Fermer

  • AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Actualités > Politique > La Grèce et les retraites du PS : les mots pour ne pas dire (...)

La Grèce et les retraites du PS : les mots pour ne pas dire TINA...

Ouf, la crise est terminée, enfin presque grâce aux 370 milliards d’euros du plan « d’aide » de l’Union européenne... Un plan que les parlementaires de l’UMP, du Nouveau centre et du Parti socialiste ont voté comme un-e seul-e élu-e...

Attention, n’en tirez pas de conclusion(s) trop hâtive(s) sur la démocratie, le pluralisme ou les subtiles différences entre néo-libéralisme et social-libéralisme.

penseur.jpg
C’est Benoît Hamon, le porte-parole du P"S" qui apporte la précision suivante :
« Le Parti socialiste votera ce plan d’aide, mais ne vote pas pour le plan d’austérité" demandé à la Grèce » (Source : Le Nouvel Observateur)
N’en déduisez pas que le leader de l’aile gauche du parti "socialiste" ne retient que ce qui l’arrange... "mais"...
 
D’ailleurs, le Président (PS) de la commission des finances de l’Assemblée nationale en France, Jérôme Cahuzac justifie également la position du P"S" :
« On pense qu’entre punir un pays et l’aider, il faut choisir (...). Je crois que nous devons assumer cette aide (...) » (Source : Actu Orange)
Une aide assumée à 100 % par le directeur du FMI, l’inénarrable DSK :
« Je suis admiratif de l’extrême rigueur choisie par le gouvernement Papandréou qui a préféré de durs sacrifices immédiats pour sortir au plus vite son pays de la crise. » (Source : Le Monde)
En l’espèce, le super plan "d’aide" est assorti de quelques mesures qui s’apparentent furieusement aux conséquences sociales de la crise... :
  • recul du départ à la retraite à 67 ans ,
  • suppression du 13ème mois des fonctionnaires,
  • baisse des effectifs de la fonction publique,
  • privatisations,
  • augmentation de la TVA
  • baisse généralisée des salaires et des pensions
Une "aide" à base d’extrême rigueur et de durs sacrifices, si bien que c’est à se demander si le remède n’est pas pire que le mal ? [1]
 
Après tout, DSK est dans son rôle. [2]
 
Si le FMI était une institution au service des peuples, ça se saurait, non ? Par contre, que penser de cette déclaration de l’ancienne ministre "socialiste" Elisabeth Guigou ?
« Il faut saluer le courage de Papandréou et de son gouvernement. Il n’y a pas moyen de faire autrement. » (Source : Le Nouvel Observateur)
TINA [3] à la mode DSK et du président de l’internationale "socialiste" et défendue par Guigou n’étonnera que les naïfs, non ?
« Je ne soutiens pas le gouvernement, je soutiens la Grèce et je soutiens l’euro. Nous ne sommes pas là dans un débat droite-gauche, nous sommes là dans un débat européen et un débat de principe ». (Source : France 24)
Hum, il est subtil le François Hollande avec sa notion de "débat" de principe et de "débat" européen échappant au débat droite-gauche !
 
La directive services, la directive ouvrant le secteur postal à la concurrence, et toutes celles d’inspiration libérale qui ont été votées par les députés du PSE ne dérangent visiblement pas l’ancien secrétaire du parti "socialiste... TINA !
 
Pourquoi ?
 
Et bien pardi, parce qu’il s’agit du "débat" européen, et donc ces directives échappent automatiquement au débat droite-gauche ! Comprenez que la démocratie s’arrête là où commence l’Union européenne !
 
En respectant cette logique de "débat" européen, le bon François n’est même pas choqué que le plan "d’aide" impose de tels sacrifices au peuple grec... puisque c’est pour sauver l’Europe qui protège"... TINA !
 
"L’Europe qui protège" est une fable que reprend l’un des ténors du P"S", J-C Cambadélis :
« Si l’Europe n’est pas solidaire, elle meurt. Et si elle meurt, les pays seront sans filet face aux marchés. Imaginez la France avec ses 175 milliards d’euros de déficit ! C’est la rigueur renforcée dans la minute. »(Source : Pierre Kanuty)
Comme n’importe quel adepte de TINA et de "l’Europe qui protège", Camba joue sur la peur pour justifier un vote injustifiable... D’ailleurs, la rigueur fut annoncée par Fillon juste après l’adoption du "plan d’aide"...
 
La 1ère secrétaire du P"S" est sur la même ligne politique que ses petits camarades :
« Il faut vraiment que l’Europe soit enfin une force derrière le président américain Barack Obama pour réguler le système financier, autrement nous aurons d’autres Grèce demain et l’Europe sortira des radars de l’histoire. Après c’est la crise, c’est la décroissance, c’est le chômage, donc c’est grave ». (Source : Reuters) [4]
 
Hors de l’Union européenne, point de salut... Axiome qui autorise nos "socialistes à tous les dérapages libéraux. Comme pour les retraites. [5]
 
affiche_dechiree.jpg
Le projet du parti "socialiste" sur les retraites essaie de ménager l’aile gauche (maintien de l’âge légal à 60 ans- taxation des entreprises et des stock-options, mise à contribution des hauts revenus) et l’aile droite du parti (possibilité d’allongement de la durée de cotisation, création d’un « compte temps », retraite à la carte)... (Source : Le Figaro)
 
D’apparence de gauche, conformément à la position du P"S" de 1er opposant à Sarkozy, le projet "socialiste" sur les retraites est si déséquilibré qu’il rappelle celui du MoDem [6] avec la retraite à points (la capitalisation qui ne dit pas son nom) et la "liberté" de partir à 60 ans avec une retraite de misère...
 
Par conséquent, ce projet "socialiste" est à la retraite, ce que le plan d’aide est à la Grèce : une arnaque synonyme de régression sociale.
 
 
Notes
[1] La pompe à phynance : En route vers la Grande Dépression ?
[2] Le seul truc étonnant chez DSK, c’est son appartenance au parti "socialiste"... un peu comme le sarko-compatible Manuel Valls
[4] c’est tout de même incroyable que Martine Aubry fasse preuve au choix, soit d’une si incroyable malhonnêteté intellectuelle, soit d’une aussi importante méconnaissance de la décroissance, elle devrait lire Hervé Kempf : pour sauver la planète, sortez du capitalisme...
[5] M. Billard : Halte au catastrophisme sur les retraites
[6] Marielle de Sarnez : "On ne peut plus financer les retraites à crédit"
 

Moyenne des avis sur cet article :  4.43/5   (14 votes)




Réagissez à l'article

4 réactions à cet article    


  • mojo mojo 22 mai 2010 11:02

    Passons sur la démonstration biaisée des revanchards du référendum sur le TCE, qui consiste à exiger du PS ce qu’on n’exige pas des partis qui sont à sa gauche ; et qui au passage se trompent de combat en préférant le confort des querelles de clochers. Avec de tels adversaires, le pouvoir UMP peut tranquillement continuer de méprise le peuple avec sa politique abjecte de soumission au directives du Medef.

    Mais ce qui est le plus fallacieux dans cet article, c’est cette propension au refus du compromis. Le PS, qui est un parti de gouvernement ratissant un large spectre de sensibilités de gauche, a une telle taille, qu’il ne peut pas prétendre à la pureté idéologique. Comme nous ne parlons pas là d’un petit parti à échelle humaine qui ferait confiance à un chef suprême, il est donc inévitable de négocier le bon compromis (TINA or not TINA ?).

    C’est assumé par ses militants : le projet PS sur les retraites n’est pas exempt de périphrases destinées à calmer les velléités de dissidences. Mais, il n’en est pas moins marqué à gauche, notamment par les pré-requis sociaux qu’il mentionne ; et surtout par le fort engagement à mettre à contribution les revenus du capital préférentiellement aux mesures anti sociales de la droite (uniquement axées sur des sacrifices demandés aux seuls travailleurs).

    A ceux qui persistent à ne pas vouloir lire les proposition du PS sur les retraites, s’ils veulent avoir une idée de ce qu’elles représentent, je les renvoie à la violence verbale des portes flingues de Sarkozy.

    La droite ne s’y est pas trompée, le PS a déclenché la bataille idéologique. Là, on est plus du tout dans de supposées compromissions dont parle l’auteur : on est bel et bien dans un choc frontal droite/gauche provoqué à l’initiative des socialistes.

    A l’auteur, qui manifestement s’est contenté des marqueurs politiques bien sélectifs avec son combat d’arrière garde post TCE, je lui dirais donc qu’il est fort mal placé pour critiquer l’opportunisme Benoit Hamon.


    • pas perdus pas perdus 22 mai 2010 16:17

      Je vous laisse à vote combat d’avant-garde... à base de retraites à points, à la carte et à capitalisation.


    • mojo mojo 22 mai 2010 20:37

      Je ne vois pas l’intérêt de faire de la désinformation.

      La retraite par capitalisation (ou par points) n’a jamais fait partie des propositions des du PS ; bien au contraire il est explicitement affirmé que la retraite par répartition doit être maintenue.

      Les centrales syndicales et tous les partis de gauche ne s’y sont pas trompé, et appellent le PS à les rejoindre dans la résistance aux réformes de Woerth.

      Et s’il fallait s’inquiéter de cette implication des socialistes aux côtés des forces de gauche, tu penses bien que ses alliés nous n’auraient fait savoir depuis longtemps ; car à ma connaissance aucun n’a émis le moindre des préalables ; qu’ils soient du PG, du PCF, ou même du NPA.


    • pissefroid pissefroid 22 mai 2010 11:36

      à des pas perdus :

      Quand j’entends « tina », je vois rouge et la colère m’envahit.

      Ces gens là ne défendent pas les travailleurs (prolétaires).

      Je suis d’accord avec votre conclusion (les deux dernières lignes de votre texte).

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON







Palmarès