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Accueil du site > Actualités > Politique > La non-politique du logement de Mme Boutin

La non-politique du logement de Mme Boutin

Le projet de loi de mobilisation pour le logement, déposé en conseil des ministres en juillet, n’a pas fini de susciter de vives critiques de la part des associations qui y voient un recul important. Elles ont raison ! Le rapport du député Etienne Pinte, remis en toute discrétion au Premier ministre le 5 septembre, vient confirmer la réduction volontaire de l’effort budgétaire en faveur du logement social.

Surveillez bien les trottoirs cet hiver, les sans-abri y seront plus nombreux ! Officiellement, la politique menée est supposée mobiliser pour le logement social. Dans la réalité, les crédits sont réduits, bloqués, gelés, parfois même détournés (prélèvement par l’Etat des 800 millions d’euros supplémentaires dans les caisses du "1 % logement"). Les mesures efficaces sont écartées. A la place, la ministre du Logement, Christine Boutin, impose ses mesures autoritaires dont celle qui consiste à vider de sa substance l’article 55 de la loi SRU (obligeant les communes à respecter un quota de 20 % de logements sociaux). Rappelons que Sarkozy, ancien maire de Neuilly, s’est toujours assis sur cette loi.

1 - Le rapport Pinte ou l’art de prêcher dans le désert :

Commençons par examiner ce qui ne va pas selon le diagnostic posé par le député Etienne Pinte.

- Qui est Etienne Pinte ? Maire de Versailles (UMP) de 1995 à mars 2008, Etienne Pinte a mené une politique du logement très active dans sa ville. La Fondation Abbé Pierre a reconnu ses efforts et a fait figurer Versailles en tête des bons élèves de son palmarès 2008 des "communes soumises à l’obligation de disposer de 20 % de logements sociaux d’ici 2020". Etienne Pinte reste aujourd’hui député des Yvelines. Il est aussi parlementaire en mission auprès du Premier ministre sur la question de l’hébergement d’urgence et l’accès au logement des personnes sans abris ou mal logées. C’est à ce titre qu’il a produit deux rapports. Dans le premier figuraient des propositions intelligentes qui ont donc été écartées. Le second rapport est parvenu trop tard, Mme Boutin lui ayant grillé la politesse en faisant entériner son projet de loi en conseil des ministres le 27 juillet.

- Ce que dit en substance le second rapport pinte : 

Le rapport Pinte demande de "consolider les efforts budgétaires de l’Etat en matière d’hébergement et de logement tant que la crise ne sera pas résorbée". "Nous ne construisons pas assez de logements très sociaux, ou de logements adaptés aux populations les plus fragiles", dit-il encore.

Le rapport constate aussi que le compte n’y est pas et que le budget du logement de 2009 sera encore pire que celui de 2008 : il rappelle que, sur les 798 millions d’euros votés dans la loi de finances pour 2008, seuls 643 millions ont été effectivement répartis tandis que le solde (155 millions) était officiellement gelé ou non utilisé.

Le rapport alerte sur les besoins : il chiffre à 1,256 milliard d’euros les crédits nécessaires au programme budgétaire "hébergement". Il demande également le maintien du financement budgétaire des aides à la pierre à hauteur de la dotation votée en 2008, soit 800 millions d’euros.

Il émet un certain nombre de propositions très sensées dont une qui va complètement à l’encontre du projet Boutin, déjà ficelé, puisqu’il suggère fortement de "faire mieux appliquer l’article 55 de la loi SRU" qui fixe le quota communal de 20 % de logements sociaux. Mieux ! Il n’hésite pas à proposer de rendre obligatoire, dans les communes en constat de carence au regard de l’article 55, la réalisation d’au moins 30 % de logements sociaux. De même, il préconise d’augmenter les prélèvements financiers versés par les communes qui ne respectent pas les objectifs de l’article 55.

2 - Le projet de loi de mobilisation pour le logement de Mme Boutin :

Disons-le d’emblée, Mme Boutin ne tiendra pas compte, pour son projet déjà validé en conseil des ministres, des propositions de son camarade député de l’UMP, pourtant expert dans les questions de logement social et reconnu pour ses réalisations concrètes à Versailles. 

Le premier rapport d’Etienne Pinte, remis le 29 janvier 2008, a bien servi de base à l’élaboration du "chantier national 2008-2012 pour les personnes sans abri ou mal logées". Il s’agissait alors de mettre en œuvre un ensemble de mesures immédiates pour assurer l’hébergement d’urgence des sans-abri. Mais, ce plan intervenait aussi pour calmer les manifestations en faveur des sans-abri de 2007. Une fois l’ordre public rétabli, l’art de la politique de Mme Boutin a consisté à tout faire traîner (en particulier la consommation des crédits) et à annoncer spectaculairement des idées qui sont autant de non-réponses à la crise aiguë du logement, à coups de formules sarkozistes comme "mesures de rupture", "on va faire sauter des tabous", "Une France de propriétaires" et de mesures magiques comme la maison pour 15 euros par jour.

Il serait trop long d’énumérer ici les préconisations du rapport Pinte écartées par Mme Boutin. Voir sur ce point le document de synthèse publié par le quotidien La Croix

De nombreuses mesures du projet Boutin sont critiquées :


- la remise en cause de l’article 55 de la loi SRU : les habitations en accession sociale à la propriété seront intégrées dans le quota des 20 %. Déjà que Mme Boutin avait écarté d’un revers de main la proposition du premier rapport Pinte suggérant de donner aux préfets un pouvoir de substitution aux maires en cas de non-respect par ces derniers du quota (avec droit de préemption) ;

- la réduction à un an de la suspension de l’exécution d’une décision d’expulsion : les familles expulsées iront grossir les rangs des demandeurs de logements sociaux ! ;

- l’intermédiation locative : cette nouvelle formule qui permettra la sous-location par les HLM aux personnes relevant du droit au logement opposable, mettra des familles dans l’insécurité puisqu’elles ne seront signataires d’aucun bail (remplacé par une simple convention d’occupation).

Conclusion : cela va mal ! La part des dépenses liées au logement dans le budget de l’Etat est passée d’1,36 % à 1,11% du PIB entre 2000 et 2007 et le budget de la mission "ville et logement" doit baisser de près de 10 % d’ici 2011. Les derniers chiffres de la construction montrent une baisse de 2,6 % des mises en chantier et de 10,7 % des permis de construire sur les douze derniers mois. Le Conseil de l’Europe a condamné la France par deux décisions publiées le 5 juin, pour les lenteurs observées dans la concrétisation du droit opposable au logement. La crise va renchérir le coût des crédits et donc faire obstacle à l’acquisition de propriété. Le nombre de sans-abri s’élève en France à environ 100 000. Il existe 600 000 logements indignes, 900 000 personnes sans domicile personnel et 3,5 millions de mal-logés. Pour sortir de cette situation, il faudrait construire 500 000 logements par an, dont 120 000 logements sociaux, dit le rapport Pinte.
 
Indifférente à tous ces signes alarmants, la politique du logement de Mme Boutin poursuit son chemin. Sans états d’âme. Une non-politique du logement en fait !

 


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33 réactions à cet article    


  • foufouille foufouille 18 septembre 2008 11:16

    aucun rapport
    l’article parle de gens qui peuvent pas acheter


  • gecko gecko 18 septembre 2008 10:53

    C’est Décathlon qui va être content !


    • foufouille foufouille 18 septembre 2008 11:38

      mais si on vote. meme si on est peu nombreux pôur cause de costard obligatoires


    • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 11:46

      Le vote le dimanche fait que les gens viennent "endimanchés", sur leur 31, et que des pauvres n’osent pas venir aux urnes ? Possible...Que faire ?


    • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 11:48

      Il y a bien le vote électronique mais c’est pas trop au point et il est sujet à suspicion. C’est pourtant la seule piste que je vois pour ce problème.


    • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 11:54

      Vous me direz encore que tout le monde n’a pas accès à Internet chez soi. D’accord, mais on vient plus facilement dans un cyber café en jean’s troué. Autre problème alors : comment s’assurer de la proximité de cyber cafés le jour du vote et de leur ouverture le dimanche (les syndicats seront-ils d’accord ?) ? Une borne électronique non loin des isoloirs ? Ce serait discriminatoire non ? Bref, vous soulevez une question qui s’avère être un casse-tête... smiley Heureusement que ce n’est pas le débat ici. Revenons au logement finalement . Ouf !!!

      P.S : Ben oui, ça cogite au MoDem... Et après on dit qu’on n’a pas d’idées ! smiley


    • foufouille foufouille 18 septembre 2008 12:07

      si on vient mal habiller on est effectivement mal vu
      le probleme est aussi que ce sont uniquement des costards qui dirigent. ils ne peuvent donc pas representer le bas de la societe


    • foufouille foufouille 18 septembre 2008 12:47

      un lien sur l’origine sociale des deputes

      http://www.inegalites.fr/spip.php?article166


    • foufouille foufouille 18 septembre 2008 12:50

      http://www.inegalites.fr/spip.php?article561&id_mot=92

      et la c’est pour les maires. no comment
      une grosse elite ou caste indienne, comme pour les nobles avant la revolution


    • Dora 18 septembre 2008 13:12

      Le vote électronique ne désigne pas le vote par Internet, mais le replacement du système des urnes par une "machine".  smiley

      Beaucoup, en particulier des informaticiens, se sont inquiétés des possibilités de fraude sur ce système. Il doit y avoir des traces de ces discussions sur Avox (en 2007).


    • foufouille foufouille 18 septembre 2008 13:33

      le probleme est surtout que le code source de ces machines est proprietaire et secret
      impossible donc de savoir si il y a un bug intentionnel ou non


    • kabreras kabreras 18 septembre 2008 22:01

      @Foufouille

      N’importe quoi !!!! vraiment ... 
      Pour avoir ete asseseur plusieurs fois je peu vous le dire, le dernier des soucis des gens qui dans les bureaux de votes s’enuient à mourir, c’est bien la facon dont les gens sont habillés !!
      Et encore, le dernier des soucis passe peut etre avant ca !

      Generalement les principales choses qui nous interesse c’est :

      • Le termos de café est il encore plein ?
      • Quelle heure est il ? 
      • Comment bailler sans que personne ne le remarque ? 
      • Ou se trouve la prise pour recharger mon Ipod ?
      Il faut arreter de croire que les gens qui prennent vos bulletins, qui vous font signer ou qui verrifient votre nom sont des surhommes ... 
      Bin non, Souvent des gens de la mairie ou leurs enfant en age de la faire pour gagner 4Xrien en se fesant chier une journée complete !

    • foufouille foufouille 18 septembre 2008 22:24

      marrant. ds mes bureaux de votes, on me regarde de travers. en plus le gentil isoloir est obligatoire
      faut arreter de croire que le monde se limite a soi


    • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 23:06

      Non, Foufouille, ce n’est pas dans un isoloir que vous êtes entré mais dans un photomaton ! Après avoir tiré le rideau et avoir actionné un bouton, il y a eu un flash et vous avez pesté après ce "contrôle social". Surtout qu’il a vous a fallu mettre des pièces en plus ! Puis vous avez compris votre méprise mais trop tard ! trop tard aussi pour raser la moustache, la photo était faite et plus de sous.

      Bon, vous n’aurez pas tout perdu. Il vous reste quand même ce magnifique portrait noir et blanc. La prochaine fois que vous irez voter, tâchez de ne pas vous tromper quand même !


    • kabreras kabreras 18 septembre 2008 23:16

      Réfléchissez 2 mn ... 
      Franchement au bout de la 2000e personne de la journée a défiler devant soi .. Croyez vous vraiment que qui que ce soit fait attention à la tete que vous avez ?
      Il n’y a que vous qui complexez dessus, les autres en on rien a foutre....


    • foufouille foufouille 19 septembre 2008 11:27

      je suis venu le matin
      et oui on m’a regarde de travers car pas assez bien habille manifestement pour venir voter
      de plus les trois quarts sont des petits bourgeois qui pense que les hippies de 68 existent tjrs
      je vis ds un bled de 6000h, mais les fois ou j’ai voter ds une ville c’etait pareil
      tout le monde ne tire pas la tronche, juste la moitie
      faut vraiment eviter de croire que tout le monde est gentil ou a 6 boulot comme les maires


    • oncle archibald 18 septembre 2008 12:09

      J’approuve cet article. Je travaille dans le secteur « bâtiment » et j’ai construit depuis un quart de siècle de nombreux logements HLM. Il n’y a jamais eu autant de retard dans la mise en place des financements par l’état qu’actuellement...

      Nous allons livrer en janvier 2009 un programme qui avait été étudié et ficelé, avec des marchés de travaux signés, en 2003 ! Actualisation des prix environ 25%, le projet est désuet malgré une adaptation en catastrophe aux normes actuelles, il ne fallait surtout pas refaire le projet car il était (enfin !) financé ! bref... que du bonheur... Merci à Madame BOUTIN et à ses prédécesseurs... Assez de baratin, des sous pour construire des HLM !

      Et merci également à nos vaillants énarques qui ajoutent sans cesse avec une ardeur qui justifie leurs salaires des contraintes nouvelles de toutes sortes à une réglementation qui était déjà très contraignante... Si construire devient si cher c’est aussi grace à eux ! Le bon sens, ici comme ailleurs n’est plus la règle. Un exemple : la réglementation applicable aux ascenseurs... Il faut deux pages A4 pour imprimer la liste seule des textes applicables !


      • foufouille foufouille 18 septembre 2008 12:19

        ca m’etonne donc pas que les hlm soit si mal concu


      • foufouille foufouille 18 septembre 2008 13:10

        on a le droit a une goutiere au milieu de l’appart. quand il pleut on a l’impression d’avoir un robinet ouvert. a chaque grosse pluie les caves sont inondes. ne parlons meme pas de l’epaisseur des murs


      • morice morice 18 septembre 2008 13:08

        Lerma va pas apprécier... il est bon pour un autre courrier à Boutin...


        • aquad69 18 septembre 2008 14:14

          Bonjour Taverne des Poètes,

          je souscris à votre article.

          Mais que l’on ne s’étonne pas de la situation !

          Faîtes le bilan du travail de ce gouvernement : outre qu’il ait, comme le faisait remarquer le Canard Enchaîné, "créé une nouvelle taxe par mois" au moins, il n’a fait que détruire ou limiter le plus possible, en tous domaines, les services et les acquis qui étaient au bénéfice des citoyens modestes, cad l’ immense majorité des Français, et qui sauvegardaient un certain équilibre dans ce pays.

          Tout celà au profit d’une petite minorité de nantis qui par nature sont plus mondialisés que proprement français, et qui s’envoleront ailleurs au premier signe de dégradation de la paix sociale et de l’ordre public dans ce pays, ou de sa mise en faillite.

          Il serait temps de nous en rendre compte : cette équipe est là pour casser ; casser le plus de choses le plus rapidement possible, et organiser la liquidation de tout ce qui particularisait notre pays républicain.
           
          Au temps des premières grandes OPA, il a existé des PdG dont la mission était littéralement de casser et de liquider leur société ; c’est exactement ce à quoi nous fait penser l’équipe gouvernementale actuelle...

          Et les patrons eux-même, dans leur majorité, feraient bien de s’en aviser car, malgrès les apparences, ils n’en seront pas bénéficiaires à long terme.

          Cordialement Thierry


          • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 14:40

            Dépassé par Agoravox, Le monde se dépêche de publier une vidéo  : "Exclusion : la colère des associations d’aide aux sans-abri"

            Je copie-colle (ça leur fera de la pub !) : "Le collectif d’associations d’aide aux sans-abri a été reçu, mercredi 17 septembre, par François Fillon. Patrick Doutreligne, directeur général de la Fondation Abbé Pierre, dénonce des promesses non tenues, en terme de financement. Propos recueillis par Raphaëlle Besse-Desmoulières."
             

            • La Taverne des Poètes 18 septembre 2008 16:34

              Boutin n’est vraiment pas faite pour ce poste. Surtout en cette période de crise qui prépare, hélas, de nombreux drames ! Borloo aurait mieux convenu, de par son expérience de l’urbanisme et de la construction de logements sociaux en tant qu’ancien maire de Valenciennes (et aussi son origine UDF). J’en arrive à me demander si la raison de son éjection du ministère des finances ne serait pas autre que celle que l’on a proclamée...Le ministère des finances détient tous les leviers d’une politique du logement efficace...


              • Marc Bruxman 18 septembre 2008 21:18

                Le vrai problème des HLM ce n’est pas le respect ou non de la loi SRU mais les plafonds :
                http://www.logement.gouv.fr/article.php3?id_article=4087

                De même avec 23 000 € par an une personne seule parvient à se loger sur Paris. Pas dans le luxe mais elle n’est pas SDF. 

                Alors ca c’était pour les HLM très sociaux (les PLUS), il y a d’autres HLM qui ont des plafonds plus élevés (PLS). 

                Tant que le logement social ne servira pas pour les gens qui ne peuvent pas se loger mais plutot pour améliorer le confort d’électeurs solvables par ailleurs, il y aura une crise du logement et des SDF. 

                C’est d’autant plus grave que les surloyers (pour ceux qui ont été éligibles mais ne le sont plus) ne sont pas suffisamment dissuasifs pour forcer les gens à libérer la place. Et la justement Mme Boutin veut changer ca. C’est bien.. 

                Après le problème c’est qu’on a des gens qui gagnent parfois 5 ou 6000 € par mois, et qui ont obtenu un HLM en début de carriére et sont toujours dedans. Ces gens auraient carrément les moyens d’ACHETER. Mais ils ne le font pas parce qu’il faudrait être con pour acheter quand on loge de toute façon à prix "cassés". Or si ces gens investissaient pour acheter, cela tirerait la construction de logement privé vers le haut, ce qui serait bon pour tout le monde. (Augmentation de l’offre). Et pendant ce temps, il ne prendraient pas la place d’un SDF dans leur logement.




                • foufouille foufouille 18 septembre 2008 21:55

                  bravo bruxman
                  sauf que les hlmerdes ont ete construit grace au fric de tout le monde. donc ils ont le droit de rester dedana


                • Marc Bruxman 19 septembre 2008 00:47


                  sauf que les hlmerdes ont ete construit grace au fric de tout le monde. donc ils ont le droit de rester dedana

                  Oui grâce au fric de tout le monde, mais sans expliquer aux généreux donateur a quel point le système a été abusé. Renseignez vous sur ce qui se passe dans les offices hlm de la région parisienne c’est souvent à gerber. 

                  Pour les gens HLM c’est censé être le truc dans lequel tu loge si tu es vraiment dans la merde et ne peut pas aller ailleurs. Ce but la est défendable. C’est le filet de dernier recours. Et de telles structures qu’elles soient financés par l’argent public ou par des associations sont utiles à la société. 

                  Maintenant si on dit aux gens : On va construire des HLM officiellement pour loger des pauvres, mais on logera dedans des non pauvres ce qui fait qu’il n’y en aura jamais assez. Je ne pense pas qu’ils soient d’accord pour financer ca sur leurs impots. Et donc ceux qui gagnent plus que les plafonds (pour commencer par ceux la) n’ont AUCUNE légitimité à vivre en HLM. Quand au plafond, il y aurait surement du toilettage à faire. Mais commencons déja par faire respecter les plafonds existants. 

                  Après on trouvera toujours des gens qu’ils se plaignent que dans le privé ils ne peuvent pas avoir un logement aussi beau qu’ils auraient voulu. Bien moi aussi j’aurais bien aimé un appartement de 150m2 dans le VIème arrondissement ! Mon banquier n’était pas d’accord ;) Mais ce n’est pas une raison pour me filer un HLM vu que j’ai pu me loger dans un appartement plus petit dans un quartier moins cher. D’autres en ont plus besoin que moi. 

                  Pour faire une analogie, c’est un peu comme si des gens de la classe moyenne qui ne sont pas riches mais on de quoi manger allaient aux restos du coeur pour faire des économies. Cela ne serait pas très moral. 

                  La morale, c’est qu’il n’ty a pas besoin de loi SRU. Il faut juste appliquer les plafonds existants dans un premier temps puis dans un second temps les rendre plus réalistes pour que le logement social redevienne le logement de solidarité pour ceux qui sont sortis du système ou en voie de le faire. Et non un cadeau que la classe politique fait à ses électeurs non pauvres en échange d’un renouvellement de son vote. 



                • foufouille foufouille 19 septembre 2008 11:34

                  les magouilles des hlm ne sont pas reserves a paris
                  et franchement, si pour avoir envie de vivre ds un hlm mal entretenue, il faut etre tres con
                  il y en a tres peu qui souhaite rester ds un hlm
                  bien sur il y a des faux hlm qui sont des zones residentielles pour les fils de riches mais ca fait parti des magouilles de ces gens la


                • Le péripate Le péripate 18 septembre 2008 22:46

                   Si vous gagnez légèrement plus d’une fois et demie le SMIC par "unité de consommation" (unité technocratique caractérisant le nombre de personnes au foyer, selon l’INSEE), vous ne pouvez pas rentrer dans un logement social, mais si vous gagnez moins de trois fois cette valeur, vous pouvez... vous y maintenir, si vous avez eu la chance de pouvoir y rentrer plus jeune... Vous avez dit "kafkaïen" ? 

                  On espérait une ouverture large du foncier à la construction, dans la continuité du discours du candidat Sarkozy à la convention logement de l’UMP en 2006. Hélas, le plan Boutin ne propose que des broutilles, quelques augmentations de "COS" (nombre de mètres carrés de logement par surface de terrain), notamment pour la construction sociale... Et un rôle accru des préfets dans la définition des besoins de terrain constructibles inscrits dans le "plans locaux de l’habitat" et dans le contrôle de l’adéquation des quantités de terrains constructibles libérés par les PLU avec ces mêmes PLH... On se croirait en ex-URSS, où les commissaires politiques du parti vérifiaient l’application du Gosplan. 

                  Personne n’a expliqué, semble-t-il, aux gens qui nous gouvernent, qu’il existait un outil formidable qui se chargeait de faire correspondre avec une efficacité généralement excellente les besoins de logement avec l’offre, qui s’appelle « le marché », à condition, bien sûr, que les offreurs ne voient pas leurs pieds ligotés par des avalanches de lois castratrices et perverses comme cela est le cas chez nous...
                  La libération foncière, instrument absolument indispensable d’un marché du logement permettant de conserver des prix bas même lorsque la demande est soutenue, n’est pas pour cette fois encore. Hélas. 
                  Extraits d’un article de Vincent Benard.


                  • Marc Bruxman 19 septembre 2008 00:32

                    Oui tout à fait. Par exemple, imaginez que vous ayez des locaux de bureaux vacants en région parisienne et qu’ils ne trouvent pas preneur. Vous ne pouvez pas les réaménager pour les transformer en logements dans la plupart des cas (la mairie tient à ses taxes). 

                    Résultats : Des tonnes de m2 de bureaux vides dans certains coins de la région parisienne. 

                    Ce genre de transformation usage commercial -> résidentiel n’a été quasiment permis que dans des villes sinistrées qui ont autorisés des mecs à faire des lofts dans des hangars désafectés. (une connaissance a fait ca à Montreuil, c’est classe). 

                    Dans tous les cas cette réglementation crée une mauvaise allocation des ressources. Il y a plein de bureaux en plein centre de Paris qui parfois ne trouvent plus preneur en tant que bureau pour des raisons à la con comme par exemple la difficulté de mettre la climatisation ou une électricité pas aux normes (et ca coute cher à refaire et quand tu as prévu de mettre 30 pc dans la piéce, tu préféres que l’électricité soit propre pour éviter les incendies). Mais une fois que un mec l’a transformé en bureau pour son activité, plus possible de revenir en logement (ou difficile) même si ca ne trouve pas preneur en tant que bureaux. Autorisez ce changement et il y aura certainement un meilleur mix entre résidentiel et bureaux dans paris intra-muros. Ce qui sera mieux à la fois pour les particuliers et pour les entreprises. 



                  • foufouille foufouille 19 septembre 2008 11:39

                    il s’agit de speculation pour revendre plus cher
                    autre cas : la loi robien I qui a permit de construire des logements inhabitable ou non louer pour revendre ensuite
                    de toute maniere la plupart des proprio veulent la securite des obligation avec le rendement d’une assurance vie
                    il loue donc tres cher. et uniquement a des gens qui se cassent des qu’ils achetent


                  • kabreras kabreras 21 septembre 2008 20:24

                    Marant.. 
                    Foufoulle recemble en fait enormement à Lerma .... 
                    l’opposé total... 
                    On pourrai presque croire que c est en fait la meme personne qui s’amuse deriere à jouer les 2 .


                  • jeanclaude 21 septembre 2008 12:25

                    Cet article m’éclaire, Mme Boutin me déçoit. Je préfère ce type de démonstration technique aux critiques plus généralistes. On verra comment la presse et l’opposition rendent compte et éclairent le public sur cette "non avancée". Encore une fois, si on a mieux règlées les situations extrêmes d’urgence, l’avenir et les solutions pérennes restent bouchées.


                    • jeanPhi 21 septembre 2008 16:08

                      La spéculation est un crime contre l’humanité. C’est tout. Tant qu’on ne la réprimera pas, il n’y aura que des bavardages. Un être humain n’a besoin que d’un seul toit au-dessus de sa tête.

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