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Accueil du site > Actualités > Politique > La Gauche et le FN

La Gauche et le FN

Je connais plein de gens de gauche. Dans mon carnet d’adresses, ils sont majoritaires. Et donc, je cause avec eux… Et l’incompréhension s’installe. Tous ces mecs de gauche, ils n’ont jamais rien lu et surtout pas Marx. Ils le disent sans complexe : Marx s’est trompé. Ou Marx ne sert à rien. Ou le marxisme est mort. Ils ont pas lu non plus Bakounine ou Proudhon. Ils ont lu Libé et le Figaro et ça leur suffit bien. Alors, moi, brave con, je fais des piqûres de rappel.

L’une des bases de la pensée de gauche, ça reste (ça devrait rester) ce que l’on appelle pour simplifier le « matérialisme historique ». L’idée selon laquelle l’Histoire avance à cause des conditions réelles de la vie des peuples. J’admets, ça dévalorise un peu les bâtisseurs d’idéologie. C’est plus facile de jouer avec les idées qu’avec le prix du pain. Dans la réalité, les gens de gauche se moquent éperdument des conditions matérielles. Modernes, la plupart se vautrent plutôt dans le « virtualisme immédiat », cette sorte d’évacuation du réel qui domine la pensée occidentale. Les gens de gauche préfèrent un territoire virtuel (l’Europe) au territoire réel (la ville, la cité), territoire dont la réalité prend naissance dans le ressenti des habitants et dans des limites bien réelles. La définition même du territoire, c’est sa limite, et la gauche plaide pour un territoire illimité ! Si c’est pas être déconnecté de la matière….

Une autre base est que les sociétés progressent par les conflits. On appelle ça la dialectique et on l’exprime simplement par la lutte des classes. Terme dont je rappelle que même le PCF l’a supprimé de son vocabulaire. Alors, là, silence absolu. Les gens de gauche sont pacifistes. Comme Jaurès. Sauf que Jaurès, qui avait du vocabulaire, ne confondait pas la guerre (entre nations) qui s’oppose à la paix et la lutte (entre groupes sociaux) qui, elle, conduit à la paix sociale à l’intérieur de la Nation car elle atténue les inégalités.

Mes copains de gauche, qui ne connaissent pas ces principes premiers (et ne veulent pas les connaître), en ce moment, ils balisent face à la montée du FN. On a droit aux hurlements de meute.

Le peuple, le « petit peuple », il connaît ces principes. Il sait que la retraite, le temps de travail limité, les congés payés, il les a obtenus au prix de grèves et de luttes parce que la classe dominante, pas folle, elle donne pas spontanément. Et donc, le peuple se demande qui va l’aider à se battre. Il regarde autour de lui et il voit Marine. Va pour Marine ! Avec les autres, ça fonctionne pas. Le vote FN nait dans les principes marxistes. Avec un parti qui parle de réalités matérielles (l’immigration par exemple) et qui suggère de taper du poing sur la table. Le peuple rêve d’un beau combat Angela-Marine. Pas dans un bassin de boue, mais c’est tout juste. Se battre pour du pain. Toutes choses égales par ailleurs.

Moi, je pense que le FN peut être le détonateur qui conduira à l’explosion indubitable. J’essaye d’imaginer le FN au pouvoir. Normalement, ça devrait mettre du monde dans la rue. Normalement, ça devrait devenir un peu violent (du moins si les actes suivent les mots, ça, c’est pas sûr). Normalement, on devrait aboutir à un vrai conflit, avec, pourquoi pas ? intervention de l’armée.

Normalement, le FN devrait prendre des mesures un peu violentes (un peu, c’est déjà trop au jour d’aujourd’hui). Mesures qui, par le jeu normal action-réaction, pourraient conduire à quelques bagarres, au niveau de l’Europe, par exemple.

Bref, normalement, l’arrivée du FN au pouvoir devrait remettre au goût du jour cette bonne vieille dialectique hégélienne et permettre à l’Histoire d’avancer comme elle l’a toujours fait, avec des baffes. Normalement, le FB s’inscrit dans une perspective marxiste. Ce que la plupart des gens de gauche refusent de voir.

Il n’y a pas d’alternative ? Non. Les partis de gauche qui pourraient y prétendre traînent entre 1 et 8% des voix. Ils n’ont aucune chance de rattraper leur retard. Sauf le PC, peut-être, mais au prix d’une évolution drastique. Pierre Laurent n’est pas Waldeck Rochet et Ian Brossat n’a rien de Jacques Duclos. Seul le FN peut utiliser la voie démocratique pour ouvrir les voies de la révolution. A son corps défendant car on peut difficilement imaginer une nana qui a passé son enfance avec Haïli Haïlo se mettre à siffloterL’Internationale.

Mes copains de gauche, les vrais, pas ceux qui confondent Anne Hidalgo et Dolorès Ibarruri, quand je leur dis ça, ils hurlent. Preuve qu’ils préfèrent leurs idées à la réalité matérielle des faits ce qui jette quelque doute sur leur marxisme.

Mais, disent-ils, on est de gauche, on n’est pas marxistes… Ça me rassure….


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154 réactions à cet article    


  • tutti frutti tutti frutti 20 juin 2013 10:49

    Mes copains de gauche .


    Cette phrase est tronquée . 

    Un copain un vrai est celui qui vous aime au delà des idées . 

    La gauche  pour être copain elle pose ses conditions  : il faut penser 
    comme elle .



    • wesson wesson 20 juin 2013 10:56

      bonjour tutti frutti ,


      et mes amis du FN, ceux qui m’envoient ça ???

      ils sont cons de voter pour le FN, et d’ailleurs je n’arrêtes pas de leur dire, mais ça reste quand même des amis.



    • tutti frutti tutti frutti 20 juin 2013 11:20

      Bonjour Monsieur Wesson , 


      Vous êtes pas de gauche alors ?

    • LE CHAT LE CHAT 20 juin 2013 11:34

      salut Wesson ,

      merci pour ce lien , je ne l’avais pas encore reçu ! smiley

      à propos de ce gouvernement , il pourrait dire aussi , les cons ça ose tout , c’est à ça qu’on les reconnait .....


    • ThaTon ThaTon 20 juin 2013 12:27

      Vous avez des amis au FN, Wesson ? Vous n’effrayez pas les camarades ? : p


    • Yohan Yohan 20 juin 2013 12:38

      Pas d’accord Tutti

      Si tu les invites au restaurant ou dans ta maison de campagne et si tu acceptes que leur fils repris d’université de sociologie épouse ta fille UMP bien gaulée et de surcroît richement dotée, ils t’acceptent sans problème comme copain smiley

    • tutti frutti tutti frutti 20 juin 2013 12:46

      Bonjour Yohan , 


      un repris d’ Université ?

      un gus qui a sur la conscience les formatages de plusieurs années de doctrines ....

    • Cocasse Cocasse 20 juin 2013 13:12

      C’est vrai que c’est pas toujours facile d’avoir des copains de gauche. Ils se braquent facilement. Même si tu es pote avec eux sans tenir compte de politique, ils peuvent facilement ne plus devenir tes potes en sachant que tu n’es pas comme eux « de gauche ».


    • lsga lsga 20 juin 2013 13:29

      c’est à dire qu’à gauche on n’a pas de ’copains’, on a des camarades.

      Pour rappel, l’idéologie du copain c’est mai 68 :


    • tutti frutti tutti frutti 20 juin 2013 13:38

      C ’est sûr camarade ça classe son homme .


      Staline  est responsable de millions de camarades . 

      Alors que son copain Harpo Marx les faisait rire .

    • lsga lsga 20 juin 2013 13:53
      @tutti
      tu sais, à l’Extrême Gauche, on considère l’Histoire comme fondamentale. 

      On a digéré le stalinisme et les erreurs dramatiques commises au 20ème siècle. On n’oublie pas, on ne reproduira pas. A l’extrême droite par contre :


      et



    • Cocasse Cocasse 20 juin 2013 13:56

      Ouais mais je parlais plutôt de gens de gauche, comme l’évoque l’auteur de l’article.

      Sinon j’ai été camarade avec des cocos ! ^ ^


    • tutti frutti tutti frutti 20 juin 2013 14:24

      Tu as raison Isga l’ extrême-gauche est l’ avenir de l’ homme .


      Surtout aux extrémités .

      Un peu comme les températures extrêmes , c ’est ou très chaud ou très froid .

      Nous on aime tempéré .

    • lsga lsga 20 juin 2013 14:32

      la tempérance et le conservatisme (de gauche ou de droite) représentent en effet 80% de l’électorat en temps normaux, et au moins 60% en période de crise. Les gens veulent une petite vie tranquille, et veulent à tout prix éviter les grands chamboulements historiques.


      Réactionnaires et progressistes sont donc toujours minoritaires. 

      Mais : les Guerres impérialiste mettent au pouvoir les réactionnaires (à tous les coups), et les révolutions peuvent donner le pouvoir aux progressistes (enfin, très rarement). 

      ça tombe bien : devant nous, nous avons le choix entre la montée des nationalismes partout dans le monde, une crise économique qui s’amplifie, et une 3ème guerre mondiale OU un mouvement révolutionnaire européen. 

      Mais, en effet, il y a le temps... peut-être encore 10 ou 20ans, peut-être même 50 ans. L’Histoire a tout son temps. 

      Une chose est sûr, au XXIIème siècle : l’intégration européenne sera terminée, et les grèves et manifestations auront lieu à l’échelle continentale.

    • xray 20 juin 2013 17:06


      Les électeurs se plaignent de quoi ? 

      Aux dernières présidentielles, il y avait dix candidats en liste, il y en a deux pour lesquels il ne fallait surtout pas voter (les 2 candidats imposés par les US pour porter l’Europe). 
      Naturellement, les électeurs ont voté pour ces deux candidats. 

      L’EUROPE des CURÉS 
      /mondehypocrite.midiblogs.com/">http://mondehypocrite.midiblogs.com 



    • ThaTon ThaTon 20 juin 2013 11:00

      @ Auteur :
      Comment expliquez-vous le désamour de ce « petit peuple » pour l’alternative dite d’extrême gauche au FN ?

      http://www.marianne.net/photo/art/default/932117-1105308.jpg?v=1300964159

      http://www.humanite.fr/sites/default/files/vignettes/votefdg2.jpg


      • le géographe fou le géographe fou 20 juin 2013 12:09

        L’alternative d’extrême gauche est basée sur une vision internationaliste, trop large pour la plupart des citoyens. Le territoire sur lequel on a envie d’agir, c’est d’abord sa ville, voire son quartier ou sa cité. Pour élargir sa vision, il faut une capacité d’abstraction qui fait souvent défaut. Raison pour laquelle les citoyens rejettent l’Europe : ce n’est pas leur tasse de thé.


      • lsga lsga 20 juin 2013 12:34

        Mais mon cher monsieur, comprenez vous seulement les articles que vous écrivez vous-même ?



        Je vous pose les premières lignes de cet article sur le matérialisme historique :

        les événements historiques sont influencés par les rapports sociaux, en particulier les rapports entre classes sociales, donc par la situation réellement vécue par les êtres humains plus que par les idéologies.

        Donc, peut-importe les théories idéalistes bourgeoises du type « Nationalisme ». Elles n’ont aucune prise sur la réalité économique, qui elle s’internationalise. Les luttes sociales suivront naturellement. De manière naturelle, indépendamment des discours ou des représentations des citoyens, les luttes sociales dans chaque pays européen vont avoir tendance à s’agglomérer en une seule lutte sociale d’échelle européenne. Cela fait 200 ans que ce phénomène d’agglomération se produit, il n’est pas prêt de s’arrêter. 

      • Yohan Yohan 20 juin 2013 17:16

        Il n’y a jamais eu d’amour pour l’extrème gauche chez le petit peuple en tout cas, pas depuis qu’ils savent comment l’extrème gauche traite le petit peuple quand ils sont au pouvoir. Résignés, ils sont et conscients des réalités, ils ne croient qu’à ceux qui les font bouffer et qui protègent le peu de biens qu’ils ont. Quant aux syndicats, ils savent qu’ils sont corrompus et qu’ils sont capables de couler une boite et mettre tout le monde à Pôle emploi rien que pour montrer leur force.


      • lsga lsga 20 juin 2013 18:50

        oui, les syndicats et la gauche ont juste permis au petit peuple d’obtenir des augmentations de salaires, des congés payés, une réduction du temps de travail...

        quelle bande de salops !


        plus sérieusement, j’imagine que vous faites références aux artisans / commerçants / agriculteurs. Ils se font bouffer par le grand capital, pas par les syndicats.

      • BOBW BOBW 20 juin 2013 22:07

        "ll n’y a jamais eu d’amour pour l’extrème gauche chez le petit peuple en tout cas, pas depuis qu’ils savent comment l’extrème gauche traite le petit peuple quand ils sont au pouvoir. Résignés, ils sont et conscients des réalités, ils ne croient qu’à ceux qui les font bouffer et qui protègent le peu de biens qu’ils ont« 

        Tiens un gros trou de mémoire : Et la Commune  ?? Avec ce Versaillais Thiers qui n’a pas hésité à faire tirer sur les révoltés du »petit ( et moyen) peuple  !!


      • vesjem vesjem 22 juin 2013 10:50

        au géographe du fou
        il faudrait des siècles pour réaliser l’internationalisme des peuples ; il faudrait d’abord unifier toutes les règles dites « nationales »(sociales , légales , fiscales , etc) , éradiquer toute hiérarchie sociétale et la dictature par l’argent , supprimer toutes les misères du monde , formater les gens pour qu’ils soient bons , puis penser à créer une monnaie unique , voire une langue commune ... et j’en oublie ; enfin ,c’est pas gagné et c’est pas demain ; qu’est-ce qu’on va s« emmerder à côtoyer nos »égaux", presque nos clones ; 
        ce ne sera sans doute jamais que dans quelque cerveau utopique .


      • lsga lsga 20 juin 2013 11:06

        100% d’accord sur le fait qu’en France les gens de gauche ne sont pas marxistes. Wikipedia en est la preuve la plus concrète. Exemple :


        et

        Rappelons toutefois que cela a toujours été le cas. En France, c’est toujours le socialisme utopiste qui a dominé :

        100% d’accord sur le fait que Lepen reprend aujourd’hui les fondamentaux du Marxisme, abandonnés par la gauche. Avec Soral et Lemaire, ils ont fait de la lutte contre l’oligarchie financière le coeur de leur idéologie (rappelons qu’il s’agit du fondement du léninisme).

        Toutefois, cette situation dans laquelle la réaction s’approprie le discours révolutionnaire était prévu de longue datte par Marx lui-même. Rappelons qu’a aucun moment donné Lepen ne propose de sortir de l’économie idéaliste bourgeoise.

        Rappelons également que au XXème siècle, bloquer la France et faire des grèves générales en France permettait de bloquer une des plus grandes puissances économiques mondiales. Bloquer la France, c’était bloquer le monde. Aujourd’hui, si on suit les Lepen et que l’on sort de l’Europe, les grèves et manifestations en France n’auront aucune chance d’infléchir la bourgeoisie mondiale. Seul une action à l’échelle continentale, européenne, permettra au prolétariat européen de gagner des droits sociaux. Un grève générale à l’échelle de l’Europe, voilà de quoi faire trembler l’oligarchie financière. Voilà ce que ne propose pas les Lepen. C’est là le concept fondamental du marxisme qui a du vous échapper : Il faut toujours étendre la lutte à des cercles géographiques toujours plus vastes. 

        Rappelons également que aujourd’hui ce qui s’approche le plus d’une économie matérialiste, c’est l’éco-socialisme, défendu par le Front de Gauche :



        • wesson wesson 20 juin 2013 11:32

          Salut Isga,


          « 100% d’accord sur le fait que Lepen reprend aujourd’hui les fondamentaux du Marxisme »

          clair : il fallait l’entendre la grosse dondon en train de vous parler du grand marché transatlantique, une idée de plus qu’elle est allée braconner dans le programme du FdG...

          C’est bien simple maintenant, après une meeting FN ça m’étonnerai pas qu’ils se mettent à chanter l’internationale. Juste après « ils ont le pétrole ... mais c’est tout »

        • lsga lsga 20 juin 2013 11:44

          c’est parfait. Je n’ai plus le livre avec la citation précise de Marx. Grossomodo, ( le vieux ) Marx explique que lorsque le Capitalisme sera suffisamment développé, et que le salariat sera de loin la classe la plus importante, la Réaction sera obligée de transformer son discours traditionnel (destiné aux artisans / commerçants / agriculteurs), pour le réorienter vers la pensée révolutionnaire. C’est exactement ce qui arrive aujourd’hui au FN. 


          Sous Jaurès, la France se décomposait en 1/3 de salariés, 1/3 d’agriculteurs, 1/3 d’artisans/commerçants. Aujourd’hui, il y a plus de 80% de salariés, dont de nombreux « salariés de première génération ». Ces derniers conservent le réflexe familial de vote vers les partis conservateurs de droite ou réactionnaire. Toutefois, puisqu’ils sont salariés, il n’est plus possible de les séduire avec les arguments traditionnels de la réaction type : « baisse des impôts et des salaires »... L’extrême droite est obligée d’adapter son discours à la réalité sociale des salariés, et retombe donc naturellement sur les concepts de l’extrême gauche.

          Le passage de Jean-Marie Lepen à Marine Lepen, ce sont les fils d’artisans / commerçants / agriculteurs qui deviennent salariés. 

          Marx prédisait que cette transformation de la Réaction serait le signe d’une révolution imminente. Pour reprendre (de tête) sa conclusion : la Réaction reprendra le discours révolutionnaire pour sons propre compte, ’se faisant, elle creusera sa propre tombe’.

        • le géographe fou le géographe fou 20 juin 2013 12:02

          Je pense que c’est une erreur de voir la gauche comme internationaliste. Les travaux de Chalmers Johnson ont bien montré que communisme et nationalisme marchaient main dans la main. La révolution mondiale est une utopie. Tout simplement parce que personne ou presque n’a la vision d’un territoire mondial et qu’on agit pour son territoire. D’ailleurs, les grandes organisations internationalistes ont toujours été structurées avec des sections nationales. Ne demandons pas aux hommes une vision plus large que celle qu’ils peuvent avoir.


        • le géographe fou le géographe fou 20 juin 2013 12:05

          Je n’ai jamais dit que Le Pen reprenait les fondamentaux du marxisme. Je dis seulement que le FN me semble le seul outil intéressant pour créer un conflit qui pourrait faire bouger les lignes. Et que les gens de gauche feraient bien de se saisir de cet outil, quitte à le jeter après.


        • lsga lsga 20 juin 2013 12:28

          D’abord, le paysage politique ne se divise pas en ’gauche et droite’ (catégories idéalistes petites bourgeoises sans rapport à la réalité), mais en : progressistes, conservateurs et réactionnaires (catégories basées sur l’analyse Historique et le rapport au mouvement de l’Histoire). 


          Ensuite, le courant progressiste est internationaliste par nature. C’est ainsi par exemple que Chavez a créé l’Alba. Ce que vous semblez ne pas avoir compris, et que je vous répète : c’est que la lutte sociale n’a plus aucune chance d’emporter une quelconque victoire aujourd’hui à une échelle nationale. Le seul et unique moyen de faire progresser les droits sociaux des salariés, c’est de porter la lutte, les grèves et les manifestations à échelle européenne. 

          La révolution n’est pas une utopie, c’est une horreur faite de boue et de violence. Elles se produisent de manière cyclique, soit en amont des guerres impérialistes et en les en empêchant (ex : maoïstes) soit en conséquence des guerres (ex : bolchévisme). Vous sembliez maitriser la différence entre idéalisme et matérialisme. Vous comprendrez donc que la révolution « mondiale » n’est pas une question de théorie ou d’idéologie. Au fur et à mesur que les moyens de communication se développent, que les mouvements migratoires et le multilinguisme se répandent, que la production se mondialise, de même, les mouvements de contestations se mondialisent. C’est un fait, une réalité historique, pas une théorie susceptible d’être accusée d’utopisme. Depuis le début du 19ème siècle, les grèves et les manifestations se déroulent TOUJOURS dans des cercles géographiques de plus en plus larges.

          Enfin, vous n’avez pas répondu à l’essentiel :

          Le glissement sémantique du discours de l’Extrême Droite vers la pensée Marxiste est la conséquence de la réduction des classes petites bourgeoises (agriculteurs / artisans / commerçants ), dont les enfants tombent dans le salariat. 


        • Fab81 20 juin 2013 12:29

          Il y a quand même de nombreuses idées qu’ils n’iront pas braconner dans notre programme, Wesson. La lutte contre les licenciements boursiers, par exemple. Marion Maréchal-Le Pen s’est battue contre la proposition de loi FG déposée sur ce thème à l’assemblée. Et après ça, sa chère tante vient nous faire son grand numéro « plus social que moi tu meurs ». Et le plus triste dans l’affaire, c’est qu’il y a des gens sincères que ça abuse...


        • le géographe fou le géographe fou 20 juin 2013 12:40

          Puisqu’a priori vous considérez comme moi que le maoïsme a fait la révolution (je saos bien que tout le monde n’est pas d’accord), je suggère d’imiter la stratégie maoïste en adoptant la technique du Front Uni : s’associer avec l’ennemi le plus faible contre l’ennemi le plus fort pour ensuite se retourner contre lui. Mao avec le Guomindang contre les Japonais, puis contre le Guomingdang. Une alliance tactique de la gauche avec le FN pour démolir la droite parlementaire..mais ça suppose une vision froide du combat. Or, rares sont les froids en politique...


        • lsga lsga 20 juin 2013 12:48

          Je crois que visiblement, vous n’êtes pas très bon géographe.

          Comparez :



          avec :


          La bonne échelle géographique pour une révolution de type Maoïste, c’est le continent.

          Si l’on doit faire une révolution de type maoïste, elle aura lieu à échelle européenne. Le plus probable étant encore une grande marche des jeunesses du Sud de l’Europe vers le Nord de l’Europe (il faut imaginez des centaines de milliers d’espagnols, de portugais, d’Italien, et de Français remonter à pied sur Bruxelles et Berlin). 

          La probabilité d’une révolution de ce type dans la décennie est très élevée. La seule chose qui peut la bloquer : c’est un pouvoir réactionnaire en France. Vous comprenez cela ? 

        • le géographe fou le géographe fou 20 juin 2013 12:57

          Encore une fois, vous ne tenez pas compte de la réalité du territoire. Ce n’est pas une idéologie. Chacun se sent « de quelque part » (nation, région, ville, quartier) et est prêt à se mobiliser pour ça. Vous ne ferez pas marcher les Corses pour la Lithuanie. Le maoïsme est d’abord une réalité nationale. Je vous renvoie à nouveau à Chalmers Johnson. La taille n’a rien à voir à l’affaire que la Chine soit 18 fois plus grande que la France ne fait pas du maoïsme une révolution continentale.


        • lsga lsga 20 juin 2013 13:18

          Ce pourquoi les gens sont prêt à se mobiliser n’a aucune sorte d’importance. Les gens se mobilisent toujours pour de mauvaises raisons, dans 99% des cas (augmentation des salaires, etc.). Vous croyez vraiment que les paysans qui ont fait la révolution française l’ont fait pour l’humanisme et les droits de l’homme ?


          Les gens se mobilisent naturellement dans des contextes économiques et sociaux déterminés. La couleur des drapeaux, la nature des discours, ne sont que des épiphénomènes. 

          De part le simple fait que nombreuses mobilisations régulières se produisent en Europe, et que les personnes participant à ces mobilisations communiquent de plus en plus entre elles, ces mobilisations vont prendre une ampleur européenne. C’est mécanique, chimique, nécessaire, et les idéologie type « nationalisme » n’ont aucune prise sur ce genre de phénomène. 

          La seule prise que peuvent à la rigueur avoir les nationalistes sur les phénomènes révolutionnaires, c’est de les empêcher par tous les moyens. Rétablir les frontières entre l’Espagne, l’Italie et la France, c’est empêcher une mobilisation et une grève européenne. Mettre Lepen au pouvoir, c’est donner la possibilité à la police de tabasser les jeunes européens qui prétendraient manifester au delà de leurs frontières.

          Sérieusement : relisez Marx. 


        • heliogabale heliogabale 20 juin 2013 14:26

          Je pense que c’est une erreur de voir la gauche comme internationaliste. Les travaux de Chalmers Johnson ont bien montré que communisme et nationalisme marchaient main dans la main. La révolution mondiale est une utopie. Tout simplement parce que personne ou presque n’a la vision d’un territoire mondial et qu’on agit pour son territoire. D’ailleurs, les grandes organisations internationalistes ont toujours été structurées avec des sections nationales. Ne demandons pas aux hommes une vision plus large que celle qu’ils peuvent avoir.

          Au XVIIe siècle personne n’avait la vision d’un territoire national : l’étranger commençait à une journée de marche de chez soi...

          L’amélioration des moyens de transport et de production a ébranlé cette vision...

          L’adaptation à cette nouvelle réalité a été très violente : en France, elle a pris une tournure politique : la Révolution françaises et ses multiples séquelles jusqu’à la commune de Paris.
          En Angleterre, la révolution a été industrielle : urbanisation très rapide, population ouvrière nombreuse et condamnée à l’indigence...

          Les idéologies politiques se sont formées à l’aune de ces grandes transformations : la nouvelle classe dominante (la bourgeoisie, une partie de l’aristocratie, une population plutôt urbaine) a ardemment défendu ce changement de société ; à sa droite s’opposait au changement, prônait la défense du monde ancien, de la ruralité, des petits centres urbains etc. Où se plaçait la gauche ? La gauche a pris acte de ce changement de société (la naissance d’une classe ouvrière urbaine, déracinée, qui ne peut plus retourner dans sa région natale) mais en a critiqué son déroulement (l’asservissement d’une classe par une autre, perpétuation d’une forme de servage).

          Actuellement, on vit très certainement une nouvelle grande transformation, où les énergies seront plus chères, le travail plus rare, la population vieillissante...

          Dans ce cadre, l’extrême-droite est cohérente avec sa position de toujours : ayant digéré le changement de société précédent, elle le défend (avec ses tares). Les centristes défendent ce changement dans un cadre « austéritaire » (laisser des miettes aux dominés, généralement des chômeurs). La gauche essaye d’intégrer ce changement en demandant plus d’égalité : aller vers un revenu universel, fruit de la taxation des revenus du capital.


        • lsga lsga 20 juin 2013 14:36

          @hellioglobale


          Le point principal t’a échappé :

          On n’est pas en train de débattre sur le fait de savoir si « l’idéologie » de gauche est miscible avec le « nationalisme » pour ensuite déterminer le sexe des anges.

          Historiquement, matériellement, les luttes sociales s’élargissent toujours à des cercles de plus en plus large. 


          Au 19ème siècle, quand une usine faisait la grève dans son coin c’était déjà pas mal. Début 20ème, quand une région se mettait en grève, s’était une gros effort. Fin 20ème, en 1995 pour la France, l’échelon national a été atteint. 

          Cet échelle n’était pas un but. Elle est une conséquence. 

          Demain, les grèves et les manifestations auront lieu à échelle européenne, et les idéologies n’ont rien à voir là-dedans. C’est un processus physique, presque chimique. 

        • epicure 21 juin 2013 00:28

          @Par le géographe fou (---.---.---.200) 20 juin 12:02

          L’internationalisme ce n’est pas l’abandon de la nation comme structure politique, mais la défense de points communs entre peuples au delà des frontières ds nations.

          La mondialisation est bien le contraire de l’internationalisme, il abolit la nation pour mieux diviser les peuples par la compétition économique.

          L’internationalisme c’est la défenses des prolétariats contre le capital dans les nations pour les mêmes intérêts universels, la mondialisation c’est la division des prolétariats pour les soummettre au capital.

          L’internationalisme est universaliste, la mondialisation est particulariste.

          La nation comme espace concret de la démocratie, ne s’opose pas à l’internationalisme, mais la nation comme essence identitaire , la nation de droite, oui.


        • epicure 21 juin 2013 00:48

          Par lsga (---.---.---.105) 20 juin 11:44

          exactement, il y a eu un changement au FN, il est venu d’abord de l’électorat.
          Le FN historique ne touchant avant tout que des artisans/commerçants, petits patrons, des gens très religieux, ne séduisait pas plus de 1-2% de voix, l’électorat purement réactionnaire.
          Puis suite à un ensemble de phénomènes politiques et économiques (le début des 30 piteuses), il a attiré un nouvel électorat dont la sociologie était différente, salariés, sans culture réactionnaire ( la haine de la gueuse, l’antisémitisme etc.. n’était pas dans ses motivations ).
          De simple sympathisants, au fur et à mesure ils ont intégré le parti.

          Le père lepen en bon stratège, savait flatter les deux faces du parti, l’ancienne dont il était issu, et la nouvelle qui apportait une nouvelle force électorale en charchant à les faire venir vers les idées originales.
          Par contre la fille lepen, elle a prit parti pour le FN moderne de culture plus républicaine, batissant le FN nouveau sur un nationalisme républicain, jusqu’à prononcer des mots, des phrases qui auraient valu l’exclusionn, voire pire dans le FN des années 70 où il était l’incarnation de la fusion des mouvements réactionnaires. Elle a laissée tomber certains courants réactionnaires comme les ultra-cathos.
          L’oposition marine lepen vs golnish pour prendre la place du père lepen, était la concrétisation de l’opposition entre les deux courants du FN, l’historique et le moderne.
          C’est le courant moderne, celui des salariés (ou chomeurs) qui a gagné.


        • LE CHAT LE CHAT 20 juin 2013 11:28

           A son corps défendant car on peut difficilement imaginer une nana qui a passé son enfance avec Haïli Haïlo se mettre à siffloterL’Internationale.

          écrire de telles conneries ne grandissent pas l’auteur , ça godwine sec !
          peut être est ce une allusion aux productions de disques de chants de la Wehrmacht du père ???? il a aussi publié les choeurs de l’armée rouge ,ça devrait vous plaire plus .

          Une chose est certaine , il faut voter FN pour que les choses bougent enfin , il n’y a qu’à voir l’émoi dans la petite classe bobo politicomédiatique rien qu’à l’idée d’un député FN de plus , ça me fait trop marrer ! j’espère qu’il sera élu contre l’UMP dimanche , les gens vomissent ce gouvernement , qu’ils le montrent vraiment en ne votant pas pour le candidat sarkoziste soutenu par le PS !!!!!!!


          • Fab81 20 juin 2013 12:35

            C’est du cinéma cette agitation de l’oligarchie autour de votre candidat à Villeneuve, Le Chat. Il passe bien à la télé, c’est la circo de Cahuzac... Donc on amuse un peu les gens avec ça. Que ce soit lui ou le candidat de l’UMP, je m’en fiche complètement, et croyez-moi je ne suis pas le seul. Un député FN de plus, ce sera une voix de plus contre les propositions de loi sur la lutte contre les licenciements boursier ou contre la criminalisation du mouvement social. Un député UMP de plus, c’est exactement pareil. Dans le cas de Villeneuve, il faut être bien naïf pour ne pas voir la collusion entre votre candidat et l’UMP, qui saute pourtant aux yeux...


          • Cocasse Cocasse 20 juin 2013 13:22

            Non Marine ne chantait pas haili hailo, c’est juste une femme avec des valeurs, mais aussi une femme de son temps. Elle a la jeune quarantaine. Elle est née à une époque plus douce, et son tempérament l’est de même, donc oui, plus à gauche. De plus les autres gamins n’ont pas été tendres avec elle (du fait qu’elle est la fille de la beeeete immonde), et elle a du se forger le caractère, tout en ayant conscience de certaines injustices.

            Pour vous faire une idée de son coté ordinaire, sur certains aspects, elle aime bien la série « dr house ». Comme n’importe quelle personne, elle a une série préférée (souvent américaine d’ailleurs).

            Je la trouve modérée, ordinaire, charismatique, pas exceptionnellement intelligente, mais suffisament, et sincère.

            Par contre, qu’il y ait du foutoir le jour où elle arrive au pouvoir (si), on peut s’y attendre. Certains aiment céder au chantage terroriste, du genre : si elle arrive au pouvoir ce sera la guerre civile, ou des arguments bidons de ce genre laissant à penser que ces gens préfèrent que la situation continue de moisir, et s’applatissent devant la potentielle menace de racailles insurgées.

            La vision de l’auteur de l’article est intéressante, et je trouve originale. C’est une des multiples façons de justifier un vote FN.

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