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La grande convergence des gauche et droite de gouvernement en Europe

On en parle depuis longtemps, notamment depuis le début des années 1990, avec l’accord sur la politique de franc cher, puis le soutien donné aux traités européens. Mais ces dernières années semblent indiquer une accélération de ce phénomène de convergence partout en Europe, ou presque.

 
Convergence eurolibérale
 
Bien sûr, ce phénomène prend des formes différentes selon les pays. Mais les cas se multiplient. En Grèce, Syriza a eu besoin des voix de Nouvelle Démocratie pour faire voter les trois textes demandés par la toïka. En Italie, Matteo Renzi gouverne déjà avec le soutien d’une coalition réunissant des éléments de gauche et de droite, sur un agenda de libéralisation marqué. On peut également rappeler qu’en Grande-Bretagne, les conservateurs et les libéraux-démocrates ont gouverné ensemble pendant cinq années, tout comme la CDU et le SPD en Allemagne depuis plusieurs années, avec l’ironie d’une gauche qui a mis en place les lois Harz et d’une droite qui met en place un salaire minimum plus tard.
 
Bien sûr, pour l’instant, les symptômes sont moins marqués en Espagne, encore que l’on peut considérer que l’émergence de Podemos démontre que le PSOE ne porte pas une opposition suffisante au PP. Et en fonction des résultats des élections législatives à venir, et du score des indépendantistes, une alliance du centre-gauche et du centre-droit pourrait être le produit de la fragmentation de la vie politique espagnole. En France, la convergence vient sur les idées. D’abord sur l’Europe, avec le soutien concomitant à Maastricht (incluant quelques meetings communs), puis le TCE, le traité de Lisbonne, ou le TSCG. Mais aussi sur les questions économiques, avec la quête effarante de compétitivité, ou la libéralisation du travail le dimanche, où Hollande finit par tenir les promesses de Nicolas Sarkozy.
 
Une démocratie au rabais
 

Cette grande convergence pose naturellement un problème démocratique, criant en Grèce, où Syriza, élu pour mettre fin à l’austérité et la tutelle, finit par prendre les mêmes décisions que Nouvelle Démocratie et fait passer les textes de la troïka avec le soutien de la précédente majorité. Mais le problème est presque aussi criant en France, entre un Sarkozy qui promettait de remplacer le TCE par un mini-traité limité aux questions institutionnelles et prenant en compte le non de 2005 et un Hollande, qui, d’ennemi de la finance et de l’austérité, s’est transformé en leur premier avocat… Pour la gauche et la droite, cela ne pose pas de problème du moment qu’ils continuent à se partager le pouvoir.

Mais ce faisant, les citoyens ont l’alternance des dirigeants (et encore, largement limitée à seulement deux partis), sans avoir une véritable alternance des politiques menées, puisque les changements de majorité se traduisent principalement par des changements de forme, et seulement des nuances sur le fond. On voit poindre une volonté de changement avec l’émergence de partis comme Syriza et Podemos, qui ont réussi à renverser les deux partis historiquement dominant. Mais la capitulation complète du premier en Grèce complique grandement la situation et il n’est pas sûr que cela amène de l’eau au moulin des vrais partis alternatifs, qui pourraient être soupçonnés de capitulation.

 

Nous vivons une période de transition. L’accélération de la convergence entre la droite et la gauche de gouvernement rebat les cartes politiques dans un sens qui devrait, à terme, pousser les citoyens à rejeter les partis traditionnels. A moins que l’expérience Syriza ne les disqualifie, pour le moment.
 

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5 réactions à cet article    


  • César Castique César Castique 28 août 2015 12:42

    « Convergence eurolibérale. Bien sûr, ce phénomène prend des formes différentes selon les pays. »


    Ainsi, en Suède, la « droite » et la « gauche » européistes ont-elles formé une Grande Coalition pour éviter des élections anticipées, prévues pour le 22 mars, dont les grands gagnants annoncés devaient être les Démocrates suédois, parti de la droite nationale eurosceptique et anti-immigration

    • lsga lsga 28 août 2015 17:10

      Et oui, quand les gauchistes s’allient aux nationalistes, ça donne le fascisme, tout simplement.


    • HELIOS HELIOS 28 août 2015 13:14

      ... c’est pas grave, quand ils seront reunis il y aura de l’espace pour une gauche et une droite nouvelle autour d’eux.


      • stepperusse 29 août 2015 11:01

        fadaises. Comment peut-on se dire analyste politique et servir autant de lieux communs ? Et toujours ces articles truffés de liens, ça évite de développer, qui tiennent sur un timbre-poste et qui passent la modo...


        • zygzornifle zygzornifle 30 août 2015 05:03

          la migration en masse va foutre un bordel monstre dans les rouages de l’Europe provoquant une grosse perte de l’électorat droite gauche en faveur des partis d’extrême droite, ils auront beau s’allier entre eux cela ne fera que retarder un peu leur agonie ......

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