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Accueil du site > Actualités > Politique > La politique au féminin, déferlante mondiale ou mode médiatico-politique (...)

La politique au féminin, déferlante mondiale ou mode médiatico-politique passagère ?

En France, nous avons Ségolène, aux États-Unis, ils auront probablement Hillary, les campagnes présidentielles sont déjà bien amorcées et ces deux femmes font désormais figure de candidates sérieuses à la magistrature suprême.

Mais que se passe-t-il aujourd’hui ? Quel est ce vent de féminité qui semble vouloir balayer tout dans le monde (médiatico-)politique ? Que révèle-t-il sur l’état de nos sociétés et le rapport homme-femme ? Est-ce que l’heure de la revanche de nos arrière-grands-mères suffragettes a enfin sonné ? Serait-ce une nouvelle ère pour la politique qui serait sur le point de s’ouvrir ?

Sur tous ces points, je suis un peu sceptique, peut-être désabusée. Je n’arrive pas vraiment à y croire. Peut-être ai-je tort et devrais-je m’enthousiasmer de cet élan nouveau pour la ou les femmes ?

Mais non, rien n’ y fait, je demeure perplexe... D’abord, des femmes ayant occupé des postes à responsabilités dans les plus hautes sphères étatiques, il y en a déjà eu et pas des moindres. Ces femmes n’étaient pas toujours des tendres... Leurs adversaires ou alliés politiques masculins pourraient en témoigner : de Golda Meir à Magaret Thatcher, en passant par Indira Gandhi et Benazir Buto (oserais-je, timidement, évoquer l’éphémère Edith Cresson... pas sûre...)

Ensuite, Angela Merkel et Michelle Bachelet font-elles de la politique autrement ? Dirigent-elles autrement ? Ellen Johnson-Sirleaf a-t-elle su rassurer les Libériens par sa figure maternelle, ou a-t-elle su tout simplement convaincre par ses qualités d’économiste réputée et brillante ?

En même temps, je me demande si cet engouement récent pour les femmes candidates n’est pas un énième symptôme de la crise de la représentativité et du manque de crédibilité et de confiance envers la classe politique dans son ensemble. N’est-ce pas, finalement, pour les citoyens, une façon de croire dans le renouvellement des élites et dans leur façon de diriger ? Il ne vous aura peut être pas échappé que c’est un peu la thématique sur laquelle Ségolène Royal tente de surfer sur le fameux fossé entre la population et les politiques, et après tout, ne le lui reprochons pas, elle a bien le droit d’user de toutes ses armes (et j’omets volontairement de commencer le mot par ch  : charmes, car je ne suis pas sexiste), c’est de bonne guerre et c’est assez bien vu... Tout le monde le dit depuis près de vingt ans !

Ceci dit, il est parfois un peu ambigu de jouer sur cet effet de fraîcheur ou de renouveau au féminin pour affirmer sa différence, surtout lorsque, comme Mme Royal, on sort du même moule que beaucoup de ses adversaires ou prédécesseurs masculins, l’Ena (Sarkozy faisant certes ici exception)...

Alors, la politique au féminin, je dirai : programme intéressant dans le slogan, mais je demande à voir les effets tangibles de cette différence, et je ne suis pas vraiment convaincue a priori. De la même manière que je ne vois pas en quoi un homme est ou serait plus habile pour diriger les affaires de ce monde, ou celles de son pays, je ne vois pas pourquoi une femme ferait nécessairement autrement, ou même mieux.

Alors oui, je suis féministe, je crois en l’égalité des droits entre hommes et femmes, mais je crois aussi que la médiocrité, le cynisme et la froideur calculatrice sont universellement partagés et inter-genres.

Je déplore profondément toutes les remarques et insinuations ou quolibets sexistes, voire misogynes, dont Ségolène Royal peut faire ou a pu faire l’objet. Mais de toute façon, ses adversaires ont déjà compris qu’il ne faudrait pas trop jouer à cela, ce ne serait pas payant. En revanche, pour convaincre les Français, j’avoue qu’il m’agacerait un peu que Ségolène Royal joue trop la carte de l’atout féminin. Si elle a les qualités nécessaires pour être présidente de la République, qu’elle le démontre tout simplement sans nécessairement souligner qu’elle est objectivement, et que cela se voit*, différente, parce qu’elle est une femme !

* Je fais ici allusion à sa réponse lors du premier débat télévisé entre les trois candidats socialistes où le journaliste lui demandait qu’elle était sa différence par rapport à DSK et à Fabius.


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12 réactions à cet article    


  • degueuloir (---.---.171.75) 18 décembre 2006 13:27

    Ségo va remporter la mise très nettement face à une caricature de l’ultra liberalisme ......« la femme est l’avenir de l’homme ».... !! smiley


    • DEALBATA (---.---.166.140) 18 décembre 2006 13:39

      A trois on y va, 1, 2, 3 :

      Dernier rempart naturelle contre le monstre égalitaire, le genre permettait d’avoir encore une vague idée de ce que la Tradition apportait sur le plan symbolique dans la différence des sexes et des rôles qu’une société digne de ce nom doit avoir. Las, les furies de la positon de domination horizontale (encore un signe des temps, cette image sublimanal que nous envoi les médias d’une femme dominant le mâle pendant un rapport de cause à effet, est, à n’en pas douter, révélatrice de l’inconchiant collectif) cachent mal leur haine du service 3 pièces qui a jusqu’ici géré, extérieurement et tant bien que mal, la société. Pour ceux qui avaient encore un doute, les neuneunuques modernes, je cite, mots pour mots, les propos de Mme Alliot-Marie au forum régional de l’UMP : « Messieurs, je voudrais vous dire que les places, les postes et les salaires, on les prendra, que cela vous plaise ou non. » Tout un programme, en effet, qui consiste a déclarer la guerre au sexe opposé (on devrait d’ailleurs dire complémentaire) et émasculant tout ce qui dépasse. Egalité quand tu nous tiens. Je propose, et il faut faire vite, d’empailler 2 ou 3 hommes au musée des arts derniers pour que les androgynes et autres homopares de la future génération ait une petite idée de comment était constitué l’ancien monde avant qu’on ne proposa l’arrêt de la colonisation et de l’esclavage par le mâle dominateur. Quelle horreur ! Dire qu’un monde comme cela a pu exister. Heureusement, dans notre nouvelle société, il n’y a plus de différence, on n’est pas plus heureux et c’est d’ailleurs rassurant de savoir qu’on est tous malheureux.


      • didier (---.---.236.173) 20 décembre 2006 16:29

        Bravo, Tu m’enlèves les mots de la bouche, je viens de réagir de la même manière sur le site tf1.fr face à une meute enragée pro-sarko qui n’entend que les séculaires promesses démago en fonction de l’auditoire. Alors, militans socialistes, travaillons et attendons février pour le résultat CONCRET.


      • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 18 décembre 2006 15:02

        Vous semblez bien au courant de la politique et des femmes qui l’ont pratique. Vous pourriez nous dire alors que pourcentage représente les femmes dans les membres de parti politique ?

        On nous parle de parité, de femme au pouvoir, mais on ne nous dit jamais leur représentativité dans les partis. Les femmes représente plus de 50% de la population, donc qu’elle devrait représenter 50% des élus, mais est-ce représentatif de leur engagement politique.


        • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 18 décembre 2006 15:03

          Vous semblez bien au courant de la politique et des femmes qui l’a pratique. Vous pourriez nous dire alors que pourcentage représente les femmes dans les membres de parti politique ?

          On nous parle de parité, de femme au pouvoir, mais on ne nous dit jamais leur représentativité dans les partis. Les femmes représente plus de 50% de la population, donc qu’elle devrait représenter 50% des élus, mais est-ce représentatif de leur engagement politique.


          • aquad69 (---.---.100.34) 18 décembre 2006 15:45

            Algy, un petit bonjour de Lyon en France,

            il y a certainement de la part des électeurs(ices)une lassitude vis à vis des candidats classiques masculins et un désir désespéré de changement, tout à la foi dans le style et dans le fond : en particulier un désir de programmes moins faits de théories et de principes intellectuels, et chargés de plus de concret et de solutions pratiques, presque « ménagères et familiales ».

            Je n’ironise pas : les gens dans leur majorité ne cherchent plus un idéal de combat, mais la sécurité et tout simplement la survie ; et puis le masculin prend aujourd’hui de plus en plus une image de violence et d’impuissance, et peut-être que bien des hommes le ressentent ainsi.

            Quand à moi, franchement, au risque de vous agacer, la parité, je n’y crois pas : bien sûr qu’il est normal, ça va de soi, qu’en tant qu’individu la femme puisse faire carrière comme l’homme en politique.

            Mais croire que cela changera quoi que ce soit à cette société est une erreur, à mon avis, car elle y va comme acteur et non comme personnage.

            Je m’explique : la vie en société, et la politique en particulier, est comme un théatre ; il y a le scénario, les personnages(les « rôles »)et les acteurs. Le drame du principe actuel de démocratie, c’est que l’on ne change jamais que les acteurs et non les personnages, ce qui interdit de changer l’histoire et donc réellement les choses.

            C’est comme si par exemple, trouvant que, en 2006, Shakespeare soit insupportablement patriarcal(il n’y a presque que des hommes, là-dedans !), on voulait y appliquer la parité : allez, on remplace la moitié des acteurs hommes par des femmes !

            On pourrait même remplacer tous les hommes, Shakespeare joué uniquement par des femmes, ce serait toujours le même scénario, des rôles et des personnages masculins, servis et cautionnés par des actrices.

            Eh bien, en politique c’est la même chose : de même que le métier d’acteur est d’être toujours fidèle à son rôle, celui d’homme politique est d’être fidèle à sa fonction et à son camp, quelles que soient ses idées.

            Et je crains, comme vous, que les femmes qui s’engageront dans cette voie ne feront qu’endosser le même personnage que leurs collègues masculins, cautionneront un peu plus ce système pérenne et figé, et se retrouveront comme eux piégés et dans l’impossibilité de fournir des solutions valides.

            Il existerait bien des moyens de sortir de cette ornière, mais cela obligerait à sortir du cadre des concepts modernes actuels, et à reconnaître que les peuples avant nous n’étaient pas complètement ignorants, ce qui reste considéré encore aujourd’hui comme complètement hors sujet et politically incorrect !

            Cordialement Thierry


            • lesyeux (---.---.106.144) 18 décembre 2006 17:50

              le sexe n’a rien à voir avec la compétence, rien à voir avec le pouvoir, et le vice et la vertu en politique non plus

              jour sur la féminité pour faire la différence est une immense fumisterie, c’est vide de sens, ce n’est que pures formes ....


              • moebius (---.---.114.80) 18 décembre 2006 22:49

                les femmes voteront plutot Royal, une question, pourquoi les femmes sont’elles si peu présentes dans l’électorat frontiste ? et le pére de Ségoléne la dedans que vient’il faire et....évidemmment que ça change que ce soit une femme et........ au fond on s’en fout un peu mais que le président soit un etre axésué ? là vraiment....pourquoi tant de violence ?... une madone ! encore un symbole phallique...notre dame de la providence. je vous doit combien docteur ?


                • moebius (---.---.114.80) 18 décembre 2006 22:55

                  @ talleyrand j’ai bien peur que ce « pragmatisme féminin » soit bien peu politique mais c’est à suivre


                • lol (---.---.212.225) 19 décembre 2006 01:46

                  mouais ben moi j’voterai pour la plus bandante....(Sarko méme en porte-jarretelle n’a aucune chance !).....lol......... smiley


                  • Citoyen ordinaire 19 décembre 2006 11:59

                    Merci pour cet article qui pose une vraie question.

                    Cependant, il est aussi permis de penser que cette candidate attire, non pas parcequ’elle est femme, mais surtout parceque l’usure du pouvoir ne l’a pas encore érodée.

                    Elle n’a pas encore eu l’occasion d’être prise en « flagrant délire » de démagogie, d’arrogance, d’echec de gestion, de promesses électoralistes jamais tenues, celles qui n’engagent que ceux qui y croient.

                    Elle symbolise donc l’espoir, face à ceux qui ayant exercé avec les résultats que l’on connait, ont perdu tant de crédibilité.

                    Elle représente l’espérance d’un mieux, qui s’opèrerait paisiblement, sans trop de bouleversements, de manière non traumatique. Plus de justice au sens global du terme, mais dans la sérénité.

                    Un autre candidat, moins charmant celui là...., présente les mêmes caractèristiques...disons politiques. Symbole de changement, de renouveau, exempt d’echec car n’ayant jamais exercé, il séduit un nombre toujours grandissant d’électeurs, à en croire les sondages. Un nombre en tout cas suffisant pour faire de lui, peut être, un protagoniste du deuxième tour de scrutin.

                    La seule caractéristique essentielle(charme mis à part smiley )qui différencie ces candidats réside sans doute dans les méthodes suspectées de mise en oeuvre de leurs programmes respectifs.

                    L’une rassure et l’autre inquiète. Evolution mais pas Révolution ! Voilà ce qui pèsera très lourd dans la balance, bien au delà des concepts de féminité ou de masculinité.


                    • pinipin (---.---.49.145) 19 décembre 2006 12:27

                      Il y a peut etre eu juste un changement de mentalité dans nos sociétés, la fin du mysogisme.

                      On voit apparaitre les femmes dans les fonctions à hautes responsabilités là où elles étaient absentes il y a 30 ans. Ce n’est pas parce que ceux sont des femmes qu’elles briguent ces responsabilités, mais c’est par leur compétences. Dans le passé subsitait une barrière psychologique qui reléguait la femme au foyer.

                      Rendons grâce à ce changement de mentalité qui permet d’avoir 2 fois plus de personnes compétentes.

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