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Accueil du site > Actualités > Politique > La partie ou le tout ?

La partie ou le tout ?

J’ai regardé à la télévision la belle cérémonie de passation des pouvoirs à l’Elysée. La classe et l’allure de l’ancien président, avec sa mélancolie dissimulée sous un abord souriant, ont suscité des applaudissements nourris et chaleureux. Son successeur a fait un remarquable discours dont la grande force interne - et c’était la caractéristique éclatante de sa technique orale lors de toutes ses interventions - venait du fait qu’il appelait le consensus tout en n’estompant pas la netteté des choix politiques à accomplir.

Au cours de l’après-midi, le président Sarkozy a innové en rendant hommage à des résistants, notamment à Guy Môquet, jeune homme de dix-sept ans fusillé au mois d’octobre 1941. Une approche superficielle aurait pu laisser croire qu’on se retournait à nouveau vers un passé sombre et que la République se couvrait de cendres. En réalité, pour être subtil, le changement par rapport à l’industrie de la repentance était clair. On admirait ce qui avait été accompli au lieu de le dénoncer. On s’armait d’espoir pour demain au lieu de s’imprégner de désespérance pour hier. Des vertus exceptionnelles, couronnées par une mort assumée et acceptée avec grandeur, étaient exaltées, tandis que sur le mode répétitif, on avait pris le pli de s’accuser de comportements indignes ou prétendus tels. La première attitude donne du carburant moral et intellectuel à un pays, la seconde lui prenait son énergie.

Sur France-Info, j’ai pu écouter les bribes d’un débat entre Laurent Joffrin et Nicolas Beytout sur cette démarche de Nicolas Sarkozy. Le premier l’estimait sincère mais aussi calculateur, le second mettait en exergue sa volonté de transgression dans tous les domaines.

Je ne suis pas persuadé que l’une et l’autre position soient bien fondées. Je me permets de le dire en tant que citoyen ayant cherché à se tenir informé du détail des péripéties politiques et présidentielles et en qualité d’avocat général aux assises qui, sur un autre registre, a aussi besoin d’une appréhension globale de la réalité.

Ce qui me semble en effet déterminant chez Nicolas Sarkozy, plus que la tactique, davantage que le goût de la provocation, c’est l’obsession de la plénitude. Il me semble que certains esprits sont ainsi constitués qu’ils éprouveraient une véritable souffrance devant la mutilation du réel. Analysée de la sorte, la référence à Guy Môquet représente le souci, devant l’épreuve à venir, de ne pas oublier un élément, un honneur, un exemple. De la même manière que les invocations à Jean Jaurès, la suppression de la double peine hier, le libéralisme volontariste constituent les moyens dont une personnalité dispose pour rassembler, dans sa pensée et pour son action, la totalité du monde. Certes, cette exigence de plénitude peut voir son contenu discuté voire nié mais il n’en demeure pas moins que ce serait faire fausse route que d’attribuer à du calcul et à de la manipulation ce qui relève plutôt de l’expression d’un tempérament qui n’a pas d’autre choix que mettre son emprise sur tout ce qui s’offre. La pratique classique, en politique comme ailleurs, consiste à adapter son esprit au rôle qui vous a été assigné : un président de droite avec une vision hémiplégique de la vie sociale et de l’esprit public, pour demeurer fidèle à ce qu’il croit être son camp. Un président de gauche agissant de même en s’appropriant l’autre moitié délaissée. Ils ne trahiraient pas leurs partisans peu éclairés mais l’intelligence et la vérité. Il y a des caractères qui ne peuvent pas se contenter de la partie mais qui ont besoin du tout.

Lorsque Nicolas Sarkozy développe son projet, donnant l’impression d’accorder des contraires superficiellement disparates, il répond seulement au besoin que ressent tout véritable esprit, d’être totalitaire dans le bon sens du terme. Il va chercher la réalité partout où elle se trouve et au lieu de la présenter dans un fouillis dont on ne pourrait tirer aucun enseignement, il l’ordonne par le discours et la structure par la vision.

C’est sans doute au nom de cette volonté de tout ramasser et ramener dans son orbite, qu’on constate ou déplore, selon les goûts de chacun, l’irruption de quelques personnes qui paraissent plus contingentes que d’autres. Je ne veux même pas parler de Pascal Sevran ou Enrico Macias mais, par exemple, d’Arno Klarsfeld ou Georges-Marc Benamou. Ce n’est pas qu’ils soient utiles, mais laisser à la porte ces narcissiques persuadés de servir constituerait sans doute pour Nicolas Sarkozy une déperdition. Il ne choisit pas, il cumule. Si l’humain, toutes tonalités confondues, au gré des opportunismes, des voltes ou des compétences, vient dans sa besace, tant mieux. Bienvenue à tous dans la maison du président.

J’ai fait allusion à la stratégie judiciaire et au rôle de l’avocat général aux assises. J’ai toujours pensé - et plus que jamais aujourd’hui - qu’il avait la mission de manifester un impérialisme bienfaisant, d’appréhender une totalité. En aucun cas, l’accusateur ne doit admettre d’être réduit à l’examen d’une portion congrue de la vie qui serait celle, artificielle et infirme, que son statut lui accorderait. Il est légitime à se vouloir et à se camper, sans arrogance mais avec confiance, comme un commissaire du gouvernement de la vérité puisque dans l’enceinte criminelle, il est la partie la plus libre qui soit. Je n’ai jamais accepté la tentation qu’on sent poindre souvent d’un jeu de rôles, d’un rituel programmé, d’un débat tronqué. S’il ne s’agissait que de tactique, si cette appropriation du réel ne résultait que de l’envie d’enlever l’argumentation et la parole sous la langue de l’avocat, elles seraient vite déjouées. Ce qui parfois rend redoutable cette machine impérieuse de l’accusation, c’est l’expression d’un élan et le poids d’une sincérité, l’affirmation d’une personne. On n’a pas le choix : il faut tout prendre pour tout restituer.

Le discours qui se croit habile est le pire qui soit. Trop vite découvert, trop facilement contredit. Nicolas Sarkozy convainc parce qu’il se met dans ce qu’il dit. Tant qu’il saura épouser toutes les facettes de la réalité, la politique aura une chance d’être prise au sérieux.


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93 réactions à cet article    


  • Forest Ent 18 mai 2007 13:01

    Rien compris.

    Ca veut dire que le nouveau président va représenter toutes les tendances politiques ? Décidément, il a vraiment changé.


    • Philippe Bilger 18 mai 2007 14:30

      En effet.Rien compris.Pas grave.Prochaine fois ferez un effort.


    • La mouche du coche 18 mai 2007 22:13

      @ M. Bilger,

      Quel bel article ! Voilà un des rares articles où l’on n’arrive pas à une conclusion que les premières lignes nous montrent déjà. Quel étonnement !

      Comme vous avez louvoyé avec aisance entre toutes les stupidités que l’on ressasse à foison sur M. Sarkozy, et que son élection n’arrête pas hélas.

      Quelle puissance que cette « plénitude » ! que vous nous glissez comme par hasard entre ce couple d’opposition que nous n’aurions jamais pu casser sans vous : le « calculateur », vu par M. Joffrin et la « transgression » de M. Beytout, et qui s’impose après coup : Mais oui, se dit-on, c’est ça. Encore fallait-il la trouver.

      Vous n’avez pas hésité cette fois à vous placer directement à coté de M. Sarkozy (en droit au moins) comparant sa position à la vôtre. (« Lorsque Nicolas Sarkozy développe son projet ... J’ai fait allusion à la stratégie judiciaire et au rôle de l’avocat général aux assises ») Voilà une insolence qui me plaît. Laissons la modestie aux médiocres. Qu’est-ce que la modestie a jamais apporté au monde ?

      Vous dites « Il va chercher la réalité partout où elle se trouve et au lieu de la présenter dans un fouillis dont on ne pourrait tirer aucun enseignement, il l’ordonne par le discours et la structure par la vision. » Comme c’est juste ! Si je peux me permettre : voilà une idée encore naissante ici que vous pourriez développer plus tard.

      et ainsi, pour la première fois peut-être, nous venons de lire de vous un GRAND TEXTE.

      Poursuivez je vous prie. smiley


    • La mouche du coche 18 mai 2007 22:35

      Rogntudju ! Agoravox m’a encore sucré mon nom smiley

      Je suis la Mouche du Coche et je vous smiley, Ah lala ! smiley


    • Philippe Bilger 18 mai 2007 23:21

      Vous êtes lassant.J’ai déjà répondu à ce reproche absurde.L’encensoir,etc...c’est vous qui ne comprenez rien !


    • Pierre JC Allard 19 mai 2007 00:47

      Ca veut dire que le président va se mettre dans la trajectoire de toute les démarches porteuses d’un idéal qui peut faire consensus. Il va récupérer toutes les bonnes volontés, parce que nous sommes dans une situation pour laquelle il n’existe pas de précédent et qu’il n’existe simplement pas aujourd’hui à gauche un projet cohérent de société qui ait le mérite de l’inédit.

      On veut voir Sarkozy comme un entêté, alors qu’il n’est que volontariste. Intelligent, il va bâtir un projet de société à partir des consensus disponibles. Il va nous surprendre.. puis il rassemblera et sera plébiscité. Je ne comprend pas qu’on ne semble pas le comprendre au Centre Gauche, là où il reste très peu de temps pour créer un contrepouvoir d’équilibre démocratique.

      http://www.nouvellesociete.org/6.html

      Pierre JC Allard


    • Forest Ent 19 mai 2007 02:36

      En gros, c’est la démarche de Chirac. smiley

      Si j’avais pensé que Pinocchio pouvait résoudre les problèmes de la France, j’aurais voté pour lui.

      Là ça part effectivement tous azimuts.

      Attendons quelque temps que les thuriféraires se soient calmés en assouvissant leurs instincts hagiographiques, que le gouvernement ait commencé à gouverner, et on pourra parler sérieusement. Pour l’instant, on a juste reconduit les ministres du gouvernement précédent et quelques « gadgets ». Bientôt les choses sérieuses. Cet été ou à la rentrée.


    • La mouche du coche 19 mai 2007 07:05

      @ Philippe Renève,

      Vous dites : « Les médiocres sont rarement modestes, et le manque de modestie masque souvent le manque de talent »

      Ce n’est pas faux, je le pense aussi mais c’est que nous ne parlons pas de la même chose.

      Quand je parle de modestie, je pense à la modestie EN ÉCRITURE, qui est une faute pour moi, puisque l’on masque ce que l’on veut dire, et le lecteur le sent et s’énerve de ce manque de sincérité.

      Par contre la modestie DANS LA CONVERSATION est justifiée évidemment : il n’est pas bien d’être malpoli en société.

      la Mouche du Coche


    • Philippe Bilger 19 mai 2007 08:36

      Je suis d’accord avec vous.En tout cas, on y verra plus clair après les législatives.


    • masuyer 20 mai 2007 20:13

      A Philippe Renève,

      Je crois que La Mouche du Coche faisait dans l’ironie. C’est ça être une mouche du coche et ce n’est pas pour me déplaire.


    • Bernard Dugué 18 mai 2007 14:06

      Bonjour Philippe,

      article intéressant qui montre que selon où on se place, on n’entend ni ne voit pas d’une même oreille. Vous trouvez que Sarkozy est dans le ton et sonne juste, je pense le contraire, que son attitude et son verbe sonnent faux. Je vois une mise en scène destinée à montrer aux Français qu’ils ont choisi le meilleur d’entre les films historiques proposés au vote


      • Philippe Bilger 18 mai 2007 14:22

        Merci pour votre commentaire.Je pose un regard technique sur le processus de la parole et de la conviction mis en oeuvre par le politique NS.Il me semble qu’il est sincère car il renvoie à une personnalité qui cherche à avoir emprise sur tout, même dans le domaine intellectuel.Sur le fond, après, on peut discuter !


      • CAMBRONNE 18 mai 2007 15:30

        Bernard DUGUE

        Vous n’avez pas daigné répondre à mon post dérivant de votre article sur la morosité post électorale , vous avez eu tort .

        Je vous disais justement que selon ses tropismes politiques on voyait et entendait les choses différemment .

        Pour faire bref en ces temps nouveaux nous ne voyons pas le même film vous et vos amis et monsieur Bilger et les gens qui pensent comme lui .

        Essayez un bref instant de douter et de vous dire qu’il se pourrait que vous vous trompiez comme vous vous êtes trompé en 1981 ou c’était plutôt le début d’un long sommeil que l’aube d’un jour nouveau ou l’arrivée de la lumière dans un monde de ténêbres .

        Vive la république quand même .


      • CAMBRONNE 18 mai 2007 15:35

        Monsieur BILGER

        Un grand merci pour continuer d’écrire sur ce site où on ne vous fait pas beaucoup de cadeaux .

        Il est réconfortant de lire des propos mesurés et censés , cela nous change de l’invective et de la propagande éhontée .

        J’apprécie depuis longtemps vos commentaires aussi bien sur les médias que sur Agoravox .

        Vive la république quand même .


      • Philippe Bilger 18 mai 2007 15:38

        Merci.Des commentaires comme le vôtre donnent le moral.


      • Philippe Bilger 18 mai 2007 15:42

        Ne voyez pas de la persécution ou de la vanité dans le fait que je ne peux pas répondre à tout, surtout pas aux commentaires qui se suffisent et ne cherchent pas véritablement un prolongement.Contrairement à ce que vous et d’autres avez l’air de croire, je n’ai pas pour occupation exclusive d’écrire sur AV !


      • 18 mai 2007 14:36

        Ce constat d’espérance est bienvenu. Voici un portrait assez juste et psychologiquement correct à mon avis. Nul besoin donc, de divaguer, d’encenser ou de dénigrer sans fonds.

        Bémol : il n’est pas prouvé que des exemplifications sarkoziennes partant du concret, permettent une coïncidence avec des problèmes d’ordre général et politiques. Gérer un pays comme une famille (style oratoire du Gal De Gaulle) ou voir un problème d’Identité Nationale à travers des détails quotidiens sont des oeuvres rhétoriques.

        Le cas concret ne forme que le motif de départ et le moment négatif d’un discours. Rarement, le discours qui suit, exclura des cas opposés qui conduiraient à la généralité du contraire. C’est un peu là, le travail d’Avocat qui a pour seul objet la Défense d’un client. Pareil discours que celui de la Campagne consacrée, sollicite donc un Jugement à brève échéance, que le Président demande aussi, sur les actes de la Politique qu’il engage.

        Il me semble donc que ce nouvel élan proposé au pays, pourrait être dans le moins bon cas, un nouveau crédit consenti à la conservation d’avantages et de situations iniques, aux dépens de véritables Résistants aux développements du contrôle social, aux dépens de comportements honnêtes ou désintéressés, ou de petites initiatives, celles-là seules conduisant à une réforme du fonctionnement de ce pays.

        Il y aura soit une orientation répressive dirigée contre la liberté individuelle, soit une efficacité à l’échelle supranationale par de meilleures convergences du labeur (Airbus a été récemment un terrain de jeu pour des ambitions de gamins gâtés, au détriment d’une richesse significative pour l’Europe). Ce symptôme à traiter en profondeur, peut générer un effet à travers tous les échanges économiques, car ils sont tous liés au moins indirectement.

        Pour ma part, je sens que le parti-pris libéral de la valeur ajoutée par l’initiative, notamment individuelle, doit gagner si le désengagement de l’état laisse de meilleures marges de manoeuvre à l’action légitime, et donc constructive. Que le Contrôle nécessaire se justifie enfin... par motifs et justifications, et note des faits. Que des abus soient mis en évidence et les preuves énoncées et avancées ! On a organisé des suspicions illégitimes en multipiant les démarches visant à interdire tous les accès à l’emploi pour des personnes qualifiées et compétentes... qui ne prétendaient pas à un « statut ». La bonne affaire ! et bien des emplois aujourd’hui fictifs le sont encore pour longtemps. Et au détriment de la société !


        • 18 mai 2007 16:17

          @ Mr Bilger

          Emouvant hommage à celui qui guidera notre glorieuse nation pour les années à venir..

          C’est touchant de ferveur comme une déclamation de Levitan (le speaker, pas le marchand de meubles !)

          gAZi bORAt


          • Alain Raphaël 18 mai 2007 16:18

            Monsieur Bilger, je suis totalement d’accord avec votre analyse tant sur la forme que sur le fond et j’assume autant que vous le pensez ce credo de sincérité du nouveau Président de la République. N. Sarkozy incarne cette plénitude qui manque au politique et semble être cette exception qui confirme la règle, rendant plus humain, plus proche l’action légitime que doit apporter le représentant de la nation par cette modernité de la conception du pouvoir. Continuez à nous enchanter par votre verbe, votre vocabulaire et votre expérience juridique.(je vous invite à lire mon article sur ce sites à propos de cette modernité dans le dossier sarkozy sous l’intitulé une nouvelle ère politique a débuté.)


            • Philippe Bilger 18 mai 2007 17:36

              Merci pour votre commentaire et vos encouragements qui me touchent.


            • claude 18 mai 2007 17:29

              bien le bonjour, Mr Bilger,

              tout y était pour la passation des pouvoirs : grandeur et émotion, larmes écrasées et spontanéité du jeune fils de notre cher président. c’était « la petite maison dans la prairie », version prada !

              et il y eut même l’hommage émouvant à un jeune adolescent, pas encore homme, qui lutta pour la grandeur de la france.

              mais qu’en est-il réellement au delà des mots et des apparences, au delà de ces beaux discours de fraternité et de solidarité ?

              il semble qu’il ait repris les meilleurs points des campagnes de ses adversaires à l’éléction présidencielle : il est plus socialiste que ségolène et plus ouvert que bayrou... que va-t-il en faire ?

              je suis sceptique sur sa conversion en « homme universel ». son passage aux ministères des finances et à l’interieur, démontrent qu’il a souvent parlé haut et fort sans que cela ne soit suivi d’effet, si ce n’est celui de l’annonce...

              on va voir maintenant si la publicité etait mensongère ou non.

              claude, citoyenne attentive


              • Philippe Bilger 18 mai 2007 17:33

                Merci pour votre commentaire critique, sceptique. J’attends comme vous même si après un départ calamiteux, le train présidentiel a accéléré le rythme heureusement !


              • JL 20 mai 2007 07:43

                J’espère que Mr Bilger est aussi bon juriste que communiquant. Ah ! la Com ! La Com est aux entreprises ce que la pub est aux lessives ! Quand on parle de la chose qu’on veut vendre, où sont les limites ? Avez vous remarqué qu’il n’y a parfois rien de commun, sinon quelques images, entre une bande annonce et son film ? Oui, c’est encore un autre genre, tout comme cet article.

                Le commentaire précédent dit : «  »je suis sceptique sur sa conversion en « homme universel ».«  »

                De fait, on voudrait nous présenter Nicolas Sarkozy comme l’homme providentiel. Mais NS n’est pas un magicien ! Lorsqu’il aura à choisir entre deux intérêts contradictoires, les revenus du travail et les revenus de l’argent tiens par exemple, au hasard, quel est le parti qu’il favorisera ? Celui des travailleurs, au risque de s’entendre dire comme François Hollande, qu’il ne s’aime pas ? Ou celui de ses amis, au risque d’avoir de nouveau besoin des talents des bons docteurs Bilguer ? « On voit par là » que ces bons docteurs jouent sur du velours.


              • herbe 18 mai 2007 17:35

                Je pense qu’on aura du mal à juger de sa sincérité. il est toujours difficile de voir « au coeur ».

                La seule chose à laquelle je peux me raccrocher c’est à ce qui a été dit et fait dans le passé :il y a eu du bon, du mauvais voire du franchement inquiétant.

                On a aussi comme élément pour la réflexion qu’il y a un prochain enjeu électoral et franchement ce qui se passe aujourd’hui peut-il en être décorrélé ?


                • herbe 19 mai 2007 08:57

                  pas d’affichage des pseudos ?


                • 18 mai 2007 18:06

                  Surprendre, toujours surprendre, à n’importe quel prix.

                  Occuper le devant de la scène.

                  En effet, comment cumuler autant de positions autant contradictoires ?

                  Quelle est la cohérence du personnage et du discours ?

                  Vous le pensez sincère, peut-être, nous verrons bien le résultat de son action.

                  Il y a tant de promesses contradictoires.

                  J’ai plutôt l’impression qu’il est un excellent acteur et un excellent politique, qu’il mêle allégrement des discours d’inspiration droitière pour ne pas dire plus et des discours de gauche.

                  Ce qui est étonnant, c’est la facilité avec laquelle il passe de l’un à l’autre.

                  Tout sera-t-il possible ?


                  • JL 20 mai 2007 07:47

                    Ce qui est sidérant c’est la facilité avec laquelle ses groupies lui ’passent’ l’un et l’autre smiley JL


                  • jako 18 mai 2007 18:40

                    Bonsoir Maitre, j’apprécie cet article très bien construit et implacable, ce qui est rassurant pour un avocat d’assises, merci de votre éclairage


                    • Philippe Bilger 18 mai 2007 21:25

                      Merci pour votre aimable commentaire.Je ne suis pas maître, pas avocat.Si vous avez le temps, lisez sur mon blog un très ancien post:Survol.


                    • Philippe Bilger 18 mai 2007 21:15

                      Vous vous trompez sur deux points.Je ne crois pas que ce soit de l’opportunisme.Je ne suis pas avocat.


                    • Philippe Bilger 18 mai 2007 21:20

                      Arrêtez avec ce reproche lassant et absurde.Si vous saviez analyser ce billet, notamment en le comparant à tous ceux où sur mon blog j’évoque NS,vous comprendriez que j’apprécie le politique et comme technicien le discours, la conviction, le talent. Si j’étais coupable d’allégeance, cela se saurait depuis 35 ans de vie professionnelle !On peut apprécier ce que vous n’aimez pas sans être servile.C’est peut-être vous qui vous trompez.


                    • 18 mai 2007 21:30

                      Moi, je ne l’ai pas oublié...


                    • 18 mai 2007 21:37

                      @léon Expression salutaire ! Mais j’ai eu, moi, cette réaction au contact des rouages de l’aide à l’emploi (du social et du médico-social et du Municipal et du Régional)... Je sais que Ségolène avait dans le colimateur les « aides à la création d’entreprise », très vicieuses.

                      De toutes façon, quand il y a fausse donne, on bat les cartes et on redistribue. C’est pourquoi 54% des gens ont vomi sur l’autre bord...


                    • 18 mai 2007 22:07

                      M. Bilger

                      Sarkozy est en effet un bon « technicien du discours » pour reprendre votre expression, mais il n’a rien d’extraordinaire. Il survole ses concurrents dans cette qualité parce qu’ils sont très médiocres, à l’exception de Le Pen qui le surclasse encore et Besancenot qui fait presque jeu égal.

                      Quand on maîtrise les techniques argumentatives et discursives, il n’est pas difficile de réfuter ou séduire le destinataire. Il n’y a donc pas lieu de s’extasier devant les discours de Sarko, surtout que, contrairement à Le Pen, il ne les écrit pas.

                      Bonne soirée


                    • Pierre JC Allard 19 mai 2007 09:40

                      A Leon (je pense..) Quand on est l’arbitre et que l’avenir tient au consensus,je ne pense pas que « croire » soit la meilleure attitude... S’il suffit à Sarkozy de chanter l’Internationale pour résoudre un conflit social, j’espère qu’il le fera : il aura alors réussi le pari de rassembler. http://www.nouvellesociete.org

                      Pierre JC Allard


                    • 18 mai 2007 19:25

                      J’ai étudié les discours de Sarko avec des étudiants qui préparaient certains concours politiques, or il appert que notre président emploie abondamment les antithèses, quand nous étions davantage habitués aux métaphores. Il en résulte que Sarkozy n’est pas un poète ni un rhéteur classique, mais un homme moderne, fait de contradictions. L’ambivalent-type.

                      Avec lui, on ne peut rien prévoir.


                      • JL 20 mai 2007 08:00

                        On ne peut pas ne pas enfoncer le clou : qui dit antithèses dit clivages, tout le contraire du consensus donc. Un anti président en somme. Rappelez moi ce que c’est, un anti président ? Un dictateur ? nonnnn !

                        Sarkozy n’est pas un poète, c’est un artiste, mais un artiste inclassable. Inclassable, mais pas sans précédents, ...

                        Mr Bilger se dit séduit par le discours de N. Sarkozy. Comme ça, sans preuves ! Il est avocat général ?!

                        Parce que pour moi, des preuves, il y en a : son action passée !


                      • 18 mai 2007 21:04

                        Faire du bruit pour exister, séduire le maximum de gens pour s’en faire aimer, vivre dans le mouvement perpétuel, tous ces signes témoignent que Nicolas Sarkozy n’est pas un homme libre. A la présidence, c’est un homme libre (ou une femme libre) que j’aurais préféré, comme l’était Mitterrand, comme le sera Bayrou.

                        Sarkozy a su surprendre et fortement. De cette manière, il a désarçonné tous les adversaires politiques (voyez leurs têtes déconfites !). Bravo ! Il a su récupérer opportunément les stratégies du FN, de Bayrou et rallier des socialistes. Encore bravo ! Mais je ne me fie pas à cet homme-là qui est un excellent comédien. Pourquoi ? Parce que je ne crois pas à la génération spontanée ! Un homme nouveu ouvert, tolérant, généreux, alors que la veille des élections il était tout l’inverse ? Allons ! Si sa sincérité est réelle en plusieurs occasions, elle est jouée dans d’autres circonstances, si bien jouée que l’on ne fait plus la différence entre chez cet homme ce qui est authentique et ce qui est factice. Par conséquent, je ne lui donne pas ma confiance.


                        • 18 mai 2007 21:40

                          Il n’y a pas de confiance à donner... Il faut saisir le moment qui vient pour faire quelque chose de valable, ici ou bien ailleurs pour ceux qui peuvent.

                          La France est dans l’esprit de quelques uns, disséminés à travers le monde. C’est quelque chose : une espèce en voie de disparition !


                        • Christoff_M 21 mai 2007 02:44

                          Sarkozy fait aussi fort que Mitterand pour rassembler les gens autour d’un parti ; mais lui en plus il est de droite, il a fait mettre un genou à terre à Le Pen, il a déboussolé le PS et Bayrou qui sont bien mal en point maintenant...

                          Il est aussi rusé que Miterrand qui avait fini par prendre la majorité à la droite et petit à petit réduire le PC à une peau de chagrin, ce dont ce parti ne s’est jamais remis... Sarkozy lui a porté le coup fatal au FN...

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