociale plus grave et que Sarko joue la carte de la fermeté, ne pensez pas à Besancenot derriere Aubry. Ce sera Aubry derriere Besancenot, ou quelqu’un de plus radical qu’on n’ a pas encore vu apparaitre. A l’ère de l’internet, un "homme fort" peut convaincre une majorité des Français de tout changer, juste dans le temps qu’il faut pour dire ’ Y en a marre ! "

            http://nouvellesociete.org/5153.html

             PJCA


          • poetiste poetiste 25 novembre 2008 21:58

            Etre gauche ou de gauche ?

            Militant de gauche : toutes mes condoléances. Tu as des dirigeants qui voudraient perdre sur tous les fronts qu’ils ne feraient pas autrement. Après Jospin le « pion » (selon Mitterrand), dépassé par l’extrême droite, qui a donné une majorité écrasante à Chirac, voilà qu’une lutte intestine au parti entre deux prétendantes nous donne un spectacle navrant. Même Rama Yade déplore sur canal + qu’une opposition soit si faible et nous dit que ce n’est pas bon pour la démocratie, de quoi gâcher le plaisir de son patron qui voit remonter ses sondages du fait de cette décrépitude à gauche. Quelle générosité, quel détachement, quelle abnégation chez les dirigeants socialistes ! Ils n’ont pas les actions du pétrole mais ils ont des points de vue personnels à défendre qui leur sont encore plus chers. Et c’est la guerre civile dans l’état socialiste. On a bien compris la conjuration contre Ségolène qui donne 100 voix d’avance à madame 35 heures, émule de Jospin. On ne change pas une équipe qui perd, c’est la devise du parti socialiste. Le tableau peut sembler marrant à première vue mais cette équipe politique qui prétend ramener une justice sociale prend un plaisir masochiste à se saborder et, conséquence : Nous les petits, nous les sans-grade, s’il nous restait un espoir d’être défendus dans la jungle libérale où l’argent se gagne avec l’argent et non plus avec le travail, nous voilà bien livrés à toutes les délocalisations, à toutes les misères. On vient d’annoncer un troisième mort de froid au bois de Vincennes et les éléphants qui le fréquentent ne peuvent pas plus pour eux que ceux du parti. La gauche caviar a caviardé la générosité ; elle se bat, elle nous donne un spectacle de guignols. Ceux qui ont quitté le navire à l’appel de la droite avaient peut-être déjà prévu qu’ils s’épuiseraient dans la foire d’empoigne interne. Militant de gauche, dirige-toi un peu plus à gauche où des idées neuves, pas encore galvaudées par des intérêts personnels peuvent te séduire. Il faut savoir quitter un parti quand il s’embourgeoise et a fortiori quand il tombe en ruines. C’est une grande souffrance que de perdre la foi et je ne peux m’empêcher de ressentir une certaine compassion pour tous ceux qui s’étaient donné une identité socialiste en y croyant sincèrement. Consolons-nous : même au pouvoir, le parti socialiste ne dirige pas, c’est l’argent qui mène le bal, on s’attend à ce que ça tende à continuer comme ça. Quel sale temps ! Quand notre président dit : travailler plus pour gagner plus, les vrais dirigeants entendent : spéculer plus pour gagner plus. Militant socialiste, tu n’es plus sur le bon champ de bataille, tu es sur celui des moulins à vent. C’est presque aussi dommage de mourir faute d’idées que de mourir pour des idées. Des cendres du parti, quel Phénix va surgir ? A suivre au prochain épisode.
            A.C


            • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:32

               @ Poetiste : si vous avez un site, je serai de vos lecteurs.

               PJCA


            • maxim maxim 25 novembre 2008 22:59

              ce qui est curieux ,c’est que chaque fois que j’avais écrit que les Socialos haissaient la classe ouvrière ,que cette classe laborieuse dont j’ai fais partie et dont je suis fier n’a jamais ,mais jamais cru une seconde que les Socialistes étaient dans leur camp !

              là ,certains répondaient avec des phrases ronflantes pour étaler leur science que je me foutais le doigt dans l’oeil !

              les Socialistes sont méprisants ,c’est une caste ,soyez intellectuel ,artiste ,écrivain ,les "mains propres" et non caleuses ,là vous intéressez cette Franc Maçonnerie ,mais surtout pas le travailleur ,l’ouvrier,le prolo ,

              cet idiot qui n’a rien pigé et qui sera assez con pour aller voter pour des discours et des promesses mieleuses ,...

              seulement les prolos ,lesgens aux mains sales et caleuses ,ils ont compris ! ho un peu tard pour certains
              ,ben oui ,quand on bosse de ses mains c’est qu’on a pas étudié pour être intelligent !......

              mais ils ont fini par piger les attardés et les pue la sueur !

              en 2002 ,ils ont vite montré qu’il ne fallait plus les prendre pour des crétins ,Jospin qui n’avait rien senti venir ne s’en est pas encore remis !

              et en 2007 ,les Socialos qui n’avaient encore pas compris qu’on n’ attrape pas les mouches avec du vinaigre ,ni avec une image de belle quinquagénaire prête à poser dans un calendrier pour routier pour arriver à ses fins !

              là ,ça a été definitivement merde aux Socialos !

              nous on est peut être masochistes ,mais on préfère celui qui nous dit "vous aller en baver ,parce que rien n’est gratuit ni facile ,le fric que vous voulez il faudra le gagner ,et pour le gagner il faudra vous remuer le popotin ,on n’est pas à la soupe populaire ni au bureau de bienfaisance ! "


              • poetiste poetiste 26 novembre 2008 09:57

                En réponse à Maxim

                Maxim, tu es un ex ouvrier, pourquoi pas ? Mais quant-à être aigri comme tu l’es, je ne te suis plus. Les socialistes, il est vrai, n’ont jamais été de notre camp, plutôt intellos, enseignants, ils ne se sont pas connectés à la réalité du travail industriel. (Comment peut-on être enseignant toute une vie et s’intéresser en même temps à ce qui se passe dans les entreprises ?).Il faut voir les problèmes de manière plus « holistique ». Est-ce que les ouvriers se sont intéressés aux « sdf », chômeurs qui tombaient dans les vagues de chômage de l’année 1880 ? Le grand malheur des Français, c’est qu’ils semblent toujours ignorer ce qui se passe à l’étage du dessous. Le clivage corporatif a empêché le partage à tous les niveaux. Je suis aussi ex ouvrier et je ne fais pas d’angélisme ; nous nous reposions aussi sur nos lauriers en période de croissance, quand le travail de nos mains avait encore de la valeur et que les patrons ne pouvaient s’en passer. Si les cégétistes avaient institué des enseignements sur la finance au lieu de se polariser sur le rêve soviétique, ils auraient fait comprendre aux ouvriers qu’ils allaient perdre leur outil de travail et que leur salaire aurait été capté et négocié à la bourse, ce qui est arrivé. Tout le monde pense à court terme Maxim, peut-être parce qu’on est plus enclin à se plaindre qu’à agir efficacement pour le bien collectif. Ce n’est pas le « popotin » qu’il faut remuer mais les neurones et les synapses dans un premier temps et ensuite avoir la volonté de changer, de se remettre en question. La démocratie a une fâcheuse tendance à se transformer en tyrannie éclatée parce que tout se discute en matière d’argent. Travailler plus pour gagner plus est une fausse formule. As-tu pensé à réfléchir plus, étudier plus pour coller plus à la réalité et tout le monde y gagnera. S’il n’y a pas de règles sérieuses de partage, de sanctions contre les actionnaires , les traders, et les parachutes en or, c’est que l’on a pas su enrayer ce mal par flemmardise intellectuelle et manque de courage, je le dis tout net. Une attitude adulte consiste à reconnaître d’abord ses manquements pour corriger le tir. Et c’est cette attitude qui manque de manière globale dans notre société. On voudrait régler un contentieux extérieur avant de régler le sien. Ex ouvrier, je ne suis pas contre les socialistes. Peut-être vont-ils pouvoir descendre de leur nuage, abandonner la tentation libérale à l’occasion de leur crise. Se remettre au travail, c’est établir un plan qui va faire cesser le système perverti de l’actionnariat et le repartager car c’est le salaire des plus petits qui a gonflé des multinationales où la règle est : "problèmes de conscience : s’abstenir, ici on travaille dans l’anonymat". Quel sens a ton travail Maxim si tu n’en maîtrises plus le salaire faute d’actions sur les actions ? Il faut aller dire ça à ton délégué syndical, il y a sans doute quelque chose qui lui échappe. Salut ex collègue ouvrier. Je partage avec toi cette fierté d’avoir été ouvrier mais aujourd’hui, l’outil pour changer le système n’est pas dans nos mains, mais dans notre capacité à nous adapter à un monde qui change. Sommes-nous trop consommateurs et trop téléspectateurs pour que cela puisse changer ? Nous sommes eus tous azimuts mais l’utopie d’un réveil reste plausible. Il est temps de s’ébrouer de tout ça.
                A.C


              • poetiste poetiste 26 novembre 2008 10:05

                Lire 1980 et non pas 1880. Avec mes excuses.
                A.C


              • jacques jacques 26 novembre 2008 10:21

                Cet façon de voir la politique est amusante mais le problème des "socialistes" c’est qu’ils ne sont pas socialistes mais "social-charitables" ,ils pleurent sur les malheurs ouvriers donnent aux "plus" pauvres d’entre eux ce qui fini par permettre aux plus pauvres d’avoir les mêmes revenus que le pauvre pas aidé qui se demande pourquoi il se casse le cul.Cette situation est du au fait que ce sont des bourgeois qui sont aux commandes et qu’ils ne veulent pas remettre en cause leurs privilèges et revenus,de ce fait la difference entre une politique de "gauche socialiste" et une sarkozyte est peu compréhensible par "ceux d’en bas".

                Petit lien qui m’a permi mieux comprendre la crise financiere www.bankster.tv/ vos dettes et celles de l’état vous sembleront étranges.


              • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:45

                 @ Jacques : parlant de social-charitable, ça me rappelle un billet qui pourrait vous intéresser

                http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/10/14la-vie-dhotel/

                 PJCA


              • Yohan Yohan 26 novembre 2008 18:47

                Maxim n’est pas aigri, il est seulement lucide


              • maxim maxim 26 novembre 2008 10:29

                bonjour Poetiste ....

                en fait ,je ne suis plus actif ( retraité) n’ai jamais été syndiqué non plus ( j’ai horreur que l’on me dise ce qui est bon pour moi ! ),et ai fondé ma propre boîte pour être libre ,à mi parcours de ma vie professionnelle ...

                je ne suis pas aigri ,simplement réaliste ,et conscient qu’on était toujours mieux servi que par soi même .

                je ne vais pas reprendre mot à mot ton post ,mais l’utopie d’un réveil comme tu dis ,je n’y crois pas trop ,et je ne pense vraiment pas que la Gauche soit en mesure de nous monter le chemin ,tout occupée qu’elle est à rechercher le sien et qu’elle en a perdu les morceaux !

                et puis entre nous ,les Socialistes et la Gauche en général .....entre une Aubry ,un Besancenot ,et la bande de frappés que constituent les écolos ,ça n’augure pas de lendemains qui chantent !


                • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 26 novembre 2008 18:39

                   @ Maxim.. et Poetiste. Je suis mon idée en la bonifiant : vos dialogues feraient un site intéressant. Si vous en créez un ensemble et publiez un billet pas jour, je vous référencerai avec plaisir sur les blogues et sites auxquels je participe.

                   PJCA


                • La Taverne des Poètes 26 novembre 2008 10:46

                  La gauche cocue ? Non, la gauche cossue ! Cette gauche caviar du PS pleine à déborder de carriéristes qui exploitent la misère humaine pour remporter de nombreux postes d’élus et s’y maintenir pour de brillantes carrières et des avantages conséquents.

                  "La moitié du PS avec Ségolène se joindra au Modem ou se l’adjoindra" : Ségolène se l’ajoindra ! smiley Je n’ai jamais autant ri ! Merci pour ce bon moment ! Très drôle vraiment. Les militants et sympathisants du MoDem sont parfaitment imperméables au populisme de Royal et à son opportunisme.

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