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Accueil du site > Actualités > Politique > La moralisation du capitalisme... se limite aux discours !

La moralisation du capitalisme... se limite aux discours !

En ces temps de crise financière et bientôt économique, je tenais à revenir sur le surendettement, sujet que j’avais déjà abordé il y a un an sur ce blog.

En fait, c’est surtout une campagne de pub du Crédit agricole qui lance une carte de crédit-revolving avec des taux d’intérêts à 17,5 % (voir les petites lignes en bas de la page) qui m’a outré alors que le gouvernement venait d’injecter 3 milliards d’euros dans cette banque. Il faut quand même rappeler au passage que le Crédit agricole, comme la Caisse d’épargne sont à la base des établissements mutualistes, je m’attendais donc à ce qu’ils reviennent à leurs fondamentaux suite aux aides de l’Etat... voire à ce que les banques aidées développent le micro-crédit. Malheureusement, l’Etat a choisi l’option des obligations et non des actions, il n’a donc, à ce titre, aucun droit de regard sur les choix faits par ces banques !

Pendant son discours de Toulon, le président de la République a affirmé sa volonté de moraliser le capitalisme... il y a un sacré fossé entre les discours et les actes ! Non seulement le Crédit agricole et l’Etat ne tirent pas les conséquences des causes de la crise financière, mais ils choisissent justement le modèle américain de vie à crédit qui nous a amenés là où on est !

Il se trouve que les crédits à la consommation et les crédits-revolving sont accordés par des établissements de crédit (Cetelem...) ou des grandes surfaces (et maintenant des banques) sans qu’ils vérifient vraiment la solvabilité des demandeurs. Si la commission de surendettement est une bonne chose en théorie, son action n’a plus de sens sans un encadrement de l’octroi de ces prêts... au contraire, sachant que leur prêt est garanti par l’Etat quel que soit l’état préexistant d’endettement du demandeur, les organismes de prêt à la consommation n’ont que très peu de risque... cela revient en fait à financer ces organismes par l’Etat ! Les 173 000 dossiers présentés annuellement à la commission de surendettement ont un niveau moyen de 35 000 €... ce qui fait une somme de 6 MILLIARDS d’euros (mais tous les dossiers ne sont pas acceptés). Le mécanisme est en partie similaire aux subprimes à la différence que les actifs pourris ne sont pas titrisés, mais directement repris par l’Etat (et donc payés par le contribuable... un bel exemple de gestion au moment où nos marges de manœuvre se réduisent comme peau de chagrin !).

Une donnée importante à connaître : les 2/3 des personnes surendettées ont souscrit jusqu’à 7 crédits simultanés… sans aucun contrôle de l’Etat alors que c’est lui qui paye la note.

Les arguments tendant à prouver que cela impliquera une frilosité des organismes de crédit ne me convainquent pas... et, de toute façon, si cela freinait ces crédits dont certains ont des taux d’intérêts vers 17 %, ça ne serait qu’une bonne chose pour le pouvoir d’achat des Français et nos comptes publics ! Quoi qu’il en soit, ce fichier positif ne vise pas à supprimer les crédits à la consommation, mais à éviter le crédit de trop. Ce système a déjà été mis en place en Belgique et fonctionne très bien... j’ai la faiblesse de penser que nos députés ne sont pas plus stupides, à moins que ce soit volontaire évidemment !

Trois propositions de loi visant à encadrer ces crédits ont été déjà été présentées à l’Assemblée en 2003, 2005 et en décembre 2007... j’espère donc que la troisième qui a été présentée il y a un an aboutira et ne prendra pas trop la poussière sur le bureau de M. Ollier, président de la Commission des affaires économiques.

http://www.assemblee-nationale.net/12/propositions/pion1071.asp

http://www.assemblee-nationale.fr/12/rapports/r2034.asp

http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion0264.asp

Liens intéressants :

- Rapport du Conseil économique et social sur le surendettement :
http://www.cfo-news.com/Le-surendettement-des-particuliers-Conseil-Economique-et-Social-_a3398.html
(rapport téléchargeable en fin d’article)

- Rapport intéressant du médiateur de la République :
http://www.mediateur-republique.fr/fic_bdd/pdf_fr_fichier/1166116198_DPDEF_14_12.pdf
où l’on voit qu’un fichier positif est nécessaire (recherche dans le texte aux 2/3 avec le mot "fichier"), et que les réserves de la Cnil portent bien plus sur le travail des parlementaires pour réussir à sécuriser les données et éviter les effets indésirables que sur l’efficacité d’un tel fichier.

- Une discussion à l’Assemblée des plus intéressantes :
http://www.assemblee-nationale.fr/13/cra/2007-2008/064.asp
Je vous recommande TRES FORTEMENT cette lecture... c’est affligeant !


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5 réactions à cet article    


  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 ( le retour ) 24 octobre 2008 13:55

    J’ai appris, suite à l’affaire de la fin de la pub sur la 2, que cette chaine diffusait trois heures de pub par jour...

    TROIS HEURES DE PUB PAR JOUR... !!! Trois heures par jour de lavage de cerveau et de conditionnement à la consommation éfrénée...trois heures de pièges tendus sous les pieds des gogos qui s’ennuient devant la télé, avec toutes les heures, l’adresse des préteurs à hauts taux d’intérêt...sur la 2 ! Trois heures d’incitation à posseder coute que coute toute les babioles issues tout droit des pays surexploités, dont les produits vendus ici 19,90 Euros, sont payés là-bas un centime...

    A ce rythme, et avec la bénédiction des Autorités, nous avons tellement enrichi des quantités d’intermédiaires inutiles, qu’ils ont maintenant les moyens de déstabiliser les marchés financiers. Tout ceci est bien triste, sauf pour le spectateur n’ayant aucune dette et qui prend bien soin de zapper, d’aller pisser, de se faire un café, ou de faire la vaisselle pendant les flash d’incitation à acheter même à l’heure où les magasins sont fermés...Maintenant, il est trop tard pour tous ceux qui n’ont pas senti le piège se refermer. 

    Et comme l’exprime très bien Damido dans son émission sur la consommation éfrénée de déco : " Le canapé, il vaut mieux l’installer en face de la télé ! " ( texto ).


    • iris 24 octobre 2008 14:52

      le crédit c’est une question d’éducation !!
      dans ma famille plutot de la calsse ouvrière et employés- peu ont des crédits et des surendettements !!
      ils préfèrent faire des petites économies pour s’acheter leurs électro ménager et autres appareils-et freinent sur les objets inutiles et d’esbrouffE !!et font avec ce qu’ils ont-il y en peu de frustrés sauf 1 ou 2 qui veulent vivre audessus de leur moyen et imiter les riches- et si on ne part pas en vacances à l’étranger on sait s’occuper - 
      ont tils raison ??
      Les personnes surendéttées ont peut etres plus de soucis !! et encore c’est une affaire de tempérament et d’éducation !!et de débroullardise et de courage-
      il faudrait remettre en urgence les cours de bricolage -couture-jardinage pour que chacun se suffise à lui mème-
      il y en a qui vivent très bien avec des dettes alors que d’autres se font du soucis dès qu’elles doivent un sou !
      mais tout monde meurt un Jour les endettés comme les autres !!
      Et i l y a des hauts et des bas dans la vie- des retournements-des choses que l’on ne peut prévoir !!


      • trip-hop trip-hop 24 octobre 2008 15:31

        Tout à fait d’accord avec vous.
        Néanmoins, cela n’empeche pas certaines personnes de tomber dans le piège. Vous parlez de votre famille qui vous a inculqué certaines valeurs ... d’autres personnes n’ont pas eu cette chance.
        N’est-ce pas le rôle de l’Etat de les protéger par un fichier positif pour leur éviter de tomber dans le surendettement, de mettre en l’air leur vie pour les 10 ans à venir .... alors qu’en ce moment il les laisse faire une connerie et paye la note ensuite ?
        De plus, le système actuel ne responsabilise pas les organismes financiers, bien au contraire, il l’encourage et le subventionne de facto !


      • sisyphe sisyphe 25 octobre 2008 05:04
        			 				 Ceci n’est pas une crise financière ! 			 		
        		
        			 Par Pierre Larrouturou, délégué national Europe du PS, auteur du « Livre noir du libéralisme » (Le Rocher). On en est là après trente ans de productivité mal gérée. La part de salaire a baissé, la dette a augmenté. C’est une crise sociale.
        			 				 C’est en analysant les statistiques de la Réserve fédérale pour les cinquante dernières années qu’on comprend les causes profondes de la crise. Jusqu’à la victoire de Ronald Reagan, le ratio dette/PIB (1) était parfaitement stable aux Etats-Unis. Des règles collectives assuraient une progression régulière des salaires et un partage équitable de la productivité entre salariés et actionnaires. Mais, en 1981, Ronald Reagan arrive à la Maison-Blanche. Les libéraux baissent les impôts sur les plus riches, ce qui favorise la dette publique. Et la dette augmente, surtout parce que les politiques de dérégulation amènent à la multiplication des petits boulots et à la baisse de la part des salaires dans le PIB.
        					 					
        					 Nicolas Sarkozy parle souvent du « plein-emploi américain ». Pourtant, les Etats-Unis sont très loin du plein-emploi : en 2008, la durée réelle moyenne du travail – sans compter les chômeurs – est tombée à 33,6 heures (2), car des millions de salariés ne font que 10 ou 15 heures par semaine. Une durée moyenne de 33,6 heures ! Ce « partage » du travail conduit à un partage des revenus de plus en plus inégalitaire : une étude de BNP Paribas montre que, sur les huit dernières années, « seuls les 5 % d’Américains les plus riches ont vu leurs revenus réels augmenter ». Trente pour cent ont vu leurs revenus réels diminuer. Ces 30 % auraient dû diminuer leur consommation. Si la consommation a continué d’augmenter, c’est uniquement parce qu’on a poussé les classes moyennes et les pauvres à s’endetter chaque année un peu plus. A s’endetter au-delà du raisonnable.
        					 					
        					 Dans tous les pays occidentaux, la peur du chômage déséquilibre la négociation sur les salaires : « Si tu n’es pas content, tu peux aller voir ailleurs. » En vingt-cinq ans, en France, en Allemagne comme au Japon, la part des salaires dans le PIB a diminué de 11 %. Cette année, en France, quelque 200 milliards d’euros sont allés aux bénéfices, alors qu’ils seraient allés aux salariés si l’on avait gardé l’équilibre salaires-bénéfices du début des années 80. « Sans la hausse de la dette des ménages, la croissance serait nulle en zone euro depuis 2002 », explique Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques de Natixis. En Grande-Bretagne, la dette des ménages dépasse 160 % du revenu disponible. Une étude récente montre que, sans augmentation de la dette des ménages, la Grande-Bretagne serait en récession depuis 2002 !
        					 					
        					 « Les Français sont prêts à entendre la vérité », affirmait Sarkozy dans son discours de Toulon. Eh bien, chiche ! Voici la vérité : la crise de la dette n’est pas un incident de parcours dû à l’inconscience de quelques traders isolés. Pour garantir aux actionnaires des bénéfices colossaux tout en assurant un haut niveau de consommation de l’ensemble de la population, le néolibéralisme a structurellement besoin chaque année d’un endettement privé plus élevé ! Pendant vingt-cinq ans, cette fuite en avant a été très rentable pour les actionnaires et les banquiers, mais elle nous conduit dans le mur ! Des actionnaires trop gourmands qui veulent 10 ou 15 % de rentabilité, il y en a toujours eu. La nouveauté des dernières années, c’est qu’ils ont pu obtenir ce qu’ils voulaient, car des gains de productivité colossaux ont produit un chômage de masse qui a totalement déséquilibré la négociation sur les salaires. Les racines de la crise financière, c’est trente ans de crise sociale ! Trente ans de productivité mal gérée. C’est à cause du chômage que la négociation sur les salaires est tellement déséquilibrée et que la part des salaires a tant diminué. C’est à cause du chômage que nos économies ont tant besoin de dette. C’est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négocier des augmentations de salaire que l’on sortira de la crise. Hélas, dix-huit mois après son arrivée au pouvoir, tout le monde a compris que Nicolas Sarkozy ne fera rien d’utile dans ce domaine. Il ne se passe pas une semaine sans qu’il annonce un « Grenelle », un « Grand Plan » ou une « Grande Mobilisation »... mais, contre le chômage, il n’a encore rien annoncé ! Absolument rien. Vu la gravité de la situation, il y a urgence à remettre la gauche au travail. Mais, vu l’importance des déséquilibres accumulés, une réponse nationale ne peut pas suffire. C’est l’ensemble de la gauche européenne qu’il faut rassembler et mettre au travail pour définir, très concrètement, de nouveaux outils de régulation.
        					 					
        					 Voilà pourquoi, avec mes amis de Nouvelle Gauche, avec nombre de militants qui ont signé la motion « Un monde d’avance » de Benoît Hamon, initiative historique et invite les socialistes des 27 pays (ceux qui sont au pouvoir et ceux qui n’y sont pas) à se retrouver pendant trois semaines, en décembre et janvier, pour travailler avec quelques prix Nobel d’économie sur l’ensemble des nouvelles régulations nécessaires à notre époque. Quelles régulations financières et monétaires ? Quelles régulations de nos échanges avec la Chine ? Quelles régulations intra-européennes ? Comment lutter radicalement contre le chômage, la précarité, etc. ? « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire », disait Einstein. Nous autres, socialistes, ne pouvons pas nous contenter de critiquer Nicolas Sarkozy. Nous devons faire des propositions concrètes et nous devons agir ! Après vingt-cinq ans de fuite en avant néolibérale, après vingt-cinq ans de socialisme tiède, il est temps de relever la tête.
        					 					
        					 (1) Voir la courbe sur le site de Nouvelle Gauche 					
        					 (2) Idem 					

        • bob 25 octobre 2008 11:09

          Il semblerait que certains intervenants confondent agoravox avec une boite de propagande socialiste.
          Ainsi pendant la crise voit-on pourquoi Sarkozy est incapable de la resoudre, a tort ou a raison, ces intervenants proposent des solutions qu’ils auraient pu mettre en oeuvre il y a deja 30 ans mais qu’ils se sont gardes d’executer.

          La question n’est alors plus de gerer la France mais de remplacer Sarkozy par un parasite tout aussi nefaste que lui mais de son bord politique. La resolution de la crise que les politicards vereux des deux bords ont amene en plus de trente ans est aussi accessoire que contingente. Nous assistons la a l’explication d’un tel taux d’abstentionnisme au moment des elections et d’une legitimite finalement assez faible des elus.

          Quant a la fragmentation du parti socialiste, elle interesse peut etre les militants mais peu ou prou les autres.

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